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Conférence de presse de l’AJP : Mme Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise de l’Assemblée nationale, députée du Val-de-Marne
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10:59Il faut rappeler plusieurs choses. D'abord, il y a une émotion dans le pays qui est immense parce que,
11:05comme d'ailleurs la première vice-présidente de l'Assemblée nationale pour notre groupe l'a redit lors des questions
11:09au gouvernement, lorsqu'elle dit ça aurait pu être moi comme femme noire, ça aurait pu être ma mère, ça
11:15aurait pu être mes enfants.
11:17Chacun et chacune a conscience dans ce pays, avec des millions de personnes qui souffrent du racisme, qu'un seuil
11:22a été franchi. Et là, nous avons une personne qui est morte, Pengo. Nous avons cinq personnes qui ont été
11:31blessées et une ville qui est traumatisée.
11:33Mais nous savons, et le maire de la ville, Ali Rabé, l'a redit à plusieurs reprises, nous savons que
11:37le bilan aurait pu être bien plus grave, notamment parce que, comme le pointe le maire de la ville,
11:42s'il n'y avait pas eu un temps plutôt mauvais, d'habitude, à cette heure-là, sur le marché
11:48de trappe, il y a énormément de monde qui s'y trouve.
11:51Et puisque le tireur a tiré 128 fois, s'il y avait eu beaucoup de monde au marché, alors nous
11:57aurions fait face à une tuerie de masse.
12:00Donc, il y a non seulement une émotion, mais une colère très forte dans le pays du fait de pouvoir
12:06être visé juste pour sa couleur de peau, sa religion réelle ou supposée.
12:10Et donc, c'était heureux que nous fassions une minute de silence avec, et je le suis inopposante, avec des
12:17mots qui ont été prononcés par Yael Brun-Pivet
12:19qui, moi, me conviennent sur ce qui a été dit lors de cette minute de silence.
12:24Pourquoi est-ce que derrière, on arrive à une scène qui est indigne ?
12:28Parce que vous avez M. Chenu, qui pose la question au gouvernement, qui le jour même redit encore ce qui
12:35a été dit depuis des années sur trappe.
12:37Ce n'est pas un hasard que ça arrive à Trappe, qui redit encore que Trappe est une ville de
12:42djihadistes.
12:42Il l'a dit la veille, il le redit le jour même. Et lorsqu'il pose une question au gouvernement,
12:47que fait le Premier ministre ?
12:48Plutôt que de répondre au Rassemblement national en leur disant qu'il faut faire attention aux mots, que le racisme
12:55tue dans notre pays,
12:56eh bien, il s'en prend à la France insoumise. Et on se retrouve dans une situation où le Premier
13:03ministre met en balance la mort de Quentin de Ranck
13:09avec la mort d'un homme dans un attentat raciste. Et nous le savons, celui qui a tiré, non seulement
13:18avait un exemplaire de Mein Kampf chez lui,
13:19mais vos confrères et consoeurs de Mediapart ont montré qu'il avait été fortement armé idéologiquement.
13:26Évidemment, ce n'est pas eux qui tenaient les armes, mais armé idéologiquement, notamment par l'extrême droite.
13:32Je pense à M. Zemmour, je pense au Rassemblement national. Et donc c'est une honte d'en arriver à
13:37des choses comme ça.
13:37— Il avait la Bible et le Coran aussi chez lui. — Comment ? — Il avait la Bible et
13:41le Coran, paraît-il, chez lui.
13:43— Oui. Enfin, Mein Kampf... J'espère que vous ne comparez pas Mein Kampf à la Bible et au Coran.
13:48Enfin je veux dire, avoir un livre d'Hitler
13:51et comme le reporte Mediapart, diffuser des messages qui viennent directement de l'extrême droite, on sait que le tueur
13:59est quelqu'un
14:00qui a été fortement influencé par l'extrême droite. Et donc moi, je le dis avec beaucoup de solennité, il
14:06faut un sursaut dans ce pays.
14:08Ce n'est pas acceptable pour n'importe quel républicain que des personnes aient peur du fait de leur couleur
14:14de peau, du fait de leur origine,
14:16du fait de leur religion réelle et supposée. Il faut dire les termes. Ce qui s'est passé vendredi à
14:21Trappes est certes un acte terroriste raciste,
14:24c'est un acte islamophobe, c'est un acte négrophobe, et il faut se réveiller sur ce que cela veut
14:30dire dans notre pays.
14:31Parce que des millions de gens ont peur. Moi, j'étais à Trappes samedi dernier, le lendemain, et à Trappes,
14:38les gens réfléchissent à quitter la ville,
14:41Ali Rabé le dit aussi, les gens réfléchissent parfois même à quitter le pays. Quand vous entendez, par exemple, des
14:46personnes qui expliquent
14:47« Comment pourrais-je élever mes enfants dans un pays dans lequel ils peuvent se faire potentiellement tuer ? »
14:53Donc la question de la lutte antiraciste doit être prise extrêmement en sérieux, et je crois que le Premier ministre
14:59serait passé complètement aux côtés de cet aspect-là, et c'est extrêmement dommageable et indigne de sa part.
15:05Quelle suite est-ce que vous envisagez après la séance d'hier ? Est-ce que vous allez revenir sur
15:10le sujet, peut-être aujourd'hui ou dans les prochains jours ?
15:13Et quelles conséquences vous en tirez sur, éventuellement, la campagne présidentielle qui a déjà commencé,
15:21et on constate de façon assez tendue, d'une façon générale ?
15:27Alors les suites, évidemment, il y en aura, et moi je veux commencer par vous remercier, parce que j'observe
15:33que dans plusieurs médias,
15:35ce qui s'est passé vendredi à Trappes fait partie, soit ne fait plus partie des sujets, soit fait partie
15:40du troisième au quatrième sujet évoqué.
15:43Et quand je vous parlais à la fois de l'émotion et de la colère très forte, je crois que
15:47c'est important de ne pas banaliser ce qui s'est passé,
15:49donc je vous remercie de commencer notre entretien par cela. Donc évidemment, on va continuer, mais au-delà de l
15:57'émotion,
15:57de l'hommage qui est rendu à Pengo Bossio Wangui, au-delà de cet hommage-là, il y a évidemment
16:04ce qui va se passer à Trappes vendredi,
16:06où à l'appel du maire à l'Irabé, il y aura une grande marche où j'espère que nous
16:10serons les plus nombreux et nombreuses possibles.
16:12Il y a eu des rassemblements qui s'organisent un peu partout dans les mairies,
16:16et je crois que c'est très important qu'il y ait un sursaut populaire tel que celui-ci.
16:21Et ensuite, il faut que chacun et chacune fassent un examen de conscience.
16:25Et à la fois, je le dis, il y a un climat politique, je parlais de l'extrême droite,
16:29et ça s'est revenu beaucoup dans la colère des habitants, un gouvernement et un président de la République
16:35qui a maintenu pendant longtemps M. Retailleau comme ministre de l'Intérieur,
16:38qui a toujours aujourd'hui Mme Aurore Berger, qui est censée être la ministre en charge de la lutte contre
16:44les discriminations
16:45et qui expliquait il y a quelques semaines que la théorie du grand remplacement n'était pas une théorie ni
16:49raciste ni complotiste,
16:50mais un débat politique dont on pouvait discuter.
16:53Il y a un président de la République lui-même qui, à des moments, a dit
16:56« Le problème des urgences et de l'hôpital public, c'est qu'il y a trop de mamadou. »
17:02Donc il y a évidemment le champ politique et il y a aussi le champ médiatique.
17:06Et je le dis, pourquoi est-ce qu'il y a une colère contre certaines chaînes d'information en continu
17:10notamment ?
17:10C'est parce qu'il y a non seulement les invitations avec parfois des propos racistes
17:14qui sont laissés sans qu'il n'y ait de réponses, de contradictions qui sont apportées par les journalistes,
17:21mais en plus un choix de certains sujets qui, là aussi, valorisent certaines polémiques racistes.
17:26On a vu ce qui s'est passé pendant des semaines dans notre pays sur la question de faut-il
17:30interdire oui ou non le voile.
17:32Et cette ambiance-là mène à une ambiance qui est insupportable pour nous qui croyons
17:36que la France est d'abord et avant tout une nation politique et non une nation ethnique
17:41comme le défend l'extrême droite depuis des décennies.
17:44Chantal.
17:44Oui, vous... Le maire de Trapp organise une manifestation samedi. C'est très bien.
17:50Vendredi.
17:51Vendredi, pardon. Il y en a eu des spontanés.
17:54Est-ce que les socialistes pourront s'exprimer dans ces manifestations ?
18:00Parce qu'on a vu le maire de Paris interdit de parole à Paris.
18:05On a vu M. Glucksmann un peu aussi siffler.
18:10Enfin, je veux dire, est-ce que LFI a le monopole de l'indignation antiraciste ?
18:16Non, je crois pas. Et si vous regardez précisément ce qui s'est passé ces derniers temps,
18:20il se trouve que sur les questions... Alors, je décale un peu, mais ça va répondre à votre question, vous
18:25allez voir.
18:26Par exemple, sur les questions liberticides et sur toutes les attaques sur la question du droit de manifester,
18:31les interdictions qui ont été posées la semaine dernière, un président de la République qui explique
18:36que certains citoyens seraient légitimes à déclarer des manifestations et d'autres ne le seraient pas,
18:41qui disent que la recommandation, c'est de ne pas aller manifester,
18:43et qui a été désavouée dans cela par la puissance de la mobilisation qu'il y a eu le 24
18:48octobre,
18:50eh bien, nous avons été plusieurs partis.
18:52Alors, il y a les communistes, les écologistes, la France insoumise, les socialistes, pas place publique,
18:58mais nous avons déposé en commun un recours sur un sujet très important qui est celui du droit de manifester,
19:04qui, je le rappelle, dans notre pays est lié intimement, alors dans toutes les démocraties,
19:09mais à la liberté d'expression, et c'est y compris reconnu tel quel par la jurisprudence.
19:14Donc, lorsqu'il y a des sujets d'une importance telle, je crois que la question n'est pas une
19:19question partisane.
19:20Et nous, nous appelons le plus de monde possible à vraiment se réveiller sur cette question-là.
19:28Et donc, je crois que quiconque est républicain devrait être à trappe pour défendre ce qu'est la République
19:35et réaffirmer ce que je disais tout à l'heure, que la France n'est pas une couleur de peau,
19:38puisque toutes les couleurs de peau sont françaises.
19:41La France n'est pas une religion. Il y a beaucoup de religions en France,
19:43et même beaucoup de gens qui n'ont pas de religion.
19:45La France n'est même pas la langue française.
19:47La France est laïque, même.
19:48Tout à fait. La France n'est même pas la langue française,
19:52puisque nous la partageons avec 28 autres pays dans le monde.
19:54La France, c'est l'adhésion commune à notre devise républicaine,
19:57liberté, égalité, fraternité.
20:00Jannick.
20:00Oui, juste tout de même, pour rebondir sur la question précédente,
20:05il y a eu tout de même des manifestations et des mobilisations différentes
20:09à propos de l'affaire de Trappes, la malheureuse affaire de Trappes,
20:13entre le PS Place Publique et vous-même.
20:15Et il n'y a pas seulement que des questions partisanes,
20:18il y a des questions de fond.
20:20Beaucoup, beaucoup de socialistes estimant que vous avez l'indignation à géométrie variable
20:24et qu'on ne vous a pas vu vous mobiliser de façon justifiée pour 4 Trappes, bien évidemment,
20:29mais beaucoup moins vous mobiliser aussi massivement et aussi rapidement
20:33lorsqu'il y a eu des affaires d'antisémitisme en France.
20:36Vous faites référence à quelle affaire dans laquelle nous ne sommes pas mobilisés ?
20:41Écoutez, tout ce qui a pu se déclencher depuis des années vis-à-vis de Français d'origine juive...
20:48C'est faux, madame.
20:48Alors, juste, je termine, on ne va pas refaire toutes les déclarations
20:53et les prises de position des uns et des autres depuis le 7 octobre et après,
20:58le 7 octobre aussi, je reconnais, mais au moins au moment du 7 et du 8 octobre.
21:03Non ? Alors, c'est tout à fait faux.
21:06Vous mélangez beaucoup de sujets en même temps et je le dis d'autant plus
21:09que nous, nous avons toujours été de celles et ceux qui refusons absolument
21:14qu'on assimile nos concitoyens et concitoyennes juifs et juives
21:18à la politique génocidaire de Netanyahou.
21:20Donc nous, nous ne sommes pas d'accord pour assimiler les deux.
21:22Si vous voulez parler, on va faire dans l'ordre,
21:25si vous voulez parler de la qualification du 7 octobre,
21:27nous l'avons qualifiée de crime de guerre,
21:29ce que dit aussi la Cour pénale internationale,
21:31nous regrettons toutes les vies, peut-être est-ce la différence avec d'autres
21:35qui, effectivement, peuvent avoir une géométrie variable,
21:38voire une hiérarchisation, en tout cas, c'est un sentiment
21:41qui existe beaucoup dans notre propre pays,
21:43un sentiment de hiérarchisation des vies.
21:45Nous, toutes les vies nous concernent et toutes les morts, nous les déplorons.
21:49Donc, à chaque fois qu'il y a eu un acte terroriste antisémite,
21:53une personne prise à partie parce que juive, nous avons été à leur côté.
21:56À chaque fois, nous étions à la marche pour Myrick Noll, nous étions...
22:00Donc, par contre, peut-être n'avez-vous pas noté qu'hier,
22:03il manquait quelqu'un sur les bancs de notre Assemblée lors de la minute de silence.
22:07Peut-être n'avez-vous pas vu que Marine Le Pen n'a même pas daigné faire le déplacement
22:11pour faire la minute de silence pour les victimes de l'acte terroriste de Trappes.
22:17Donc, nous, oui, mais je le dis pour qu'on soit au clair,
22:23nous, nous n'avons pas l'indignation variable.
22:25Et nous, quand nous disons « toutes les vies se valent, toutes sans exception »,
22:29c'est ce que nous tenons à chaque moment.
22:31Et je vais même aller un peu plus loin.
22:34Nous, dans ce que nous défendons comme antiracistes,
22:37nous considérons que la hiérarchisation et la séparation de la lutte contre l'antisémitisme
22:43des autres luttes contre toutes les formes de racisme
22:47est une séparation qui fait du mal, y compris à celles et ceux qui sont victimes d'antisémitisme.
22:52Et nous, nous sommes aux côtés, par exemple, de l'Union juive pour la paix.
22:56Nous sommes aux côtés de Tzedek,
22:58qui disent qu'ils refusent la hiérarchisation des racismes
23:01et qu'il faut lutter de manière cohérente contre tous ces racismes,
23:04ce que nous faisons avec détermination.
23:09Non, j'ai...
23:14On n'est pas dans un débat, pardon.
23:16Nicolas.
23:17Attention.
23:20Oui, une précision.
23:22Vous parlez d'actes islamophobes, comme le maire de Trappes, d'ailleurs.
23:27Mais le procureur n'emploie pas du tout cette expression-là.
23:30Donc je voudrais savoir si vous disposez d'éléments plus importants que le procureur.
23:35Pourquoi vous vous fondez pour parler d'actes islamophobes ?
23:38C'est-à-dire que le procureur ne parle pas non plus d'actes négrophobes.
23:42Pourtant, il est évident que des personnes ont été directement visées parce qu'elles étaient noires.
23:48Donc nous, pourquoi est-ce que nous parlons d'actes islamophobes ?
23:52Il se trouve que, d'abord, il a choisi spécifiquement d'aller à Trappes.
23:56Ça, c'est une première chose qui est avérée.
23:59La deuxième chose, c'est qu'il a été à un moment dans son parcours proche d'une mosquée.
24:04La troisième chose, c'est que oui, il disait clairement qu'il voulait viser des Noirs et des Arabes avec
24:10ce que je disais sur la religion réelle ou supposée,
24:12qui est clairement un motif qu'il a affirmé, puisque le tireur, en tout cas de ce qu'on sait
24:17dans la presse, de ce qui a été dit dans cette enquête à cette étape,
24:21le tireur disait qu'il voulait venger les commerçants qui avaient été pillés le 17 octobre, et donc qu'il
24:28voulait s'en prendre aux Noirs et aux Arabes.
24:30Et d'ailleurs, vous remarquerez que dans les témoignages, lorsqu'il a croisé des personnes blanches, il leur a dit
24:35« c'est votre jour de chance » et il ne leur a pas tiré dessus.
24:37Et quand je disais « on a évité une tuerie de masse », il y a non seulement ce que
24:42je disais sur la question du marché, qui à cette heure-ci, de manière fort heureuse,
24:46était quasiment vide, mais en plus de cela, moi j'ai eu plusieurs témoignages en allant directement à Trappes, de
24:52personnes sur lesquelles le tireur a tenté de tirer,
24:56et c'est l'arme qui s'est enrayée et qui leur a permis de survivre à cette tentative d
25:03'actes terroristes sur leurs personnes.
25:04Donc on a évité vraiment quelque chose qui est grave, et je le dis plus généralement, racisme peut contenir toutes
25:12les formes de racisme.
25:13Donc actes terroristes racistes est une manière d'investiguer les choses qui nous convient très bien.
25:20Est-ce qu'il y a d'autres questions sur ce sujet terrible ?
25:24Avant qu'on passe à d'autres questions, on attend samedi l'acte 3 de la mobilisation sociale, après le
25:3317 et le 24 octobre.
25:35Est-ce que vous vous attendez, est-ce que vous vous appelez à une mobilisation importante,
25:39alors que le gouvernement a commencé à répondre au mouvement lycéen,
25:44qui a, on l'a vu, largement alimenté les mobilisations des deux premières semaines ?
25:51Est-ce que vous craignez qu'après les premières réponses du gouvernement,
25:54même si elles ne satisfont pas complètement les lycéens,
25:57il y ait peut-être une sorte de reflux de la mobilisation ?
26:01Alors, évidemment, nous nous appelons à aller manifester,
26:05non pas nous, juste nous, la France insoumise, en disant aux personnes de sortir dehors,
26:10mais nous appelons à manifester à l'appel à la fois de l'union syndicale lycéenne,
26:14de l'union syndicale étudiante, de l'ensemble des syndicats lycéens et étudiants,
26:18et de plusieurs syndicats qui se sont joints à la bataille, avec une date de samedi.
26:23Il y aura aussi une date très importante la semaine d'après, le jeudi,
26:26puisque Sophie Binet et la CGT appellent à une grève généralisée,
26:31à partir du jeudi 5 novembre, et donc avec une coalition des colères qui s'est faite.
26:36D'abord, peut-être pour dire dans les choses qui sont très impressionnantes,
26:39moi je veux dire que je ne m'attendais pas, samedi dernier, samedi 24,
26:43à ce qu'il y ait autant de monde et une mobilisation aussi forte,
26:46presque plus puissante même que celle du 17 octobre,
26:49puisqu'il faut se rappeler qu'il y a des manifestations qui ont été interdites,
26:52qu'il y a une politique de la peur qui a été faite,
26:55notamment avec à la fois le déploiement de centaures,
26:58de couvre-feu qui ont été déterminés,
27:01mais aussi le fait de donner des consignes de sévérité extrême,
27:04puisque après 10 000 gardes à vue,
27:06où il a été très clairement dit par un commissaire que ces 10 000 gardes à vue,
27:10notamment sur des enfants,
27:11visaient à tenter d'intimider les enfants et leurs parents.
27:14Maintenant, lorsqu'il y a des comparutions immédiates,
27:16il y a des consignes pour à la fois suspendre le droit de vote,
27:20pour prévenir les employeurs.
27:22Nous savons que, par vos collègues de Blast,
27:25que Lecornu a écrit une lettre pour peut-être suspendre les réseaux sociaux le 24 octobre,
27:30ce qui est quand même rarissime et qui nous rappelle des régimes fortement autoritaires dans le monde.
27:35Et une politique de la peur, évidemment,
27:38avec un bilan de ce mouvement sur le nombre de personnes qui ont perdu un œil,
27:43qui ont perdu une main,
27:45qui, y compris, ont perdu des dents, comme c'est arrivé à un jeune,
27:48qui est effrayante pour un pays comme la France.
27:51Et je le dis parce qu'on n'en a pas assez parlé.
27:53Il y a eu un mort le 17 octobre.
27:55Il s'appelait Christophe.
27:56Il vient d'Ivry-sur-Seine, c'est-à-dire l'endroit où je suis élue.
27:59Et il se trouve qu'aujourd'hui,
28:02la famille a appris par voix de presse,
28:04c'est-à-dire que ce sont des journalistes qui l'ont appelé,
28:07pour dire que l'autopsie, du coup, de son compagnon avait eu lieu,
28:11ce qu'elle ne savait pas.
28:13Et l'autopsie révèle une défaillance,
28:16notamment cardio-respiratoire aiguë,
28:18qui fait qu'il pourrait y avoir un lien,
28:20en tout cas que ça n'exclut pas le lien
28:22avec notamment la question des gaz lacrymogènes.
28:24Donc toute cette politique de la peur...
28:25Il y a une enquête d'ailleurs sur ce sujet qui est en train de...
28:27Exactement.
28:27Toute cette politique de la peur,
28:29normalement, visait à ce que les gens restent chez eux.
28:31Et moi, j'ai été très impressionnée par le mouvement du 24,
28:35parce qu'à force d'avoir fait une stratégie du pourrissement du gouvernement,
28:38il faut comprendre que les mesures qui ont été annoncées en début de semaine,
28:41peut-être qu'elles auraient pu, on va dire,
28:43être une première réponse politique qui pourrait être intéressante
28:47si elles étaient arrivées quelques jours après le début du mouvement.
28:50Le problème d'avoir laissé pourrir aussi longtemps,
28:52c'est que désormais se sont joints à ces colères
28:54la question de la vie chère,
28:57la question des salaires,
28:58on en reparlera dans la niche peut-être,
29:00la question, depuis le 24,
29:03de la défense des libertés publiques
29:04et notamment de la défense du droit de manifester.
29:06Et donc, le fait que toutes ces colères se soient coagulées
29:09fait que la réponse qui a été apportée par le gouvernement
29:12n'est pas à la hauteur,
29:13d'autant plus quand vous avez un ministre de l'éducation
29:14qui dit, hop, hop, hop,
29:16quand c'est fini les vacances scolaires,
29:17lundi, il faut retourner en classe,
29:19alors que les revendications n'ont pas été satisfaites
29:22à la hauteur de ce qui est demandé aujourd'hui
29:24et qui sont des revendications, à la fois très raisonnables.
29:26Quand vous avez dans la 7e puissance économique au monde
29:29des jeunes, des lycéens,
29:31qui demandent juste à avoir un prof en face d'eux,
29:33des locaux dans lesquels il n'y a pas de plafond
29:35qui leur tombe dessus,
29:37bon, ceux qui expliquent et celles qui expliquent
29:40que c'est parce qu'ils ne veulent pas aller en cours,
29:42je crois, sont très, très à côté de ce qui se passe.
29:44Et donc, je pense que ce mouvement social
29:47n'a pas fini de se déployer
29:48et que le gouvernement doit répondre
29:50à une hauteur qui est autre que celle qui a été faite.
29:53Et donc, je crois que samedi,
29:54il y aura encore beaucoup de monde
29:55et jeudi prochain de nouveau.
29:57Victor.
29:58Oui, bonjour, madame la présidente.
29:59Victor Delers pour Le Parisien.
30:00Au sujet des réponses, justement,
30:01sur la mobilisation,
30:03je voulais vous questionner
30:03sur le sujet de la commission d'enquête
30:06qui, on voit, s'enlise un petit peu.
30:08Il y a eu ce désaccord
30:08sur la nomination des co-rapporteurs
30:11telle que la commission d'enquête
30:12avait été créée à partir de la commission des lois.
30:14Est-ce que vous êtes prêts, de vous, aujourd'hui,
30:16à vous remettre autour de la table ?
30:17Est-ce que pourrait être envisagée
30:19une commission d'enquête ad hoc,
30:20peut-être en conférence des présidents,
30:22comme le voulait initialement Yael Brown-Pivet ?
30:24Voilà, où vous en êtes-vous
30:25dans ces discussions-là ?
30:27Merci pour cette question,
30:28parce que ça me permet de parler
30:29de la commission d'enquête.
30:29Alors, est-ce qu'on est prêts
30:31à se remettre autour de la table ?
30:32Non, on n'a jamais quitté la table.
30:33En fait, ce qui est en train de se passer,
30:35c'est que le Rassemblement national
30:37est en train d'empêcher
30:38une commission d'enquête
30:39qui est très attendue,
30:40notamment par les familles de jeunes
30:42qui ont été mutilées
30:43pour comprendre ce qui s'est passé,
30:44par des commerçants qui expliquent...
30:46J'ai vu, par exemple,
30:48des témoignages à Bordeaux,
30:49des commerçants qui expliquent
30:50que le 17 octobre,
30:52il n'a pas été donné consigne
30:54de protéger les commerces
30:55et qu'on a préféré mettre
30:56les forces de l'ordre
30:57à un autre endroit.
30:57Donc, il y a beaucoup de questions
30:59et de réponses
31:00qui sont attendues
31:01de cette commission d'enquête.
31:02Or, aujourd'hui,
31:03ceux qui sont en train de la bloquer,
31:05c'est le Rassemblement national
31:07et des par horizon, notamment.
31:09Pourquoi ?
31:09Qu'est-ce qui s'est passé ?
31:10Il y a eu la proposition, du coup,
31:12de faire trois co-rapporteurs
31:13en conférence des présidents.
31:15Moi, j'étais de celle
31:15qui avait proposé
31:16qu'il y ait trois co-rapporteurs.
31:17J'avais même proposé, au départ,
31:19seulement deux rapporteurs
31:20de l'opposition
31:20et un président
31:22qui est, lui,
31:23du camp gouvernemental.
31:24On va appeler ça comme ça
31:25puisqu'ils sont même plus majoritaires.
31:28Donc, il y a eu une élection.
31:31Évidemment, nous,
31:31nous avons présenté un candidat
31:33et j'aurais trouvé logique
31:34que la France Insoumise
31:35ait un co-rapporteur
31:36puisque nous avons été,
31:37dès le début,
31:38aux côtés des jeunes
31:38qui se mobilisaient.
31:40Et je le rappelle aussi,
31:42nous sommes particulièrement ciblés.
31:44Donc, j'aurais trouvé logique
31:46que la France Insoumise
31:47ait un co-rapporteur.
31:48Ça ne s'est pas passé.
31:49Nous avons été battus au vote.
31:51Est-ce que nous avons fait un caprice
31:53comme le Rassemblement national
31:54en quittant la commission d'enquête ?
31:56Nous n'avons pas fait ça.
31:58Nous ne sommes pas contents
31:59du résultat du vote,
32:00mais pourtant,
32:00nous voulions faire les travaux
32:01et nous avons des gens
32:02à interroger
32:03dans le cadre
32:03de cette commission d'enquête.
32:04Mais du coup,
32:05le Rassemblement national
32:06a, lui, décidé
32:06de quitter la commission d'enquête.
32:08Du coup, Horizon dit
32:10qu'il veut démissionner
32:11de son poste de rapporteur.
32:13Bref, pour les gens
32:14qui nous écoutent,
32:14c'est probablement une salade
32:15où ils ne comprennent rien.
32:16Si ce n'est qu'à la fin,
32:17ceux qui sont en train
32:18de mettre en danger
32:20une commission d'enquête
32:21qui a été décidée pourtant
32:22par tous les groupes parlementaires,
32:24eh bien, c'est le Rassemblement national
32:26par une attitude
32:26qui est une attitude
32:27de gamin.
32:29Je ne sais pas
32:29comment le qualifier autrement.
32:31Et c'est irresponsable
32:33de la part de Yaël Braun-Puivet,
32:34de Horizon et d'autres
32:35de proposer
32:36à ce qu'on reporte sans cesse.
32:38Il faut faire cette commission d'enquête
32:39avec ou sans
32:40le Rassemblement national.
32:41Jannick à nouveau
32:42et puis François.
32:43Oui, Jean-Luc Mélenchon,
32:45pour résumer ses propos,
32:47disait il y a quelques jours
32:48à peine
32:48que si la mobilisation
32:50continuait,
32:51si Sébastien Lecornu
32:52n'arrivait pas
32:53donc à désamorcer
32:54et apporter des solutions
32:57satisfaisantes
32:57pour tous les gens
32:59qui se mobilisent,
33:00eh bien,
33:00Emmanuel Macron
33:01serait en première ligne
33:02et devra en tirer
33:03des conclusions
33:04qui, semble-t-il,
33:06estime-t-il,
33:07devraient aller
33:07jusqu'à la démission
33:08avant, évidemment,
33:10la présidentielle.
33:11Est-ce que c'est ça
33:11qu'il faut comprendre ?
33:12Je crois qu'il l'a dit explicitement,
33:13mais je voulais avoir
33:14votre avis sur la question
33:16et qu'est-ce que ça voulait dire
33:17pour vous, finalement.
33:19Il a dit exactement
33:20que soit Emmanuel Macron
33:22devrait répondre
33:23aux revendications,
33:24soit il ne le resterait
33:25que la porte de sortie.
33:26J'explique sur la stratégie
33:27de pourrissement
33:28ce que je disais tout à l'heure.
33:29Le fait de n'avoir répondu
33:30que par la répression
33:31aux revendications
33:31qui se sont faites.
33:33Vous vous rappelez
33:34du mouvement
33:34des Gilets jaunes ?
33:35Les Gilets jaunes,
33:36ça avait commencé
33:37sur la question
33:37des prix des carburants.
33:38Ça termine par quoi ?
33:40Sur qui a le pouvoir
33:41dans ce pays ?
33:41Qui décide ?
33:42La demande du référendum
33:43d'initiative citoyenne,
33:44etc.
33:45Là, nous sommes dans un moment
33:46où se sont joints
33:47à la jeunesse de ce pays,
33:48à la fois des fonctionnaires,
33:49des retraités,
33:51des salariés,
33:52des cheminots,
33:53y compris des paysans.
33:54Je voyais la Confédération Paysanne
33:55qui par exemple
33:56est présente
33:56dans les manifestations.
33:58Sur la question de la vie chère,
33:59maintenant sur la question
34:00des libertés publiques
34:01qui se rajoutent aussi dedans.
34:03Et donc, au départ,
34:04des mots d'ordre
34:04qui étaient des mots d'ordre
34:05et des revendications
34:06qui étaient très précises.
34:07On veut 10 milliards,
34:09on veut la fin de la répression,
34:10la fin de Parcoursup.
34:11On va dire que c'était
34:12sur des conditions dignes d'études
34:14sur lesquelles il y avait
34:15la communauté éducative
34:16au sens large
34:16qui s'est mobilisée
34:17autour de la jeunesse.
34:19Eh bien, petit à petit,
34:20si vous écoutez
34:21dans les manifestations
34:22ce qui se dit,
34:23les gens crient
34:24Macron démission.
34:25Pourquoi est-ce qu'ils crient ça ?
34:26Quand vous n'avez
34:27aucune réponse politique.
34:29À la fin,
34:29la question qui est posée,
34:31c'est le départ
34:32de celui qui refuse
34:33d'écouter politiquement.
34:35Et moi,
34:35je trouve que ce qui est intéressant
34:36dans les annonces
34:37qui ont été faites
34:39en début de semaine,
34:40évidemment,
34:41elles sont insuffisantes,
34:42mais elles montrent quelque chose.
34:43Je trouve que c'est
34:44la première fois
34:44depuis 8 ans
34:45que le pouvoir est aux abois
34:47et sur la reculade.
34:48C'est la première fois
34:49qu'ils commencent à lâcher
34:50quelque chose
34:51depuis les Gilets jaunes.
34:52Pourquoi ?
34:53Parce qu'ils ont peur
34:54de la puissance
34:55de cette mobilisation.
34:56Et quand nous avons eu
34:58de cesse de dire,
34:58on ne répond pas policièrement
35:00à une crise politique,
35:01mais on y répond
35:02par des réponses politiques,
35:04s'il n'y a pas
35:05des réponses politiques
35:06qui sont apportées,
35:07alors la question
35:07qui se posera,
35:08c'est effectivement,
35:09est-ce qu'Emmanuel Macron
35:10peut rester ?
35:10Alors je continue jusqu'au bout
35:12puisque c'est peut-être
35:12une question qu'on vous posera.
35:14M. Rotaillot, par exemple,
35:15je l'entendais,
35:16alors je ne sais pas
35:16de quoi il a peur,
35:17mais il dit
35:18il faut reporter encore
35:19les élections présidentielles
35:20parce que c'est le lendemain
35:21du 1er mai.
35:24Ah, moi j'avais entendu reporter,
35:26donc je n'avais même pas compris
35:26ce qu'il disait.
35:28Oui, plutôt avancé
35:29parce que la date
35:30qui a été choisie
35:30est a priori la plus tardive
35:32qui était possible.
35:32En tout cas,
35:34nous, sur la question
35:35de reporter,
35:36donc du coup,
35:37si ce n'est pas ça
35:38qu'il a dit,
35:38voilà,
35:38mais je réponds
35:39comme sur cette question,
35:40il est hors de question
35:41parce que là,
35:41tout le monde comprend
35:42qu'on est sur une fin de reine
35:44interminable d'Emmanuel Macron
35:45et qu'on n'a qu'une hâte,
35:46c'est d'en finir.
35:47Bon,
35:48si par contre,
35:49Emmanuel Macron,
35:50à un moment,
35:50veut avancer
35:51l'élection présidentielle,
35:52nous, nous y sommes prêts.
35:53Nous y sommes prêts.
35:55François.
35:56Vous êtes félicité
35:57tout à l'heure
35:58de la manifestation
35:59du 24,
36:00il y a eu celle du 17 aussi
36:02et le Sénat
36:03vient de voter
36:05une proposition de loi
36:08sur les casseurs payeurs.
36:11Quelle est votre position ?
36:12Est-ce que vous pensez
36:14que ça peut venir
36:16à l'Assemblée nationale
36:17d'ici la fin de l'année
36:19et d'être rapidement
36:21mis en exergue ?
36:23En tout cas,
36:24le gouvernement
36:25va essayer d'aller
36:26très vite,
36:26effectivement,
36:27sur cette loi
36:27casseur-payeur.
36:29Alors déjà,
36:29cette loi est très mal nommée.
36:30Donc il faut quand même...
36:31Parce que dans l'imaginaire
36:33des gens,
36:33vous cassez une vitrine,
36:35vous devez payer.
36:35Bon, ça existe déjà
36:36dans la loi,
36:37ça, il faut le dire.
36:38Donc si on devait
36:38renommer cette loi,
36:40c'est une loi
36:41qui porte une grave atteinte
36:43aux droits de manifester.
36:44Pour que tout le monde
36:44comprenne ce que veut dire
36:45cette loi,
36:46qui est dénoncée
36:47par Amnesty International,
36:49la Ligue des droits de l'homme,
36:50la Commission nationale consultative
36:51des droits humains,
36:52mais aussi le Conseil national
36:54du Barreau,
36:55le syndicat de la magistrature
36:56et par nombre
36:57d'organisations
36:58de défense des droits humains.
37:00Si chacun et chacune
37:01veut comprendre
37:01ce que veut dire cette loi,
37:03ça veut dire
37:03que vous êtes
37:04dans une manifestation
37:06et que dans cette manifestation,
37:08il y a par exemple,
37:08je prends un exemple,
37:09une vitrine qui est brisée.
37:12Vous n'avez pas brisé la vitrine.
37:14Il n'y a aucune preuve
37:15que vous ayez brisé la vitrine,
37:16mais comme vous avez été
37:17dans un attroupement
37:18dans lequel il y a eu
37:20une vitrine qui a été brisée,
37:21vous pouvez être responsable
37:23civilement
37:25de payer
37:26pour cette casse
37:27qui a été faite.
37:28Donc c'est,
37:29si je devais le dire,
37:30soit atteinte grave
37:30au droit de manifester,
37:32soit non casseur,
37:34mais quand même payeur.
37:35C'est ça en fait cette loi.
37:36Donc cette loi,
37:37c'est une atteinte
37:38sans précédent
37:39contre le droit de manifester.
37:41C'est extrêmement grave
37:43de faire cela.
37:44Et donc nous,
37:45quand cette loi arrivera
37:46à l'Assemblée nationale,
37:47nous la combattrons
37:48de toutes nos forces,
37:49de toutes nos forces,
37:50parce que c'est une atteinte
37:51très grave.
37:52Et je le dis d'autant plus
37:53dans une ambiance
37:53où on voit un glissement
37:55qui est en train de se faire
37:56sur l'autoritarisme.
37:57Alors il y a une dérive autoritaire
37:58d'Emmanuel Macron
37:59depuis longtemps
37:59qui a y compris été pointée
38:01par des rapporteurs spéciaux
38:03de l'ONU,
38:04des instances internationales,
38:05ce qui s'est passé
38:05à Sainte-Solines,
38:06ce qui s'est passé
38:07lors des Gilets jaunes,
38:08évidemment,
38:09lors des manifestations
38:10contre la retraite
38:11à 64 ans.
38:12Mais là,
38:12on est en train
38:13de franchir des seuils.
38:14L'association,
38:15par exemple,
38:15des avocats pénalistes
38:16disait de la semaine
38:18post-17 octobre
38:19que c'était probablement
38:20la semaine
38:21la plus répressive
38:22en termes judiciaires
38:23qui ait jamais connu
38:24notre pays
38:25de toute l'histoire
38:26de la Vème République.
38:27Et celui qui représentait
38:28cette association
38:29allait un peu plus loin.
38:30Et moi,
38:30je veux vous le dire
38:31tel qu'il l'a dit,
38:32parce que c'est assez provoquant
38:34pour que ça soit dit.
38:35Il disait
38:35« Mieux vaut être une vitre
38:37dans ce pays
38:38qu'être une femme violée,
38:40une femme battue
38:41ou un enfant battu. »
38:43Et je vais vous dire,
38:43moi,
38:44la famille de Christophe,
38:46ce manifestant
38:47qui est mort
38:47donc en manifestation,
38:48n'a eu aucun appel
38:50des autorités,
38:51ne savait donc pas
38:52quand l'autopsie a eu lieu,
38:53n'a toujours pas
38:54le rapport d'autopsie,
38:55ils ont des éléments
38:55comme ça par la presse.
38:57Et la famille,
38:58l'avocat nous disait
38:59« Rendez-vous compte
39:01qu'il y a beaucoup
39:02de responsables politiques,
39:03y compris au plus haut niveau,
39:04qui ont été voir
39:05des vitrines
39:06qui ont été cassées.
39:06Et évidemment,
39:07il n'y a pas de problème
39:09sur la question des commerçants.
39:10Mais rendez-vous compte
39:12qu'un homme est mort
39:12en manifestation
39:13et personne n'a eu
39:14un mot pour lui,
39:16pas un.
39:17Ça, c'est violent
39:18quand on est en train
39:19de vivre un deuil.
39:21Frédéric.
39:23Le débat budgétaire
39:24a repris hier
39:26sur le PLF.
39:29Plusieurs mesures
39:30ont notamment été supprimées,
39:31par exemple,
39:32la surtaxe sur les entreprises
39:33qui a été supprimée
39:34par les députés.
39:35Alors, première question,
39:36est-ce que vous êtes satisfait
39:37de ce débat budgétaire ?
39:39Est-ce que vous arrivez
39:39à faire avancer
39:40certaines de vos propositions ?
39:42Et deuxième question inhérente,
39:45est-ce que l'éventuelle
39:48motion de censure
39:49que vous pourriez déposer,
39:50dont vous faites peser
39:51la menace depuis plusieurs semaines,
39:52est-ce qu'elle est aujourd'hui
39:53d'actualité ?
39:54Ou est-ce que vous attendrez
39:55un 49.3 pour la déposer ?
39:58Alors, est-ce qu'on est satisfait
40:00des débats budgétaires ?
40:01Loin de là.
40:01Alors, on gagne des choses
40:03en commission,
40:04parfois à des endroits, etc.
40:05Mais quand on regarde
40:06ce qui se passe à la fois
40:07sur le budget
40:07et sur le budget
40:08de la sécurité sociale,
40:09il y a une alliance de fait
40:10entre la Macronie
40:12et le Rassemblement national
40:14qui, par rapport à d'autres années,
40:16a changé beaucoup de ses votes
40:17et qui vote main dans la main
40:19contre toutes les propositions
40:21que nous faisons
40:21pour remplir les caisses
40:22de l'État.
40:23Je le dis à un moment
40:24où on ne cesse de parler
40:25de la question de la dette,
40:27etc.
40:27Toutes les propositions
40:28que nous faisons
40:29pour y compris, d'abord,
40:31faire contribuer
40:32les plus riches de ce pays
40:33qui, eux,
40:34se sont beaucoup enrichis
40:36ces dernières années
40:36pendant qu'il y a
40:3811 millions de personnes
40:39qui vivent sous le seuil
40:40de pauvreté,
40:40qui, pour certains,
40:42ont faim,
40:43qui se retrouvent
40:43dans des situations
40:44avec un nombre record
40:46d'enfants
40:46qui se trouvent à la rue
40:47et on pourrait continuer
40:49malheureusement longtemps
40:50comme ça.
40:51Donc, toutes ces propositions-là
40:53sont rejetées
40:53depuis la Macronie
40:54en passant par la droite
40:55jusqu'à l'extrême droite.
40:57L'exemple que vous donnez
40:58est un exemple
40:58assez frappant.
41:00On enlève des milliards
41:02à chaque fois
41:02aux caisses de l'État
41:03pour, soi-disant,
41:05protéger l'investissement,
41:07la compétitivité
41:08de notre pays.
41:09Le résultat,
41:09c'est l'impasse
41:10dans lequel on se trouve
41:11aujourd'hui.
41:11Il faut comprendre
41:12que la situation économique
41:14du pays,
41:14elle vient de 10 années
41:16et peut-être même
41:17encore plus,
41:17on pourrait remonter,
41:18d'une même politique
41:20qui a toujours été menée
41:21en espérant
41:22que ça donne
41:22des effets différents.
41:23C'est faux.
41:24Ça ne donnera pas
41:24d'effets différents.
41:25Donc, il faut une rupture
41:26avec ça.
41:27Donc, non,
41:28nous ne sommes pas satisfaits
41:29et je veux même
41:30attirer votre attention.
41:31Il se trouve
41:31qu'à beaucoup de moments,
41:33la Macronie
41:34est complètement absente
41:35des débats.
41:36Vous savez à quel moment
41:37ils sont revenus...
41:38C'est Éric Coquerel
41:39qui me racontait ça,
41:40président de la commission
41:41des finances.
41:41Vous savez à quel moment
41:42ils sont revenus en force
41:44au moment où on discutait
41:45de l'aide médicale d'État
41:48pour diviser par deux
41:49le montant de l'aide médicale d'État,
41:51ce qui est une hérésie.
41:52Tous les médecins
41:52vous expliqueront
41:53que c'est une hérésie
41:54de baisser l'aide médicale d'État.
41:56L'Espagne,
41:57qui l'avait fait,
41:57a dû revenir sur cette question-là
41:59tellement c'était contre-productif
42:01sur ce que ça donnait.
42:02Et ça, ça montre aussi
42:03le glissement d'un pouvoir
42:04et des députés
42:05qui soutiennent ce pouvoir-là
42:07car il y a quelques années,
42:08ils s'opposaient fermement
42:10à ce qu'on baisse
42:11l'aide médicale d'État.
42:13Donc, voilà,
42:14moi, je suis inquiète
42:15de ce qui apparaît
42:17comme coalition
42:19pour défendre
42:19une même politique économique
42:20qui est un désastre
42:21pour la majorité des gens.
42:22Quant à la motion de censure,
42:24évidemment,
42:24s'il y a un 49.3,
42:25nous déposerons une motion,
42:26ça, c'est une évidence.
42:27Et sur une motion de censure
42:29dite spontanée 49.2,
42:31eh bien,
42:32tout est toujours d'actualité,
42:33évidemment,
42:33puisque nous pensons
42:34que ce pouvoir doit partir,
42:35et vite,
42:35mais nous choisirons
42:36notre moment
42:37et ce n'est pas aujourd'hui,
42:38voilà,
42:39pour répondre à cette question.
42:40Comment est-ce que vous voyez
42:41la suite des débats ?
42:41Parce que la semaine dernière,
42:43la partie recette
42:44du projet de loi de financement
42:45de la Sécurité sociale
42:46a été rejetée
42:46parce que le texte
42:47avait fini par ne plus
42:48convenir à personne.
42:50Il est assez vraisemblable
42:51que la même chose
42:53se passe sur la partie recette
42:55du projet de loi de finance
42:56de l'État,
42:57ce qui veut dire
42:58que ces textes
42:59sont envoyés
42:59dans leur version initiale
43:01au Sénat.
43:03Ça pose la question
43:04de l'aboutissement
43:05de tout ça
43:05pour un budget
43:06qui, somme toute,
43:07ne sera que provisoire
43:08d'ici à la prochaine
43:09élection présidentielle.
43:12Voilà,
43:12compte tenu de tout ça,
43:13la présidente
43:13de l'Assemblée nationale
43:15invite le gouvernement
43:16à utiliser un 49.3
43:18sans trop tarder,
43:19considérant notamment
43:20que ça permet davantage
43:22de tenir compte
43:23du travail parlementaire
43:24qui a été fait
43:24que d'éventuelles ordonnances.
43:26Comment est-ce que
43:26vous vous situez,
43:27vous,
43:28d'autres,
43:28on le sait,
43:29notamment Éric Coquerel
43:30a plaidé
43:31pour une loi spéciale.
43:33Il va falloir
43:34que d'une façon
43:35ou d'une autre,
43:35la France ait un budget
43:36au moins
43:37pour les six premiers
43:38mois de l'année.
43:39Comment est-ce qu'on s'en sort ?
43:40Alors d'abord,
43:41je veux quand même noter
43:42la faiblesse de ce pouvoir.
43:43Vous disiez
43:43projet de loi de financement
43:44de la Sécurité sociale
43:45et il y a eu,
43:47de mémoire,
43:48131 votes contre
43:50et une seule voix pour
43:51qui est,
43:52à mon avis,
43:52assez symbolique
43:53de la déliquescence
43:55de ce pouvoir
43:56et de cette minorité
43:57présidentielle
43:57qui se trouve
43:58à l'Assemblée nationale.
44:00Ça, c'est le premier point.
44:03Deuxième point
44:03sur où est-ce
44:04que doivent aller
44:05ces débats.
44:06Eh bien,
44:07quand vous disiez
44:08qu'Éric Coquerel
44:08proposait une loi spéciale,
44:11puisqu'il va y avoir
44:11l'élection présidentielle,
44:13qu'après l'élection présidentielle,
44:14il y aura de fait
44:15un budget rectificatif,
44:17oui,
44:17faisons une loi spéciale
44:18pour au moins
44:19éviter
44:19les 43 milliards
44:21de coûts budgétaires
44:22qui se trouvent
44:22dans le budget,
44:23les 12 milliards
44:24qui se trouvent
44:25dans le budget
44:25de la Sécurité sociale,
44:26notamment avec,
44:27de nouveau,
44:27le déremboursement
44:28de soins,
44:296 000 lits d'hôpitaux
44:30qui doivent être fermés,
44:31donc évitant des malheurs
44:32supplémentaires
44:33à notre peuple
44:34avec des choix
44:35qui sont d'une dureté absolue
44:36et je rappelle
44:38qu'une loi spéciale
44:39est un budget.
44:40Donc,
44:41contrairement à ce qui a été
44:42raconté à de nombreuses reprises
44:43sur s'il n'y a pas
44:45de budget voté
44:46à l'Assemblée,
44:47alors on se retrouve
44:49avec des cartes vitales
44:50qui ne fonctionneront pas
44:50au 1er janvier,
44:51toute la politique de la peur
44:52qui a été faite.
44:53Non,
44:53on peut faire une loi spéciale
44:55en attendant qu'il y ait
44:56l'élection présidentielle
44:57et ensuite,
44:58après l'élection présidentielle,
45:00il y aura
45:00un budget rectificatif.
45:03Quant à Yael Brunpivet,
45:04c'est quand même
45:05assez ironique
45:05d'être une présidente
45:06de l'Assemblée
45:06qui appelle elle-même
45:07à ce qu'on piétine
45:10l'Assemblée nationale.
45:11Je rappelle
45:11que Yael Brunpivet
45:12était déjà celle
45:13qui avait proposé
45:14qu'on utilise,
45:15et là aussi c'est symbolique,
45:16le 100e 49.3
45:18de l'histoire
45:18de la Ve République
45:19qui a été utilisé
45:20pour passer en force
45:21la retraite à 64 ans
45:23contre tout un peuple,
45:24contre tous les syndicats
45:25du pays
45:25et y compris
45:26contre l'Assemblée nationale.
45:28Donc je crois
45:28qu'une présidente
45:30d'Assemblée nationale
45:30ne devrait pas faire ça,
45:31d'autant que le Premier ministre
45:33ne le fera pas
45:34parce qu'en fait,
45:35non seulement
45:35ils ne gouvernent
45:36que par la peur,
45:37mais là,
45:37ils sont en train seulement
45:38d'attendre le plus longtemps possible
45:40pour pouvoir durer
45:41le plus longtemps possible
45:42avant une motion
45:43de censure éventuelle
45:44parce qu'ils savent
45:45qu'ils n'ont pas de majorité
45:46et qu'ils n'ont pas
45:47de majorité non plus
45:48dans le pays
45:48et que la colère
45:49est en train de monter.
45:51Justement,
45:51est-ce que le 49.3
45:53ne serait pas
45:54la possibilité
45:55finalement
45:55d'éviter,
45:57si tant est que ce soit
45:58effectivement le souhait
45:59du gouvernement,
45:59d'éviter les ordonnances
46:00qui reviennent
46:02pour ce qu'on en sait
46:03puisque ça n'a jamais été fait
46:04en matière budgétaire
46:05à appliquer tout simplement
46:06le texte initial ?
46:07Mais en fait,
46:09le problème,
46:09c'est qu'à la fin,
46:10on en arrive à nous demander
46:11qu'est-ce qu'on préfère
46:11entre la peste et le choléra
46:13parce que nous ne sommes pas
46:14d'accord avec le 49.3
46:15et les ordonnances,
46:17vous l'avez très bien dit,
46:19ça n'a jamais été utilisé
46:21dans la Vème République.
46:22Donc c'est un coup de force
46:23qui serait fait
46:24de manière encore plus forte
46:26à la démocratie.
46:27Donc nous,
46:29nous voulons
46:30que le peuple de France
46:31puisse choisir
46:32les grandes orientations
46:33qu'il souhaite pour le pays,
46:34ça c'est l'enjeu
46:35de l'élection présidentielle
46:36et qu'ensuite,
46:37à partir de là,
46:38il puisse y avoir
46:38un budget rectificatif
46:39et le plus simple,
46:40c'est effectivement
46:41la loi spéciale.
46:43Oui, Marie-Claude demande
46:44donc la situation économique
46:46effectivement en métropole
46:47est dramatique.
46:48Les Outre-mer,
46:49pareil,
46:50et la Nouvelle-Calédonie
46:52avec les émeutes de 2024
46:53ne se relève pas.
46:55Il n'y a pas
46:55toutes les aides possibles
46:57qu'on peut avoir ici
46:58et on en est
46:59à de la pauvreté terrible
47:01chez les jeunes.
47:02Donc vous en pensez quoi
47:03parce que je sais
47:04que vous connaissez bien
47:05ce territoire.
47:06Merci.
47:07Oui,
47:07merci beaucoup
47:08de me permettre
47:09d'en parler
47:09parce qu'effectivement,
47:10alors il faut
47:11se rappeler
47:12et je pense que
47:12c'est aussi une leçon
47:13pour ce qu'on est
47:14en train de vivre
47:14actuellement.
47:15Lorsqu'il y a
47:16un passage en force
47:17comme ça s'est passé
47:17en 2024
47:18sur le dégel
47:18du corps électoral,
47:20on arrive à 14 morts
47:21en Canaqui-Nouvelle-Calédonie,
47:23on arrive à 2 milliards
47:24de dégâts,
47:25vous l'avez dit,
47:26un territoire
47:26qui n'arrive pas
47:27à se relever
47:28avec en plus
47:29des aides
47:30qui ne sont pas pareilles
47:31donc il y a toujours
47:32une question sur
47:33y compris des alertes
47:34qui nous sont faites
47:35par les acteurs
47:36sur les risques
47:37des meutes de la faim.
47:38On nous signale
47:39que de plus en plus
47:41des situations
47:41où s'il n'y a pas
47:43la solidarité
47:44qui existe
47:44dans certains endroits,
47:45ils se retrouvent
47:46sans rien,
47:47c'est ça la réalité concrète
47:49et cette réalité
47:50déshonore notre pays
47:52parce que l'État
47:53pour le coup
47:54en Canaqui-Nouvelle-Calédonie
47:55est directement responsable
47:56du désastre
47:57et donc l'État
47:58doit payer
47:59pour réparer
48:00ce qui se fait
48:01en Canaqui-Nouvelle-Calédonie,
48:03en tout cas c'est ce que
48:03nous, nous voulons faire,
48:04en plus vous le savez
48:06parce que je sais que
48:06vous suivez aussi
48:08l'avenir de ce territoire,
48:09en plus pour nous
48:10de dire qu'il est temps
48:12que la Canaqui-Nouvelle-Calédonie
48:13puisse accéder
48:15à l'indépendance
48:15et nous voulons lui proposer
48:17d'avoir la France
48:18comme pays associé,
48:20en tout cas c'est la proposition
48:22dont nous voulons sortir
48:23par le haut
48:23du cycle de violence
48:24qui a été réactivé,
48:26alors que je le rappelle,
48:27il y avait là
48:28peut-être une possibilité
48:30pour la première fois
48:31de faire une décolonisation
48:32pacifique par le haut
48:33qui a été malheureusement
48:35ruinée par à la fois
48:36le refus de reporter
48:39la date du 3e référendum,
48:42le dégel du corps électoral
48:43et d'autres actes
48:44qui ont été posés
48:45et qui ont été vécus
48:46de manière extrêmement violente.
48:48Je me permets de dire
48:49un mot quand même
48:50sur les autres Outre-mer
48:51parce que là
48:51on est en train de parler
48:52beaucoup évidemment
48:53de la question de l'Hexagone.
48:55Il y a des mobilisations
48:57contre la vie chère
48:58à la Réunion par exemple,
48:59il y en a aussi
49:00dans les Antilles.
49:01Rappelez-vous dans les Antilles
49:02il y avait eu
49:03de nombreux mouvements
49:05contre la profitation
49:06à beaucoup de moments.
49:07Il se trouve que là
49:08dans les Antilles
49:10là encore
49:12malheureusement
49:12la seule réponse
49:13qui est accordée
49:13c'est la répression.
49:14Je rappelle que par exemple
49:15en Guadeloupe
49:16le droit à l'eau
49:16et à l'assainissement
49:17n'est toujours pas respecté
49:18que des enfants par exemple
49:19ratent l'école régulièrement
49:21parce qu'il n'y a pas d'eau
49:22à l'école
49:22qu'il arrive que
49:23lorsque vous ouvrez
49:24votre robinet en Guadeloupe
49:25puisqu'il y a des trous
49:27de tuyaux partout
49:28du fait de la filiale
49:29de Veolia
49:30qui est parti après 70 ans
49:31de délégation
49:32en service public
49:33il vous arrive
49:34j'utilise les mots
49:34d'une Guadeloupéenne
49:35il vous arrive
49:35d'avoir de l'eau
49:36avec de la matière fécale
49:38qui sort du robinet
49:39notamment parce que
49:41imaginez
49:41quand vous avez
49:42des pluies diluviennes
49:43que votre tuyau
49:44d'assainissement
49:45est en train de déborder
49:47et bien puisque l'autre
49:48est percée à côté
49:48d'eau potable
49:49et bien c'est comme ça
49:50que vous vous retrouvez
49:50avec de l'eau polluée
49:52au robinet
49:53ce qui est évidemment
49:53extrêmement grave
49:54et encore faut-il
49:55que votre robinet fonctionne
49:56parce que parfois
49:56des gens attendent
49:58pendant des heures
49:58pour avoir juste
49:59un simple filet d'eau
50:00et donc quand je dis
50:01ils ont répondu
50:02par la répression
50:03il se trouve qu'aujourd'hui
50:04il y a un jeune homme
50:05de 23 ans
50:06qui s'appelle Wendy
50:07qui est dans le coma
50:08et ce jeune homme
50:10est dans le coma
50:10après avoir
50:11selon sa famille
50:13percuté un véhicule
50:14de gendarme
50:14qui lui aurait
50:15je cite toujours
50:16sa famille
50:17donc je mets du conditionnel
50:18qui lui aurait roulé dessus
50:20qui l'aurait ensuite
50:20menotté
50:21et donc
50:22aux côtés de sa famille
50:23nous demandons
50:24la vérité
50:25sur ce qui s'est passé
50:26parce que je crois
50:27qu'il est important
50:27qu'il y ait une lumière
50:29qui soit faite
50:30sur ce drame
50:30et j'ose espérer
50:31que ce jeune homme
50:32s'en sortira
50:33on approche de la fin
50:34de la rencontre
50:34avant de te passer la parole
50:35Jannick je voudrais
50:36qu'on évoque
50:36votre journée
50:37d'initiative parlementaire
50:38qui aura lieu de demain
50:39c'est toujours des journées
50:40importantes
50:41ces journées là
50:42pour les groupes politiques
50:43qui essayent d'afficher
50:43un certain nombre
50:44de priorités
50:45pendant que d'autres groupes
50:48tentent d'empêcher
50:48les textes d'aboutir
50:49qu'est-ce que vous espérez
50:51dans ce contexte
50:52assez tendu
50:53très tendu
50:54même à l'approche
50:54de l'élection présidentielle
50:55est-ce que vous espérez
50:56pouvoir faire adopter
50:57un certain nombre
50:58de vos textes
50:58il y en a notamment
51:00sur la protection
51:01des jeunes majeurs
51:02à l'aide sociale
51:03en l'enfant
51:03sur la prise en charge
51:05par la sécurité sociale
51:07des frais
51:08pour les victimes
51:09de violences sexuelles
51:10sur les AESH
51:11sur l'interdiction
51:12de l'acétamipride
51:13qu'est-ce que vous espérez
51:14de cette journée
51:15qui tourne
51:16depuis un certain temps
51:17de plus en plus
51:18à des affrontements politiques
51:19souvent un peu stériles
51:20alors
51:22on a bon espoir
51:23pour la journée
51:24du 29 octobre
51:25alors on a dû
51:26rechanger l'ordre
51:27de nos textes
51:27puisque le premier texte
51:28que nous avions mis
51:29était la réinterdiction
51:31de l'acétamipride
51:32et du flux
51:32Pierre-Adifuron
51:33puisqu'il n'y avait pas eu
51:34de vote à l'Assemblée nationale
51:35c'était la pétition
51:37notamment signée
51:37par 2,2 millions
51:39de nos concitoyens
51:40contre la loi Duplon
51:41il y a maintenant
51:42un an et demi
51:42et il se trouve
51:43que la droite
51:44et l'extrême droite
51:45ont tellement amendé
51:46ce texte
51:47que nous nous retrouvons
51:49dans la quasi-impossibilité
51:50de pouvoir
51:51ne serait-ce qu'aller
51:52au premier vote
51:53sur la suppression
51:54ou non de l'article
51:56donc nous avons dû
51:56le descendre
51:57un peu plus bas
51:58mais nous allons commencer
51:59la journée
52:00avec un texte
52:00sur lequel il n'y a pas
52:01d'amendement
52:02ce qui nous donne
52:03de l'espoir
52:04du fait qu'il soit adopté
52:06qui est la question
52:07du foncier en Outre-mer
52:08vous savez
52:09c'est une question
52:09qui est l'objet
52:11de fortes mobilisations
52:12citoyennes en Outre-mer
52:13on aura en deuxième texte
52:15un texte
52:16sur les accompagnantes
52:16d'élèves
52:17en situation de handicap
52:18pour qu'elle soit intégrée
52:19à un corps de fonctionnaire
52:20et donc bien payée
52:21bien formée
52:22et surtout
52:23qu'on arrête
52:24avec la honte absolue
52:25dans le 7ème puissance économique
52:26au monde
52:26d'avoir 50 000 enfants
52:27en situation de handicap
52:29qui se retrouvent
52:30mal scolarisés
52:31ou déscolarisés
52:32par manque d'AESH
52:33je rappelle que les AESH
52:34sont payés
52:35900, 950 euros
52:37par mois
52:37ce qui est complètement
52:38indigne de l'importance
52:39de leur métier
52:40dans notre société
52:42et là
52:42il n'y a que 13 amendements
52:43sur ce texte
52:44nous avons deux textes
52:45sur lesquels
52:45il n'y a que 8 amendements
52:47donc on peut espérer
52:48d'aller au vote
52:48sur la prise en charge
52:50vous l'avez dit
52:50intégrale
52:52des soins
52:52pour les victimes
52:53de violences sexuelles
52:54et pour faire en sorte
52:56que les jeunes majeurs
52:58deuxième texte
52:58les jeunes majeurs
52:59issus de l'aide sociale
53:00à l'enfance
53:01qui vous le savez
53:01font qu'aujourd'hui
53:03beaucoup des personnes
53:04sans abri
53:04sont des enfants
53:05qui sont passés
53:06par l'aide sociale
53:07à l'enfance
53:07et qui à leur 18 ans
53:09parfois à leur 20 ans
53:10se retrouvent
53:11sans absolument rien
53:12alors que ce sont
53:13des enfants
53:13qui ont été placés
53:14sous la responsabilité
53:15de la nation
53:16et bien une prise en charge
53:17jusqu'à 25 ans
53:18donc c'est des textes
53:19dont on espère bien
53:20qu'ils seront adoptés
53:21et qui montrent
53:22des textes
53:23que nous sommes prêts
53:24à appliquer
53:24dans 6 mois
53:25lorsque nous aurons
53:28je l'espère
53:28gagné cette élection présidentielle
53:30en tout cas
53:30on va y mettre
53:31notre énergie
53:32et qui surtout
53:33permettent de parler
53:35de celles et ceux
53:35qui ont souffert
53:36depuis 10 ans
53:37des politiques
53:38de la Macronie
53:39et singulièrement
53:40des enfants
53:41puisque nous parlons
53:41beaucoup des enfants
53:42dans cette niche parlementaire
53:43ce qui veut dire
53:44que le texte
53:45que vous défendez
53:45d'ailleurs
53:46sur l'interdiction
53:46de l'acétamipride
53:47qui était en première position
53:48là il est passé
53:49en sixième position
53:49juste avant
53:50du coup
53:50il y a un texte
53:51sur l'augmentation
53:52des salaires
53:53et des pensions
53:53vous estimez
53:54que ça va commencer
53:55à coincer
53:55à partir de là
53:56on ne sait pas
53:57mais vous savez
53:58dans une niche parlementaire
53:59on peut enlever des textes
54:00remettre des textes
54:01ça dépendra
54:01de la mobilisation
54:02des uns
54:03et des autres
54:04il sera intéressant
54:05de noter
54:05peut-être que je suis
54:06mauvaise langue
54:07et dans ce cas là
54:08je le dirai
54:09mais il sera intéressant
54:10de noter
54:10que lorsqu'il y avait
54:11la niche
54:12du rassemblement national
54:13il n'y avait
54:14à peu près personne
54:15sur les bancs
54:16d'EPR
54:16d'Horizon
54:17bref
54:17des macronistes
54:18il sera intéressant
54:19de noter
54:19s'ils se mobilisent plus
54:20pour empêcher
54:21des augmentations
54:22de salaires
54:22le fait qu'il y ait
54:23des vrais salaires
54:24pour les accompagnants
54:25d'élèves
54:25en situation de handicap
54:26que pour contrer
54:27des textes
54:28qui pour certains
54:29étaient racistes
54:29dans la niche
54:30du rassemblement national
54:32à propos de la présidentielle
54:33dont vous parliez
54:35aujourd'hui
54:35alors qu'il est
54:36les sondages
54:36effectivement propulsent
54:38avec une forte probabilité
54:40Jean-Luc Mélenchon
54:40au second tour
54:42mais dans le même temps
54:43vous-même
54:44et vos collègues
54:45la France insoumise
54:46insistent beaucoup
54:46sur la connivence
54:48qu'il y a
54:48entre le rassemblement national
54:50et les parties
54:52de centre droit
54:53Horizon
54:53et peut-être
54:54une partie d'un macronis
54:55dans ce cas là
54:56comment vous espérez
54:57mobiliser un front républicain
54:59au second tour
55:00suffisamment large
55:01donc dépassant
55:02le centre gauche
55:04voire le centre
55:04pour aller au centre droit
55:06voire la droite
55:06voilà
55:07bref suffisamment large
55:08pour propulser
55:11monsieur Mélenchon
55:12à l'Elysée
55:13oui je pense
55:14que vous pointez
55:14un sujet important
55:16qui est un glissement
55:17de la droite
55:18dite républicaine
55:19malheureusement
55:20aujourd'hui
55:20alors il reste
55:21quelques personnes républicaines
55:23chez notamment
55:23ce qu'on appelle
55:25le groupe
55:26de la droite républicaine
55:28mais malheureusement
55:28ils sont très peu
55:29et donc il y a
55:30un glissement
55:31à la fois
55:32chez les électeurs
55:33et chez les politiques
55:35chez les républicains
55:36il y a un glissement
55:37qui se fait
55:38fortement vers l'extrême droite
55:40et qui est inquiétant
55:40aussi sur la vitesse
55:42avec laquelle ça va
55:43alors comment est-ce
55:44qu'on peut contrer
55:45cette alliance
55:46qui se fait
55:47ou cette connivence
55:50dont vous parliez
55:51je crois que ça peut
55:53se faire uniquement
55:54s'il y a de plus en plus
55:55de personnes
55:55qui retournent aux urnes
55:56nous on a été intéressés
55:58de voir ce qui s'est passé
55:59au Brésil
56:00parce qu'au Brésil
56:01lors du premier tour
56:03Lula était très en retard
56:05sur Bolsonaro Junior
56:08d'ailleurs pratiquement
56:09tout le monde disait
56:09qu'il était quasi impossible
56:10de gagner
56:11je rappelle que
56:11tous les sondages
56:12sauf un
56:13donnaient jusqu'au dernier moment
56:15Lula perdant
56:16pour le second tour
56:17de l'élection présidentielle
56:18pourquoi est-ce qu'il y arrive
56:19au Brésil
56:20il y arrive
56:21parce qu'il arrive
56:22à sur-mobiliser
56:24des électeurs
56:24entre les deux tours
56:25donc avec
56:26plus de 1,2 million
56:28de personnes
56:28si je me rappelle bien
56:29des chiffres
56:30qui retournent aux urnes
56:31et des personnes
56:32qui avaient voté
56:33pour d'autres candidats
56:34qui décident de le faire
56:35et moi je vais vous dire
56:35qu'une des choses
56:36qui me donne
56:37je crois de l'espoir
56:38il y a une première chose
56:39c'est qu'on l'a déjà fait
56:41de battre l'extrême droite
56:42c'était en 2024
56:43où tous les sondages
56:4427 sondages sur 27
56:45donnaient l'extrême droite
56:46en tête
56:47et c'est pourtant
56:48le nouveau front populaire
56:49qui a été en tête
56:50et l'extrême droite
56:51qui est arrivée 3ème
56:52dans cette élection
56:53et ce qui était intéressant
56:55c'est que dans cette élection
56:56il y a eu des duels
56:57entre la France insoumise
56:58et le Rassemblement national
56:59dans des circonscriptions
57:00et qu'est-ce qu'on voit
57:01dans ces duels
57:02il se trouve que dans ces duels
57:03les électeurs macronistes
57:06ont préféré
57:07alors il y en a beaucoup
57:08qui ont été dans l'abstention
57:09ça c'est pas une question
57:10mais il y a plus
57:11d'électeurs macronistes
57:12qui ont été votés
57:13pour la France insoumise
57:14que pour le Rassemblement national
57:16ce qui fait que
57:17dans la plupart des cas
57:17nous avons gagné
57:18ces duels là
57:19donc ça c'est la première chose
57:21et il y a une deuxième chose
57:21qui moi me donne de l'espoir
57:23c'est ce qu'un chercheur
57:24un sociologue
57:25Vincent Tibéry
57:26appelle la socialisation inversée
57:28où il dit que
57:29de plus en plus
57:30ce sont les jeunes générations
57:31qui vont convaincre leurs aînés
57:33alors il dit
57:34pendant des années
57:35c'était plutôt
57:35les générations d'avant
57:37qui étaient un peu prescriptrices
57:39de voir le monde
57:40pour les autres
57:40vous savez souvent
57:41vos enfants avaient
57:43on disait
57:43la même opinion
57:44que leurs parents
57:45leurs grands-parents
57:46et puis il y avait
57:47le professeur dans une école
57:48etc
57:49et bien de plus en plus
57:50ce qu'on voit
57:51ce qu'on a vu par exemple
57:52qui nous a permis de gagner
57:53le fait d'inscrire l'avortement
57:54dans la constitution
57:55ce qu'on voit de plus en plus
57:57c'est que justement
57:57les jeunes générations
57:59sont prescriptrices
58:00de manière de voir le monde
58:01pourquoi je parlais de l'avortement
58:03parce que
58:04rappelez-vous que
58:05pendant 50 ans
58:08de légalisation
58:09de l'avortement
58:09pendant 50 ans
58:10le Sénat n'a jamais voté
58:12en faveur de l'avortement
58:13alors pour inscrire
58:14dans la constitution
58:15vous le savez
58:15il faut voter
58:16à l'identique
58:17entre assemblée et Sénat
58:18et pourquoi c'est passé
58:20parce que ça
58:21c'est des sénateurs
58:22et sénatrices
58:22qui leur racontent
58:23c'est leurs filles
58:24petites filles
58:24nièces qui sont venues
58:25les voir
58:26et qui leur ont dit
58:27si tu ne votes pas
58:28pour le droit des femmes
58:29à disposer de leur corps
58:30dans la constitution
58:30je ne viendrai plus
58:31de voir à Noël
58:32je ne viendrai plus
58:32de voir en vacances
58:33bref je ne viendrai plus
58:34de voir
58:34et c'est comme ça
58:35qu'il y en a
58:35qui ont changé d'avis
58:36c'est eux qui le racontent
58:37mais je crois que
58:38ce mouvement là
58:39d'une jeune génération
58:40d'autant plus
58:41dans le mouvement de jeunesse
58:42qu'on voit actuellement
58:43d'une jeune génération
58:44qui a soif d'égalité
58:46qui est antiraciste
58:47qui est consciente
58:48des enjeux écologiques
58:49qui est féministe
58:50qui refuse toute forme
58:52de discrimination
58:52et bien je crois que là aussi
58:54ça nous donne
58:54beaucoup d'espoir
58:55pour la suite
58:56voilà
58:56cette question nous aura permis
58:58et à vous
58:58d'ouvrir sur la campagne présidentielle
59:00qui commence très tôt
59:01cette année
59:01il y a encore beaucoup de temps
59:02d'ici au premier
59:03et au second tour
59:05d'ici là
59:05on regardera ce qui se passe
59:06évidemment demain
59:07dans l'hémicycle
59:08sur votre journée
59:09d'initiative parlementaire
59:10merci beaucoup
59:10Mathilde Panneau
59:11de nous avoir accordé
59:12ce moment aujourd'hui
59:24merci beaucoup