00:00L'invité d'RTL Soir
00:02C'est un film-événement qui sort aujourd'hui.
00:05La plus grosse production française de ces dernières années est pour cause.
00:08C'est un biopic sur l'icône, le héros français du XXe siècle, le général de Gaulle.
00:13C'est le réalisateur Antonin Baudry qui signe la bataille de Gaulle, l'âge de fer.
00:17C'est le titre du premier volet, le second sortira en juillet.
00:20Et nous recevons son interprète principal, le comédien Simon Abkarian.
00:24Bonsoir.
00:25Vous êtes donc de Gaulle, rien que ça.
00:28Alors Charles de Gaulle qui est grand, strict, un peu raide, qui a de l'autorité et qui a fait
00:33l'histoire.
00:34Est-ce qu'il vous impressionne le vrai de Gaulle ?
00:36C'est impressionnant, oui.
00:38Un héros de cette envergure, de cette force, de cette ampleur.
00:43Oui, c'est impressionnant, bien sûr que ça l'est.
00:45La première scène le présente comme un militaire de terrain, tacticien,
00:49dans une voiture lancée à l'assaut d'un char allemand à Montcornet.
00:52Il piège le tank en changeant de direction, en disant au chauffeur,
00:55dans la direction de mon bras, c'est assez spectaculaire et assez drôle en fait, cette scène.
00:59Mais il est déterminé dans son élément.
01:01En fait, c'est d'abord un homme d'action.
01:03Et dans la voiture du début, son aide de camp lui dit
01:08« On va jusqu'où mon colonel ? »
01:10Parce qu'à l'époque, il est colonel.
01:11Et il lui répond « Jusqu'à ce qu'on nous tire dessus. »
01:14Oui, c'est ça.
01:14C'est-à-dire qu'il va au feu, en fait.
01:16Il va au feu.
01:17Et alors, cette bataille de Montcornet lui vaut le grade de général.
01:20Vous disiez, il n'était que colonel.
01:21Et il décide de partir à Londres pour représenter la France libre
01:24après la capitulation du maréchal Pétain.
01:27Bon, il est condamné à mort.
01:28Il n'est plus du tout général dans l'esprit, évidemment, du maréchal Pétain.
01:31Ce que montre bien le film, c'est que personne n'a demandé à De Gaulle
01:35de représenter la France libre.
01:37Il l'a donc décidé tout seul.
01:39En fait, il fait le tour des généraux, quand même, avant d'y aller.
01:42Il se rend compte que personne n'y va.
01:45Personne n'y va.
01:45Ils vont capituler.
01:46C'est-à-dire Pétain, Végan et d'autres.
01:49Il dit « Puisqu'il n'y a personne, je vais le faire moi. »
01:51Il se dévoue, en quelque sorte.
01:52Il se dévoue, oui.
01:54C'est un combattant qui se bat pour sa France.
01:58C'est grâce au Premier ministre britannique,
02:00Winston Churchill, qui accepte,
02:02qui joue le jeu,
02:03qu'il va pouvoir représenter cette France, en fait.
02:06C'est deux romantiques qui se rencontrent.
02:08Il y a deux érudits.
02:10Et ce qui est assez fou,
02:11quand on connaît l'histoire qu'il y a entre la France et l'Angleterre,
02:14sur un long terme,
02:15dans le passé,
02:17c'est difficile pour lui d'aller toquer à la porte de l'Anglais.
02:20Et d'aller presque, voilà,
02:21dire « J'ai besoin de votre aide. »
02:24Les circonstances vont l'aider,
02:25à incarner réellement la France libre.
02:27Mais honnêtement, son entêtement
02:28paraît parfois presque ridicule.
02:31Il semble parfois dans le déni.
02:33Les Anglais le prennent, d'ailleurs, pour un fou.
02:35Et Antonin Baudry, le réalisateur,
02:38le compare même à Don Quichotte.
02:40Don Quichotte, qui n'a pas toute sa raison, on peut dire.
02:42Ici, il n'est pas fou.
02:43Il ne peut pas faire ça.
02:44S'il n'y a pas la folie qui l'anime,
02:45il ne peut pas y aller.
02:47Quand il arrive en Angleterre,
02:48les gens pensent, certains d'entre eux, des Anglais,
02:50que De Gaulle, c'est un nom de code.
02:53Ils n'y croient pas.
02:54Il n'est personne, en fait.
02:56C'est son entêtement.
02:57C'est sa conviction.
02:59Sa probité, son courage qui vont l'emporter.
03:01Alors, ce rôle, quand on jouait De Gaulle,
03:03ne tient qu'à un fil.
03:05Si Churchill mise sur lui au départ,
03:06ils ne sont pas toujours d'accord.
03:07On écoute un extrait.
03:09Général De Gaulle, j'espérais en vous reconnaissant
03:11que vous pourriez nous aider.
03:14Vous avez échoué.
03:15Et nous allons devoir changer de stratégie.
03:18Par conséquent, vous mettez fin
03:21à l'alliance entre la France et l'Angleterre.
03:23Entre De Gaulle et l'Angleterre.
03:25Pourquoi discuter avec De Gaulle
03:26s'il n'est pas la France ?
03:27Vous n'êtes pas la France !
03:29Je n'en vous le connais pas comme la France !
03:33Alors, De Gaulle, il a une haute opinion de la France
03:35et de lui-même.
03:37Il y a ce moment où il explique
03:38que les moustiques ne piquent pas le général De Gaulle.
03:41Donc, de chance, il le pique
03:42puisqu'il attrape le palud.
03:43Ça, c'est authentique.
03:45Ça a existé.
03:45Cette phrase a été prononcée.
03:46Non, je ne pense pas.
03:47Je ne pense pas.
03:47C'est ça, c'est Antonin.
03:49C'est Antonin qui a décidé.
03:50Oui, parce que c'est vraiment BD.
03:52Dans la première case, il dit
03:55il n'y a rien à craindre pour De Gaulle
03:56et la case d'après, il a la fièvre et il délire.
03:59D'ailleurs, il y a plein de moments drôles dans ce film.
04:02Il y a beaucoup d'humour.
04:03Je crois qu'il faut, sinon c'est irrespirable.
04:06C'est un De Gaulle qui n'a pas totalement l'image habituelle
04:09qu'on lui voit dans certaines représentations.
04:12Il est ferme sur ses convictions, ses choix,
04:14mais on sent qu'une fois la décision prise,
04:16il doit supporter le poids de cette décision.
04:19Je ne sais pas si on peut parler de doute.
04:21Il y a une sorte de vertige, en fait.
04:24Il est sur le fil de rasoir tout le temps.
04:28Il joue au poker.
04:29Et c'est la bataille de Bir Hakem qui va faire que
04:33la France libre va reprendre pied sur le terrain
04:35à combattre les Allemands.
04:37Et même s'il sait qu'ils vont perdre,
04:39parce que c'est des légionnaires de la Légion étrangère,
04:43et aussi des supplétifs étrangers, des Italiens, des Espagnols,
04:47des Marocains, des Tunisiens, des Algériens.
04:50Il sait que s'ils se rendent, c'est foutu.
04:53Et la grandeur du général Koenig, incarné par le grand Noa Magimel,
05:00il est magnifique.
05:02Et fait que la France retrouve, on va dire, son honneur.
05:07On a envie de savoir comment vous avez travaillé ce général de Gaulle.
05:11Ça commence par quoi ?
05:12Est-ce que vous avez regardé des images de lui,
05:15essayé d'analyser sa façon de se tenir, sa posture ?
05:18Parce que la posture avec de Gaulle, c'est très important.
05:20En tout cas, il faut en trouver une.
05:22Oui, c'est sûr.
05:23Il faut en inventer une.
05:24C'est-à-dire que, d'abord, c'est la lecture du scénario,
05:27de longues lectures avec Antonin, des discussions.
05:29Et puis moi, visionnant des archives,
05:32je voulais être seul avec lui, en fait.
05:33Je voulais être vraiment enfermé là-dedans, dans cette recherche-là.
05:36Il a fallu que je propose un de Gaulle,
05:39dans sa démarche, dans sa voix, dans sa tenue.
05:42Parce qu'il est théâtral, cet homme.
05:44Et donc, il fallait lui donner de la théâtralité
05:45sans que ce soit trop grandiloquent ou trop appuyé.
05:50Ça, c'est mon travail.
05:52Il était grand ? Il était plus grand que vous ?
05:54Beaucoup plus grand.
05:55Mais vous dominez complètement, aussi, dans votre attitude, en fait.
05:58Il ne suffit pas de faire un mètre de 95.
05:59Je me tenais droit, puis j'avais des talonnettes, quand même.
06:01Oui, quand même.
06:02Et le capifait que...
06:03Mais ouais, c'est quelqu'un qui se tient droit.
06:05Je l'ai pris au pied de la lettre, ça.
06:06Ce n'est pas quelqu'un qui fléchit.
06:08Vous avez dû passer, aussi, du temps au maquillage, je crois.
06:111h30 chaque jour.
06:1240.
06:131h40, pardon !
06:14Les 10 minutes, les 2 minutes, tu comptes.
06:16Qu'est-ce qu'il a fallu modifier, exactement ?
06:19Agrandir les oreilles, les décoller, raser le front, coller les paupières, épiler les sourcils.
06:24Et le nez, heureusement, c'était le mien.
06:26Donc, ça, c'est un gain de temps.
06:29Et puis, il a fallu trouver votre façon de parler, bien sûr.
06:32La sienne est vraiment très particulière, très accrocheuse.
06:36Qu'est-ce que vous avez voulu retrouver ?
06:39Parce qu'il ne s'agit pas vraiment d'imiter la voix, mais dans le phrasé.
06:42On ne va pas imiter sa voix, c'est sa scantion.
06:46Et la notion des longues et des brèves, comme ça se faisait à l'époque,
06:52c'est un langage qui est déployé.
06:54Chaque mot est un diamant.
06:56Chaque mot a son importance, est une flèche qui fait mouche.
07:00même les compléments d'objets directs ou les adjectifs ou quoi que ce soit,
07:03il appuie dessus.
07:03Moi, je n'avais jamais vu ça, en fait.
07:05C'est quelqu'un qui va appuyer sur des mots sur lesquels, nous, on a le sens,
07:11le plus basique, et lui, non.
07:13Chaque mot compte, en fait.
07:15Oui, chaque mot compte.
07:17Ce film, c'est une super production qui dure près de 3h le 1er, 2h40,
07:22et il va y avoir une seconde partie.
07:23C'est un gros budget, surtout pour le cinéma français, c'est ambitieux.
07:26Pourquoi c'est important de le faire ?
07:29Ça, il faut demander à Antonin Baudry, au producteur.
07:32Mais vous êtes partie prenante de cette oeuvre,
07:34parce que vous avez l'impression de faire quelque chose d'important.
07:35Je vais parler pour moi.
07:36Je pense que c'est important de rendre à la génération d'aujourd'hui,
07:43de restituer les gens qui ont combattu,
07:46et qui se sont sacrifiés, pour certains, même pour beaucoup,
07:51pour qu'aujourd'hui, la France puisse être prospère,
07:54même si on est arrivé dans une prospérité relative.
07:57Je pense que c'est des gens qui se sont sacrifiés pour que nous,
08:00on soit là à se parler, vous et moi,
08:02et que la France soit des frontières sûres, une armée forte,
08:09et une France prestigieuse,
08:11même si on le perd un petit peu en ce moment, notre prestige,
08:16mais il reviendra, j'en suis sûr.
08:17Je vous ai connu, colonel afghan, dans Kaboul-Kishan.
08:20C'était une version plus déboutonnée du soldat,
08:22mais l'autorité était déjà là.
08:23Vous aimez jouer les militaires ?
08:26Pas spécialement.
08:27Non, ce qui est important, ce qui est intéressant dans les gens qui portent l'uniforme,
08:32c'est leur tenue, c'est leur droiture.
08:35Là, je ne parle pas de l'autre.
08:37Oui, de Kaboul-Kishan.
08:39Parce que là, c'est un gangster, l'autre.
08:40Mais je parle des gens de l'armée française et d'autres,
08:43c'est des gens qui ont une histoire, qui ont une tenue,
08:45qui ont des mythes fondateurs.
08:47Par exemple, la Légion étrangère,
08:49elle se fonde à Cameroun,
08:51où ils sont 62 légionnaires contre 2000 Mexicains.
08:54Donc ça, ça fonde les gens, ça fonde.
08:56Et ça raconte, et ça se perpétue, si vous voulez.
09:00La bataille de Gaulle, l'âge de fer d'Antonin Baudry,
09:02avec Simon Abcariant, Benoît Magimel, Nice Schleder,
09:05Mathieu Kassovitz aussi, c'est au cinéma, aujourd'hui.
09:09Merci Simon Abcariant, vous voulez bien rester un petit peu avec nous ?
09:11Avec joie.
09:11Avec la petite bande de RTL Soir.
09:13La tentation du soir, ce sera un livre,
09:15et une histoire sur une religieuse qui a inspiré Matisse.
09:19L'info qu'on a failli manquer, c'est un footballeur néo-zélandais,
09:21passé de l'anonymat à la gloire,
09:23sur les réseaux sociaux.
09:24Enfin, le petit phénomène d'Emma Bressel,
09:26c'est un guide touristique qui résiste justement aux réseaux sociaux.
09:29A tout de suite.
09:36Le matin.
09:39Le midi.
09:41Le soir.
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