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  • il y a 9 minutes
Ce vendredi 30 octobre, réécoutez en podcast le replay du Monde qui bouge : le parti pris présenté par Annalisa Cappellini.

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Transcription
00:00Le parti pris ce matin d'Analisa Capellini depuis la défaite de Flavio Bolsonaro face à Lula dimanche dernier.
00:05Annalisa, Donald Trump semble prendre ses distances avec son allié brésilien.
00:10Est-ce que Trump a lâché littéralement Bolsonaro ?
00:14Pas vraiment, on va plutôt dire qu'il est en train de découvrir les limites de son influence en Amérique
00:19latine.
00:20C'est vrai que ces élections ont rappelé à Donald Trump que même s'il considère que l'Amérique latine
00:23est son arrière court,
00:24en réalité il ne peut pas imposer sa volonté partout puisque les Brésiliens ont choisi visiblement de réélire Lula.
00:31Donc depuis cette réélection, Donald Trump prend ses distances.
00:34En effet, il dit qu'il ne veut pas se mêler des accusations de fraude portées par Flavio Bolsonaro,
00:40même si de l'autre côté il continue de qualifier cette élection de très étrange,
00:44et même si selon la presse américaine, l'avion sur lequel Flavio Bolsonaro s'est enfui aurait été affrété par
00:50un conseiller de Donald Trump.
00:51Donc il ne tourne pas complètement le dos à Flavio Bolsonaro,
00:55mais il ne va pas non plus jusqu'à le soutenir de manière très très convaincue non plus.
00:59Oui, donc les électeurs ont tranché, ça veut dire que l'influence de Donald Trump serait limitée ?
01:04Oui, c'est là en effet qu'on voit les limites de cette stratégie en Amérique latine.
01:08C'est vrai qu'avant les élections, Donald Trump a plusieurs moyens pour essayer d'influencer le résultat.
01:13Il peut jouer à la fois sur la carotte et le bâton.
01:15D'un côté, il a les mesures dissuasives, c'est ce qu'il a utilisé ici,
01:18pour afflubir les candidats qui ne lui plaisent pas.
01:22Donc on parle des pressions diplomatiques, on parle des sanctions, on parle de menaces commerciales.
01:26Au Brésil, par exemple, Donald Trump a choisi de travailler sur les droits de douane,
01:31et il a notamment imposé les droits de douane jusqu'à 50%.
01:33Et de l'autre, il a tout ce qui est mesures incitatives,
01:37et là, c'est plutôt pour soutenir ses alliés.
01:38On l'a vu par exemple en Argentine, avec le gouvernement de Xavier Milay, grand allié de Donald Trump,
01:44le président américain avait promis l'année dernière un soutien financier très important à l'Argentine,
01:50conditionné à la réélection de Xavier Milay.
01:53Le problème, c'est qu'une fois ces élections passées,
01:55ces leviers ne fonctionnent plus vraiment de la même manière.
01:58Si le candidat qu'il avait soutenu perd, il ne peut pas faire grand-chose pour inverser le résultat.
02:03Et d'ailleurs, il y aurait même un effet pervers, c'est ce qui s'est passé au Brésil,
02:07où les pressions des États-Unis auraient renforcé Lula,
02:10qui a pu se présenter comme ça, comme celui qui défend la souveraineté brésilienne.
02:15On a plusieurs sondages qui nous l'indiquent.
02:16Je vous en cite un qui nous dit que 42% des Brésiliens disaient que les droits de douane américains
02:21les incitaient à voter pour Lula, contre seulement 27% pour Flavio Bolsonaro.
02:25Oui, et puis maintenant qu'il a gagné,
02:28il ne faut pas complètement couper le dialogue avec Lula pour Donald Trump.
02:31Exactement, et c'est un calcul très pragmatique,
02:34parce que les États-Unis ont besoin du Brésil.
02:36Le Brésil est la première économique d'Amérique latine.
02:38Puis pour les terres rares, on sait à quel point elles intéressent Donald Trump,
02:42qui veut essayer de réduire sa dépendance face à la Chine.
02:44Et le Brésil possède les deuxièmes réserves mondiales de terres rares,
02:48qu'il exploite aujourd'hui encore relativement peu.
02:51Et puis, il y a un troisième élément essentiel lui aussi,
02:53c'est que Donald Trump ne veut surtout pas pousser davantage les Brésiliens
02:56dans les bras des Chinois.
02:57C'est un peu ce qui est en train de se passer,
02:59puisque la Chine est déjà le premier partenaire commercial du Brésil.
03:02Et Lula veut continuer à aller dans ce sens.
03:05Donc, pour toutes ces raisons, Donald Trump, qui reste un pragmatique,
03:09ne peut pas et ne veut pas couper les ponts avec Lula.
03:11Est-ce que ça signifie que Trump, à terme,
03:13pourrait avoir moins d'influence sur ce qui se passe en Amérique latine, Annalisa ?
03:18Non, parce que son ambition, sa vision, reste la même.
03:21Il veut renforcer l'emprise américaine sur ce continent
03:23qu'il considère comme la zone d'influence naturelle des États-Unis.
03:26Et il veut surtout limiter l'influence chinoise, encore une fois.
03:29Et pour ça, il a énormément de moyens d'oppression.
03:32On parlait des droits de douane, on parlait des sanctions, des accords commerciaux.
03:36Ce qui va se passer, c'est qu'il va devoir adapter sa stratégie selon les pays.
03:39Par exemple, avec ses alliés politiques, comme il aille encore une fois,
03:42il va travailler plutôt en soutien.
03:44Alors qu'avec Lula, il va être obligé de négocier en lâchant quelque chose.
03:48Alors qu'avec d'autres gouvernements, il aura là plus de marge de manœuvre.
03:52Donc non, ce n'est pas la fin de la politique offensive de l'administration Trump en Amérique latine.
03:56Mais disons que cette victoire de Lula oblige encore une fois Donald Trump
04:00à composer avec un gouvernement qu'il n'a pas vraiment choisi.
04:03Merci beaucoup Annalisa Cappellini.
04:05Merci beaucoup Annalisa Cappellini.
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