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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00On va retrouver le maire d'Orléans, puisque là, on a parlé d'une forme de confinement sécuritaire, Serge Groir,
00:07avec le congrès du Rassemblement National.
00:09Finalement, et malgré des forces de l'ordre vraiment en nombre, est-ce que vous dites ce soir que tout
00:14s'est relativement bien passé ?
00:17— Puisque à la différence de quasiment toutes les autres villes de France, et malheureusement, évidemment, Orléans a eu zéro
00:28trouble, zéro heure, zéro casse, pas un seul magasin esquinté,
00:34alors que nous avions quand même la caractéristique de recevoir à la fois pratiquement 10 000 personnes du Rassemblement National,
00:41une contre-manifestation d'à peu près autant de personnes.
00:45Et puis il nous était annoncé des casseurs, des groupuscules d'ultra-gauche. Et nous avons maîtrisé la situation. Et
00:54vous savez, c'était fondamental.
00:56Pourquoi ? Imaginez qu'il y ait eu des débordements. Imaginez de la casse. C'était en fait l'expression
01:04d'un parti politique qui est très important en France,
01:07qui n'aurait pas pu se faire. C'était donc l'élection présidentielle qui était elle-même contestée et par
01:13la même notre vie démocratique.
01:15Donc moi, je suis très satisfait. Effectivement, ce soir, on a mis les moyens à situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel.
01:24Et ça a parfaitement réussi. Nous avons dissuadé les casseurs, l'ultra-gauche et tous ceux qui voulaient mettre de
01:31la violence dans nos rues.
01:33Donc la violence n'est pas passée à Orléans.
01:36Malgré tout, Serge Grouard, il y a eu un rassemblement. Là, je parle de rassemblement samedi avec des figures de
01:42la gauche, dont Olivier Faure, dont le maire de Trappes et d'autres.
01:45Là, vous estimez que c'est une formule tout à fait démocratique pour s'opposer aux idées et au congrès
01:52du Rassemblement national dans votre ville
01:53ou vous estimez qu'une telle marche n'a pas lieu d'être ?
02:00Écoutez, moi, en tant que maire, j'ai fait en sorte que les choses se passent bien.
02:03Et donc, à cette manifestation, nous lui avions proposé, ce qui a été fait, de se retrouver dans un autre
02:09lieu de la ville
02:10et de pouvoir s'exprimer en toute tranquillité et parfaitement démocratiquement. C'est ce qui s'est passé.
02:18Maintenant, je dis qu'aussi et peut-être davantage en tant que citoyen, si à chaque fois qu'il y
02:23a une formation politique,
02:24qui a pignon sur rue, qui s'exprime et qu'elle est contestée sur le lieu même de son expression
02:31et que viennent se greffer des violents qui cherchent non pas à s'exprimer démocratiquement
02:37mais tout simplement à empêcher, à faire en sorte que la réunion politique soit impossible,
02:43alors à ce moment-là, on rentre dans le déni de démocratie.
02:47Vous voyez, je distingue bien à la fois ceux qui manifestent pacifiquement
02:51et ceux qui viennent là pour en découdre. Et ceux qui sont venus pour en découdre
02:55n'ont pas eu leur place à Orléans. C'est un message très important pour la suite
02:59de la campagne électorale présidentielle et tout simplement, je le redis,
03:04pour l'expression démocratique dans notre pays.
03:07En un mot pour conclure, Serge Groir, la suite, c'est aussi avant l'élection présidentielle,
03:11peut-être de samedi en samedi, des rassemblements, de nombreux cortèges.
03:17Vous-même, votre ville a été éprouvée. Est-ce que vous pensez que c'est possible
03:22de tenir avec un tel dispositif sécuritaire massif, de tenir pour que les commerçants
03:27puissent aussi, pendant les week-ends, avoir évidemment leur commerce ouvert ?
03:31Ou est-ce que vous commencez à dire que c'est compliqué, malgré évidemment le fait
03:34qu'il faille sanctuariser la liberté de manifester ?
03:39Non mais il faut arrêter d'emmerder la France silencieuse.
03:42La majorité, l'extrême majorité silencieuse de France, parce qu'elle en a ras-le-bol.
03:49Vous savez, moi j'ai passé des jours aussi à calmer les uns et les autres
03:52pour éviter notamment que certains aient recours aux armes, je le dis très clairement.
03:58Je dis attention, danger. Et puis effectivement, quand on défend le pouvoir d'achat,
04:02c'est quand même fort de café, en permanence, tous les samedis ou presque,
04:08de casser les pieds aux gens qui essayent de travailler.
04:11Vous avez dissuadé des gens de recourir aux armes, de se protéger eux-mêmes ?
04:20Il y avait des gens effectivement qui voulaient se protéger eux-mêmes.
04:23Et moi je suis très satisfait aujourd'hui d'avoir fait ce boulot-là.
04:27Il n'y a pas eu de blessés, il n'y a pas eu de heurts, il n'y a
04:30pas eu de confrontation.
04:30Mais je dis attention, il y a une exaspération dans le pays.
04:35Et moi j'entends, et tous les maires je pense, ou beaucoup de maires entendent cette exaspération.
04:39Donc je dis attention, danger.
04:41Et je dis aux uns et aux autres, y compris à ceux qui organisent des manifestations pacifiques,
04:47vous avez une responsabilité, ne remettez pas en permanence de l'huile sur le feu,
04:51même si ce n'est pas votre intention.
04:54Aujourd'hui, je dis danger.
04:57– On entend votre alerte, Serge Groire, le maire d'Orléans.
05:01Vous dites à la fois attention, danger, vous appelez tout le monde à être responsable.
05:07Et vous dites aussi arrêtez d'emmerder, ce sont vos mots, la France silencieuse.
05:11Merci d'avoir réagi en direct sur BFM TV.
05:14Nous sommes avec Béatrice Brugère.
05:16– Bonsoir, bonsoir, merci d'être là.
05:18Secrétaire général du syndicat Unité, magistrat FO, merci madame la magistrate.
05:22Laurent Valdigui est resté avec nous, je le remercie.
05:24Sylvain Maillard, bonsoir.
05:25– Bonsoir, Sonima.
05:25– Député ensemble pour la République de la capitale de Paris.
05:28Je salue la présence de Yohann Maras, bonsoir.
05:30– Bonsoir.
05:31– Vous êtes délégué national Alliance Police,
05:33et nous sommes également avec Laurent Joffrin.
05:35Bonsoir Laurent.
05:35– Bonsoir.
05:36– Directeur du Libre Journal.
05:38Est-ce que peut-être vous êtes d'accord sur une chose, attention, danger.
05:42Compte tenu de la polarisation extrême du débat politique,
05:46compte tenu, je ne parle pas des manifestants,
05:48mais peut-être de l'usure, des forces de l'ordre,
05:50du climat politique et de tout ce qui s'est passé également,
05:53dont on va parler, de l'attentat raciste à Trappes.
05:56Est-ce que vous dites, Sylvain Maillard, attention, grand danger ?
05:59– Oui, on voit bien, on est dans un moment de tension extrême,
06:04y compris dans la rue.
06:05Moi, je suis parisien, tous les samedis,
06:07on ne peut pas continuer à vivre dans cette angoisse
06:09de ce qui va se passer.
06:10Ça s'est relativement, relativement bien passé cette semaine,
06:15mais la semaine dernière, c'était terrible.
06:16J'étais tout à l'heure encore avec des commerçants
06:19qui n'ont absolument pas travaillé de la journée.
06:21Il n'y avait personne dans les rues de Paris à l'heure actuelle.
06:24Et donc, on voit bien que ça s'enquiste.
06:26Et moi, je le dis, et je comprends qu'il y a des revendications,
06:29et bien sûr, et on va le dire toujours,
06:30c'est important de pouvoir manifester ces nuits,
06:33mais il y a un rendez-vous démocratique dans moins de six mois,
06:36qui est un rendez-vous extrêmement important.
06:38Et je crois que c'est le moment de...
06:39– Mais vous pensez que les urgences d'aujourd'hui,
06:40peuvent tenir six mois ?
06:42– Je pense qu'en fait, on a un rendez-vous très important
06:44et que les urgences qui sont données,
06:47quand j'entends qu'il faut transformer intégralement le lycée,
06:50vous savez quoi ? Ça ne va pas se décider en trois mois.
06:52C'est quand on demande 10 milliards pour refaire l'ensemble du bâtimentaire.
06:55– Il fallait que ça se décide en 10 ans alors.
06:57– Non, mais ce sont des travaux...
06:59Voyez bien, ça demande des choix politiques importants.
07:02Et donc, on est au moment du choix politique.
07:04Et ce choix politique, il va s'exprimer dans quelques mois.
07:06Je crois que c'est important que ce choix soit pleinement souverain de la population.
07:10On a une élection, je crois.
07:12– Ce que vous dites est à la fois vrai factuellement
07:15et presque irrationnel dans une telle situation.
07:17Laurent Joffrin, c'est vrai qu'on a une situation présidence.
07:20– D'abord, c'est horrible, les gens vont manifester,
07:24mais ça dépend dans quelles conditions.
07:27– Personne ne l'a dit comme ça, horrible.
07:29– Non, on l'a dit, c'est dangereux, c'est inquiétant,
07:33je suis parisien et je ne peux plus faire ci, faire ça, etc.
07:36Oui, mais d'accord, mais les gens ont le droit de manifester.
07:38C'est comme ça en France et dans toute la démocratie.
07:40– Qui t'a transformé des villes en blocus ?
07:42– Ah non, mais les blocus, c'est autre chose.
07:44– Pour que les manifestants puissent manifester, c'est le genre.
07:47– Mais ce n'est pas la masse des manifestants
07:49qui sont responsables directement ou indirectement
07:52de la casse ou des violences, pas du tout.
07:56Ce sont des gens qui se greffent ou qui viennent ou qui s'infiltrent.
07:59Ce sont des gens différents de ceux qui protestent.
08:01Et ceux qui protestent sont très nombreux.
08:04C'est comme ça la leçon.
08:04– Oui, pour les protéger, c'est un dispositif massif.
08:07– La leçon principale des manifestants, ils étaient très nombreux.
08:10Donc il faut essayer en démocratie d'en tenir compte.
08:13Et donc de leur répondre.
08:15On ne peut pas…
08:18Vous seriez ministre, vous ne proposeriez pas d'interdire les manifestations.
08:23– Non, mais attendez.
08:24– Personne ne parle d'interdire.
08:25– Oui, alors donc il y aura des manifestations, il faut s'habituer.
08:28– M. Geoffrin est très confortable sur un plateau de télévision.
08:30C'est très important de manifester, on vient ici…
08:33– Mais ce n'est pas moi qui le dis, c'est la constitution, monsieur.
08:36– Mais je sais bien.
08:37– Oui, alors, c'est pas une question d'être sur un plateau ou pas.
08:40– C'est une loi qui s'applique à tout le monde.
08:42– Exactement, et il faut la respecter, il faut qu'on puisse avoir le droit de manifester.
08:45Je dis juste que ça a un impact extrêmement fort, y compris des gens qui travaillent,
08:49qui ont du mal à boucler des fins de mois, qui sont juste commerçants.
08:52Et on voit dans nos villes, maintenant, plus personne, et qui n'ont pas pu travailler
08:56aujourd'hui, et qui s'inquiètent en se disant, mais est-ce que ça va être tous les samedis comme
08:59ça ?
08:59– Il y a une chose que je ne comprends pas.
09:00– C'est respectable, comme les gens qui manifestent, c'est respectable des gens qui…
09:03– Oui, mais il y aurait peut-être une manière plus maligne, c'est d'essayer de discuter
09:06avec les gens qui le montagent, pour essayer de trouver un compromis avec eux.
09:10– Je suis d'accord avec vous, je dis juste que quand on prend l'exemple des lycéens,
09:13par exemple, je veux 10 milliards, je veux refaire tous les bâtiments.
09:16– On peut l'entendre.
09:16– Ah ben non, ça je suis d'accord, c'est pas possible.
09:18– Messieurs, on peut faire participer tout le monde.
09:20– Oui.
09:21– Expliquez-nous, parce qu'il y a quelque chose que je ne comprends pas.
09:23Soit le dispositif massif sécuritaire, il permet aussi, et c'est le cas,
09:28de protéger aussi les manifestants et qu'il puisse quand même y avoir des cortèges.
09:32Soit, comme certains le disent ou le sous-entendent, au contraire,
09:35c'est une forme de répression et il empêche la manifestation.
09:39– Moi, je vous dirais juste que déjà, ce qu'on a vécu hier,
09:43ça n'a rien à voir avec ce qu'il y a eu le 17.
09:46La population était complètement différente,
09:48le nombre d'éléments radicaux était beaucoup moins important.
09:53On a mis un dispositif très important.
09:58Attends-nous à quel prix ? 70 000 policiers, des rappels, des suppressions de congés.
10:05Dans la presse, j'ai lu ce matin 53 blessés.
10:07Moi, j'en ai déjà recensé plus de 200 sur la journée d'hier.
10:11– Sur la journée d'hier ?
10:12– Oui, oui, oui.
10:12Moi, quand on me dit que ça s'est bien passé hier,
10:15ça m'inquiète de l'état de notre pays.
10:17Ça veut dire qu'aujourd'hui, 1300 interpellations, 24 commerces pillés,
10:22plus de 200 policiers et gendarmes blessés,
10:26c'est une manif qui se passe bien.
10:28– Non, c'est relatif.
10:30– Non, c'est vrai que c'était…
10:31– C'est par rapport à celle d'avant.
10:32– Et donc, ça veut dire qu'on doit se contenter de ça aujourd'hui.
10:35– Ah, mais pas du tout.
10:36– Pas du tout, non.
10:37– Et là, c'est ce que j'entends.
10:39Depuis deux jours, sur tous les plateaux,
10:40on m'explique, depuis hier soir,
10:43on m'explique que ça s'est bien passé.
10:45– C'est le ministre, vous avez vu ?
10:46– C'est le ministre.
10:47– Non, le ministre n'a pas dit que ça s'était bien passé.
10:50– Vous aussi, il a dit ça.
10:50– Non, reprenez les propos de M. Nunez,
10:53je les ai entendus juste avant de rentrer en plateau hier,
10:55il nous a expliqué que…
10:57– Il était content.
10:58– Non, non, non, là où je peux poser,
11:01là où c'est choquant, c'est vrai.
11:02– C'est pas vrai, reprenez les propos du ministre.
11:03– On en est à dire, ça se passe bien,
11:05à part les pillages, etc.
11:06– Ah, mais je suis d'accord avec ça.
11:07– C'est vrai que dans l'énoncé…
11:09Mais moi, je vous pose action.
11:11Comment dire ?
11:12Le verre dans le fruit.
11:14Et vous en avez parlé.
11:16Si, il faut en parler aussi, Sylvain Maillère.
11:18C'est vrai que de samedi en samedi,
11:20là, il y a des revendications aussi qui sont légitimes.
11:22Donc la question, c'est où il n'y a plus d'argent,
11:24il n'y a plus d'idées,
11:25il n'y a plus de possibilité de répondre à ces revendications.
11:27Et on renvoie à six mois.
11:28Et là, les policiers vont vous dire,
11:30nous, on n'en peut plus.
11:30Les commerçants vont vous dire, on n'en peut plus.
11:32Et je vais vous dire,
11:33même tous ceux qui participent au climat,
11:34enfin, au débat politique,
11:36on va vous dire, on n'en peut plus.
11:37C'est étouffant.
11:39Donc, quelles solutions on trouve ensemble ?
11:40Est-ce que la seule issue n'est pas politique ?
11:42– Il y a beaucoup de revendications très différentes.
11:44On parlait à l'instant, très rapidement, des lycéens.
11:47Et il y a des choses sur lesquelles il faut les écouter
11:49et avec des conditions très différentes les uns des autres.
11:53Et regardons ce que nous pouvons faire à court terme.
11:55Tout à fait.
11:56Mais en disant, ce ne sera que du court terme.
11:58Sur la vie chère,
12:02on n'arrête pas de le dire, nous, en naissance.
12:04Le travail ne paie pas assez en France.
12:06On le dit et vous savez quoi ?
12:08On est en ce moment en train de faire le budget.
12:10Donc, personne ne parle.
12:10Personne ne s'occupe du budget à l'heure actuelle.
12:12Vous savez quoi ?
12:13On passe notre temps à déposer des amendements
12:15pour faire en sorte qu'on paye moins d'impôts,
12:18moins de taxes, moins de cotisations.
12:19Vous savez quoi ?
12:19On perd à chaque fois.
12:21C'est comme ça.
12:21C'est-à-dire qu'il y a ceux des plateaux qui disent,
12:24des politiques qui viennent et qui vous disent
12:25non, mais c'est très important, il faut qu'on améliorer.
12:27Nous, on est très concrètement en faisant des amendements.
12:29– Là, il y a un feu dans la rue.
12:30Je suis d'accord, vous avez raison, mais il y a le feu
12:32et vous voyez que ça se propage.
12:34Moi, j'entends ce que vous dites.
12:35Aussi, il faut entendre ce que vous dites.
12:37C'est-à-dire que quand on dit que ça se passe bien,
12:38vous vous dites sur le terrain, voilà, il y a eu 200 blessés.
12:41Et c'est vrai que dans…
12:42– Le comptage n'est pas terminé.
12:43Moi, je suis déjà à plus de 200.
12:45Le comptage n'est pas terminé.
12:46Ce qui se passe, c'est que sur chaque journée de mobilisation,
12:49vous avez ce qu'on appelle le premier décompte qui est fait.
12:52Et systématiquement, on va s'arrêter sur ce premier décompte.
12:55Mais moi, mes collègues, ils déclarent leur blessure en service le lendemain.
12:59– Le lendemain, pardon.
12:59– Le surlendemain.
13:00Et donc, les chiffres explosent.
13:02Si vous prenez le 17, le 17, le premier chiffre le soir, c'est 60.
13:07Monsieur Lecornu, à 23h, annonce 150.
13:10Le lendemain, on a 1000 collègues blessés.
13:12Là, je ne vais pas vous dire que ça sera de la même ampleur,
13:15mais il y aura plusieurs centaines de collègues blessés.
13:17Ce qu'il faut juste regarder, c'est qu'en un mois,
13:21on a autant de blessés dans nos rangs
13:23que sur l'ensemble des Gilets jaunes en 2018.
13:26Ça démontre la violence qui règne aujourd'hui dans la rue
13:31contre mes collègues sur le terrain.
13:34En un mois, on a autant de blessés que sur l'ensemble des Gilets jaunes.
13:38– Monsieur Paris, vous avez sur ce plateau une magistrate
13:40qui dit les choses, vraiment,
13:42qui dit et qui ose dire les choses.
13:44Et Béatrice Brugère, il y a déjà, bien en amont déjà,
13:47vous nous disiez, attention, attention, la violence monte,
13:50les cortèges, etc.
13:51Et souvent, on dit, oui, mais vous allez voir,
13:53la réponse pénale, elle va être fermée, c'est après.
13:56Est-ce qu'aujourd'hui, on peut dire qu'elle peut être
13:59un élément dissuasif de tout cela ?
14:02Est-ce qu'on ne demande pas trop à la justice comme à la police ?
14:04– Oui et non, je pense qu'il faut faire attention
14:05de ne pas instrumentaliser la justice
14:07pour être la réponse politique,
14:11parce que les politiques n'arrivent pas
14:12à donner eux-mêmes leurs propres réponses.
14:14– Nous, on intervient sur ce qui est de l'ordre de la délinquance, point.
14:19Et là où je suis d'accord avec vous,
14:21c'est que ce n'est pas que ça se passe bien,
14:23c'est que ça s'est mieux passé que ce qu'on a vécu,
14:26qui était d'une violence inouïe.
14:28Donc en fait, on est dans une forme de relativisme
14:31qui ne veut pas dire que ça s'est bien passé,
14:33qui veut juste dire que ça a été moins pire,
14:36entre guillemets, moins épouvantable que la semaine dernière,
14:38et on ne sait pas ce qui arrivera la semaine d'après.
14:42Donc la question, c'est que, et là vous avez raison,
14:44le droit de manifester est une liberté
14:47auxquelles on est tous attachés,
14:49mais ce n'est pas non plus une liberté absolue
14:51qui n'est pas sans être aussi contenue
14:55dans celle de pouvoir aussi exercer d'autres libertés
15:00– Une liberté de travailler, de circuler, etc.
15:03Donc les libertés ne sont jamais absolues.
15:05Elles sont aussi, entre guillemets,
15:08à concilier avec d'autres libertés
15:10qui sont aussi protégées par la Constitution.
15:13La question des manifestants,
15:14on dit oui, là les manifestants sont beaucoup plus,
15:17j'allais dire, calmes, apaisés,
15:21et sont dans un exercice plus normal de la manifestation,
15:24mais on a eu aussi des manifestants qui ont été violents.
15:28On dit oui, c'est les casseurs, c'est les pilleurs,
15:29mais il y a aussi eu des manifestants
15:31sur les dernières manifestations
15:33qui aussi ont été extrêmement violents
15:36et qui n'ont pas du tout manifesté
15:38comme les images que l'on nous montre aujourd'hui.
15:41Et là, le rôle de la justice,
15:43évidemment, il est compliqué parce que,
15:45et vous le savez, parce que dans l'ordre public
15:47et la masse et l'échelle de ce qu'il y a,
15:49en vrai, nous, on arrive un petit peu à la fin
15:53et sur la marge, en tout cas sur quelque chose
15:57d'extrêmement petit échantillonnage,
16:01c'est un échantillonnage qui, en plus,
16:03ne dit pas grand-chose de la réalité.
16:08Moi, j'ai tendance à dire qu'on n'attarde pas nécessairement,
16:10et vous le savez, ceux qui sont les plus dangereux,
16:13parce qu'ils sont les plus aguerris
16:14et les plus professionnels.
16:16La différence, par contre, et ça, tant mieux,
16:18c'est qu'on demande à la justice
16:20d'avoir une réponse immédiate, rapide.
16:23C'est ce qu'on avait eu avec les émeutes
16:24sur l'affaire Noël.
16:25C'est ce qu'a dit le ministre de la justice.
16:28Et aujourd'hui, en vrai, et c'est très bien,
16:30la justice prend du temps, ouvre des enquêtes,
16:33et va essayer...
16:35Donc, ce n'est pas les déclarations officielles.
16:36Si, il y a eu beaucoup, je peux vous le dire,
16:39encore juste ce soir, j'ai des collègues
16:40qui sont de permanence,
16:42ouvrent des enquêtes à l'instruction.
16:44Et je trouve que c'est beaucoup plus intéressant
16:46que de prendre comme ça,
16:48entre guillemets, ce qu'on a sous la main,
16:50on ne juge pas nécessairement toujours de façon...
16:53Mais c'est même la première fois
16:54que ça s'est passé cette semaine.
16:56Exactement.
16:57Il y a eu des enquêtes policières...
16:58Et ça, c'est intéressant.
17:00...à froid, avec les outils informatiques
17:03dont s'est doté le ministère de la justice,
17:06pour retrouver des pilleurs de samedi dernier.
17:11Et c'est pas fini.
17:12Et c'est ça l'ouverture d'enquête judiciaire.
17:14Et on aura des résultats...
17:14Pas seulement le flagrant délit en marge de manifestation.
17:17Juste ma phrase, on aura des résultats,
17:18excusez-moi,
17:19qui vont être dans plusieurs mois
17:22de ce que l'on voit aujourd'hui.
17:23Donc, l'analyse, on va dire,
17:26qu'on a aujourd'hui,
17:27et que tout le monde peut avoir différente,
17:29d'ailleurs, peu importe,
17:30elle n'est pas du tout révélatrice
17:32de ce que la justice va faire
17:33dans un long terme,
17:34et de ce qu'elle va aussi, peut-être,
17:36trouver en termes de responsabilité.
17:38Je voudrais, dans quelques instants,
17:39qu'on parle de l'attentat raciste de Trappes.
17:41Juste, là où vous avez raison,
17:43c'est que, est-ce qu'on peut dire
17:44que l'ordre républicain,
17:46mais l'ordre tout court,
17:47a été maintenu, plus ou moins,
17:49mais qu'il n'a pas été rétabli, en réalité ?
17:51Est-ce que c'est ça,
17:52ce que une majorité de Français attendent,
17:54y compris les manifestants,
17:55c'est que l'ordre soit totalement rétabli ?
17:56Je voudrais poser une question
17:58exactement sur ce point-là,
17:59c'est qu'il y a eu des comparisions immédiates,
18:02il y a eu des jugements, etc.
18:05Ce que j'en ai lu,
18:06ils n'ont pas l'air très laxistes,
18:08ça a l'air assez dur, quand même, non ?
18:09Vous avez les deux versions,
18:11c'est comme dans les manifestations,
18:13vous avez la version de la police
18:14et la version des manifestants.
18:14C'est une magistrate qui vous le dit.
18:17C'est très compliqué,
18:18et moi je serais bien en difficulté pour dire,
18:20parce que j'ai demandé à mes collègues
18:22qui sont de permanence,
18:24alors, etc.
18:24Et j'ai vraiment de tout.
18:27C'est-à-dire que...
18:29C'est des cas où on ne s'accèche pas assez ?
18:31Non, mais vous avez eu des cas où on s'accèche trop ?
18:33Je ne sais pas si c'est trop où passer,
18:36j'ai dit simplement qu'il y a eu des audiences
18:37où, par exemple,
18:39puisque là-dessus tout le monde regarde ça,
18:40il n'y a pas eu de mandat de dépôt.
18:42En général, des comparisions immédiates,
18:45la comparaison immédiate,
18:46c'est pour avoir un mandat de dépôt en général,
18:47sinon vous faites des convocations, etc.
18:50Et vous avez eu des audiences...
18:51Il y en a eu 200 quand même,
18:51en tout mandat de dépôt.
18:52Vous avez eu des audiences
18:52où il n'y a pas du tout eu du mandat de dépôt.
18:54Il y a eu 200 mandats de dépôt ?
18:55Oui.
18:55Sur 2800.
18:56Sur 2800.
18:57Alors non, pas sur 2800.
18:58Sur 2800 interpellations.
19:00Elles n'ont pas donné lieu à des gardes à vue.
19:02Elles n'ont pas donné lieu toutes à des gardes à vue.
19:04Non, non, bien sûr.
19:04C'est là où on se dit
19:05que la justice a fait un tri, entre guillemets,
19:09Non, je veux dire,
19:09oui, gardes à vue,
19:10mais pas forcément en voie.
19:12A priori, garder ce qui tenait le mieux.
19:15Et il y a eu aussi...
19:17Il y a eu du ferme, vous avez raison.
19:18Et il y a eu aussi des audiences
19:20où il n'y en a pas.
19:20Donc je ne peux pas vous dire...
19:21Mais ça dépend de ce qu'ont fait les gens.
19:23C'est pour ça que je ne peux pas vous répondre.
19:25Oui, d'accord.
19:25C'est pour ça que...
19:26Quand les gens ont fait des choses
19:27et on verra au final.
19:28Ils ont été sortis.
19:29On verra au final.
19:29Moi, je peux déjà vous répondre.
19:30Est-ce que c'est sévèrement ?
19:31Moi, je peux déjà vous répondre
19:32parce que...
19:33Il faudrait être à l'urgence.
19:35Chez Allianz,
19:35on avait demandé l'observatoire
19:37de la réponse pénale
19:37qu'on n'a eu qu'une seule année en 2021.
19:39Et c'est quelque chose
19:40qui nous intéresse, justement.
19:42Donc, on est en train de faire
19:43notre propre observatoire
19:45de la réponse pénale
19:46avec les décisions de justice.
19:47Vous pliez un magasin à Paris,
19:49vous êtes interpellé en flagrant délit
19:51avec l'objet du vol
19:52100 euros d'amende.
19:54Si ça, c'est de la fermeté,
19:56vous tirez au mortier
19:58sur des policiers,
19:59vous êtes interpellé
20:00avec le mortier,
20:02on vous laisse libre
20:03et vous n'avez pas demandé
20:04de dépôt.
20:06Aujourd'hui, moi,
20:07il ne faut pas m'expliquer
20:07qu'on a eu...
20:08Moi, j'ai lu d'autres choses.
20:09J'ai eu des cas
20:10où on envoyait les gens
20:11en prison directement.
20:12En détention provisoire
20:13sur des enquêtes
20:14qui sont encore en four.
20:16Là, aujourd'hui,
20:17on n'est pas sûr.
20:17Il y a très, très peu
20:18de peine d'incarcération directe.
20:215 ans, il y a quand même
20:22quelqu'un qui a pris 5 ans,
20:23on va dire Gérald Darmanin.
20:24Il faut étudier à l'intérieur,
20:26mais en même temps,
20:27quand vous jetez un pavé
20:30sur la tête d'un policier,
20:32vous risquez de 7 à 10 ans.
20:34Ce n'est pas ce qu'on voit
20:35là, aujourd'hui.
20:36Non.
20:37Là, aujourd'hui,
20:38moi, il ne faut pas
20:38m'expliquer que
20:41samedi dernier
20:41et depuis samedi dernier,
20:43avec le niveau de violence,
20:44le niveau de pillage
20:45qu'on a connu dans notre pays
20:46qui est inédit,
20:483 000 commerces pillés,
20:50il ne faut pas m'expliquer
20:51que la justice,
20:52d'un coup,
20:52est devenue ferme
20:54et a condamné tout le monde.
20:55On n'a même pas fait
20:588 % de mandats de dépôt.
21:018 % de mandats de dépôt
21:03avec les images
21:04que vous avez vues
21:04qui ont fait le tour du monde.
21:06Il y a très peu de dossiers,
21:07en vrai,
21:07par rapport au nom d'un...
21:08Effectivement.
21:09Et on verra,
21:10mais entre...
21:11Comment dire ?
21:12La fermeté affichée,
21:13mais enfin,
21:13il y a une indépendance
21:14entre, heureusement,
21:16le pouvoir politique
21:17et judiciaire,
21:17mais il y a,
21:18comme toujours,
21:18les fameuses circulaires.
21:20On va voir ce que ça va donner
21:21entre ce qui a été annoncé.
21:22à la fin.

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