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  • il y a 4 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00— Rebonjour, Kevin, de la France Insoumise.
00:02— Oui, bonjour.
00:02— Bon, revenons à nos moutons, si j'ose dire.
00:04Je trouve que vous faites bien l'étonner un peu par rapport à ces débordements
00:09et que vous ne pouvez pas nier que la France Insoumise,
00:14d'ailleurs, non seulement elle a intérêt parfois à ces chaos,
00:17mais j'ai l'impression qu'elle met parfois de l'huile sur le feu.
00:21J'ai entendu M. Bagayoko disant que la violence est légitime.
00:25Donc, il y a une volonté de créer le chaos dans un mouvement qui est souvent révolutionnaire
00:34et qui veut mettre à bas l'État, disons-le.
00:36Mais je suis étonné même que vous ne le revendiquiez pas,
00:39parce que la France Insoumise ne cache pas parfois, à travers ce que dit M. Mélenchon,
00:43ce sombre dessin, Kevin.
00:47— Absolument pas.
00:49La France Insoumise est une organisation politique, on va dire, sociale-démocrate
00:52sur les chétiers de la gauche.
00:54Ce n'est pas du tout révolutionnaire.
00:56J'invite à lire le programme de la France Insoumise.
00:58Il n'y a rien de révolutionnaire.
01:00Il n'y a pas d'étonnement.
01:01L'effet de violence et les pillages, M. Praud,
01:04vous êtes constamment sur les médias.
01:06Vous voyez bien que quand il y a des festivités
01:08après des victoires du PSG ou de l'équipe de France,
01:11on voit ces scènes de pillage.
01:12Donc, ce n'est pas de la faute de la France Insoumise.
01:14Il y a un problème dans notre société.
01:16Je pense que ce problème est politique.
01:18Et le responsable de toute cette déliquescence,
01:22c'est la politique de Macron et le gouvernement.
01:24Il faut arrêter de tout remettre sur la faute de Jean-Luc Mélenchon
01:27et de la France Insoumise.
01:27C'est tellement facile.
01:29Moi, je veux bien qu'on attaque la France Insoumise,
01:31mais attaquons-les sur le programme.
01:33Attaquons-les sur le fond.
01:34Parce que même sur les propos de M. Bakayoko, M. Praud,
01:37quand il dit qu'il y a une violence légitime,
01:39mais derrière, il rajoute qu'il faut l'éviter par tous les moyens.
01:42Mais Darmanin aussi, à l'époque,
01:43les agriculteurs disaient qu'il y avait une violence légitime.
01:46Ils comprenaient cette violence.
01:48Et ils disaient même, on ne répond pas à la souffrance
01:49en envoyant des CRS.
01:52Vous voyez, vous n'avez pas fait autant de polémiques
01:54quand Darmanin disait ça à l'époque sur les agriculteurs.
01:56Les agriculteurs n'ont pas pillé de magasins, que je sache.
02:00Non, ils ont juste des fois fragressé des préfectures
02:04avec un fracteur.
02:06En tout cas, les dégâts, me semble-t-il, ne sont pas comparables.
02:09Mais vous savez, le programme de la France Insoumise,
02:12on peut aller sur le fond.
02:14Ce que propose la France Insoumise,
02:16ça a parfois été testé dans d'autres pays.
02:18Et généralement, ça se termine dans un état de pauvreté
02:22pour tout le monde.
02:23C'est généralement ça, le programme.
02:24Parce qu'effectivement, si vous taxez trop les entrepreneurs,
02:30si vous taxez trop l'entreprise,
02:33ceux qui ont les moyens partiront, tout simplement.
02:36Et hélas, il faut libérer l'emploi.
02:39Il faut faire en sorte que le chef d'entreprise,
02:43qu'il prend des risques.
02:44Parce qu'il a une chose que ni vous ni moi n'avons,
02:47le chef d'entreprise, il prend des risques.
02:49Moi, je n'ai jamais pris beaucoup de risques dans ma vie.
02:51J'ai toujours été un salarié.
02:52Donc, qu'est-ce qu'on encourage,
02:56ou en tout cas, qu'est-ce qui détermine le chef d'entreprise ?
03:00De quelques côtés qu'il vienne, d'ailleurs,
03:03il prend un risque.
03:04C'est-à-dire qu'il, tout d'un coup, il fait tapis.
03:06Ben, ça, c'est ça qu'il faut encourager.
03:09Donc, si vous le surtaxez, évidemment, c'est...
03:13Moi, je trouve que vous manquez de respect un peu
03:15aux entrepreneurs et aux chefs d'entreprise.
03:17Parce que, où est leur côté patriotique ?
03:19Leur côté nationaliste, on aime la France.
03:23On les surtaxe un peu, ils quittent leur pays.
03:24Vous pensez qu'ils peuvent quitter leur famille ?
03:26Mais ce que vous ne comprenez pas,
03:28d'ailleurs, je pense qu'ils quitteraient tous le pays,
03:30mais on est déjà le pays le plus taxé.
03:33Ce qui m'étonne toujours,
03:34quand je parle vraiment sur le fond
03:36avec des gens de gauche, en l'occurrence,
03:38on est déjà le pays le plus taxé.
03:41Donc, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
03:42Je veux bien qu'on soit encore plus taxés.
03:44Je veux bien que...
03:46Alors, évidemment que nous, nous gagnons bien notre vie,
03:49mais à un certain niveau de revenu,
03:52tu donnes 50% de ce que tu donnes.
03:55Je veux bien qu'on prenne plus,
03:56mais c'est quand même pas rien, 50%.
03:5950%.
03:59Vous demandez aux gens de donner 50%.
04:02C'est beaucoup, quand même, 50%.
04:04C'est-à-dire que vous travaillez du 1er janvier
04:06au 1er juillet pour l'État.
04:08Alors, à la limite,
04:10si tout marchait bien,
04:11si les services publics marchaient, etc.
04:13Mais tu t'aperçois qu'en plus,
04:14cet argent-là est mal utilisé par les services.
04:17Il y a sans doute trop de fonctionnaires.
04:19Vous, vous en voulez davantage.
04:21Il y en a sans doute trop de fonctionnaires.
04:23Il y a sans doute des prestations sociales
04:25qu'il faudrait revoir.
04:26Tu donnes de l'argent, aujourd'hui,
04:28à des étudiants étrangers,
04:29je pense qu'il faudrait le revoir.
04:31Le fonctionnement de l'État,
04:32il faudrait le revoir, etc.
04:33Moi, je ne peux pas être d'accord exactement
04:35avec le programme de la France insoumise
04:36parce que, tout simplement,
04:37je pense que ça nous mène dans le mur.
04:38Il est 17h14.
04:40Kevin va pouvoir répondre.
04:41Et après, nous enchaînerons,
04:44peut-être en écoutant Laurent Nunez,
04:46en écoutant également Emmanuel Macron.
04:47Et puis en écoutant Emmanuel Petit,
04:49qui a été assez courageux.
04:50A tout de suite.
04:51Et vous ?
04:51Il est 17h17.
04:53Nous sommes avec Kevin.
04:54Et on parlait du programme, justement,
04:56de la LFI.
04:56Et c'est intéressant.
04:57Là, on parlait vraiment du programme économique
05:00avec Kevin.
05:02Et je disais,
05:05généralement, ces politiques-là,
05:06qui sont des politiques sociales,
05:09appauvrissent tout le monde.
05:10Tout le monde est perdant.
05:12Et effectivement,
05:13après,
05:14c'est des pays comme
05:16le pays de M. Chavez,
05:19qui sont en très grande difficulté.
05:21Je ne vous parle même pas de l'URSS.
05:23Mais partout, ça a été tenté.
05:25Une politique ultra-gauche.
05:27Ça se termine sur le plan économique
05:29en faillite.
05:30Kevin ?
05:32Oui, dans un système capitaliste mondialisé,
05:36oui, effectivement,
05:37ça peut être compliqué
05:37de faire une politique socialiste complète.
05:41mais sur le programme économique,
05:43même si on se dit
05:44que la France est le pays le plus taxé,
05:46en France,
05:46on a quand même pas mal
05:48de fraudes fiscales
05:49ou d'évasion
05:50entre 80 et 100 milliards.
05:51Et ça, M. Brault,
05:52vous-même,
05:52vous ne pouvez pas nier.
05:53Ça reste un véritable problème.
05:55Moi, je suis d'accord avec vous.
05:56Mais la fraude,
05:57d'abord, on n'en sait rien par définition.
05:58Mais elle est sans doute importante.
05:59Mais on ne peut pas l'évaluer.
06:01Vous dites 100 milliards.
06:03Bon, c'est ce qu'on dit.
06:03Mais fraude fiscale, 100 milliards,
06:05ça me paraît beaucoup d'ailleurs.
06:06Mais effectivement,
06:07là où vous avez raison,
06:08c'est que la fraude,
06:09c'est parfaitement inadmissible.
06:10Mais il y a la fraude sociale
06:12et il y a les deux.
06:13Mais ce n'est pas ça le sujet.
06:14Le sujet, c'est que,
06:15moi qui suis plutôt un libéral,
06:17j'encourage
06:19les chefs d'entreprise,
06:20les jeunes,
06:21à prendre leurs risques.
06:23Bien sûr que ce n'est pas facile.
06:26Bien sûr que souvent,
06:27d'ailleurs,
06:27ils ont des difficultés.
06:29Mais si tu les matraques,
06:31moi je vois bien
06:32ce que me disent
06:33ceux qui commencent
06:35dans l'entreprise.
06:36Tu es matraqué de charges.
06:39Les artisans,
06:39ils sont matraqués de charges.
06:41Et je pense que tout cela,
06:43il faut peut-être revoir
06:44une politique sociale
06:45qui est trop onéreuse
06:47en France.
06:48Peut-être y a-t-il
06:49des couvertures sociales
06:51sur lesquelles il faut revenir.
06:53Sans doute,
06:53avoir un fonctionnement
06:56de l'État
06:57qui soit sur le régalien
07:00davantage
07:00que sur d'autres sujets.
07:03Et puis,
07:03encourager l'entreprise.
07:05Qu'est-ce que vous voulez,
07:06je vous dise ?
07:06Il n'y a que l'entreprise
07:07qui crée des emplois.
07:08Ce n'est pas les fonctionnaires
07:09qui vont...
07:09Ce n'est pas l'État
07:10qui va créer des emplois.
07:12À chaque fois que l'État
07:13en crée...
07:13À chaque fois que l'État
07:14en crée,
07:15ce n'est pas une bonne chose
07:16pour l'économie.
07:17Qu'est-ce que vous voulez
07:18que je vous dise ?
07:19Oui, mais à chaque fois
07:20que ça va mal,
07:21M. Pro,
07:22quand il y a des grosses
07:23crises financières
07:23ou des crises bancaires,
07:24ils sont bien contents
07:25de trouver l'argent public.
07:26C'est toujours l'État
07:27qui renfloue
07:28les crises financières.
07:29Non, non,
07:31ça, franchement...
07:32Moi aussi, M. Pro.
07:34Écoutez,
07:36ça a pu arriver,
07:37mais ce n'est pas
07:38l'essentiel,
07:38l'économie.
07:39D'ailleurs,
07:39en France,
07:40ça marche très bien,
07:41le privé.
07:43C'est-à-dire,
07:45le paradoxe,
07:45c'est qu'autant
07:46l'État
07:47est en difficulté,
07:48autant le privé.
07:49Vous avez des gens
07:50qui innovent,
07:51vous avez des gens
07:52qui ont des ambitions,
07:54vous avez des entreprises
07:56qui sont vraiment
07:57tout à fait remarquables,
07:58vous avez des chefs
07:59d'entreprise
08:00qui ne demandent qu'à une chose,
08:01c'est d'embaucher,
08:02embaucher.
08:03Simplement,
08:04parfois en situation
08:04de crise,
08:05tu es obligé
08:06de se séparer
08:08et ce n'est jamais agréable,
08:11bien sûr,
08:12de certains salariés,
08:14mais pour pouvoir
08:14rebondir après,
08:15c'est le mécanisme
08:17du système
08:19capitaliste
08:19qui a sûrement
08:20des défauts,
08:20comme tout à chacun,
08:22mais qui me paraît
08:22en avoir moins
08:23que les autres.
08:24C'est ça
08:25que je retiens.
08:27C'est un système
08:28de méritocratie,
08:30de hiérarchie,
08:31de sélection
08:31où c'est les meilleures
08:34entreprises qui passent.
08:35Qu'est-ce que vous voulez
08:35que je vous dise ?
08:36Il y a des entreprises
08:37qui ont plus d'énergie,
08:41qui travaillent peut-être
08:42davantage,
08:43qui ont vu
08:44la bonne vision,
08:45que sais-je.
08:46il y en a qui sont
08:46meilleurs que d'autres.
08:47Dans le bâtiment,
08:48il y en a qui sont
08:48meilleurs que d'autres.
08:49Et puis dans tous les secteurs,
08:50il y en a qui sont
08:51meilleurs que d'autres.
08:52C'est un peu la vie.
08:52Il y a des entreprises
08:53qui périclitent peut-être
08:54parce que leur chef
08:55d'entreprise
08:55n'est pas le plus performant.
08:58C'est terrible,
08:59bien sûr.
09:00Ça serait formidable
09:01si tout le monde
09:03avait toutes les qualités
09:04possibles.
09:05Mais hélas,
09:06ce n'est pas le cas,
09:06Kevin.
09:08Merci en tout cas.
09:08Vous,
09:09vous êtes payé par qui ?
09:10C'est un bailleur social.
09:12Qui vous paye,
09:13par exemple,
09:13Kevin ?
09:14Moi,
09:15c'est mission publique
09:16mais bailleur privé.
09:17Bailleur privé.
09:19Bon.
09:19En tout cas,
09:21merci de votre...
09:23J'ai plus parlé que vous,
09:24malheureusement.
09:24J'aurais aimé
09:25que vous défendiez
09:25le programme
09:26de la France insoumise
09:27mais je ne vous trouve pas
09:29très performant
09:30dans la défense,
09:31Kevin.
09:32Dans la défense économique.
09:34Ah, bien sûr que si.
09:36J'ai donné mes arguments
09:37et qui même dans le programme
09:38de la France insoumise,
09:38justement,
09:39il y a une diminution fiscale
09:40pour les petits TPE et PME.
09:42Et comme on ne veut pas
09:43changer notre système social,
09:44pour ça,
09:45on va récupérer l'argent
09:46dans les très grosses entreprises
09:47et notamment les GAFAM
09:48qui ne payent pas d'impôts.
09:49Donc,
09:50dans le programme
09:50de la France insoumise,
09:51on défiscalise
09:52les petits entrepreneurs
09:53parce qu'eux subissent
09:54une très grosse pression fiscale
09:56et ça,
09:56on est d'accord là-dessus.

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