00:00Et un fonds de soutien au commerce dégradé pendant les manifestations, parce qu'il faut penser les plaies,
00:04mais il faut aussi tenter de reconstruire.
00:07Annonce faite hier soir par le gouvernement, les petites entreprises les plus touchées pourront bénéficier d'une aide jusqu'à
00:1310 000 euros.
00:14Virginie Grimaud, vous êtes toujours avec nous, vous êtes la déléguée générale de la Fédération de l'épicerie et du
00:18commerce de proximité.
00:19Vous représentez environ 6 000 petits supermarchés indépendants, super-êtres, partout en France.
00:25Vous dites quoi ? Merci ?
00:27Oui, on ne peut dire que merci.
00:28Merci. Le 17 octobre, on a été sidérés.
00:31Aujourd'hui, on a près de 3 000 commerces qui ont été abîmés, plusieurs centaines complètement dévastées, pillées.
00:38Aujourd'hui, parmi nos adhérents, il y a une cinquantaine de magasins qui n'ont toujours pas réouvert.
00:42Alors ce fonds de soutien, il est bienvenu, mais sincèrement, ce n'est pas la première priorité.
00:47L'État a failli, l'État ne vous a pas protégés, le 17 octobre ?
00:51Le ministre de l'Intérieur a lui-même reconnu qu'il y avait eu des défaillances.
00:55Donc ça, je ne suis pas là pour juger.
00:57Et nous, ce qu'on dit, c'est qu'aujourd'hui, notre première demande, c'est la sécurité.
01:01Un commerçant ne peut pas avoir à arbitrer entre protéger son commerce et exercer son métier.
01:07Ce n'est pas possible.
01:08Se dire que pour protéger son commerce, il faut rester fermé, le résultat, ça sera un peu plus long.
01:13L'agonie sera plus longue, mais le résultat sera le même.
01:16Et donc ça, cet arbitrage, ce n'est pas possible.
01:18On a besoin de sécurité.
01:20Au-delà de la sécurité, où il y a de la protection physique du commerce, on a besoin d'un
01:25retour au calme.
01:26Celui qui ramènera les clients dans les magasins.
01:29Parce que, interrogez-vous, est-ce que spontanément, vous irez ce week-end faire des courses ?
01:34Non, et d'ailleurs, les centres-villes de toutes les villes de France étaient absolument désertes la semaine dernière.
01:40Quels que soient d'ailleurs les parcours des manifestations, quoi qu'il arrive,
01:43soit parce que les magasins eux-mêmes avaient fermé, soit parce que de toute façon, les clients n'y allaient
01:46plus.
01:46Arthur ?
01:47On a l'impression qu'on porte un peu atteinte à la dignité d'un métier aussi, avec cette nouvelle
01:51façon de fonctionner,
01:52c'est-à-dire des subventions, parce qu'on a failli.
01:54Est-ce que vous ne pensez pas, par exemple, que les municipalités pourraient investir dans de la sécurité privée,
02:00comme elles le font déjà massivement, déjà avant même cette crise ?
02:04En fait, ce n'est pas privé, du coup, si c'est la municipalité qui la paye ?
02:07Elle peut engager des entreprises privées, elle le fait beaucoup pour sécuriser ses quartiers.
02:11En tout cas, dépenser cet argent utilement pour sécuriser les villes,
02:15permettre aux commerçants de gagner l'argent qu'ils gagnent grâce à leur travail,
02:18et tout le monde serait à sa place comme ça, en fait.
02:20On ne marche plus sur la tête.
02:21Oui, après, le sujet de la sécurité des villes au quotidien, c'est un autre sujet que celui-là.
02:26Puisque là, d'après ce qu'on a compris, on a eu des vagues.
02:31Ce qui est important, c'est aussi cette communication.
02:33Alors, on attend beaucoup, effectivement, des municipalités, des pouvoirs publics, des médias,
02:38pour que, autour de ce retour au calme, parce que finalement, si on parle du week-end dernier,
02:43il n'y a pas eu d'incident majeur.
02:46Les parcours, nous, on trouve que c'est plutôt une bonne chose,
02:48les parcours des manifestations en dehors des centres-villes,
02:50ça permet de concilier le droit de manifester et le droit de travailler.
02:54Mais au-delà de ça, il faut qu'il y ait de l'écho.
02:57C'est-à-dire qu'il faut qu'on donne envie aux gens de revenir,
03:00parce que les commerces de centres-villes sont déjà très fragiles.
03:03Et en même temps, Virginie Grimaud, ça s'est vu ce week-end, le week-end dernier,
03:07vous l'avez rappelé, les manifestations délocalisées aux abords des villes,
03:10et pour autant, les centres-villes abandonnées.
03:13Les centres-villes désertées, par peur, justement, de débordement, par peur de pillage.
03:16Donc, quand bien même on met les manifestations aux portes de Paris, aux portes des villes,
03:20les centres-villes sont désertées.
03:22Oui, enfin, ça, on l'a vu après.
03:24Oui, mais on le constate.
03:25Non, non, mais on le constate, parce que vous croyez sincèrement
03:27que les clients avaient envie de venir dans les centres-villes samedi dernier ?
03:30Même si les manifestations étaient à l'extérieur,
03:32les images de sidération étaient telles le 17 octobre
03:35qu'on peut légitimement comprendre que...
03:37Virginie Grimaud, comment on fait pour la suite ?
03:39Il y a la question, évidemment, des samedis qui viennent,
03:42notamment samedi prochain, jour de Halloween, manifestation à nouveau prévue.
03:47Il y a aussi la journée de grève et de manifestation du 5 novembre.
03:51Comment vous vous projetez sur ces deux jours-là ?
03:53Nous, on ne peut que se projeter en disant qu'il faut qu'on travaille au maximum.
03:59Alors, sur ces deux jours-là, évidemment, il va y avoir de la protection.
04:02Il va y avoir à nouveau, sans doute, puisque même...
04:06L'État promet de faire face, d'être présent.
04:09Combien d'entre vous aussi ont pris les devants ?
04:12C'est-à-dire que, lorsqu'on a entendu les mots qui avaient énormément choqué
04:16du préfet de police de Paris, qui laissait entendre qu'au fond,
04:19c'était aux commerçants de prendre leur disposition,
04:22c'est-à-dire soit de décider de fermer plus tôt,
04:24soit d'engager des équipes de sécurité,
04:28avec un coût, évidemment, aussi très important,
04:30et puis une forme d'abandon.
04:34Je ne sais pas si on peut parler à l'abandon,
04:36je pense qu'ils avaient été totalement débordés,
04:38et que, voilà, je ne suis pas...
04:42Je suis un peu spécialiste du commerce, moi, je maintiens de l'ordre,
04:44donc c'est vrai que ça a été mal ressenti.
04:46A chacun son job ?
04:47C'est vrai que à chacun son job.
04:48Mais en même temps...
04:49Ça a été mal ressenti.
04:50C'est vrai que c'est...
04:51Alors après, le préfet de police s'est excusé,
04:53il a dit que c'est maladroit, etc.
04:54Bon, mais ça a été très mal vécu.
04:57On a eu des adhérents qui nous ont dit,
04:59en gros, on nous dit de nous débrouiller tout seul.
05:00Aurez-vous des compensations, y compris pour les jours de non-ouverture,
05:04ou les heures de non-ouverture ?
05:06C'est-à-dire que là, les 10 000 euros au maximum,
05:09c'est s'il y a eu dégâts.
05:11Mais s'il y a juste le manque à gagner de ne pas avoir ouvert,
05:14ça, pour le coup, c'est pour votre pomme.
05:16C'est éventuellement couvert par les assurances pertes d'exploitation,
05:19ça dépend de chaque contrat d'assurance.
05:21Mais pire que ça, l'activité partielle ne couvrira pas
05:25les heures de travail perdues si on a fermé par précaution.
05:28Un mot encore sur cette taxe émeute dont on commence à parler.
05:32Elle est en préparation, semble-t-il, pour le 1er janvier 2027.
05:35Ce serait 0,8% d'augmentation des contrats d'assurance pour les entreprises.
05:40Ce serait la double peine ?
05:41Oui.
05:43Les assurances vont augmenter ?
05:45Elles vont vous faire payer ?
05:46Les assureurs, eux, se réassurent,
05:48mais il y a un moment où là, ils ont plutôt bien réagi.
05:50Enfin, ils ont répondu présent, pour le 17 octobre.
05:53Alors, si on enchaîne des semaines comme ça,
05:56il y a un moment, eux-mêmes auront des possibilités limitées.
05:58Et donc, il faudra effectivement...
06:00Ce qui est important pour nous, c'est qu'on puisse...
06:02Il y a des semaines qui vont s'ouvrir d'ici Noël,
06:04qui repartent des événements festifs importants pour le commerce.
06:08Il faut qu'on puisse travailler.
06:09Il faut qu'on puisse travailler, c'est votre mot d'ordre.
06:11Merci d'être venu ce matin répondre à nos questions, Virginie Grimaud.
06:14Je rappelle que vous êtes la déléguée générale
06:16de la Fédération de l'épicerie et du commerce de proximité.
06:19C'est 6 000 petits supermarchés,
06:21super-êtes partout en France.
06:23Merci à vous.