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  • il y a 2 jours
Quatre jours après les manifestations contre la vie chère qui ont rassemblé plus de 550 000 personnes et les émeutes qui ont suivi, Sébastien Lecornu réunit mercredi matin les principales forces syndicales à Matignon. Quelles réponses apporter à la colère sociale ? Comment garantir la sécurité les prochaines journées de mobilisation ? Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est l'invitée d'Olivier Boy mercredi 21 octobre à 8h15 dans RTL Matin.
Regardez Face à Olivier Boy du 21 octobre 2026.

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Transcription
00:01RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Olivier Bois, 4 jours après les manifestations contre la vie chère et les émeutes,
00:11Sébastien Lecornu réunit donc ce matin les principales organisations syndicales du pays.
00:15Au programme des échanges, le déroulé de la mobilisation du 5 novembre,
00:19elle sera autour de la table tout à l'heure à Matignon.
00:21C'est donc la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui est votre invitée Olivier.
00:25Bonjour Sophie Binet.
00:27Bonjour.
00:27Avant cette manifestation du 5 novembre, je vais vous demander une clarification sur la manifestation de samedi
00:32à l'appel des gilets jaunes avec les lycéens, avec les étudiants.
00:35Est-ce que la CGT y sera ? Est-ce que vous lancez un appel à vos adhérents à se
00:39mobiliser à leur côté, ce samedi ?
00:41Nous allons décider aujourd'hui, nous nous réunissons, nous allons en débattre.
00:46Ce qui est sûr, c'est que depuis le début de la mobilisation, la CGT a décidé d'être aux
00:50côtés des lycéens et des étudiants
00:52pour, avec nos gilets rouges, leur permettre d'exercer leur liberté de manifester et de faire entendre leurs revendications.
00:59Débat aujourd'hui, mais vous en tant que secrétaire générale de la CGT, vous allez défendre quelle position ?
01:03Je respecte les décisions collectives, donc je vous dirais que vous n'avez pas longtemps à attendre.
01:07Mais là je dis que l'organisateur Benjamin Bal, l'un des gilets jaunes, il dit que la CGT Paris
01:12annonce qu'il va aller justement sur le parcours annoncé entre la Bastille et l'Opéra.
01:15Oui, certaines de nos organisations ont déjà pris des décisions et donc la CGT va décider dans quelques heures, vous
01:22le saurez, dans quelques heures.
01:23Notre objectif, c'est de permettre que chacune et chacun puisse exercer son droit à manifester librement pour faire entendre
01:30les revendications parce que la colère est énorme.
01:31Vous reconnaissez qu'il y a un risque ? C'est assumer un risque de dire on va descendre dans
01:35la rue, on va amener les cortèges de la CGT qui sont puissants, qui sont nombreux.
01:40Ça présente un risque de dérapage in fine de la manifestation. Pas de vous mais des casseurs qui vont venir
01:45s'agréger.
01:46Oui, mais nous serons là justement pour faire en sorte que ça se passe bien et qu'on puisse manifester
01:52et faire entendre nos revendications.
01:54Et ce que vous dites est extrêmement grave, c'est-à-dire que si, parce qu'il y a un
01:57risque, on nous interdit de manifester, mais je rappelle que c'est une liberté constitutionnelle.
02:02Ce qui fait la différence entre une démocratie et une dictature, c'est la liberté de manifester.
02:08Il y a les grands principes et on y est tous attachés forcément.
02:11Mais les 3000 commerçants qui ont vu leur commerce saccagé samedi dernier, le principe là aujourd'hui de base de
02:19la liberté de manifester,
02:20ils s'opposent au fait qu'ils n'ont plus d'outils de travail et qu'ils sont potentiellement ruinés.
02:23Vous l'entendez aussi ? Vous leur dites quoi à ces commerçants ? Qu'ont vécu ce qu'ils ont
02:26vécu samedi dernier ?
02:26La CGT a clairement condamné les dégradations. Je le dis à ce micro, les dégradations nuisent à la mobilisation.
02:34Elles permettent, on le voit, au gouvernement d'occulter les revendications,
02:38puisque là, depuis une semaine, on ne parle plus que des dégradations et pas des revendications,
02:41alors que la colère est énorme.
02:44Samedi dernier, ça faisait depuis 2023 qu'il n'y avait pas autant de personnes qui étaient descendues dans les
02:49rues,
02:50des centaines de milliers de jeunes de travailleurs et de travailleuses
02:53qui, pour beaucoup, ne manifestent jamais
02:55et qui sont venues parce qu'on ne peut plus joindre les deux bouts
02:59et parce que jamais les jeunes, les travailleurs et les travailleuses,
03:03n'ont été aussi maltraités, aussi méprisés qu'aujourd'hui.
03:06Vous vous félicitez du nombre de manifestants, effectivement, c'était important.
03:09C'était une réussite, samedi dernier, d'un point de vue syndical, cette manifestation ?
03:13Il y a eu de très belles manifestations, mais qui ont malheureusement été gâchées
03:18par les dégradations et la stratégie de maintien de l'ordre du gouvernement,
03:21qui est dangereuse. Il y a eu des violences samedi.
03:25Je rappelle qu'une lycéenne de 17 ans a perdu son oeil,
03:29qu'un lycéen de 17 ans a perdu sa main,
03:32que le carré de tête à Toulouse a été chargé
03:35et que nous avons été ciblés par une grenade de désencerclement
03:37avec quatre dirigeantes syndicales qui ont été blessées et qui ont porté plainte.
03:41Il y a eu deux morts à Paris avec une enquête encore en cours.
03:45Donc moi, j'aimerais aussi qu'on entende des choses par rapport à ça
03:49et je tiens à adresser toute ma solidarité aux jeunes et aux familles concernées.
03:54C'est grave !
03:54Mais ce n'est quand même pas de la faute de la police ?
03:57Les boutiques cassées, les violences, c'est les casseurs
03:59ou c'est la faute du gouvernement, si on vous écoute là ?
04:01Les dégradations, je suis très claire, je vais le redire.
04:05Ça n'a rien à voir avec la mobilisation, ça nuit aux revendications.
04:09Quand on fait ça, on se tire une balle dans le pied
04:11parce que c'est nos services publics, nos emplois qu'on détruit.
04:14Évidemment, j'adresse un message de solidarité à tous les salariés concernés
04:18qui sont en difficulté, qui ont été en difficulté samedi.
04:21Je le dis, quand on brûle un service public,
04:23quand on brûle une mairie, ça fait progresser l'extrême droite.
04:28Il n'y a pas de violence légitime ?
04:30Vous n'utiliseriez pas cette expression, vous ?
04:32La violence n'est jamais légitime ?
04:34Il y a une colère légitime et énorme.
04:37Et donc, la solution pour répondre à cette situation,
04:40c'est ce que je vais dire au Premier ministre tout à l'heure,
04:43je vais lui dire qu'on ne répond pas à une mobilisation sociale par la répression.
04:48On y répond de façon politique.
04:51Là, le scandale tout à l'heure, c'est qu'il a quand même fallu 13 mois
04:56une crise inédite du pouvoir d'achat, des mobilisations inédites
04:59pour qu'enfin ils daignent recevoir les syndicats.
05:01Ça fait 13 mois que vous n'avez pas vu le Premier ministre Sébastien Lecornu ?
05:04Ça fait 13 mois qu'on n'a pas vu le Premier ministre.
05:06Et tout à l'heure, les jeunes ne seront pas autour de la table
05:08alors que c'est les premiers et premières concernés.
05:10Et c'est rare de ne pas voir le Premier ministre pendant 13 mois ?
05:12Ça ne vous est jamais arrivé ?
05:13Moi, ça ne m'est jamais arrivé.
05:14Je le dis à M. Lecornu, il n'est plus ministre des armées,
05:18il est Premier ministre.
05:20Il faut qu'il sorte de son bunker,
05:22il faut qu'il entende la mobilisation sociale énorme,
05:25il faut qu'il réponde aux revendications.
05:27Et ça commence par recevoir les jeunes,
05:30entendre leurs revendications.
05:31Elles sont très simples.
05:32La fin de parcoursup, des moyens pour les lycées et les universités.
05:36Ça veut dire que tout à l'heure,
05:37pour évoquer la sortie potentielle de crise,
05:40quels sont les mots que vous pourriez entendre, vous,
05:42qui feraient dire que vous n'irez pas samedi
05:44et que même la manifestation de 5 novembre n'est plus nécessaire ?
05:48C'est quoi que vous auriez besoin d'entendre tout à l'heure
05:49à 10h30 à Matignon ?
05:51La réponse à nos revendications.
05:54Moi, ce que je demande au gouvernement,
05:55c'est qu'il traite les jeunes et les salariés
05:57aussi bien qu'il traite les patrons.
05:59Les patrons n'ont même pas besoin de demander une chose pour l'avoir.
06:03Nous, ça fait 10 ans qu'on est méprisé, humilié.
06:05Ce n'est pas un mot d'ordre, c'est des mesures concrètes.
06:07C'est du salaire brut,
06:09c'est des négociations qui commencent avec le patronat.
06:11Je veux dire, les trois tirets qu'il faut en bas d'une feuille
06:14pour qu'il n'y ait plus de manifestation.
06:15Les trois tirets, c'est un, d'abord,
06:17répondre aux revendications des jeunes,
06:18donc fin de parcours sup et augmentation du budget
06:21des lycées et des universités.
06:23Ils l'ont dit, c'est très clair.
06:24Deuxièmement, il faut répondre à la vie chère,
06:28augmenter les salaires.
06:29Nous demandons 10% d'augmentation du SMIC.
06:31Il faut indexer les salaires sur les prix.
06:33Il faut bloquer les prix.
06:35Et puis, la troisième chose,
06:37c'est qu'il faut des moyens pour nos services publics,
06:39augmenter les salaires des fonctionnaires,
06:41donner les moyens nécessaires pour nos hôpitaux,
06:43nos lycées et nos universités.
06:45Et, comment dire, enterrer,
06:48réécrire de A à Z ce projet de budget
06:50qui est dangereux pour le pays.
06:52Parce que, non seulement, les travailleurs et les travailleuses
06:54n'ont jamais eu autant de difficultés financières,
06:56mais avec ce budget, le gouvernement veut leur faire les poches.
06:59Et je voulais vous parler de la France Insoumise, Sophie Binet.
07:01Est-ce que la France Insoumise, c'est un partenaire, pour vous,
07:03de lutte dans les mouvements sociaux ?
07:05Comment vous le décririez ?
07:06C'est un parti politique, comme les autres,
07:08avec qui nous entretenons les mêmes relations qu'avec les autres.
07:11Un point, c'est tout.
07:12Et vous avez de bonnes relations ?
07:13Je veux dire, ils jouent leur rôle en ce moment ?
07:15Quelle est votre analyse ?
07:16Ce n'est pas à moi de le commenter.
07:17J'ai avec eux les mêmes relations qu'avec les autres partis.
07:19Donc, ça dépend des jours, on va dire,
07:21si vous voulez tout savoir,
07:22sur la base de l'indépendance syndicale,
07:25que je rappelle à l'ensemble des partis.
07:26Et quand on entend le gouvernement dire
07:28que Jean-Luc Mélenchon tire les ficelles,
07:30jette de l'huile sur le feu,
07:31attise la colère des jeunes,
07:34vous condamnez cette analyse ou pas ?
07:36Non, mais je veux dire,
07:38Sébastien Lecornu, il faut qu'il arrête.
07:40Il est atteint d'une grave pathologie.
07:42Il faut qu'il arrête de voir la France Insoumise
07:45et Jean-Luc Mélenchon partout.
07:47Je ne sais pas si ça soigne la Mélenchonite aiguë,
07:50mais en tout cas, ce que je peux vous dire,
07:52c'est qu'il faut arrêter de sacrifier le pays,
07:54de sacrifier nos jeunes
07:55pour de petits calculs politiciens.
07:58L'heure est grave.
07:59Il y a des dizaines de blessés,
08:01de jeunes qui ont été blessés.
08:02Il y a deux morts.
08:03Nous sommes la risée du monde.
08:05Tout ça, pourquoi ?
08:06Parce que le Premier ministre est totalement borné
08:08et qu'il refuse de répondre aux revendications.
08:10Et il y a des policiers qui sont blessés également,
08:13et d'ailleurs des centaines de policiers.
08:14Oui, pour l'instant,
08:15et il n'y en a pas qui ont perdu leur main ou un oeil.
08:16Le maintien de l'ordre,
08:17il est problématique en France aujourd'hui ?
08:19Oui, il est totalement problématique.
08:21Là, il y a une stratégie inédite
08:23qui a été déployée sur la mobilisation
08:25des lycéens et des lycéennes.
08:26Jamais il n'y avait eu une telle répression
08:28sur un mouvement social
08:29et encore plus sur un mouvement de jeunes.
08:31Des milliers de gardes à vue injustifiés,
08:35des centaines de jeunes blessés.
08:36Les chiffres officiels,
08:37c'est 250 jeunes mineurs
08:39qui ont été blessés
08:41alors qu'ils bloquaient leur lycée
08:43et qu'ils faisaient entendre
08:44leurs revendications légitimes.
08:45Vous dites qu'il y a des violences policières systémiques,
08:48c'est des dérapages individuels
08:49ou il y a maintenant
08:50le système du maintien de l'ordre,
08:52dans vos mots à vous,
08:52qui est basé sur la réponse violente ?
08:55Le problème, c'est qu'il y a des consignes
08:57de maintien de l'ordre mauvaises
08:59qui ont été passées
09:01et qu'il y a eu une stratégie répressive
09:04vis-à-vis de cette mobilisation
09:05qui est très grave et très problématique.
09:07Et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui,
09:09il y a une défiance inédite
09:10entre la population et la police.
09:12C'est très inquiétant pour notre République.
09:14Il faut que ça interroge quand même.
09:15Merci beaucoup Sophie Binet d'avoir été avec nous.

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