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00:00Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:06Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans la France bouge, c'est lundi et vu le contexte, c'est
00:11une France bouge un peu particulière
00:12puisque pendant une heure, nous allons soutenir nos commerçants pour préparer cette émission.
00:18Diana N'Goma et César Dian, que je salue, ils sont en régie et ils écoutent attentivement l'émission.
00:24C'est un constat, il y a eu nettement moins de pillages et de dégradations ce week-end par rapport
00:29à la précédente mobilisation la semaine dernière
00:32mais le mal est fait, le moment est venu de reconstruire, de les accompagner.
00:36La patronne de ce soir est à la tête de 484 magasins partout en France, dans toutes les grandes villes
00:42dont 65% d'entre eux se trouvent à Paris, en région parisienne.
00:46Alors, comment protéger ces commerçants et qui payent ?
00:49Bonsoir Cathy Collard-Gégère.
00:50Bonsoir.
00:51Bienvenue dans la France bouge, vous êtes la directrice générale de Maison Nicolas.
00:54Maison Nicolas, ce sont des cavistes très, très durement touchés lors du week-end précédent.
01:00Comme chaque soir, dans la France bouge, une start-up et on en a trouvé une solution pour protéger son
01:05magasin,
01:05même en dehors du chaos, elle s'appelle Vision.
01:08Vision, c'est ça Thibaut Davies ?
01:10Vision, bonsoir, vous êtes le co-fondateur de Vision, vous allez être accompagné par notre coach Fabrice Marcella,
01:15directeur de la banque des start-up chez LCL.
01:17Bonsoir Fabrice.
01:17Bonsoir Elisabeth.
01:18Elle vous a plu Vision ?
01:19Super start-up.
01:20Et je résumerai cette start-up en un mot, c'est anticipation.
01:24Anticipation, c'est le mot de ce soir.
01:26Merci Fabrice, on vous retrouve dans un instant.
01:27Et puis le coup de cœur dans cette France bouge dédiée à la solidarité envers les commerçants,
01:31c'est vous Saïf Roumane.
01:33Bonsoir Saïf.
01:34Bonsoir.
01:34Vous, il y a une semaine, vous avez créé On se relève.fr.
01:38Tout à fait.
01:38Vous allez nous raconter comment vous vous aidez très concrètement les magasins vandalisés.
01:44On en parle et puis on va passer des coups de fil à des commerçants pendant cette France bouge.
01:47Allez, c'est parti.
01:48Nous sommes ensemble jusqu'à 21h30 sur Europe 1.
01:51Europe 1.
02:05Déjà en 1988, Tracy Chapman évoquait ses moments de révolte.
02:09Nous y sommes et même si les revendications initiales existent,
02:13piller, casser, c'est interdit.
02:15Samedi dernier, le bilan est beaucoup moins violent
02:18et heureusement, on va faire le point avec notre invité
02:19et surtout après le constat des solutions.
02:21On va démarrer avec vous, Cathy Collard-Jégère.
02:23Vous êtes la directrice générale de Maison Nicolas.
02:27Europe 1, l'invité de la France bouge.
02:30Cathy, je le disais, vous êtes à la tête de 484 magasins Nicolas.
02:34C'est une entreprise, Nicolas, qui est née au 19e siècle.
02:36C'est le premier réseau de cavistes en France.
02:40Cathy, comment ça va ?
02:42Écoutez, les lendemains sont difficiles en fait
02:45parce qu'effectivement, on a été durement touchés
02:48sur le week-end du 17 octobre
02:51puisqu'effectivement, on a eu quand même 60 magasins impactés
02:55dont 11 qui ont été extrêmement dégradés et pillés.
02:58Donc, il est vrai qu'humainement parlant,
03:01en tout cas, on est triste et choqués.
03:03Vous êtes toujours triste, toujours choqués.
03:05Vous avez dit des magasins dégradés, pillés,
03:08c'est-à-dire qu'ils ont été vidés ?
03:10Il n'y a plus d'alcool, de vin, de tout ?
03:13Voilà, de la République, magasin de la République,
03:16il n'y a plus rien du tout.
03:18Voilà, place de la République, il n'y a plus rien du tout.
03:20Pour le coup, nos caves ont été vidées,
03:22le magasin a été vidé, il a été saccagé.
03:25On a même tenté d'y mettre le feu,
03:27finalement, et c'est grâce à la solidarité du restaurateur d'à côté
03:31que le feu n'a pas pris.
03:33Mais effectivement, c'est très triste de voir un tel acharnement
03:36qui s'est produit sur nos magasins.
03:38Et puis d'autres, voilà, ont été moins dégradés que cela.
03:41Mais en tout cas, c'est forcément un réseau de cavistes
03:44qui a peur, qui est triste, qui ne comprend pas.
03:47Qui ne comprend pas ?
03:48Oui, qui ne comprend pas qu'effectivement,
03:51parce qu'on comprend les revendications des manifestants,
03:54mais on ne comprend pas qu'à la marge de ces manifestations,
03:57et effectivement, il y a eu autant de dégradations sur ce 17 octobre
04:02et où on ne s'est pas senti soutenu ni protégé,
04:04finalement, par rapport à ces assaillants.
04:07Donc, vous vous dites, Cathy Collard-Géger,
04:09que vous ne vous êtes pas senti soutenu ni protégé.
04:12En cela, pour le samedi, il y a trois jours,
04:18vous vous êtes organisé ?
04:19Oui, alors effectivement, on s'est préparé.
04:22Donc, on a mis des palissades,
04:23on a barricadé, pas loin de 25 magasins.
04:27On a effectivement anticipé le parcours.
04:30Donc, c'est à peu près 50 magasins
04:31que j'ai fermés au fil de l'eau samedi.
04:34Donc, un gros chiffre d'affaires, effectivement,
04:37qui manque dans notre activité.
04:39De combien ?
04:39Moins 15.
04:40On a fait une régression de l'activité à moins 15
04:43sur, effectivement, le samedi.
04:45Donc, c'est extrêmement important.
04:47C'est beaucoup.
04:47Comme manque à gagner.
04:48Mais on l'a anticipé, on a fermé,
04:50parce que mon enjeu principal, c'est bien sûr
04:52la sécurité de Mécavis.
04:54Donc, à chaque fois qu'il y avait des mouvements potentiels,
04:57on fermait immédiatement.
04:58À Paris, mais aussi en banlieue.
05:00On a fermé Nice, on a fermé Marseille,
05:02on a fermé à Lyon, on a fermé à Lille.
05:04Donc, effectivement, on a accompagné
05:06toute la France sur ces sujets.
05:09Et pour le coup, on n'a rien à déplorer, finalement.
05:13Faire heureusement, parce que vous avez anticipé.
05:15Donc, vous avez été livré à vous-même.
05:17Oui, alors, il se trouve qu'on peut saluer aussi
05:20la présence des forces de l'ordre.
05:21Parce qu'effectivement, on a anticipé
05:23un peu plus que le samedi d'avant.
05:25Mais on a aussi, cette fois-ci,
05:27pu assister à des forces de l'ordre
05:29qui ont su cadrer le mouvement
05:30et qui ont su être présents à nos côtés, pour le coup.
05:33Quand vous dites que vous avez préparé,
05:35vous avez érigé, vous avez mis des palissades,
05:38des, je ne sais pas moi, des murs...
05:40Des palissades, essentiellement, en fait.
05:43Ça vous a coûté combien, tout ça ?
05:45Ça nous coûte, oui, au bas mot, à chaque fois,
05:47c'est à peu près 2 000 euros la palissade.
05:49Donc, ce sont des coûts que l'on supporte,
05:51effectivement, en termes de préparation.
05:53Et qui payent ?
05:53Eh bien, c'est nous, Maison Nicolas, qui payons.
05:57C'est vous qui avez payé ?
05:58C'est les prix en charge, d'une part, bien sûr.
05:59Ce sont des coûts...
06:00Alors, les coûts, effectivement, de la préparation,
06:03mais les coûts des stocks dégradés,
06:05les coûts de la réparation des magasins,
06:08c'est autant de coûts, effectivement,
06:09qu'on va devoir supporter, oui.
06:10Et les assurances vous accompagnent, en ce moment ?
06:12Ou c'est pas encore à l'ordre du jour ?
06:14Eh bien, écoutez, c'est à l'ordre du jour,
06:16parce qu'effectivement, on a déposé plainte
06:18tout de suite au lendemain du 17,
06:20et puis, on a pris contact avec nos assurances.
06:22Mais voilà, donc, on attend maintenant
06:24beaucoup de réactivité,
06:25et qu'effectivement, on ne joue pas sur les mots
06:27entre ce qui est vol, ce qui est pillage,
06:29ce qui est casse.
06:30Donc, c'est toujours des clauses, effectivement,
06:32que l'on découvre dans les contrats d'assurance.
06:34Les petites astérixes qui sont en bas,
06:35qu'on n'est jamais.
06:36Et là, on réalise ce qu'il faudrait les lire.
06:38C'est ça, et puis, il y a des nuances
06:40entre, effectivement, du pillage,
06:42de la casse, du vol.
06:43Donc, on compte, en tout cas,
06:45sur les assureurs,
06:46mais voilà, on n'a rien eu à déplorer.
06:48Et puis, moi, j'ai une vraie pensée
06:49pour ceux qui ont été pillés,
06:50aussi, ce deuxième samedi,
06:52ce qui n'a pas été notre cas,
06:53mais je crois que 24 enseignes
06:54ont été pillées.
06:55Oui, beaucoup moins,
06:56mais tout de même 24.
06:57Voilà, donc j'ai effectivement une pensée,
06:59aussi, pour tous les autres commerçants,
07:00parce que vous savez que je suis une ritelleuse purjuve.
07:03Et effectivement, c'est les commerçants
07:05qui ont été assaillis et attaqués.
07:07Et quand on est aussi passionné du retail que moi,
07:10je peux vous dire que je suis triste pour ma maison,
07:12mais aussi, bien sûr,
07:13pour tous les autres commerçants, évidemment.
07:14Cathy Collard-Gégère,
07:17on parle de toute la destruction matérielle,
07:20de tout cela,
07:21mais vous disiez au début,
07:22on est triste,
07:23on est abattu.
07:25Oui.
07:25Ça signifie que vos cavistes, là,
07:27ils ont le moral au plus bas ?
07:29Oui, parce qu'ils ont peur.
07:31Certains ont eu peur pour leur vie.
07:33Certains ont été, effectivement...
07:35Moi, j'ai eu une caviste,
07:36caviste du magasin de Duroc,
07:38qui a été, effectivement,
07:39assaillie le 13 octobre.
07:41Elle a dû s'enfermer dans les toilettes.
07:42Le 13, donc pas le samedi.
07:44Oui, donc c'était...
07:45Trois jours avant.
07:45Trois jours avant,
07:46où, effectivement,
07:47elle a dû s'enfermer dans les toilettes
07:49pour préserver sa vie.
07:50Et elle a eu peur pour sa vie.
07:52Donc, je peux vous dire qu'effectivement,
07:54on a aujourd'hui des cavistes,
07:55oui, qui sont dans l'incompréhension
07:56de se dire,
07:57on a le droit de manifester en France.
07:59Et là, pour le coup,
08:00ce sont des lycéens,
08:01des étudiants,
08:01voire des gilets jaunes.
08:03Mais en aucun cas, effectivement,
08:05on a le sentiment
08:06d'être pouvoir attaquer,
08:07de pouvoir craindre pour sa vie.
08:09Donc, et puis, effectivement,
08:11à quelques semaines de Noël
08:12où ça doit être la fête,
08:13où on doit préparer le commerce
08:15comme jamais,
08:16je peux vous dire que là, voilà,
08:18il faut remonter le moral des troupes,
08:19il faut rassurer,
08:20Et comment vous faites pour remonter
08:21le moral des troupes ?
08:22Comment vous faites, Cathy ?
08:23Parce que là,
08:24vous avez une responsabilité
08:25qui est immense.
08:26Ça va au-delà de votre rôle
08:28de directrice générale ?
08:29Oui, enfin...
08:30On ne regarde pas que les comptes
08:31en ce moment ?
08:32Non, alors,
08:32on ne regarde surtout pas les comptes,
08:33mais effectivement,
08:34enfin, moi, vous voyez,
08:35lundi dernier,
08:36j'ai fait le tour de mes magasins,
08:37lundi, mardi,
08:38pour être au plus près
08:39de mes cavistes,
08:41rassurer, effectivement,
08:42ceux qui avaient été pris à partie,
08:45en rassurer d'autres.
08:46On a écouté 100% de nos cavistes
08:48qui avaient peur,
08:48qui avaient besoin de palissades,
08:50quand bien même les endroits
08:52n'étaient pas cartographiés
08:53sur le chemin de la manifestation,
08:55mais, pour le coup,
08:56on n'a rien refusé aux cavistes
08:58pour les accompagner,
08:59puis on a en place
08:59des cellules psychologiques aussi
09:01pour ceux qui, effectivement,
09:03en ont besoin.
09:04Donc, grosse présence terrain
09:05de ma part,
09:06mais, comme je sais faire,
09:08finalement,
09:08en proximité managériale,
09:09pour rassurer tout le monde
09:11et puis, surtout,
09:12se mettre maintenant
09:13en perspective
09:14de préparer Noël, évidemment.
09:15Vous pourriez faire en sorte
09:18qu'ils se sentent mieux
09:19en étant plus,
09:20alors, je ne vais pas dire armés
09:21parce que c'est compliqué,
09:23on est en France,
09:23mais comment faire en sorte
09:25qu'ils se sentent rassurés
09:26et protégés
09:26parce qu'on sait
09:27que ça peut durer,
09:29ça peut continuer.
09:31On a ce sentiment
09:33qu'on est à l'abri de rien
09:34aujourd'hui
09:35quand on est commerçant.
09:36Comment est-ce que
09:36vous anticipez tout cela ?
09:38Ça va être quoi
09:39le programme
09:40des prochaines semaines
09:41qu'a dit collard-gégère ?
09:42C'est toujours effectivement
09:44être en contact direct
09:45avec les préfectures
09:47pour avoir aussi,
09:48parce qu'on sait
09:48que samedi prochain
09:49et le 5 novembre
09:50des mouvements
09:52sont certainement probables,
09:53donc c'est anticiper
09:54les chemins des manifestations,
09:56prévenir nos cavistes,
09:58fermer,
09:58si toutefois
09:59ils sont sur le chemin
10:00et qu'ils ont une crainte,
10:01c'est palissadé
10:02comme on se l'est dit,
10:04mais c'est aussi,
10:04oui,
10:05c'est à travers les fermetures,
10:06voilà,
10:06et le but,
10:07c'était que les cavistes
10:08soient chez eux
10:09et surtout ferme
10:10bien avant que le mouvement
10:11n'arrive pour pouvoir repartir
10:13et ne pas être sur place
10:14pour ne pas être pris à partie.
10:15Donc c'est anticiper ?
10:16C'est anticiper,
10:17le grand mot c'est anticiper
10:18et puis après c'est s'assurer
10:19aussi que les forces de l'ordre
10:21effectivement puissent
10:22nous accompagner,
10:23donc on est dans des échanges
10:25d'informations de part et d'autre.
10:25Mettre des vigiles
10:26à l'entrée des magasins,
10:27est-ce que c'est quelque chose
10:28ou est-ce que vous y avez pensé ?
10:29Non, non, non,
10:30pour le coup,
10:31ce n'est pas le sujet
10:32parce que là aussi
10:33le vigile en question
10:35risquerait sa vie,
10:35enfin,
10:35irait frontalement finalement
10:38avec les assaillants potentiels
10:40et on a vu des images
10:41assez dures quand même
10:42de gens qui ont pu être
10:44effectivement malmenés.
10:46Donc non,
10:47le but n'est pas celui-là,
10:48c'est mettre du matériel
10:49pour dissuader
10:50des rideaux,
10:51des barrières,
10:51tout ce qu'on peut mettre
10:53effectivement
10:53qui finalement va retarder
10:57je dirais l'assaut
10:59des assaillants
11:00et faire en sorte
11:01que les forces de l'ordre
11:02puissent intervenir très vite.
11:03Si on nous rejoint
11:04sur Europe 1
11:05quand on vous écoute
11:06on peut se dire
11:06mais elle décrit
11:08une scène de guerre
11:09qu'elle a l'air jégère.
11:11C'est un peu ça,
11:11enfin moi lundi matin
11:12je peux vous dire
11:13qu'on était
11:15en cellule de crise
11:16tout le week-end
11:17mais lundi matin
11:18quand je me suis rendue
11:19à République,
11:20à Place de la République,
11:21c'était une scène de guerre
11:22et mon magasin
11:23c'était rien à résister.
11:26Tout a été arraché,
11:27il y a des trous,
11:28même le sol
11:29qui vont dans la cave,
11:30c'est une scène de guerre.
11:32Restez avec nous
11:32tourne à table
11:33de la France Bouche,
11:33Cathy Collère Jégère,
11:34patronne de la maison
11:36Nicolas.
11:37Heureusement,
11:37il y a toujours
11:38des solutions,
11:38de l'espoir.
11:39La première solution
11:41de ce soir
11:41s'appelle Vision.
11:43C'est une start-up
11:43qui protège
11:44votre magasin
11:45même grâce
11:46à l'intelligence artificielle.
11:47Ce sera dans un instant
11:48sur Europe 1.
11:49Sous-titrage Société Radio-Canada

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