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  • il y a 3 heures
"La bataille De Gaulle", vaste film historique en deux parties, s'intéresse au rôle de Charles de Gaulle après la victoire de l'Allemagne nazie sur la France en 1940. Plus gros projet cinématographique français de l'année avec son budget officiel de 75 millions d'euros, le film d'Antonin Baudry est une fresque historique de près de 5 heures puisant dans le blockbuster américain. Après sa présentation en grande pompe au Festival de Cannes 2026, le film dévoile mercredi 3 juin sa première partie, intitulée "L'âge de fer". Simon Abkarian, qui incarne le général à l'écran, est l'invité événement d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 03 juin 2026.

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Transcription
00:00L'invité d'RTL Soir
00:02C'est un film-événement qui sort aujourd'hui.
00:05La plus grosse production française de ces dernières années est pour cause.
00:08C'est un biopic sur l'icône, le héros français du XXe siècle, le général de Gaulle.
00:13C'est le réalisateur Antonin Baudry qui signe la bataille de Gaulle, l'âge de fer.
00:17C'est le titre du premier volet, le second sortira en juillet.
00:20Et nous recevons son interprète principal, le comédien Simon Abkarian.
00:24Bonsoir.
00:25Vous êtes donc de Gaulle, rien que ça.
00:28Alors Charles de Gaulle qui est grand, strict, un peu raide, qui a de l'autorité et qui a fait
00:33l'histoire.
00:34Est-ce qu'il vous impressionne le vrai de Gaulle ?
00:36C'est impressionnant, oui.
00:38Un héros de cette envergure, de cette force, de cette ampleur.
00:43Oui, c'est impressionnant, bien sûr que ça l'est.
00:45La première scène le présente comme un militaire de terrain, tacticien,
00:49dans une voiture lancée à l'assaut d'un char allemand à Montcornet.
00:52Il piège le tank en changeant de direction, en disant au chauffeur,
00:55dans la direction de mon bras, c'est assez spectaculaire et assez drôle en fait, cette scène.
00:59Mais il est déterminé dans son élément.
01:01En fait, c'est d'abord un homme d'action.
01:03Et dans la voiture du début, son aide de camp lui dit
01:08« On va jusqu'où mon colonel ? »
01:10Parce qu'à l'époque, il est colonel.
01:11Et il lui répond « Jusqu'à ce qu'on nous tire dessus. »
01:14Oui, c'est ça.
01:14C'est-à-dire qu'il va au feu, en fait.
01:16Il va au feu.
01:17Et alors, cette bataille de Montcornet lui vaut le grade de général.
01:20Vous disiez, il n'était que colonel.
01:21Et il décide de partir à Londres pour représenter la France libre
01:24après la capitulation du maréchal Pétain.
01:27Bon, il est condamné à mort.
01:28Il n'est plus du tout général dans l'esprit, évidemment, du maréchal Pétain.
01:31Ce que montre bien le film, c'est que personne n'a demandé à De Gaulle
01:35de représenter la France libre.
01:37Il l'a donc décidé tout seul.
01:39En fait, il fait le tour des généraux, quand même, avant d'y aller.
01:42Il se rend compte que personne n'y va.
01:45Personne n'y va.
01:45Ils vont capituler.
01:46C'est-à-dire Pétain, Végan et d'autres.
01:49Il dit « Puisqu'il n'y a personne, je vais le faire moi. »
01:51Il se dévoue, en quelque sorte.
01:52Il se dévoue, oui.
01:54C'est un combattant qui se bat pour sa France.
01:58C'est grâce au Premier ministre britannique,
02:00Winston Churchill, qui accepte,
02:02qui joue le jeu,
02:03qu'il va pouvoir représenter cette France, en fait.
02:06C'est deux romantiques qui se rencontrent.
02:08Il y a deux érudits.
02:10Et ce qui est assez fou,
02:11quand on connaît l'histoire qu'il y a entre la France et l'Angleterre,
02:14sur un long terme,
02:15dans le passé,
02:17c'est difficile pour lui d'aller toquer à la porte de l'Anglais.
02:20Et d'aller presque, voilà,
02:21dire « J'ai besoin de votre aide. »
02:24Les circonstances vont l'aider,
02:25à incarner réellement la France libre.
02:27Mais honnêtement, son entêtement
02:28paraît parfois presque ridicule.
02:31Il semble parfois dans le déni.
02:33Les Anglais le prennent, d'ailleurs, pour un fou.
02:35Et Antonin Baudry, le réalisateur,
02:38le compare même à Don Quichotte.
02:40Don Quichotte, qui n'a pas toute sa raison, on peut dire.
02:42Ici, il n'est pas fou.
02:43Il ne peut pas faire ça.
02:44S'il n'y a pas la folie qui l'anime,
02:45il ne peut pas y aller.
02:47Quand il arrive en Angleterre,
02:48les gens pensent, certains d'entre eux, des Anglais,
02:50que De Gaulle, c'est un nom de code.
02:53Ils n'y croient pas.
02:54Il n'est personne, en fait.
02:56C'est son entêtement.
02:57C'est sa conviction.
02:59Sa probité, son courage qui vont l'emporter.
03:01Alors, ce rôle, quand on jouait De Gaulle,
03:03ne tient qu'à un fil.
03:05Si Churchill mise sur lui au départ,
03:06ils ne sont pas toujours d'accord.
03:07On écoute un extrait.
03:09Général De Gaulle, j'espérais en vous reconnaissant
03:11que vous pourriez nous aider.
03:14Vous avez échoué.
03:15Et nous allons devoir changer de stratégie.
03:18Par conséquent, vous mettez fin
03:21à l'alliance entre la France et l'Angleterre.
03:23Entre De Gaulle et l'Angleterre.
03:25Pourquoi discuter avec De Gaulle
03:26s'il n'est pas la France ?
03:27Vous n'êtes pas la France !
03:29Je n'en vous le connais pas comme la France !
03:33Alors, De Gaulle, il a une haute opinion de la France
03:35et de lui-même.
03:37Il y a ce moment où il explique
03:38que les moustiques ne piquent pas le général De Gaulle.
03:41Donc, de chance, il le pique
03:42puisqu'il attrape le palud.
03:43Ça, c'est authentique.
03:45Ça a existé.
03:45Cette phrase a été prononcée.
03:46Non, je ne pense pas.
03:47Je ne pense pas.
03:47C'est ça, c'est Antonin.
03:49C'est Antonin qui a décidé.
03:50Oui, parce que c'est vraiment BD.
03:52Dans la première case, il dit
03:55il n'y a rien à craindre pour De Gaulle
03:56et la case d'après, il a la fièvre et il délire.
03:59D'ailleurs, il y a plein de moments drôles dans ce film.
04:02Il y a beaucoup d'humour.
04:03Je crois qu'il faut, sinon c'est irrespirable.
04:06C'est un De Gaulle qui n'a pas totalement l'image habituelle
04:09qu'on lui voit dans certaines représentations.
04:12Il est ferme sur ses convictions, ses choix,
04:14mais on sent qu'une fois la décision prise,
04:16il doit supporter le poids de cette décision.
04:19Je ne sais pas si on peut parler de doute.
04:21Il y a une sorte de vertige, en fait.
04:24Il est sur le fil de rasoir tout le temps.
04:28Il joue au poker.
04:29Et c'est la bataille de Bir Hakem qui va faire que
04:33la France libre va reprendre pied sur le terrain
04:35à combattre les Allemands.
04:37Et même s'il sait qu'ils vont perdre,
04:39parce que c'est des légionnaires de la Légion étrangère,
04:43et aussi des supplétifs étrangers, des Italiens, des Espagnols,
04:47des Marocains, des Tunisiens, des Algériens.
04:50Il sait que s'ils se rendent, c'est foutu.
04:53Et la grandeur du général Koenig, incarné par le grand Noa Magimel,
05:00il est magnifique.
05:02Et fait que la France retrouve, on va dire, son honneur.
05:07On a envie de savoir comment vous avez travaillé ce général de Gaulle.
05:11Ça commence par quoi ?
05:12Est-ce que vous avez regardé des images de lui,
05:15essayé d'analyser sa façon de se tenir, sa posture ?
05:18Parce que la posture avec de Gaulle, c'est très important.
05:20En tout cas, il faut en trouver une.
05:22Oui, c'est sûr.
05:23Il faut en inventer une.
05:24C'est-à-dire que, d'abord, c'est la lecture du scénario,
05:27de longues lectures avec Antonin, des discussions.
05:29Et puis moi, visionnant des archives,
05:32je voulais être seul avec lui, en fait.
05:33Je voulais être vraiment enfermé là-dedans, dans cette recherche-là.
05:36Il a fallu que je propose un de Gaulle,
05:39dans sa démarche, dans sa voix, dans sa tenue.
05:42Parce qu'il est théâtral, cet homme.
05:44Et donc, il fallait lui donner de la théâtralité
05:45sans que ce soit trop grandiloquent ou trop appuyé.
05:50Ça, c'est mon travail.
05:52Il était grand ? Il était plus grand que vous ?
05:54Beaucoup plus grand.
05:55Mais vous dominez complètement, aussi, dans votre attitude, en fait.
05:58Il ne suffit pas de faire un mètre de 95.
05:59Je me tenais droit, puis j'avais des talonnettes, quand même.
06:01Oui, quand même.
06:02Et le capifait que...
06:03Mais ouais, c'est quelqu'un qui se tient droit.
06:05Je l'ai pris au pied de la lettre, ça.
06:06Ce n'est pas quelqu'un qui fléchit.
06:08Vous avez dû passer, aussi, du temps au maquillage, je crois.
06:111h30 chaque jour.
06:1240.
06:131h40, pardon !
06:14Les 10 minutes, les 2 minutes, tu comptes.
06:16Qu'est-ce qu'il a fallu modifier, exactement ?
06:19Agrandir les oreilles, les décoller, raser le front, coller les paupières, épiler les sourcils.
06:24Et le nez, heureusement, c'était le mien.
06:26Donc, ça, c'est un gain de temps.
06:29Et puis, il a fallu trouver votre façon de parler, bien sûr.
06:32La sienne est vraiment très particulière, très accrocheuse.
06:36Qu'est-ce que vous avez voulu retrouver ?
06:39Parce qu'il ne s'agit pas vraiment d'imiter la voix, mais dans le phrasé.
06:42On ne va pas imiter sa voix, c'est sa scantion.
06:46Et la notion des longues et des brèves, comme ça se faisait à l'époque,
06:52c'est un langage qui est déployé.
06:54Chaque mot est un diamant.
06:56Chaque mot a son importance, est une flèche qui fait mouche.
07:00même les compléments d'objets directs ou les adjectifs ou quoi que ce soit,
07:03il appuie dessus.
07:03Moi, je n'avais jamais vu ça, en fait.
07:05C'est quelqu'un qui va appuyer sur des mots sur lesquels, nous, on a le sens,
07:11le plus basique, et lui, non.
07:13Chaque mot compte, en fait.
07:15Oui, chaque mot compte.
07:17Ce film, c'est une super production qui dure près de 3h le 1er, 2h40,
07:22et il va y avoir une seconde partie.
07:23C'est un gros budget, surtout pour le cinéma français, c'est ambitieux.
07:26Pourquoi c'est important de le faire ?
07:29Ça, il faut demander à Antonin Baudry, au producteur.
07:32Mais vous êtes partie prenante de cette oeuvre,
07:34parce que vous avez l'impression de faire quelque chose d'important.
07:35Je vais parler pour moi.
07:36Je pense que c'est important de rendre à la génération d'aujourd'hui,
07:43de restituer les gens qui ont combattu,
07:46et qui se sont sacrifiés, pour certains, même pour beaucoup,
07:51pour qu'aujourd'hui, la France puisse être prospère,
07:54même si on est arrivé dans une prospérité relative.
07:57Je pense que c'est des gens qui se sont sacrifiés pour que nous,
08:00on soit là à se parler, vous et moi,
08:02et que la France soit des frontières sûres, une armée forte,
08:09et une France prestigieuse,
08:11même si on le perd un petit peu en ce moment, notre prestige,
08:16mais il reviendra, j'en suis sûr.
08:17Je vous ai connu, colonel afghan, dans Kaboul-Kishan.
08:20C'était une version plus déboutonnée du soldat,
08:22mais l'autorité était déjà là.
08:23Vous aimez jouer les militaires ?
08:26Pas spécialement.
08:27Non, ce qui est important, ce qui est intéressant dans les gens qui portent l'uniforme,
08:32c'est leur tenue, c'est leur droiture.
08:35Là, je ne parle pas de l'autre.
08:37Oui, de Kaboul-Kishan.
08:39Parce que là, c'est un gangster, l'autre.
08:40Mais je parle des gens de l'armée française et d'autres,
08:43c'est des gens qui ont une histoire, qui ont une tenue,
08:45qui ont des mythes fondateurs.
08:47Par exemple, la Légion étrangère,
08:49elle se fonde à Cameroun,
08:51où ils sont 62 légionnaires contre 2000 Mexicains.
08:54Donc ça, ça fonde les gens, ça fonde.
08:56Et ça raconte, et ça se perpétue, si vous voulez.
09:00La bataille de Gaulle, l'âge de fer d'Antonin Baudry,
09:02avec Simon Abcariant, Benoît Magimel, Nice Schleder,
09:05Mathieu Kassovitz aussi, c'est au cinéma, aujourd'hui.
09:09Merci Simon Abcariant, vous voulez bien rester un petit peu avec nous ?
09:11Avec joie.
09:11Avec la petite bande de RTL Soir.
09:13La tentation du soir, ce sera un livre,
09:15et une histoire sur une religieuse qui a inspiré Matisse.
09:19L'info qu'on a failli manquer, c'est un footballeur néo-zélandais,
09:21passé de l'anonymat à la gloire,
09:23sur les réseaux sociaux.
09:24Enfin, le petit phénomène d'Emma Bressel,
09:26c'est un guide touristique qui résiste justement aux réseaux sociaux.
09:29A tout de suite.
09:36Le matin.
09:39Le midi.
09:41Le soir.
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