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  • il y a 16 minutes
Comment s'affirmer en tant que femme dirigeante dans un univers encore largement masculin ? Dans son livre Entrepreneuse – Devenir une femme dirigeante (sereine et alignée) dans un monde d'hommes, publié aux éditions GERESO, Caroline Frontigny revient sur son parcours, de la Banque mondiale à la création d'upOwa, une entreprise spécialisée dans les solutions solaires au Cameroun. Aujourd'hui coach d'entrepreneurs et entrepreneuses, elle partage les obstacles rencontrés, notamment dans les rapports de pouvoir, et les enseignements qu'elle en a tirés pour aider les femmes à gagner en légitimité, défendre leurs intérêts et trouver leur place.

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Transcription
00:04Créer son entreprise, la développer, la faire grandir, mais aussi apprendre à s'imposer dans un univers encore largement masculin.
00:11Après une carrière à la Banque mondiale, Caroline Frontini a fondé Hupoa, une entreprise spécialisée dans les solutions solaires au
00:18Cameroun,
00:19avant de se tourner vers le coaching d'entrepreneurs, d'entrepreneuses.
00:23Et dans son livre « Entrepreneuse, devenir une femme dirigeante dans un monde d'hommes » publié aux éditions GéRézot,
00:28elle revient sur son parcours, ses réussites, mais aussi les difficultés qu'elle a rencontrées dans son chemin d'entrepreneuse.
00:35Caroline Frontini, bonjour.
00:36Bonjour Sibyl.
00:37Merci beaucoup d'être avec nous, donc vous êtes entrepreneuse, coach de dirigeants et dirigeantes.
00:41Et donc vous avez quitté, c'est ce que vous racontez dans votre livre, vous avez quitté ce poste de
00:45la Banque mondiale pour créer Hupoa,
00:48une entreprise de solutions solaires au Cameroun.
00:50Et là maintenant, deuxième étape, deuxième changement de parcours, vous devenez coach d'entrepreneur, d'entrepreneuse.
00:57Qu'est-ce qui vous a poussé à passer de l'autre côté, de devenir entrepreneuse et de passer du
01:05côté de l'accompagnateur ?
01:06Je suis devenue coach parce que moi-même j'ai été coachée et ça a complètement changé mon expérience de
01:11dirigeante.
01:11Et donc après, quand j'ai quitté ma propre entreprise, je me suis dit « qu'est-ce que je
01:15veux faire maintenant ? »
01:16Il y avait quelque chose de très fort qui revenait, c'était que je voulais aider d'autres femmes entrepreneuses
01:19à plus trouver leur place
01:20parce que moi, ça avait été un grand défi pour moi quand j'ai monté mon entreprise.
01:24Et donc en fait, je me suis dit « j'ai envie d'être la personne que j'aurais aimé
01:27avoir à mes côtés au début, que j'ai mis quelques années à trouver ».
01:30Donc c'est comme ça que je suis passée de l'autre côté.
01:32Mais ce n'était pas évident de passer de chef d'entreprise avec toute une grosse équipe.
01:37On avait levé des fonds en plus, donc on avait toute une structure autour de nous.
01:41À coach, où là, c'est un peu seul face à soi-même.
01:44Et puis vendre ses services, vendre un produit, ce n'est pas pareil.
01:46Donc c'était aussi une sacrée expérience.
01:48Aujourd'hui, je suis ravie parce qu'en fait, ça me permet d'être coach, donc accompagné des dirigeants et
01:53des dirigeantes.
01:54Ça me permet de combiner à la fois des outils du coaching que je trouve hyper utiles quand on dirige.
01:59Et en même temps, toute mon expérience d'entrepreneuse, je sais ce que c'est quand il y a des
02:02crises.
02:03Je sais ce que c'est quand ça se passe mal dans l'équipe.
02:05Je sais ce que c'est quand il y a des tensions dans l'association.
02:08Donc tout ça, je peux aussi le mettre au service des gens que j'accompagne.
02:10Qu'est-ce que vous auriez aimé apprendre plus tôt si vous étiez, vous, il y a plusieurs années, que
02:16vous aviez ce livre entre les mains ?
02:18Qu'est-ce que vous auriez aimé lire à cette époque-là ?
02:20C'est justement pour ça que j'ai écrit le livre aussi beaucoup en me disant.
02:24C'est un livre qui m'a manqué, que j'aurais adoré lire il y a dix ans quand j
02:27'ai lancé ma première entreprise.
02:28Déjà, j'aurais aimé avoir plus d'exemples d'entrepreneuses.
02:31Je n'en avais vraiment aucun autour de moi.
02:33J'avais quelques amis qui s'étaient lancés dans l'entrepreneuriat, mais qui n'avaient pas du tout les mêmes
02:36défis.
02:37Et oui, je crois que ça m'aurait donné de la force.
02:38Le côté rôle modèle, du coup, c'est très important.
02:40Exactement.
02:41De toute façon, on le sait, c'est prouvé dans la confiance en soi, dans le sentiment de légitimité,
02:45que plus on a des gens qui nous ressemblent à des postes de pouvoir, plus on se sent légitime de
02:52viser cette carrière ou d'avoir ces postes-là.
02:54Donc, ça, évidemment.
02:56Et après, je pense aussi, une deuxième chose que j'aurais aimé savoir au moment de lancer mon entreprise,
03:00c'est à quel point l'entreprise va être un miroir de nos propres schémas, nos propres blocages.
03:05Et que c'est un défi tout autant que, disons, l'aspect plus technique de l'entreprise,
03:09de créer une offre qui va bien, aller trouver les bons clients, trouver les bons partenaires financiers, opérationnels.
03:15Il y a aussi cet aspect-là très humain.
03:17Et on se retrouve vite confronté à ça quand on entreprend.
03:20Et ça, je ne le savais pas du tout.
03:21Et je l'ai pris plutôt en pleine figure.
03:23Et donc, c'est ça que je raconte aussi.
03:24Donc, finalement, son rôle personnel, son monde privé a un impact très fort sur sa manière d'entreprendre ?
03:31Dans le sens privé, dans le sens où qui on est.
03:33C'est-à-dire nos schémas.
03:34Par exemple, moi, j'avais peur du conflit.
03:36J'avais peur de dépenser beaucoup d'argent.
03:40Voilà, je ne me sentais pas toujours tout à fait à ma place dans ce rôle de dirigeante.
03:44Et donc, tout ça, en fait, ça s'est vu dans mon entreprise.
03:47Ça s'est vu quand il fallait dépenser de l'argent.
03:49C'est-à-dire qu'au départ, c'était très bien de ne pas vouloir dépenser.
03:52Mais le jour où on a fait notre premier levée de fonds
03:53et qu'on a un million d'euros qui arrivent sur le compte en banque,
03:56je me disais, ça va être la fin des problèmes.
03:57En fait, c'était le début des problèmes pour moi.
04:00Parce que moi, je ne voulais pas dépenser cet argent.
04:01D'ailleurs, j'avais peur qu'il disparaisse.
04:03J'allais regarder régulièrement pour être sûre qu'il n'était pas parti du compte en banque.
04:06Et c'était aussi révélateur.
04:08La part du conflit, j'en parle aussi beaucoup dans la relation avec mon associé.
04:11Ça a joué, comme on m'affirmait.
04:12C'est un associé qui était très sûr de lui.
04:14Donc, il demandait les choses sans trop se poser de questions.
04:16Alors que moi, ça me faisait beaucoup de...
04:18C'était un vrai challenge pour moi d'aller dire
04:20« Non, je pense que ça, je peux le faire »
04:22ou « Je pense que ça, je mérite tel titre, etc. »
04:25À quel moment vous vous êtes dit que...
04:27Enfin, est-ce que vous avez ressenti que vous étiez
04:29particulièrement une femme entrepreneuse
04:31et pas tout simplement une entrepreneuse ?
04:34Parce qu'effectivement,
04:35ce manque de prendre sa place, etc.,
04:38ça peut être des choses qu'on peut attribuer à des femmes.
04:41Mais c'est peut-être pas forcément que quelque chose qui est genré.
04:45Est-ce que vous vous êtes ressentie femme entrepreneuse,
04:48du coup, dans votre aventure ?
04:49C'était effectivement graduel parce que,
04:51disons que tout mon début de carrière
04:53dans des grandes institutions internationales,
04:54je ne m'étais jamais sentie particulièrement femme
04:56dans le sens où...
04:57Est-ce que je faisais des choses différemment des hommes ?
04:59Oui.
04:59Je commençais quand même à voir que
05:00je demandais moins d'augmentation
05:01que mes collègues masculins.
05:03Je commençais à voir que
05:05la promotion, je ne l'abordais pas de la même manière.
05:06Donc, ça commençait quand même à se voir.
05:08Mais c'est vraiment au moment où j'ai basculé dans l'entreprenariat
05:10que toutes ces différences-là
05:11sont apparues beaucoup plus fortement.
05:13Et c'est vrai qu'au début, je me suis dit
05:14que ce n'est pas forcément homme-femme,
05:16c'est plutôt moi-même face à...
05:18Oui, juste une personnalité.
05:19Exactement, une personnalité.
05:20Et c'est aussi quand je suis passé coach
05:22que j'ai rencontré beaucoup plus de femmes entrepreneuses
05:25et que j'ai réalisé qu'en fait,
05:26c'était quand même assez partagé.
05:27Alors, on ne peut jamais faire de généralité
05:29tous les hommes ou toutes les femmes.
05:30Bien sûr, il y a des femmes qui me disent
05:31que ce n'est pas mon sujet de prendre sa place.
05:32J'y arrive.
05:33Et il y a des hommes qui me disent
05:34que c'est aussi un sujet pour moi de prendre ma place.
05:36J'entends.
05:37Mais c'est vrai qu'en tant que femme, il y a quand même...
05:38Oui, effectivement, il y a des obstacles
05:40que vous rencontrez quand même très régulièrement
05:42auprès des femmes que vous accompagnez dans leur...
05:45Exactement.
05:45Et aussi, et ça, c'est aussi quelque chose
05:46que j'évoque dans le livre,
05:47c'est à quel point, en fait,
05:48les théories féministes qui expliquent
05:50pourquoi est-ce que, en tant que femme,
05:52comment l'éducation des femmes
05:54impacte leur posture dans le monde du travail,
05:57que ça m'a permis de mettre des mots,
05:58de comprendre certaines postures que j'allais avoir,
06:00de faire passer un peu l'avis des autres
06:03avant mon propre avis,
06:05ou penser d'abord au bien-être collectif
06:07avant de me dire, en fait, moi,
06:08de quoi j'aurais besoin,
06:09qu'est-ce qui me ferait du bien ?
06:10Et ça, à nouveau, c'est des choses
06:11qui ont été théorisées,
06:12qui ont été étudiées,
06:13et c'est des comportements qui sont liés
06:14à une éducation en tant que femme.
06:17C'est-à-dire que, du coup,
06:20les femmes sont passées par un parcours personnel
06:22et, finalement, pour mieux entreprendre,
06:25elles doivent aussi désapprendre
06:27des choses de leur éducation ?
06:30Oui, quelque part.
06:30Après, moi, je fais attention
06:31à ne pas mettre une injonction supplémentaire
06:33aux femmes.
06:33Donc, il ne faut pas oser,
06:35il ne faut pas désapprendre.
06:36Mais c'est plutôt si, à un moment,
06:37on sent que quelque chose bloque,
06:39d'aller regarder aussi de ce côté-là.
06:41Qu'est-ce qui se joue quand, par exemple,
06:43je n'ose pas dire non à un client ?
06:44Que je sais bien que cette mission,
06:45en fait, j'aimerais la faire
06:46dans un autre cadre.
06:47Par exemple, si mon client me demande
06:50de créer une structure un peu plus complexe
06:51pour pouvoir répondre à cette offre,
06:52de dire, en fait, non,
06:53je ne vais pas faire comme ça
06:54et de savoir comment peut-être
06:56avoir passé par-dessus la peur de décevoir,
06:58qui, souvent, est très bloquant
06:59dans les femmes que je peux accompagner.
07:02Et puis aussi, voilà,
07:03se retrouver soi, de se dire,
07:04en fait, qu'est-ce que moi, j'ai envie ?
07:05Donc, la méthode dont j'aime bien parler,
07:08c'est la méthode que j'appelle
07:09« moi d'abord »,
07:09c'est-à-dire, avant même de prendre
07:11une décision pour son business,
07:12d'ouvrir un espace où on se demande
07:14« OK, qu'est-ce que moi,
07:15j'aurais vraiment envie de faire ? »
07:17Si le fait de me faire passer avant
07:18ne causait aucun tort à personne,
07:20qu'est-ce que j'aimerais faire ?
07:21Voir ensuite le défendre.
07:23Mais cet espace-là, il est important
07:24et pour beaucoup de femmes, en fait,
07:26il est réduit à néant par juste l'envie
07:28de faire plaisir en pensant
07:29que plus je suis conciliante,
07:31plus mon entreprise a des chances
07:32de fonctionner.
07:33Oui, parce que ce que vous dites,
07:34effectivement, c'est que dans votre livre,
07:36progressivement, vous vous êtes sentie
07:37exclue de votre propre entreprise
07:38alors que c'est vous qui l'a développée
07:40et alors même que vous aviez le statut,
07:41vous avez le statut de fondatrice,
07:42de présidente.
07:44Comment est-ce qu'on arrive, justement,
07:45à perdre la place ?
07:48Et ça, la place qu'on voudrait créer
07:49dans une entreprise,
07:50alors même que dans les statuts,
07:53vous êtes en situation de hiérarchie élevée ?
07:56Exactement.
07:56Donc, les statuts ne font pas tout.
07:58Donc, moi, ma situation,
07:59mais que je retrouve aussi
08:00chez beaucoup d'autres femmes entrepreneuses,
08:01c'était, donc, j'ai cofondé mon entreprise,
08:03on était un homme, une femme
08:05et plus on a recruté de dirigeants
08:07dans notre entreprise,
08:08en fait, c'était principalement des hommes.
08:10Et donc, en fait, il y a un moment
08:11où il y avait un petit boys club,
08:12c'est comme ça qu'on appelle, en fait,
08:14le fait que les hommes, entre eux,
08:16avaient une certaine connivence,
08:17avaient des intérêts, disons,
08:19plus personnels, communs,
08:20se retrouvaient plus sensibles
08:21dans leur manière de faire.
08:22Et donc, à un moment, en fait,
08:24je me retrouve effectivement,
08:25juste par la configuration,
08:26exclue des informations importantes
08:28de l'entreprise.
08:28Donc, j'avais beau être
08:32une des actionnaires principales,
08:33j'avais beau être présidente
08:34dans les statuts,
08:36effectivement, au jour le jour,
08:37j'ai perdu l'accès à l'information.
08:38Et il a fallu que moi,
08:39je me fasse un peu aussi violence
08:40pour dire, en fait, ça,
08:41c'est pas normal
08:41et demander à changer les choses.
08:43Mais ça, ça passait par des semaines
08:45et des semaines d'angoisse
08:46de dire, je ne vais pas passer
08:47pour la fille qui impose,
08:49qui dérange,
08:49qui demande des réunions supplémentaires,
08:51alors que peut-être que ça serait
08:52plus simple de faire ça sans moi.
08:54Enfin, il y a tout ça qui s'est joué.
08:55Alors même que, légalement,
08:57j'avais absolument le droit
08:58d'avoir accès.
08:59Et in fine, du coup, vous êtes partie,
09:01ça a eu un impact sur votre carrière,
09:02cette position ?
09:03Alors, je ne suis pas partie
09:04pour ces raisons-là.
09:04C'est-à-dire que,
09:05c'est aussi ce que je raconte dans le livre,
09:06c'est-à-dire qu'il y a un moment
09:07où j'ai senti que ça bloquait
09:13est-ce qu'on résout ça ?
09:13Effectivement, on va aller défendre
09:15ce qui est important pour nous
09:16et on va aller demander.
09:17Moi, c'est le moment
09:18où je suis allée demander,
09:19donc en l'occurrence,
09:20à nos actionnaires d'avoir,
09:22alors c'était mon histoire à moi,
09:24mais moi, j'ai demandé
09:24à avoir le poste de directrice générale
09:26à la place de mon associé
09:27qui l'avait depuis le début.
09:29Et en fait, le fait d'aller demander
09:31m'a complètement libérée
09:32de la frustration que j'accumulais
09:33un peu en silence,
09:34un petit peu cocotte minute
09:36et qui était en fait très mauvais
09:38pour moi-même.
09:39C'est-à-dire que ça n'impactait
09:39pas tellement les autres
09:40à part que j'étais un peu
09:41passif-agressif, pour être honnête,
09:43mais moi-même,
09:44je sentais que je perdais
09:44de l'énergie et de la motivation.
09:46Mais quand je suis allée demander
09:47aux actionnaires,
09:47ben voilà, je veux ça,
09:49tout d'un coup,
09:49il y a une sorte de libération
09:50de je suis allée défendre
09:51ce qui était important pour moi
09:52et sauf que je n'ai pas eu
09:53ce que je voulais,
09:54mais maintenant,
09:55c'était à moi de créer
09:56le poste qui m'allait
09:56dans ce cadre-là.
09:58Donc, j'ai créé,
09:58alors j'ai eu plus accès
09:59aux informations
10:00parce que les actionnaires
10:01d'ailleurs ont imposé
10:02qu'on ait plus de réunions
10:03à trois directrices.
10:07Et après, moi,
10:08ça m'a aussi autorisé
10:09à me dire,
10:09dans ce cadre-là,
10:11où je n'ai pas exactement
10:11ce que je veux,
10:12mais où je suis allée demander,
10:13qu'est-ce que moi,
10:13j'ai envie de faire ?
10:14Et après, j'ai continué
10:15à être en co-direction
10:17de l'entreprise
10:17pendant deux ans.
10:18Et le moment où je suis partie,
10:19c'est plus le moment où,
10:21d'ailleurs, je pense
10:22qu'on n'en parle pas assez aussi,
10:23c'est le moment où j'ai eu
10:23l'impression en tant que fondatrice
10:25que j'avais fait le tour
10:26de ce que je pouvais apporter
10:26à l'entreprise
10:27et de ce que l'entreprise
10:28pouvait m'apporter.
10:29C'était un autre stade.
10:30On est passé de deux personnes
10:32à 300.
10:33Moi, j'ai adoré les débuts,
10:35en fait.
10:36J'ai adoré faire grandir
10:37l'entreprise.
10:37Mais là, à 300 personnes,
10:39on avait plutôt besoin
10:40de...
10:40C'était plus de l'aventure.
10:41Exactement.
10:42C'était plutôt structuré,
10:44organisé, ordonné.
10:46Et c'était très confortable
10:47pour moi parce que,
10:48voilà, j'avais le rôle.
10:49En plus, maintenant,
10:49j'avais à nouveau accès
10:50aux informations.
10:51Mais je sentais que c'était
10:52plus non plus une grande motivation
10:53et que ça commençait
10:54à se sentir aussi sur l'équipe,
10:56de ne plus être tout à fait,
10:57de me sentir tout à fait
10:58à ma juste place
10:59dans l'entreprise.
11:00C'est pour ça que je suis partie.
11:02Vous parliez du coup
11:02tout à l'heure de Boys Club.
11:04Est-ce que...
11:05Quel est votre regard
11:05sur, aujourd'hui,
11:07les quotas ?
11:08Justement, le fait
11:08qu'il faut imposer
11:10un équilibre ?
11:12Ce serait quoi
11:13votre regard là-dessus ?
11:14Moi, je trouve ça génial.
11:15En fait, je trouve ça
11:15indispensable parce que
11:16ça a été prouvé aussi
11:18qu'on peut attendre
11:19que la société change,
11:22les rôles modèles,
11:23comme on en parlait,
11:24soient plus présents.
11:24Et ça, oui, ça avance.
11:26Mais si on veut vraiment
11:26que les choses bougent,
11:27à un moment,
11:27il faut aussi forcer
11:28un petit peu la porte.
11:29Moi, je trouve que les quotas,
11:30c'est très bien.
11:32J'entends qu'il y a un côté
11:33de égalité des chances,
11:35etc.
11:35Mais en fait,
11:36s'il y a des quotas,
11:37c'est que certaines personnes
11:38n'ont pas la même égalité
11:39au départ,
11:40par plein de petites manières
11:41différentes,
11:41par l'éducation,
11:42par l'accès aux possibilités.
11:43Moi, oui,
11:44je crois beaucoup aux quotas
11:45et je trouve que c'est très bien
11:45de les imposer quand il faut.
11:48Et aussi d'encourager
11:49ce côté aussi
11:50entraide féminine,
11:51ces clubs,
11:52ces associations,
11:55en tout cas,
11:55ces personnes
11:56qui comprennent
11:57tout simplement
11:58le chemin parcouru.
12:00Absolument.
12:00Moi, je crois beaucoup
12:01aux exemples,
12:02je crois beaucoup
12:02à la sororité.
12:04Je vous dis,
12:04c'est pas pour rien
12:04qu'on est en République française
12:05où on a mis fraternité
12:06sur la moitié
12:07des bâtiments officiels
12:08parce qu'en fait,
12:09c'est une valeur hyper forte
12:10et je trouve ça sympa
12:10de la décliner au...
12:12Enfin, je trouve ça fort aussi
12:13de la décliner au féminin
12:14et de dire qu'effectivement,
12:15quand on dirige,
12:16en tout cas,
12:16quand on se lance
12:17dans quelque chose
12:17avec des défis,
12:19avoir des exemples,
12:21des personnes
12:22qui sont passées par là,
12:23qui peuvent nous aider
12:24à avancer,
12:25qui peuvent partager
12:25leurs histoires,
12:26même si chaque histoire
12:26est individuelle,
12:27qui peuvent partager
12:29les tips,
12:30enfin,
12:30les prises de conscience
12:31pour que ça aille
12:31plus vite pour les autres.
12:32En fait,
12:33c'est toute la raison
12:33pour laquelle j'ai écrit
12:34ce livre en me disant
12:35j'aimerais que ça parle
12:37à d'autres personnes
12:37et c'est d'ailleurs
12:38les retours que j'ai
12:39depuis la publication,
12:40c'est chacun son histoire
12:42mais ça donne
12:43envie d'y aller
12:44parce que d'autres personnes
12:45sont passées par là.
12:46Et donc,
12:46toujours continuer quand même
12:47de parler d'entrepreneuriat
12:49au féminin
12:49et même si ça peut être
12:52un petit peu superficiel
12:54mais d'entretenir le côté,
12:56toujours mettre des mots
12:57en fait,
12:58entrepreneuse
12:58comme on disait,
13:00autrice,
13:00ces mots-là
13:01qui vont changer
13:03la musicalité.
13:04Exactement,
13:04et la perception
13:05parce que le mot autrice,
13:06je me sens que ça avait
13:06fait grand débat
13:07mais en fait,
13:07c'est super chouette
13:08de se dire
13:08bah oui,
13:09j'arrive à entendre
13:09que,
13:10c'est ça que moi
13:11j'aime bien dire
13:11coach de dirigeante,
13:12pas seulement dirigeant
13:13parce qu'en fait,
13:14c'est aussi se sentir
13:15reconnaître dans les mots,
13:16ça aide à créer
13:18une vraie réalité ensuite.
13:19Caroline Frontini,
13:20merci beaucoup
13:20d'être venue en plateau
13:21nous parler de votre livre
13:22que vous venez de publier,
13:23Entrepreneuse,
13:24devenir une femme dirigeante
13:25dans un monde d'hommes,
13:26publié aux éditions
13:27Géressot,
13:28merci d'être venue
13:29dans Parole de dirigeante.
13:30Merci.

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