00:01Amandine Bégaud, RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
00:04Et bonjour Sophie Binet.
00:05Bonjour.
00:06Bienvenue sur RTL, secrétaire générale, je le rappelle, de la CGT.
00:09On évoquait à l'instant dans le journal ce courrier que Sébastien Lecornu vous a envoyé,
00:14à vous et aux autres syndicats, une lettre dans laquelle il propose d'inscrire l'amélioration de la retraite des femmes
00:21dans le budget de la sécurité sociale.
00:23Que lui répondez-vous ? Bravo.
00:25Si l'objectif c'était de nous motiver encore plus à manifester et faire grève demain,
00:29c'est réussi, il faut être très nombreux et nombreuses à manifester, faire grève demain, partout en France.
00:34Ça ne vous dissuète pas ?
00:35Mais non, au contraire, c'est un hors-sujet complet ce courrier, il ne répond à aucune de nos exigences.
00:40Sur les retraites, les choses sont claires, il faut abroger la réforme des retraites.
00:44Sur l'assurance chômage, il ne nous dit toujours pas qu'il abandonne la réforme de l'assurance chômage
00:48que son prédécesseur voulait nous imposer.
00:51Et sur le budget, il ne nous donne aucune réponse à nos questions.
00:55Il ne nous dit pas qu'il abandonne l'année blanche,
00:56il ne nous dit pas qu'il abandonne le fait de supprimer 3000 postes de fonctionnaires,
01:00le fait de vouloir doubler les franchises médicales.
01:01Et c'est quoi du coup ? Une fausse main tendue ? Il se moque de vous ?
01:05Ça s'appelle un hors-sujet.
01:06J'avoue qu'en lisant le courrier, je me suis même demandé si ce n'était pas le président du MEDEF qu'il avait écrit.
01:11Puisque en fait, c'est un recyclage des sujets qui sont en cours de négociation avec le patronat
01:16et sur lesquels le patronat voudrait qu'on négocie.
01:19On n'a pas besoin d'un Premier ministre pour nous imposer un agenda patronal.
01:22La mobilisation, on le disait, s'annonce a priori et on verra bien sûr demain un peu plus faible
01:28que celle du 18 septembre, moins de mobilisation en tout cas dans les transports ou encore à l'école.
01:34Sincèrement, est-ce que ça vaut le coup de manifester quand on sait que Sébastien Lecornu a dit non à l'attaque Zuckmann,
01:39non aussi au retour de l'ISF ?
01:41Oui, c'est très important de manifester puisque ce que l'on sait, c'est que le Premier ministre est le plus faible de la Ve République
01:48et que le patronat, il l'a dit lui-même, il nous l'a dit trois fois quand on l'a rencontré,
01:52et que le patronat lui-même est fébrile.
01:53Ça montre que nous sommes en situation de force.
01:56Rien n'est écrit d'avance et le niveau de mobilisation de demain, c'est nous qui allons le faire.
02:00J'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent, qui partagent les motifs de mobilisation,
02:04mais qui peut-être n'ont pas pu manifester, faire grève le 10 ou le 18, à descendre dans les rues demain.
02:10Il faut y être, il faut faire nombre.
02:13C'est comme ça qu'on pourra être entendu et qu'on pourra changer les choses.
02:16Il y a besoin d'être là.
02:16Sophie Binet, c'est quoi votre objectif aujourd'hui ? Faire tomber Sébastien Lecornu ?
02:20L'objectif, c'est de faire tomber ce budget que son prédécesseur voulait nous imposer.
02:25Le problème, c'est qu'à ce stade, M. Lecornu, il passe son temps à vouloir recycler des choses qui étaient dans les tuyaux en juin.
02:31La preuve, ce courrier.
02:32Moi, le message que j'ai à lui faire passer, c'est que dans l'économie circulaire, il y a la phase compost.
02:37Là, il faut envoyer au compost toutes ces mesures qui étaient prévues.
02:40C'est pour ça qu'il faut se mobiliser demain.
02:41On ne veut pas de doublement des franchises médicales.
02:43On ne veut pas de suppression de postes dans la fonction publique.
02:45On ne veut pas de réforme de l'assurance chômage.
02:47On ne veut pas d'année blanche.
02:48Et ce qu'on veut, c'est l'abrogation de la réforme des retraites.
02:51C'est l'augmentation des salaires.
02:52Ce sera 2027, on en reparlera.
02:54Mais il est hors de question.
02:56Il l'a dit, il redit, il dit revenir.
02:57Il va falloir qu'il s'explique avec le Parlement, parce qu'il y a une large majorité de parlementaires qui, le 5 juin dernier, ont voté l'abrogation de la réforme des retraites.
03:05Il n'y aura pas de stabilité sans réponse aux exigences sociales.
03:08Il y a eu cinq premiers ministres avant lui qui sont tombés à cause de la violence de leur politique.
03:12Mais vous n'avez pas l'impression, à vouloir le faire tomber, de rajouter encore un peu plus à cette instabilité politique ?
03:19Elle est compliquée, dangereuse pour les entreprises, pour les salariés aussi, cette instabilité.
03:24Mais nous, ce n'est pas notre objectif. Nous, ce qu'on veut, c'est un changement de politique, pas forcément un changement de casting.
03:30Et aujourd'hui, Emmanuel Macron fait tout l'inverse.
03:32Il change de casting pour maintenir la même politique.
03:34Et il est prêt au chaos institutionnel pour éviter d'avoir à changer de politique.
03:39Sa politique de l'offre est un fiasco économique, social et démocratique. Il faut en changer.
03:43Mais il y aura zéro concession. Vous n'êtes prête à faire aucune concession ?
03:47On a des exigences qui sont claires. Je pense que ce n'est pas la lune.
03:50Mais c'est tout ou rien ? C'est tout le package ?
03:52Franchement, ça fait huit ans qu'on paye.
03:53Depuis huit ans, on a eu à subir une réforme du code du travail.
03:57Le résultat, c'est l'explosion des morts et des accidents du travail
03:59parce qu'on a supprimé les CHSCT, les comités hygiène, santé, sécurité.
04:03Quatre réformes de l'assurance chômage, une réforme des retraites.
04:06Nos salaires n'ont toujours pas retrouvé le niveau de 2020.
04:09Et aujourd'hui, on nous explique encore qu'il faudrait qu'on passe à la caisse.
04:12On en a assez de cette nuit sans fin du macronisme et de ce disque rayé.
04:15Maintenant, il faut aller chercher l'argent là où il est, dans les poches des plus riches et des plus grandes entreprises.
04:20Ce matin sur RTL, Michel Picon, qui est le patron de l'UP, proposait de supprimer la CSG pour redonner du pouvoir d'achat.
04:27Et pour compenser tout ça, il disait pourquoi pas la flat tax, pourquoi pas taxer les dividendes ou éventuellement une hausse de la TVA.
04:35Vous dites bravo Michel Picon ?
04:37Hausse de la TVA, non, parce que c'est nous toutes et tous qui le payons, et notamment les plus pauvres et les plus précaires.
04:42Par contre, aller taxer les grandes entreprises et les plus riches, oui.
04:46Depuis dix ans, les chiffres sont clairs.
04:48Les petites entreprises, c'est une étude de l'INSEE qui est sortie l'année dernière, enfin pardon, hier.
04:52Les petites entreprises ont créé 1,9 million d'emplois quand les entreprises du 440 ont supprimé 170 000 emplois.
04:59Dans le même temps, elles ont capté toutes les aides publiques et c'est elles qui ont récupéré les cadeaux fiscaux d'Emmanuel Macron.
05:05Il faut récupérer l'argent là où il est et aller chercher les choses dans les poches des multinationales qui ne jouent plus le jeu de l'emploi en France.
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