- il y a 1 jour
L'enquête plonge dans les coulisses des alliances secrètes qui unissent la Russie à des régimes parias. L'Iran, la Corée du Nord et la Chine forment les trois piliers d'un nouvel ordre militaire. À mille kilomètres de Moscou, une usine clandestine assemble des drones iraniens Shahed destinés à frapper l'Ukraine. De jeunes Africaines, recrutées sous de faux prétextes, y travaillent dans des conditions inhumaines, leurs passeports confisqués. Un ancien cadre de l'usine, témoin clé, révèle ce système d'exploitation orchestré par l'État russe.
Plus à l'Est, des navires nord-coréens accostent de nuit dans des ports russes oubliés. Les images satellites dévoilent le ballet de ces cargos aux transpondeurs éteints, chargés d'armes et de munitions. Plus inquiétant encore, ces vaisseaux-fantômes coréen font désormais escale dans les ports chinois « pour réparation ». Si l'Iran fournit des drones, la Corée du Nord des missiles et des troupes, la Chine, elle, ferme les yeux. Son territoire sert désormais de zone de transit à des composants électroniques essentiels à la fabrication des armes russes.
Ces pactes redéfinissent la géopolitique mondiale. Ils annoncent la naissance d'un axe des puissances autoritaires, uni par le rejet du modèle occidental. Derrière les murs des usines, les docks désertés et les circuits secrets de la technologie, le film dévoile l'architecture invisible d'un monde en train de basculer.
Plus à l'Est, des navires nord-coréens accostent de nuit dans des ports russes oubliés. Les images satellites dévoilent le ballet de ces cargos aux transpondeurs éteints, chargés d'armes et de munitions. Plus inquiétant encore, ces vaisseaux-fantômes coréen font désormais escale dans les ports chinois « pour réparation ». Si l'Iran fournit des drones, la Corée du Nord des missiles et des troupes, la Chine, elle, ferme les yeux. Son territoire sert désormais de zone de transit à des composants électroniques essentiels à la fabrication des armes russes.
Ces pactes redéfinissent la géopolitique mondiale. Ils annoncent la naissance d'un axe des puissances autoritaires, uni par le rejet du modèle occidental. Derrière les murs des usines, les docks désertés et les circuits secrets de la technologie, le film dévoile l'architecture invisible d'un monde en train de basculer.
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00:035 octobre 2023
00:07Vladimir Poutine est l'invité exceptionnel d'un groupe de réflexion basé à Sochi,
00:12au sud-ouest de la Russie.
00:17Ce jour-là, le président russe se lance dans une diatribe contre l'Occident
00:26et annonce le début d'une nouvelle ère.
00:30Et aussi, si vous pouvez, les collègues, особенно ceux de l'Occident,
00:34ils ne sont pas en train d'utilisation de ces règles.
00:38C'est tout le même, c'est tout le même, c'est tout le même, c'est ce que nous
00:44entendons,
00:45c'est ce que nous entendons, c'est ce que nous devons, c'est ce que nous devons,
00:49nous vous prévons, nous vous prévons.
00:52Vous qui êtes-vous, c'est-ce que vous êtes-vous?
00:54Je veux dire, c'est-ce que vous prenez les yeux.
00:56Cette époque où on a terminé, il n'y a jamais de retourner, jamais.
01:02Merci beaucoup.
01:11Conforté par de nouvelles alliances militaires, nouées depuis son invasion de l'Ukraine,
01:16Vladimir Poutine ne cache plus ses ambitions.
01:20Je pense que Poutine essaie de recréer un empire russe,
01:23pas l'Union soviétique, mais un empire russe.
01:28Alors que le monde bascule dans une guerre de plus en plus globale,
01:32chaque camp tente de regrouper ses troupes.
01:36Je ne pense pas qu'un nouvel axe du mal soit en train de se créer,
01:39il est déjà là.
01:42La Russie, l'Iran, la Corée du Nord et la Chine.
01:49Si cette guerre finit par une paix sans conséquence pour ces pays,
01:53soyez sûrs qu'ils vont être attirés par l'odeur du sang et continuez.
02:04Quelle est la véritable menace de ces nouvelles alliances militaires nouées par la Russie?
02:11Des ingénieurs iraniens sont venus dans l'usine.
02:14Ils nous ont expliqué pendant cinq jours les principes d'ingénierie
02:17et la manière d'adapter la production de drones à notre usine russe.
02:23Je crois qu'on a sous-estimé en fait la capacité de Poutine à trouver des relais,
02:29à trouver des alliés.
02:30Non pas que les gens aiment ce qu'il fait,
02:32mais ils voient dans sa confrontation directe avec nous
02:36l'occasion d'affaiblir l'Occident.
02:41Particulièrement visée, l'Europe,
02:44qui doit désormais composer sans son partenaire historique américain.
02:57Secoué par des bouleversements majeurs,
02:59le monde se réorganise.
03:03Les armes sont désormais au cœur de nouvelles alliances
03:06et dessinent peu à peu un nouvel ordre mondial.
04:18Malgré les promesses de négociation de paix,
04:20les frappes russes continuent de tomber sur l'Ukraine.
04:37Un drone kamikaze vient d'exploser sur un immeuble de cette résidence à Kharkiv,
04:42la deuxième ville du pays.
04:56Il s'agit de la quatrième frappe de ce type en 24 heures.
05:10Dmitro Tchoubenko travaille pour le bureau du procureur de la ville.
05:15Sa mission ?
05:16Documenter les crimes de guerre russes.
05:19Qu'est-ce que nous avons fait pour traîner ?
05:21Un homme et une femme, un homme, un homme, un homme, un homme, un homme, un homme, un homme, un
05:24homme.
05:24Et deux autres.
05:37Conservés dans un sac plastique,
05:39les restes du drone qui s'est écrasé contre l'immeuble.
05:48Voici des pièces du drone.
05:50Ce ne sont que des déchets.
05:53Du bois, de la mousse plastique, du scotch, du ruban adhésif.
06:00Ce sont des preuves que l'on examinera plus tard.
06:04Le prix de production pour un engin comme celui-ci ne dépasse pas les 100 dollars.
06:09Les éléments les plus chers sont le moteur, la charge explosive et le système de transmission vidéo.
06:15Le reste, ça ne coûte pas un sou.
06:34A l'étage, l'un des appartements détruits.
06:39Il était habité par un couple qui regardait la télévision au moment de l'explosion.
06:50Il y a du sang.
06:52C'est là où ils se sont réfugiés après l'explosion.
06:58Il y a beaucoup de dégâts.
07:03Le but de ces frappes, c'est la terreur quotidienne de la population.
07:07Ils veulent semer la panique, blesser et tuer des civils.
07:11Et cela dans toute la ville.
07:26Kharkiv se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la Russie.
07:31Un temps occupé,
07:34la ville martyr a été touchée par près de 30 000 frappes aériennes
07:37depuis le début de la guerre en 2022.
08:06Une grande partie des débris de missiles
08:08qui se sont abattues sur la ville
08:10se trouve conservée dans ce cimetière un peu particulier,
08:14comme pièce à conviction.
08:19Tout cela vient du système de lance-roquette Smerch.
08:27Et celui-ci provient du lance-roquette Houragan.
08:33Et ça, ce sont les sous-munitions explosives.
08:37Elles sont alignées comme ceci.
08:41Cela tue beaucoup de civils dans la rue.
08:48Dans ce petit musée des horreurs, une arme en particulier détonne.
08:53Elle est devenue la pièce maîtresse de l'armée russe.
09:00C'est un drone Chahed.
09:04Il est tombé entier dans un champ et n'a pas explosé.
09:08Ensuite, il a été étudié par des spécialistes militaires.
09:12Ici, il y avait une charge explosive de 40 kg.
09:15Elle a été retirée.
09:18C'est une technologie iranienne.
09:23Mais on ne sait pas exactement où le drone a été produit.
09:31Depuis 2023,
09:33les attaques avec ces drones de combats iraniens
09:35se sont multipliées en Ukraine,
09:38atteignant des tours records.
10:03En 2025,
10:04jusqu'à 500 d'entre eux sont envoyés par jour.
10:27Une pluie mortelle qui interroge.
10:32Comment la Russie tient-elle un tel rythme ?
10:38Derrière cette question,
10:40se cachent l'un des secrets les mieux gardés du Kremlin.
10:45Ceux qui s'en approchent
10:47n'ont d'autre choix
10:47que l'exil.
11:09Il est absolument impossible
11:11de faire du journalisme d'investigation
11:12sous son vrai nom en Russie.
11:18Le travail des rares journalistes
11:20qui restent en Russie,
11:21même s'ils enquêtent sur des sujets
11:23qui n'ont rien à voir avec les armes,
11:25reste quand même extrêmement dangereux.
11:29Il n'y a qu'une seule option
11:30pour continuer à parler
11:31de ce qui se passe en Russie,
11:33c'est d'être loin d'elle.
11:39Ancienne animatrice radio,
11:41Dasha Litvichko
11:42est passée du statut de journaliste
11:44à celui de lanceuse d'alerte.
11:47À cause d'une enquête
11:48qu'il a obligée à quitter la Russie.
11:57Avec son compagnon,
11:59elle présente une émission quotidienne
12:01sur YouTube,
12:02autofinancée
12:03et très suivie en Russie.
12:06Leur plus grosse coupe,
12:07avoir révélé l'existence
12:09d'une usine unique en son genre.
12:22En fait, cette histoire,
12:24c'est un coup de chance journalistique
12:26qui m'est tombé dessus.
12:28Un jour, j'ouvre Instagram
12:30et un type que je ne connaissais pas
12:32m'envoie un message.
12:36Il me dit que notre émission
12:37lui a beaucoup remonté le moral
12:39au début de la guerre
12:40et comme nous lui inspirons confiance,
12:42il veut me raconter
12:43une histoire intéressante.
12:46Il me dit alors
12:47que la zone industrielle
12:49de la région d'Alabuga,
12:50qui est considérée
12:51comme une zone économique
12:52prospère et sophistiquée,
12:54dotée des dernières méthodes
12:55de production,
12:57produit désormais
12:58des drones Shahed.
13:06A l'époque,
13:08personne n'a connaissance
13:09d'une usine de drones iranien
13:10au sein de cette zone industrielle
13:12située à 1000 kilomètres de Moscou.
13:16L'endroit est censé abriter
13:18des entreprises de construction automobile
13:20et une école d'ingénieurs.
13:30Malgré la dangerosité du sujet,
13:33Dasha Litvishko
13:34et son compagnon
13:35enquêtent plusieurs mois d'affilée
13:37et réussissent à entrer en contact
13:39avec d'autres étudiants
13:40de l'usine de drones.
13:45La mesure de sécurité
13:47qui fonctionne le mieux,
13:48c'est la peur.
13:51Tous les employés
13:52ont peur de dire
13:53où ils travaillent
13:53et ce qu'ils font,
13:55même à leur famille.
13:56C'est une usine très secrète.
14:00Bien sûr,
14:02personne n'accroche
14:02une grande pancarte avec
14:04« Ici, nous produisons des drones ».
14:10Une politique du secret
14:12poussée à l'extrême.
14:17Comment témoignent
14:18ces instructions
14:19signées de la main
14:20du directeur de l'usine
14:21à l'attention
14:22de son chef de la sécurité ?
14:26Dans le but de prévenir
14:27la divulgation
14:28de secrets d'État
14:28et d'informations confidentielles,
14:31j'ordonne
14:34d'interdire les démissions,
14:38de confisquer
14:39les passeports des employés,
14:43de détenir les employés
14:45en cas de désobéissance.
15:01L'homme qui a fait fuiter
15:03ce document interne
15:04a occupé un poste
15:06de manager dans l'usine
15:07avant de fuir la Russie.
15:11C'est lui
15:12qui a contacté
15:13Dasha Litvishko.
15:18Il passe désormais
15:19d'une adresse à l'autre
15:20en Europe
15:20et témoigne
15:21pour la première fois
15:22dans un documentaire.
15:32À Alabuga,
15:36la direction disait
15:37aux employés
15:38que leur téléphone
15:38était sur écoute
15:40et qu'on savait
15:41avec qui ils discutaient
15:42sur Internet.
15:53Au bout d'un moment,
15:54un glossaire
15:55nous a été distribué.
15:57Il était marqué
15:58quels mots codés
15:59on devait utiliser
16:00pour parler entre nous.
16:02Par exemple,
16:03on devait dire
16:04bateau à moteur
16:05à la place de drone
16:07et les pare-chocs
16:09à la place
16:09de charges explosives
16:11ou encore
16:12biélorusses
16:12à la place
16:13d'Iraniens.
16:33Livré clé en main
16:34par le régime iranien.
16:36Cette usine de drone
16:37aurait coûté
16:38près de 2 milliards
16:39d'euros au Kremlin.
16:45Pour ce prix,
16:46l'Iran a mandaté
16:48ses plus grands spécialistes
16:49sur place.
16:53Pendant les vacances
16:54de Noël en 2023,
16:56des ingénieurs iraniens
16:57sont venus dans l'usine.
16:59Cette visite
17:00était organisée
17:01dans le plus grand secret.
17:04Pendant 5 jours,
17:05ils nous ont expliqué
17:06les principes d'ingénierie
17:07et la manière
17:08d'adapter
17:09la production de drones
17:10à notre usine
17:11d'Alabouga.
17:14Aujourd'hui,
17:16la cadence
17:17atteindrait
17:17les 300 drones
17:18par jour.
17:19Les équipes
17:20travaillent jour et nuit.
17:23Pour accomplir
17:24les tâches
17:24les plus ingrates,
17:26l'usine a lancé
17:26une campagne
17:27de recrutement
17:28mensongère
17:28sur les réseaux sociaux.
17:36Leur cible ?
17:38Des femmes.
17:40La plupart étudiantes
17:41qui vivent en Afrique.
17:44Sur YouTube,
17:45ils diffusent
17:46un film d'entreprise
17:47avec une musique pop.
17:51Un prince charmant,
17:54de belles voitures
17:55et un futur radieux.
18:03en réalité,
18:05en réalité,
18:05cette campagne
18:05visait à attirer
18:06de jeunes migrantes
18:07mal rémunérées.
18:10On leur expliquait
18:11qu'en venant,
18:12elles auraient le choix
18:13entre travailler
18:14dans le secteur
18:14de l'hôtellerie
18:15ou de la restauration.
18:21La plupart d'entre elles
18:22se sont en fait
18:23retrouvées
18:24à assembler
18:24des pièces de drones
18:27sans avoir
18:28aucun autre choix.
18:34À un moment donné,
18:36Alabuga a commencé
18:37à avoir des difficultés
18:38à recruter ses employés
18:39des pays africains.
18:42Et ils ont eu
18:43une idée folle.
18:45Je ne sais pas
18:46comment ils l'ont trouvé,
18:47mais voilà ce qu'ils ont fait.
18:49Ils utilisaient Tinder
18:50pour faire de la pub
18:51pour leur usine.
18:54Un gars d'Alabuga
18:55faisait connaissance
18:56avec une fille en Afrique
18:57et lui disait
18:58« Écoute, voilà,
19:00je vais aller travailler
19:00à Alabuga.
19:01C'est génial là-bas. »
19:04Ensuite,
19:04il disparaissait
19:04pendant un moment,
19:05puis réapparaissait
19:06dans ses messages.
19:07En mode « Voilà,
19:08je suis arrivée.
19:09C'est trop bien,
19:10rejoins-moi. »
19:12Et certaines filles
19:13se laissaient piéger
19:13et venaient.
19:16« Mais la production
19:18de drones,
19:18surtout à l'assemblage,
19:20est nocive pour la santé.
19:21C'est toxique.
19:23Et au moment
19:24où nous menions l'enquête,
19:25les employés
19:26travaillaient
19:26sans aucune protection. »
19:31Au total,
19:32plus de 1000 jeunes femmes
19:34venues d'Éthiopie,
19:35de Tanzanie
19:36ou du Mali
19:37seraient aujourd'hui
19:38exploitées dans l'usine.
19:44en plus des conditions
19:46de travail,
19:47la menace
19:48d'une frappe ukrainienne
19:49plane à tout moment.
19:52Depuis son ouverture,
19:54le site a déjà
19:55été touché quatre fois.
20:00L'usine d'Alabuga
20:01est devenue le symbole
20:03d'une entraide
20:04russo-iranienne
20:05qui inquiète.
20:08car elle s'étend
20:09sur plusieurs fronts.
20:16L'Iran collabore
20:17avec la Russie
20:18de plus en plus étroitement.
20:21Dans le domaine économique,
20:23énergétique
20:24et dans le domaine
20:25du transport.
20:26Ils sont en train
20:27de construire
20:28un corridor nord-sud.
20:30Et ils collaborent
20:32étroitement
20:32sur le plan militaire.
20:35pour l'Iran,
20:36c'est important
20:37de coopérer
20:38avec la Russie
20:39dans le contexte
20:40de crise au Moyen-Orient.
20:48Depuis de nombreuses années,
20:49la Russie collabore
20:51avec l'Iran
20:51sur des programmes
20:52de missiles
20:53et d'armes nucléaires.
20:54Ils ont toujours
20:55nié cette collaboration.
20:57Mais tout indique
20:58le contraire.
21:01Et d'ailleurs,
21:02on l'a vu
21:02avec les missiles
21:03et les drones
21:04qui sont extrêmement
21:05importants pour la Russie.
21:07C'est une alliance
21:08étrange
21:09qui se met en place
21:10avec un groupe
21:10de pays satellites.
21:13Ce n'est pas
21:13comme le pacte
21:14de Varsovie
21:15qui était un pacte
21:16de pays européens.
21:17Là,
21:18il faut bien comprendre
21:18ce qui se passe.
21:19La guerre en Ukraine
21:20n'est pas une guerre européenne,
21:22c'est une guerre globale.
21:33depuis les frappes américaines
21:35et israéliennes
21:36sur son territoire,
21:37le régime des Mollah
21:38est affaibli.
21:40Mais le Kremlin
21:41peut compter
21:42sur un autre
21:42de ses nouveaux alliés.
21:45La Corée du Nord.
22:11James Byrne
22:12travaille pour l'Institut Royal
22:14de Défense Maritime
22:16au Royaume-Uni.
22:18À l'automne 2023,
22:20il est le premier
22:21à avoir alerté
22:22les médias
22:22à propos d'un étrange
22:24balai
22:24en mer du Japon.
22:26Des navires fantômes
22:28naviguant entre la Russie
22:29et la Corée du Nord.
22:33Nous avons repéré
22:34dans le port de Donai,
22:35situé au fin fond
22:36de l'est de la Russie,
22:38des navires
22:38faisant l'aller-retour
22:39vers la Corée du Nord,
22:40chargés de milliers
22:41de containers.
22:42Leur transpondeur
22:44était déconnecté,
22:45donc cela indiquait
22:46déjà des transactions
22:47suspectes.
22:48Je fais ce job
22:50depuis longtemps
22:50et je ne pensais
22:51pas voir ça un jour.
22:56En contact
22:57avec plusieurs agences
22:59de renseignement,
23:00James Byrne
23:01s'appuie sur des images
23:03satellites
23:03du port russe
23:04de Donai
23:05pour affiner
23:06sa découverte.
23:29Les navires russes
23:30quittent la Corée du Nord
23:31et vont dans cette installation
23:32à Donai.
23:33On voit bien
23:34que ce n'est pas
23:34un port commercial.
23:35Il est petit,
23:37les entrées sont contrôlées,
23:39même sur les quais.
23:41On peut voir
23:42que l'enceinte
23:42est clôturée.
23:45Donc on savait
23:47depuis le début
23:47qu'il s'agissait
23:48de matériel militaire.
23:51Les containers
23:52sont déchargés,
23:53placés sur des camions
23:54qui les emmènent
23:55près d'un chemin
23:56de fer,
23:56ici.
23:59Ensuite,
24:00les cargaisons
24:00rejoignent par rail
24:01un entrepôt russe
24:02situé à la frontière
24:03ukrainienne.
24:05D'après les déclarations
24:06des différents services
24:07de renseignement,
24:08notamment sud-coréens,
24:09on parle de millions
24:10de munitions
24:11et de milliers
24:11de containers.
24:17Au total,
24:19la Corée du Nord
24:20aurait fourni
24:21plus de 5 millions
24:22de munitions
24:22à la Russie.
24:24Cartouches,
24:25obus,
24:27mais aussi
24:28missiles balistiques,
24:30comme le KN-23,
24:32un monstre
24:33de 9 mètres de long,
24:35fabriqué en Corée du Nord
24:36et capable
24:37de parcourir
24:38600 kilomètres.
25:06Damien Splitters,
25:08le spécialiste des armes,
25:10est le premier
25:11à avoir prouvé
25:11la présence
25:12de ce missile
25:12nord-coréen
25:13en Ukraine.
25:19Le 2 janvier 2024,
25:22il y a eu
25:22une attaque
25:23à Kharkiv.
25:24Nous étions
25:25en train
25:25de travailler
25:26avec les autorités
25:27ukrainiennes
25:27qui avaient récupéré
25:28les restes
25:29du missile
25:31et en les analysant,
25:33nous avons pu prouver
25:33qu'il ne s'agissait
25:34pas d'un missile russe,
25:35mais d'un missile
25:37nord-coréen.
25:40Ce qui nous a mis
25:41sur la piste,
25:42c'est d'abord
25:42la taille du missile,
25:45puis le fait
25:46que nous avons trouvé
25:47des caractères
25:48de l'alphabet coréen
25:49à l'intérieur.
25:55Nous avons également
25:56associé le chiffre 112
25:58au calendrier nord-coréen
25:59qui mesure le temps
26:01à partir de l'apparition
26:02de leur premier leader.
26:05Donc, 112 chez eux
26:07correspond à l'année 2023
26:08chez nous.
26:14Tous ces éléments
26:15nous ont permis
26:16d'attribuer publiquement
26:17cette frappe
26:17au nord-coréen.
26:25Quelques mois
26:26après cette découverte,
26:28l'alliance entre les deux pays
26:29va prendre un tour
26:31plus officiel.
26:39Aux missiles
26:41vont s'adjoindre
26:42les troupes.
26:47Depuis l'hiver 2024,
26:50près de 15 000 soldats
26:51nord-coréens
26:52ont été envoyés
26:53sur le front
26:53en Ukraine.
26:57Une stratégie désormais
26:59assumée par le pouvoir russe
27:00qui peut prélever
27:01dans un vivier
27:03quasi inépuisable
27:04dans une armée
27:05de réservistes
27:06de 7 millions d'hommes.
27:08Près de 30%
27:10de la population
27:10nord-coréenne.
27:16L'Occident
27:17pense pouvoir envoyer
27:18des mercenaires
27:18du monde entier
27:19en Ukraine.
27:22Nous savons aujourd'hui
27:23que plus de 25 000 personnes
27:25de différents pays
27:26y ont combattu
27:27en tant que mercenaires.
27:30Et maintenant,
27:31tout le monde se demande
27:32pourquoi la Russie
27:33fait de nouvelles alliances.
27:36Excusez-moi, messieurs,
27:39mais qu'est-ce que ça peut vous faire
27:41de savoir
27:42qui se bat à nos côtés ?
27:56En Europe,
27:58ce recrutement
27:59extraterritorial
28:00est perçu
28:00comme un aveu
28:01de faiblesse.
28:04D'autant plus
28:05qu'il se ferait
28:06en échange
28:06d'une partie
28:07des secrets militaires
28:08russes.
28:12Le fait que Poutine
28:16achète des soldats
28:17nord-coréens
28:17contre du transfert
28:19de technologies
28:22montre à quel point
28:23la Russie
28:24a des problèmes
28:25pour recruter.
28:28Le taux de mortalité
28:30et de blessés graves
28:31chez les soldats russes
28:32est dix fois supérieur
28:33à celui des Ukrainiens.
28:37Tout simplement
28:38parce que Poutine
28:39se fout complètement
28:40de la vie des autres.
28:42Il n'a aucune intention
28:43de protéger ses soldats.
28:47Chaque pays
28:47devrait tenter
28:48d'essuyer
28:49le moins de pertes
28:50possible.
28:51Lui,
28:52il envoie juste
28:53des vagues d'hommes
28:54à la guerre.
28:55Et donc,
28:56ces dizaines de milliers
28:57de Nord-Coréens
28:58ne survivront pas.
29:10Poutine,
29:11depuis le début
29:11de la guerre,
29:12a cherché
29:13à limiter
29:13la mobilisation
29:14dans les grandes
29:15villes russes.
29:19Et donc,
29:19la première des choses
29:20que ça apporte,
29:21c'est finalement
29:22la possibilité
29:22d'inviter
29:24des soldats
29:25de l'autre bout
29:26du monde
29:27à faire la guerre
29:28à la place
29:28des élites russes.
29:30Le deuxième apport,
29:32c'est qu'il souligne
29:34en faisant ça,
29:35la faiblesse
29:35des Occidentaux.
29:36C'est un message
29:37qu'il nous a directement
29:38envoyé.
29:39Il nous a envoyé,
29:39regardez,
29:40j'envoie des soldats
29:41de la tyrannie
29:42nord-coréenne
29:43sur votre sol
29:44et qu'est-ce que vous faites ?
29:46Qu'est-ce que vous faites ?
30:06Vous avez la Corée de Nantes
30:08qui livre quatre fois
30:10plus de munitions
30:12aux Russes
30:13que toute l'Union européenne
30:15ne livre de munitions
30:16aux Ukrainiens.
30:19Ça dit à la fois
30:21la mobilisation
30:22de toute l'industrie
30:24nord-coréenne
30:25au service
30:26de la guerre russe,
30:28mais ça dit surtout
30:29la faiblesse
30:30de la mobilisation
30:31des industries européennes.
30:33ça dit
30:34notre impuissance,
30:35notre incapacité
30:37à faire face
30:37au péril
30:38de la guerre russe.
30:45Munitions,
30:46missiles,
30:47troupes,
30:48l'alliance
30:49entre la Corée du Nord
30:50et la Russie
30:50révèle une vérité
30:52plus inquiétante encore.
30:57En suivant la trace
30:58d'un cargo
30:59impliqué dans le trafic
31:00d'armes
31:01entre les deux pays,
31:02James Byrne
31:03découvre qu'il existe
31:05un autre acteur
31:06qui reste dans l'ombre.
31:12Ici, vous apercevez
31:13l'Angara,
31:14un navire russe
31:15visé par des sanctions
31:15américaines
31:16car il est connu
31:17pour transporter
31:17des armes.
31:20Cette image date
31:21de 2024
31:22alors qu'il était
31:23en réparation
31:23dans le port
31:24de Zushan
31:24en Chine.
31:27Je pense que le fait
31:28qu'il ait pu naviguer
31:29jusque-là
31:30sans être ennuyé
31:31puis qu'il soit
31:32réparé sur place
31:33vous donne une indication
31:34sur le rôle
31:35de la Chine
31:36dans toute cette affaire.
31:39Il y a eu
31:40une illusion
31:40totale
31:41des Européens
31:42et des Occidentaux
31:43en général
31:43sur le rôle
31:44de la Chine.
31:45Au début,
31:46on a fait comme si
31:47la Chine pouvait être
31:48un facilitateur de paix
31:50et on a finalement
31:52considéré
31:52que les déclarations,
31:53la déclaration
31:55conjointe
31:55des gouvernements
31:56russes et chinois
31:57sur l'amitié
31:58illimité,
31:59le partenariat
32:00sans limites
32:01qui allait façonner
32:02les siècles à venir
32:03comme si tout cela
32:04c'était de la com'.
32:05Mais ce n'est pas
32:06de la com'.
32:07Et donc,
32:08on a un soutien
32:09qui n'est pas un soutien
32:10militaire direct
32:11parce qu'en fait,
32:12il n'y a pas de soldats chinois
32:13contrairement aux soldats
32:13nord-coréens
32:14qui vont sur le front
32:15en Ukraine,
32:16mais il y a un soutien
32:17à la machine de guerre russe.
32:19Et sans la Chine,
32:21la machine de guerre russe
32:22se serait déjà
32:23enrayée.
32:45Aujourd'hui,
32:46en Ukraine,
32:4860% des pièces trouvées
32:49dans les armes russes
32:50passeraient par la Chine.
32:58Paul Mosur
32:59est journaliste
33:00d'investigation
33:01pour le New York Times.
33:04Il a enquêté
33:05pendant plus d'un an
33:06sur la manière
33:07dont Hong Kong
33:07alimente désormais
33:09l'effort de guerre russe.
33:12Une adresse en particulier
33:14a attiré son attention.
33:16Un immeuble
33:17situé au cœur
33:18du district financier
33:19de la ville.
33:24Dans cet immeuble
33:26qui ne paye pas de mine,
33:27nous avons trouvé
33:28un réseau de sociétés
33:29écrans russes
33:30tout enregistré
33:31à cette même adresse
33:31et géré
33:33par une ou deux personnes.
33:35Ces sociétés
33:36dépensaient
33:37des millions
33:38et des millions
33:38de dollars
33:39en import-export
33:40de puces électroniques,
33:42alors que la majorité
33:43d'entre elles,
33:44avant la guerre,
33:46n'en commercialisait pas.
33:47C'est un réseau dormant
33:49de sociétés
33:49écrans russes,
33:51probablement destinés
33:52à blanchir
33:52l'argent des oligarques.
33:56Si on s'intéresse
33:57à l'aspect stratégique
33:58de cette guerre,
33:59je ne pense pas
34:00que la Chine
34:00n'ait jamais eu intérêt
34:01à ce que la Russie
34:02perde en Ukraine.
34:04C'est la raison principale
34:05pour laquelle le pays
34:06est devenu très permissif,
34:08notamment en ce qui concerne
34:09le flot de composants
34:10et de matériaux
34:11qui sont importés
34:12depuis les pays occidentaux
34:13vers la Russie,
34:14en passant par la Chine
34:16et Hong Kong.
34:19Les États-Unis
34:19et l'Europe
34:20peuvent traquer
34:21ces sociétés
34:21et se plaindre
34:22auprès de ces pays.
34:24Mais au bout du compte,
34:25tout cela est en dehors
34:26de leur juridiction.
34:27Donc,
34:28ils ne peuvent pas
34:29faire grand-chose.
34:35Devant cette impuissance,
34:37le soutien chinois
34:38s'intensifie.
34:48Désormais,
34:49les drones
34:50de dernière génération
34:51chinois
34:51atterrissent directement
34:52dans les usines russes
34:53pour être équipés militairement.
34:58L'ancien manager
34:59d'Alabuga
35:00a été l'un des premiers
35:02à participer au programme.
35:10Il existe un autre projet
35:11à Alabuga
35:12qui s'intitule
35:14Hôtel Robotics.
35:17Ce projet consiste
35:19à acheter des drones
35:20coûteux
35:20et de très haute qualité
35:22à la Chine
35:22pour les utiliser
35:24à des fins militaires.
35:32Comme vous pouvez le voir
35:35sur cette vidéo promotionnelle,
35:36il s'agit d'un drone
35:38de très haute technologie.
35:40Personne ne peut
35:40en produire en Russie.
35:44Vous pouvez y mettre
35:45un projectile
35:46comme par exemple
35:47un obus de RPG.
35:50Dans l'usine,
35:51nous fabriquions un kit
35:52pour le suspendre.
35:55À Alabuga,
35:57on a acheté
35:58environ 300 unités.
36:01Cela équivaut
36:02à 60 millions de dollars.
36:07j'étais l'un des responsables
36:09du programme
36:09Hôtel Robotics.
36:11J'ai vu ces drones
36:12de mes propres yeux
36:13avant de partir.
36:18Hôtel Robotics
36:19a une filiale au Vietnam.
36:21Elle a agrandi
36:22ses capacités
36:23spécialement pour Alabuga
36:24avec de nouveaux équipements
36:26pour fabriquer ces drones
36:27en grande quantité
36:29et les livrer à la Russie.
36:34La filiale au Vietnam
36:35ne sert qu'à une chose.
36:37Éviter que les livraisons
36:38ne viennent directement
36:39de Chine
36:39pour brouiller les pistes.
36:49Moins frontal
36:50que pour l'Iran
36:50ou la Corée du Nord,
36:52le soutien implicite
36:53de la Chine à la Russie
36:54n'en est pas moins efficace
36:57et pas moins intéressé.
37:06Aucun pays
37:06ne regarde plus attentivement
37:08ce qui se passe
37:09en Ukraine
37:09que la Chine.
37:11Leur analyse est claire.
37:13Si les États-Unis
37:15et l'Ouest
37:15ne se dressent pas
37:16contre une invasion
37:17ayant lieu
37:17en Europe centrale,
37:19alors ils ne s'opposeront pas
37:20à une invasion chinoise
37:21à Taïwan
37:22qui se trouve
37:23au fin fond
37:24de l'océan Pacifique.
37:29Les Chinois
37:29ont un appétit
37:30énorme pour Taïwan
37:31et cela pourrait déclencher
37:33une troisième guerre mondiale.
37:35À leurs yeux,
37:36si l'Ukraine tombe,
37:37ce serait un signal clair
37:38que les États-Unis
37:39sont faibles
37:40et qu'on peut faire
37:41ce qu'on veut
37:42dans ce monde.
37:54En novembre 2024,
37:57un événement
37:58vient perturber
37:59l'équilibre
37:59des forces en présence
38:00et affaiblir
38:02la coalition occidentale.
38:05ici sont les résultats
38:07des votes
38:07pour la présidente américaine
38:08de la présidente américaine.
38:09Donald Trump
38:10a reçu 312 votes.
38:13Donald Trump
38:14a été réélecté
38:15pour la deuxième fois.
38:16Mr. Trump
38:17est seulement
38:17le deuxième
38:18président de la vie
38:19de la vie
38:19de la République
38:20à la République
38:42La réélection de Trump
38:44a complètement changé
38:45la politique américaine.
38:47Elle est passée
38:48d'un soutien à l'Ukraine,
38:49le pays qui a été envahi,
38:50à un soutien
38:51à la Russie,
38:52le pays envahisseur.
38:54Il ne peut pas y avoir
38:55de revirement
38:56plus radical que cela.
38:59ce n'est pas mon guerre.
39:01Ce n'est pas une guerre
39:01qui aurait voulu
39:02si je n'était pas mon guerre.
39:03Ce n'est pas mon guerre.
39:05Je suis juste ici
39:06pour essayer de aider.
39:08Nous avons dépensé
39:09des millions de dollars
39:11sur cette guerre.
39:13Il y a des égos
39:14qui sont impliqués.
39:14Je te dis,
39:15il y a des égos qui sont impliqués.
39:17Mais je pense que
39:17quelque chose va se passer.
39:18Et si ça ne s'est pas,
39:19je vais juste
39:20retourner
39:21et ils vont avoir
39:21de continuer.
39:29Je ne pense pas
39:32que Donald Trump
39:33ait jamais compris
39:33ce qu'était l'OTAN.
39:35En gros,
39:35il pense que les États-Unis
39:37défendent l'Europe
39:38et qu'en retour,
39:39cela ne leur rapporte rien.
39:40Il y a aujourd'hui
39:41une possibilité
39:42que les États-Unis
39:43stoppent leur alliance
39:44avec l'Europe.
39:45C'est quelque chose
39:46qui ne dérangerait pas
39:46du tout Trump.
39:55La guerre en Ukraine,
39:57devenue miroir
39:58des dissensions internes
39:59dans le bloc occidental,
40:00symbolise un effritement
40:02sur lequel la Russie
40:03et la Chine
40:04comptent bien capitaliser.
40:13Lors de la parade
40:14militaire annuelle
40:15du 9 mai
40:15à Moscou,
40:16les présidents
40:18Poutine
40:18et Xi Jinping
40:19s'affichent côte à côte,
40:21plus proches
40:22que jamais.
40:26Un symbole
40:27en images
40:29qui s'accompagne
40:30de déclarations
40:31sans équivoque.
40:53dans le domaine
41:09Sous-titrage Société Radio-Canada
41:28En ce moment, les hauts dignitaires russes n'hésitent plus à s'afficher dans les salons d'armement chinois,
41:38où sont présentés en grande pompe drones de combat, avions de chasse, missiles, les prototypes des guerres de demain.
41:59Si l'entente de ce nouveau binôme se scelle autour des armes, leur objectif dépasse le simple cadre militaire.
42:07Une cause bien plus profonde cimente leur alliance.
42:11Un rééquilibrage du monde par la force. La formation d'un nouvel ordre.
42:20Quand le gouvernement chinois et le gouvernement russe disent qu'il faut un nouvel ordre international,
42:26qu'il faut changer l'architecture de l'ordre international, qu'il faut détrôner l'Occident,
42:33qu'il faut passer à un monde qui serait dominé par une rivalité de blocs,
42:38et eux se considérant comme un bloc, eh bien il faut les prendre au sérieux.
42:45L'alliance émergente entre la Chine et la Russie a déjà ses partenaires,
42:50comme la Corée du Nord, l'Iran, la Syrie jusqu'à la chute du régime Assad, la Biélorussie.
42:56Ce ne sont pas des pays satellites, mais ils sont complètement alignés sur cet axe
43:00et constituent tous une menace contre les États-Unis et l'Occident en général.
43:04Les gens n'ont pas encore conscience de cette connexion,
43:08mais elle se développe et de manière très rapide.
43:17Ce réseau à l'international, c'est la revanche de Poutine sur les démocraties.
43:23Forgée par les armes, soudée par la haine de l'Occident,
43:27ce nouvel axe représente un danger qui dépasse le cadre de la guerre en Ukraine.
43:41Un risque d'embrasement, redouté par Andrei Yermak.
43:48L'homme de confiance de Zelensky, assis à ses côtés à la table des négociations de paix.
43:59Si la guerre en Ukraine se conclut par la paix
44:03et qu'il n'y a aucune conséquence pour la Russie, la Corée du Nord, l'Iran,
44:09soyez sûrs que ces pays, attirés par l'odeur du sang, vont continuer leurs invasions.
44:17Et qui pourra être sûr qu'il n'est pas le prochain sur la liste ?
44:25Si le monde permet à Poutine d'avoir ignoré les lois internationales,
44:30comme jamais depuis ces 80 dernières années,
44:36cela va provoquer immédiatement l'augmentation de conflits territoriaux,
44:41partout dans le monde.
44:47Poutine sait qu'il lui est très facile de communiquer avec les régimes comme l'Iran
44:52ou la Corée du Nord.
44:56Ils partagent la même vision du pouvoir.
45:00En d'autres termes, ils n'ont pas besoin de lois
45:04ou d'élections pour prendre des décisions.
45:12Poutine est un paria et il le sait.
45:15Mais selon lui, il a raison et les autres ont tort.
45:20À ses yeux, la civilisation occidentale n'existe plus du tout.
45:25Elle est en train de disparaître.
45:28Donc en fait, cette nouvelle alliance,
45:30c'est un pari qu'il fait sur l'avenir.
45:43Un pari sur l'avenir,
45:45théorisé par les grands stratèges russes.
45:55Sergei Karaganov est un homme discret,
45:58mais très influent.
46:00Considéré comme l'une des éminences grises de Poutine,
46:03il est l'auteur d'une doctrine
46:05dont l'objectif avoué est de désoccidentaliser le monde.
46:14L'ordre mondial est déjà en cours de reconstruction.
46:19Et de nouvelles civilisations,
46:21qui étaient auparavant opprimées,
46:23émergent très rapidement.
46:25Nous sommes le cœur de la grande Eurasie
46:28et nous construisons un grand continent
46:30qui deviendra le nouveau centre du monde.
46:34Mais nous devons d'abord résoudre le problème ukrainien.
46:38C'est-à-dire vaincre la contre-attaque désespérée
46:41de l'Europe et de l'Occident.
46:43Je pense que les Américains vont bientôt
46:45se retirer de cette guerre.
46:48Ils ont compris qu'ils ne seraient pas capables
46:50d'éliminer la Russie.
46:52Malheureusement, nos voisins européens sont fous
46:55et nous devrons les écraser.
46:58J'espère que nous rétablirons des liens décents avec eux,
47:01sans rompre avec la culture européenne,
47:05qui fait partie de la nôtre.
47:07Mais l'Europe ne jouera plus jamais
47:09un rôle géopolitique.
47:11Nous n'en avons pas besoin.
47:17L'Europe peut être désormais comparée
47:19à une victime de viol.
47:22Elle a été violée par sa meilleure amie,
47:24par son partenaire principal,
47:26les États-Unis.
47:28Il ne reste rien de l'autosuffisance européenne.
47:32L'économie a été complètement réduite à zéro.
47:35C'est une catastrophe.
47:38Sans énergie, l'Europe est devenue, pour ainsi dire,
47:41une espèce de grande usine à l'abandon.
47:48Et que disent les Européens ?
47:50Selon eux, tout le monde devrait se préparer à la guerre.
47:55Mais qui va faire la guerre contre la Russie ?
47:58L'armée russe a déjà marché sur Berlin trois fois dans l'histoire.
48:02Elle est déjà allée à Paris une fois.
48:04Et croyez-moi, nous pouvons le refaire.
48:12La Russie est aujourd'hui à la croisée des chemins.
48:16Au cœur de sanctions qui l'isolent.
48:18Et à l'origine de pactes qui la renforcent.
48:23Face à elle,
48:25une Europe qui doit prendre ses responsabilités
48:28pour protéger sa souveraineté.
48:33Poutine menace les pays baltes,
48:35la Moldavie.
48:36La Géorgie et la Roumanie.
48:39Il y a des métastases partout dans le monde,
48:42y compris dans les pays européens.
48:44Tant que nous n'aurons pas réglé ce problème,
48:47tant que la Russie ne sera pas remise à sa place,
48:49afin de redevenir un pays comme les autres,
48:51il n'y aura pas de paix possible en Europe.
48:56L'Union européenne est le plus grand projet pacifique au monde.
49:01Il n'y a rien de comparable.
49:0327 pays qui se sont affrontés pendant deux guerres mondiales,
49:11parfois même avant,
49:12et qui forment aujourd'hui une union.
49:15C'est un miracle de l'histoire.
49:19Maintenant, la question,
49:20c'est de savoir si cette Europe peut faire bloc
49:23pour assurer sa défense.
49:39La paix en Ukraine reste toujours en suspens.
49:45Dictée par la Russie,
49:46elle serait empoisonnée.
49:49Initiée par l'Europe,
49:51elle stopperait la progression d'un empire.
49:57Seule certitude,
49:59l'équilibre du monde
50:00passe désormais par le langage des armes.
50:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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