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Télématin reçoit Anne, co-fondatrice du collectif de parents SOS Périscolaire.
Télématin reçoit Anne, co-fondatrice du collectif de parents SOS Périscolaire.
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00:0020 millions d'euros, c'est la somme votée par le Conseil de Paris hier pour son plan d'action
00:04contre les violences, notamment sexuelles, dans le périscolaire.
00:08Après les révélations d'agressions par des animateurs ces derniers mois, les familles s'inquiètent et se demandent si leur
00:12enfant est en sécurité à l'école.
00:14Bonjour Anne.
00:15Bonjour.
00:15Vous êtes la cofondatrice de SOS Périscolaire, un collectif de parents engagés dans la protection de l'enfance.
00:2120 millions d'euros.
00:23Ce plan d'action prévoit notamment le réaménagement de lieux sensibles comme les toilettes, de cellules d'écoute, de signalement,
00:30des interlocuteurs aussi très identifiés pour les familles.
00:33J'avoue qu'on se demande pourquoi ça n'existait pas avant.
00:37Alors oui, nous, à SOS Périscolaire, ça fait 5 ans qu'on se demande pourquoi ça n'existait pas.
00:42Aujourd'hui, on est quand même contentes de se dire qu'enfin on a été entendus puisqu'on était les
00:46premières à lancer l'alerte.
00:48On s'est positionné en lanceuse d'alerte en publiant des témoignages, des témoignages qui sont assez forts dans toute
00:54la France, pas uniquement Paris, qu'on retrouve sur Instagram.
00:56Oui, et c'est important de le dire parce qu'on va l'évoquer tout à l'heure.
01:00Vous publiez une carte interactive qui recense l'ensemble des signalements que vous avez reçus.
01:05Cette carte permet aussi aux parents, via le site internet, de faire des signalements directs qui vont être après repris
01:12sur cette carte.
01:12Bon, il ne faut pas se leurrer, cette carte, il y a 400 signalements, mais dans les faits, on a
01:17beaucoup plus de messages qu'on n'a pas complètement implémentés.
01:20C'est vraiment Paris plus la province puisqu'en fait, en périscolaire, c'est Paris et le reste du monde.
01:25C'est-à-dire que la banlieue, par exemple, ou la Grande Couronne, Petite Couronne, ça fonctionne comme ailleurs.
01:29C'est-à-dire qu'en gros, il y a Paris qui dépend de la mairie de Paris avec des
01:32infrastructures qui sont identifiées comme les bureaux par arrondissement qu'on appelle les CASP ou la DASCO, la Direction des
01:37Affaires Scolaires.
01:38Donc, il y a une structure qui était défaillante largement jusque-là et qui, on l'espère, va beaucoup s
01:43'améliorer.
01:44Mais dès qu'on passe le périphérique, on est sur des accueils extrêmement éclatés en termes d'organisation.
01:50Ça peut dépendre de jeunesse et sport, ça peut dépendre de rien du tout.
01:53Quand on est sur un statut de garderie, là, il n'y a pas de quota, pas de compétences, pas
01:57de diplôme, rien.
01:58Attendez, attendez, parce que le périscolaire, c'est tout ce qui est hors école.
02:02C'est-à-dire le temps de cantine, les activités après l'école de l'après-midi.
02:10Et ça, vous nous dites, parfois, dans certaines écoles, c'est géré par rien, ni par les mairies, ni par...
02:14C'est géré par des agents embauchés par la mairie ou parfois par des associations.
02:18Dans tous les cas, oui, c'est important de le rappeler, ce sont les mairies qui sont en charge du
02:22périscolaire,
02:23qui sont donc les employeurs.
02:24Pour les parents qui nous écoutent, ce sont donc contre les maires qu'ils peuvent se retourner s'il se
02:30passe quelque chose.
02:30Et notre problématique, au collectif, c'est justement d'aider les parents quand les maires sont défaillants.
02:37Parce qu'évidemment, la mairie de Paris, c'est une grosse mairie.
02:39On peut quand même avoir... agir, même si aujourd'hui, les parents bypassent le process classique de signalement qui, donc,
02:45ne fonctionne pas.
02:46Et que les signalements, ça passe par nous.
02:48Directement ?
02:49Directement, depuis...
02:50A priori, ça va s'améliorer, en tout cas, c'est ce que prévoit ce plan d'action.
02:53Alors qu'à l'extérieur, dès qu'on sort de Paris, donc, eh bien, on est en direct avec le
02:58maire.
02:58Si le maire de la commune ne veut rien faire, les parents sont obligés de judiciariser pour espérer que l
03:04'animateur...
03:05Parce qu'un signalement, aujourd'hui, à Paris, peut suffire.
03:08Ailleurs, un signalement ne suffit pas toujours pour que l'animateur soit suspendu à titre conservatoire,
03:13le temps d'une enquête administrative ou d'une enquête judiciaire.
03:17Et les parents, on le sait, ont malheureusement du mal.
03:20Souvent, ils minimisent les violences.
03:23Ce n'est pas de leur faute.
03:24L'institution les minimise également.
03:26Donc là, par contre, c'est de leur faute.
03:28Et donc, ils n'ont pas toujours le réflexe de porter plainte pour des violences qu'ils considèrent mineures,
03:33que nous, on sait ne pas être mineurs, tout ce qui est justement pas sexuel, dont on parle beaucoup,
03:37tout ce qui est physique, des intimidations, des insultes, la pression mise sur les enfants,
03:41des contraintes physiques, des enfants qui sont malmenés vraiment physiquement
03:46et qui ne sont pas toujours considérés comme des vraies violences alors qu'elles le sont.
03:48Concrètement, qu'est-ce que vous demandez, vous ?
03:51Alors, nous, la liste est très longue.
03:53Mais les mesures phares, enfin, que vous aimeriez voir appliquées ?
03:56Les mesures phares, on est quand même très satisfaites de voir qu'Emmanuel Grégoire,
04:00qu'on a donc rencontré, on a repris un certain nombre.
04:03Son prédécesseur avait notre dossier sur son bureau depuis très longtemps
04:06et le premier plan qui est sorti, je crois, octobre-novembre, reprenait un certain nombre de nos mesures.
04:12Aujourd'hui, nous, on se félicite parce que, que ce soit les boîtes papillons,
04:15que ce soit l'encadrement des rêves à Paris,
04:17donc les responsables par des éducatrices de jeunes enfants,
04:20alors qu'ils étaient jusque-là encadrés par des gens qui n'avaient absolument aucun diplôme
04:23et souvent aucune compétence dans la petite enfance.
04:26Il faut rappeler quand même que les faits, notamment d'agression sexuelle,
04:29sont actuellement commis en grande majorité sur des enfants de maternelle.
04:33On parle des enfants de 2 ans et demi pour les très petites sections, 2 ans et demi à 5
04:37ans.
04:37Et on rappelle, pardon, depuis 2026 à Paris, depuis le début de l'année,
04:4178 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.
04:45Est-ce que ce plan, il n'est pas déjà obsolète, puisque l'opposition parisienne,
04:51le groupe de Rachida Dati, propose une mesure phare, qui fait en tout cas beaucoup parler,
04:56qui est celle de l'installation de caméras de surveillance dans les écoles,
04:59en l'occurrence dans les lieux de passage, parce que ça ne pourrait pas être ailleurs ?
05:02Alors, non, ce plan n'est pas obsolète, puisque ce plan va quand même dans le bon sens,
05:06avec une reprofessionnalisation de la filière, avec un certain nombre de mesures que nous, on salue.
05:13Ce n'est pas seulement la formation, mais c'est aussi ce qui nous tenait énormément à cœur
05:16chez SOS Périscolaire, c'est le signalement.
05:19C'est-à-dire que la grosse problématique, que des faits arrivent, le risque zéro n'existe pas,
05:23c'est malheureux, mais c'est comme ça, les prédateurs vont là où il y a des enfants.
05:26En revanche, quand il y a un signalement, il doit être tracé.
05:29Nous, on veut une traçabilité des signalements, une traçabilité des déplacements des animateurs,
05:33parce qu'il y en aura, tous les animateurs qui sont un petit peu dans le flou,
05:37ce n'est pas toujours des gestes catastrophiques, ils peuvent être formés.
05:40Vous nous dites qu'un animateur dont il y a eu un signalement peut quitter l'établissement
05:45et aller dans un point de quel autre établissement ?
05:47Il n'y a pas de fichier national ?
05:50À Paris, non, mais au national, oui.
05:52Et donc ça, c'est un autre de nos combats, c'est pour ça qu'on travaille également avec l
05:55'Elysée.
05:55On est reçu à Matignon dans dix jours, on espère un travail interministériel
05:59qui va mettre autour de la table, c'est un peu ambitieux, mais on va y arriver,
06:03tous les ministères qui sont impliqués, c'est-à-dire la jeunesse, l'éducation,
06:08la famille, évidemment la justice et la santé, parce qu'évidemment,
06:12les agressions sexuelles, c'est de la santé publique.
06:14Mais pour vous répondre sur les caméras, je n'ai pas oublié votre question,
06:17alors nous, on est assez clair sur cette question,
06:21les caméras sont très plébiscitées par les parents,
06:23qui y voient une réponse à presque tout.
06:26Nous, on a fait l'exercice, chez SOS Périscolaire,
06:28de la faisabilité de cette mesure, puisque évidemment,
06:31nous, ce n'est pas avant-hier, hier on était au Conseil de Paris,
06:33là ça sort, mais nous, on entend ça depuis très longtemps.
06:36Alors, il y a un problème à trois niveaux,
06:38on a fait le jeu, donc cette faisabilité au niveau légal,
06:41bon, c'est mort, légalement, c'est très compliqué,
06:43il faut changer la loi, donc ça veut dire, c'est à très très long terme.
06:46Première chose.
06:48Ensuite, financièrement, bon, je ne vous explique même pas le coût,
06:51si, alors, on a entendu hier, l'opposition a précisé un petit peu
06:55de cette mesure en disant que c'est deux caméras par école.
06:57Bon, alors, ils n'avaient pas visiblement très bien en tête
07:00que dans une école, il y a plusieurs couloirs,
07:02plusieurs toilettes, plusieurs entrées, bon, ce n'est pas grave.
07:05En tout cas, deux caméras, ça pourrait être faisable,
07:08mais dans la réalité, si on voulait faire bien,
07:09ce serait beaucoup plus, c'est donc beaucoup plus cher.
07:11Mais surtout, pratico-pratiquement, comment on installe des caméras,
07:15comment on gère les données, combien de temps on les garde,
07:17qui peut y avoir accès, enfin, je veux dire,
07:19il y a quand même beaucoup, beaucoup de contraintes,
07:21et surtout...
07:21Et on entend qu'il y a effectivement beaucoup d'autres choses à faire,
07:24et notamment sur la formation.
07:24Ça me permet, pardon, de rappeler que la mairie de Paris
07:27n'arrive pas à avoir un trombinoscope avec les photos des agents.
07:29On voit mal comment ils pourraient obliger leur personnel à être filmé.
07:33Merci Anne d'avoir été avec nous ce matin.
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