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  • il y a 10 minutes
Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière, était l'invité de Sandra Gondoin dans Good Morning Business, ce jeudi 29 octobre. Ils sont revenus sur les négociations permettant d'aboutir à une réforme structurelle des arrêts maladie dont le coût avoisinait les 18 milliards d'euros en 2025, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière, qui est avec moi ce matin dans le Grand Entretien.
00:04Bonjour.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'être avec nous dans la matinale de l'économie.
00:09On va déjà parler de l'actualité de ce jour sur les arrêts maladie.
00:15Débutent aujourd'hui les négociations pour trouver une nouvelle réforme structurelle des arrêts maladie.
00:20Il faut trouver un milliard par an.
00:23Sur quoi faut-il jouer d'après vous ?
00:26On rappelle que le coût des arrêts maladie avoisine les 18 milliards d'euros.
00:30En 2025.
00:31Alors la discussion et la lettre d'orientation que nous avons eue du ministère du Travail, c'est la partie
00:39accident du travail, maladie professionnelle.
00:41C'est les arrêts longs.
00:42Et nous avions trouvé un accord il y a deux ans sur accident du travail, maladie professionnelle.
00:48C'est géré paritairement.
00:50Comment est-ce qu'on regarde pour faire plus de prévention ?
00:53Comment est-ce qu'on arrive à prendre en compte plus la santé mentale ?
00:58Puisqu'on s'aperçoit que depuis le confinement et tout cela, ça remonte.
01:03Mais on va discuter autour de la table.
01:04Alors certains voudraient qu'on remette des jours de carence.
01:07Oui, mais 72% des salariés ont la subrogation de leur employeur pour les jours de carence.
01:15Et c'est écrit dans les conventions collectives.
01:16Donc il faudrait un jour de carence d'ordre public, ce que nous contestons nous à Force Ouvrière.
01:21Et comment est-ce qu'on améliore les conditions de travail ? Comment est-ce qu'on fait de la
01:24prévention ?
01:25Justement, concrètement, la prévention que vous prônez, ça prend quelle forme ?
01:29La prévention que je prône, comment est-ce qu'on se sert ?
01:33On a créé, il y a trois ans, un fonds universel de prévention, d'indemnisation pour la prévention universelle.
01:45Peut-être qu'on l'a mal construit, parce qu'aujourd'hui, il est excédentaire.
01:49Chaque année, les entreprises ne le prennent pas pour arriver à faire de la prévention, améliorer les conditions de travail.
01:56Penser aussi, réfléchir sur télétravail, ce n'est pas non plus une solution, ni une prescription médicale, le télétravail.
02:04Il faut qu'on regarde pour l'organisation du travail, mais si c'est pour revenir sur jours de carence,
02:10dans la fonction publique, il a été mis d'ordre public, et pour autant, les arrêts maladie n'ont pas
02:15baissé.
02:16Oui, je rappelle, d'ordre public, ce n'est ni pris en charge par l'employeur, ni par les mutuels.
02:20C'est ça que ça veut dire.
02:21Je voudrais qu'on parle aussi de la hausse du SMIC.
02:23On parlait tout à l'heure avec Sabrina Godina, qui est à la tête d'une exploitation de champagne,
02:29que le problème, le plus gros problème, c'est la baisse de la consommation.
02:32Donc, c'est la question du pouvoir d'achat.
02:35Comment redonner du pouvoir d'achat aux Français ?
02:38L'une des solutions proposées, ce serait la hausse du SMIC.
02:43Ce serait pour vous une vraie bonne idée ?
02:45Alors, la vraie bonne idée, c'est qu'on a conservé un SMIC qui est calé sur l'inflation.
02:53En juillet, le SMIC a augmenté de 2,4%.
02:56Et ce que nous avons demandé au ministère du Travail et à Matignon la semaine dernière,
03:02c'est que la revalorisation du SMIC soit anticipée avant le 1er janvier.
03:07Au 1er janvier, de toute façon, automatiquement, il sera revalorisé.
03:11Et comment est-ce qu'on donne un coup de pouce au SMIC ?
03:14Le pouvoir d'achat.
03:15Hier est paru l'indice, enfin, l'étude INSEE sur la confiance des ménages.
03:22On est revenu au taux de 2013.
03:25Nous sommes en 2026, 13 ans plus tard.
03:28Et 56% de notre produit intérieur brut, c'est la consommation des ménages.
03:33Quand les ménages n'ont pas confiance, ils ne consomment pas.
03:36Et quand on doit choisir entre faire le plein de sa voiture pour aller travailler,
03:39remplir le frigo ou malheureusement acheter du champagne,
03:43moi je suis Côte d'Orient, donc le vin, nous savons ce que c'est.
03:48Aujourd'hui, les gens, ils choisissent.
03:50Vous comprenez, malgré tout, que pour les entreprises et le tissu productif français,
03:55c'est 99% de toutes petites entreprises.
03:59que ce soit presque impossible, que ça les mette en danger,
04:03cette perspective d'augmenter le SMIC plus tôt et de cette façon ?
04:08Alors, c'est un débat que j'ai eu avec le président de l'UDEP il y a deux jours,
04:14et que nous avions déjà eu sur BFM Business.
04:19On ne peut pas ne pas voir ce qu'il se passe aujourd'hui.
04:22L'inflation, elle s'applique à tout le monde,
04:24et les coûts de l'énergie qui se sont envolés,
04:27les mêmes petites entreprises auraient pu se saisir de la prime de transport
04:32pour que leurs salariés puissent venir travailler.
04:34La hausse du salaire, il n'y a que comme ça qu'on arrivera à résoudre
04:39et à diminuer la baisse de production et du productif.
04:42Et c'est une vraie conditionnalité de l'aide publique versée aux entreprises.
04:46À ce moment-là, il faut qu'ils négocient avec le gouvernement, l'exécutif,
04:51sur le projet de budget,
04:54en ne leur enlevant peut-être pas tout ce qui était prévu dans le budget.
04:59Mais je...
05:00Donc on leur fait porter la hausse du SMIC,
05:02et après c'est à eux de négocier ce qui pourrait leur permettre d'augmenter le SMIC.
05:05Écoutez, nous, on nous fait négocier à chaque fois,
05:09et je rappelle, le SMIC, il est aujourd'hui compensé, amélioré avec la prime d'activité.
05:19C'est le président de la République qui l'avait donné après la conférence citoyenne.
05:22Eh bien, si on augmente le SMIC et qu'on baisse un peu la prime d'activité,
05:28on peut faire des vases communiquants,
05:30mais il faut un coup de pouce au SMIC.
05:32Comment les mêmes qui nous expliquent plein de choses sur l'économie
05:36arriveraient à vivre avec 1260 euros par mois ?
05:40C'est la même chose sur l'encadrement des loyers.
05:42Vous allez entamer le 4 novembre des négociations sur l'emploi des jeunes,
05:47syndicats et patronales.
05:49Leur taux de chômage a atteint 21,6%.
05:52Pour l'ensemble de la population, c'est 8,3%.
05:55Quelles mesures vous avez en tête pour faire baisser ce chiffre ?
05:59Répondre à leurs besoins qui s'expriment là,
06:01depuis plusieurs week-ends, dans les rues des grandes villes.
06:04La première mesure à laquelle il faut que nous pensions,
06:09c'est comment est-ce qu'on redonne de l'attractivité au travail ?
06:11Comment est-ce qu'on arrête, on revoit l'orientation dès le collège ?
06:19Qu'on arrête peut-être d'envoyer dans des filières ou dans des branches
06:23où à la fin, vous sortez certes diplômé et c'est tant mieux,
06:27mais vous n'avez pas d'emploi.
06:29Comment est-ce qu'on arrive à revaloriser les métiers manuels ?
06:32Comment est-ce qu'on arrive à revaloriser l'industrie ?
06:34On ne peut pas se permettre en France
06:36d'avoir le plus bas taux d'emploi des 15-25 ans de toute l'OCDE.
06:41Et avoir le plus bas taux d'emploi des 55-64 ans.
06:45On nous expliquerait que notre carrière professionnelle,
06:48elle est pérenne entre 30 et 55 ans.
06:51Et l'entrée dans le monde du travail, ça ne marche pas.
06:55La sortie du monde du travail, ça ne marche pas.
06:57Donc les discussions, et moi je le dis,
06:59alors à Eiffo nous le disons depuis des années,
07:02on ne peut pas laisser ces générations
07:05sans emploi et sans perspective.
07:07Donc ça passe par l'apprentissage,
07:08ça passe par une rencontre plus précoce
07:10avec le monde de l'entreprise pour ces jeunes ?
07:12Mais l'orientation, on doit pouvoir en discuter,
07:16mais en discuter pragmatiquement.
07:19Pas vous dire,
07:20ah ben parce que tes résultats scolaires ne sont pas terribles,
07:23tu vas aller faire un apprentissage,
07:25tu vas aller faire un métier manuel.
07:27Arrêtez de dévaloriser,
07:28il faut qu'on arrête dans notre pays
07:30la dévalorisation de ces métiers manuels.
07:33Moi je viens de l'apprentissage,
07:34et regardez, ça permet d'avancer dans la vie,
07:37j'ai 59 ans maintenant,
07:38et j'ai fait une vraie carrière professionnelle.
07:40Donc l'apprentissage, l'alternance,
07:43il faut qu'on arrive à trouver des solutions,
07:46mais en plus de cela,
07:47il faut que ces solutions soient pérennes
07:49et que ça donne à la fin un vrai contrat de travail.
07:52Pour toutes ces causes,
07:53les salaires, le service public, l'emploi, l'industrie,
07:56vous appelez à une mobilisation avec les autres syndicats
07:58le 5 novembre,
07:59ce sera un jeudi,
08:01avec ce qui se passe ces week-ends,
08:03depuis le 17 octobre.
08:05Est-ce que ces mobilisations-là sont efficaces,
08:08d'après vous, très vite,
08:09pour finalement répondre aux problématiques de la population ?
08:14Nous avons appelé en intersyndicale
08:17dès le 3 octobre,
08:18c'était après la mobilisation du 29 septembre.
08:22Alors certains disent la grève générale
08:24ou la grève généralisée,
08:25je ne sais pas ce que c'est la grève générale
08:26ou la grève généralisée,
08:27on n'appuie pas sur un bouton
08:28pour demander aux gens de se mettre en grève
08:30et de se mobiliser.
08:31Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
08:33Maintenant, la mobilisation du jeudi 5 novembre,
08:37elle va être forte
08:38et j'aimerais,
08:39ce que nous aimerions tous,
08:41c'est que l'exécutif entende,
08:44comprenne,
08:45plutôt que de nous répondre
08:46que quand il y a de la casse ou du pillage
08:48que nous contestons
08:50et que nous condamnons à chaque fois.
08:52Merci beaucoup Frédéric Suillet
08:53d'être venu nous voir ce matin,
08:54secrétaire général de Force Ouvrière.
08:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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