00:00Vous savez qu'on vous parle ce matin dans les journaux de la rencontre hier entre le Premier ministre et
00:04les syndicats lycéens.
00:05Sébastien Lecornu a fait des propositions concrètes.
00:09Alors maintenant que les participants ont dormi dessus, ont consulté leurs camarades,
00:14on se demande ce matin de savoir ce qu'ils pensent sur ces propositions.
00:19Bonjour Louis Lettoublon.
00:20Bonjour.
00:21Vous êtes vice-président de l'organisation Les Lycéens. Dans quel état d'esprit êtes-vous ce matin ?
00:25Hier on était plutôt satisfait et on a travaillé pendant la nuit, pendant la soirée
00:32et on s'est rendu compte qu'un certain nombre des mesures qui nous étaient annoncées n'étaient en fait
00:36que des arbitrages esthétiques.
00:39Que pour un certain nombre d'entre elles, en fait elles ne coûtaient quasiment rien au gouvernement
00:45et que c'était des créations, par exemple sur les BTS, on crée artificiellement des places.
00:50Donc on parle là des 15 000 places qui ont été annoncées pour accéder plus facilement aux études supérieures
00:57et qui concernent, l'objectif je crois pour vous, la demande est de 250 000 places ?
01:02Alors nous ce qu'on demandait c'était des places partout, principalement dans les universités mais également en BTS
01:06et là ce qu'ils font c'est qu'ils créent 10 000 places entre autres en BTS,
01:0910 000 places qui en fait sont créées je pense en supprimant des quotas,
01:15des quotas qui limitaient l'accès des élèves du professionnel au supérieur.
01:18C'est un peu technique mais en fait ça fait qu'artificiellement on crée des places
01:21et donc du coup le gouvernement nous pond 10 000 places de BTS mais c'est artificiel.
01:25On va y revenir sur les propositions mais je vous écoutais justement hier à la sortie de cette réunion,
01:29vous avez répété à plusieurs reprises, on a gagné la peur face au gouvernement.
01:34Est-ce que c'est une victoire pour vous de faire peur ? C'était l'objectif ?
01:37Si vous voulez je pense que dans le cadre d'une négociation, dans le cadre d'un rapport de force,
01:42quand les lycéennes et les lycéens sont présents dans la rue,
01:45nécessairement le gouvernement a peur et ça va le pousser derrière à accepter de céder.
01:51Et cette peur-là, il faut que nous on en tire un profit,
01:53enfin la peur pour la peur ça sert à rien,
01:55mais il faut que nous on sache en obtenir des mesures.
01:58Avant de vous recevoir, le Premier ministre a accueilli des influenceurs spécialisés
02:01dans le contenu Jeunesse Éducation pour exposer les mesures.
02:04Je crois que d'ailleurs certains d'entre vous les ont apprises par les influenceurs avant le Premier ministre.
02:08Pourquoi cette invitation d'après vous ? Est-ce que les influenceurs ont un rôle à jouer dans cette crise
02:12?
02:13Non, alors je n'ai rien de personnel contre ces influenceuses-là,
02:15qui je trouve font un très bon travail,
02:17mais c'était très bizarre de les inviter,
02:20comme si finalement les jeunes ne connaissaient que les influenceurs
02:23et qu'en invitant des influenceurs, on allait parler aux jeunes.
02:26C'est finalement très ringard comme façon de faire
02:28et on avait un petit peu l'impression qu'on se moquait des lycéennes et des lycéens en faisant ça.
02:33Bon, le Premier ministre appréciera l'appréciation de ringard.
02:38Sur Parcoursup, vous demandiez l'abrogation de la plateforme,
02:41vous obtenez une réforme sur la session 2027 et un remplacement sur la session 2028.
02:45Est-ce que c'est ce que vous espériez ? Est-ce que c'est un début de victoire ?
02:48Alors, sur ce qu'on aura en 2027, clairement, ce sera très insuffisant.
02:51Par exemple, ils rendent les lettres de motivation facultatives
02:54et ils demandent aux formations de justifier les refus.
02:57Alors, j'ai parlé hier avec un président de l'université qui m'a dit que
03:00jamais ils ne justifieraient les refus un par un pour tous les candidats.
03:03C'est absolument impossible.
03:04Quand il y a des dizaines de milliers de candidats pour une formation,
03:07ils ne le feront pas.
03:08Ce n'est pas possible, en fait.
03:09C'est démagogique de dire ça aux lycéennes et aux lycéens.
03:11Et sur le bâti, 5 milliards d'euros supplémentaires pour la rénovation des établissements,
03:15ça va aller à qui ? Dans quel délai ?
03:18Vous allez en discuter jeudi.
03:19Il y a 4 milliards qui vont aller sous forme de prêts à un taux préférentiel
03:24pour les collectivités locales et il y aura 1 milliard donné aux universités.
03:29Il faut voir, il faut qu'on parle à nous avec les collectivités locales
03:32pour savoir si c'est suffisant ou pas 4 milliards.
03:35Il me semble que c'est bien en deçà de ce qui avait été demandé.
03:38Bon, on va revenir sur Parcoursup parce que c'est devenu un peu la mesure
03:42symbole de cette crise lycéenne.
03:44Il y aura demain un débat à l'Assemblée sur Parcoursup.
03:46Le Premier ministre vous a reçu hier.
03:47Si vous dites, bon finalement je ne remplace pas Parcoursup,
03:52j'abroge complètement cette plateforme, est-ce que là vous arrêtez le mouvement ?
03:56Non. En fait, Parcoursup c'est la question qui concentre toutes les difficultés
04:01parce que c'est aussi le symbole d'une sélection
04:04et c'est ce que les élèves voient devant leur écran.
04:06Mais si on change Parcoursup, j'appelle de mes voeux à un changement de Parcoursup,
04:10à une abrogation de Parcoursup,
04:11on ne pourra pas le faire sans ouvrir de place dans les universités.
04:14Et là, on nous ouvre 15 000 places, dont 10 000 places artificiellement en BTS,
04:19en IUT et en IFSI, enfin en parcours d'études de santé.
04:23Zéro place en licence.
04:24Enfin, c'est pour nous absolument anormal.
04:27Il faut créer des places en licence là où les élèves le demandent.
04:29Donc ça devient ça maintenant la revendication principale,
04:32c'est d'ouvrir davantage de places.
04:34En gros, ce que je vous demande, c'est quelle est la proposition aujourd'hui ?
04:38Le chiffre, la promesse qui peut vous faire arrêter le mouvement ?
04:42Ça a toujours été ça.
04:43On demandait l'abrogation de Parcoursup,
04:45mais une abrogation qui doit être suivie d'ouverture de place dans l'enseignement supérieur.
04:48On ne peut pas...
04:51Enfin, le système de sélection,
04:52il est finalement dépendant de ce qu'on met derrière la sélection.
04:58Ça fait depuis 10 ans,
05:00depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir,
05:02le budget qu'on met par étudiant dans l'enseignement supérieur a baissé de 20%.
05:05Et on se rend compte que le nombre de places baisse à chaque fois
05:08parce qu'il y a plus, en fait, le nombre de places par rapport au nombre de candidats.
05:12Et on ne crée pas assez de places par rapport au nombre de bacheliers.
05:15Et ça, c'est absolument pas possible.
05:17Ce sont les vacances là.
05:18Lundi prochain, les lycéens vont revenir en cours.
05:20Est-ce qu'il y aura à nouveau des blocages ?
05:22Si on n'obtient pas des changements concrets
05:26pour la vie des lycéennes et des lycéens,
05:28nous, ce qu'on appelle, c'est à la mobilisation.
05:30Mais des changements concrets, ça veut dire que d'ici lundi,
05:32vous voulez quoi ?
05:33Un rendez-vous avec le Premier ministre ?
05:36Un nouveau rendez-vous ?
05:36De nouvelles propositions ?
05:38Ça veut dire qu'on attend de nouvelles propositions
05:40de la part du gouvernement, du Premier ministre
05:42ou des ministres de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur.
05:45Le ministre de l'enseignement supérieur sera là dans les quatre vérités tout à l'heure.
05:48Tiens, d'ailleurs, si vous le croisez en coulisses,
05:49vous allez lui demander quoi ?
05:51Je vais lui parler des quelques renseignements que j'ai eus dans la nuit.
05:56C'est-à-dire ?
05:57Par exemple, sur les BTS, j'ai appris ça cette nuit.
05:59C'est-à-dire que tous ces arbitrages-là,
06:02qui sont finalement très opaques et très liés à la structure,
06:06on a l'impression de se faire arnaquer, nous, en fait.
06:08Et cette impression-là, elle est délétère aussi pour les lycéennes et les lycéens.
06:11Le 31 octobre, le 5 novembre, il y aura d'autres secteurs mobilisés,
06:15qui sont des journées de manifestation, vous avez appelé à y participer.
06:17Le mouvement devient une crise contre la vie chère, on l'a vu.
06:20Est-ce que vous craignez que vos revendications se noient dans une contestation plus grande ?
06:25Non.
06:26On a participé aux mobilisations du 17 octobre, du 24 octobre.
06:30Et pour autant, aujourd'hui, hier, on a été reçu à Matignon.
06:33L'actualité était centrée autour de ça.
06:35Ce matin, je suis face à vous.
06:36Les revendications ne sont pas diluées.
06:38Nos revendications, elles sont très claires.
06:40C'est l'ouverture de places en université, c'est l'abrogation de parcours sup,
06:43c'est une réforme des rythmes scolaires, l'abolition de la réforme bancaire.
06:47C'est un certain nombre de choses qu'on demande pour améliorer la vie des lycéennes et des lycéens.
06:50Merci Louis Lutoblon d'être venu nous voir ce matin.