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  • il y a 2 jours
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Télématin reçoit Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion Ipsos BVA.

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Transcription
00:00Côté face, le spectacle, la musique, les effets pyrotechniques.
00:03Côté pile, une ville sous cloche et des tensions à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur de la salle.
00:09Hier, à Orléans, Marine Le Pen a prononcé son premier discours officiel de campagne
00:14à l'occasion du Congrès du Rassemblement National,
00:17et elle l'a fait dans son costume de favorite des sondages.
00:19Bonjour Stéphane Zunsteg.
00:21Bonjour.
00:21Vous êtes le directeur du département politique opinion d'Ipsos BVA,
00:25qui a publié ce fameux sondage hier, dont on va parler.
00:28On va aussi revenir sur le Congrès du RN hier.
00:30Mais pour commencer, je voulais évoquer juste ce chiffre issu de votre étude.
00:3482% des Français intéressés par l'élection présidentielle.
00:38Est-ce que ça veut dire que malgré la crise sociale, malgré la colère, les violences,
00:43on pense que mettre un bulletin dans l'une, ça peut encore changer les choses ?
00:46C'est plutôt rassurant ?
00:47Oui, c'est plutôt rassurant, parce que c'est vrai qu'au travers des différentes élections qui se sont succédées,
00:52on constate à chaque fois que les Français, quel que soit le taux d'abstention,
00:55restent passionnés par la politique.
00:56Ils le sont particulièrement à l'approche de cette prochaine élection présidentielle.
00:59Pourquoi ? Parce qu'il y a, de leur avis, en tout cas, un véritable enjeu,
01:02en tout cas plus d'enjeux que d'habitude.
01:05C'est lié évidemment au niveau auquel est mesuré le RN,
01:08c'est lié aussi à ce qui se passe à gauche, notamment auprès de Jean-Luc Mélenchon.
01:12Hier, Marine Le Pen a donc prononcé le premier discours officiel de sa campagne.
01:17Première question, c'est un discours de favorite des sondages qu'elle a prononcé hier ?
01:21Quand vous regardez toutes les mesures d'intention de vote qui ont été réalisées ces derniers mois,
01:25ce qui frappe, c'est le caractère assez remarquable de la stabilité, stabilité à un haut, voire à un très
01:30haut niveau,
01:30de la candidate ou du candidat quand c'était Jordan Bardella.
01:33Les choses évoluent peu.
01:35Quand elles évoluent, c'est plutôt à la hausse systématiquement dans toutes ces enquêtes, au premier tour en tout cas.
01:40La candidate du RN est créditée de 30, 32, 30, parfois 35%.
01:45Donc vous parliez de favorite, oui, probablement une favorite de premier tour,
01:48même s'il reste six mois de campagne et plein de choses peuvent arriver.
01:50Il y a plein de favoris, des gens qui étaient très favoris six mois avant l'échéance.
01:54Regardez François Fillon il y a une dizaine d'années.
01:56Tout était inscrit, il devait être le prochain président de la République, ça ne s'est pas passé comme ça.
02:00Elle est favorite, mais elle est favorite pour l'instant du premier tour.
02:02À partir du moment où les résultats du premier tour seront connus, le 18 avril au soir,
02:07c'est une nouvelle campagne qui commencera et là ce sera totalement autre chose évidemment.
02:11On va continuer à parler des chiffres, je voulais quand même revenir sur une image de ce congrès du RN
02:17hier.
02:18Jordan Bardella a obtenu quasiment 99% des votes, pourtant il n'a pas réussi à imposer ses proches au
02:22sein du Conseil national.
02:24Qui dirige le RN aujourd'hui ? Est-ce que c'est son président ou sa candidate à l'élection
02:29présidentielle ?
02:29N'étant pas membre du Rassemblement national, c'est très difficile pour moi.
02:32En tant qu'observateur.
02:33En tant qu'observateur, je pense que peut-être que la machine, la machine logistique du parti,
02:38oui c'est plus évidemment Jordan Bardella et ses proches qui sont à la manœuvre.
02:41Après, qui dirige véritablement, qui est le vrai patron ou la vraie patronne de cette formation politique ?
02:46Eh bien c'est sans doute la candidate, la candidate historique qui se présente pour la quatrième fois.
02:49Alors on le disait, le RN a le vent dans le dos.
02:51Pour preuve ce sondage, donc Ipsos, BV a saisi qui donne Marine Le Pen en tête du premier tour
02:55dans toutes les hypothèses testées avec des scores de 32 à 33,5%.
03:01Est-ce que par rapport à des études précédentes, par rapport à des élections précédentes,
03:05là on vit une forme de tournant sur ce type de sondage,
03:08où encore une fois c'est une photographie et qui ne présage en rien de ce qui va se passer
03:12évidemment ?
03:12Vous avez raison de le dire, il y a encore six mois, six mois de campagne,
03:17et très souvent les mesures six mois avant ne correspondaient pas à la réalité des premiers et des seconds tours.
03:22Donc tout peut arriver, malgré tout, oui Marine Le Pen est installée dans cette position très très avantageuse pour elle,
03:28dans la perspective, je le rappelle bien, du premier tour.
03:33Maintenant l'enjeu pour ce parti, pour cette candidate, c'est de rassurer,
03:35c'est ce qu'elle a commencé à faire à Orléans, c'est ce qu'elle va devoir faire tout
03:39au long de la campagne.
03:39C'est ces éléments de langage, il y a confiance, ouverture, c'est ridicule.
03:43Absolument, oui, rassurer, mais rassurer qu'il passe tiers des Françaises et des Français
03:47qui sont d'ores et déjà acquis à ces idées,
03:48mais ce qui lui manquerait pour arriver au 50% au second tour.
03:51Vraiment c'est une entreprise d'assurance, oui, de convaincre ces Français-là
03:55que si elle arrive au pouvoir, ce ne sera pas le chaos.
03:58– Quand on rentre un peu plus dans les chiffres,
04:00on voit qu'elle ne bénéficie pas forcément d'un effet rebond après les violences du 17 octobre.
04:05Ses intentions de vote même baissent un peu de 0,5 à 1,5 points.
04:09Comment est-ce que vous interprétez ce chiffre ?
04:11– Alors, elle n'est ni gagnante ni perdante de cette séquence, très clairement.
04:16Alors, elle ne progresse pas, peut-être parce qu'elle est déjà à un niveau très très haut,
04:19je ne sais pas si elle a d'ores et déjà fait le plein de ce réservoir,
04:21de ce potentiel de premier tour, ça on verra dans les mois qui viennent,
04:24mais elle est déjà très très haut, il y a peut-être aussi un peu de vote
04:27en faveur d'Éric Zemmour qui grignote un petit peu et qui l'empêche de progresser
04:31et surtout, ces mouvements, cette superposition de mouvements sociaux
04:35auxquels on assiste depuis quelques semaines,
04:39il y a les étudiants, il y a des manifestations qui sont mises en place
04:43et organisées par les syndicats, c'est-à-dire des revendications et des mouvements
04:46qui sont un peu plus colorés politiquement à gauche.
04:49Donc, dans ce cas-là, ça profite plus à des candidats de gauche,
04:52notamment Jean-Luc Mélenchon, qu'à la candidate de la droite radicale.
04:55Car effectivement, dans toutes les hypothèses, votre sondage donne un second tour
04:58à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon.
05:00Donc, c'est bien le signe que cette crise sociale profite aux extrêmes aujourd'hui.
05:05Oui, en tout cas, Jean-Luc Mélenchon sort assez gagnant de cette séquence-là.
05:09Évidemment, si vous additionnez l'intention de vote de Marine Le Pen
05:12et celle de Jean-Luc Mélenchon, vous êtes un Français sur deux,
05:14en fait, qui compte pour l'instant, en tout cas,
05:16qui nous déclare voter pour l'un de ces deux candidats.
05:20Jean-Luc Mélenchon, il profite d'une chose,
05:22c'est de sa popularité auprès de la jeunesse.
05:25Il a été présent lors du mouvement des lycéens.
05:27Ses députés, ses proches sont allés à la rencontre des lycéens dans leur circonscription.
05:31Tout ça a contribué, effectivement, à le renforcer auprès d'un segment de la population,
05:35c'est-à-dire les gens de gauche, les gens véritablement de gauche,
05:37qui se considèrent un peu plus proches de son positionnement
05:41que celui d'autres candidats plus modérés.
05:43– Cette séquence de manifestations et de violences qu'on a pu voir le 17 octobre,
05:48est-ce qu'elle va mettre en avant le thème de la sécurité
05:50dans les intentions de vote des Français ?
05:53Est-ce que ça, vous l'observez déjà ?
05:54Ou le pouvoir d'achat balaye malgré tout ?
05:57– Le pouvoir d'achat reste et restera, là, pour une fois,
06:00on peut s'avancer de temps en temps sur les sondages,
06:04et je pense que en ce qui concerne le pouvoir d'achat,
06:05et surtout sur les difficultés éprouvées par une partie des Français
06:08à boucler les fins de mois, restera la principale préoccupation.
06:11L'insécurité, c'est un sujet, mais c'est un sujet qui préoccupe
06:15surtout les gens du centre-droit jusqu'à la droite radicale.
06:19Donc, oui, les candidats du centre-droit jusqu'à la droite radicale
06:23continueraient à en parler d'insécurité.
06:25Est-ce pour autant que c'est un sujet qui sera une priorité absolue
06:28de tous les types de Français selon leur profit politique ?
06:29C'est moins évident.
06:30– Merci beaucoup pour ce décritage, Stéphane Sonnstein.
06:32– Sous-titrage Société Radio-Canada

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