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  • il y a 48 minutes
Mère et fille sont réunies pour la première fois sur scène au théâtre des Bouffes Parisiens dans la pièce "Ça, c'est l'amour" de Jean-Robert Charrier.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 15 janvier 2026.

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Transcription
00:00Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:03Nous avons le bonheur d'accueillir Josiane Balasco et Marie-Lou Berry, mère et fille.
00:08Bonsoir.
00:08Bonsoir.
00:09Vous êtes réunis sur scène au Théâtre des Bouffes parisiens à partir de la semaine prochaine dans la pièce
00:13Ça c'est l'amour de Jean-Robert Charrier.
00:16Et si vous avez déjà joué dans le même film, on se dit que c'est encore une étape supplémentaire
00:20de se donner la réplique au théâtre pendant plus d'une heure tous les soirs.
00:24Vous en rêviez ou pas plus que ça ?
00:27On avait envie de se retrouver, c'était vraiment une envie réciproque de se trouver sur scène ensemble.
00:31Dans une bonne pièce bien sûr.
00:33Bien sûr, et c'est une bonne pièce, la pièce est écrite pour vous.
00:36Et vous êtes dans une relation mère-fille exactement comme nous on l'imaginerait dans la vie.
00:42Un dialogue direct, sans concession, décapant et plein d'humour.
00:46C'est vraiment comme ça que ça se passe ?
00:48Non, heureusement que...
00:49Heureusement non, ça ne se passe pas exactement comme dans la pièce.
00:50Heureusement parce que dans la pièce, le personnage de ma fille vit une existence assez cabossée
00:55qu'elle ne vit pas dans la vraie vie.
00:56Non, bien sûr, mais sur le ton sur la totalité...
00:58Sur le ton, se balancer des choses, ça peut exister.
01:01Mais là, elles ont toutes les raisons de se balancer des choses.
01:03Oui, alors c'est là où on voit que la meilleure relation du monde entre une mère et sa fille
01:06n'empêche pas les non-dits quand il s'agit de la violence, de la violence d'un conjoint.
01:13Même à sa mère, et peut-être plus encore à sa mère, on ne peut pas parler de ces choses-là.
01:17Il est très difficile d'avouer qu'on est maltraité par son conjoint, Marie-Lou ?
01:21Oui, je pense que c'est quelque chose qu'on cache à tout le monde.
01:24C'est un sport, après ça devient une habitude de cacher à soi-même et aux autres la vérité
01:30qui finalement n'est pas une vérité puisqu'elle, elle est persuadée que c'est normal, que c'est de sa faute.
01:36C'est là où le mécanisme de l'emprise, de la manipulation est très fort.
01:42Parce que souvent, on imagine d'ailleurs que c'est des femmes faibles,
01:45des femmes qui n'ont pas forcément une forte personnalité, mais ce n'est pas vrai du tout.
01:49L'emprise, ça casse énormément de gens.
01:53Vous aimez l'idée d'être utile à travers une pièce de théâtre ?
01:58Je ne sais pas si c'est utile, mais en tout cas, j'aime l'idée de jouer au théâtre
02:01et de jouer à une pièce qui a du sens et dans laquelle j'ai des choses à faire.
02:09Et vous, Josiane, vous ne pensez pas que c'est utile justement de jouer dans ce genre de pièces ?
02:12Oui, bien sûr, c'est utile de jouer au théâtre si les gens viennent et sont heureux après d'avoir vu le spectacle.
02:18Alors, ils peuvent être heureux parce qu'ils ont été dérangés aussi,
02:20ils peuvent être heureux parce qu'ils ont ri et ils peuvent être heureux parce que le spectacle, le sujet les a interpellés.
02:26Et tel que l'a fait Jean-Robert Charrier, ça commence comme une comédie, on ne se méfie de rien.
02:31Apparemment, c'est une mère intrusive qui débarque chez sa fille et son beau-fils le soir de Noël sans être invité.
02:38Et naturellement, ça ne va pas se passer comme on imagine parce que la fille a un secret.
02:42Comment ça se passe sur scène ? Je me dis que quand on joue avec quelqu'un qu'on connaît parfaitement bien,
02:47intimement, au quotidien, on voit des choses que les autres ne voient pas.
02:51C'est un gain de temps surtout. Un gain de temps parce qu'il y a tout ça qu'on n'a pas à fabriquer.
02:55On est mère-fille. Par exemple, avec mon mari qui est joué par Riyad Gami,
03:00on est mari et femme dans la pièce et on ne se connaît pas.
03:03Donc, il y a tout ça à inventer alors qu'avec ma mère, il n'y a pas à jouer tout ça.
03:07Il y a une gêne aussi. Effectivement, même si on est des acteurs, on va jouer l'intimité avec quelqu'un qu'on ne connaît pas.
03:13Il y a une gêne tout à fait logique.
03:15Nous, on n'a pas de problème puisque je peux la prendre dans mes bras et l'embrasser en disant
03:19« Ma fille, je t'aime » sans qu'il y ait de gêne.
03:21On se connaît bien en tant qu'actrice aussi.
03:24On se connaît bien, on connaît nos limites, on connaît ce que je peux lui permettre de lui dire
03:28« Peut-être que tu pourrais faire autre chose jamais. »
03:30Et elle peut la faire la même chose avec moi sans qu'on en soit vexé, par exemple.
03:35Alors, évidemment, là on parle d'une transmission de choses qui sont difficiles dans la pièce,
03:39mais il y a des transmissions heureuses et notamment l'amour de la scène.
03:44Vous, à quel moment vous êtes tombée dedans, Marie-Lou ?
03:46Je ne saurais pas dire. Je suis allée sur les plateaux de ma mère très tôt, je l'ai vu répéter au théâtre.
03:52Mon père était sculpteur. Je pense que j'ai eu envie de faire ce métier assez tôt,
03:57mais que je n'avais pas spécialement envie de le faire enfant.
03:59Et puis, jouer la comédie, c'est toujours un peu comme avoir des enfants.
04:03Tant qu'on n'en a pas et tant qu'on n'est pas monté sur scène, on ne peut pas savoir vraiment ce que c'est.
04:07On ne peut pas savoir si ça nous plaît.
04:08Et je me rappelle de la première fois où j'ai joué un texte.
04:13Oui, effectivement, je ne me suis pas dit « je suis formidable ».
04:15Je me suis dit « ah oui, effectivement, je suis bien à cet endroit-là et c'est ça que j'ai envie de faire ».
04:19Est-ce qu'il y a un rôle de votre mère, vous avez eu le temps de voir sa carrière avant de commencer la vôtre,
04:23que vous auriez bien aimé jouer, qui vous a particulièrement séduite ?
04:27Très franchement, sur tout ce qu'elle a écrit, je trouve que c'est des super rôles de femmes,
04:33de personnages qu'on ne met pas en général au premier plan,
04:36que ce soit « Gazon maudit », « Cléante » ou même les films du Splendide,
04:43ses pièces de théâtre, « L'ex-femme de ma vie », « Un grand cri d'amour »,
04:47toutes ces pièces-là, je suis toujours d'ailleurs très bon public de ma mère.
04:54L'époque du Splendide que vous évoquiez, ce sont les débuts et les débuts de l'écriture aussi pour vous, Josiane.
05:00Mais vous avez découvert le plaisir de jouer quand vous avez d'abord fait rire, en fait.
05:05C'est par le rire que ça a commencé ?
05:06Oui, tout bêtement, au cours de théâtre, j'ai eu la chance d'aller au cours d'une grande actrice
05:12qui s'appelait Tania Balacheva, qui avait créé « Huit clous » de Sartre en France
05:16et qui avait un enseignement où j'avais plein de profs différents,
05:20c'est-à-dire qu'il n'y avait pas une seule manière d'apprendre.
05:23Et quand j'ai commencé à passer des scènes drôles, j'ai vu que les gens riaient.
05:29D'abord, c'est une sensation très agréable, surprenante et agréable.
05:33Et je me suis dit « Bon, écoute, au moins je sais faire ça. Au moins. »
05:36C'est quoi d'ailleurs cette sensation ? Pourquoi faire rire les autres ? Ça motive une carrière ?
05:42Parce qu'on les touche.
05:43Ça veut dire que l'espace entre la scène et le spectateur, qui n'est pas tout près,
05:48est traversé par des sentiments, par des impressions,
05:51qui fait que le spectateur vous le renvoie en disant « Merci ».
05:55Le rire, pour moi, c'est un merci de me détendre, de me faire rêver.
06:00Ça peut être l'émotion, ce n'est pas forcément le rire.
06:03Pour vous, Marino ?
06:04Ça, c'est un merci très sincère, en fait.
06:06C'est-à-dire qu'il n'y a pas de...
06:08Le rire, c'est quelque chose qui est forcément du moment
06:12et qui ne peut pas être triché ou qui ne peut pas être...
06:16Comment dire ? J'ai pas les mots parce que j'ai la tête quelque part dans mon slip.
06:22Oui, ça ne se sent pas.
06:24Non, non.
06:25Comme ça, tout se passe bien.
06:26Mais voilà, pour moi, c'est quelque chose de très honnête, le rire.
06:29Vous êtes toutes les deux des actrices, des autrices, des réalisatrices.
06:32Et toutes les deux, vous avez réalisé votre premier film, à peu près, au début de votre trentaine.
06:38Pour vous, c'était « Sac de noeuds ».
06:39Et pour vous, c'était « Joséphine Sarondi ».
06:41Alors, on parlait de « Femmes fortes » au début de l'interview.
06:44Il y a comme une envie de prendre les choses en main dans la famille.
06:47Je veux dire qu'on ne prend pas celle des autres.
06:49On ne prend pas les choses des autres.
06:50On prend ses affaires en main en se disant « Bon, on a envie de faire ça.
06:54Personne ne le fera à notre place.
06:56On ne va pas attendre que ça tombe tout cru parce que ça irait... »
06:59Donc, faisons-le.
07:00Voilà, je crois que c'est ça le...
07:01« Sac de noeuds », c'est un de mes films préférés.
07:03Oui, voilà.
07:03C'est génial, ce film.
07:04Première réalisation.
07:05Ça, c'est l'amour.
07:06C'est le titre de la pièce.
07:07C'est quoi, l'amour ?
07:08Eh bien, l'amour, c'est tout sauf ce qu'on verra dans la pièce.
07:11Et en même temps, aussi.
07:12Et en même temps, c'est l'amour de la mère pour une fille et de la fille pour sa mère
07:16parce qu'elle voulait faire confiance.
07:17Mais en tout cas, de l'amour romantique, l'amour, c'est pas ça.
07:22Ça, c'est l'amour.
07:22En tout cas, ce sera au Théâtre des Bouffes Parisiens, une pièce de Jean-Robert Charrier.
07:26Et merci à toutes les deux d'être venus dans RTL Soir.
07:29Merci.
07:31Dans un instant, dans la tentation du soir, Stéphane Dudsock pourrait bien vous révéler
07:34le nom de l'acteur qui sera le prochain James Bond.
07:37Et puis, Florian Gazan reviendra sur l'info qu'on a failli manquer, toujours sur British.
07:42Elton John se lance dans le vin sans alcool.
07:44A tout de suite.
07:46RTL Soir.
07:48Anne-Sophie Lapix.
07:49Et puis, Florian Gazan.
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