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  • il y a 13 heures
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Bonsoir Linda Kebab.
00:01Merci d'être avec nous, secrétaire nationale du syndicat de police, unité, gardienne de la paix,
00:07comme vous vous présentez souvent.
00:08Je voudrais vous faire écouter deux réactions.
00:11On va tout d'abord commencer, et je le dis dans nos émissions,
00:14on met en avant évidemment ces cris de détresse, de souffrance,
00:17de ceux qui ont parfois tout perdu, ces commerçants et ces commerçantes.
00:22Abandonner, même pas libre, abandonner.
00:24Vous voyez, quand vous avez, au bout du téléphone, et on vous dit limite,
00:30vous arrêtez de nous harceler, vous arrêtez d'encombrer le téléphone,
00:34qu'est-ce que je dois dire, moi, et qu'est-ce que je dois penser ?
00:37La prochaine fois, c'est quoi ? Je me défends par moi-même.
00:40On va parler de maintien de l'ordre, on va parler des faillites,
00:43on va parler des responsabilités, mais qu'est-ce qu'on dit à cette commerçante,
00:46Linda Kebab, qui veut se défendre peut-être la prochaine fois elle-même ?
00:49Est-ce que vous avez le souvenir, Mme Mabrouk, de toutes les fois où nous avons alerté,
00:52ou le syndicat unité à LRT ou GALRT, en disant qu'il suffira un jour d'un événement
00:58qui fera basculer la situation et qui ne permettra plus aux policiers de tenir l'ordre ?
01:03Qu'au jour le jour, on y parvient, par beaucoup d'engagement, par beaucoup de sacrifices,
01:08par beaucoup d'heures non comptées et non payées aux demeurants.
01:12Mais qu'un jour, il suffira que tout ce que l'on dénonce,
01:15en termes notamment de violences qui s'installent progressivement dans la société,
01:19et particulièrement chez les jeunes, il suffira juste une étincelle pour que tout le monde réalise
01:22que ce n'était ni une alerte de réac ou de fachos, ni extrémiste, ni exagéré.
01:28Malheureusement, samedi, les Français ont vu une explosion à la figure
01:33de ce que je dénonce depuis des années, de ce que le syndicat unité dénonce depuis des années,
01:36à savoir, attention, il y a la violence qui s'installe, il y a le refus de l'autorité,
01:42il y a des personnes qui, pardonnez le terme, mais dans la situation où je me dis qu'on n
01:47'a plus le temps d'être poli,
01:48qui conchisent l'état de droit, qui haïssent profondément la France,
01:52qui haïssent profondément les règles, pour qui autrui n'est rien d'autre qu'une proie.
01:58Je reprends juste les expressions que j'ai entendues en enquête, en audition,
02:02d'auteurs qui ont 14, 15, 16, 17 ans.
02:05Il y a des chasseurs et des chassés.
02:06Ce sont les mots qui sont utilisés.
02:08Il y a eu des mineurs qui sont utilisés parfois dans les auditions.
02:12Et malheureusement, samedi, il aura fallu cette bascule avec, évidemment,
02:15une situation sociale catastrophique.
02:17Si vous voulez, on peut revenir sur la situation de pourrissement de la situation sociale dans notre pays
02:21par le gouvernement actuel, mais exactement les précédents.
02:25Et ensuite, une situation où, finalement, les violences urbaines se sont installées,
02:28parce qu'on entend parler de maintien de l'ordre à droite, à gauche, enfin, surtout à gauche.
02:32On entend beaucoup parler de doctrine de maintien de l'ordre,
02:34sauf que samedi, ce n'était pas du maintien de l'ordre.
02:35C'était quoi ?
02:35C'était des violences urbaines.
02:37Donc, le schéma de maintien de l'ordre n'entre plus en jeu.
02:39C'était caduc ?
02:40C'est totalement caduc, c'est tout autre chose.
02:42Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire, alors ?
02:43Il aurait fallu avoir plus effectif.
02:45Voilà, depuis à peu près 15-16 ans que nous n'avons plus assez de CRS.
02:50Nous le disons régulièrement sur les plateaux télé.
02:52Attention, nous n'avons pas assez de CRS.
02:54Un jour, on aura besoin d'eux et ils ne seront pas là.
02:56Et moi, j'entends la détresse de ces personnes.
02:58Je ne sais pas quoi leur dire.
03:00J'ai envie de leur dire que tous les politiques ont donné la clé à l'ultra-gauche.
03:03L'ultra-gauche a ouvert la porte et les pilleurs, les casseurs, les délinquants, les criminels
03:06qui se contrefichent, qui n'ont ni fonds politiques, ni véléité sociale, se sont engouffrés et ont pillé.
03:13Il y a une responsabilité générale de tous.
03:16Et si je peux me permettre un propos, vous interrogez il y a quelques minutes un ancien ministre de l
03:20'Intérieur.
03:21J'en sais quelque chose, c'était mon ministre.
03:22Que faisait-il en 2008 quand la RGPP, la Révision Générale des Politiques Publiques, s'est installée au sein de
03:28la police avec le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ?
03:31Qu'a-t-il fait quand, à ce moment-là, en 2008, le gouvernement d'alors a littéralement, et ça
03:37va répondre certainement aux questions que beaucoup de gens se posent,
03:40littéralement démantelé le renseignement général ?
03:42Donc on paye l'addition de toutes ces faillites-là ?
03:4420 ans de faillite. 20 ans de faillite, Madame Mabrouk, où on a démantelé les renseignements généraux français qui étaient
03:50à la pointe,
03:51qui étaient enviés de tous dans le monde. Depuis au moins 200 ans, nous avions un système de renseignement à
03:58la pointe.
03:59Et oui, les régimes de l'époque, en l'occurrence dès 2008, ont démantelé les renseignements généraux en créant notamment
04:06la sous-direction de l'information générale,
04:09qui n'était donc plus un service de renseignement, mais un service d'information générale.
04:12Et donc on a imposé aux effectifs à l'époque de travailler en source ouverte.
04:15C'est-à-dire qu'en fait, vous allez coller des informations sur cela.
04:17C'est-à-dire toute la richesse du renseignement territorial qui est fait.
04:20Donc, quand le ministre de la Justice dit que les renseignements, peut-être, enfin, une bonne police, c'est aussi
04:25un bon renseignement,
04:26donc peut-être que c'est les renseignements qui ont failli.
04:28Non, alors je vous dis très sincèrement, parce que je connais assez bien la matière renseignement, je ne m'étalerai
04:32pas plus,
04:33mais en tout cas, je connais les réseaux de renseignement.
04:35Et les collègues nous disent, mais nous, on y va, en fait, on va traiter la matière, sauf qu'on
04:38est sous-dotés.
04:38On parle de renseignement territorial, et c'est important, et vous avez raison de parler de renseignement territorial.
04:45Quand les renseignements généraux ont été démantelés entre 2008 et 2010,
04:49M. Hollande, en arrivant au pouvoir, n'a pas fait mieux.
04:51Il a commencé à se poser des questions au moment où il y a eu les attentats malheureux de 2012,
04:56les attentats islamistes de Mohamed Mera, on ne l'appellera pas monsieur, puis de 2015.
05:00Et là, évidemment, il leur a éclaté à la figure le fait que même en matière terroriste, nous étions devenus
05:05à la ramasse.
05:05Et donc, du coup, il faut leur reconnaître, à l'époque, que les services qui traitent de ces matières-là,
05:10donc la lutte contre le terrorisme islamiste, les mouvements également violents, ultra-gauche, ultra-droite,
05:15ont été renforcés, on se rappelle, tous ces wagons de fonctionnaires qu'on a recrutés...
05:19Oui, il y a eu un sursaut.
05:19Il y a eu un véritable sursaut, mais pas pour le renseignement territorial,
05:22à qui on a continué de demander de travailler en milieu ouvert.
05:26Or, je vous le donne en mille, madame Mabrouk, quand vous vous présentez à, je ne sais pas,
05:32des groupes aujourd'hui qui ont pignon sur rue, qui font de la J-pop en permanence,
05:36qui font des actions violentes, qui sont considérées comme des collectifs de fait,
05:39et que vous vous présentez comme étant un agent de la préfecture,
05:41quand même, vous ne dites pas que vous êtes un agent du renseignement,
05:43vous pensez vraiment qu'ils vont vous donner des informations ?
05:45Évidemment.
05:45On a perdu la capacité à travailler de la source humaine.
05:48Alors, ces dernières années, depuis peu, ça revient.
05:51Les collègues de renseignement territorial me disent,
05:53ça y est, on revient un petit peu sur cette capacité à faire de l'infiltration,
05:56du milieu fermé, à aller écouter ce qui se dit.
05:59Mais c'est récent, madame Mabrouk, on a 20 ans à rattraper.
06:02On a 20 ans à rattraper.
06:03C'est important, parce que madame Mabrouk, il faut vraiment que les gens comprennent
06:07que les collègues sur le terrain font comme ils peuvent,
06:09avec les moyens qu'ils n'ont pas.
06:10Et deuxième chose, moi je suis curieuse de savoir quelles ont été
06:12les premières informations collationnées par mes collègues.
06:15Je vais mettre les deux pieds dans le plat.
06:16Une note de renseignement, ça se retravaille à mesure qu'elle passe entre les strates hiérarchiques.
06:21pour satisfaire, ou en tout cas ne pas inquiéter les politiques.
06:24Vous voulez dire qu'une note aurait pu être édulcorée avant d'arriver au plus haut sommet de l'État
06:27?
06:27C'est déjà arrivé, c'est déjà arrivé factuellement.
06:29Je veux dire, il n'y a pas de complot, là c'est un fonctionnaire de police qui vous parle.
06:32Oui, il arrive que parfois, en collationnant les différentes notes
06:35qui viennent des différentes zones du pays et qui sont ensuite centralisées
06:38à la Direction nationale du renseignement territorial,
06:41à ce moment-là, comment est-ce que la haute hiérarchie a décidé de lisser les informations ?
06:45La note arrive sur le bureau, on va dire, oui, du pouvoir.
06:51Et on se dit, finalement, ça a été annoncé comme la journée de tous les dangers,
06:54ça n'a pas l'air si terrible.
06:56Donc, tel niveau de forces de l'ordre.
06:59Exactement.
06:59Alors, il y a une chaîne de responsabilité.
07:01Bien sûr, mais en fait, on va aller chercher des lampistes.
07:04Comme d'habitude, Mme Mabrouk, on ira aller chercher où les lampistes et les boucs émissaires ?
07:07Tout en bas.
07:08D'ailleurs, ça vous choque quand on dit, la question a été posée,
07:11pourquoi les forces de l'ordre ne sont pas intervenues
07:13quand on a vu la mairie de Marseille attaquer ?
07:15Alors, il y avait trois compagnies.
07:16Alors, M. Payan se trompe parce que, pour le coup,
07:18il y avait vraiment trois compagnies de CRS plus une phare.
07:21Donc, vous savez, c'est les forces de projection rapide
07:23qui sont des CRS également.
07:24Ce sont celles dont les chiffres de compagnies,
07:27les numéros de compagnies commencent par le chiffre 8.
07:28Donc, il y en avait trois plus une.
07:30Sauf qu'en effet, et ça, c'est le service d'ordre qui l'a décidé,
07:33donc ce ne sont pas les effectifs sur le terrain,
07:34en effet, il y avait un décalage.
07:37Les violences de l'ultra-gauche ont commencé très tôt dans la matinée
07:41et certaines compagnies n'avaient pas encore pris leur service.
07:43Sur cela, c'est vrai.
07:44Mais dire qu'une seule compagnie était à disposition, non.
07:47Donc, je pense aussi que c'est la question de la nuance.
07:48C'est-à-dire que, d'un côté, on ne peut pas dire qu'il n'y en avait pas
07:50assez
07:51et de l'autre côté, on ne peut pas dire que c'était parfait.
07:53Non, il y a une nuance au milieu.
07:54Il y a des forces de l'ordre qui sont exténuées.
07:57Véritablement, vous en faites partie, qui manquaient.
08:00Alors, si on fait la liste de ce qui manquait, c'est incroyable
08:02parce qu'on arrive jusqu'à même l'eau et même la nourriture
08:06dans les journées où il fallait tenir.
08:07Des prises de service, le matin, on leur a donné une bouteille d'eau
08:09et on leur a dit, vous inquiétez pas, vous aurez l'occasion
08:10de vous ravitailler en eau et en nourriture.
08:12Résultat, ça n'a pas été le cas.
08:14Les délinquants sont arrivés dès le milieu d'après-midi
08:17par flux, pillage, etc., prenant le relais de l'ultra-gauche.
08:21Et les collègues n'ont ni bu, ni mangé.
08:22Pire, ils n'avaient plus de quoi se ravitailler en munitions
08:25avec des collègues qui nous envoient des messages en direct.
08:27Donc, ça, c'est une réalité.
08:28C'est factuel, c'est factuel.
08:30Ils n'avaient plus de munitions et les véhicules chargés
08:33d'amener les munitions étaient bloqués dans la circulation
08:35au milieu des pilleurs, ils n'arrivaient pas à atteindre leurs objectifs.
08:38C'est donc, pardonnez-moi le mot, un miracle qui n'ait pas eu de mort,
08:41comme l'a dit d'ailleurs le Premier ministre.
08:42Je ne pense pas que ce soit un miracle, Mme Mabrouk.
08:44Je pense, et n'y voyait absolument aucune velléité corporatiste,
08:48je pense que c'est la force, le savoir-faire, le travail,
08:51la conscience professionnelle, le souci aussi de la vie humaine
08:56de tous ces policiers qui étaient engagés.
08:58Et je pense qu'ils ont beaucoup plus de pédagogie et d'empathie,
09:00quand bien même ils n'ont pas les capacités intellectuelles
09:04d'un président de la République.
09:05Ils ont certainement beaucoup plus de professionnalisme
09:07que tous ceux qui commentent aujourd'hui l'action des policiers sur le terrain.
09:09D'ailleurs, pour ceux qui commentent l'action des policiers,
09:12on notera que ceux qui, parfois, dénonçaient une répression
09:15sont ceux-là même qui demandaient plus de force de l'ordre
09:18pour regarder les mairies, les institutions et les bâtiments stratégiques.
09:22Vous avez la pertinence de mettre le doigt sur l'hypocrisie politique qui règne.
09:26Mais le souci, c'est que, je vous l'avais dit il y a quelques jours
09:29sur un de vos plateaux ici sur BFM TV, où je vous disais,
09:31il y a une tétanie des autorités.
09:33Il y a une forme de tétanie.
09:34La peur, la peur du drame, la peur d'un blessé grave
09:38et la peur de la critique politique.
09:40Et quand encore aujourd'hui, on entend que la police mutile,
09:44alors même qu'on voit les images de pillages, de saccages,
09:47de l'ultra-gauche qui a blessé, qui a manqué, tué.
09:50Enfin, je veux dire, une policière qui fait une fracture ouverte,
09:52qui a une fracture ouverte sur la hanche à cause d'un pavé,
09:54des fractures de jambes, un collègue sur la place de la République
09:58samedi qui perd 14 dents sur la place de la République
10:00à proximité du cortège, parce qu'il protégeait ce cortège.
10:03Quand j'entends encore l'extrême-gauche, par exemple Mme Rousseau,
10:07qui le soir même a critiqué l'action policière.
10:09Mais j'ai envie de lui dire le cortège, là, vous savez,
10:11la tête de cortège où on voit M. Mélenchon et ses sbires
10:14en train de rire, tout sourire.
10:15Vous savez pourquoi est-ce qu'ils sont tous sourires et qu'ils sont
10:17heureux de pouvoir manifester ?
10:18Parce qu'ils sont entourés, protégés par des forces de l'ordre.
10:21Exactement.
10:21Sans les collègues qui, justement, ont été déployés pour encadrer
10:26ce cortège, jamais ce cortège ne serait parvenu jusqu'au bout
10:29et jamais il n'aurait pu déambuler comme il a pu déambuler.
10:31Enfin, vous vous rendez compte, Mme Abou, qu'il faut que les Français réalisent,
10:33c'est que ce cortège conséquent, on parle de plusieurs dizaines,
10:38voire 100 000, 200 000 personnes, ce n'est pas rien.
10:40On a une ville...
10:41On a exprimé des revendications malheureusement invisibilisées aujourd'hui.
10:44On est une ville moyenne ou une grande ville française
10:47qui a déambulé dans les rues de Paris au milieu de la guerre.
10:50Enfin, je veux dire, ça ne s'épargne pas.
10:51La guerre ?
10:51Oui, c'était des scènes de guerre.
10:53C'est ce que nous disaient les collègues.
10:54C'est ce que nous, on a constaté.
10:55C'est-à-dire qu'en face de vous, des gens étaient armés comme pour une guerre ?
10:57Mme Abou, le soir, je suis allée à Paris.
10:59Vous doutez bien que je ne me contente pas de récupérer.
11:03Je vais aussi au contact de mes collègues.
11:05Et j'ai vu les scènes.
11:06C'était des scènes de guerre.
11:07Et le lendemain, quand j'ai déambulé dans les rues de Paris,
11:11j'ai vu à Paris, vous savez, les cendres fumantes de la pré-bataille.
11:17Et si vous avez malgré tout 100 000 ou 200 000 personnes à Paris
11:19qui déambulent, tout sourire, comme le faisait M. Mélenchon,
11:22avec ses sbires qui ne risquaient rien,
11:25qui étaient très heureux visiblement au milieu de la guerre...
11:27Vous dites sbire, ça renvoie à une forme de violence politique.
11:30Mais vous l'assumez, si je vous l'entends bien.
11:31C'est de la violence politique permanente, en fait.
11:33Quand vous passez votre temps à accuser, à dire que la police mutile,
11:36à tue, à revendiquer la révolution...
11:40Oui, ces capitaines sont des sbires.
11:42Ceci dit, le plus important, c'est de comprendre
11:43et que les Français comprennent que 600 000 ou 200 000 personnes
11:46ont manifesté dans la capitale samedi.
11:47C'est uniquement parce que ce cortège a été encadré par les forces de police
11:50et que donc, la mission républicaine de ces policiers a été accomplie.
11:54Mais alors, Linda Kébam, comment...
11:56Alors, on en est arrivé là.
11:58Si la mission a été accomplie.
12:00Effectivement, il y a eu des manifestations
12:01et c'est notre devoir d'en parler aussi
12:03parce que dans plusieurs villes, il y a eu ces cortèges.
12:06Comment on en arrive à des images de désolation ?
12:09Ça veut dire qu'une magistrate juste à votre place ici, tout à l'heure,
12:13Béatrice Brugère, a dit que ce sont des groupes
12:15avec des méthodes paramilitaires.
12:18Enfin, ils n'arrivent pas de nulle part.
12:19Ils sont organisés, ils sont préparés.
12:21Personne ne les a vus venir, c'est impossible.
12:24Eh bien, vous avez raison de dire qu'ils sont organisés.
12:26D'ailleurs, c'est pour ça que j'imagine que le garde des Sceaux
12:28a parlé de la possibilité de prolonger les gardes à vue
12:30au-delà de 48 heures,
12:31puisqu'on tomberait dans la criminalité en bande organisée
12:34qui permet en effet d'aller plus loin que 48 heures.
12:37Mais une fois qu'on a dit ça, Madame Abrouk,
12:38j'ai envie d'aller plus loin,
12:39ces 30 000 casseurs d'excit, le ministère de l'Intérieur,
12:42ce sont ces chiffres.
12:4230 000, c'est conséquent.
12:44C'est énorme.
12:4530 000 pillers, ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur.
12:47Je ne les invente pas.
12:4830 000, c'est énorme.
12:51Des milliers à Paris, ils ne sont pas tombés du ciel, Madame Abrouk.
12:54Enfin, je veux dire, on nous dit, oui, c'est l'effet de groupe,
12:57c'est la testostérone.
12:58Enfin, je veux dire, qu'est-ce qu'on a raté ?
13:00Des moyens de transport, des...
13:01Mais bien sûr, mais qu'est-ce qu'on a raté, Madame Abrouk,
13:03toutes ces années ?
13:04Comment se fait-il que des gens de 18, 20, 22, 25, 16 ans
13:09cassent, pillent, agressent, tabassent une restauratrice
13:12qui tente de sauver son restaurant,
13:14donnent des coups à un monsieur qui, dans le sud,
13:16tentait de sauver sa boutique de manga parce que passionné ?
13:19Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
13:21À un moment, il faut arrêter de regarder les choses,
13:23en disant, ah, ça vient d'arriver, on se réveille.
13:25Mais on ne se réveille pas.
13:26On le sait.
13:27On le sait que notre société française a échoué.
13:29Elle a échoué à...
13:30On le sait, mais qui n'a pas vu ?
13:30Mais elle a échoué à intégrer.
13:32Elle a échoué à former par l'éducation.
13:34Elle a échoué aussi à responsabiliser les parents.
13:36Je veux dire, on parle beaucoup de ces mineurs
13:37qui ont été interpellés en train de casser.
13:38Et avant de leur trouver toutes les excuses du monde
13:40comme on a pu l'entendre,
13:42à quel moment on a parlé de la responsabilisation des parents ?
13:44Jamais.
13:45Vous croyez en une réponse pénale très ferme ?
13:48On va voir là ce qu'a dit à quelques instants
13:50au journal de 20h, le ministre de la Justice,
13:53Gérald Darmanin, lui, il dit, vous allez voir.
13:54Et c'est déjà le cas.
13:56Avec de la prison ferme, jusqu'à 5 ans, dit-il.
14:00Waouh.
14:01Bien.
14:01J'ai votre réponse.
14:02Quand vous êtes obligé de donner un chiffre,
14:04enfin, un nombre qui est constitué de deux chiffres,
14:07alors qu'on parle de milliers d'interpellations
14:09et que vous vous gargarisez d'une peine de 5 ans,
14:13alors qu'on parle de faits qui sont parfois punissables
14:15de 10 ans, voire peut-être passibles même des assises,
14:18c'est qu'on n'a vraiment pas grand-chose à présenter.
14:20Enfin, je veux dire, on n'a plus le droit aujourd'hui
14:22en politique d'offrir aux Français en disant
14:24« Ah non, mais tout va bien, regardez,
14:25on a eu une peine ferme cette fois. »
14:26Regardez, aujourd'hui, c'est ferme,
14:27il y a deux mois ferme.
14:28Et on entend d'ailleurs des avocats pénalistes
14:31qui sont soucieux des droits de la défense,
14:33qui ne sont plutôt pas hyper fans
14:36des mesures restrictives de liberté.
14:37On entend une partie de la gauche qui dit
14:39« Mais les peines sont très fermes, c'est horrible. »
14:41On parle de deux mois, trois mois.
14:42Et en France, on considère que deux mois, trois mois,
14:44c'est ferme.
14:46Vous ne considérez pas que c'est un choc carcéral ?
14:51Mais un choc carcéral pour 10, 15, 20,
14:53ah non, pardon, 67.
14:55Waouh !
14:5667, 1500 policiers blessés ?
14:59Des milliers de casseurs ?
15:00Encore une fois, je reprends le chiffre
15:01du ministère de l'Intérieur, 30 000 à Marseille.
15:04Des centaines de magasins pillés ?
15:06Des millions d'euros perdus ?
15:08Qui auraient mieux fait d'être engagés
15:10pour payer des salaires de professeurs
15:12et les recruter ?
15:13Encore fallait-il que le politique
15:14ne laisse pas la situation se pourrir
15:16parce que pour trouver cette...
15:17Je vous ai dit tout à l'heure,
15:18vous savez, c'est une responsabilité générale.
15:20Le politique, il donne la clé,
15:21l'outre-gauche qui ouvre la porte
15:22et les pilleurs et les casseurs
15:23qui entrent et qui se servent.
15:24Mais enfin, si le politique fait son boulot,
15:27l'outre-gauche n'a pas les moyens
15:27de s'exprimer.
15:28Alors, est-ce qu'il fait son boulot ce soir ?
15:29Parce qu'on attendait des mesures,
15:32des annonces quand même
15:32à la hauteur de la gravité de la situation.
15:35Certains ont dit l'état d'urgence,
15:36mais ce soir, ce sont des couvre-feux
15:39partiels, localisés, Paris,
15:40place de la République, Lyon, Nice, Lille
15:44et le travail également
15:45à la défense de l'ordre
15:46parce qu'il s'agit évidemment
15:47de ne pas laisser des attroupements,
15:49des rassemblements.
15:50Donc là encore,
15:50beaucoup d'effectifs sur le terrain.
15:53Des effectifs épuisés.
15:54C'est une carte là, Linda Kebab,
15:57des couvre-feux localisés par celle
15:59qui est assez impressionnante sur le pays.
16:01Ce sont des formes de confinement.
16:02Parfois des couvre-feux
16:03simplement pour les mineurs
16:04comme à Nice,
16:05d'autres comme à Paris.
16:06Tout public.
16:07Ça veut dire très clairement
16:08qu'il ne doit pas y avoir
16:09à partir de 23h
16:11une personne
16:12sur la place de la République.
16:13C'est-à-dire que,
16:14Madame Mabrouk,
16:15on a aujourd'hui des couvre-feux.
16:17Rappelez-vous,
16:18hors le confinement
16:19pour lutter contre un Covid
16:21dont tout le monde ignorait
16:23ce qu'il était capable de faire.
16:24Vous vous souvenez
16:25de la dernière fois
16:26qu'on a eu des couvre-feux
16:26de cette mesure ?
16:27Vous vous souvenez
16:28de la dernière fois
16:28qu'on a eu un état d'urgence
16:30qui, en réalité,
16:30ne dit pas encore son nom
16:31après les attentats ?
16:33Voilà.
16:33C'est-à-dire qu'après les attentats,
16:35menaces exogènes.
16:36Alors certes,
16:37c'était des Français,
16:38certes,
16:38c'était des Belges,
16:40de menaces exogènes.
16:41C'était l'État islamique
16:42qui était à la manœuvre.
16:44On avait un état d'urgence
16:45parce qu'il y avait eu
16:46un massacre,
16:47un massacre terroriste
16:48sur notre territoire.
16:49Et aujourd'hui,
16:51des gens,
16:53j'imagine,
16:54si j'en crois,
16:55les profils donnés
16:56par la justice
16:57qui sont français,
16:59qui sont des adolescents,
17:00des jeunes adultes,
17:01sont capables de mettre
17:02l'État à genoux comme ça
17:04et de faire en sorte
17:05que vous,
17:06ou tous ceux
17:07qui nous regardent
17:07à cet instant,
17:09ne puissent pas sortir
17:09et bénéficier
17:10de leur liberté
17:11à pouvoir circuler librement
17:12à cause d'eux,
17:13parce que l'État
17:13a été défaillant,
17:14parce que,
17:15non,
17:15pardon,
17:15pas l'État,
17:16parce que les acteurs
17:16de l'État,
17:17eux font le boulot,
17:17les gouvernants,
17:19les autorités politiques.
17:20Madame Abrouk,
17:21est-ce qu'il est acceptable
17:22de se rendre compte
17:23aujourd'hui
17:24que la liberté
17:26des uns et des autres
17:27est altérée
17:28parce que nos gouvernants
17:29n'ont pas été en capacité
17:31de neutraliser
17:32ce qui altère
17:33cette même liberté ?
17:35Ces annonces
17:35qui pour certains
17:36sont insuffisantes
17:37mais qui pour d'autres
17:39sont atteintes
17:40à la liberté,
17:41au contraire,
17:41elles restreignent
17:44nos libertés
17:44donc finalement
17:45on paye là encore
17:46ce qui s'est passé.
17:47Écoutons,
17:48les maires n'ont pas le choix,
17:51ils décident
17:51des mesures
17:52qui leur sont données,
17:54en tous les cas
17:55de la possibilité.
17:55Écoutons le maire
17:56de Nice,
17:56Éric Ciotti.
17:58Je viens de signer
17:59un arrêté
18:00introduisant
18:01un couvre-feu
18:02pour les mineurs
18:03à partir de 21h
18:05jusqu'à 6h du matin
18:07dans les rues
18:07du centre de Nice
18:09là où ont été commises
18:11les actes de violence
18:12les plus graves
18:13samedi et hier.
18:15C'est une situation
18:16d'urgence
18:17et nous y faisons face
18:19par une mesure
18:20d'exception
18:21qui n'aura
18:21qu'une durée de vie
18:23que jusqu'à dimanche prochain.
18:26Encore quelques questions
18:27rapides,
18:28Linda Kebab,
18:28pour comprendre.
18:30Certains évoquent
18:31le recours à l'armée
18:32mais pour sécuriser
18:33des bâtiments stratégiques,
18:34les mairies, etc.
18:35Hors de question
18:36ou alors c'est possible ?
18:38Normalement,
18:38l'armée n'est pas supposée
18:39être déployée
18:40sur le territoire
18:42contre le peuple.
18:43L'armée est là
18:44pour protéger
18:45le pays,
18:46les intérêts du pays,
18:47les intérêts
18:47de la nation française,
18:48les intérêts
18:48du peuple français
18:49sur le territoire
18:50ou en dehors du territoire.
18:52Aujourd'hui,
18:52on parlerait donc
18:53de déployer l'armée
18:54pour lutter
18:55contre l'insécurité
18:57intérieure
18:57parce qu'en termes
18:58de sécurité intérieure,
19:00ils ont failli.
19:01Encore une fois,
19:02pas ceux qui sont sur le terrain,
19:03ceux qui dirigent.
19:05Quand j'entends
19:05les propos de M. Ciotti,
19:06vous vous rendez compte ?
19:07Vous êtes maire
19:08et vous êtes obligé
19:09de déployer
19:10un couvre-feu
19:10entre 21h et 6h
19:11pour des mineurs.
19:12J'ai envie de dire
19:13mais quel parent responsable
19:15laisse un mineur
19:16dehors après 21h ?
19:17Donc encore une fois,
19:18on en revient aussi
19:18à la responsabilisation
19:19des parents
19:20parce que nous n'en sommes
19:21pas capables.
19:21On entend parler
19:22de cette fameuse loi
19:24casseur-payeur
19:25qui consisterait
19:25à faire payer
19:26la facture
19:26à tous ceux
19:27qui seraient
19:27dans un attroupement
19:28parce qu'il y a eu
19:29de la casse
19:29comme bien même
19:30ils ne l'ont pas cassé.
19:31Je vous le donne en mille
19:31qu'on s'est constitué
19:32le rotocrat
19:33puisqu'il y a
19:33l'individualisation
19:34de la peine
19:34et qu'on ne peut pas
19:35faire payer
19:35à l'ensemble du groupe.
19:36Ce qu'on a opposé
19:37tout à l'heure
19:37à Bruno Retailleau.
19:38Évidemment.
19:39C'est un principe
19:40généralement intangible.
19:41Voilà.
19:42Soit,
19:42supposons que ça passe.
19:44Vous croyez vraiment
19:44que c'est avec 1700-2000
19:46il a combien
19:46le salaire médio
19:47en France ?
19:472200 ?
19:48Vous pensez vraiment
19:49que c'est en saisissant
19:492200 euros
19:51des montants
19:51sur les salaires
19:53médios en français
19:54qu'on remboursera
19:55les dizaines de millions d'euros ?
19:55Non.
19:56Tout le monde sait
19:56au final
19:57qui va payer.
19:59Les Français,
20:00les contribuables,
20:01les 45%
20:02de foyers fiscaux
20:03qui payent les impôts
20:03en France.
20:04Voilà.
20:06Match de football
20:07PSG-Barça
20:08demain soir
20:09maintenu
20:09une hérésie
20:11ou alors
20:12il faut bien
20:12continuer à vivre ?
20:13Bien sûr,
20:14il faut que
20:14que la vie continue.
20:16Je veux dire,
20:16on n'a pas voulu
20:17se laisser abattre
20:18encore une fois
20:18au moment des attentats
20:21terroristes.
20:21On a dit
20:22on continue de vivre.
20:23Vous vous rendez compte
20:23aujourd'hui ?
20:24Des gamins font la loi
20:26dans notre pays,
20:26littéralement.
20:27Ils ont conquis
20:28le territoire,
20:28les rues ?
20:29Vous savez,
20:30d'habitude,
20:30quand on entend
20:31les politiques dire
20:31les territoires
20:32de non-droit,
20:33enfin même les centres-villes
20:34sont devenus
20:34des territoires
20:35de non-droit du coup.
20:36Je veux dire,
20:37les commerçants ont...
20:38Le cœur de Paris,
20:39le cœur de Nice,
20:40le cœur de Lyon,
20:41c'est des zones de non-droit.
20:41Les commerçants
20:42payent le prix cher.
20:43Les policiers
20:44le payent de leur chair,
20:45de leur sang.
20:46Les commerçants
20:46le payent
20:48de leur commerce,
20:49de leur travail,
20:50de ces 15 heures par jour
20:51pour tenter de créer
20:52quelque chose
20:53qui est détruit
20:54en quelques secondes
20:55ou quelques minutes.
20:56Et aujourd'hui,
20:57on va dire
20:57à ces mêmes commerçants
20:58au bar,
20:58au restaurant,
20:59vous n'allez recevoir
21:00personne parce qu'en fait,
21:01il va y avoir
21:02des couvre-feux.
21:03Mais donc,
21:03on ne reporte pas
21:04le match déjà.
21:05Ils ont gagné.
21:07Parce qu'en République,
21:08je rappelle juste
21:08Mme Abrouk,
21:08pour ceux qui ignorent,
21:10la République,
21:10puisque c'est un des quartiers,
21:11mais j'imagine
21:12tous les centres-villes
21:12de notre pays,
21:13c'est là où on retrouve
21:14des pubs,
21:15des bars,
21:15des gens se retrouvent
21:16pour regarder des matchs.
21:18Je crois que
21:19de convivialité...
21:20Je n'ai pas regardé
21:21tout l'agenda
21:22des matchs à venir,
21:22mais je crois
21:23que c'est après 21h.
21:24Oui.
21:26Alors maintenant,
21:26il y a une dernière question,
21:27Linda Kavab,
21:28et je voudrais qu'on écoute
21:28deux commerçantes
21:29parce que c'est une question
21:30qu'on s'est beaucoup posée
21:31et la réponse
21:33ne peut venir que de vous.
21:35On va les écouter,
21:35ce sont deux commerçantes,
21:37l'une, je crois,
21:38de Marseille
21:39et l'autre de Lyon
21:41et elle se demande
21:43pourquoi la police
21:44n'est pas venue
21:44quand elles ont appelé
21:45les forces de l'ordre.
21:46Écoutons-les.
21:47J'étais à l'intérieur
21:48quand ils ont commencé
21:49à lancer des parpaings,
21:50j'étais à l'intérieur,
21:51j'ai appelé la police,
21:53j'ai appelé mon assurance
21:55et personne n'est venu,
21:56rien n'a été fait,
21:57même mon assurance
21:58n'a pas sécurisé
21:59alors que j'avais déjà
22:00un énorme impact
22:01sur la porte
22:02qu'ils ont défoncée
22:02dans la nuit.
22:03Ils sont revenus
22:04dans la nuit,
22:04mais moi,
22:05de mon côté,
22:06j'ai prévenu,
22:06j'ai dit
22:06qu'ils étaient
22:08en train de s'attaquer.
22:09Là, aujourd'hui,
22:10j'ai de la faute sur personne,
22:11je pense que tout le monde
22:11est dépassé,
22:12mais il faut qu'on trouve
22:13une solution,
22:13il faut que ça s'arrête.
22:14Comment ?
22:15Je ne sais pas.
22:15C'est une honte
22:16de nous laisser comme ça
22:18livrer à nous-mêmes,
22:19c'est à nous-mêmes
22:20de protéger nos commerces,
22:21c'est une honte.
22:23Je pense que
22:24j'ai appelé 50 fois,
22:26on a appelé 50 fois,
22:28on nous répondait
22:28qu'on était débordés.
22:31Je pense qu'ils se sont attaqués,
22:33ils ont même réussi
22:34à s'attaquer
22:34au commissariat directement,
22:35donc autant vous dire
22:36qu'un petit commerce
22:38indépendant
22:38qui est là depuis 40 ans
22:39et qui fait vivre
22:40le centre-ville,
22:41ce n'est pas une priorité,
22:42je pense.
22:44C'est une honte.
22:46Vous comprenez
22:47ce qui est dit ?
22:47C'est le sentiment
22:48que l'État-providence
22:49a échoué,
22:50l'État de droit a échoué.
22:51Là, elles interpellent
22:52les forces de l'ordre.
22:53Oui,
22:55Madame Mabrouk,
22:55vous savez très bien
22:56que je ne suis pas langue de bois
22:56et que ceux que je représente
22:58sont ceux qui subissent.
23:00C'est le manque
23:02d'anticipation des autorités
23:03sur le monde.
23:04Si ça se reproduit
23:05et qu'on appelle,
23:07on n'aura personne
23:07au bout du fil.
23:08En fait,
23:09encore une fois,
23:09Madame Mabrouk,
23:10on est en sous-effectif
23:12depuis des années,
23:12on le dit.
23:14L'autorité a décidé
23:15de déployer
23:16X effectifs
23:17ce samedi
23:19et s'est retrouvé dépassé.
23:21Je veux dire,
23:21j'ose espérer
23:22qu'ils ne referont pas
23:22deux fois la même règle,
23:23sauf que Madame Mabrouk,
23:24les policiers sont épuisés.
23:24Madame Kéla,
23:25vous n'êtes pas en train
23:26de me contredire,
23:27c'est-à-dire que
23:28s'il y a un problème,
23:29on pourra
23:30ne pas trouver quelqu'un
23:31au bout du fil
23:34et je vous donne en mille,
23:35c'est qu'on va presser
23:36les policiers
23:36comme des citrons.
23:37On va leur dire
23:38bon, maintenant,
23:38plus de repos,
23:39on va faire des rappels
23:41de masse
23:42sans aucun discernement.
23:45C'est-à-dire qu'en fait,
23:45on passe de l'un à l'autre,
23:46d'un extrême à l'autre.
23:47C'est-à-dire qu'on a déployé
23:48plus de policiers
23:49pour la venue du pape
23:50que pour cet événement
23:51du samedi.
23:52Donc, pour le pape,
23:53on peut,
23:54pour les Jeux olympiques,
23:54on peut,
23:55mais quand c'est
23:56l'intégrité physique
23:56des Français,
23:57des commerçants,
23:58nous tous,
23:59samedi,
23:59les collègues
24:02n'avaient pas d'autre choix
24:03que de sortir
24:04les pilleurs des magasins
24:05sans pouvoir les interpeller
24:05tellement ils étaient débordés.
24:07Samedi,
24:07les collègues
24:08ont amené des interpellés
24:09dans les postes de police
24:10à qui on a dit
24:11on doit les libérer,
24:12on leur remet une convocation,
24:13on verra plus tard.
24:14On ne peut pas,
24:14les Jeux sont pleines à craquer,
24:15les enquêteurs sont débordés.
24:17Samedi,
24:18on a dit à des collègues
24:19bon,
24:19vous libérez telle rue,
24:20telle rue,
24:21ça s'approche de l'Elysée.
24:23Je vous dis les choses,
24:24Madame Mabrut.
24:24Vous êtes en train de dire
24:25qu'on,
24:26l'Elysée passe avant
24:27une stratégie stratégique.
24:28Mais évidemment,
24:28d'un côté,
24:29chacun y dira si bien ou mal,
24:30mais en tout cas,
24:31oui,
24:31on est obligé de protéger l'Elysée,
24:32mais au détriment.
24:33Et en fait,
24:34l'idée,
24:34ce serait de pouvoir protéger
24:35tout le monde.
24:36L'Elysée,
24:36les lieux de pouvoirs,
24:37évidemment,
24:37parce qu'il est hors de question
24:38que qui que ce soit
24:39mette un point d'orteil
24:40dans l'Elysée.
24:40Vous êtes policière sur le terrain,
24:42Linda Kebab,
24:43vous entendez,
24:44ça fait mal au cœur.
24:45C'est un cri du cœur,
24:45ça fait mal au cœur.
24:46Non assistance à personne en danger
24:48et ce qui représente l'ordre,
24:50on n'embrasse pas ce métier
24:51pour ça, nous.
24:53Des collègues m'envoient des vidéos
24:54où ils ont subi,
24:55ils ont reçu sur eux
24:56des bombes artisanales
24:57parce qu'ils étaient en train
24:58d'essayer de protéger
24:59des commerces.
25:00En fait,
25:00on a exposé notre intégrité physique
25:02pour sauver des commerces,
25:03mais on a le sentiment
25:03que ça ne servait à rien
25:04puisque, en fait,
25:05on était débordés de toutes parts
25:06et pendant qu'on en protégeait
25:075, 10, 15,
25:09il y en avait 20 autres
25:09qui étaient en train
25:10d'être dépouillés et pillés.
25:11Oui,
25:11il y a une responsabilité politique,
25:13mais pas que maintenant.
25:14d'il y a un an,
25:15deux ans,
25:16cinq ans,
25:16dix ans,
25:16quinze ans.
25:17Et quand j'entends
25:18des responsables politiques,
25:19je suis désolée,
25:19Mme Abrouk,
25:20je le redis,
25:21vous avez interrogé
25:22deux responsables
25:22qui étaient en responsabilité politique.
25:25Je ne leur dirais pas rien,
25:26quand même.
25:26Je vais reposer la question.
25:27Ministre de l'Intérieur,
25:28il y a eu un Premier ministre,
25:29ils ont fait quoi ?
25:30Ils sont là
25:31à préparer leur campagne électorale
25:32pour la présidentielle ?
25:33D'accord ?
25:34Vous avez fait quoi, vous ?
25:35C'est trop facile,
25:36Mme Abrouk,
25:36c'est trop facile.
25:37Et en attendant,
25:38quand on voit ces gens-là,
25:39oui, ça fait mal au cœur
25:39et les collègues sont éplorés
25:41de voir cela.
25:42Merci à vous.
25:43Merci pour cet entretien vérité.

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  1. BFM
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