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  • il y a 6 minutes
La mobilisation gagne les lycées dans toute la France et les incidents se multiplient entre les affrontements, les lycéens et les policiers blessés. En pleine campagne pour 2027, le mouvement prend une tournure politique et le gouvernement accuse La France insoumise « d'instrumentalisation ». Jusqu'où peut aller la contestation ?

Le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, est l'invité de Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 30 septembre 2026.

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Transcription
00:01RT le matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, plus de 400 lycées perturbés hier,
00:12déblocages dans plusieurs villes, des incidents tout au long de la journée,
00:14et en toile de fond, le bras de fer entre le gouvernement et la France Insoumise
00:17accusés d'instrumentaliser le mouvement lycéen.
00:20Pour en parler ce matin, Marc-Olivier, vous recevez le président de l'union syndicale lycéenne,
00:25Riyad Rani.
00:25Bonjour Riyad Rani.
00:26Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
00:27Bonjour, vous êtes à l'origine donc avec votre mouvement du blocage.
00:31Ce qui m'a halluciné tout à l'heure en arrivant à RTL,
00:33vous étiez d'un côté derrière la vide du studio,
00:36de l'autre côté il y avait le ministre Edouard Jeffrey.
00:40Vous ne vous êtes même pas adressé la parole.
00:43Pourquoi il n'est pas venu vous voir ?
00:45Ou pourquoi vous n'êtes pas allé le voir pour essayer de parler de fond ?
00:47Mais ce n'est pas à nous d'aller le voir, c'est à lui de venir nous voir.
00:52Aujourd'hui on a eu des mobilisations fortes ces derniers jours
00:56qui expriment des revendications.
00:58On va y venir.
00:59Et c'est lui qui refuse de répondre à ces revendications.
01:01Non mais vous pourriez, vous aussi, je ne dis pas l'un ou l'autre,
01:04mais si vous voulez que ça se débloque, si vous voulez que vos revendications soient entendues,
01:07vous avez le ministre face à vous, allez le voir et puis ouvrez-lui la porte, non ?
01:10Aujourd'hui, les lycéens et lycéennes se battent pour leur dignité.
01:14La dignité d'avoir un enseignement correct et juste.
01:17Et aujourd'hui, ce n'est pas à nous de faire ce premier pas, c'est au ministre.
01:21On l'a déjà fait.
01:23On est dans la posture.
01:24Si vous voulez que ça se débloque, vous avez le patron de l'Education National face à vous.
01:29Alors effectivement, il aurait pu venir vous voir aussi, ce n'est pas ce que je dis.
01:31Mais pourquoi vous êtes dans une posture, c'est à lui de venir nous voir et pas à moi d
01:35'y aller ?
01:35Écoutez, ce n'est déjà pas me voir moi, c'est de rencontrer mon organisation et je pense que dans
01:40les prochains jours, ça devrait se faire.
01:42D'accord.
01:42Sur le fond, vous l'avez entendu, il dit que toutes les revendications sont légitimes, on va venir au fond.
01:47Mais ce qui n'est pas légitime, c'est la violence.
01:49Est-ce que vous dites comme lui ?
01:51Oui, d'ailleurs, il faut condamner toutes les violences et aussi les violences policières qu'on a pu remarquer en
01:58marge de ces mobilisations.
02:00Mais la violence elle-même en soi, elle n'est pas acceptable.
02:03Le côté gangréné du mouvement, on voit la note des renseignements, vous l'avez vu certainement comme nous, qui dit
02:09que le mouvement est gangréné.
02:11Est-ce que vous condamnez ça ?
02:13Non, le mouvement n'est pas gangréné.
02:15Je vois le discours tenu aujourd'hui par le ministre qui a pour seul but de décrédibiliser cette mobilisation.
02:24Et c'est un petit peu de l'agisme de dire qu'on serait gangréné, manipulé.
02:29Ça c'est une note des renseignements généraux, vous l'avez vu, qui dit qu'en gros, il y a
02:32évidemment les étudiants qui à chaque fois ont tout à fait le droit de manifester.
02:36Mais en plus, il y a des agitateurs professionnels qui viennent attiser le feu.
02:40Et puis quand ça s'enflamme, qui se retirent ceux qui sont cagoulés quoi en gros.
02:44Bah écoutez, ce que je peux vous dire à l'heure actuelle, c'est que sur chaque blocage où notre
02:50syndicat était présent, il n'y avait pas d'agitateurs professionnels.
02:54Donc vous, on est clair, vous condamnez les violences, vous n'êtes pas comme le maire de Saint-Denis qui
02:58dit que la violence peut être légitime.
03:00Pour vous, président de l'union syndicale des lycéens, la violence, vous la trouvez illégitime, notamment quand des forces de
03:06l'ordre reçoivent de l'acide chlorhydrique sur eux, ou que des pompiers sont pris à partie, vous condamnez ?
03:13Je ne dirais pas illégitime. Je comprends. Cette violence, c'est la conséquence d'une violence institutionnelle et sociale que
03:21subissent de nombreux jeunes depuis maintenant 9 ans.
03:24Mais donc, vous la comprenez, mais vous la condamnez, on est clair ?
03:27Oui. La récupération politique...
03:29Parce que ça serait donner raison au camp d'en face de pouvoir aussi, après nous pointer du doigt et
03:35dire que c'est nous les violents, alors qu'en face, ils ne font pas mieux.
03:38Vous avez entendu le ministre qui vous a pointé du doigt sur la récupération politique. La vôtre, et puis plus
03:43globalement, puisque la vôtre, vous avez un lien, on va y venir avec LFI, avant de venir sur le fond,
03:47c'est ce qui nous intéresse quand même le plus.
03:48La récupération politique de LFI avec finalement les députés LFI qui sont sur chaque manif ou presque et qui viennent
03:57finalement faire de la récupération politique.
03:59Est-ce qu'ils s'intéressent moins au fond qu'à l'agitation ? Vous dites quoi par rapport à
04:03ça, vous-même, qui avez été sur une liste LFI ?
04:06Écoutez, déjà, je tiens à ne pas utiliser tout le temps d'antenne, mais de pouvoir remettre les choses bien
04:11au clair pour les auditeurs et les auditrices qui nous écoutent.
04:14J'ai... Moi, je refuse de rester les bras croisés quand une ville, un département, une région ou un pays
04:22peut tomber entre les mains de l'extrême droite.
04:24C'était la situation qui se déroulait dans la ville où je vis, qui s'appelle Watrelo, une ville de
04:3042 000 habitants, qui est la cinquième plus grande ville de la métropole,
04:33où j'ai été sollicité par une liste qui s'appelle Watrelo Solidaire et Citoyenne, qui est une liste d
04:41'union de la gauche soutenue par le Parti Socialiste, Génération, le Parti de la France.
04:46Non, mais après, vous avez les engagements que vous voulez, mais on vous voit sur plusieurs publications Facebook à Lille,
04:53réclamant le cessez-le-feu à Gaza avec LFI.
04:56Après, vous avez cet engagement LFI.
04:58Je n'étais pas avec LFI, c'était à titre personnel et j'étais déjà...
05:00Mais donc, sur la récupération politique, et vous avez entendu le ministre, indépendamment de votre cas,
05:07qui dit, en gros, derrière, il y a les revendications, tout ce que vous demandez, des bâtiments neufs, ou en
05:14tout cas acceptables,
05:15des emplois du temps allégés, des profs, des télé... Enfin, tout ce dont il y a vos revendications.
05:22Mais en fait, il y a derrière une récupération politique très loin de vos revendications, juste, pour être clair, foutre
05:28le bordel, et une récupération politique.
05:30Écoutez, M. Fogel, je ne suis pas totalement d'accord. Moi, je dis aujourd'hui à tous les élus de
05:35la République qui sont venus sur les piquets de blocus
05:39à la rencontre des lycéens et lycéennes, moi, je les salue, peu importe leur camp politique.
05:44Je vois qu'on fait des scènes avec M. Bagayoko, qui est quand même le maire de Saint-Denis, qui
05:48va sur un lycée de Saint-Denis rencontrer des lycéens et lycéennes
05:51qui habitent probablement à Saint-Denis. Moi, je ne vois pas le souci en...
05:54Le souci, c'est sa phrase, la violence va être légitime pour un élu de la République.
05:57Là, je vous laisse commenter et voir avec M. Bagayoko.
06:02Mais en tout cas, moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est que, en tout cas, nous, ce qu
06:06'on a pu analyser en termes de violence,
06:08c'est qu'il y a une différence de traitement du maintien de l'ordre entre les lycées d'hypercentre
06:13et les lycées de banlieue.
06:14C'est-à-dire ?
06:15C'est-à-dire qu'on ne fait plus vite usage de la force face à des lycéens et lycéennes
06:22de banlieue
06:22que face à des lycées d'hypercentre. Parce que c'est la vitrine, il ne faut pas que ça fasse
06:28trop de bruit.
06:29Voilà, c'est ce discours-là.
06:31Sur le fond, vous avez entendu le ministre, toutes vos revendications, elles sont légitimes.
06:36Mais il y a des instances de dialogue social, démocratique, qui sont faites pour ça.
06:40Et qu'en fait, il suffit d'aller les voir et de discuter avec eux, plutôt que de poser ça
06:46aussi fortement sur la table.
06:48Et c'est vrai que quand on voit toutes vos demandes, c'est assez disparaître.
06:54On parle de bâtiments, d'emploi du temps, de téléphones portables, de portions de cantines.
06:58Tout ça, c'est la vie quotidienne des lycéens et c'est bien normal de poser ça sur la table.
07:01Mais pourquoi ne pas le faire dans ces instances de dialogue social ?
07:03Écoutez, j'ai entendu, comme vous, monsieur le ministre, que le dialogue a lieu.
07:07C'est totalement faux. L'ensemble des instances de dialogue mises en place et administrées par le ministère sont délaissées.
07:15Je rappelle par ailleurs que toutes ces instances sont à titre consultatif.
07:18Et qu'aujourd'hui, il y a eu de nombreuses consultations lancées à l'échelle académique.
07:22Parce que j'ai aussi eu la chance d'être élu académique sur l'Académie de Lille.
07:26On nous a consulté sur des sujets comme la surcharge des emplois du temps scolaire, sur Parcoursub.
07:30Et aujourd'hui, où en sont ces travaux ?
07:31Concrètement, comment on en sort, en fait ?
07:33Comment on en sort ?
07:34Si vous n'allez pas discuter avec les instances de dialogue démocratique, il y a ces blocages.
07:40C'est des situations très disparates à travers chaque établissement.
07:45Comment on en sort, en fait ?
07:46Vous dites, on en sort comment ?
07:47Vous, vous ne l'avez pas fait avant en entrant dans le studio avec le ministre.
07:51Au micro, vous dites quoi ?
07:52Aujourd'hui, je peux vous dire que notre organisation est prête à rencontrer monsieur Jeffrey.
07:57Et d'avoir des discussions.
07:59Cependant, nous, nous allons lui demander plusieurs mesures, notamment pour remédier à la surcharge des emplois du temps scolaire et
08:09des classes,
08:11où on peut se retrouver à 32 ou 36 par classe, ce qui est énorme.
08:15Aussi, également, sur les allégements des emplois du temps, comme je l'ai dit, sur la rénovation des lycées d
08:22'élabri,
08:22qui est de la compétence, comme j'ai pu l'entendre, des collectivités.
08:26Mais bon, aujourd'hui, est-ce que monsieur le ministre va prendre ses responsabilités et débloquer un budget exceptionnel ?
08:32En fait, ce que vous voulez, c'est de l'argent.
08:33Pas pour vous, évidemment.
08:34Mais c'est de l'argent.
08:34Et c'est surtout...
08:35En fait, ce qui pourrait débloquer le mouvement, c'est un engagement budgétaire du ministre.
08:40Demain, le budget est présenté par le Premier ministre.
08:44On verra combien l'éducation nationale obtient.
08:47Et s'il y a une somme qui est allouée à ça, vous débloquez le mouvement.
08:51Non, parce qu'il y a plein d'autres revendications, monsieur Fogiel.
08:56Notamment, moi, je pense que chaque jour, je reçois des dizaines de messages de lycéens et lycéennes
09:03qui m'expliquent que l'année où ils passent leur baccalauréat anticipé de français,
09:07ils n'ont pas de prof de français pendant plusieurs mois.
09:09Alors, j'ai eu un témoignage hier où une élève n'a pas eu de prof de français pendant 7
09:13mois,
09:14alors qu'à la fin de l'année, elle avait une épreuve.
09:15C'est des vrais problèmes, mais vous savez bien que ça ne va pas se régler comme ça demain.
09:19Demain, aujourd'hui, c'est la conséquence de 9 ans de politique macroniste
09:23et de 8 ministres de l'éducation nationale qui se sont succédés.
09:25En attendant, si les élèves ne vont pas en cours, ils ne passeront pas le bac français de la même
09:29façon.
09:30Comment vous remettez les élèves en cours ?
09:33Déjà, avec une dignité.
09:35Comme je vous dis, le mot d'ordre, c'est la dignité.
09:37Ils veulent des conditions correctes et justes et équitables.
09:41Vous comprenez bien que tout ça est assez général, est assez entendable, mais général.
09:45Qu'est-ce qui serait de concret qui ferait que les élèves retournent en cours ?
09:49Déjà, la première chose, c'est que le ministre au moins fait semblant de nous écouter et de nous recevoir.
09:55Ensuite, entamer des discussions.
09:57Nous, on est en relation constante avec les organisations syndicales, associatives et politiques.
10:02D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez suivi, mais hier soir, nous avons publié un communiqué
10:07avec l'Union étudiante qui est le premier syndicat étudiante de France
10:10où on appelle à la mobilisation commune ce jeudi et mardi prochain, notamment avec une grosse date
10:15où on invite également tous nos partenaires syndicaux à nous rejoindre
10:20parce qu'on pense vraiment qu'il peut y avoir une convergence des luttes.
10:22Merci d'être venu ce matin sur RTL.
10:24Riyad Rani, le président de l'Union syndicale des lycéens.
10:26Donc, mobilisation aujourd'hui et mardi et après, on verra.
10:29Oui, merci Marc-Olivier Faugé.
10:30Merci à vous.
10:31Merci Marc-Olivier Faugé, tous les jours.
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