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  • il y a 2 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre De Villeneuve.
00:05Adrien Matou, bonsoir, directeur adjoint de Marianne.
00:09Bonsoir Agile Boutin, journaliste politique et économique au Figaro.
00:12Bonsoir Anne Jeunetet.
00:13Bonsoir M. De Villeneuve.
00:14Merci d'être avec nous ancienne ministre de l'Éducation nationale et députée Ensemble pour la République.
00:19J'ai une question naïve à vous poser, pourquoi est-ce que dans la grande famille d'Ensemble pour la
00:24République,
00:24vous avez choisi de soutenir Gabrielle Attal ?
00:27Alors par loyauté au parti auquel j'appartiens, dans lequel je suis rentrée en 2017,
00:33et la loyauté pour moi n'a pas de prix, et donc je soutiens le parti.
00:36Donc c'est lui le président, donc je le soutiens lui.
00:38Donc c'est lui absolument, par ailleurs je travaille avec lui depuis plusieurs années sur différents sujets,
00:42et j'ai toujours apprécié la manière dont il voit les choses, la manière dont il les analyse, la vision
00:46qu'il porte,
00:48la pertinence de sa réflexion, il est toujours très rapide, il est toujours très très vif.
00:51Très rapide, il est très rapide pour critiquer le président aussi.
00:54Ça c'est possible, il n'y a pas quoi...
00:55Est-ce que vous partagez cette critique du coup ?
00:57Vous savez, par rapport au président de la République, je n'oublierai jamais qui m'a permis d'être devant
01:01vous aujourd'hui,
01:01et je considère qu'aujourd'hui je dois évidemment m'en affranchir,
01:04parce que ce n'est pas lui qui va faire la suite de ma vie politique.
01:06Ah donc c'est un vieux kleenex ?
01:08Mais sans le renier, je ne renie pas ce qu'il a porté comme vision pour le pays,
01:12le premier mandat dans lequel il y a beaucoup de choses que je pense étaient très bonnes pour le pays,
01:17ensuite un deuxième mandat qui est évidemment plus qu'en demi-teinte,
01:20mais voilà, je n'oublie pas d'où je viens, c'est important de savoir d'où on vient.
01:22C'est un vrai mutatis, mutandis pour ne pas dire un en même temps ce que vous venez de nous
01:26faire.
01:26C'est-à-dire que le bilan, qu'est-ce que...
01:28Alors justement c'est intéressant, bilan en demi-teinte, qu'est-ce que vous retenez vous, Anne Jeunetay ?
01:33Vous voulez dire du 10 ans d'Emmanuel Macron ?
01:36Alors cette vision pour le pays profondément européenne,
01:39cet souci d'autonomie stratégique, de volonté,
01:42et d'ailleurs même si dans le premier mandat il a cherché un peu ses marques,
01:44dans le deuxième mandat, dans les relations internationales,
01:46mais je peux vous dire que vu de l'étranger où je vais régulièrement,
01:48parce que c'est ma circonscription,
01:50aujourd'hui il y a une demande de président Macron,
01:53que va-t-il se passer après lui ?
01:54Une reconnaissance qu'en Europe c'est vraiment un leader,
01:56c'est quelqu'un qui a tiré sa tombe d'idées,
01:58n'oublions pas que l'emprunt commun de tous les pays au moment de la crise Covid,
02:02qui l'avait impulsé, c'était le président Macron,
02:04pour ne donner que cet exemple-là,
02:06donc oui c'est quelqu'un qui avait une vision européenne que je partage totalement.
02:09C'est intéressant ce que vous dites,
02:10parce qu'en fait on est au sommet des relations internationales,
02:14mais en fait on oublie les Français là-dedans,
02:16les Français qui tous les jours,
02:18et on la montre depuis les reportages de ce soir encore,
02:23on a du mal à faire le plein,
02:24on a du diesel à 2,97,
02:27encore on me montrait tout à l'heure Pierre Chasserey,
02:29c'est un président totalement déconnecté des Français,
02:33qui va donc au sommet européen et international ?
02:36Alors je ne suis pas tout à fait,
02:36alors il y a deux choses,
02:37d'abord dans l'ensemble,
02:38quand vous travaillez sur des sujets européens,
02:40n'oublions pas que l'Europe elle est là pour protéger ses citoyens,
02:42quand vous empruntez,
02:44quand vous préparez...
02:44Vous vous adressez aux éditeurs d'Europe 1 qui vous écoutent,
02:47Anne-Jean-Tel ?
02:47Non mais je sais,
02:48mais je veux vraiment le dire,
02:49et qui ont du mal à faire leur plein.
02:50Quand il y a le quotidien,
02:52aujourd'hui ce qui se passe,
02:52c'est qui est très grave,
02:53et pour lequel,
02:54n'oublions pas que la situation du prix du carburant aujourd'hui,
02:57nous n'avons pas la main dessus.
02:58N'oublions pas que c'est un...
03:00Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire.
03:01On peut baisser les taxes,
03:03on peut baisser les C2...
03:04Le prix concrètement,
03:05le fait qu'il y ait une augmentation en flèche,
03:08du prix du carburant,
03:09du prix de l'edécence aujourd'hui,
03:10c'est la situation internationale,
03:11il ne faut pas l'oublier.
03:12Ce n'est pas d'un seul coup une décision du Premier ministre,
03:15ou du gouvernement...
03:15En attendant,
03:16Non, je ne sais pas si M. Macron a réussi à ouvrir le détroit d'Hormuz.
03:19Maintenant,
03:20ce n'est certainement pas lui tout seul,
03:21ça se saurait.
03:21Non, non, mais vous voyez ce que je veux dire.
03:23Non, mais ce n'est donc pas lui qui va résoudre cette crise-là,
03:25tout seul,
03:26ça va être internationalement,
03:28et ce n'est pas forcément à la main non plus des Européens,
03:30on voit que le sujet,
03:31c'est un sujet de conflit entre l'Iran d'un côté,
03:33Israël,
03:34les Etats-Unis de l'autre.
03:35Donc les Européens ne sont pas forcément sur la carte.
03:37Il y a une main pour éventuellement baisser le prix de l'essence.
03:40Alors, ensuite,
03:41sur le prix du carburant,
03:43pour baisser le prix de l'essence,
03:44alors, moi je peux vous dire qu'aujourd'hui,
03:45je suis co-signataire d'une proposition de loi
03:47qui a été déposée,
03:48ou qui va être déposée dans les heures qui viennent,
03:50par mon collègue,
03:51François Cormier-Boulijon,
03:52qui propose de revenir sur ce qui avait été fait à l'époque de Lionel Jospin.
03:55Vous savez, cette partie de taxes,
03:58on a beaucoup de taxes sur le carburant.
04:01On a même 60%,
04:04on a même une taxe sur la taxe.
04:05Il y a une partie,
04:06et lui, ce qu'il propose,
04:07c'est de revenir à cette fameuse,
04:08ce qu'on appelait à l'époque,
04:10TIPP flottante.
04:10Alors, on va être simple,
04:11en gros, c'est de dire,
04:12quand le prix du carburant augmente,
04:13il y a une partie de la taxe qu'on va faire baisser.
04:15En gros, on ne change pas les revenus pour l'État.
04:17L'État ne s'enrichira pas sur la hausse du carburant.
04:20Mais en revanche,
04:20ça permet d'alléger le prix à la pompe
04:23pour le consommateur et le rouleur.
04:25Celui qui consomme cette essence.
04:26Donc ça, ça peut être une position intéressante.
04:28C'est pour ça que j'ai co-signé sa proposition de loi.
04:30On verra si elle peut aboutir.
04:31Mais voilà une proposition que je trouve intéressante.
04:32Gilles Boutin.
04:33Admettez-vous quand même
04:34qu'il y a eu un refus d'obstacle
04:35tout au long de ces dix années,
04:36puisqu'on n'est pas en capacité aujourd'hui
04:39d'encaisser ce choc ?
04:40Bien sûr.
04:41Ben oui, je le reconnais.
04:42Mais Gabriel Attal,
04:43à l'heure de lui dire,
04:45que vous soutenez,
04:45à l'heure de dire que,
04:46non, de son temps,
04:47la croissance, elle était meilleure,
04:48que les taux ne s'étaient pas encore emballés.
04:51Il se lave les mains de ce qui a précédé,
04:52alors qu'il est passé à Bercy et à Matinou.
04:53Moi, je vais revenir sur 40 ans d'histoire,
04:58notamment de la dette sociale de la France.
04:59Prenons le livre de Nicolas Dufour,
05:01qui l'explique extrêmement bien.
05:02Je crois qu'il faut arrêter de cibler tel ou tel.
05:04Nous avons tous une part de responsabilité collective.
05:07Et là, ces dernières années,
05:08la responsabilité...
05:09N'oublions pas que jusqu'à la crise Covid,
05:13les chiffres économiques de l'économie
05:15étaient bien meilleurs.
05:15Le chômage s'améliorait,
05:17était en temps recul.
05:17La croissance était là.
05:19La création d'emplois était là.
05:20Donc, il y avait des indicateurs
05:21qui étaient extrêmement porteurs.
05:23Ensuite, crise Covid.
05:24Et là, le quoi qu'il en coûte,
05:26qui est allé clairement...
05:27Je le dis et je le reconnais.
05:28Il est allé beaucoup trop loin.
05:29Sur les 1000 milliards de dettes de M. Macron,
05:32le Covid, c'est 300 milliards.
05:33Donc, il y a 700 milliards
05:34où c'est des augmentations
05:35par des fonctionnaires supplémentaires,
05:38par une augmentation de l'administration
05:40et des budgets de l'État.
05:41Donc, on ne peut pas tout mettre sur le Covid.
05:43Et vous le savez.
05:44Non, non.
05:45Je ne mets pas tout sur le Covid.
05:46Je dis que ça a été un élément,
05:47et je le donne en exemple,
05:47parce qu'au cours des 40 dernières années,
05:50encore une fois,
05:50quelles que soient les tendances politiques
05:52qui sont en gouvernement...
05:52Après, ça a été mondial, le Covid.
05:53Donc, il y a des pays qui s'en sont sortis.
05:55Il y a des pays qui s'en sont sortis.
05:56Parfois, avec une...
05:56Rappelons-nous les mesures anti-inflationnistes
05:58que nous avons prises à ce moment-là.
05:59Certains pays européens...
06:01Européens.
06:01Européens étaient à 20% d'inflation,
06:03notamment dans les pays baltes.
06:04Là où nous, on a réussi
06:05à contenir beaucoup plus notre inflation,
06:06mais à un prix,
06:07avec un coût social derrière
06:09et un coût budgétaire pour l'État,
06:10très important.
06:11Adrien Matou.
06:12Moi, j'ai une question plus idéologique,
06:14parce que vous nous avez parlé
06:15de votre foi européenne.
06:17Et c'est vrai qu'il y a 10 ans,
06:18Emmanuel Macron est arrivé
06:19comme président de la République
06:21en réunissant le centre-gauche
06:23et le centre-droits
06:24autour de l'idéal européen,
06:26autour de la foi en la mondialisation,
06:28le libéralisme.
06:29Et aujourd'hui, on a l'impression
06:30que ces valeurs sont complètement minoritaires.
06:33J'entends même des macronistes
06:34parler toute la journée de souveraineté,
06:35ce qui aurait été inimaginable il y a 10 ans.
06:39On vous parlait de réindustrialiser la France,
06:43de restaurer la souveraineté,
06:45de défendre notre indépendance.
06:46Vous avez un peu adopté les mots
06:48de ceux qui étaient vos adversaires idéologiques
06:50il y a 10 ans.
06:51Est-ce que vous ne trouvez pas
06:51que la vision macroniste d'il y a 10 ans
06:53est aujourd'hui complètement dépassée ?
06:54Alors, moi, je vais vous donner
06:57mon point de vue très personnel
06:58et j'assume complètement
06:59de pouvoir peut-être un peu différente
07:00de tous mes collègues.
07:01Je ne suis pas forcément quelqu'un
07:02qui suit une doxa idéologique.
07:04Sur le sujet européen,
07:05je suis une profonde européenne.
07:08Mais ça veut dire quoi ?
07:08Ça veut dire fédéralisme européen ?
07:10Attention, justement.
07:11On est tous européens, de fait.
07:13Absolument.
07:14Un européanisme, je dirais, responsable.
07:16On n'est pas aveugle.
07:17C'est-à-dire qu'il faut savoir
07:18ce que ça emporte derrière.
07:19Et quant à la notion de souveraineté
07:21dont vous avez parlé,
07:22attention, il faut être quand même
07:23un peu lucide.
07:24C'est un très joli mot.
07:25On peut mettre beaucoup de choses dedans,
07:26mais on ne peut pas tout mettre.
07:27On ne peut pas tout mettre.
07:28Il faut être réaliste.
07:29Il y a des choses sur lesquelles
07:29la France ne sera jamais souveraine.
07:32Jamais.
07:32La France ne sera jamais souveraine
07:33sur certaines choses ?
07:34Évidemment.
07:35Vous prenez les téléphones mobiles
07:36que vous avez là,
07:37vous pensez que demain,
07:37on va le fabriquer nous-mêmes en France ?
07:38Alors, c'est autre chose
07:39que la souveraineté.
07:40Non, mais être contrôlé
07:41une chaîne de valeur.
07:42Pour être souverain
07:43sur une chaîne de valeur,
07:44il y a des chaînes
07:45sur lesquelles on ne le saura jamais.
07:47En revanche,
07:47on peut peut-être améliorer
07:49ou limiter nos dépendances
07:50en européen.
07:51Ça, oui.
07:51Et là, c'est pour ça
07:52que je rejoins le projet européen
07:55et en disant à mes concitoyens,
07:56c'est une manière
07:56de mieux nous protéger.
07:58Quand vous dites en européen,
07:59par exemple,
08:00si une usine de fabrication
08:02de je ne sais quoi
08:03passe du Vietnam à la Pologne,
08:05ce sera en européen ?
08:07Mais pour les Français,
08:08qu'est-ce que ça change ?
08:08Je vais vous donner
08:09un exemple très précis
08:10qui est la société
08:11qui produit des microprocesseurs
08:13aux Pays-Bas,
08:14à SML,
08:15qui est fondamentale
08:16sur la chaîne de valeur
08:17de ce qu'on peut faire
08:18aujourd'hui en IA.
08:20Elle est aujourd'hui aux Pays-Bas.
08:22Là, c'est là que je dis en européen.
08:23Nous avons, nous,
08:24Européens,
08:24accès aussi à cette usine de production.
08:27On peut en européen aussi
08:28décider d'avoir un impact,
08:30ça je le souhaiterais d'ailleurs,
08:31beaucoup plus fort,
08:32sur ce que sont les producteurs
08:35aujourd'hui d'IA chinois
08:36d'un côté,
08:36américains de l'autre.
08:37En plus, on a une énergie,
08:39je pense à l'électricité,
08:40à un prix qui permet
08:42d'utiliser...
08:43Malgré l'Europe.
08:44Exactement.
08:45Donc, on a quand même
08:45accès à une énergie
08:46qui est un problème
08:47pour les Américains,
08:48moins pour les Chinois,
08:49évidemment.
08:49Donc, là,
08:50sur ce sujet-là,
08:51voilà un exemple
08:51sur lequel on ne va pas avoir
08:53des usines à SML
08:54dans chacun des 27 pays européens.
08:55Ça n'a pas de sens.
08:56En revanche,
08:57c'est là qu'il faut prendre
08:57des décisions collectives
08:58et moi,
08:59c'est tout l'effort
09:00qu'on doit faire.
09:01Je me pose parfois
09:02la question de savoir
09:02si Mme Ursula von der Leyen
09:03porte vraiment complètement
09:04ce projet européen à 27.
09:07Vous avez dit les choses.
09:09En le disant ça,
09:10vous avez dit les choses.
09:11En tout cas,
09:11je suis persuadée
09:12que c'est possible.
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