00:00Quelle est la différence entre cette élection présidentielle et les précédentes ?
00:04Il y en a une.
00:06C'est que vous avez décrit le choc des ambitions,
00:09hors micro, M. Bocoté lise les autotamponneuses au centre,
00:14et il avait raison, le sentiment de...
00:17La machine à perdre ?
00:18Il y avait à l'élection présidentielle jusqu'à maintenant
00:24une manière simple de résoudre cette question.
00:27Et c'était le premier tour.
00:30Premier tour, c'était chacun présenter son profil, son projet,
00:37essayer de convaincre et d'entraîner les Français.
00:41Je l'ai fait trois fois.
00:43Et une fois en étant aux portes du deuxième tour, du second tour,
00:48il y avait un premier tour.
00:50Écoutez-moi bien, il n'y a plus de premier tour.
00:54Parce que si on va au premier tour dans l'ambiance de dispersion que vous décrivez,
01:00alors on risque d'avoir au deuxième tour le pire contre le pire,
01:04c'est-à-dire Le Pen contre Mélenchon.
01:07Et donc, quand j'observe, il faut être réaliste autant qu'on le puisse.
01:14Quand j'observe la dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, par exemple,
01:19elle est considérable.
01:21Elle est considérable avec des choix stratégiques que je ne peux que trouver extrêmement dangereux pour le pays.
01:32En s'appuyant sur des communautarismes,
01:35en faisant en sorte que l'unité du pays et la compréhension historique étaient la sienne.
01:44Vous voulez dire que le narratif employé est tout à fait calculé ?
01:47Absolument.
01:48C'est une stratégie.
01:49Oui, j'ai connu Jean-Luc Mélenchon,
01:53laïcard à l'extrême, sur le voile.
01:57Il a changé d'avis, il a dit qu'il s'était trompé.
01:59Ce n'est pas parce qu'on s'explique que ce qu'on avait fait avant n'a pas existé.
02:04Oui, mais c'est converti en quelque sorte.
02:05Et si vous l'examinez sur la responsabilité historique sur l'Ukraine et sur la défense de Moscou,
02:14vous verrez que les deux branches de la tenaille du pire se sont comportées de la même manière.
02:21Et donc, on peut excuser, mais on peut aussi se souvenir un peu.
02:26Et donc, si on se trouve dans un deuxième tour comme celui-là,
02:30on est certain, en tout cas, on croit, on est certain que les conséquences pour le pays sont irrémédiables.
02:40Donc, qu'est-ce qu'il faut faire, François Béroux ?
02:41En fait, il faut une primaire.
02:43Est-ce qu'il est encore temps d'organiser une primaire ?
02:46Qu'est-ce qu'il faut faire ? On fait un tour moins un ?
02:48Il faut faire un tour préliminaire.
02:54Donc, une primaire.
02:55Une primaire.
02:56Qui va de qui à qui ?
02:57De qui à qui ? Qui va de tous ceux qui refusent l'alliance avec Mélenchon
03:02à tous ceux qui refusent l'alliance avec Le Pen.
03:05Donc, de Hollande à Knafo, quoi ?
03:08Non, Knafo...
03:09Ah non, c'est vrai.
03:10Hollande a dit qu'il préférait voter Mélenchon que Le Pen, c'est vrai.
03:12Voilà.
03:13Et Knafo, Sarah Knafo, a dit qu'elle se verrait bien dans un gouvernement du RN.
03:21Mais ça, elle vient de le dire.
03:22Hier.
03:22Donc, avant-hier, vous auriez intégré Knafo, mais maintenant, ce n'est plus le cas ?
03:26Mais, vous voyez, ce n'est pas avant-hier.
03:28Tout le monde sait bien où les forces politiques se situent.
03:32Mais quand Hollande dit qu'il voterait Mélenchon plutôt que Le Pen, est-ce que ça l'exclut aussi ?
03:35Oui, si on est prêt à s'allier avec les uns ou avec les autres, on n'appartient pas à
03:43l'espace républicain.
03:45Déjà qu'il y a une première du bloc central, c'est-à-dire Modem, Horizon, Renaissance, LR, ça paraît
03:50déjà quasiment impossible.
03:51Puisque Retailleau ne soutiendrait pas Attal, elle ne soutiendrait pas Retailleau.
03:54Ça paraît impossible parce qu'on ne se rend pas compte du risque.
03:59Et ça paraît impossible.
04:01Moi, j'ai le souvenir.
04:02On a déjà vécu ça.
04:03Édouard Balladur vient de disparaître.
04:07Au mois de janvier 1995, les partisans, Nicolas Sarkozy, partisan d'Édouard Balladur, il dit qu'il faut que Chirac
04:19ne se présente pas pour qu'Édouard Balladur soit élu au premier tour.
04:22L'idée que ceux qui sont en tête au sondage, et c'est pour cette seule raison, ou qui apparaissent
04:28en tête au sondage, et c'est pour cette seule raison d'éliminer les autres, c'est vieux comme l
04:33'élection présidentielle.
04:35– Et ça ne fonctionne pas, selon vous ?
04:36– Et ce n'est pas seulement que ça ne fonctionne pas.
04:39– Alors comment est-ce qu'on l'organise, cette prime ?
04:41– Attendez, vous voulez bien que je vous explique.
04:45Alors je vais vous expliquer les deux choses.
04:47D'une part, la nécessité.
04:51Nous allons tous, en tout cas moi je m'y ai inclus, devoir nous battre pour que le candidat qui
04:58présente une autre solution que le dramatique affrontement des extrêmes,
05:05soit élu et soit au deuxième tour.
05:07– On a bien le droit de savoir qui c'est, de dire son mot sur qui il doit être,
05:13et de discuter avec lui de ce que le projet doit être.
05:17Ce n'est pas du tout ce qui est en train de se passer.
05:19Et donc la première conviction que nous devons défendre, c'est que ceux-là qui ont en commun de vouloir
05:28écarter les deux extrêmes,
05:30ce qui fait une solidarité très importante, essentielle sur ce sujet,
05:36tous ceux-là doivent être capables de dire nous appartenons au même ensemble et nous acceptons une compétition loyale.
05:43– C'est quoi le nom de cet ensemble ?
05:44– C'est ce qu'ils disent, c'est simplement.
05:45– Cet ensemble c'est quoi, c'est le bloc central ?
05:48– Non, je n'aime pas les dénominations de cet ordre.
05:51– Alors c'est quoi ?
05:51– C'est républicain, réformiste, humaniste.
05:54– Mais que je comprenne, donc ce que vous appelez les deux extrêmes,
05:57c'est quand même des millions de Français, ne sont pas républicains.
06:02– N'essayez pas de…
06:04– J'essaie de comprendre, je vous suis au mot.
06:06– Non, républicain c'est deux choses, c'est les institutions républicaines,
06:13ils en sont, mais c'est les valeurs républicaines et ils ont choisi de tourner le dos aux valeurs républicaines.
06:21– Par exemple ?
06:22– Il faut nommé parce que les gens ils ont des repères mais sur des noms et sur des partis.
06:26– Liberté, égalité, fraternité, il y en a qui acceptent liberté et qui refusent l'égalité.
06:34Il y en a qui veulent l'égalité, qui refusent la liberté.
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