00:037h, 9h30, RTL Matin, avec Céline Landreau.
00:087h16, l'enquête RTL maintenant sur le poulet dont les Français raffolent.
00:12La demande est tellement forte que la production française n'arrive plus à suivre.
00:15Plus de la moitié du poulet consommé est donc importé.
00:18Bonjour Johanna Chabas.
00:19Bonjour.
00:20L'un des grands gagnants c'est la Chine.
00:22Les exportations vers l'Europe ont bondi de 57% en deux ans.
00:25Et ce poulet chinois, Johanna, il est déjà bien présent dans nos rayons.
00:30Oui, du poulet cuit dans des salades, des sandwiches déjà préparés,
00:33dans des produits transformés aussi comme des nuggets,
00:36et même dans certains restaurants.
00:38Au Salon de l'agroalimentaire à Paris cette semaine,
00:40un importateur de poulet chinois est fier de m'expliquer que de grands industriels l'utilisent.
00:45Il me présente un kilo de poulet cuit, il ne sait pas qu'il est enregistré.
00:50Les Chinois c'est l'option la moins chère.
00:52Par exemple là, c'est 4,70 le kilo, alors que le poulet polonais ça serait 5,50.
00:56Et la volaille française c'est bien plus de 7 euros le kilo.
01:00Ce poulet arrive par bateau et met 4 semaines à atteindre le port de Rotterdam aux Pays-Bas
01:05avant d'être envoyé dans des usines européennes.
01:08Comment font ces producteurs chinois pour proposer du poulet si peu cher ?
01:11Eh bien, ils le bradent.
01:12En Chine, on consomme plutôt les ailes, les cuisses et les pattes de poulet,
01:15mais moins le blanc.
01:16Les entreprises chinoises se débarrassent donc de ces filets à très bas prix,
01:20qu'elles vendent en masse.
01:22Au salon de l'agroalimentaire, en micro cachet, j'ai rencontré un de ces producteurs.
01:27Nous avons 4 abattoirs, les employés n'ont que 4 jours de repos par mois.
01:31On peut abattre jusqu'à 1 million de poulet par jour.
01:33J'étais accompagnée de Paul-Henri Lava, il travaille pour la filière européenne de la volaille.
01:38Il est quelque peu sonné.
01:39Il y avait des photos des outils de production,
01:41et on voit que c'est clairement surdimensionné par rapport à ce qu'on a en Europe.
01:45On se sent un peu petit pour le coup, ça s'avère aussi complètement neuf.
01:49Donc on voit que le gouvernement chinois met en place des outils de production importants.
01:53C'est un peu inquiétant pour nos producteurs.
01:55Mais est-ce qu'il y a des risques sanitaires, Johanna ?
01:57Alors tout est très encadré.
01:59L'Union européenne ne fait entrer que du poulet cuit venant d'une région spécifique de la Chine,
02:04avec en théorie les mêmes normes sanitaires.
02:06Mais la Commission européenne a envoyé des enquêteurs dans ces abattoirs chinois.
02:10Nous avons pu lire ce rapport.
02:11Les observateurs ont retrouvé des matières fécales sur des carcasses,
02:15du matériel mal stérilisé ou des problèmes de traçabilité.
02:18La Commission européenne a demandé à la Chine de se mettre en conformité.
02:22Un nouvel audit doit avoir lieu cet automne.
02:24Bon, et le consommateur, en rayon, il peut savoir s'il achète du poulet chinois ?
02:28Eh bien non.
02:29Et c'est là tout le problème.
02:30Pour le moment, sur les emballages, vous ne verrez que origine hors UE.
02:34Mais cela peut être du poulet ukrainien, brésilien ou chinois.
02:38La filière de la volaille française et des associations consommateurs demandent donc
02:41à ce que le pays d'origine apparaisse.
02:43Au restaurant, par contre, cela doit être clairement affiché.
02:46Enquête RTL avec Johanna Chabas ce matin.
02:49Merci Johanna.
02:50Merci.
02:50Merci.