00:00Alors Aliénor Pompignon, vous êtes l'auteur de l'enquête pour Boulevard Voltaire.
00:06Cela intervient dans quel contexte particulièrement à Rouen ?
00:10Parce que lorsqu'on entend Tanguy s'exprimer, c'était comme s'ils étaient poursuivis, pourchassés, ciblés.
00:18Il dit peut-être que non, mais comme s'ils étaient à la recherche de ce genre de profil.
00:22Tanguy a tout à fait raison, parce qu'en fait, au-delà du fait que ça arrive très souvent le
00:27samedi soir
00:28de voir des bandes zonées en attendant la bagarre, ça fait trois semaines qu'il y a une tension qui
00:34monte à Rouen.
00:35Et particulièrement depuis une semaine, où des appels à aller attaquer des fachos,
00:41des appels à la ratonnade venue des cités aux alentours de Rouen, sont diffusés sur les réseaux sociaux, sur Snapchat.
00:49Donc des appels au lynchage de fachos sur les réseaux sociaux et à Rouen précisément.
00:53Exactement, à Rouen précisément.
00:55En toute impunité.
00:56Bien sûr, et moi j'ai pu voir des captures d'écran, de snaps, de tweets, de commentaires, etc.
01:04où on dit on va leur faire la peau.
01:07Pourquoi ? Parce que depuis les émeutes lycéennes, il y a des affrontements de casseurs
01:14qui viennent embêter les commerçants.
01:18Ces commerçants se font défendre par des militants qui ont le courage d'aller tenir la ligne.
01:28Et en représailles, on appelle à aller leur casser la figure.
01:34Et alors, de fait, comme le disaient Tanguy et ses amis à leurs agresseurs, on n'est pas fachos, on
01:43est catholiques.
01:44Mais en fait, pour les personnes en face, il n'y a pas de différence.
01:46Ils ont des chaussures en cuir, des bérets, c'est des fachos.
01:49Et de toute façon, on nous a dit qu'on pouvait aller casser du facho.
01:52Peu importe qui se trouve sur notre route, on y va.
01:54Oui, Tanguy, je donne la parole dans un instant pour comprendre effectivement
02:00comment est-ce qu'en toute impunité, on peut encourager par les réseaux sociaux
02:05à aller lyncher des fachos.
02:07Tanguy, vous avez eu ce sentiment effectivement que ça répondait finalement
02:12à une sorte d'appel à lyncher des fachos, vu la vitesse de réaction ?
02:16En tout cas, oui, on a senti que c'était prémédité et qu'ils étaient habitués.
02:22Et d'ailleurs, le personnel de l'hôpital qui a reçu quatre de mes amis le soir même
02:27disait qu'on en reçoit tous les soirs.