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Mercredi 4 novembre 2026, retrouvez Caroline Frontigny (Coach de dirigeantes et dirigeants) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie, à retrouver tous les jours à
00:16l'antenne,
00:17mais aussi sur notre site bismart.fr et puis sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:21Comment trouver sa place et s'affirmer en tant que femme dirigeante dans un monde encore largement masculin,
00:27dans Parole de dirigeant, dirigeanteux, nous recevons Caroline Frontini, ancienne entrepreneuse,
00:32aujourd'hui coach, à l'occasion de la publication de son livre « Entrepreneuse, devenir une femme dirigeante dans un
00:38monde d'hommes »
00:39publié aux éditions Gérezo. Elle raconte son parcours, les obstacles rencontrés et puis surtout les enseignements qu'elle a tirés.
00:46Et puis nous vous proposons une rediffusion de notre échange autour du parcours de J&J,
00:51une entreprise spécialisée dans les alternatives végétales au fromage.
00:55Reprise à la barre du tribunal en 2023, l'entreprise a depuis retrouvé le chemin de la croissance.
01:02Comment redresser une entreprise en difficulté et lui donner les moyens de changer d'échelle ?
01:07Retrouvez notre entretien avec César Augier, son dirigeant.
01:11C'est parti, c'est SmartEco.
01:17Créer son entreprise, la développer, la faire grandir, mais aussi apprendre à s'imposer dans un univers encore largement masculin.
01:24Après une carrière à la Banque mondiale, Caroline Frontini a fondé UPOA, une entreprise spécialisée dans les solutions solaires au
01:31Cameroun,
01:31avant de se tourner vers le coaching d'entrepreneurs, d'entrepreneuses.
01:35Et dans son livre « Entrepreneuse, devenir une femme dirigeante dans un monde d'hommes » publié aux éditions GéRéseau,
01:41elle revient sur son parcours, ses réussites, mais aussi les difficultés qu'elle a rencontrées dans son chemin d'entrepreneuse.
01:47Caroline Frontini, bonjour.
01:49Bonjour Sibyl.
01:49Merci beaucoup d'être avec nous, donc d'être entrepreneuse, coach de dirigeant et dirigeante.
01:54Et donc vous avez quitté, c'est ce que vous racontez dans votre livre,
01:56vous avez quitté ce poste de la Banque mondiale pour créer UPOA, une entreprise de solutions solaires au Cameroun.
02:02Et là maintenant, deuxième étape, deuxième changement de parcours, vous devenez coach d'entrepreneur, d'entrepreneuse.
02:10Qu'est-ce qui vous a poussé à passer de l'autre côté, de devenir entrepreneuse et de passer du
02:17côté de l'accompagnateur ?
02:19Je suis devenue coach parce que moi-même j'ai été coachée et ça a complètement changé mon expérience de
02:23dirigeante.
02:24Et donc après, quand j'ai quitté ma propre entreprise, je me suis dit « qu'est-ce que je
02:28veux faire maintenant ? »
02:29Il y avait quelque chose de très fort qui revenait, c'était que je voulais aider d'autres femmes entrepreneuses
02:32à plus trouver leur place
02:33parce que moi, ça avait été un grand défi pour moi quand j'ai monté mon entreprise.
02:37Et donc en fait, je me suis dit « j'ai envie d'être la personne que j'aurais aimé
02:40avoir à mes côtés au début, que j'ai mis quelques années à trouver. »
02:43C'est comme ça que je suis passée de l'autre côté, mais ce n'était pas évident de passer
02:46de chef d'entreprise avec toute une grosse équipe.
02:50On avait levé des fonds en plus, donc on avait toute une structure autour de nous, à coach, où là,
02:55c'est un peu seul face à soi-même.
02:57Et puis vendre ses services, vendre un produit, ce n'est pas pareil.
02:59Donc c'était aussi une sacrée expérience.
03:01Aujourd'hui, je suis ravie parce qu'en fait, ça me permet de combiner, être coach, donc accompagné des dirigeants
03:05et des dirigeantes.
03:07Ça me permet de combiner à la fois des outils du coaching que je trouve hyper utiles quand on dirige.
03:11Et en même temps, toute mon expérience d'entrepreneuse, je sais ce que c'est quand il y a des
03:15crises.
03:16Je sais ce que c'est quand ça se passe mal dans l'équipe.
03:18Je sais ce que c'est quand il y a des tensions dans l'association.
03:21Donc tout ça, je peux aussi le mettre au service des gens que j'accompagne.
03:23Qu'est-ce que vous auriez aimé apprendre plus tôt si vous étiez, vous, il y a plusieurs années, que
03:29vous aviez ce livre entre les mains ?
03:30Qu'est-ce que vous auriez aimé lire à cette époque-là ?
03:33C'est justement pour ça que j'ai écrit le livre aussi beaucoup en me disant
03:36C'est un livre qui m'a manqué, que j'aurais adoré lire il y a dix ans, quand j
03:39'ai lancé ma première entreprise.
03:41Déjà, j'aurais aimé avoir plus d'exemples d'entrepreneuses.
03:44J'en avais vraiment aucun autour de moi.
03:45J'avais quelques amis qui s'étaient lancés dans l'entrepreneuriat, mais qui n'avaient pas du tout les mêmes
03:48défis.
03:50Et oui, je crois que ça m'aurait donné de la force.
03:51Le côté rôle modèle, du coup, c'est très important.
03:53Exactement.
03:53De toute façon, on le sait, c'est prouvé dans la confiance en soi, dans le sentiment de légitimité,
03:58que plus on a des gens qui nous ressemblent à des postes de pouvoir, plus on se sent légitime de
04:04viser cette carrière ou d'avoir ces postes-là.
04:07Donc, ça, évidemment.
04:09Et après, je pense aussi, une deuxième chose que j'aurais aimé savoir au moment de lancer mon entreprise,
04:13c'est à quel point l'entreprise va être un miroir de nos propres schémas, nos propres blocages.
04:18Et que c'est un défi tout autant que, disons, l'aspect plus technique de l'entreprise,
04:21de créer une offre qui va bien, aller trouver les bons clients, trouver les bons partenaires financiers, opérationnels.
04:28Il y a aussi cet aspect-là très humain.
04:30Et on se retrouve vite confronté à ça quand on entreprend.
04:32Et ça, je ne le savais pas du tout.
04:34Et je l'ai pris plutôt en pleine figure.
04:36Et donc, c'est ça que je raconte aussi.
04:37Donc, finalement, son rôle personnel, son monde privé a un impact très fort sur sa manière d'entreprendre ?
04:43Dans le sens privé, dans le sens où qui on est.
04:45C'est-à-dire nos schémas.
04:47Par exemple, moi, j'avais peur du conflit.
04:49J'avais peur de dépenser beaucoup d'argent.
04:52Je ne me sentais pas toujours tout à fait à ma place dans ce rôle de dirigeante.
04:57Et donc, tout ça, en fait, ça s'est vu dans mon entreprise.
04:59Ça s'est vu quand il fallait dépenser de l'argent.
05:02C'est-à-dire qu'au départ, c'était très bien de ne pas vouloir dépenser.
05:04Mais le jour où on a fait notre premier levée de fonds
05:06et qu'on a un million d'euros qui arrivent sur le compte en banque,
05:09je me dis que ça va être la fin des problèmes.
05:10En fait, c'était le début des problèmes pour moi.
05:12Parce que moi, je ne voulais pas dépenser cet argent.
05:14D'ailleurs, j'avais peur qu'il disparaisse.
05:15J'avais regardé régulièrement pour être sûre qu'il n'était pas parti du compte en banque.
05:19Et c'était aussi révélateur.
05:21La part du conflit, j'en parle aussi beaucoup dans la relation avec mon associé.
05:23Ça a joué, comme on m'affirmait.
05:25C'est un associé qui était très sûr de lui.
05:27Donc, il demandait les choses sans trop se poser de questions.
05:29Alors que moi, ça me faisait beaucoup de...
05:31C'était un vrai challenge pour moi d'aller dire
05:33non, je pense que ça, je peux le faire.
05:35Ou je pense que ça, je mérite tel titre, etc.
05:37À quel moment vous avez ressenti que vous étiez particulièrement une femme entrepreneuse
05:44et pas tout simplement une entrepreneuse ?
05:47Parce qu'effectivement, ce manque de prendre sa place, etc.,
05:51ça peut être des choses qu'on peut attribuer à des femmes.
05:54Mais ce n'est peut-être pas forcément que quelque chose qui est genré.
05:57Est-ce que vous vous êtes ressentie femme entrepreneuse, du coup, dans votre aventure ?
06:02C'était effectivement graduel parce que, disons que tout mon début de carrière
06:05dans des grandes institutions internationales,
06:07je ne m'étais jamais sentie particulièrement femme.
06:09Dans le sens où, est-ce que je faisais des choses différemment des hommes ?
06:11Oui.
06:12Je commençais quand même à voir que je demandais moins d'augmentation
06:14que mes collègues masculins.
06:16Je commençais à voir que la promotion, je ne l'abordais pas de la même manière.
06:19Donc, ça commençait quand même à se voir.
06:21Mais c'est vraiment au moment où j'ai basculé dans l'entrepreneuriat
06:23que toutes ces différences-là sont apparues beaucoup plus fortement.
06:26Et c'est vrai qu'au début, je me suis dit,
06:27ce n'est pas forcément homme-femme, c'est plutôt moi-même face à...
06:30Oui, juste une personnalité.
06:32Exactement, une personnalité.
06:33Et c'est aussi quand je suis passé coach
06:34que j'ai rencontré beaucoup plus de femmes entrepreneuses
06:37et que j'ai réalisé qu'en fait, c'était quand même assez partagé.
06:40Alors, on ne peut jamais faire de généralité tous les hommes ou toutes les femmes.
06:43Bien sûr, il y a des femmes qui me disent,
06:44ce n'est pas mon sujet de prendre sa place, j'y arrive.
06:46Et il y a des hommes qui me disent,
06:47c'est aussi un sujet pour moi de prendre ma place, j'entends.
06:49Mais c'est vrai qu'en tant que femme, il y a quand même...
06:51Il y a des obstacles que vous rencontrez quand même très régulièrement
06:55auprès des femmes que vous accompagnez dans leur développement.
06:57Exactement.
06:58Et aussi, et ça c'est aussi quelque chose que j'évoque dans le livre,
07:00c'est à quel point les théories féministes qui expliquent
07:03pourquoi est-ce que, en tant que femme,
07:05comment l'éducation des femmes impacte leur posture dans le monde du travail,
07:09que ça m'a permis de mettre des mots,
07:11de comprendre certaines postures que j'allais avoir,
07:13de faire passer un peu l'avis des autres avant mon propre avis,
07:18ou penser d'abord au bien-être collectif avant de me dire,
07:20en fait, moi, de quoi j'aurais besoin,
07:22qu'est-ce qui me ferait du bien ?
07:23Et ça, à nouveau, c'est des choses qui ont été théorisées,
07:25qui ont été étudiées,
07:26et c'est des comportements qui sont liés à une éducation en tant que femme.
07:30C'est-à-dire que, du coup,
07:33les femmes sont passées par un parcours personnel,
07:35et finalement, pour mieux entreprendre,
07:38elles doivent aussi désapprendre des choses de leur éducation ?
07:42Oui, quelque part.
07:43Après, moi, je fais attention à ne pas mettre une injonction supplémentaire aux femmes,
07:46donc il ne faut pas oser, il ne faut pas désapprendre,
07:49mais c'est plutôt si, à un moment,
07:50on sent que quelque chose bloque,
07:52d'aller regarder aussi de ce côté-là.
07:54Qu'est-ce qui se joue quand, par exemple,
07:55je n'ose pas dire non à un client ?
07:57Que je sais bien que cette mission, en fait,
07:58j'aimerais la faire dans un autre cadre, par exemple,
08:01si mon client me demande de créer une structure un peu plus complexe
08:04pour pouvoir répondre à cette offre,
08:05de dire, en fait, non, je ne vais pas faire comme ça,
08:07et de savoir comment peut-être avoir passé par-dessus la peur de décevoir,
08:11qui, souvent, est très bloquant dans les femmes que je peux accompagner.
08:14Et puis aussi, voilà, se retrouver soi,
08:16de se dire, en fait, qu'est-ce que moi, j'ai envie ?
08:18Donc, la méthode dont j'aime bien parler,
08:21c'est la méthode que j'appelle « moi d'abord »,
08:22c'est-à-dire, avant même de prendre une décision pour son business,
08:25d'ouvrir un espace où on se demande,
08:27OK, qu'est-ce que moi, j'aurais vraiment envie de faire ?
08:29Si le fait de me faire passer avant ne causait aucun tort à personne,
08:33qu'est-ce que j'aimerais faire ?
08:34Voir ensuite le défendre.
08:36Mais cet espace-là, il est important,
08:37et pour beaucoup de femmes, en fait,
08:38il est réduit à néant par juste l'envie de faire plaisir
08:42en pensant que plus je suis conciliante,
08:43plus mon entreprise a des chances de fonctionner.
08:45Oui, parce que ce que vous dites, effectivement,
08:47c'est que dans votre livre, progressivement,
08:49vous vous êtes sentie exclue de votre propre entreprise,
08:51alors que c'est vous qui l'a développée,
08:52et alors même que vous avez le statut,
08:54vous avez le statut de fondatrice, de présidente.
08:57Comment est-ce qu'on arrive, justement, à perdre la place,
09:00et ça, la place qu'on voudrait créer dans une entreprise,
09:03alors même que, dans les statuts,
09:06vous êtes en situation de hiérarchie élevée ?
09:08Exactement, donc les statuts ne font pas tout.
09:11Donc moi, ma situation, mais que je retrouve aussi
09:13chez beaucoup d'autres femmes entrepreneuses,
09:14c'était, donc, j'ai cofondé mon entreprise,
09:15on était un homme, une femme,
09:17et plus on a recruté de dirigeants dans notre entreprise,
09:21en fait, c'était principalement des hommes.
09:23Et donc, en fait, il y a un moment où il y avait un petit boys club,
09:25c'est comme ça qu'on appelle, en fait,
09:27le fait que les hommes, entre eux, avaient une certaine connivence,
09:29avaient des intérêts, disons, plus personnels, communs,
09:33se retrouvaient plus sensibles dans leur manière de faire.
09:35Et donc, à un moment, en fait, je me retrouve, effectivement,
09:38juste par la configuration,
09:39exclue des informations importantes de l'entreprise.
09:41Donc, j'avais beau être une des actionnaires principales,
09:46j'avais beau être présidente dans les statuts,
09:48effectivement, au jour le jour,
09:49j'ai perdu l'accès à l'information.
09:51Et il a fallu que moi, je me fasse un peu aussi violence
09:53pour dire, en fait, ça, c'est pas normal,
09:54et demander à changer les choses.
09:55Mais ça, ça passait par des semaines et des semaines d'angoisse
09:59de dire, est-ce que je ne vais pas passer pour la fille
10:00qui impose, qui dérange,
10:02qui demande des réunions supplémentaires,
10:04alors que peut-être que ça serait plus simple
10:05de faire ça sans moi.
10:06Enfin, il y a tout ça qui s'est joué.
10:08Alors même que, légalement,
10:09j'avais absolument le droit d'avoir accès.
10:12Et in fine, du coup, vous êtes partie.
10:13Ça a eu un impact sur votre carrière, cette position ?
10:15Alors, je ne suis pas partie pour ces raisons-là.
10:17C'est-à-dire que, c'est aussi ce que je raconte dans le livre,
10:19c'est-à-dire qu'il y a un moment où j'ai senti que ça bloquait
10:21et je suis allée demander.
10:22Et c'est ça, en fait, que...
10:23C'est ça, comment est-ce qu'on résout ça, du coup ?
10:25Comment est-ce qu'on résout ça ?
10:26Effectivement, on va aller défendre ce qui est important pour nous
10:29et on va aller demander.
10:30Moi, c'est le moment où je suis allée demander,
10:32donc en l'occurrence, à nos actionnaires d'avoir...
10:35Alors, c'était mon histoire à moi,
10:36mais moi, j'ai demandé à avoir le poste de directrice générale
10:39à la place de mon associé qui l'avait depuis le début.
10:41Et en fait, le fait d'aller demander
10:43m'a complètement libérée de la frustration
10:45que j'accumulais un peu en silence,
10:47un petit peu cocotte minute,
10:49et qui était en fait très mauvais pour moi-même.
10:51C'est-à-dire que ça n'impactait pas tellement les autres,
10:53à part que j'étais un peu passif-agressif, pour être honnête.
10:55Mais moi-même, je sentais que je perdais de l'énergie et de la motivation.
10:58Mais quand je suis allée demander aux actionnaires
11:00« Voilà, je veux ça »,
11:01tout d'un coup, il y a une sorte de libération
11:03de « Je suis allée défendre ce qui était important pour moi,
11:05il se trouve que je n'ai pas eu ce que je voulais. »
11:07Mais maintenant, c'était à moi de créer le poste
11:09qui m'allait dans ce cadre-là.
11:10Donc, j'ai créé...
11:11J'ai eu plus accès aux informations
11:12parce que les actionnaires, d'ailleurs, ont imposé
11:14qu'on ait plus de réunions
11:16à nos trois directrices.
11:20Et après, moi, ça m'a aussi autorisée
11:22à me dire, dans ce cadre-là,
11:23où je n'ai pas exactement ce que je veux,
11:24mais où je suis allée demander
11:25« Qu'est-ce que moi, j'ai envie de faire ? »
11:27Et après, j'ai continué à être
11:29en co-direction de l'entreprise pendant deux ans.
11:31Et le moment où je suis partie,
11:32c'est plus le moment où...
11:34D'ailleurs, je pense qu'on n'en parle pas assez aussi.
11:35C'est le moment où j'ai eu l'impression,
11:36en tant que fondatrice,
11:37que j'avais fait le tour
11:38de ce que je pouvais apporter à l'entreprise
11:40et de ce que l'entreprise pouvait m'apporter.
11:42C'était un autre stade.
11:43On est passé de deux personnes à 300.
11:46Moi, j'ai adoré les débuts, en fait.
11:48J'ai adoré faire grandir l'entreprise.
11:50Mais là, à 300 personnes,
11:52on avait plutôt besoin de...
11:53C'était plus de l'aventure.
11:54Exactement.
11:54C'était plutôt structuré,
11:57organisé, ordonné.
11:58Et c'était très confortable pour moi
12:00parce que le rôle, en plus,
12:01maintenant, j'avais à nouveau accès aux informations.
12:03Mais je sentais que c'était plus non plus
12:05une grande motivation
12:06et que ça commençait à se sentir aussi
12:07sur l'équipe de ne plus être tout à fait,
12:09de me sentir tout à fait
12:11à ma juste place dans l'entreprise.
12:13C'est pour ça que je suis partie.
12:14Vous parliez, du coup, tout à l'heure
12:16de Boys Club.
12:17Quel est votre regard sur, aujourd'hui,
12:19les quotas ?
12:20Justement, le fait qu'il faut imposer
12:24un équilibre.
12:25Ce serait quoi, votre regard là-dessus ?
12:26Moi, je trouve ça génial.
12:28En fait, je trouve ça indispensable
12:28parce que ça a été prouvé aussi
12:30qu'on peut attendre que la société change,
12:35les rôles modèles, comme on en parlait,
12:36soient plus présents.
12:37Et ça, oui, ça avance.
12:38Mais si on veut vraiment que les choses bougent,
12:40à un moment, il faut aussi forcer
12:41un petit peu la porte.
12:42Moi, je trouve que les quotas,
12:43c'est très bien.
12:44J'entends qu'il y a un côté
12:46d'égalité des chances, etc.
12:48Mais en fait, s'il y a des quotas,
12:50c'est que certaines personnes
12:50n'ont pas la même égalité au départ
12:52par plein de petites manières différentes,
12:54par l'éducation, par l'accès aux possibilités.
12:56Moi, oui, je crois beaucoup aux quotas.
12:57Je trouve que c'est très bien
12:58de les imposer quand il faut.
13:00Et aussi d'encourager
13:02ce côté entraide féminine,
13:04ces clubs, ces associations.
13:07En tout cas, ces personnes
13:08qui comprennent tout simplement
13:11le chemin parcouru.
13:12Absolument.
13:13Moi, je crois beaucoup aux exemples.
13:15Je crois beaucoup à la sororité.
13:16Je vous dis,
13:16ce n'est pas pour rien
13:17qu'on est en République française
13:18où on a mis fraternité
13:19sur la moitié des bâtiments officiels.
13:21Parce qu'en fait,
13:21c'est une valeur hyper forte.
13:23Et je trouve ça sympa
13:23de la décliner au...
13:24Enfin, je trouve ça fort aussi
13:25de la décliner au féminin.
13:27Et de dire qu'effectivement,
13:28quand on dirige,
13:29en tout cas,
13:29quand on se lance dans quelque chose
13:30avec des défis,
13:32avoir des exemples,
13:34des personnes qui sont passées par là,
13:36qui peuvent nous aider à avancer,
13:37qui peuvent partager leurs histoires,
13:38même si chaque histoire est individuelle,
13:40qui peuvent partager les tips,
13:42enfin, les prises de conscience
13:43pour que ça aille plus vite
13:44pour les autres.
13:45En fait, c'est toute la raison
13:46pour laquelle j'ai écrit ce livre
13:47en me disant
13:48que j'aimerais que ça parle
13:50à d'autres personnes.
13:50Et c'est d'ailleurs
13:50les retours que j'ai
13:51depuis la publication.
13:53C'est chacun son histoire,
13:55mais ça donne envie d'y aller.
13:57Parce que d'autres personnes
13:58sont passées par là.
13:59On a toujours continué quand même
14:00de parler d'entrepreneuriat au féminin.
14:04Même si ça peut être un petit peu superficiel,
14:07mais d'entretenir le côté...
14:09Toujours mettre des mots, en fait.
14:11Entrepreneuse,
14:11comme on disait,
14:12autrice,
14:13ces mots-là qui vont changer
14:15la musicalité.
14:17Exactement.
14:17Et la perception,
14:18parce que le mot autrice,
14:19je me souviens que ça avait fait grand débat,
14:20mais en fait,
14:20c'est super chouette de se dire
14:21« bah oui, j'arrive à entendre que... »
14:23C'est ça que moi j'aime bien dire
14:24« coach de dirigeante »,
14:25pas seulement « dirigeant »,
14:26parce qu'en fait,
14:26c'est aussi se sentir reconnaître
14:28dans les mots.
14:29Ça aide à créer une vraie réalité ensuite.
14:32Caroline Frontini,
14:32merci beaucoup d'être venue en plateau
14:34de nous parler de votre livre
14:35que vous venez de publier
14:36« Entrepreneuse,
14:36devenir une femme dirigeante
14:37dans un monde d'hommes »,
14:38publié aux éditions Géressot.
14:41Merci d'être venue
14:41dans Parole de dirigeante.
14:42Merci.