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  • il y a 5 minutes
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00C'est d'abord l'acte 3 des manifestations avec cette image, ce gendarme en feu, porte de Charenton à
00:06Paris après avoir reçu un cocktail Molotov.
00:08Il a témoigné de la violence du choc. Laurent Nunez parle d'une tentative de meurtre.
00:14Nous aimerons avoir votre opinion sur cet acte 3 des manifestations et puis nous évoquerons la présidentielle primaire ou pas
00:21primaire.
00:22Le centre arrivera-t-il à se rassembler, à rattraper Marine Le Pen qui reste en tête des sondages ?
00:27Nous vous interrogerons et justement avec moi ce matin, Stéphane Dupont, des Echos. Bonjour Stéphane.
00:31Bonjour.
00:32Et Mathieu Bocoté. Bonjour Mathieu.
00:33Bonjour.
00:33320 000 manifestants, 296 interpellations, 70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour cet acte 3 de la mobilisation sociale.
00:41Et puis ce sondage, Guillaume Casbarian, Odoxa pour le Figaro, 64% des Français veulent que ça cesse. Vous aussi
00:48?
00:49Oui, clairement oui. Je commence à en avoir mort, comme tous les Français, de cette mobilisation permanente, de cette casse
00:55permanente,
00:56de ces violences permanentes et de cette agression permanente des forces de l'autre.
01:00Mais je crois que dans notre pays, on a une vision assez romancée, assez romanesque de la manifestation et parfois
01:07de la casse aussi d'ailleurs.
01:08Romanesque, c'est-à-dire ?
01:09C'est-à-dire qu'il y a...
01:10C'est le roman, c'est le récit de la France de pouvoir manifester ?
01:12Oui, chez certains en tout cas, chez beaucoup de personnes à gauche notamment, et y compris chez la France insoumise,
01:16qui l'a même théorisé sur la conflictualisation permanente.
01:20Moi, je n'ai pas cette vision romanesque-là.
01:22Je pense que l'écrasante majorité des Français veulent travailler, veulent vivre de leur travail, veulent gagner leur vie,
01:27veulent le calme, veulent l'ordre, veulent l'apaisement et ne cautionnent absolument pas ce qu'ils peuvent regarder à
01:33l'attention.
01:33Mais est-ce que ce n'est pas la preuve, justement, qu'on se retrouve devant une forme de gauche
01:36révolutionnaire qui cherche l'insurrection,
01:39qui, de son point de vue, les minorités font l'histoire devant les majorités silencieuses qui sont d'abord silencieuses
01:44?
01:44Une minorité radicale, prête à aller jusqu'au bout, peut l'emporter ? Est-ce qu'on est conscient qu
01:49'on est devant un tel adversaire ?
01:50Alors, moi, j'en suis conscient, mais quand on est démocrate, quand on est républicain, c'est la majorité qui
01:55fait la politique.
01:57Ce n'est pas la minorité.
01:58Oui, sur le plan normatif, oui, mais dans les faits, mais en ce moment, c'est la minorité qui fait
02:03la politique.
02:03Non, la minorité, elle ne fait pas la politique. La minorité, elle manifeste et elle a le droit...
02:08Elle prend l'otage de la France chaque samedi.
02:09Mais il faut savoir encadrer les choses, mettre les manifestants là où ils doivent être, mais sans débordement, sans casse,
02:17et être extrêmement ferme.
02:18Mais c'est le problème, justement, parce que...
02:19Vous avez la minorité qui commence à décider pour une majorité, là, on n'est plus dans la...
02:23Mais est-ce qu'on n'est pas à ce jour-là, en ce moment ?
02:25Absolument pas.
02:25Tous les samedis ?
02:26Il y a toujours une majorité. Il y a une élection qui arrive dans six mois.
02:28Elle permettra aux Français, dans leur majorité, de choisir un futur président, une future présidente et une future majorité.
02:35Et c'est le choix majoritaire des Français qui doit être respecté.
02:38Vous vous rendez compte ?
02:38Quand on est démocrate et républicain, on ne peut pas se satisfaire de dire,
02:41parce qu'il y a X milliers de manifestants, alors il faudrait absolument se déchouer.
02:44Vous vous dites, M. Casbarian, que vous voulez que ça cesse, mais le gouvernement a fait des annonces en début
02:48de semaine
02:50pour répondre aux revendications des lycéens et des étudiants.
02:54Et les manifs vont continuer encore, ont continué repris hier, vont continuer, il y en aura de nouveau jeudi.
02:59Est-ce que la réponse n'a pas été à la hauteur ? Est-ce que c'était une bonne
03:02réponse ?
03:03Surtout que les lycéens ont dit, juste après leur consultation, ils ont dit, nous, on va continuer à voir.
03:07C'est un peu comme au poker.
03:08C'est-à-dire, tant que les promesses n'ont pas été noires sur blancs mises sur le papier.
03:13Est-ce que le gouvernement a répondu trop tard ?
03:16Non, moi je pense que pour certains manifestants, ça ne suffira jamais.
03:20Vous avez beau lâcher des milliards, ce que moi je conteste d'ailleurs,
03:24j'ai un peu gueulé quand le ministre de l'Éducation a annoncé 5 milliards de plus,
03:28j'y ai tout de suite, voilà, ça fait des semaines qu'à l'Assemblée nationale.
03:315 milliards sur le bâti et 1 milliard sur le bâti.
03:33Les prêts, ils rentrent dans le déficit et dans la dette Maastricht,
03:35parce que c'est quand même une dépense supplémentaire des collectivités et des régions.
03:39Et donc à la fin, ça veut dire que ça augmente votre déficit et votre dette.
03:41Donc moi qui me bats tous les jours depuis 3 semaines
03:44pour baisser la dépense publique et éviter des déficits records,
03:47je ne peux pas m'en satisfaire.
03:48Mais ça ne suffira jamais parce que vous avez des manifestants
03:50qui en réalité ne veulent pas de sélection,
03:53quelle qu'elle soit, au cours de leur cursus.
03:55Il y a eu des expressions dans ce débat et dans ces manifestations.
03:57Ils veulent tout gratos ?
03:58C'est de se dire, en fait, si vous voulez devenir docteur,
04:01vous avez le droit d'être docteur.
04:04C'est la revendication de suppression de parcours sub.
04:05Mais c'est la suppression.
04:06Mais en fait, par cours sur, vous remettriez n'importe quel autre système,
04:09vous auriez des personnes qui vous diraient,
04:10moi je ne veux pas de sélection.
04:11Je veux que quelqu'un qui, bon an, mal an, a eu le bac,
04:15puisse continuer, quoi qu'il arrive,
04:16faire 10 ans de médecine, 15 si c'est nécessaire,
04:19pour devenir médecin.
04:20Et s'il veut devenir pilote d'avion,
04:22il prendra le temps qu'il faut, mais il deviendra pilote d'avion.
04:24Et puis s'il veut devenir ingénieur,
04:25il prendra le temps qu'il veut, il deviendra ingénieur.
04:26C'est-à-dire qu'il n'y a plus de sélection,
04:28il n'y a plus de mérite,
04:29il n'y a plus de tri,
04:31et on considère que toute personne qui se lève le matin
04:33et dit je veux être telle ou telle profession
04:35a le droit de l'être.
04:37Excusez-moi, moi, je suis pour la méritocratie républicaine.
04:40C'est-à-dire que, quand vous réussissez,
04:42vous avez un certain nombre de droits
04:43qui s'ouvrent à vous, des portes qui s'ouvrent.
04:45Quand vous bossez bien, quand vous réussissez des concours,
04:48quand vous réussissez des examens,
04:49alors on vous ouvre des portes.
04:50Et en tant qu'usager du service public,
04:53excusez-moi, mais j'ai envie d'être soigné
04:54par un docteur et un chirurgien qui est qualifié,
04:56qui a été sélectionné,
04:57et qui n'est pas juste quelqu'un qui a levé la main
04:59et qui a dit, écoutez, j'ai le droit d'être médecin
05:01quoi qu'il arrive.
05:02D'accord, alors je vous entends,
05:03mais ce moment-là, il faut être capable de le tenir devant les...
05:06Oui, oui, vous, mais le gouvernement, vous me corrigerez.
05:08Le bloc central, appelons-le comme ça,
05:10je n'ai pas l'impression qu'il parle avec une telle fermeté.
05:12J'ai plutôt l'impression qu'il cherche toujours
05:14à accommoder à coups de paroles mielleuses,
05:16les manifestants en vont finir par se comprendre
05:18à coups de milliards,
05:18une parole de fermeté en disant vous rêvez
05:20et vous, en fait, vous le conduisez au cauchemar.
05:22Ça, je n'ai pas l'impression de l'entendre.
05:24Moi, j'ai le discours que j'ai
05:26et vous interrogerez le gouvernement pour savoir quel...
05:28Mais ça nous arrive, ils ne répondent pas comme vous.
05:29Et donc, voilà, ils ont le droit,
05:32ils ont le droit d'avoir leur expression.
05:33Moi, j'ai la mienne,
05:34je suis, encore une fois, pour le mérite républicain,
05:37pour le fait qu'on sélectionne les meilleurs,
05:38qu'on forme les meilleurs
05:39et qu'après, en tant qu'usagers...
05:41Selon vous, les 5 milliards, c'est suffisant.
05:43Il ne faut pas lâcher plus
05:44parce qu'ils réclament toujours plus, comme vous le disiez.
05:45De toute façon, il n'y a plus d'argent.
05:47Enfin, je veux dire, 5 milliards à partir d'où ?
05:49Enfin, je veux dire, on délire, là.
05:51On a une dépense publique qui est à 1740 milliards d'euros.
05:54On a un déficit à 5,4.
05:57On emprunte à 5% de taux d'intérêt.
05:59On a le record des prélèvements obligatoires de l'OCDE.
06:03On est un des pays d'Europe qui a le plus lourd déficit.
06:05Et on voudrait nous dire, ça ne suffit jamais,
06:07il faut mettre encore plus.
06:07Mais c'est quoi le truc ?
06:08On met 5 milliards, 10 milliards, 15 milliards, 20 milliards.
06:10Qui paye ?
06:11Qui paye ? Avec quel argent ?
06:13Donc, on va demander à l'État de se surendetter
06:14et d'aller encore lever de l'argent.
06:16Et alors, encore une fois, que ça ne suffira jamais.
06:18C'est-à-dire que les manifestants dont on parle ici
06:20vous diront systématiquement, ça n'est pas suffisant.
06:23Ce que nous voulons, c'est un nombre illimité de places.
06:26Chaque demande doit être pournu.
06:27200 000, oui.
06:28Sans aucune sélection.
06:29Bon, écoutez, moi, je ne suis pas d'accord avec ce modèle-là.
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