00:01Europe 1, Pascal Pro et vous.
00:0417h17, je ne vous présente pas notre ami Gérard Carrérou, les élections américaines de mi-mandat.
00:10Les Américains votent aujourd'hui, des enquêtes d'opinion prévoient une victoire des démocrates à la Chambre des représentants,
00:16le Sénat pourrait aussi basculer.
00:19Gérard, avant de nous parler peut-être de l'enjeu de cette élection,
00:24dans quel, comment dire, l'état des forces aujourd'hui entre le Sénat et la Chambre ?
00:29– Alors l'état des forces, c'est que Trump avait gagné les deux assemblées,
00:34il y a deux assemblées comme en France, la Chambre des représentants et le Sénat,
00:39et il avait jusqu'à aujourd'hui une majorité dans les deux assemblées.
00:45La Chambre des représentants, c'est elle qui s'occupe plutôt de l'économie, des décisions, du budget, etc.
00:52Et le Sénat, c'est la haute assemblée qui s'occupe des autres choses importantes de l'État.
00:59Mais pas particulièrement de l'économie.
01:01Mais pour bien gouverner, il vaut mieux avoir les deux chambres avec une majorité.
01:06Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas gouverner si on n'a qu'une chambre.
01:09Et la meilleure preuve, c'est que beaucoup d'éminents présidents américains,
01:14tout au long des 200 dernières années, ont été battus au mid-turns
01:18et ils n'ont plus eu qu'une seule chambre.
01:20– Et quelle est la chambre la plus importante à avoir, selon vous ?
01:22– Alors, c'est là que je fais la distinction.
01:25S'il s'agit du budget, il faut avoir une majorité chez les représentants.
01:29S'il s'agit d'une décision, je ne sais pas, par exemple,
01:32faut-il supprimer les armes aux États-Unis ?
01:36C'est le Sénat qui tranchera.
01:38Donc, ce n'est pas tout à fait le même…
01:40– Il peut perdre les deux ?
01:41– Alors, il peut perdre les deux ?
01:43C'est même, je dirais, ce que les sondages…
01:45Alors, je me méfie des sondages, comme tout le monde.
01:47Les sondages prédisent plutôt que Trump va perdre les deux chambres.
01:53Moi, je ne suis pas sondeur, je suis simplement un Américain,
01:58un Français qui aime l'Amérique, je dirais, tout simplement,
02:01et qui a des tas de connexions avec ce pays,
02:04qui y suis allé très souvent, très longtemps.
02:07J'ai l'espoir, parce que je suis plutôt trumpiste,
02:11je le dis parce que je ne veux pas choquer les auditeurs,
02:14je sais que dans ce pays, en France notamment,
02:16on peut dire qu'à peu près 90% des Français détestent Trump.
02:21Et quand je dis 90%, peut-être que je suis en dessous de la vérité.
02:25C'est peut-être 95% qui détestent Trump.
02:27Mais peu importe, moi, je pense que ce type,
02:30c'est un des grands présidents de l'Amérique,
02:33quelle que soit l'opinion.
02:34et je pense que beaucoup de nos auditeurs,
02:37que j'aime beaucoup, vont trouver que je suis idiot,
02:40ils vont dire qu'il a beaucoup vieilli, le carré rouge.
02:42Mais non, mais c'est vrai, parce que tout le monde connaît votre parcours,
02:45et vous êtes une sorte d'anti-Trump, vous-même, à titre personnel,
02:50vous êtes plutôt un intellectuel,
02:53je ne suis pas sûr que vous aimiez cette manière de gouverner
02:56qui est un peu vulgaire, disons-le, avec des défauts,
02:59mais malgré tout, sur l'efficacité,
03:02vous y voyez quelque chose qui vous a convaincu.
03:04– Exactement, je sais que, par exemple,
03:06vous avez de l'admiration pour Valéry Giscard d'Estaing,
03:09on en a souvent parlé ensemble.
03:11Bon, c'est évidemment l'anti-Giscard d'Estaing, Trump.
03:16Autant Giscard avait cette élégance de l'esprit,
03:19du geste, du physique,
03:22enfin l'ensemble des choses qui font qu'on dit,
03:24« Ah, quelle élégance, quelle intelligence, etc. »
03:27Trump, c'est tout le contraire,
03:29« Quel balourd, quel connard, voilà ce que les gens pensent, hein,
03:33quel connard, oh là là, celui-là,
03:35ce n'est pas possible qu'un grand pays comme l'Amérique… »
03:37– Bien sûr, on ne l'imagine pas lire un roman de Steinbeck le soir.
03:40– Pourquoi je vous dis que moi,
03:42j'ai une certaine affection pour Trump ?
03:44Je l'ai vu débuter en politique dans sa première campagne
03:49et j'ai vu comment il a attrapé, si j'ose dire,
03:54il a conquis l'adhésion populaire.
03:56– J'entends bien, mais bon, là, les deux ans, par exemple,
03:58est-ce que vous trouvez que ces deux ans sont positifs ?
04:01Quel bilan vous faites ?
04:03On a l'impression quand même de quelque chose d'assez erratique, disons-le.
04:07– Je dirais, si on est loyal avec les événements,
04:10les deux ans sont globalement assez négatifs.
04:14– Avec des changements de pieds importants.
04:16L'affaire du Détroit d'Hormuz, il était allé faire la guerre à la base
04:20et le Détroit d'Hormuz, je vous rappelle, il était ouvert.
04:23On fait une guerre simplement maintenant pour le rouvrir
04:25alors qu'il était ouvert avant la guerre.
04:26– Le principal échec à ce jour,
04:29parce que ça va peut-être changer la semaine prochaine,
04:31s'il va à nouveau faire une campagne militaire en Iran,
04:35mais jusqu'à ce jour, l'échec principal,
04:38c'est d'avoir engagé et perdu la guerre d'Iran.
04:42C'est ça.
04:44Parce que personne ne pouvait imaginer
04:46que l'Amérique, avec sa puissance militaire,
04:50son complexe militaro-industriel,
04:52depuis Eisenhower, depuis 50 ans ou 60 ans,
04:56cette force américaine allait s'écraser devant les mollas iraniens.
05:03Personne ne le pensait et c'est arrivé.
05:05– Sous-titrage Société Radio-Canada –