00:00Nous sommes donc avec Louis Dragnel pour évoquer les SMS d'Emmanuel Macron envoyés à Françoise Degoy dans un livre.
00:09Je m'interroge d'ailleurs toujours, parce qu'il n'y a pas que ça dans le livre, il n
00:13'y a pas que des SMS, il y a sûrement autre chose, je ne l'ai pas lu le livre.
00:16J'ai lu le début, il y a beaucoup de SMS et tout ça est emballé avec du contexte. Tous
00:22les SMS sont contextualisés.
00:23Tous les SMS sont dans la presse. Qui va vouloir acheter ce livre ? Puisque j'imagine les SMS les
00:28plus importants sont dans la presse.
00:30Vous savez, Sarah Knafo qui a été invitée sur de nombreux médias, beaucoup de gens ont raconté ce qu'il
00:35y avait dans son livre et ça n'empêche pas d'avoir des records de vente.
00:38Je pense que ça suscite au moins l'intérêt, même qu'on aime ou qu'on n'aime pas Emmanuel
00:43Macron, il y a quand même une curiosité de savoir comment est-ce qu'écrit Emmanuel Macron ?
00:48Même si je n'étais pas journaliste, je pense que j'irais l'acheter.
00:50– Mais vous n'êtes pas étonné, moi ce qui m'étonne le plus c'est que le président de
00:55la République passe son temps à textoter avec Françoise de Goa.
01:00Pas son temps d'ailleurs, parce qu'il faudrait voir sur combien de temps, est-ce qu'il y en
01:04a un par jour, un par semaine ?
01:06C'est ça qui m'étonne le plus.
01:08– Ce qui me surprend le plus, c'est, souvenez-vous, des engagements d'Emmanuel Macron de début de campagne,
01:12même de fin de quinquennat de François Hollande.
01:15C'était la fin de la présidence bavarde, aucun contact avec la presse.
01:19Emmanuel Macron avait fait sortir la salle de presse de l'Elysée, l'association de la presse présidentielle était vent
01:25debout contre Emmanuel Macron
01:26qui voulait sortir la presse et les médias de son gouvernement et de sa présidence.
01:31Et là on voit une fin de quinquennat, une fin de règne, où il finit par…
01:35– Ça fait un moment que toutes les promesses sont à la poubelle.
01:38– Non mais je suis d'accord avec vous, mais là sur la forme, c'est quand même vertigineux, on
01:41voit l'espèce de…
01:42– Il leur a parlé tout le temps, alors qu'il voulait la parole rare, souvenez-vous des premières interviews.
01:47– Au début, la parole était rare.
01:48– Vous trouvez ?
01:49– Ah bah bien sûr.
01:50– Vous trouvez qu'au début, la parole était rare ?
01:51– Si vous demandez à tous les journalistes qui ont suivi le premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
01:54le début était très compliqué, c'était compliqué d'accéder à lui,
01:58et ensuite progressivement, ça s'est délité, et globalement ce qui est cocasse,
02:02c'est que les reproches qu'on pouvait entendre d'Emmanuel Macron sur François Hollande,
02:05eh bien en fait, Emmanuel Macron fait exactement ce qu'il reprochait à François Hollande.
02:08– Mais au-delà de la forme, le seul reproche qu'on peut faire à…
02:13le reproche majeur qu'on peut faire à Emmanuel Macron, c'est tout simplement les résultats, c'est ça.
02:17Et puis c'est la réforme de l'État, c'est-à-dire que l'État, ça c'est pas
02:21d'être de droite ou d'être de gauche,
02:23il faut réformer cet État, voilà. Il faut le réformer.
02:27– Je crois que ça va plus loin que ça, c'est vous qui le dites très souvent, il faut
02:31tout changer.
02:31Je pense que c'est plus réformer. Mais non, mais réellement, c'est comme quand vous avez une maison
02:36qui est complètement pourrie par la mérule, vous n'en êtes plus à remettre du placo,
02:39voilà, il faut la traiter, il faut la refaire, il faut reconstruire de A à Z,
02:43et je rends hommage à la méthode que vous suggérez régulièrement aux hommes politiques,
02:47il faut tout revoir du sol au plafond, et c'était un peu le langage d'Emmanuel Macron,
02:52quand il voulait transformer, révolutionner la société,
02:57eh bien on se rend compte qu'il n'a même pas réformé un tout petit peu la France.
03:01– J'aime bien qu'on m'en rende hommage. Vous voyez, c'est l'âge.
03:03– Non, mais non, mais c'est vrai.
03:05– Non, je dis souvent qu'il faut changer de logiciel.
03:08– Nous sommes avec qui, les amis ?
03:09– Kader Dali.
03:10– Nous sommes avec Kader Dali, qui habite Nancy,
03:13on vous a eu la semaine dernière d'ailleurs.
03:15Un mot d'abord sur… Bonjour Kader Dali.
03:17– Bonjour Pascal, bonjour tout le monde.
03:19– Et merci d'être avec nous.
03:20D'abord un mot sur le procédé.
03:22Est-ce que vous êtes choqué qu'un journaliste publie les textos
03:25qu'il a envoyés ou qu'elle a envoyés ou reçus d'Emmanuel Macron ?
03:30– Alors, c'est même pas le fait que ça soit publié.
03:33C'est la posture, la problématique entre la frontière,
03:38entre sa vie privée, alors qu'on est dans un contexte un peu anxiogène
03:44et où les Français ont d'autre chose à fouetter que de savoir sa vie privée
03:48ou s'il va chez Céline Dion ou s'il va…
03:51C'est un problème de posture présidentielle qui peut-être qu'on est hasbine
03:55mais qui nous va pas et qui est pas du tout…
03:59Moi quand je vois le contexte actuel d'Emmanuel Macron et le contexte de la France
04:04parce que je suis sorti à midi pour déjeuner parce qu'on travaille comme tous les Français la plupart
04:09et j'ai vu encore ces manifestants encore aujourd'hui en train de bloquer, délicer, tout va mal
04:16et on a l'impression d'avoir un…
04:17Moi il me rappelle le violoniste dans le Titanic qui est en train de faire de la musique
04:21parce qu'on lui demande de faire de la musique
04:22parce que le bateau est en train de couler pour occuper les gens.
04:26Donc j'ai l'impression que toutes ces choses-là sont faites pour occuper les médias
04:31au lieu de zoomer sur l'état de la France en ce moment quoi.
04:35Non mais ce que vous dites, évidemment, ce que vous dites est juste.
04:39Ce que vous dites est juste.
04:39Alors est-ce que vous trouvez que c'est intéressant ?
04:41Est-ce que ça vous intéresse de savoir ce que…
04:44Franchement non.
04:46Je veux pas savoir sa vie privée.
04:48Non mais là c'est vrai non, on n'est pas dans la vie privée là.
04:51On n'est pas dans les textos, on n'est pas dans la vie privée avec Françoise Debois.
04:54Ça reste quand même des communications privées.
04:57Alors vous avez raison, c'est une communication privée.
05:00C'est comme, je sais pas moi, les affaires de M. Bardella ou les affaires de…
05:06Tout ce qui est dit en privé est en privé.
05:08On sait très bien qu'entre ce qu'on dit entre amis et ce qu'on dit dans la réalité,
05:13heureusement qu'on n'est pas au courant de tout.
05:15Parce que je pense qu'on n'aurait plus d'amis, n'est-ce pas ?
05:18Vous parlez comme Pascal. Pascal disait ça, Blaise Pascal.
05:21Il disait si deux personnes savaient ce qu'elles se disent l'un de l'autre quand ils ne sont
05:25pas là,
05:25il n'y aurait plus deux amis sur Terre.
05:27Mais bien sûr, mais en politique c'est encore pire, on est d'accord.
05:29Les autres politiques, quand ils vous balancent quelques missiles dans le dos,
05:33alors deux minutes après ils vous serrent une paluche et vous demandent si vous allez bien,
05:37on le sait, mais c'est pareil pour les politiques de haut vol.
05:39Mais ce qui m'embête moi, c'est que ça, ça arrive sur chier les médias et je pense que
05:46des fois tout est calculé.
05:47Et c'est une vraie question de est-ce que ces messages ont été mis sur la place publique entre
05:54guillemets
05:55pour occuper un peu les médias entre guillemets ?
05:58Non mais là, alors Kader Dali, je vais vous dire, j'entends beaucoup ça parce que quand on est journaliste,
06:03beaucoup pensent à, c'est un peu une théorie du complot que vous nous faites là.
06:06Non, pas de complot, non, des fois les politiques vous donnent un os à ronger.
06:11Oui, mais je vous assure, quand, et là Louis sera d'accord avec moi,
06:14quand vous passez de l'autre côté du miroir, les choses sont parfois beaucoup plus simples.
06:18Les gens sont parfois tout simplement des amateurs.
06:21Si vous saviez comment les décisions sont prises, avec qui elles sont prises...
06:25Ah non, mais je n'ai pas de doute Pascal.
06:26Mais je vous assure, t'es même effrayé parfois, parce que tu penses que tout ça...
06:31Alors après il y a une réécriture, souvent les gens réécrivent les histoires.
06:35A postériori, et comme il se donne le beau rôle en disant que tout ça a été écrit,
06:40la vérité parfois c'est que c'est d'un amateurisme confondant.
06:44Je ne peux pas vous dire autre chose.
06:45Bah c'est triste pour nous, hein.
06:46Bah oui, je suis d'accord avec vous.
06:48C'est triste pour nous parce que qui est dans le bateau, c'est nous.
06:51Je suis d'accord avec vous.
06:52La vérité c'est que quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir, je ne sais même pas si...
06:55Rien n'est prévu, quasiment rien n'est prévu.
06:58Et les 100 premiers jours où il doit faire, tout ça, il faudrait...
07:03Il doit composer, il doit composer parce qu'il n'était pas prêt à être président, ça j'en suis
07:07persuadé au départ.
07:09Et imaginez-vous être président de la France, à la base ça se prépare quelques années à l'avance.
07:14Il faut une équipe, il faut des techniciens, il faut des gens compétents.
07:17Et voilà, quand on voit le nombre de ministres de l'éducation nationale qu'on a eu, bah je suis
07:23attristé.
07:24Moi j'ai des enfants, je paye des impôts en espérant que ça permette de payer nos professeurs qui sont
07:32de temps en temps en grève.
07:33Donc du coup, on me dit, bah va dans le privé, mais pourquoi j'irais à payer deux fois la
07:38prestation d'instruction de mes enfants ?
07:40Parce que moi l'éducation, c'est moi qui la donne, c'est pas les professeurs.
07:43Et pourquoi j'irais payer deux fois les professeurs ou instituteurs pour donner des cours à mes enfants ?
07:50Quand la machine s'enraye, quand on est obligé de changer de ministre tous les 4 jeudis,
07:55on n'arrive même plus à se rappeler comment on s'appelle nos ministres.
07:59C'est quand même fou, quoi.
08:00Non mais vous avez raison.
08:01Ces deux mandats ont été une catastrophe pour la France.
08:05Quoi, les trois derniers mandats, on va dire.
08:06Parce que moi j'ai inclus Hollande.
08:09Hollande plus Sarkozy, Hollande plus Macron.
08:14Pour monter à Louis XVI.
08:15On va pas remonter à Louis XVI, je sais pas.
08:17Non, non.
08:18Allez, il est 16h42, on marque une pause.
08:20On marque une pause et Louis Dragnel, vous restez avec nous ?
08:24Malheureusement, je suis contraint de vous quitter mon cher Pascal.
08:28Pourquoi ?
08:28Parce que j'ai une réunion qui m'attend.
08:30Une réunion avec qui ?
08:31Ah non, mais là, ça n'intéresse pas les auditeurs.
08:34Mais une réunion professionnelle.
08:35Le chef de service.
08:38Mais les gens, ils veulent savoir.
08:38Pour le JD News, figurez-vous.
08:40Mais les gens, ils veulent savoir.
08:41Parce qu'on commence à préparer, on a déjà commencé à préparer le prochain JD News.
08:44Alors, ça tombe bien, disons un mot du JD News de ce mercredi, avec Jordan Bardella à la une.
08:51Interview fleuve de Jordan Bardella qui revient sur, qui explique comment est-ce qu'il s'apprête à gouverner
08:57si Marine Le Pen est élue présidente de la République,
08:59s'il est installé à Matignon, comment il va fonctionner ?
09:02Comment il va faire ?
09:02Bon, ça, ça va être intéressant.
09:04Et vendredi soir, Philippe Devilliers sera, j'allais dire, opposé.
09:08En tout cas, il y aura un débat avec Jordan Bardella.
09:11Un échange.
09:11Et ces deux générations, est-ce qu'ils ont des points communs ?
09:15Sans doute.
09:15Est-ce qu'ils ont des points de divergence ?
09:17Peut-être.
09:18Oui, sur l'Europe, tout à l'heure, je pense.
09:19Donc, ça va être intéressant de l'écouter.
09:20Oui, vous avez raison, parce que Philippe Devilliers est pour le Frexit.
09:23Exactement.
09:24Et Jordan Bardella n'est pas radical sur ce point.
09:27Donc, ça sera à 21h.
09:29Nous sommes d'accord ?
09:30Non, à 20h.
09:3020h, 21h.
09:3120h, 21h.
09:32Ce sera sur CNews.
09:33Et sur Europe 1.
09:34Et sur Europe 1.
09:35Et il y aura peut-être un débrief après, à 21h.
09:37Vous ferez peut-être un débrief.
09:38C'est possible.
09:39Je ne sais pas encore, Pascal.
09:42J'aimerais bien qu'on m'invite.
09:44Bien sûr.
09:46Vous serez invité.
09:47Merci.
09:47Je connais deux ou trois personnes.
09:49Je sais que vous avez des passe-droits.
09:50Je vais essayer de faire ça.
09:53Il est 16h44.
09:53Merci, Pascal.
09:54Vous restez bien avec nous.
09:55La suite de Pascal Proé-Vous, c'est dans quelques minutes sur Europe 1.
09:59Avec vous, 01-90-20-39-21.
10:02Vous avez la parole avec Pascal Proé sur Europe 1.