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00:00Donc, les carburants, le gazole qui doit baisser de 12 à 18 centimes par litre à partir du 1er novembre,
00:04et ça devrait permettre une économie de 8 à 10 euros en moyenne, sur un plein, via la libération des
00:11stocks stratégiques.
00:11Le Premier ministre, Michel-Édouard Leclerc, a annoncé que la libération, ça y est, des 10 millions de barils, pourra
00:16commencer là, ce week-end.
00:17Et concrètement, pour nous, ça sera à partir de quand ? Est-ce que dès que vous achetez moins cher,
00:24nous, ça nous...
00:25Oui. Alors, je pense que ce sera plus que ça, l'écart, au moins à partir du 1er ou du
00:312, selon quand les stations soient ouvertes.
00:35Les écarts seront, à mon avis, entre 10 et 17, 18 centimes du litre.
00:40Pourquoi une telle fourchette aussi large ?
00:42Alors, en fait, ce qu'a choisi, c'était pas ma... Mon idée, c'était de suspendre les certificats d
00:48'énergie.
00:49Ça aurait produit le même effet. Et puis, ça ne touchait pas la dette de l'État.
00:52Là, c'est nous, émetteurs de distributeurs d'énergie fossile, qui avons cette pénalité.
00:58Dans ce qui a été choisi par le gouvernement.
01:00Dans ce qui a été choisi, c'est quand même bien, parce que M. Lecornu était parti que sur des
01:05aides ciblées.
01:06Là, il ouvre. Et d'ailleurs, des aides ciblées qui n'ont pas trouvé preneur tout le temps.
01:12Peut-être avait-il raison de ne pas lâcher trop vite les rênes.
01:14Mais là, donc, on va mélanger du gasoil.
01:2020% de notre gasoil sera 4 fois moins cher que le cours d'aujourd'hui.
01:24Et 80% sera au cours d'aujourd'hui.
01:26On a 3 mois...
01:26C'est-à-dire que les stocks moins chers vont être noyés dans les stocks plus chers ?
01:29Ouais, ouais. Donc, c'est sioux.
01:30Pour faire une moyenne.
01:31Ouais.
01:32Ce qui permet, effectivement, d'obtenir un prix en baisse.
01:35Oui, mais pardonnez-moi.
01:36Moi, j'attends en monnaie sonnante et trébuchante.
01:38C'est-à-dire que l'impact, quand même, de ce qu'a annoncé le gouvernement, c'est...
01:42Entre 10 et 17 centimes, entre 10 et 18 centimes, le jour où on le fait.
01:47À partir de... Donc, je vous jure, d'abord que...
01:50Ah oui, tous les distributeurs se sont bien engagés.
01:51Oui, oui, on s'est engagés.
01:53À l'euro près.
01:54Alors, nous, on est prêts.
01:55Mais l'arrêté, à ma connaissance, ça va y avoir 2 heures, 3 heures.
01:58Je n'avais pas vu encore l'arrêté qui nous disait ce qu'on pouvait faire.
02:01Mais en tout cas, je vous jure que les centres Leclerc, dès qu'ils achètent moins cher,
02:06aux centimes de litres, aux centimes d'euros, on répercutera aux consommateurs cette différence.
02:13Simplement, il faut voir que cette différence, c'est par rapport à un cours qui est celui d'aujourd'hui.
02:18Donc, si demain, le prix du gasoil sur une injonction de Trump remontait,
02:25alors là, l'écart serait grand, encore plus grand.
02:28Et si, par contre, le gasoil descendait, le pas cher dans du carburant qui est encore moins cher,
02:36ça se verra moins à l'écart.
02:38Mais c'est une bonne idée, parce que, de toute façon...
02:41Oui, mais on sent que vous dites que c'est quand même limité.
02:43Mais c'est compliqué.
02:44Oui, donc limité.
02:46Très fragile.
02:47C'est 10 à 18 centimes.
02:48Oui, oui, c'est fragile, oui.
02:48Mais bon, attendez.
02:52Au moins, on a le mérite de faire quelque chose.
02:53Michel-Édouard Leclerc, c'est un produit d'appel, le carburant.
02:56Est-ce que vous avez noté ?
02:58Tout le monde dit ça, ça fait 40 ans que j'entends ça.
03:00C'est un produit de nécessité.
03:02C'est un produit de nécessité, mais c'est aussi un produit d'appel,
03:04parce que lorsque les automobilistes viennent chez vous faire leur plein de carburant,
03:09ils en profitent également pour faire leur course chez vous.
03:11C'est pour cela qu'on dit que c'est un produit d'appel.
03:14Est-ce que vous avez noté une baisse de la consommation dans vos magasins
03:18depuis cette flambée des prix des carburants ?
03:20Baisse de la consommation, un petit peu.
03:22Mais moi, je ne le lis pas forcément au carburant.
03:25Il y a baisse de vente de carburant, puisque c'est Total qui a raflé la mise.
03:28Il n'y a que lui qui peut faire.
03:30Il ne vend pas à perte, mais il a un dispositif qui fait que...
03:34Parce qu'il est raffineur et il est ce qui lui permet de...
03:36On ne peut pas le suivre et on ne va pas faire de procédure,
03:38ce n'est pas le moment.
03:39Et puis que les Français en profitent là où il y a du Total.
03:41Mais nous, on ne peut pas suivre ça.
03:44Mais c'est simplement qu'effectivement, moi, je crois que l'État,
03:48à un moment donné, il va falloir qu'il rechange un peu ses modalités de calcul.
03:52Aujourd'hui, on dit que l'État n'a pas les moyens de baisser les taxes sur les carburants.
03:57Mais à un moment donné, ça plombe tellement le budget des ménages et des foyers
04:01que ça va aussi empêcher les recettes de TVA sur la consommation.
04:07Je suis en train de dire qu'ils vont devoir arriver à cette...
04:09Si ça dure, je suis persuadé qu'on sera obligé de trouver un autre système.
04:13Alors, Leclerc est allié avec des groupes italiens,
04:17les coopératives italiennes, Copitalia.
04:19On est allié à l'international avec le groupe Réveux Allemagne ou à Old Lez,
04:23qui est aussi aux États-Unis, mais on a une centrale d'achat commune.
04:27On regarde ensemble.
04:28Et le carburant, on l'achète avec système U, mais avec coopérative U.
04:31Mais on voit bien que dans les autres pays, il y a cette même réflexion.
04:36Le plus terrible serait la récession.
04:39Le plus terrible serait la panne de croissance.
04:41Donc, à un moment donné, la position du gouvernement est légitime.
04:45On arrête de filer du fric n'importe comment.
04:48C'était pareil pour ma prime Rénov' et tout ça.
04:50Ce n'était pas suffisamment clair.
04:52Mais là, on va prendre cette baisse.
04:56Vous nous dites qu'on pourra...
04:58Ce week-end.
04:59D'accord.
05:00Ça sera répercuté ce week-end.
05:01Dès qu'on remplit la cuve.
05:03Oui, très contrairement.
05:04Alors, nous, on a certains magasins qui sont fermés le dimanche.
05:07On va dire dès lundi.
05:09Et pour la plupart, dès le dimanche, d'ailleurs, normalement, ça va...
05:13Pas de problème de rupture dans les stations ?
05:14Parce que j'ai vu là, en pleine vacances de la Toussaint,
05:17ce sont 2600 stations qui présentent au moins une rupture temporaire,
05:19près de 700, une rupture de tous les carburants.
05:21Ce sont plutôt des problèmes d'approvisionnement.
05:23Parce qu'effectivement, départ en vacances, donc, il y a beaucoup plus...
05:27Tout le monde se rupe.
05:28Exactement.
05:28Et puis surtout, effectivement, on essaie de faire le plein là, dans les stations, c'est le moins cher.
05:32Et sans le jouer technique, vous voyez, le carburant, ça se transporte.
05:36Et donc, quand il y a de l'eau dans le Rhin et le Rhône, c'est par barge.
05:39Là, il y avait...
05:40Maintenant, il pleut, mais il n'y avait pas suffisamment de niveau d'eau.
05:42Donc, on était obligé d'approvisionner par camion.
05:45Donc, il faut partir de dépôts différents.
05:47Pour approvisionner Toulouse, c'est par train.
05:49Nous, notre gasoil, il vient des États-Unis.
05:51Vous voyez aussi...
05:54Avant, ça venait plutôt du Proche-Orient.
05:57Aujourd'hui, c'est des États-Unis.
05:58Ça venait de Russie aussi.
05:59Et donc, aujourd'hui, c'est des États-Unis.
06:00On va en parler, parce que pour certains pays européens, ça n'a pas changé.
06:04On va en parler, parce que la solidarité européenne, on ne la voit pas.
06:06Mais je voudrais...
06:07Non, non, on fait cavalier seul.
06:08C'est pour ça qu'il faut aussi que les Français se rendent compte que ce n'est pas simplement
06:12notre gouvernement.
06:14Il faut savoir que tous les pays d'Europe du Nord, ils gagnent plein de fric.
06:17Et les fonds souverains et tout ça, dans l'exploitation des gisements de gaz en mer du Nord.
06:23Et l'Allemagne continue d'acheter, si je me souviens bien, 25% de son gaz en Russie.
06:27Oui, jusqu'au 1er janvier.
06:30Oui, enfin, donc jusqu'à aujourd'hui.
06:31Oui, tout à fait.
06:34Moi, je pense qu'on a eu raison vis-à-vis de l'Ukraine et tout ça, de jouer plus
06:38la vertu que la compromission.
06:40Mais c'est vrai que nos collègues européens, il faudrait peut-être un peu les réveiller.
06:47Total Énergie, est-ce qu'il faudrait le réveiller ?
06:49Parce qu'il est très réveillé au niveau de ses bénéfices.
06:51Il s'apprête à publier des bénéfices encore plus énormes qu'au trimestre précédent.
06:55Peut-être, est-ce que vous en réjouissez ? Je ne sais pas.
06:57Total essaie de déminer la situation d'ailleurs en rappelant à Michel-Édouard Leclerc le rôle de son plafonnement des
07:02prix dans la protection du pouvoir d'achat.
07:05La polémique est un peu partie.
07:07Est-ce que ça vous choque ?
07:08Ou est-ce que c'est légitime quand même de se dire ?
07:12Ça me gratouille, ça me chatouille.
07:13On s'en vient, oui.
07:16Monsieur Pouyanné est très fort, mais je partirais bien bretter un peu avec lui.
07:23Mais en fait, ça n'arrangerait pas l'histoire des Français.
07:24Donc, ce n'est pas dans le juridique qu'on va faire ça.
07:27Il faut arriver à trouver.
07:29Nous, ce que nous faisons dans nos Français...
07:31Mais ça vous chatouille, ça vous gratouille quand même ?
07:33Oui, oui.
07:34Oui, je ne peux pas m'aligner.
07:37C'est en même temps mon fournisseur, il y a quelque chose de bizarre.
07:40Qu'est-ce que Total aurait pu faire par rapport au distributeur ?
07:43Est-ce qu'il aurait pu vous vendre du carburant moins cher, par exemple ?
07:47J'ai tiré un trait, d'accord ?
07:48Les polémiques, ça n'apporte rien aux Français, aux consommateurs français.
07:51C'est comme certaines polémiques politiques, ils peuvent y aller, ça n'apporte rien.
07:55Moi, je suis un homme d'action, je veux du positif.
07:57Je crois, avec un peu de volonté, qu'on peut quand même sortir de ça.
08:00Et par exemple, ce que nous faisons chez Leclerc en ce moment,
08:03mais c'est pareil, on bagarre dur sportivement, honnêtement et loyalement
08:08avec les autres distributeurs.
08:10Mais on essaye de compenser par des baisses de prix sur le panier moyen,
08:13sur le caddie, ce qu'on ne peut pas donner sur les carburants.
08:16Vous voyez, c'est déjà...
08:17Et c'est ce qui fait que nos magasins, quand même,
08:20prennent des parts de marché encore.
08:23En tout cas, 180 000 salariés.
08:28Nous, les anciens de Landerneau, les anciens de Provence,
08:31on est devenu le premier distributeur français.
08:33Mais aujourd'hui, on est aussi le premier voyagiste.
08:37On est le premier loueur de voitures.
08:39On joue l'électrique à fond.
08:41Et puis, la recharge électrique, ça devient notre totem.
08:46Vous appellerez ça, vous appellerez ça,
08:47vous appellerez ça, vous appellerez ça.
08:480,17 la recharge électrique.
08:49C'est quand même, aujourd'hui, l'entrée dans une nouvelle ère.
08:53Moi, j'ai commencé ma carrière, ma vie dans les centres Leclerc,
08:56en inventant le totem avec le prix des carburants.
08:59Vous voyez, c'est le seul prix de l'hypermarché qui est affiché à l'extérieur.
09:02Aujourd'hui, les prix de l'hypermarché sont affichés aussi sur les drives et sur Internet.
09:06Mais quand même, la borne électrique, la borne de recharge,
09:09Lidl, c'est du coup, nous, on est à 0,17, Lidl est à 0,18.
09:13La comparaison, on peut l'avoir en direct.
09:16Parlons de l'inflation, Michel-Edouard Leclerc, et là, le moral des ménages en a pris un sacré coup.
09:21La proportion des ménages, jugeant que les prix ont fortement augmenté au cours des 12 dernières mois,
09:25a nettement progressé.
09:26Vous aviez prédit, me semble-t-il, que l'inflation pourrait frôler les 4% d'ici à l'année.
09:32Là, on y va, j'espère que ça.
09:33En plus, les industriels, quelle que soit la légitimité de leur discours sur l'augmentation des coûts,
09:43d'énergie, de transport, je trouve ça, mais franchement, assez con d'aller dire qu'on va augmenter les prix.
09:49Un commerçant ne dit pas, venez voir mes oranges plus chères.
09:53Je fais allusion à un sketch vieux de la génération précédente de Fernand Rénaud.
09:57C'est même leur intérêt de dire qu'ils vont faire leur maximum pour qu'il n'y ait pas
10:01une répercussion trop inflationniste.
10:03Donc nous, en tout cas, distributeurs, on l'a manifesté collectivement.
10:06Vous vous étalez dans le temps ?
10:09Les petites entreprises, on comprend très bien.
10:12D'ailleurs, on connaît leurs coûts de transport.
10:13On a les mêmes transporteurs.
10:14Nous-mêmes, on a ces coûts-là.
10:16On les connaît.
10:16Donc, ce n'est pas de problème pour un traitement différencié.
10:19Les produits agricoles, pareil.
10:21On sait bien les effets de la sécheresse.
10:23De toute façon, nous n'avons pas légalement le droit de contester l'augmentation de la matière première agricole.
10:30On applique.
10:31Par contre, les multinationales qui n'ont jamais sorti des résultats aussi fabuleux,
10:37proportionnellement, c'est autant que Total,
10:39les grandes multinationales, on va leur demander, on va négocier durement,
10:43on va leur demander de lisser l'augmentation de leurs coûts sur l'année prochaine, tranquillement,
10:48et pas de taper les consommateurs comme on a connu pendant l'Ukraine ou comme on a connu pendant le
10:54Covid.
10:54Vous ne dites pas de hausse des prix dans les magasins Leclerc d'ici à la fin de l'année
10:57?
10:58Non, il y a des hausses, ne serait-ce que sur les produits frais, tout ça.
11:01Quels produits sont éparés ?
11:02Non, mais en gros, si vous voulez, nous, les jouets de Noël, on a acheté déjà.
11:08Donc après, il va y avoir ce qui n'est pas arrivé en France,
11:12et qui est encore, par exemple, par bateau ou par conteneur,
11:15il y a des augmentations de coûts de transport.
11:17Mais c'est assez mineur souvent dans...
11:20La papeterie a augmenté aussi, parce que je pense que...
11:23C'est quand même cadeau jouet de Noël, ça, ça va rester à prix.
11:26Je pense que ce ne sera pas trop inflationniste.
11:28Je pense qu'il y aura des belles choses.
11:29Je ne parle pas des licences.
11:30Les licences, enfin, tous les jouets qui se rattachent à un film, à Walt Disney...
11:37Mais tout ça, il faut expliquer aussi à nos téléspectateurs,
11:39c'est qu'en fait, tous ces produits ont été achetés il y a un an maintenant,
11:42donc à un prix qui était beaucoup plus faible,
11:44et que finalement, les prochaines négociations vont concerner,
11:47non pas Noël 2026, mais bien Noël 2027.
11:50Et là, pour le coup, il faudra s'attendre à une certaine...
11:54inflation.
11:54Et puis, concernant les produits transformés,
11:57parce que vous parliez des produits frais,
11:58effectivement, on l'a bien vu, vous avez parlé de la sécheresse,
12:02des difficultés des agriculteurs aujourd'hui pour nourrir leur bétail,
12:06mais on va surtout avoir une très forte inflation
12:10au regard de tout ce qu'on a vécu ces derniers mois,
12:12à partir du mois de mars,
12:13parce qu'il y a une négociation qui va commencer à partir du 1er décembre.
12:17Très forte, à quel niveau ?
12:18Alors que là, on est déjà à des niveaux...
12:20Et bien sûr, sur certains produits,
12:22quand certains industriels demandent des hausses entre 5 et 10 %.
12:26Oui, oui, oui.
12:28Moi, j'ai la même réaction que vous.
12:29Alors, écoutez, moi, j'ai été personnellement très choqué
12:33dans la période Covid et Ukraine,
12:35d'avoir eu à encaisser,
12:38enfin, à subir,
12:39ou à faire subir à nos consommateurs
12:41des hausses au prix des pâtes, vous vous rappelez,
12:42de 36 %, l'huile de tournesol et tout ça.
12:45Et donc, on ne va pas nous refaire le coup.
12:47Donc, ça, avec les grandes entreprises,
12:50on dit multinationales, c'est quand même des belles marques,
12:52je ne dis pas le contraire.
12:52Donc, je comprends que Lactalis, Nestlé, Danone,
12:56les bouteilles de lait, ça a coûté plus cher à fabriquer,
12:59la plasturgie, le PET, tout ça.
13:00La matière première aussi.
13:02La matière première.
13:02Le lait, notamment.
13:04Le lait, il a baissé.
13:05Donc, vous voyez, c'est même un sujet
13:07en sens inverse pour les éleveurs.
13:10Mais donc, toutes ces grandes boîtes,
13:12alors, c'est intéressant d'être allié
13:14avec d'autres Européens,
13:15parce que, du coup, on voit que les fournisseurs
13:18tentent des politiques nationales tarifaires différenciées.
13:22Alors que là, nous, avec notre centrale d'achat européenne,
13:24on peut comparer, et on a le droit de le comparer.
13:26Et du coup, on va faire profiter les consommateurs
13:28des meilleurs prix européens,
13:29des meilleures négociations européennes.
13:30D'accord. Et dans les magasins, Michel-Édouard,
13:32si vous deviez décrire les plus grands changements,
13:34véritablement, de comportement,
13:37ce serait quoi ?
13:37Quelle évolution vous a marqué votre regard à vous ?
13:40Ça fait quand même une expérience de quelques années.
13:42Vous voulez dire que j'ai un peu de bouteille ?
13:44Oui, c'est ça.
13:44Beaucoup d'expérience, évidemment.
13:46C'est vrai, j'ai presque 50 ans de métier.
13:51Le premier constat, c'est que la part de l'alimentaire
13:55dans les dépenses moyennes des ménages,
13:56elle a beaucoup diminué.
13:57Quand je suis rentré dans la distribution,
14:00c'était jusqu'à 25%.
14:01Aujourd'hui, c'est 12,8%.
14:03Alors, attention,
14:04les personnes à faible, à revenu modeste,
14:08proportionnellement,
14:09c'est beaucoup plus.
14:10C'est pour ça qu'ils sont sensibles
14:12à l'inflation alimentaire.
14:13Ce qui est nouveau,
14:14c'est le développement des services.
14:15Donc, je vous parlais des voyages,
14:17je vous parlais des locations.
14:20Alors, dans le portefeuille des ménages,
14:21et indépendamment de ce que nous,
14:22nous commercialisons dans les hypermarchés et autres,
14:25c'est le logement qui est aujourd'hui le premier poste.
14:27Et les dépenses contraintes.
14:28C'est beaucoup de dépenses contraintes.
14:29Et beaucoup de dépenses qu'on n'aurait imaginé pas contraintes,
14:32par exemple, les abonnements à Netflix,
14:34les abonnements à Molotov,
14:35sur lesquels on regarde BFM et tout ça.
14:37Aujourd'hui, c'est presque 800 euros par foyer, par an.
14:41Donc, vous voyez, c'est quand même beaucoup.
14:43Et chez certains, c'est vraiment beaucoup.
14:45Et ça, on nous dit souvent,
14:47« Oui, oui, mais ce n'est pas une dépense contrainte
14:49que de regarder Netflix. »
14:51Oui, mais dans ma génération,
14:53des gosses au lycée ont discuté du film qu'on avait vu
14:56dans la salle de cinéma.
14:58Aujourd'hui, le contenu de ce qu'on va voir
15:01et sur lequel on s'abonne, peu importe les chaînes,
15:04participe de la vie sociale.
15:05Et donc, un enfant, un adulte, un adolescent,
15:09qui n'aurait pas eu accès à ça,
15:11il est discriminé.
15:12Aujourd'hui, les familles considèrent
15:14que ce sont des dépenses pas super fêtatoires.
15:16Tout à fait.
15:17Donc, des dépenses de plus en plus contraintes
15:19parce qu'on a besoin, d'ailleurs,
15:21dans notre manière de vivre,
15:23pas seulement pour vivre, pour manger.
15:25Et en même temps, Michel-Édouard Leclerc,
15:27des salaires qui stagnent,
15:28une inflation qui frappe fort.
15:30Vous nous avez commencé tout à l'heure en disant
15:32« Mais ça va aller, il faut un discours. »
15:34Mais là, à part un discours de sang et des larmes,
15:36qu'est-ce qu'on peut dire ?
15:37Rassurez-nous, qu'est-ce qu'on peut dire ?
15:39Moi, je pense...
15:40Alors, c'était une discussion que j'ai eue avec François Hollande
15:42et que j'ai eue aussi avec Attal
15:45ou avec M. Linard,
15:46le maire de Cannes,
15:48c'est qu'il faut sortir un petit peu
15:52des discours idéologiques.
15:54Aujourd'hui, le salarié,
15:57l'emploi humain,
15:59l'employé humain,
16:00il est concurrencé par des robots
16:02qui payent pas de cotisations sociales,
16:04par du numérique,
16:05par de l'IA.
16:06D'accord ?
16:07Et donc, en plus d'un vieillissement démographique en France,
16:11donc, les gens...
16:12Si tout le système social repose uniquement sur les cotisations
16:17du travail humain,
16:19ça va pas le faire.
16:20Et donc, on est à l'inverse des films de science-fiction
16:23où les robots sont censés travailler pour nous,
16:25là, on va travailler pour la robotisation.
16:26Il faut augmenter les salaires, donc ?
16:29Oui, il faut...
16:29Moi, je trouve que la bonne expression,
16:31c'est remettre le salaire net au niveau du salaire brut.
16:34Je sais plus combien...
16:35Diminuer les cotisations.
16:36Il y a 20-23% de cotisations sociales.
16:39Tout n'est pas vraiment une cotisation du même régime.
16:41Pour relancer la consommation.
16:42On dirait, sur 5 ans, sur 6 ans,
16:45vous voyez la poche que ça représente.
16:47On la transfère sur le numérique,
16:50sur les opérations de service,
16:52sur des dépenses qui ne sont pas contraintes,
16:54qui ont déjà de la TVA à 20,
16:55ou choisir entre un hôtel 2 étoiles ou 3 étoiles,
16:59ou un iPhone à 800...
17:01Enfin, il n'y en a plus à 800, ils sont à 1 000.
17:03Vous voyez...
17:04En moyenne, un salarié chez Leclerc,
17:05il gagne combien en début de carrière ?
17:08En début de carrière, il commence à SMIC plus 10.
17:11On est quand même l'enseigne qui est la plus militante
17:15sur l'intéressement et la participation.
17:16C'est pour ça qu'on était contre le forfait supplémentaire.
17:22Tout entrepreneur sous l'enseigne Leclerc
17:24doit donner, dès le premier bénéfice,
17:2625% de ses profits
17:28sous forme d'intéressement, de participation aux salariés.
17:33Et je note, dans le débat public et politique,
17:35ce que vous semblez dire,
17:36c'est que les salaires supportent trop de charges,
17:37que le travail ne paye plus en France.
17:39Il faut que le travail paye.
17:41Ce n'est pas simplement de travailler plus
17:42pour gagner plus.
17:43C'est juste que quand je travaille bien,
17:45il faut que je puisse, avec mon salaire...
17:47Attention, c'est un slogan présidentiel.
17:49Oui, oui, oui.
17:50Travailler bien pour gagner plus.
17:53Vivre de son travail.
17:54Mais déjà, vivre de son travail...
17:55Souvenez-vous les agriculteurs.
17:56C'était leur démarche lorsqu'ils ont manifesté.
17:59Pourtant, vous voyez,
18:00les agriculteurs sont des patrons.
18:01La FNSEA, c'est un syndicat de patrons.
18:03Et donc, aujourd'hui,
18:04c'est pour ça que je me sens plus entrepreneur que patron.
18:08Je pense qu'il faut que nos collaborateurs
18:11puissent, en grandissant dans l'entreprise,
18:14s'acheter un logement,
18:15que le banquier ne dise pas,
18:16il faut 10 ans de salaire, mais 5 ans de salaire.
18:18Il faut qu'il y ait une perspective.
18:19Ça suppose aussi, peut-être,
18:20de revoir la législation entre CDD et CDI
18:23et regarder plutôt les perspectives de chacun.
18:27Mais ça dit aussi,
18:28c'est important de résoudre ce problème salarial,
18:33sortir de la trappe à bas salaire.
18:35Et du coup, ça résout aussi
18:37une partie du problème étudiant,
18:39une problème de l'emploi des étudiants.
18:41Que ce soit les étudiants qui veulent partir
18:42en apprentissage, en formation, en alternance,
18:45ce serait beaucoup plus sécurisant
18:46d'avoir cette perspective,
18:47indépendamment que de gagner de l'argent.
18:50Et puis, pour notre économie,
18:53c'est quand même recréer
18:55une dynamique sociale
18:57qu'on ne sent même pas portée
19:00ni par la gauche ni par la droite.
19:02Mais c'est exact.
19:03C'était ma question.
19:04Je dis, mais vous lisez,
19:05vous regardez attentivement
19:06les programmes économiques des uns et des autres.
19:08Oui.
19:09Ce discours, je l'ai rarement
19:11vraiment entendu, en tous les cas,
19:12porté de cette manière-là.
19:15Ni du côté...
19:16Peut-être que vous êtes plutôt côté droite
19:18social ?
19:18Moi, j'ai été élevé
19:20dans la social-démocratie.
19:21J'étais aux Amis de la Terre.
19:24J'ai été apporter mon corps
19:25morand mazouté
19:26de la Moko Cadiz
19:27au siège de la Chelle
19:28avec Brice Lalonde.
19:30Vous n'avez pas connu,
19:31vous êtes trop jeune.
19:32Pardon,
19:33c'est un peu condescendant,
19:34mais je me sens impliqué
19:36dans la société.
19:37Et d'ailleurs,
19:38cette popularité,
19:39cette notoriété
19:39que vous me permettez
19:41d'acquérir,
19:42je veux la mettre
19:42au service de ça.
19:43Moi, je trouve que
19:44quand on s'appelle Leclerc,
19:45on a une mission.
19:46Vous parlez d'une forme d'engagement.
19:47Vous voulez accompagner
19:48le débat politique.
19:49Et donc,
19:49puisqu'on m'attribue
19:50un rôle politique,
19:51je ne cherche pas
19:51à aller dans la représentation politique,
19:53mais dans l'action.
19:54Et donc,
19:55à nourrir à travers des engagements.
19:56Par exemple,
19:57avec mes collègues de Leclerc,
19:58on est parti sur Leclerc 2035,
20:01moitié moins d'émissions de carbone.
20:02On n'a pas de modèle économique.
20:04Les charges électriques et tout.
20:05On n'a pas de modèle économique.
20:07C'est sûr qu'aujourd'hui,
20:07on discute de coûts d'électricité.
20:10Mais ce que l'argent gagnait,
20:11ce que l'État gagnait
20:12sur le carburant,
20:14il va bien nous mettre une taxe après
20:15quand tout sera électrique.
20:16Mais si vous deviez vous adresser,
20:17Michel,
20:18imaginons,
20:18la caméra est là,
20:19vous devez vous adresser
20:20aux plus jeunes.
20:21On voit bien qu'il y a vraiment
20:22une génération qui se lève
20:23et qui a de véritables angoisses.
20:25Les jeunes, aujourd'hui,
20:27ils voient aussi
20:27ce qui se passe dans leur famille.
20:29Oui.
20:29Et ils peuvent légitimement
20:30se demander si un jour
20:31ils toucheront une retraite.
20:32Et en même temps,
20:33à leurs parents ou aux grands-parents,
20:34on leur dit
20:34il va falloir casquer.
20:36Tout ce que vous avez accumulé là,
20:38le fruit de votre...
20:39Eh bien, c'est maintenant
20:40qu'il faut faire un effort
20:40d'un côté et de l'autre.
20:42La tenaille entre les deux.
20:43Qu'est-ce qu'on dit ?
20:44L'effort,
20:45c'est ma génération
20:46qui ne l'a pas fait,
20:47qui ne l'a pas proposé.
20:48D'accord ?
20:49Et même en tant que parents,
20:50on a un peu idéalisé
20:53le fait que l'État
20:54allait s'occuper de nos enfants,
20:56éducation, retraite, etc.
20:57Donc, il faut sortir de ce...
21:00L'État ne peut plus tout du tout.
21:01Il faut que l'État revienne
21:02sur le régalien,
21:03la sécurité, etc.
21:04Il faut aussi
21:04qu'on décentralise tout ça
21:06parce que quand Paris est bloqué,
21:08nous, en province,
21:10on discute toujours
21:11du stade de foot à Brest
21:12ou du repeuplement des Landes.
21:13Donc, Paris n'est pas la France, quoi.
21:16C'est un peu con à dire comme ça.
21:18C'est un peu bête
21:19à dire comme ça.
21:19Il faut le rappeler.
21:21Et donc, aujourd'hui,
21:22il faut laisser les régions
21:24trouver leur rythme,
21:26peut-être un programme éducatif différent,
21:28un rapport...
21:29Il faut remettre
21:30ce que n'avait pas fait Macron.
21:32Il faut remettre
21:33des corps intermédiaires
21:34en situation de dialoguer,
21:36faire écran aussi.
21:36Il faut décentraliser.
21:37Il faut décentraliser.
21:38Dans un pays extrêmement centralisateur
21:40qui veut tout garder, etc.
21:42Je crois que vous serez d'ailleurs demain
21:43présent au salon des...
21:45Ou bientôt ?
21:45Au salon des maires ?
21:46Oui.
21:47C'est vraiment...
21:47On sera présent au salon des maires
21:49parce que pour nous,
21:50les maires, aujourd'hui,
21:51sont des élus incontestés,
21:53transparents.
21:54Et alors, pour le coup,
21:55on n'est pas dans la querelle budgétaire
21:56parce que même s'il y a des difficultés
21:57à établir les budgets,
21:58les municipalités sont en équilibre.
22:01Les collectivités sont en équilibre.
22:02C'est la loi qui le veut.
22:04Et donc, aujourd'hui,
22:04on peut parler de fonds
22:05avec les élus locaux
22:06alors qu'aujourd'hui,
22:08avec les élus nationaux,
22:10sortant du débat budgétaire,
22:11il faudrait parler
22:12d'un grand plan logement.
22:14Pourquoi laisser ça
22:14à des oppositions ?
22:16Il faut le faire.
22:17Il faut créer un fonds souverain
22:18pour développer.
22:18Il manque 2,5 millions
22:20de logements en France.
22:21Ce qui manque,
22:22c'est un marché à apprendre.
22:23D'accord ?
22:24C'est le marchand qui le dit,
22:25mais c'est comme ça.
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