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00:00On va continuer à parler de samedi en samedi, des mobilisations et quelqu'un que vous connaissez bien, c'est
00:05Alain Bauer qui va nous rejoindre.
00:07Alors à quoi s'attendre le jeudi le 5 novembre ? C'est la journée qui est redoutée. Pourquoi ?
00:11Parce que toutes les catégories de population seront probablement dans la rue.
00:15Après des semaines de mobilisation de la jeunesse et de manifestations contre la vie chère, les syndicats appellent les salariés
00:22du privé et du public à faire grève à leur moment paroxystique ou essoufflement sur ces sujets.
00:28Bonsoir Alain Bauer.
00:29Bonsoir.
00:29Merci d'être avec nous professeur émérite de criminologie, auteur de ce livre « Il faut sauver nos enfants »
00:36aux éditions First.
00:38Tout d'abord je voulais vous montrer ces images du jour de manifestations dites sauvages, anarchistes, des rassemblements anarchiques, pardonnez
00:45-moi, dans la capitale, anarchistes probablement, avec des bouffées anarchistes en tous les cas.
00:50Les anarchistes sont beaucoup plus organisés que l'idée qu'on s'en fait, c'est le mot qu'on
00:53leur donne, mais l'anarchie est un mouvement très structuré.
00:57Oui, bon là c'était assez calme et statique. Ce genre de mouvement, est-ce que ça reprend un défi
01:01en matière d'encadrement par leur aspect justement, si je puis dire, sauvage, inattendu,
01:06et leur objectif parfois, là ce ne fut pas le cas, peut-être d'aller vers des lieux de pouvoir,
01:11des bâtiments stratégiques ?
01:13D'abord il y a toujours une pulsion irrésistible à aller se montrer. La manifestation, c'est pour que ça
01:18se voit. Une manifestation clandestine, c'est un autre type d'action politique.
01:25Donc l'idée en France, c'est que la manifestation doit être mobile et mouvante. Aux États-Unis, c'est
01:32tourner en rond, et dans d'autres pays européens, c'est se réunir dans une place centrale.
01:37Il est resté pendant longtemps, une manifestation française était au Champ de Mars, ou sur la place à Concorde. Donc
01:43il n'y a pas une tradition aussi développée que ça.
01:46Puis à un moment, la manifestation s'est transformée en défilé, et donc en processus qui a mécaniquement transformé la
01:53manière dont on envisageait la gestion de la circulation,
01:57puis la protection des manifestants. Ça a nécessité la création de services d'ordre. Donc ça, ce sont les syndicats
02:04qui ont été chargés d'organiser l'ordre public pour eux-mêmes
02:07par une sorte de sous-traitance négociée avec la création des gendarmes mobiles en 1921, parce qu'avant, on envoyait
02:16l'armée tirer dans le tas.
02:17Avant, autre période. Et là, aucun service d'ordre.
02:20J'entends de temps en temps des gens qui expliquent que le maintien de l'ordre, tu fais tirer dans
02:24le tas quand même.
02:25Il y en a qui le disent, aujourd'hui, en France. D'accord.
02:28Rappelez que ça n'a pas mieux marché, et que c'est même contre-indiqué, contre-intuitif, et que ça
02:34donne des résultats désastreux.
02:35C'était une révolte dans le sud de la France à cette époque-là.
02:37Oui, il y a même eu une fraternisation entre les celles-là qu'on refusait de tirer sur des viticulteurs.
02:43Donc, en 1907. La question centrale, elle est maintenant que vous avez plusieurs manifestations dans la manifestation.
02:50Et ça, ça ne date pas de la semaine dernière. Ça date de la création de ce qui a s
02:53'appelé la nébuleuse.
02:54Vous avez des études sociologiques sur la question, qui est arrivée en 1986, au moment où des collégiens et des
03:00lycéens, par milliers,
03:01ont submergé les manifestations étudiantes.
03:03C'est la première fois qu'on voyait débarquer des collégiens et des lycéens,
03:06qui non seulement entraient dans la manifestation, mais passaient devant,
03:10avec un certain moment à la fois joyeux et revendicatifs, et parfois un peu musclés.
03:15On a vu arriver ensuite les Black Blocs, qui sont des organisations très structurées et très politiques,
03:20qui, elles, ont des objectifs très particuliers, qui est la lutte contre le capitalisme,
03:28les institutions politiques, nées du capitalisme ou du libéralisme économique.
03:33Vous avez vu apparaître une toute nouvelle génération, qui sont les Gilets jaunes.
03:36Et là, vous avez encore un phénomène de faim, de comètes Gilets jaunes très structurées, très déterminées,
03:42qui n'ont toujours pas digéré de ne pas avoir réussi leur objectif,
03:46et qui n'avaient rien à voir sociologiquement, ni avec les syndicalistes.
03:48Eux, n'avaient jamais manifesté, ils n'étaient pas politisés, mais ils étaient en colère,
03:53en colère contre la réduction de la vitesse, contre des injonctions contradictoires et incompréhensibles
04:00du gouvernement de l'époque de M. Philippe.
04:03Et puis, vous avez une apparition un peu nouvelle désormais,
04:09qui sont les exclus ou du système scolaire, qui sont encore officiellement des élèves,
04:21mais qui ne sont pas vraiment dans un système, mais qui sont les petites mains du narcotrafic,
04:25ce qui explique beaucoup des agressions et des incendies qui ont eu lieu dans certains établissements scolaires,
04:29particulièrement dans le sud et le sud-est de la France, qui est une catégorie à part.
04:33Vous avez la génération Naël, dont je viens souvent expliquer ici,
04:36que je ne comprends toujours pas pourquoi elle est zappée dans la mémoire de toutes les crises passées.
04:42C'est un cocktail, qui n'est pas Molotov, mais qui donne les mêmes effets en termes de capacité exploitive.
04:47C'est-à-dire qu'il peut faire incendier ?
04:49Parce que je rappelle que Génération Naël, juillet 2023, je cite le rapport du Sénat,
04:5350 000 émeutiers, 10 jours, 1 milliard d'euros de dégâts, des bâtiments publics.
05:00Le cœur de la génération Naël, c'est Montargis, une ville quasiment à moitié brûlée,
05:06c'est le limoge de la génération Naël, et on ne se rend pas compte,
05:10et il n'y a pas eu de retour d'expérience sur la génération Naël.
05:12C'est ça, c'est incroyable, bien sûr.
05:13Mais vous notez que, si on n'en parle pas ici avec vous et certains de vos collègues
05:17qui ont plus de mémoire que d'autres, ce sujet n'est jamais abordé,
05:21et tout le monde vous renvoie à Gilets jaunes, mai 68, rarement 1986,
05:25qui est pourtant l'élément où apparaissent ces mouvements débridés, sauvages, etc.
05:30Et en fait, vous avez un composé générationnel, mais par mille feuilles,
05:34un effet cafarnaum, comme diraient les archéologues,
05:37qui est qu'on a un peu tout, l'un sur l'autre et avec l'autre,
05:41personne n'oubliant rien, et tout le monde ayant la colère du précédent
05:44et rajoutant sa colère à lui.
05:47Alors avec de telles strates, ça a donné peut-être le 17 octobre,
05:50sur date sur laquelle...
05:52– Monsieur le ministre, il faut saluer d'ailleurs une assez grande honnêteté
05:56dans sa déclaration liminaire, j'ai pas entendu le débat parce que je venais chez vous.
06:01– Effectivement, alors j'explique à nos téléspectateurs,
06:03donc il est auditionné dans le cadre de cette fameuse commission d'enquête
06:07pour comprendre les tenants et les aboutissants d'une telle faillite,
06:10encore et toujours, il marque le défaut d'anticipation,
06:13il reconnaît un échec et il assume, et c'est là où je voudrais vous interroger aussi,
06:17de ne pas avoir rappelé des policiers, notamment sur leur congé, écoutons-le.
06:21– La question toujours facile à poser a posteriori restera
06:25pourquoi ne pas avoir mis en place dès le 17 octobre ce qui a été prévu le samedi 24 ?
06:29Par exemple, pourquoi ne pas avoir mobilisé plus de forces de l'ordre dès le 17 octobre ?
06:34J'assume de ne pas avoir rappelé sur leur congé des effectifs de police
06:37et de gendarmerie qui se trouvaient à ce moment-là déjà très éprouvés
06:41par de longues et intenses semaines de mobilisation sur le mouvement des lycéens
06:45durant lequel ils ont été d'ailleurs largement scrutés
06:48et la proportionnalité de leurs réponses mises en cause.
06:52– Il assume, on peut le comprendre.
06:55Vous pensez, Alain Bauer, qu'à l'aune d'une telle commission d'enquête,
06:58on va pouvoir savoir tout ce qui s'est vraiment passé ?
07:01– Il a décidé de fournir une partie importante des notes du renseignement,
07:05il en a cité d'ailleurs un certain nombre,
07:06il a annoncé aux rapporteurs qu'ils y auraient accès,
07:08il y en a deux ou trois qui doivent être un peu plus classifiés
07:11parce qu'il y a des noms d'individus dedans,
07:14et il est normal qu'elles ne se baladent pas partout.
07:17Mais sur le fond, c'est plutôt honnête et lucide,
07:20c'est-à-dire que la déclaration liminaire du ministre
07:22ouvre la voie à une assez grande capacité pour les rapporteurs,
07:26les trois rapporteurs, à entrer dans le vif du sujet.
07:31On a senti qu'il y avait un peu de tension avec un des parlementaires
07:34de la France insoumise, M. Bernalicis,
07:35qui est le spécialiste des questions de sécurité intérieure chez eux.
07:40Mais sur le fond, j'ai trouvé le ministre plutôt extrêmement précis,
07:44extrêmement détaillé, extrêmement ouvert sur la capacité
07:47à aller voir les notes.
07:48Alors il se trouve qu'évidemment, vos journalistes,
07:50qui sont extrêmement bien informés, ont vu passer une partie de ces notes.
07:53D'ailleurs, ils avaient anticipé les éléments.
07:56Mais quand le ministre dit, en fait, c'est le 16 que j'ai commencé
07:59à me rendre compte qu'on était peut-être en train de se faire déborder.
08:02– Exactement.
08:03– Ben, c'est la vérité.
08:04– Ah ben attendez, mais alors expliquez-nous,
08:06parce qu'il dit, c'est donc la veille, il dénonce l'ultra-gauche,
08:10il dit qu'il y a des messages très clairs,
08:12qui en appelaient très directement à s'en prendre des symboles de l'État,
08:16avec un imaginaire très ancré, très affirmé, un imaginaire révolutionnaire.
08:21Écoutons-le, et vous me direz, si la veille vous détectez tout ça,
08:24qu'est-ce que vous faites pour le lendemain ?
08:26– Je souhaite vivement que cette commission d'enquête
08:28sur les incidents du 17 octobre, à laquelle je réponds volontiers,
08:31devant laquelle, encore une fois, je prends toute ma responsabilité,
08:34n'occulte évidemment pas celle de la mouvance ultra-gauche et d'extrême-gauche radicale,
08:38qui par ses nombreux appels documentés à faire dégénérer la mobilisation du 17 octobre,
08:43détient la responsabilité première et principale des violences observées,
08:46et dont le ministre de l'Intérieur que je suis est aujourd'hui pourtant
08:49le premier à répondre devant vous en grande responsabilité.
08:52– Il a évoqué des messages très explicites et des cortèges sauvages,
08:56qui allaient vers des lieux de pouvoir.
08:58– Ah, ils n'étaient pas sauvages.
08:59– Ah, effectivement, oui.
09:00– Ils étaient hors du champ initial, mais très organisés par ceux qui disaient
09:04« on va aller ici, on va aller là ».
09:05Donc, sauvage, c'est quand 30 000 collégiens et lycéens débarquent tout d'un coup
09:10et ne savent pas où aller.
09:11– Si vous avez un message indiqué « prise de l'Élysée »,
09:14ce que vous dites, oulala, il y a une planterne…
09:16– Voilà, alors en fait, ce qu'il dit, et qui est très juste,
09:19c'est que, ce que j'avais expliqué la dernière fois,
09:22c'est que quand vous avez une masse de manœuvres suffisante,
09:25elle permet aux casseurs de casser et aux pilleurs de piller.
09:28Quand vous sous-estimez, non pas l'existence des manifestants,
09:33mais qu'ils vont du simple au triple,
09:35et que vous avez effectivement des mouvements
09:38qui éparpillent les forces de l'ordre,
09:40et qui surtout les prennent à revers, notamment à Marseille,
09:42par un mouvement qui commence très tôt le matin.
09:45Je précise que ce n'est quasiment jamais arrivé,
09:48même si les lycéens et les collégiens ont plutôt l'habitude
09:51d'aller tôt au collège ou au lycée,
09:53ce n'est pas le cas des manifestants qu'on réunit en général
09:56vers 13 heures pour le défilé qui va durer jusqu'à la fin de journée,
10:00moment où il se passe des choses.
10:02Quand vous avez la conjonction de mouvements tactiques inattendus,
10:06d'une masse de manœuvres dépassant les prévisions,
10:09et que vous ne le savez que le jour d'avant,
10:11de toute façon, vous comptez les points,
10:14et vous espérez que ça n'a pas trop mal se terminer.
10:16C'est quand même vertigineux.
10:17D'ailleurs, du haut de votre expérience,
10:19vous avez déjà entendu un ministre de l'État,
10:21reconnaître un échec, oui.
10:22Non, reconnaître un échec, je n'ai jamais entendu.
10:24Oui, c'est vrai que c'est à souligner.
10:25Non, non, c'est la première fois.
10:26Mais dire à ce point qu'on a failli, qu'on a été débordé,
10:28c'est quand même, c'est-à-dire que c'est l'État régalien
10:31qui a été débordé.
10:32Oui, mais l'État régalien est souvent débordé,
10:33mais ne le reconnaît jamais.
10:35L'État ment effrontément,
10:36c'est d'ailleurs un des problèmes de sa défiance
10:38avec la société civile, injonction.
10:41Je veux dire, l'État a pris l'habitude,
10:43la noblesse d'État, comme dirait Pierre Bourdieu,
10:46si rarement, mais cette fois-ci, oui,
10:48dit, grosso modo, il est arrogant, suffisant et maîtrisant,
10:51il prend tous les autres pour des débiles,
10:52il leur montre et parfois il leur surmontre,
10:55et surtout, il sous-estime ce qu'est la colère,
10:58la rage, la violence.
10:59L'État a été totalement pris au dépourvu
11:01par les gilets jaunes,
11:02qui étaient des travailleurs pauvres
11:04qui travaillaient la semaine
11:06et qui venaient défiler le week-end
11:07sans aucune idée de ce qu'était qu'un défilé
11:09qui n'avait jamais été politisé de leur vie,
11:11qui n'avait jamais manifesté de leur vie
11:13et qui avait une vision de la manifestation
11:15uniquement limitée à la télévision
11:17ou à leurs enfants
11:18quand ceux-ci avaient un mouvement lycéen,
11:21voire étudiant, à l'époque.
11:23Donc l'État est très souvent pris au dépourvu,
11:26mais là, il a été pris au dépourvu.
11:28Par la quantité,
11:30à la fois de manifestants,
11:32donc de casseurs,
11:33et il n'a pas vraiment vu l'épilleur.
11:35Et ça, c'est un élément majeur.
11:37Ensuite, il a été député par la diversité
11:39à l'intérieur de la manifestation
11:40des groupes composites
11:43qui ont chacun des objectifs différents.
11:45C'est pour ça qu'il n'y a pas de convergence des luttes,
11:47mais une convergence des colères,
11:48de ce que j'appelle une convergence des rages
11:50qui couvre un nombre des secteurs
11:52absolument invraisemblables.
11:53Et chaque fois, l'État essaye
11:54de ne pas avoir tout le monde contre lui.
11:56Si possible, pas les agriculteurs.
11:57Si possible, pas les transporteurs routiers.
11:59Si possible, pas les pompiers.
12:01En même temps que les policiers
12:02qui eux-mêmes ont des revendications.
12:04Il est face à cette extraordinaire complication.
12:07C'est qu'en ne gérant aucune fin
12:09de crise précédente,
12:11ce que j'appelle une crise totale,
12:12il les reçoit tous.
12:13Parce qu'à la fin, vous êtes toujours rattrapés
12:15par la patrouille sociale.
12:16Très bien, mais qui est rattrapé ?
12:18Parce que l'État, l'État...
12:19Le gouvernement, pour l'instant.
12:20Mais qui sont les victimes
12:21de l'effondrement accéléré de l'État ?
12:23Les citoyens.
12:24Parce qu'en France,
12:25l'État a construit la nation.
12:27C'est très rare.
12:28Très rare.
12:29Partout ailleurs,
12:29les nations ont construit des États.
12:30Donc vous avez des tas d'éléments
12:31de corps intermédiaires,
12:33d'éléments décentralisés,
12:34fédéralisés.
12:35Vous pouvez atténuer les coûts,
12:37gérer au niveau local.
12:39Bref, à trouver des solutions
12:41qui vous évitent d'être emportés.
12:42Pas en France.
12:43L'État, non seulement,
12:44dit qu'il sait tout,
12:45qu'il fait tout,
12:45mais qu'il est le seul à le faire.
12:47Donc il réduit les corps intermédiaires,
12:49il les élimine.
12:50Le chef de l'État
12:51est un spécialiste de la chose
12:54puisqu'il est le premier
12:55à avoir expliqué que désormais,
12:56il n'y avait lui et rien.
12:58Et non seulement,
12:59il y a lui et rien,
13:00donc il a le droit de le penser,
13:01mais non seulement il le dit,
13:02mais il le montre.
13:03Et donc, à un moment donné,
13:04il est le centre
13:05parce qu'il s'est mis
13:06au milieu du champ de bataille,
13:08mais qu'il est un peu tout seul.
13:09Donc on paye l'addition
13:11de l'effacement ?
13:12Puis qu'il dirige
13:13le renseignement,
13:13puis qu'il vous explique
13:16qu'il dirige le prix de l'essence,
13:18etc.,
13:18le président république,
13:19fait comme s'il n'avait besoin
13:20ni de préfets,
13:21ni de gouvernement.
13:22Voilà.
13:22La réalité,
13:23elle est qu'il s'est construit
13:25dans cette posture
13:26qui lui a permis
13:27d'être élu
13:28au nom du renouvellement
13:30de son livre,
13:31qui s'appelait Révolution.
13:32De ce point de vue-là,
13:32on ne peut pas dire
13:33qu'on a été trompé
13:33sur la marchandise.
13:34La question centrale aujourd'hui,
13:36c'est comment on gère
13:37le moment paroxystique
13:38du 5 novembre.
13:39Donc le 17 octobre,
13:41on a appris le 24,
13:43le 31.
13:44Là, on va voir le 5,
13:46parce que le 5,
13:46vous avez vraiment
13:47la conjonction de
13:47cours en même temps
13:48et dans plein d'endroits.
13:50Parce qu'à la veille
13:51de cette commission d'enquête
13:52et en prévision du 5 novembre,
13:54Laurent Nunez,
13:54il dit qu'il ne renoncera
13:56à aucun moyen intermédiaire
13:58comme les grenades
13:59et autres.
14:00Des moyens permettant,
14:01dit-il,
14:01aux forces de l'ordre
14:02de se défendre.
14:03Ça a donc été une erreur
14:04à un moment de suspendre
14:05certaines grenades ?
14:06Alors, de toute façon,
14:07la grenade de désencerclement,
14:08qui est une arme de guerre,
14:09je le répète,
14:10quelles que soient les conditions,
14:11ça ne sert pas
14:12au maintien de l'ordre
14:13dans des manifestations.
14:14Ça sert à gérer l'État
14:16quand il est encerclé
14:17et au moment où il lutte
14:19contre une insurrection.
14:21Ce n'est pas la même chose.
14:22Donc,
14:22la grenade de désencerclement,
14:23elle n'a rien à faire
14:23du tout là-dedans.
14:25Il se trouve que
14:26tout le monde parle du LBD
14:27comme si c'était
14:28une arme stable.
14:29Ce n'est pas vrai.
14:30Le LBD était une arme
14:32qui s'appelait
14:32le flashball.
14:33Le flashball tirait
14:34des projectiles
14:36plus larges,
14:38plus loin
14:38et avec une moins grande
14:40vélocité.
14:41C'est-à-dire qu'on pouvait
14:42avoir une petite fracture
14:44ou quelques hématomes,
14:46mais on ne perdait pas son œil.
14:47On a commandé
14:48de nouveaux produits
14:49qui s'appellent désormais
14:50LBD ou GL06,
14:52c'est le nom du fabricant,
14:52qui vient de brûler
14:53d'ailleurs en Suisse,
14:54avant-hier.
14:56Petit effet secondaire
14:57de la vente de LBD
14:58à la France,
14:59probablement.
15:00Criminale, donc.
15:01C'est ce que disent
15:02les autorités suisses
15:03puisque c'est une entreprise
15:04suisse.
15:05Les projectiles sont plus petits,
15:07donc ils vous font
15:08perdre l'œil.
15:09Ils peuvent étirer
15:10de plus près
15:10et leur puissance
15:12est plus grande.
15:13Mais qui a eu
15:14cette idée folle
15:15d'utiliser cet outil,
15:17non pas le flashball
15:19ancien
15:19dont on pouvait discuter,
15:21quand on change
15:22la grenade assourdissante ?
15:24Votre collègue
15:25Maxime Switek
15:26que vous avez retrouvé
15:26tout à l'heure
15:27est venu ici
15:27montrer une grenade
15:28lacrymogène.
15:29Il l'a démontée
15:30et tout le monde
15:30a compris
15:31qu'à l'intérieur
15:32de la grenade lacrymogène...
15:32Ce soir, je suis désarmée.
15:33Oui, tant mieux
15:34parce qu'autrement
15:35vous allez avoir
15:35huit jours
15:36de lacrymo à la maison.
15:38Je ne suis pas sûr
15:38que ça va plaire
15:39à votre famille.
15:40Mais sur le fond,
15:41vous voyez tous les éléments
15:42composants de la grenade.
15:43Vous comprenez
15:43que la grenade lacrymogène,
15:44qui n'est que lacrymogène,
15:46elle explose
15:47comme toutes les autres grenades
15:48en envoyant
15:49des tas de petits picots
15:50en plastique
15:51plus ou moins grands.
15:52Quant à la grenade
15:53assourdissante,
15:54c'est la même manière.
15:55Elle vient de remplacer
15:56la précédente
15:57qui était déjà jugée...
15:58Mais Laurent Lunès,
15:58il dit, moi,
15:59je veux tous les ventailles.
16:00Oui, parce qu'il n'est pas
16:01face à une manifestation
16:03de manifestants joyeux
16:04et sympathiques,
16:05ce qui a été le cas
16:06de la quasi-totalité
16:07des manifestations
16:08collégiens et lycéens,
16:09contrairement à ce qu'on raconte.
16:10Par contre,
16:10ce qui n'est pas le cas
16:11des blocages de lycées
16:12pour les raisons
16:12que j'ai expliquées tout à l'heure.
16:13Je pense qu'elles sont explicites
16:15d'un certain nombre de problèmes
16:16avec des exclus
16:17du système scolaire
16:18ou des gens qui y sont dedans
16:19mais qui aimeraient bien
16:20être dehors.
16:21Vous avez ensuite
16:22des casseurs
16:23où là,
16:23il y a une problématique
16:24particulière
16:24et vous le voyez d'ailleurs
16:25avec la problématique
16:26du cocktail Molotov.
16:27Cocktail Molotov,
16:28il date de la guerre d'Espagne.
16:29Il n'y a pas de nouveauté.
16:30Le cocktail Molotov
16:31n'est pas le problème.
16:32Ce qui est le problème,
16:33c'est que désormais,
16:34une partie des Black Blocks
16:35envoie du white spirit
16:36pendant des heures
16:37sur les policiers
16:38pour accélérer
16:39le pouvoir inflammatoire.
16:39C'est ce qui s'est passé
16:40avec le gendarme attaqué ?
16:42On peut de nouveau regarder
16:43la séquence ?
16:44On est en train d'analyser
16:45si la détonation
16:47est une détonation
16:48liée au cocktail Molotov
16:49ou un bruit résiduel.
16:51Je vais laisser parler
16:51le spécialiste
16:52et je vais parler
16:52du symbole.
16:53J'ai eu plein de collègues
16:53qui m'ont dit
16:54oui alors,
16:55il faut étudier
16:56il y a les deux secondes
16:57mais est-ce que c'est vraiment
16:58deux secondes
16:59de white spirit
17:00pour que l'effet
17:01ne soit pas
17:02le cocktail Molotov
17:03mais décuplant
17:04le cocktail Molotov
17:05donc vraiment
17:05pour les griller.
17:06Quand le ministre
17:07de l'Intérieur
17:08dit que c'est un acte
17:10meurtrier
17:10ou avec une visée meurtrière,
17:13il a raison.
17:14Parce qu'on n'est pas
17:14simplement dans l'envoi
17:16du truc
17:16où les tenues
17:17qui appartiennent quasiment...
17:19Ah, c'est très important.
17:20Oui, parce que
17:20tout cocktail Molotov
17:21n'est pas un cocktail Molotov.
17:22Vous avez des cocktails Molotov
17:23à mèche,
17:24des cocktails Molotov
17:24par la rencontre
17:25au moment où ils se brisent
17:26de deux entités chimiques
17:28et des cocktails Molotov
17:29où vous rajoutez
17:30un élément
17:30que je ne vais pas vous donner
17:31sur ce plateau
17:32qui les rendent explosifs
17:34au sens de
17:34qui provoque une détonation
17:36en plus de l'embrasement.
17:38Et si vous rajoutez
17:39du white spirit
17:40ou autre produit
17:41du même genre
17:41que vous envoyez
17:42on ne sait pas très bien
17:43ce que c'est
17:43parce que ça ressemble
17:44à de l'eau
17:45pendant 10 minutes,
17:4620 minutes,
17:47une heure
17:47et puis tout d'un coup
17:48vous envoyez le cocktail Molotov
17:49vous décuplez
17:50le pouvoir abrasif
17:52et incendiaire
17:53du cocktail Molotov
17:54Et donc la tentative
17:55d'homicide
17:55elle est quand même
17:56assez affirmée.
17:57Oui, je le crois vraiment.
17:58On regarde la séquence
17:59à la boire.
18:18D'accord, et donc c'est à la justice
18:20là ?
18:21Oui, aux experts
18:21parce qu'ils vont regarder ça
18:23micro-seconde par micro-seconde
18:24c'est la police technique
18:25et scientifique.
18:26En tout cas, il y a une chose
18:27où on peut ne pas atteindre
18:28c'est la haine
18:29qui est envoyée
18:29avec un tel...
18:30Ah oui, mais ça
18:31c'est l'effet générationnel
18:33celui qu'on a totalement
18:34sous-estimé
18:35pas vu, pas compris.
18:36Mais rien ne justifie.
18:37C'est un câble.
18:39Non, non, je dis...
18:40Je ne juge pas
18:42des mobilisations sociales
18:45et de leur justification.
18:46Le fait de vouloir tuer
18:47un policier
18:48n'est pas justifié.
18:48Vous voulez dire
18:49que parce qu'on n'a pas répondu
18:50à une crise
18:51il y a quelques années...
18:52Non, on ne l'a pas analysé
18:53on ne l'a pas comprise
18:54on ne l'a pas estimée
18:55On se retrouve avec un gendarme
18:57qui pourrait finir
18:58en tarche humaine.
18:59Bien sûr.
18:59D'abord, ce n'est pas la première fois
19:01des gendarmes
19:02et des policiers
19:03c'est pour ça qu'on a changé
19:04Pour les BOC inclusomes
19:05c'est vrai que c'était
19:06assez saisissant de voir ça
19:07Oui, l'image est saisissante
19:08mais je crois que
19:09j'ai dû repérer
19:10depuis 1986
19:13une quarantaine de cas
19:14où des policiers
19:16ou des gendarmes
19:16des CRS pardon
19:17ou des gendarmes mobiles
19:19en général
19:19ils les ciblent particulièrement
19:21mais ils savent aussi
19:21que leur tenue
19:23de mieux en mieux protégée
19:24et inifugée
19:25permet de réduire
19:26Mais là, il a bien senti
19:27la brûlure saisissante
19:28Oui, alors on la sent
19:29très bien
19:30mais vous avez vu
19:31que les blessures
19:32sont malgré tout
19:34et heureusement pour lui
19:34limitées grâce aux équipements
19:36Et qu'il en parle
19:36avec un sang froid incroyable
19:37et que la ligne
19:38regarde
19:38Ils sont une demi-douzaine
19:40à avoir été touchés
19:42pas seulement lui
19:42mais la ligne
19:43s'est bien reformée
19:44et puis
19:45il y avait
19:46chez les gendarmes
19:47des outils
19:48de préservation
19:50des sections
19:50par des agents
19:54qui sont chargés
19:55de la partie infirmerie
19:56qui est très bien
19:57ce qui n'existe
19:58quasiment plus
19:59chez les CRS
19:59malheureusement
20:00du fait de la réduction
20:01et de la concentration
20:02des effectifs
20:03mais ça c'est un effet
20:06RGPP comptable
20:06Avant d'arriver au 5 novembre
20:08Alain Bauer
20:08juste une question
20:09elle est à la fois politique
20:11parce que le débat politique
20:12s'en est saisi
20:12mais elle est très factuelle
20:13sur le terrain
20:14pour connaître le profil
20:15des casseurs et des pilleurs
20:17vous avez vu
20:17que ça divise
20:18le débat politique
20:20entre les candidats
20:21Edouard Philippe
20:21qui affirme
20:22qu'il y avait
20:22une partie
20:23avec des habitants
20:24venant des quartiers
20:25et donc
20:26il met en avant
20:26un défaut d'intégration
20:28ce à quoi
20:29Jean-Luc Mélenchon
20:29estime que le fait
20:30d'en parler
20:31c'est raciste
20:32est-ce qu'on connaît
20:33ces profils-là ?
20:34pas forcément
20:36de ceux
20:36qui ont été interpellés
20:37mais de ceux
20:38je rappelle que
20:40les mille ans de jacquerie
20:43ne se faisaient pas
20:44avec des profils
20:45basanés des quartiers
20:46parce qu'il n'y avait pas
20:47de quartier
20:47et que l'immigration
20:48elle était à l'époque
20:49italienne, provençale
20:51bretonne, basque
20:53et alsacienne
20:53personne ne dit
20:54que c'est le monopole 2
20:55mais est-ce que cette fois-ci
20:56il y a eu
20:57plus d'opportunisme ?
20:58l'idée que
20:59en ramenant
21:00cette problématique-là
21:01comme si elle était
21:03d'évidence
21:03et nouvelle
21:05serait insuïe
21:06moi
21:06il se trouve que j'ai été
21:07comme président
21:08de l'Observatoire National
21:08de l'Incance
21:09le premier à sortir
21:10les statistiques
21:11non pas des immigrés
21:12parce que je ne les connais pas
21:13et que personne ne les connaît
21:14donc je dénie
21:15à qui que ce soit
21:16le soin de pouvoir annoncer
21:17quoi que ce soit
21:17sur le profil de l'immigration
21:19mais sur les étrangers
21:20et grâce à trajectoire
21:21et origine
21:22sur les enfants d'étrangers
21:23et sur les parcours d'étrangers
21:25on les connaît
21:26extrêmement bien
21:27mais c'est important
21:27ce que je dis
21:28sur les français
21:29il n'y a pas de surprise
21:30de deuxième ou de troisième
21:31on ne peut pas savoir
21:31mais ça n'existe pas
21:32il n'y a pas de français
21:33de première, de troisième
21:34ou de quatrième génération
21:35il y a des populations diversifiées
21:37qui depuis les romains
21:38jusqu'à nos jours
21:39ont peuplé ce pays
21:41il y a simplement
21:42une différence
21:42je vais aller jusqu'au fond
21:43je vous en prie
21:43parce que vous avez très bien
21:44traité du sujet tout à l'heure
21:46on sent les trois problématiques
21:48assimilation
21:49intégration
21:50communautarisation
21:51et en fait
21:52le code civil en France
21:53il n'a pas changé
21:53le code civil de la république
21:55il dit
21:56assimilation
21:57point
21:58et nous avons oublié ça
21:59c'est-à-dire que pour nous
22:01une grande partie des populations
22:02issues de l'immigration
22:03que nous avons attiré
22:05pendant les trente glorieuses
22:06avec la promesse de l'emploi
22:08il n'y a jamais eu de promesse
22:10ni d'assimilation
22:10ni d'intégration
22:11parce que pour nous
22:12c'était des immigrés
22:12à durée déterminée
22:13qu'ils allaient rentrer
22:14à la maison
22:14et qu'on a connu
22:15les trente piteuses
22:16donc effectivement
22:17une collection
22:18qui s'appelle comme ça
22:19voilà
22:19donc premier problème
22:20c'est nous avons raté
22:22cet épisode
22:22nous
22:24volontairement
22:24pour des raisons
22:25bassement économiques
22:26et quand il y a eu
22:28la crise du textile
22:29la crise d'acidérurgie
22:30disons les choses
22:31vous voulez dire
22:31que c'est une forme
22:32de l'open prolétariat moderne
22:34qu'on a utilisé
22:34qu'on a ajouté
22:35comme un kleenex
22:36sauf qu'il y a des familles
22:38il y a des enfants
22:38exactement
22:39ils sont nés sur le territoire
22:41et à ce moment-là
22:42on s'est trouvé face
22:43à une problématique nouvelle
22:44de populations
22:45qui étaient déracinées
22:47de leur propre culture
22:48qui ne savaient pas très bien
22:49où ils étaient
22:49pas très bien vues
22:50mais je rappelle
22:51que les premiers pogroms
22:52anti-immigrés en France
22:53ont été faits
22:54contre des Italiens
22:56au XIXe siècle
22:58des Italiens
22:58qu'on faisait venir
22:59avec leur famille complète
23:00après 1914-18
23:01puisqu'il n'y avait plus personne
23:03pour aller travailler
23:05vu le nombre de morts
23:07notamment hommes
23:08je suis d'accord
23:09rappel historique
23:10bienvenu
23:10mais alors la seule chose
23:11qu'on peut voir
23:12qui mériterait d'être visité
23:13je vais renvoyer
23:14la conquête de l'Ouest
23:15à à peu près
23:15tous ceux qui mériteraient
23:17de relire
23:17le récit national
23:18parce que tout le monde
23:19vit dans un roman national
23:20merveilleux
23:21inventé par la Troisième République
23:23formidable
23:24vous savez que j'attends toujours
23:25d'avoir un vrai débat
23:26avec Philippe Devilliers
23:27sur roman national
23:29contre récit national
23:30déjà vous avez demandé
23:31un débat avec Robert Ménard
23:32et on est en train
23:33de l'organiser
23:34je pense qu'on n'est pas
23:35dans exactement
23:36la même configuration
23:37je veux dire par là
23:38qu'on peut avancer
23:39pour comprendre
23:40comment on peut réconcilier
23:42le récit et le roman
23:43sans continuer à raconter
23:45n'importe quoi
23:45sur la partie roman
23:47un roman c'est magnifique
23:48c'est merveilleux
23:48mais c'est de la fiction
23:50le récit national français
23:52et celui de sa diversité
23:53ce que disait
23:54François-Olivier Gisbert
23:54tout à l'heure
23:55je ne citerai pas Bainville
23:56même si c'est le héros
23:58personnel d'Éric Zemmour
23:59mais dans toute notre histoire
24:01il y a cette réalité
24:02de diversité
24:04je m'appelle Bauer
24:05et pas Dupont
24:06et même si ça s'appelle
24:06désormais Boer
24:08mes petits camarades d'Alsacien
24:10ils aiment bien
24:10parler dialecte
24:12et si vous trouvez
24:13quelque chose de commun
24:14entre un Alsacien
24:15un Basque
24:16un Corse
24:17et un Breton
24:18il n'y a rien de commun
24:19sur l'intégration nationale
24:21qui s'appelait assimilation
24:22mais donc
24:23y a-t-il un défaut d'intégration ?
24:25il y a un défaut d'assimilation
24:26d'assimilation
24:26ah vous reprenez le mot
24:27vous voyez
24:27parce que pour certains
24:28le mot est à vous
24:29mais il est dans le code civil
24:30vous avez raison
24:30je propose qu'ils changent
24:31le code civil
24:31mais qu'ils assument
24:32de le changer
24:33parce que moi je comprends
24:34les mots qui sont utilisés
24:35par les uns et les autres
24:37créolisation
24:39communautarisation
24:39etc
24:39mais je rappelle
24:40que ce n'est pas comme ça
24:41que ce pays a été construit
24:43on n'est pas obligé
24:43de refaire systématiquement
24:45la même erreur
24:45d'interprétation
24:47de la nature du pays
24:48moi je suis pour une
24:50assimilation intégrative
24:51mais en même temps
24:53quand Michel Rocard
24:54défendait le droit
24:55c'est la promesse
24:55de la France
24:55le droit pour les bretons
24:56de parler bretons
24:57j'étais avec lui
24:59pour préparer son audition
25:00dans la cour de sûreté
25:01de l'état
25:01qui s'était réuni
25:03pour savoir si parler bretons
25:04était une menace
25:05pour l'intégrité nationale
25:06et les lussards de la République
25:07c'était à coup de baguette
25:09qui ne voulaient pas
25:10que les bretons parlent bretons
25:11etc
25:11et c'était même interdit
25:12de parler bretons
25:13à la devanture des bars
25:14et donc l'intégration
25:16à l'assimilation
25:16s'est faite un peu
25:17pardonnez-moi
25:18à l'époque
25:18on n'est pas obligé
25:20d'être aussi idiot
25:20j'espère bien
25:21mais je veux dire
25:22par là
25:23on peut reconnaître
25:23la diversité
25:24de ce qu'a été ce pays
25:26et l'unicité
25:27de ce qui en fait
25:28son identité
25:29ce qui nécessite
25:30de sortir beaucoup
25:31du roman national
25:32pour redescendre sur terre
25:34et de passer
25:35dans un processus
25:36d'assimilation
25:37ouverte
25:38intelligente
25:39qui disent
25:39mais nous avons
25:40des valeurs communes
25:40donc une identité commune
25:42qui nécessite
25:43de nous rappeler
25:43qui nous sommes
25:44pour cela
25:45il faut sortir
25:46il faut regarder
25:46il faut avoir
25:47les pieds ancrés
25:48sur le terrain
25:48probablement
25:49comme le cas
25:50de nombreux maires
25:50qui se succèdent ici
25:51sur le terrain
25:52et avoir des capteurs
25:53c'est grâce à eux
25:54que le pays tient encore
25:55quand même le dire
25:56s'il n'y avait pas
25:5736 000 maires
25:57dans ce pays
25:59on va le dire
25:59à David Lissnard
26:00il a raison
26:01il va venir dans quelques instants
26:02le président de l'association
26:02des maires de France
26:03par ailleurs
26:04par ailleurs
26:05tout à fait
26:06double casquette
26:07janvier au 5 novembre
26:08on va accorder
26:10les dernières minutes
26:11à cela
26:11vous avez dit
26:12depuis des semaines
26:12que c'était le moment
26:13probablement
26:14paroxystique
26:15ou l'ACME
26:16une agrégation
26:17de populations
26:17quand même très diverses
26:19à la fois
26:20le pouvoir d'achat
26:20le pouvoir de vivre
26:21les carburants
26:22peut-être
26:24moitié fin du mois
26:25moitié fin du monde
26:26exactement
26:26alors comment on arrive
26:28à concilier
26:28la fin du mois
26:29et la fin du monde
26:30on leur parle
26:31parce que
26:31qu'est-ce qu'ils demandent
26:32qu'on leur parle
26:34qui parle
26:35on dit
26:36genre les populistes
26:37les populistes
26:37mais les populistes
26:38parlent au peuple
26:39c'est une partie du problème
26:40d'ailleurs
26:40et tous les autres
26:41se désolent
26:41que les populistes
26:42parlent au peuple
26:43mais à qui parlent-ils
26:44eux
26:44qui peut aller
26:45dans une manif
26:45donc il faut aller
26:46sur les barricades
26:48mais il faut parler
26:48à tout le monde
26:49tout le monde
26:50il n'y a aucune
26:52je ne vois pas
26:52qu'elle est là
26:53alors évidemment
26:53il y en a qui se font rejeter
26:55mais ils ont un lourd passif
26:57et ceux qui ne se font pas rejeter
26:58c'est intéressant
27:00de voir pourquoi
27:00vous croyez vraiment
27:01qu'on peut être encore
27:02dans un moment d'écoute
27:03il y a ceux qui se font rejeter
27:04parce qu'ils ont un lourd passif
27:05aujourd'hui même
27:06quand vous essayez
27:06de recueillir une parole
27:07en tant que journaliste
27:08parfois vous vous faites
27:09éjecter de manière
27:10manu militari
27:11est-ce que c'est encore un pays
27:13qui veut être
27:13est-ce que ce sont encore
27:14parfois
27:16des personnes
27:17des individus
27:17qui veulent être écoutés
27:18ou est-ce qu'ils sont passés au-delà
27:20ils veulent être écoutés
27:21ils ont un lourd contentieux
27:23avec la parole de l'État
27:25et les médias
27:27dont ils considèrent
27:28qui sont les proxys
27:29ou les relais
27:30ou dont ils considèrent
27:31qui sont les proxys de l'État
27:32ou de l'extrême droite
27:33alors il n'y a pas de médias
27:34d'extrême gauche
27:36ou d'ultra gauche
27:36bon enfin
27:37s'il y en avait un
27:38moi je suis pour les chaînes d'opinion
27:39oui
27:39je n'ai aucun problème
27:40je pense que ça devrait être normal
27:42et parfaitement légal
27:44d'avoir une chaîne d'opinion
27:45qui affirme des opinions
27:47évidemment avec une obligation
27:48du débat contradictoire
27:49à un moment ou d'autre
27:50dans la grille
27:51et pas à 3h du matin
27:53mais sur le fond
27:54vous voyez moi
27:55il se trouve que
27:55je suis invité
27:56je suis invité
27:57par toutes les chaînes
27:58d'information
27:59et j'y vais
27:59mais vous avez bien raison
28:00vous pouvez noter
28:01que je dis à peu près
28:01la même chose à chacun
28:02et c'est ça qui fait la différence
28:03c'est votre cohérence
28:04je ne m'adapte pas
28:05à la chaîne qui m'invite
28:06j'essaye de faire en sorte
28:07de parler à des gens
28:08qui ne m'écouteraient pas
28:08si je n'y allais pas
28:09donc c'est une forme
28:10de considération
28:10c'est ça ce qui manque
28:11c'est-à-dire que le lien
28:12entre toutes ces personnes
28:13de respect
28:14pour les citoyens
28:15mais pardonnez-moi
28:16alors est-ce qu'on peut
28:18répondre par respect
28:19quand
28:20pour certains
28:20de la vie de certains
28:21pendant 10 ans
28:21on n'a pas écouté
28:22on n'a pas respecté
28:23d'abord on s'excuse
28:24c'est un début
28:26oui quand je dis
28:27le ministre de l'intérieur
28:29reconnaît une erreur
28:30et je pense qu'il doit avoir
28:31la médaille d'or
28:33de l'honnêteté politique
28:35et il se trouve
28:36qu'il y a peu de concurrents
28:37de la même manière
28:38que j'ai salué
28:39Gérald Darmanin
28:40pour avoir été chercher
28:42la vérité
28:43sur l'affaire Liana Rosa
28:44et les 88 000 dossiers
28:46qui étaient planqués
28:47partout
28:47donner une médaille
28:48donner une médaille
28:49à ceux qui s'excusent
28:50est-ce qu'il ne faudrait pas
28:51donner une médaille
28:52collective
28:53aux commerçants
28:54qui résistent
28:55aux forces de l'ordre
28:57oui
28:57moi
28:57je suis
28:59ma position
29:00c'est de défendre
29:00et de faire entendre
29:01la voix des victimes
29:02de cesser qu'on ne les écoute pas
29:04surtout les enfants
29:05mais
29:06ceux qui commettent une erreur
29:07et qui disent
29:08j'ai commis une erreur
29:09et je vous présente mes excuses
29:10et j'assume mes erreurs
29:11et bien je vous propose
29:12de faire un palmarès
29:14de ceux qui l'ont fait
29:15en politique
29:16la liste est courte
29:17je dois avouer
29:18très très courte
29:18le 5 novembre
29:19on a du mal à remplir un podium
29:20alors je suis d'accord
29:22reconnaissance de l'échec
29:23de l'erreur
29:23de la faillite
29:24oui
29:24de l'adaptation
29:25très bien
29:26donc on tire les conséquences
29:27donc le 5 novembre
29:28on peut espérer
29:29que l'ordre ne soit pas seulement maintenu
29:30qu'il soit rétabli
29:32j'espère que c'est ce qui est en train de se passer
29:34mais on l'a vu
29:35l'évolution des problématiques
29:37par contre c'est vrai que le 5 novembre
29:39qu'est-ce que vous craignez vraiment
29:40à la boire le 5 ?
29:41qu'il y ait tellement
29:43de rage cumulée
29:45et tellement de concentration
29:46de population différente
29:47sur des lieux différents
29:49tellement d'éparpillement
29:50des moyens et des forces
29:51qu'il se trouve
29:53à un endroit ou un autre
29:54un moment
29:54de bascule
29:56c'est-à-dire
29:57le pire possible
29:58on l'avait vu avec Malik Ousekine
29:59en 86
30:01vous craignez un drame
30:04définitif
30:04je rappelle à tous ceux
30:06qui veulent bien m'écouter
30:06que s'il voit arriver
30:07une grenade de n'importe quel type
30:09ils ne la ramassent pas
30:09ce qui est un bon début
30:11je rappelle à tous ceux
30:12qui utilisent des LBD
30:13que ça se tire en l'air
30:14et pas ailleurs
30:16c'est un vrai sujet
30:17donc au bout d'un moment
30:19la reprofessionnalisation
30:20du maintien de l'ordre
30:21c'est dans les deux camps
30:24c'est le retour
30:25des grands services d'ordre
30:26syndicaux
30:27et je salue le travail
30:28de la CGT
30:28c'est aussi le retour
30:30à la reprofessionnalisation
30:31et donc au regarnissement
30:33d'unités
30:34de gardiens
30:35de la paix
30:36j'entends
30:36mais vous craignez
30:37c'est les pires craintes
30:39pour le 5 novembre
30:39et en même temps
30:40les cortèges seront encadrés
30:42les syndicats seront là
30:43donc est-ce que
30:44ce n'est pas une journée
30:44justement de la professionnalisation
30:46c'est mon souhait
30:47mais quand il y a
30:49trop de populations différentes
30:50donc quand la masse de manœuvre
30:51comme disait le ministre
30:53est trop grande
30:55et qu'on n'arrive pas
30:56à encadrer
30:57et tenir
30:58le cortège
30:59ou qu'il y a trop
31:00d'éléments
31:00dits sauvages
31:01qui ne le sont pas tant que ça
31:02quand il y a trop
31:04de rage cumulée
31:04quand il y a trop
31:05de diversité des mouvements
31:07quand il y a trop
31:07d'appels
31:08vrais et faux
31:09sur les réseaux sociaux
31:10parce que ça fait partie aussi
31:11de l'éparpillement des forces
31:13ça nécessite
31:14du renseignement
31:14encore plus structuré
31:16une transformation
31:17du renseignement territorial
31:18mais alors rassurez-nous
31:19plus jamais le 17 octobre
31:21plus jamais
31:23des mairies
31:24comme Limoges brûlées
31:25plus jamais
31:25des Mariannes
31:26à terre
31:27comme à Marseille
31:27plus jamais des images
31:28que personne
31:29que tout le monde considère
31:30Je fais partie de ceux
31:32qui sont pour le dialogue social
31:34et pas pour la répression sociale
31:36mais je le dis
31:37le 5 novembre
31:38est un moment paroxystique
31:40dans un moment paroxystique
31:41vous avez
31:42la fin de quelque chose
31:43ou le début d'autre chose
31:45un mouvement social
31:46une génération politique
31:47une avant-garde radicalisée
31:48une réponse autoritaire
31:50et
31:50et le problème
31:51c'est que nous écrivons le et
31:52soit il y a une réponse
31:53politique et sociale
31:54des états généraux
31:56un grenelle
31:56un moment
31:57où tout va être
31:59enfin remis
31:59sur la table
32:00mais qui ne ressemble pas
32:01au cahier de doléances
32:02immédiatement envoyé à la poubelle
32:03Certains l'ont encore coincé
32:05au niveau de la gorge
32:06des cahiers de doléances
32:07Pourquoi l'état
32:08a-t-il eu
32:09cette arrogance
32:10et ce mépris
32:11sur des cahiers de doléances ?
32:13Qu'est-ce qui l'empêchait
32:14d'en faire quelque chose ?
32:16Franchement
32:16Pourquoi l'état
32:17n'est pas en capacité
32:19et ce gouvernement en particulier
32:21de faire une convention citoyenne
32:23d'écouter la convention citoyenne
32:24et d'essayer
32:25de faire l'inverse
32:25de ce que la convention citoyenne
32:26qu'il a lui-même convoquée
32:27lui propose ?
32:28Mais monsieur Beauvoir
32:28parce qu'à 6 mois
32:29d'une présidentielle
32:30ça s'appelle un scrutin
32:32présidentiel normalement
32:33Est-ce que vous avez déjà vu
32:34une crise aussi importante
32:35aussi enquistée
32:36enracinée
32:37inédite
32:38à 6 mois ?
32:38Ah non, non
32:39vous avez un troisième tour
32:40avant le premier
32:41le troisième tour social
32:43d'habitude c'est après
32:44c'est-à-dire quand on se rend compte
32:45que les promesses
32:46ne peuvent pas être nues
32:46qu'on vous dit
32:47ah bah non
32:47on ne va pas pouvoir
32:49on n'avait pas prévu
32:50ah l'Europe
32:51ah le FMI
32:52ah la Banque Centrale
32:53ah
32:54le rêve secret
32:55de la quasi-totalité
32:56des candidats présidentiels
32:57c'est que nous soyons forcés
32:59à faire en matière budgétaire
33:00ce qu'aucun des groupes politiques
33:02ne veut assumer
33:03de faire à l'Assemblée
33:04c'est-à-dire ?
33:05La tutelle
33:06Oh
33:07la mise sous tutelle
33:08parce que vous croyez
33:09que le lendemain
33:10de l'élection présidentielle
33:11qui que ce soit
33:11qui soit élu
33:12et qui que ce soit
33:12la situation budgétaire
33:14du pays va s'améliorer
33:15miraculeusement
33:15non
33:15une injonction d'argent
33:17va tomber du ciel
33:18non pas du tout
33:18mais je ne sais pas
33:19qui peut se réjouir
33:20d'une mise sous tutelle
33:21d'un pays
33:22par l'AFMI
33:23tous ceux qui n'ont pas le courage
33:24de mettre sur la table
33:25comment on fait
33:25la vraie situation
33:26Ah très bien
33:27donc c'est Ponce Pilate
33:28en disant regardez
33:29c'est le AFMI
33:30qui nous le demande
33:30on est obligé
33:31Alors c'est Ponce Pilate
33:31tout en se demandant
33:32s'il lui-même
33:33ne va pas être emporté
33:34il y a toujours ce moment
33:35un peu compliqué
33:35où il faut expliquer
33:37qu'on résiste à l'envahisseur
33:38voilà Astérix c'est bien
33:39mais je rappelle
33:40que toute la Gaule
33:40est occupée
33:44Si je puis dire
33:45il faut résister
33:46parce que c'est le village
33:46d'Astérix
33:47c'est résister
33:48pour nos enfants
33:49je voudrais qu'on termine
33:50vraiment
33:50et saluer votre livre
33:51j'ai vu qu'il était
33:54c'est pas une question de vente
33:55c'est que quand il y a des livres
33:56comme ça
33:56une question d'impact
33:57voilà effectivement
33:58qui sont le plus largement partagés
34:00c'est d'utilité publique
34:01et je voudrais vous montrer
34:03ce chiffre
34:03ce chiffre qui a été mis
34:05en évidence
34:05par le quotidien
34:06Le Monde
34:07on va le voir s'afficher
34:08au sujet de nos enfants
34:09voilà
34:10violences sexuelles
34:1163% des 18-21 ans
34:13déclarent en avoir déjà
34:14été victimes
34:1563%
34:16alors il y en a une pire
34:17sur les élèves de CE2
34:18je rappelle qu'ils ont 9 ans
34:2040%
34:21dans une enquête écrite
34:23un questionnaire
34:24éducation nationale
34:25le premier
34:25pour l'année 2024-2025
34:27et ce qui est terrible
34:28c'est que
34:29à part vous
34:30ce soir
34:32personne
34:32n'en a parlé
34:34c'est un non sujet
34:355 millions et demi
34:36de victimes en France
34:38vivantes
34:38adultes
34:39160 000 enfants
34:40au moins tous les ans
34:41là on est passé
34:42non pas de 10%
34:43ce qui était l'estimation
34:44à 40%
34:46pour des élèves
34:46d'un grand hommage
34:47à mon équipe
34:48qui a vu ce chiffre
34:49qui a été saisie
34:51de cette situation
34:51mon grand drame
34:52c'est pas de savoir
34:53si mon livre va se vendre
34:55ou pas se vendre
34:55c'est que c'est toujours
34:56pas un sujet
34:58pour les responsables
34:59politiques
35:00dans cette campagne
35:01présidentielle
35:01il n'y a jamais eu
35:02une victimation
35:03aussi importante
35:05quantitativement
35:06et qualitativement
35:07dans ce pays
35:08il n'y a jamais eu
35:09un seul crime
35:10avec 5,5 millions
35:11il n'y a jamais eu
35:12un seul crime
35:13avec des victimes
35:14qui s'omatisent
35:14qui sont malades
35:15qui s'effondrent parfois
35:16et qui de temps en temps
35:17reproduisent
35:18ce qu'ils ont subi
35:19notamment en matière
35:20de pédocriminité
35:20dont on ne s'occupe pas
35:22du tout
35:22ni des pédophiles
35:24qui ne veulent pas
35:24devenir des pédocriminels
35:25ni des pédocriminels
35:26qu'on n'écoute pas
35:28qu'on n'entend pas
35:29qu'on n'incarcère pas
35:30qu'on ne cherche pas
35:30sauf quand Gérald Darmanin
35:32deuxième hommage
35:33de la journée
35:35ouvre le tapis
35:36en se faisant haïr
35:36par la moitié
35:37de la magistrature
35:39et pas seulement
35:40il y a ce sujet
35:41qui me laisse
35:42absolument pantois
35:43qu'il n'y a pas
35:45ce n'est toujours pas
35:46devenu un sujet
35:47de campagne
35:48c'est peut-être
35:48de notre responsabilité
35:50également
35:50de poser la question
35:51aux candidats
35:52la pédagogie
35:52et l'art de la répétition
35:53nous sommes d'accord
35:54et c'est de la cohérence
35:55toujours
35:55quand on se répète
35:56généralement
35:57merci Alain Bauer
35:58vous connaissez
35:58David Lissnard
35:59vous avez déjà eu
36:00l'occasion d'échanger
36:00sur un plateau de radio
36:02la semaine dernière
36:03monsieur Lissnard
36:04peut-être
36:06vous avancez
36:07je vous remercie
36:07ah oui vous n'avez jamais
36:08échangé ni dialogué
36:09on a dit qu'on allait se parler
36:10mais on n'a pas eu l'occasion
36:12encore
36:12un rendez-vous qui sera pris
36:14merci Alain Bauer
36:16merci encore
36:16et je rappelle le titre
36:17de votre livre
36:18il faut sauver nos enfants
36:19le livre noir
36:20de la pédocriminalité
36:21en France
36:22et évidemment
36:23c'est une priorité nationale