00:00Christine Kelly et vous.
00:01Il y a 12h18 sur Europe 1, vous pouvez échanger et interroger notre invité Gilles Platret,
00:05Merdi vers droite de Chalons-sur-Saône.
00:07Christine ?
00:07Oui, on va le faire réagir à cet auditeur qui a appelé il y a quelques instants
00:11et qui dit que l'affaire Jordan Bardella, on est dans une ère de communication,
00:15le timing interroge, il faut une démocratie directe, il faut sortir de l'Europe,
00:19il faut revoir la Constitution.
00:20Gilles Platret, que répondez-vous à cet auditeur qui a appelé à Europe 1 ?
00:24Je ne suis pas sûr que je le suivrais partout sur il faut sortir de l'Europe.
00:27Je pense que dans l'état de faiblesse de nos finances publiques aujourd'hui,
00:30si on veut mettre le pays par terre et avoir une attaque en règle des marchés sur notre dette,
00:35on n'a qu'à effectivement sortir de l'Europe.
00:36Donc je pense que c'est le pire moment, c'est le pire moment.
00:38Par contre, équilibrer le pouvoir de la France en Europe,
00:41c'est un sujet sur lequel je veux bien débattre,
00:44parce que je pense que nous sommes aujourd'hui plus maltraités que bien traités dans le continent,
00:48mais en tout cas je ne vois pas du tout d'issue dans une sortie de l'Union Européenne.
00:51Je le dis très concrètement, je ne suis pas partisan du Frexit.
00:53Même si on est dans une situation pire que la Grèce ?
00:56En fait, je pense vraiment, et ce que je crois entendre, comprendre,
01:01chez cet électeur qui se dit patriote,
01:03c'est l'insatisfaction de voir un système politique à bout de souffle.
01:08Je crois que le sentiment qu'il exprime, c'est le sentiment d'une très large majorité de Français.
01:13Aujourd'hui, nous avons une classe politique qui est à bout de souffle.
01:16C'est déjà arrivé dans l'histoire.
01:18Je regarde toujours un peu les choses avec mon avis historien.
01:21Vous faites partie de cette classe politique, mettez-vous bien dedans quand même !
01:25Mais je ne m'accepte pas du tout de cela.
01:27Simplement, on peut aussi avoir un regard lucide sur ce qui se passe.
01:30Et je crois très honnêtement que notre classe politique, dans son ensemble,
01:34ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de belles individualités,
01:36avec des gens qui ont des idées intéressantes.
01:38Mais dans son ensemble, la classe politique aujourd'hui est frappée par une maladie terrible
01:43qui s'appelle la lâcheté.
01:44Les décisions importantes qui auraient dû être prises dans ce pays depuis longtemps
01:47ne l'ont pas été.
01:48Et surtout, on a cautionné les mauvaises décisions qu'on a prises
01:51depuis les années 70 sur le plan budgétaire, sur le plan sécuritaire, sur le plan migratoire.
01:56Et en réalité, personne ne remet en cause ceci.
01:59Donc oui, il y a une insatisfaction, mais une volonté, et je l'entends,
02:01quand on dit pour redonner la parole au peuple,
02:03c'est surtout qu'on veut aussi changer la classe politique.
02:06C'est qu'on n'en peut plus, on étouffe en réalité.
02:09Donc mettez-moi dans le lot, puisque je suis élu maintenant depuis 12 ans,
02:12mais je l'ai fait avec un franc-parler qui m'a toujours caractérisé.
02:17Donc je le dis aujourd'hui, nous n'avons pas une classe politique à la hauteur de la France.
02:20Elle n'est pas à la hauteur de la France.
02:22Et surtout, c'est une classe politique qui, par démagogie et lâcheté,
02:26ne prend pas les décisions pour sortir le pays,
02:29non pas de la crise, mais des crises qu'il est en train d'affronter
02:32et qui sont en train de le submerger.
02:34La violence, l'immigration, l'islamisme, le désordre financier et budgétaire,
02:40les mesures absolument terribles qui vont être annoncées demain en Conseil des ministres.
02:44Parce qu'évidemment, on ne pourra pas faire,
02:46enfin demain c'est même aujourd'hui d'ailleurs,
02:47on ne pourra pas faire autrement sur ce sujet,
02:50parce qu'on a mis la France par terre.
02:52Voilà ce qui est aujourd'hui la source de l'insatisfaction légitime de nos concitoyens.
02:57Gilles Platré, en direct sur Europe 1, maire d'hiver droite de Châlons-sur-Saône,
03:01avant de donner la parole à Gabriel Cluzel et Mickaël,
03:04qui nous appellent de l'Ordre-Atlantique.
03:05J'entends bien ce que vous dites.
03:07Effectivement, contre les hommes politiques,
03:08on a des hommes politiques qui sont dans une ère de lâcheté.
03:11On a par exemple, je me mets à la place par exemple des auditeurs qui appellent,
03:15et celui qui nous a interpellé tout à l'heure,
03:17et on est dans une époque où le RN n'a jamais été au pouvoir.
03:21Et les gens, je ne sais pas, on les entend tous les jours,
03:23les auditeurs d'Europe 1 qui disent,
03:25« Bon, moi si je veux voter RN, c'est parce qu'ils n'ont jamais été au pouvoir. »
03:28Justement, les hommes politiques sont tellement lâches aujourd'hui,
03:31eux, ils ont peut-être du courage,
03:32et on est en train de voir cette bombe atomique,
03:36pour reprendre l'expression des auditeurs d'Europe 1,
03:39pour tuer, avant même qu'ils n'accèdent au pouvoir,
03:42ceux qui pourraient avoir une éventuelle, peut-être, auréole de non lâcheté.
03:46Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.
03:47Oui, je vois bien.
03:48Je voudrais simplement dire une chose,
03:50alors là, pour le coup, je peux le dire très librement,
03:52qu'on ne fasse pas une confiance à bugle aux partis politiques.
03:55Je ne connais pas...
03:56Je n'ai pas dit ça, je dis que les auditeurs se disent
03:58qu'ils vont vers le Rassemblement National,
04:00parce qu'ils se disent, en reprenant vos propos,
04:02pardon, j'ai le plâtré,
04:03ils se disent qu'on a des politiques lâches,
04:06on a des politiques qui ont tout,
04:07on a eu tous les partis au pouvoir,
04:09on n'a pas eu le Rassemblement National,
04:10c'est ce qu'on entend, ils nous appellent, ils nous disent ça.
04:12Oui, je suis d'accord, mais je veux simplement dire une chose,
04:15je ne connais pas, dans l'histoire de ce pays,
04:17un parti politique qui ait jamais sauvé la France,
04:19quel qu'il soit.
04:20Donc, il faut faire confiance à des individualités.
04:22Celle ou celui qu'on va envoyer à l'Élysée,
04:25ça n'est pas un parti politique,
04:26c'est une personnalité,
04:28qui devra faire face à des crises redoublées,
04:30qu'on n'a pas connues depuis 50, 60 ans.
04:32Donc, le parti politique, RN ou les autres,
04:35ça ne change rien,
04:35et pour le coup, je suis sorti du mien,
04:37et je pars d'une manière totalement indépendante,
04:39sans avoir de compte à rendre à personne.
04:40Donc, je peux parler librement,
04:42et c'est une...
04:42Oui, mais RN ou les autres,
04:43mais RN n'a pas été en pouvoir.
04:45Mais alors ça, personne ne vous dira la chose,
04:47le contraire, je vous dis simplement,
04:48que ça n'est jamais un parti politique
04:50qui trouve des solutions.
04:51C'est simplement un leader,
04:53qui à un moment donné,
04:54héberge dans le pays,
04:55et peut proposer et conduire tout un peuple.
04:57Un parti ne conduit pas un peuple.
04:58C'est vrai, vous avez raison.
04:59Un homme ou une femme peut conduire un peuple.
05:01Vous avez raison.
05:01Et ça, ça change complètement la donne.
05:03Mais celui qui vient changer,
05:05il vient d'un parti.
05:06Il est porté par un parti.
05:07Mais il doit dépasser cela.
05:08En tout cas, vous savez,
05:10fondamentalement,
05:11je pense, je vis,
05:13je réfléchis constamment
05:14à la pensée du général de Gaulle.
05:15Ça a toujours été pour moi,
05:16et ça n'est pas simplement
05:17mais une vue de l'esprit
05:17à l'heure où tout le monde se dit gaulliste.
05:19Il faut relire ce que de Gaulle disait
05:20sur les partis politiques,
05:21et c'est assez clairant
05:22pour notre situation actuelle.
05:24Gabriel Cluzel.
05:25Non, mais il est évident que,
05:27et ça fait peur à beaucoup de monde,
05:28il faut le dire,
05:29que la personne qui va arriver à l'Élysée
05:32aura face à elle
05:33une situation inextricable.
05:35Elle l'est déjà.
05:36Mais en plus,
05:37elle se verra mettre des bâtons dans les roues
05:39de toutes les façons.
05:41Si d'aventure,
05:42c'était quelqu'un qui cherche vraiment
05:45à renverser la table,
05:46que ce soit l'URN,
05:47mais je pourrais parler de David Linar,
05:48je pourrais parler de Bruno Retailleau,
05:50et qui va se retrouver donc avec,
05:54bloquée par le haut,
05:55par les institutions,
05:56parce qu'elles ont été bien verrouillées
05:57par Emmanuel Macron avant de partir,
05:59on ne va pas se mentir,
06:00et bloquées par le bas,
06:01par les manifestations.
06:02Vous savez,
06:02ce qui se passe avec les lycéens,
06:04c'est un petit galop d'essai,
06:05et puis c'est un avertissement,
06:07c'est une façon de dire pour LFI,
06:08regardez,
06:09regardez ce qui va se passer
06:10si d'aventure,
06:12vous emmenez quelqu'un
06:12qui ne nous plaît pas à l'Élysée.
06:14Donc ça va être absolument terrible.
06:16Et puis la presse qui va s'en mêler,
06:17là on voit qu'on déstocke des affaires
06:21qui datent des 17 ans de l'individu,
06:23de ses 18 ans.
06:23Donc ça va aller visiblement
06:27très très loin.
06:28Donc la tâche ne sera pas aisée.
06:29Je crois que déjà,
06:30s'il y avait moyen d'infléchir
06:32ce qui se passe et libérer,
06:33vous avez raison,
06:34c'est des individus
06:35qui peuvent changer les choses,
06:37libérer les énergies,
06:39c'est peut-être l'expression
06:39de David Dinar,
06:40je n'en sais rien,
06:40mais c'est une réalité,
06:42de ceux qui savent faire,
06:44qui veulent faire
06:44et qui sont de bonne volonté.
06:45Gabriel Cluzel sur Europe 1,
06:47on marque une pause,
06:48on revient pour parler toujours
06:50de Jordan Baradena,
06:51on a des appels
06:52au standard Europe 1,
06:5301, 80, 20, 39, 21,
06:55on va aborder dans un instant aussi
06:56l'affaire Robert Ménard.
06:58On a appris par exemple
06:59qu'Éric Ciotti a fait
07:00un communiqué de presse
07:01pour dire qu'il soutient Robert Ménard.
07:03Gilles Platré,
07:03vous allez nous dire
07:04si vous soutenez Robert Ménard,
07:05quel regard vous portez ?
07:07Appelez-nous au standard Europe 1
07:08pour réagir.
07:09Et puis vous nous raconterez
07:10ce qui s'est passé
07:10dans votre ville,
07:12Gilles Platré,
07:12c'est quand même incroyable
07:14cette bagarre
07:15avec le tribunal administratif
07:16de Dijon.
07:17On a envie de tout savoir
07:18sur Europe 1.
07:19Vous saurez tout.
07:2001, 80, 20, 30, 21
07:22pour réagir avec Christine Kelly
07:24sur Europe 1.