00:00— Rebonjour, Kevin, de la France Insoumise.
00:02— Oui, bonjour.
00:02— Bon, revenons à nos moutons, si j'ose dire.
00:04Je trouve que vous faites bien l'étonner un peu par rapport à ces débordements
00:09et que vous ne pouvez pas nier que la France Insoumise,
00:14d'ailleurs, non seulement elle a intérêt parfois à ces chaos,
00:17mais j'ai l'impression qu'elle met parfois de l'huile sur le feu.
00:21J'ai entendu M. Bagayoko disant que la violence est légitime.
00:25Donc, il y a une volonté de créer le chaos dans un mouvement qui est souvent révolutionnaire
00:34et qui veut mettre à bas l'État, disons-le.
00:36Mais je suis étonné même que vous ne le revendiquiez pas,
00:39parce que la France Insoumise ne cache pas parfois, à travers ce que dit M. Mélenchon,
00:43ce sombre dessin, Kevin.
00:47— Absolument pas.
00:49La France Insoumise est une organisation politique, on va dire, sociale-démocrate
00:52sur les chétiers de la gauche.
00:54Ce n'est pas du tout révolutionnaire.
00:56J'invite à lire le programme de la France Insoumise.
00:58Il n'y a rien de révolutionnaire.
01:00Il n'y a pas d'étonnement.
01:01L'effet de violence et les pillages, M. Praud,
01:04vous êtes constamment sur les médias.
01:06Vous voyez bien que quand il y a des festivités
01:08après des victoires du PSG ou de l'équipe de France,
01:11on voit ces scènes de pillage.
01:12Donc, ce n'est pas de la faute de la France Insoumise.
01:14Il y a un problème dans notre société.
01:16Je pense que ce problème est politique.
01:18Et le responsable de toute cette déliquescence,
01:22c'est la politique de Macron et le gouvernement.
01:24Il faut arrêter de tout remettre sur la faute de Jean-Luc Mélenchon
01:27et de la France Insoumise.
01:27C'est tellement facile.
01:29Moi, je veux bien qu'on attaque la France Insoumise,
01:31mais attaquons-les sur le programme.
01:33Attaquons-les sur le fond.
01:34Parce que même sur les propos de M. Bakayoko, M. Praud,
01:37quand il dit qu'il y a une violence légitime,
01:39mais derrière, il rajoute qu'il faut l'éviter par tous les moyens.
01:42Mais Darmanin aussi, à l'époque,
01:43les agriculteurs disaient qu'il y avait une violence légitime.
01:46Ils comprenaient cette violence.
01:48Et ils disaient même, on ne répond pas à la souffrance
01:49en envoyant des CRS.
01:52Vous voyez, vous n'avez pas fait autant de polémiques
01:54quand Darmanin disait ça à l'époque sur les agriculteurs.
01:56Les agriculteurs n'ont pas pillé de magasins, que je sache.
02:00Non, ils ont juste des fois fragressé des préfectures
02:04avec un fracteur.
02:06En tout cas, les dégâts, me semble-t-il, ne sont pas comparables.
02:09Mais vous savez, le programme de la France Insoumise,
02:12on peut aller sur le fond.
02:14Ce que propose la France Insoumise,
02:16ça a parfois été testé dans d'autres pays.
02:18Et généralement, ça se termine dans un état de pauvreté
02:22pour tout le monde.
02:23C'est généralement ça, le programme.
02:24Parce qu'effectivement, si vous taxez trop les entrepreneurs,
02:30si vous taxez trop l'entreprise,
02:33ceux qui ont les moyens partiront, tout simplement.
02:36Et hélas, il faut libérer l'emploi.
02:39Il faut faire en sorte que le chef d'entreprise,
02:43qu'il prend des risques.
02:44Parce qu'il a une chose que ni vous ni moi n'avons,
02:47le chef d'entreprise, il prend des risques.
02:49Moi, je n'ai jamais pris beaucoup de risques dans ma vie.
02:51J'ai toujours été un salarié.
02:52Donc, qu'est-ce qu'on encourage,
02:56ou en tout cas, qu'est-ce qui détermine le chef d'entreprise ?
03:00De quelques côtés qu'il vienne, d'ailleurs,
03:03il prend un risque.
03:04C'est-à-dire qu'il, tout d'un coup, il fait tapis.
03:06Ben, ça, c'est ça qu'il faut encourager.
03:09Donc, si vous le surtaxez, évidemment, c'est...
03:13Moi, je trouve que vous manquez de respect un peu
03:15aux entrepreneurs et aux chefs d'entreprise.
03:17Parce que, où est leur côté patriotique ?
03:19Leur côté nationaliste, on aime la France.
03:23On les surtaxe un peu, ils quittent leur pays.
03:24Vous pensez qu'ils peuvent quitter leur famille ?
03:26Mais ce que vous ne comprenez pas,
03:28d'ailleurs, je pense qu'ils quitteraient tous le pays,
03:30mais on est déjà le pays le plus taxé.
03:33Ce qui m'étonne toujours,
03:34quand je parle vraiment sur le fond
03:36avec des gens de gauche, en l'occurrence,
03:38on est déjà le pays le plus taxé.
03:41Donc, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
03:42Je veux bien qu'on soit encore plus taxés.
03:44Je veux bien que...
03:46Alors, évidemment que nous, nous gagnons bien notre vie,
03:49mais à un certain niveau de revenu,
03:52tu donnes 50% de ce que tu donnes.
03:55Je veux bien qu'on prenne plus,
03:56mais c'est quand même pas rien, 50%.
03:5950%.
03:59Vous demandez aux gens de donner 50%.
04:02C'est beaucoup, quand même, 50%.
04:04C'est-à-dire que vous travaillez du 1er janvier
04:06au 1er juillet pour l'État.
04:08Alors, à la limite,
04:10si tout marchait bien,
04:11si les services publics marchaient, etc.
04:13Mais tu t'aperçois qu'en plus,
04:14cet argent-là est mal utilisé par les services.
04:17Il y a sans doute trop de fonctionnaires.
04:19Vous, vous en voulez davantage.
04:21Il y en a sans doute trop de fonctionnaires.
04:23Il y a sans doute des prestations sociales
04:25qu'il faudrait revoir.
04:26Tu donnes de l'argent, aujourd'hui,
04:28à des étudiants étrangers,
04:29je pense qu'il faudrait le revoir.
04:31Le fonctionnement de l'État,
04:32il faudrait le revoir, etc.
04:33Moi, je ne peux pas être d'accord exactement
04:35avec le programme de la France insoumise
04:36parce que, tout simplement,
04:37je pense que ça nous mène dans le mur.
04:38Il est 17h14.
04:40Kevin va pouvoir répondre.
04:41Et après, nous enchaînerons,
04:44peut-être en écoutant Laurent Nunez,
04:46en écoutant également Emmanuel Macron.
04:47Et puis en écoutant Emmanuel Petit,
04:49qui a été assez courageux.
04:50A tout de suite.
04:51Et vous ?
04:51Il est 17h17.
04:53Nous sommes avec Kevin.
04:54Et on parlait du programme, justement,
04:56de la LFI.
04:56Et c'est intéressant.
04:57Là, on parlait vraiment du programme économique
05:00avec Kevin.
05:02Et je disais,
05:05généralement, ces politiques-là,
05:06qui sont des politiques sociales,
05:09appauvrissent tout le monde.
05:10Tout le monde est perdant.
05:12Et effectivement,
05:13après,
05:14c'est des pays comme
05:16le pays de M. Chavez,
05:19qui sont en très grande difficulté.
05:21Je ne vous parle même pas de l'URSS.
05:23Mais partout, ça a été tenté.
05:25Une politique ultra-gauche.
05:27Ça se termine sur le plan économique
05:29en faillite.
05:30Kevin ?
05:32Oui, dans un système capitaliste mondialisé,
05:36oui, effectivement,
05:37ça peut être compliqué
05:37de faire une politique socialiste complète.
05:41mais sur le programme économique,
05:43même si on se dit
05:44que la France est le pays le plus taxé,
05:46en France,
05:46on a quand même pas mal
05:48de fraudes fiscales
05:49ou d'évasion
05:50entre 80 et 100 milliards.
05:51Et ça, M. Brault,
05:52vous-même,
05:52vous ne pouvez pas nier.
05:53Ça reste un véritable problème.
05:55Moi, je suis d'accord avec vous.
05:56Mais la fraude,
05:57d'abord, on n'en sait rien par définition.
05:58Mais elle est sans doute importante.
05:59Mais on ne peut pas l'évaluer.
06:01Vous dites 100 milliards.
06:03Bon, c'est ce qu'on dit.
06:03Mais fraude fiscale, 100 milliards,
06:05ça me paraît beaucoup d'ailleurs.
06:06Mais effectivement,
06:07là où vous avez raison,
06:08c'est que la fraude,
06:09c'est parfaitement inadmissible.
06:10Mais il y a la fraude sociale
06:12et il y a les deux.
06:13Mais ce n'est pas ça le sujet.
06:14Le sujet, c'est que,
06:15moi qui suis plutôt un libéral,
06:17j'encourage
06:19les chefs d'entreprise,
06:20les jeunes,
06:21à prendre leurs risques.
06:23Bien sûr que ce n'est pas facile.
06:26Bien sûr que souvent,
06:27d'ailleurs,
06:27ils ont des difficultés.
06:29Mais si tu les matraques,
06:31moi je vois bien
06:32ce que me disent
06:33ceux qui commencent
06:35dans l'entreprise.
06:36Tu es matraqué de charges.
06:39Les artisans,
06:39ils sont matraqués de charges.
06:41Et je pense que tout cela,
06:43il faut peut-être revoir
06:44une politique sociale
06:45qui est trop onéreuse
06:47en France.
06:48Peut-être y a-t-il
06:49des couvertures sociales
06:51sur lesquelles il faut revenir.
06:53Sans doute,
06:53avoir un fonctionnement
06:56de l'État
06:57qui soit sur le régalien
07:00davantage
07:00que sur d'autres sujets.
07:03Et puis,
07:03encourager l'entreprise.
07:05Qu'est-ce que vous voulez,
07:06je vous dise ?
07:06Il n'y a que l'entreprise
07:07qui crée des emplois.
07:08Ce n'est pas les fonctionnaires
07:09qui vont...
07:09Ce n'est pas l'État
07:10qui va créer des emplois.
07:12À chaque fois que l'État
07:13en crée...
07:13À chaque fois que l'État
07:14en crée,
07:15ce n'est pas une bonne chose
07:16pour l'économie.
07:17Qu'est-ce que vous voulez
07:18que je vous dise ?
07:19Oui, mais à chaque fois
07:20que ça va mal,
07:21M. Pro,
07:22quand il y a des grosses
07:23crises financières
07:23ou des crises bancaires,
07:24ils sont bien contents
07:25de trouver l'argent public.
07:26C'est toujours l'État
07:27qui renfloue
07:28les crises financières.
07:29Non, non,
07:31ça, franchement...
07:32Moi aussi, M. Pro.
07:34Écoutez,
07:36ça a pu arriver,
07:37mais ce n'est pas
07:38l'essentiel,
07:38l'économie.
07:39D'ailleurs,
07:39en France,
07:40ça marche très bien,
07:41le privé.
07:43C'est-à-dire,
07:45le paradoxe,
07:45c'est qu'autant
07:46l'État
07:47est en difficulté,
07:48autant le privé.
07:49Vous avez des gens
07:50qui innovent,
07:51vous avez des gens
07:52qui ont des ambitions,
07:54vous avez des entreprises
07:56qui sont vraiment
07:57tout à fait remarquables,
07:58vous avez des chefs
07:59d'entreprise
08:00qui ne demandent qu'à une chose,
08:01c'est d'embaucher,
08:02embaucher.
08:03Simplement,
08:04parfois en situation
08:04de crise,
08:05tu es obligé
08:06de se séparer
08:08et ce n'est jamais agréable,
08:11bien sûr,
08:12de certains salariés,
08:14mais pour pouvoir
08:14rebondir après,
08:15c'est le mécanisme
08:17du système
08:19capitaliste
08:19qui a sûrement
08:20des défauts,
08:20comme tout à chacun,
08:22mais qui me paraît
08:22en avoir moins
08:23que les autres.
08:24C'est ça
08:25que je retiens.
08:27C'est un système
08:28de méritocratie,
08:30de hiérarchie,
08:31de sélection
08:31où c'est les meilleures
08:34entreprises qui passent.
08:35Qu'est-ce que vous voulez
08:35que je vous dise ?
08:36Il y a des entreprises
08:37qui ont plus d'énergie,
08:41qui travaillent peut-être
08:42davantage,
08:43qui ont vu
08:44la bonne vision,
08:45que sais-je.
08:46il y en a qui sont
08:46meilleurs que d'autres.
08:47Dans le bâtiment,
08:48il y en a qui sont
08:48meilleurs que d'autres.
08:49Et puis dans tous les secteurs,
08:50il y en a qui sont
08:51meilleurs que d'autres.
08:52C'est un peu la vie.
08:52Il y a des entreprises
08:53qui périclitent peut-être
08:54parce que leur chef
08:55d'entreprise
08:55n'est pas le plus performant.
08:58C'est terrible,
08:59bien sûr.
09:00Ça serait formidable
09:01si tout le monde
09:03avait toutes les qualités
09:04possibles.
09:05Mais hélas,
09:06ce n'est pas le cas,
09:06Kevin.
09:08Merci en tout cas.
09:08Vous,
09:09vous êtes payé par qui ?
09:10C'est un bailleur social.
09:12Qui vous paye,
09:13par exemple,
09:13Kevin ?
09:14Moi,
09:15c'est mission publique
09:16mais bailleur privé.
09:17Bailleur privé.
09:19Bon.
09:19En tout cas,
09:21merci de votre...
09:23J'ai plus parlé que vous,
09:24malheureusement.
09:24J'aurais aimé
09:25que vous défendiez
09:25le programme
09:26de la France insoumise
09:27mais je ne vous trouve pas
09:29très performant
09:30dans la défense,
09:31Kevin.
09:32Dans la défense économique.
09:34Ah, bien sûr que si.
09:36J'ai donné mes arguments
09:37et qui même dans le programme
09:38de la France insoumise,
09:38justement,
09:39il y a une diminution fiscale
09:40pour les petits TPE et PME.
09:42Et comme on ne veut pas
09:43changer notre système social,
09:44pour ça,
09:45on va récupérer l'argent
09:46dans les très grosses entreprises
09:47et notamment les GAFAM
09:48qui ne payent pas d'impôts.
09:49Donc,
09:50dans le programme
09:50de la France insoumise,
09:51on défiscalise
09:52les petits entrepreneurs
09:53parce qu'eux subissent
09:54une très grosse pression fiscale
09:56et ça,
09:56on est d'accord là-dessus.