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  • il y a 7 minutes
Il voulait s'en prendre aux « Noirs » et aux « Arabes ». Après l'attentat de Trappes qui a fait un mort et sept blessés, les motivations du tueur soulèvent de nombreuses questions. Comment a-t-il préparé son passage à l'acte ? Aurait-on pu éviter ce drame ? Et que révèle cette attaque de l'évolution de la menace terroriste en France ?

Olivier Christen, procureur national antiterroriste, répondra aux questions de Marc-Olivier Fogiel mardi 3 novembre à 8h15 dans RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 03 novembre 2026.

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Transcription
00:01RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, 11 jours après l'attentat terroriste de Trappes,
00:12des questions qui restent en suspens sur le profil du suspect, la préparation de son attaque.
00:16Marc-Olivier, vous recevez donc ce matin celui qui dirige l'enquête,
00:19le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen.
00:23Bonjour Olivier Christen.
00:24Bonjour.
00:24Merci d'être là.
00:25Kevin T a été mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat à caractère raciste
00:29en relation avec une entreprise terroriste.
00:31Il est en détention provisoire, évidemment.
00:34Ce qui m'a surpris, interpellé lors de votre point de presse la semaine dernière,
00:38c'est que vous disiez qu'il n'avait aucun regret.
00:41Un mort, une petite fille de 12 ans notamment grièvement blessée,
00:44et donc un profil de quelqu'un extrêmement déterminé.
00:48Oui, alors c'est ce qui ressort des déclarations qu'il a pu faire dans le temps de sa garde
00:53à vue.
00:55Il ressort en effet que c'est quelqu'un qui avait largement préparé, prémédité les faits,
01:00probablement depuis la fin de l'été, début septembre,
01:03et qui, lorsque il les a commis, en tout cas avec les précautions d'usage,
01:10puisque je me dois de rappeler qu'en l'état, il est présumé innocent,
01:15et que c'est les juges à la fin qui décideront s'il est coupable des faits qui lui sont
01:18reprochés ou non,
01:19mais que lorsqu'il les faits qui lui sont reprochés,
01:23ils apparaissent avoir été commis de façon très préparée,
01:26avec des cibles très choisies,
01:27et avec en effet une relative froideur.
01:32Mais donc aux enquêteurs, il dit j'assume quoi, en gros.
01:34Il était prêt même à mourir pour ça,
01:35quand vous avez raconté qu'il avait finalement vendu son ordinateur de jour avant,
01:40etc.
01:40Ça donnait l'impression qu'il y a quelqu'un un jusque-boutiste.
01:44Alors il apparaît en effet qu'il s'était très préparé et très revendiqué devant les enquêteurs,
01:50à la fois sur la commission matérielle des faits,
01:53sur la préparation et sur le choix des cibles.
01:57En revanche, il ne ressort pas de la procédure,
01:59qu'il était prêt à mourir dans l'action.
02:02Il avait en effet préparé,
02:05réglé tout ce qui était la question de son appartement,
02:07de ses affaires personnelles,
02:08de ses dettes qu'il pouvait avoir.
02:11En revanche, il s'est rendu aux forces de l'ordre de façon tout à fait apaisée.
02:17Combien il a fait de victimes ? Vous avez un chiffre actualisé ?
02:19Oui, alors en fait, je parlais lors des différents points presse des victimes physiques.
02:24Donc comme vous le savez, il y a une personne qui est décédée
02:26à la suite de ces faits d'assassinat et tentée d'assassinat.
02:29Sept personnes qui ont été blessées physiquement.
02:32Quatre gravement et trois blessés plus légers.
02:35Et puis il y a 22 personnes que nous comptabilisons comme victimes
02:38qui sont des victimes qui n'ont pas été atteintes physiquement.
02:41Soit parce que leur véhicule a été touché par des balles,
02:44soit parce qu'elles ont été visées sans être atteintes.
02:47Ce qui crée évidemment un trouble psychologique.
02:50Donc ce sont 30 victimes qui sont identifiées aujourd'hui.
02:54Son profil, à lui, on a retrouvé Mein Kampf.
02:57Chez lui, des autocollants, vive le RN, fier d'être français,
03:00qu'il avait lui-même confectionné.
03:02Clairement, vous établissez un lien.
03:04Il est sympathisant d'un parti politique.
03:07Lui indique n'être sympathisant d'aucun parti politique,
03:11de n'avoir adhéré à aucun parti politique.
03:13Les questions lui ont clairement été posées dans le cadre des auditions faites en garde à vue.
03:17Et il a répondu qu'il n'était pas affilié ni sympathisant d'aucun parti politique.
03:21D'aucun.
03:21Les enquêteurs ont établi dans la garde à vue, par exemple,
03:27qu'il y avait des photos d'un rassemblement France-Palestine en 2018
03:30et qu'il était à des réunions de militants de gauche.
03:33Lui, il a fait les avoir fréquentés pour infiltrer les gauchistes.
03:36Il a pu passer d'un camp à l'autre comme ça ?
03:38Ce n'est pas la façon dont lui, il explique les choses.
03:41C'est une question qui avait été posée, en effet,
03:44compte tenu de différents éléments découverts.
03:46Lui indique simplement sur ce point-là
03:48qu'il a, à un moment donné, souhaité infiltrer les gauchistes.
03:51C'est l'État européen, je les mets entre guillemets.
03:54Mais il ne dit pas avoir été d'un camp, puis de l'autre,
03:58pour prendre votre expression.
03:59Et encore une fois, il n'indique pas avoir été membre ou adhérent
04:02d'un parti politique, quel qu'il soit.
04:04Depuis, pas mal de choses sortent sur lui.
04:06Notamment hier, Mediapart a publié des vidéos
04:08qui le montrent en train de s'entraîner au tir dès 2015
04:11avec un fusil à pompe sur un terrain vague à Saint-Cyr-Lécole.
04:14Il avait un certain nombre d'armes.
04:15Est-ce qu'on est passé à côté ?
04:17Est-ce qu'il y a eu des défaillances ?
04:17Est-ce que cet attentat aurait pu être évité ?
04:19C'est la question qu'on se pose ce matin, M. le procureur.
04:21C'est toujours la question que nous devons nous poser
04:23quand un attentat a été commis.
04:24C'est-à-dire savoir si, dans tous les éléments qui existent,
04:29afin de détecter les personnes qui pourraient être en train
04:32de préparer un attentat terroriste,
04:33quel que soit le segment dans lequel il se situe,
04:36si tout a été mis en œuvre,
04:38si le filet a été suffisamment resserré.
04:41En l'espèce, je ne crois pas,
04:44je n'ai pas d'éléments qui nous permettent de penser cela.
04:46Il existe des clubs de tir,
04:49il existe des dispositifs qui permettent aux gens
04:51qui souhaitent s'adonner aux baltrapes,
04:54souhaitent s'adonner aux tirs sportifs,
04:56de pouvoir le faire.
04:58Nous sommes sur quelqu'un qui, en l'occurrence,
05:01n'était pas détenteur légalement d'une arme à feu aujourd'hui.
05:04L'arme qui a été identifiée chez lui
05:06est une arme qui a été achetée clandestinement.
05:08C'est des armes de catégorie A.
05:10Une part, d'ailleurs, des investigations vont devoir porter
05:12sur la façon dont il a pu acquérir cette arme.
05:16Ce que l'on sait, c'est qu'il a acquis par la suite
05:18des éléments d'armes, c'est-à-dire des dispositifs
05:21qui permettent de la rendre plus efficace.
05:25Mais du seul fait que quelqu'un soit adhérent
05:29d'un club sportif ou participe à des points de baltrapes
05:32ne peut pas en soi suffire à identifier potentiellement multiples.
05:36Il y a beaucoup de gens qui participent à ces activités-là,
05:38de façon tout à fait pacifique.
05:40Il y a eu un élément qui a déclenché le passage à l'acte.
05:43Il était convoqué après une altercation,
05:45ou peut-être même une mini-attaque dans une station-service
05:49deux jours avant.
05:50Il était convoqué ce jour même, le jour de l'attentat,
05:53au commissariat.
05:54Est-ce qu'il y a eu un élément de passage à l'acte ?
05:57Je ne sais pas si on peut parler d'un élément de passage à l'acte.
06:00Ce qui ressort de la procédure,
06:02c'est qu'encore une fois, c'est quelqu'un qui s'est préparé
06:04depuis plusieurs semaines, plusieurs mois.
06:06Il est toujours difficile dans un acte criminel,
06:09encore une fois qu'en soit la nature,
06:11de savoir s'il y a un point particulier, un moment particulier,
06:13où cela déclenche un procédure criminel qui est déjà engagé.
06:17Nous ne sommes pas sur quelqu'un qui s'est décidé,
06:20quelques jours avant, de se préparer à passer à l'acte.
06:23En tout cas, ce n'est pas ce qui ressort de la procédure.
06:25Lorsqu'il acquiert ce fusil mitrailleur plusieurs mois avant,
06:29lorsqu'encore une fois, il acquiert les éléments d'armes
06:31plusieurs mois avant, nous sommes dans quelqu'un
06:33qui prépare ce type de fait indéniablement.
06:38Le moment où il va commencer à arranger ses affaires
06:41est en effet dans la suite de ce qui s'est passé,
06:44sur le plan temporel en tout cas, de ce qui s'est passé à Lovallois-Péret,
06:47est-ce que c'est psychologiquement ce qui entraîne le passage à l'acte ?
06:51Ça, on ne vous peut pas le déterminer.
06:54Ces profils-là, vous les appelez comment ?
06:55Ultra-droite, radicale, violente ?
06:59Nous, la terminologie que nous employons,
07:01c'est en effet l'ultra-droite, radicale, violente.
07:04Ça peut paraître une terminologie un peu compliquée,
07:06mais c'est pour faire clairement la part des choses
07:08entre ce qui sont des partisans d'une idéologie politique,
07:12de quelque segment qu'elle soit,
07:15et des personnes qui se radicalisent dans une idéologie
07:18et au-delà même de la radicalité,
07:21vont considérer que la seule façon de porter leur idéologie
07:25est de passer à la violence contre les personnes.
07:27On peut retrouver un peu le même terme
07:31pour l'ultra-gauche, radicale, violente,
07:33donc l'ultra-droite, radicale, violente.
07:35Et après, il y a les termes qui ont été adaptés
07:37avec le djihadisme pour la radicalité islamiste.
07:40Et concrètement, vous en avez combien, vous, aujourd'hui ?
07:43Est-ce que c'est un profil qui monte ça ?
07:44Est-ce que vous en avez de plus en plus ?
07:46Ce que nous relevons au nombre de procédures
07:48que nous ouvrons régulièrement,
07:50c'est qu'en effet, le nombre de procédures
07:52liées à l'ultra-droite, radicale, violente,
07:55est en croissance depuis quelques années.
07:57Nous en avions une à deux procédures ouvertes,
07:59en général, par an, depuis 6-7 ans,
08:02qui correspond à la date de création
08:04du parcours national antiterroriste.
08:05Il y en a eu 6 en 2025, 6 pour l'instant en 2026.
08:10Et en tout, aujourd'hui, ce sont 23 procédures
08:13qui ont été ouvertes sur cette période de temps.
08:15Versus ultra-gauche et versus djihadiste ?
08:18Alors voilà, il faut le mettre en perspective.
08:20Donc 23 procédures ultra-droite, radicale, violente.
08:234 en 7 ans, en ultra-gauche, radicale, violente.
08:26Contre, sur un total de 681 procédures,
08:29dont 480 en djihadisme.
08:31C'est ça les proportions ?
08:33C'est ça les proportions, aujourd'hui.
08:33Et aujourd'hui, quel est l'état de la menace terroriste ?
08:36Est-ce que les élections qui arrivent
08:37en sont des élections sous tension ?
08:39Alors, d'une façon générale, sur l'état de la menace,
08:42cela correspond au chiffre que je viens de vous donner.
08:44La menace principale qui pèse aujourd'hui
08:45reste la menace djihadiste.
08:47Ce sont le plus grand nombre de procédures
08:49que nous jouons concernent cette menace-là.
08:52Il n'y a pas aujourd'hui, après, dans ce qui est détecté,
08:54un ciblage spécifique des élections.
08:59Souvent, les terroristes, quel que soit le segment idéologique,
09:01sont quand même davantage,
09:02même si s'inscrivent dans quelque chose de plus vaste,
09:04des opportunistes,
09:06et qui vont passer à l'acte,
09:08parce que la situation, à un moment donné,
09:11leur permet de le faire.
09:14C'est pour ça qu'il faut toujours être vigilant
09:16quand il y a des rassemblements,
09:17et notamment des rassemblements sportifs,
09:19comme il y avait une vigilance particulière
09:20lorsqu'il y a eu les eaux Olympiques.
09:23Aujourd'hui, il y a un climat, évidemment,
09:25de discussion qui crée une tension,
09:27qu'elle soit saine ou malsaine,
09:29mais dans le débat qui existe dans un pays démocratique.
09:32Et cela peut, évidemment, créer une situation générale
09:35qui peut amener certaines personnes à se dire
09:38que c'est le bon moment pour passer à l'acte.
09:39Donc, vous dites que votre parquet, il est vigilant.
09:41Est-ce qu'il est inquiet ?
09:43Nous sommes toujours vigilants.
09:44C'est notre devoir.
09:46Nous allons être, cette année,
09:47à un nombre de procédures ouvertes en matière terroriste
09:51qui va être un des plus élevés
09:52sur les 5-6 années qui viennent de passer.
09:55Donc, ça veut dire que la menace, elle est très présente.
09:57Elle se diversifie.
09:58Elle est peut-être plus segmentée qu'elle n'a été.
10:00Elle a été un peu monobloc avec le terrorisme
10:02pendant au mi-temps des années 2010.
10:04Aujourd'hui, ce que je viens de vous dire,
10:05il y a un nombre de procédures sur d'autres segments idéologiques
10:07qui sont plus importants qu'auparavant.
10:10Donc, nous sommes vigilants.
10:11C'est pour ça que le dispositif antiterroriste
10:13est assez complet.
10:16Notre devoir est d'essayer de tout faire
10:18pour éviter que des actes se concrétisent
10:21comme ceux que nous avons vus.
10:23Je ne sais pas, nous sommes préoccupés.
10:26Nous le sommes de façon assez continue
10:28depuis quelques années maintenant.
10:29Merci Olivier Christen, procureur de la République antiterroriste.
10:33Merci beaucoup.
10:34Merci Marc-Olivier.
10:35Demain, c'est Jordan Bardella qui sera face à vous.
10:37Absolument, pour son livre Gouverner.
10:39Merci.
10:39Merci.
10:39Merci.
10:39Merci.

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