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  • il y a 2 heures
Christine Kelly et ses invités débattent de l’actualité dans Face à l'Info Le 18H30.

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00:0218h30, pardon, c'est l'heure, j'ai pas mes textes pour les titres, c'est pas bien grave, mais
00:05on va commencer avec vous, Marc Menon.
00:09On va commencer d'abord par d'autres pays européens, comme la Belgique, l'Italie, le Portugal, l'Albanie,
00:14qui sont des pays où il y a eu des manifestations. On a l'impression que plusieurs politiques montrent du
00:21doigt ces manifestations,
00:22comme pour atténuer celles qui se sont passées en France. Qu'en est-il précisément ?
00:28Alors, ils les mettent en avant, oui, parce qu'ils ont envie éventuellement de dire « on n'est pas
00:33les seuls ».
00:33Mais ce qui est certain, déjà, il faut différencier, par exemple, l'Italie, le Portugal, la Belgique, de l'Albanie.
00:41L'Albanie est un pays qui est en meurtrissure depuis maintenant, je dirais, les années 40,
00:48et la dictature terrifiante qu'ils ont subie pendant plus de 40 ans, il y a toute une corruption,
00:54et par conséquent, c'est un peuple qui est dans les convulsions depuis des années,
00:59et il faut distinguer ce qu'il se passe chez eux de ce qu'ont pu connaître aussi bien les
01:04Milanais, par exemple,
01:06que les Bruxellois et les Liégeois.
01:09Alors, quand on regarde du côté de ces deux pays, la Belgique et l'Italie,
01:14on s'aperçoit que les politiques, eux, ont aussi une sorte de condamnation,
01:21et ils sont consternés par ce qui s'est passé chez eux.
01:24Par exemple, le maire de Milan dit « vitrine brisée, pillage », c'est ce qui se passe partout dans
01:30le monde,
01:30il s'agit d'un nouveau phénomène qui touche, par son origine,
01:38qui touche l'ensemble des pays, Giorgia Meloni, des voyous,
01:43exploite les manifestations pour semer le chaos.
01:47En Belgique, on a le ministre de l'Intérieur, même chose,
01:50qui parle de la violence pure et simple, organisée, répétée, pour déstabiliser notre société.
01:58Eh bien oui, c'est la logique des black blocs.
02:00– Et on s'aperçoit qu'aujourd'hui, ces gens sont là uniquement pour…
02:05Alors, ce qui est phénoménal, c'est de voir qu'on essaie de nous dire
02:09« il y a des plans d'organisation, de manifestation »,
02:13comme si depuis des années, on n'a pas remarqué
02:17qu'il y avait de plus en plus d'incandescence
02:21qui les faisaient en dehors de l'organisation bien ordrée.
02:25Alors, eh monsieur, on peut manifester ?
02:27Oui, vous irez de tel endroit à tel endroit,
02:29il y aura des gens qui seront face à vous
02:32et puis on se fera de temps en temps éventuellement quelques altercations,
02:37mais ça se déroulera de façon bonhomme.
02:40Mais on sait depuis longtemps que ce n'est plus comme ça.
02:42On sait depuis des années maintenant
02:44qu'il y a une volonté de déstabiliser, voire de détruire la démocratie.
02:52Et là, ce qui est extraordinaire, c'est que la semaine dernière,
02:55du côté du ministre de l'Intérieur,
02:58jeudi dernier, on était encore à attendre les organisateurs,
03:02comme si c'était ces organisateurs qui allaient être la menace pour l'ordre public.
03:09Ben oui, on pouvait se douter.
03:11Alors aujourd'hui, d'ailleurs, ces organisateurs s'accrochent à ce qui s'est passé.
03:14Le défilé sans incident, c'était bonhomme, on avait des tambours,
03:18on chantait, c'était la joie.
03:20Moi, je suis toujours étonné que l'on proteste dans la joie.
03:23Bon, on n'est pas obligé d'être dans la colère pour la connerre,
03:27mais ce n'est pas une joie que de devoir descendre dans la rue.
03:31Ce n'est pas du folklore.
03:32La manifestation, c'est quelque chose de sérieux.
03:35Il n'en reste pas moins, donc, qu'on essaie de dire
03:38« Arrêtez de parler des violences »,
03:40comme si les scènes que l'on a pu voir de façon obsessionnelle,
03:46parce que ça vous travaille même la nuit, c'est déplorable,
03:50c'est au-delà de ça, ce qui s'est passé.
03:52Or, le jeudi soir, il en était à avoir de la part des renseignements territoriaux
03:59qu'il y aurait 100 000 personnes qui se retrouveraient dans la rue.
04:03Vendredi, ça serait 150 000.
04:05Là, ça pose des questions sur le travail en amont
04:09de ces gens-là qui placent les policiers dans une situation impossible à tenir.
04:15Il n'était que 10 000, il y a 100 000 policiers en France,
04:18il n'était que 10 000 mobilisés et mal positionnés.
04:22À partir de là, les drames que l'on a vécus ne pouvaient qu'arriver.
04:28Voilà ce que l'on peut dire,
04:29mais je crois que tout le monde aujourd'hui est conscient
04:33que ce sont les démocraties qui sont malheureusement menacées.
04:37Nous irons plus loin, nous verrons d'ailleurs dans un instant avec Gabriel Cluzel
04:41qu'il y a d'autres facteurs effectivement qui sont incriminés.
04:44Pourquoi personne ne parle de ce mot « immigration » en France,
04:48alors qu'à l'extérieur, plusieurs pays en parlent.
04:51On abordera ces sujets notamment avec vous, Gabriel Cluzel, dans un instant,
04:56avec Mathieu Bocoté dans un instant.
04:58Que se passe-t-il ? Comment nommer ce qui se passe ?
05:00Insurrection, guerre civile, révolte ?
05:02On en parle avec vous également dans un instant.
05:05Et bien sûr, notre invité à ce soir, Philippe Devilliers,
05:08qui nous rejoint dans la deuxième partie de Face à l'Info.
05:11Et nous aurons aussi Karim Bouamran, maire de Saint-Ouen,
05:15candidat à la présidentielle,
05:16qui viendra ici donner son avis sur les violences urbaines.
05:21Nous avons joint en direct une des victimes de ce qui s'est passé,
05:29en tout cas ces jours derniers, il y a 48 heures.
05:31Nous avons Vim, vous êtes en direct avec nous.
05:33Merci infiniment de témoigner à Visage Découvert.
05:36Vous êtes un commerçant situé à Montpellier.
05:38Vous avez été victime d'agressions.
05:42Vous avez 28 ans, vous tenez une boutique de prêt-à-porter
05:45depuis cinq générations par votre famille, par vos parents.
05:50et vous avez été littéralement attaquée, blessée.
05:54Racontez-nous ce qui s'est passé concrètement, Vim.
05:58Écoutez, je vous remercie de m'inviter, de me donner la parole.
06:02Il y avait une centaine de personnes qui se massaient devant la boutique.
06:08Tout s'allait très vite.
06:09On sentait que tout était préparé.
06:13Mon père et mon frère sont des multifamiliales.
06:16Ils sont tenus la porte d'entrée.
06:18Et moi, j'essaie de jongler entre les deux vitrines
06:21pour pouvoir défendre mon commerce.
06:24Mais malheureusement, le grillage, la vitre a cédé.
06:28Au bout d'un moment, on a dû se débrouiller avec les moyens du bord,
06:31se mener de ce qu'on trouvait sous la main pour pouvoir se défendre.
06:34J'ai reçu sur la tête des caisses, des tabourets de pieds dans les autres commerces,
06:42des bonbonnes incendies.
06:44C'était un déferlement de rage.
06:46Franchement, je me suis ouvert.
06:50J'ai eu cinq points de suture sur le crâne.
06:55On va voir pendant que vous parlez d'ailleurs des images.
06:57Qu'est-ce que vous avez eu comme dommage physique concrètement à Vim ?
07:01J'ai eu cinq points de suture sur le crâne et trois sur le genou.
07:07J'ai été aux urgences.
07:08Mon père est resté avec mon frère à la boutique pour pouvoir la surveiller la nuit,
07:15pour éviter les pillages restants.
07:17Parce qu'il ne pouvait pas laisser la boutique seule.
07:20Même là, je suis encore ici à surveiller.
07:25Vous êtes en ce moment dans votre boutique ?
07:27Voilà, je suis dans ma boutique.
07:29Je suis allé dans ma boutique.
07:30Donc, on a vidé l'ensemble de la boutique pour mettre le stock en sécurité à l'extérieur.
07:35Parce qu'on sait qu'il va y avoir des récidives.
07:38En plus, avec les manifestations qu'il prévoit prochainement.
07:41Alors, Vim, vous êtes à Montpellier.
07:43Je le rappelle, qui vous aide ?
07:44La police vous aide ?
07:46Alors, bien sûr, vous avez parlé de votre frère, de votre père.
07:48Mais est-ce que là, ce soir, par exemple, vous comptez sur la police concrètement ?
07:51Déjà, je tiens à dire que pendant que je me faisais dépaliser, j'ai eu énormément de soutien de la
07:58part de manifestants pacifistes, de voisins, de commerçants, de clients qui sont venus à notre escousse, qui ont tout fait
08:06pour repousser les gens.
08:08Enfin, les casseurs qui ont appliqué les premiers soins.
08:11Parce qu'il n'y avait pas de SAMU.
08:12Tout était saturé.
08:14La police, quand ils ont commencé à casser, on les a appelés et personne ne répondait.
08:19Ils disaient qu'on occupait, on est sur la place de la commune, c'est une place iconique de Montpellier.
08:23Ils étaient débordés et ils disaient, on est désolés, on ne peut pas intervenir.
08:27Donc, on s'est sentis démunis, impuissants, en fait.
08:30Complètement impuissants.
08:31Donc, heureusement qu'il y a eu des gens, des personnes vraiment avec la main sur le cœur qui nous
08:37ont aidés, quoi.
08:40Donc, violence, mais solidarité.
08:43Complètement.
08:45Et vous expliquez comment, effectivement, vous avez vous-même dû, et vous êtes en ce moment même, dans votre boutique,
08:51que votre famille tient depuis cinq générations.
08:54Merci pour votre témoignage.
08:56Merci pour votre courage.
08:58Et des gens comme vous sont nombreux.
09:00On va en parler avec Mathieu Bocoté dans la deuxième partie de Face à l'Info, qui passe à l
09:06'autodéfense.
09:07On en parlera dans un instant.
09:08Et d'abord, Charlotte Dornelas, on va parler avec vous de cette France qui est sidérée et de ces personnes
09:16comme lui, Vim, ces braves gens qui passent, qui restent dans leur boutique, qui se lèvent tôt le matin.
09:24Et c'est sur eux que vous avez envie de faire un zoom.
09:28On les voit réagir, on va dire, avec tant de civilité par rapport à ce qu'on a vu, vécu
09:35et ce que certains ont clairement subi ces derniers jours.
09:38On le voit, certains s'expriment, d'autres lancent des pétitions, beaucoup s'informent ou cherchent de l'aide pour
09:44réparer.
09:45Ils débutent un cauchemar administratif évident pour retrouver, pour la plupart d'entre eux, tout simplement, leur outil de travail.
09:51D'autres encore s'adaptent en prévoyant de ne pas sortir ou de partir.
09:56Et où certains trouvent, en effet, cherchent, et on l'a entendu pendant tout le week-end, un moyen de
10:02se défendre.
10:03C'est ce qu'on a entendu.
10:04Moi, c'est ce que j'ai le plus entendu et je n'étais pas à Paris dimanche, en tout
10:07cas.
10:08Un moyen de se défendre, eux, leur boutique, leur maison, leur famille ou, accessoirement, leur vie.
10:13Parce que tout le monde a bien compris, avec le cap qui vient de se passer, qu'on avait des
10:16gens qui étaient prêts à tuer, que ce soit directement ou indirectement.
10:21Quand le président de la République vous promet pour la trentième fois qu'il sera intraitable, c'est le mot
10:25qu'il a utilisé,
10:27sans qu'on comprenne bien comment ce qui n'a pas été fait hier sera fait demain, puisqu'il n
10:31'y a eu aucune annonce.
10:32On s'est tous demandé pourquoi le président de la République avait pris la parole pour nous expliquer qu'il
10:36partait dans le golfe.
10:37C'était quand même un peu lunaire.
10:39Quand des ministres vous expliquent qu'ils sont dépassés, le contrat qui était déjà fragile ne tient plus du tout.
10:45Le contrat de délégation de la sécurité à l'État ne tient plus.
10:49Alors, on peut continuer à réfléchir en théorie, à réagir en théorie, à condamner en théorie.
10:54Mais beaucoup de Français ne veulent plus compter là-dessus parce qu'ils savent qu'en réalité, le risque est
10:59immense.
11:00Et en attendant, en effet, ce sont la colère, la crainte, la tristesse qui se sont mêlées, je crois, dans
11:05la tête de beaucoup de Français ce week-end.
11:06Les victimes directes qui savaient évidemment qu'elles ne retrouveront jamais ce qu'elles ont perdu.
11:12Souvent, l'utile travail de cette France qui comble de l'insupportable souffre le plus violemment de la vie chère.
11:19Vous savez, qui était le thème initial de cette journée de samedi.
11:23Une France, en l'occurrence urbaine, on l'a vu ces derniers jours, mais capable de comprendre, vous savez, les
11:28gilets jaunes du premier jour et qui, comme la plupart d'entre eux, n'a pas été manifesté précisément parce
11:34qu'elles craignaient le dixième de ce qui est arrivé samedi.
11:37Il y en a beaucoup qui avaient mille raisons de manifester, qui n'y ont pas été pour cette seule
11:40raison.
11:41On leur répond depuis quelques jours « Assurance », comme si les assurances allaient pouvoir suivre éternellement la montée en
11:48tension.
11:49On leur répond « Renseignement ». Tout ça est un problème de renseignement, comme si la question sécuritaire était la
11:54cause de tout ce qui nous arrive, évidemment.
11:56Et on leur répond « Aide ». C'est aussi un mot qu'on a entendu dans la bouche du
11:59président de la République,
12:00dans un pays qui expliquait que la semaine dernière que tout ça n'était absolument plus tenable.
12:04Le tout, évidemment, avec la crainte que ça recommence.
12:08Ces victimes directes sont toujours plus nombreuses, Charlotte Dernelas, mais pas seules à éprouver ces sentiments.
12:15Dans un instant, on va montrer une petite séquence d'une femme qui se défend.
12:19Une séquence très incroyable. Juste après, on va la montrer.
12:24Il faut voir que tous les gens qui ont vu ces images-là et qui craignent désormais pour leur commerce,
12:29leur maison, leurs enfants,
12:30leurs femmes qui sont dans leur maison, vont prendre les moyens de se défendre.
12:34En effet, il y a urgence avant que ça devienne vraiment dramatique.
12:37Et en effet, il reste, vous le disiez, toutes les victimes apparemment indirectes de ce qui s'est passé.
12:41C'est-à-dire que la plupart d'entre nous n'avons pas perdu un commerce, une maison,
12:46ou avons eu peur pour des personnes très directes.
12:50Mais il y a toutes les victimes indirectes, c'est-à-dire les gens...
12:53Alors, on a beaucoup parlé ces derniers jours des gens qui ont manifesté calmement.
12:56Ils existent, et je fais la différence entre les gens qui ont manifesté calmement
12:59et les organisateurs de cette manifestation,
13:01qui continuent à nous expliquer depuis deux jours
13:03que tout est de la faute de la stratégie de maintien de l'ordre.
13:06Il y a un moment où l'indécence a des limites, quand même.
13:08La stratégie de maintien de l'ordre, elle peut éventuellement expliquer
13:11de la case dans une nasse, dans une manif, on n'arrive plus à distinguer.
13:15Par contre, aucune stratégie de maintien de l'ordre nulle part
13:17n'a poussé qui que ce soit à piller des magasins le jour même, mais le lendemain.
13:21La stratégie de maintien de l'ordre, le samedi, pousse à piller le dimanche soir.
13:24Il y a quand même des limites.
13:25Bon, eux appellent par ailleurs à retourner manifester dans les jours qui arrivent,
13:29et le tout dans un contexte qui est celui qu'on connaît,
13:33mais surtout à six mois d'une présidentielle.
13:35À qui s'adresse-t-il exactement ?
13:37Et dans ce contexte-là, est-ce encore nécessaire ?
13:39Je crois franchement que les victimes directes ou indirectes de ce qui s'est passé
13:43ne peuvent pas comprendre ce comportement.
13:46Mais plus largement, les victimes indirectes sont les contribuables
13:49de manière très prosaïque, mais plus largement tous les Français
13:52qui ne trouvent aucune excuse à de tels comportements,
13:54mais qui ont arrêté de trouver des excuses à de tels comportements,
13:58que ce soit du côté de l'ultra-gauche ou du côté de la délinquance de banlieue,
14:02depuis maintenant de très longues années.
14:04Parce qu'ils connaissent les conséquences,
14:06et évidemment on a eu une espèce de concentré dans la journée de samedi.
14:11D'abord, un, ça nous coûte cher, ça nous coûte très cher,
14:14et un argent que nous n'avons déjà plus,
14:16et qui évidemment sera encore moins investi,
14:18là où il mériterait de l'être depuis des années.
14:21Ensuite, il y a le coût sécuritaire au sens large.
14:24Je suis absolument fascinée par...
14:27On nous explique, vous savez, on a beaucoup parlé cet été
14:30des priorités de la police et de la justice.
14:32Et on s'est dit, mais comment est-ce possible que l'affaire Liana soit arrivée ?
14:36Ben ça, ça n'aide pas à gérer des affaires Liana.
14:38Ça n'aide vraiment pas ni les policiers, ni les magistrats
14:41à gérer le droit commun, à suivre leur dossier correctement.
14:45C'est impossible.
14:46On nous explique par exemple que demain, il y aura trois chambres de plus au tribunal de Paris.
14:51200 enquêteurs qui sont mobilisés pour aller éplucher toutes les vidéos
14:54et essayer de retrouver les pilleurs.
14:56Pendant ce temps-là, ils ne gèrent pas les autres affaires.
14:59Donc en effet, par exemple, les violences sexuelles sur mineurs
15:01qui attendent, pour prendre un exemple récent,
15:03et qui nous a tous un petit peu frappés,
15:05mais plus largement, ce sont des centaines de milliers de Français
15:07qui savent depuis longtemps maintenant,
15:09et pas seulement depuis deux jours,
15:11que leur cambriolage, le vol de leur voiture,
15:13l'agression de leur enfant ne mènera plus à rien
15:15parce qu'il y a tellement plus grave à traiter,
15:18tellement plus urgent.
15:19Et les urgences s'ajoutent aux urgences.
15:21Et évidemment, la délinquance quotidienne,
15:23elle, passe complètement à l'as.
15:25On pourrait évoquer les pompiers, évidemment,
15:27qui n'ont rien de mieux à faire.
15:28On le sait dans le pays où ils nous expliquent
15:30qu'eux-mêmes sont déjà débordés par rapport aux choses graves
15:32et qu'ils vont éteindre des feux de vélives désormais
15:35dans toutes les rues de Paris ou des grandes villes.
15:38Et sur la vie quotidienne également,
15:40là aussi, il y a un basculement et des victimes
15:41qui sont apparemment indirectes de ce qui se passe,
15:43c'est-à-dire les vies de quartier très directement
15:45qui risquent de disparaître avec des commerçants
15:47qui nous expliquent qu'ils vont jeter l'éponge,
15:49en fait, que c'est plus possible.
15:51La paperasse, la gestion, les charges,
15:53l'impossibilité d'embaucher des gens,
15:55tout ce qui rend leur vie impossible au quotidien.
15:57Et en plus, une vitrine fracassée
15:59avec des gens qui leur expliquent que ne vous inquiétez pas,
16:01on va s'occuper de tout
16:02et qui savent pertinemment qu'ils ne retrouveront pas
16:04ce qu'ils ont perdu.
16:04Le renforcement du confinement sécuritaire, enfin,
16:07de manière absolument évidente,
16:09les gens s'adaptent à ce qu'ils voient.
16:11Et par ailleurs, un confinement sécuritaire
16:12qui sera réclamé par les honnêtes gens eux-mêmes
16:15comble du cercle vicieux
16:16parce qu'ils sont épuisés et apeurés
16:19de ce qui leur arrive.
16:20Mais contre qui s'exprime cette colère précisément,
16:25selon vous, Charlotte Dornel, à certains pointes ?
16:27Le gouvernement, d'autres, l'extrême-gauche,
16:30les pilleurs eux-mêmes.
16:31Qu'est-ce qu'il faut en retenir concrètement ?
16:33C'est tout ça en même temps, évidemment,
16:34et même plus largement.
16:35Il y a très directement les casseurs et les pilleurs
16:37qui sont responsables des actes qu'ils ont posés
16:40de manière absolument évidente.
16:42Mais la colère va jusqu'au gouvernement,
16:44mais bien au-delà du gouvernement, je crois,
16:46parce que la colère est triste.
16:48En fait, ce week-end, la colère a été triste.
16:50Et c'est celle de millions de Français
16:51qui se voient voler leur vie, leur pays,
16:53accessoirement, leur avenir,
16:55par des décennies de décisions
16:56qui ont mené à ce chaos.
16:57et qui font honte en plus à tout le monde
17:00parce qu'à la colère d'une gestion dramatique,
17:02évidemment, de la question de l'argent public,
17:03du travail, de l'industrie, de l'emploi,
17:05tout ce qu'on voit en permanence,
17:06il y a la naïveté totale sur la violence
17:08d'extrême-gauche et d'ultra-gauche
17:10que l'on voit depuis des années,
17:11la gestion totalement folle de l'immigration
17:13jusqu'à l'interdiction de voir
17:15qu'une partie décroche totalement
17:17de toute possibilité même de vie commune,
17:20le laisser aller judiciaire vis-à-vis des violences communes,
17:22la destruction organisée de toute autorité,
17:24jusqu'à n'avoir que l'empathie à réclamer à la police
17:27quand naissait ce mouvement la semaine dernière,
17:29la mauvaise prise en compte des alertes à répétition,
17:32voire leur condamnation,
17:33la condamnation de ceux qui alertaient.
17:35On a tout voulu excuser, victimiser,
17:37cacher, terres relativisées pendant des années
17:39et la colère est d'autant plus grande
17:41que la sidération n'empêche personne
17:43d'avoir le sentiment extrêmement désagréable
17:45de l'avoir vu venir.
17:48Merci beaucoup, Charlotte Dorné.
17:49Je voulais vous montrer cette séquence
17:51où il y a quelqu'un, une femme,
17:54qui essaie de se protéger comme elle le peut.
17:56Sous-titrage Société Radio-Canada
18:15Oh non !
18:17Oh non !
18:19Non !
18:19Non !
18:20Non !
18:20Non !
18:24La frappez pas !
18:28La frappez pas !
18:30La frappez pas !
18:33Oh !
18:44Avant de recevoir dans un instant
18:46Philippe Devilliers et aussi
18:48Karim Bouamran qui est maire
18:49de Saint-Ouen, candidat à la présidentielle
18:52pour témoigner
18:54pas, mais donner leur avis sur ce qui se
18:56passe en ce moment, je vous propose
18:57d'accueillir
19:00Nalan qui a été elle aussi
19:03victime pillée
19:04saccagée, Étienne Marcel
19:06à Paris. Vous avez
19:08chez Nalan, vous êtes gérante d'une boutique
19:10une parfumerie. Qu'est-ce qui s'est passé
19:12concrètement ? Racontez-nous.
19:14Je suis très très émue
19:16des images que je viens de voir juste avant
19:19ma tristesse
19:20ne s'en va pas. Je ne sais pas comment
19:22vous dire les choses en fait. Je pense que
19:24les images parlent
19:26d'elles-mêmes. Honnêtement
19:28depuis deux jours, je n'ai même pas
19:30pu me rendre sur les lieux
19:34alors les équipes se sont déplacées
19:36mais tout a été
19:38saccagé, tout a été saccagé
19:40en cinq minutes
19:41on a vécu
19:44en fait on a eu
19:46notre alarme
19:48alarme intrusion qui a sonné
19:50on s'est connecté pour voir les images
19:52et en cinq minutes
19:55tout a été
19:56vidé, pillé
19:57on a appelé la police, ça ne répondait pas
20:01en plus c'est une parfumerie
20:03donc
20:05un jeune homme est rentré
20:07et en
20:08quelques minutes il y a eu une dizaine de personnes
20:10à l'intérieur
20:13et je ne sais pas pourquoi
20:15alors casser est une chose
20:17s'introduire, casser
20:19etc.
20:19mais mettre le feu
20:21c'est encore autre chose
20:23en fait
20:24mettre le feu c'est encore autre chose
20:25ce sont des années de travail
20:26des années de sacrifice
20:28ils ont volé votre
20:29ils ont volé votre caisse
20:31c'est ça aussi ?
20:32oh ils ont volé la caisse
20:34dites-vous qu'il y avait plus de
20:352000 parfums
20:36et qu'il en restait une dizaine
20:38en fait
20:40on n'a pas réussi à joindre la police
20:42il y a eu un début d'incendie
20:45on a eu la chance
20:46d'avoir un voisin
20:47qui est venu éteindre l'incendie
20:48car on avait vraiment
20:49très très peur pour l'immeuble
20:53le matériel est une chose
20:54mais ça aurait pu prendre
20:55une ampleur vraiment dramatique
20:57et vous avez perdu là
20:59si j'ai bien compris
21:00plusieurs dizaines
21:01de milliers d'euros
21:02qu'est-ce que vous allez faire
21:03concrètement ?
21:04à quoi vous attendez ce soir ?
21:05vous êtes au coeur de Paris
21:06à quoi vous attendez ce soir ?
21:08est-ce que vous avez pris
21:09peut-être des mesures particulières
21:11des agents de sécurité
21:12la police
21:13je ne sais pas
21:14qu'est-ce que vous comptez faire maintenant ?
21:16Nalane
21:16la police
21:17le soir même
21:19en fait
21:19on n'a pas réussi
21:20à les joindre
21:21on a réussi à joindre
21:23les pompiers
21:24qui ont mis 50 minutes
21:25pour venir
21:27sur le coup
21:28c'est la première fois
21:29que quelque chose
21:30comme ça nous arrive
21:31donc on est vraiment
21:33on écoute bêtement
21:34ce qu'on nous dit
21:36en fait
21:36on ne sait pas
21:38réagir à ça
21:38un vol peut arriver
21:40mais généralement
21:41vous ne le vivez pas
21:44là
21:45c'est inexplicable
21:46c'est indécent
21:47ce qui s'est passé
21:48donc on a contacté
21:50le
21:50comment dire
21:52le système de caméra
21:54qui a pu envoyer
21:56un gardiennage
21:57jusqu'au matin
21:58mais en fait
21:59on a découvert
22:00le lendemain matin
22:01le dimanche matin
22:02à 9h
22:03que le gardien
22:03n'était jamais arrivé
22:04parce qu'il n'avait pas pu
22:05rentrer dans Paris
22:07et donc
22:09comment vous dire
22:10on avait les images
22:10jusqu'au moment
22:11où ils ont mis le feu
22:12où on n'avait plus
22:13l'accès en fait
22:14en direct
22:14mais on pouvait toujours
22:15prendre des photos
22:18et après le passage
22:20des pompiers
22:21il y a eu une deuxième vague
22:22qui a entièrement
22:23vidé le magasin
22:25il reste
22:26je ne sais pas
22:2710-15
22:27on n'a rien touché
22:28on ne sait pas
22:29comment ça se passe
22:30parce que c'est très difficile
22:31d'avoir l'assurance
22:32et tout se fait
22:33par mail
22:33il n'y a personne
22:34au téléphone
22:35merci beaucoup
22:38merci à beaucoup
22:39d'avoir eu
22:40le courage
22:41de témoigner
22:42et courage aussi
22:43pour ce qui va se passer
22:45enfin peut-être
22:46pour
22:46on sait qu'il y a
22:48d'autres rassemblements
22:49on sait qu'il y a
22:49un appel aussi
22:50qui a été
22:51lancé
22:52à manifester
22:52samedi prochain
22:53et on retient
22:55de votre témoignage
22:56et aussi du témoignage
22:57qu'on a eu précédemment
22:58que la police
22:59n'a pas pu répondre
23:00qu'on a dû compter
23:02sur son voisin
23:03sur son frère
23:04sur son père
23:05merci beaucoup
23:06ma chère Nalan
23:07d'avoir témoigné
23:08en direct
23:09sur CNews
23:10dans un instant
23:10avec Mathieu Bocoté
23:11on parlera
23:12de l'autodéfense
23:14justement
23:14est-ce que
23:16on est obligé
23:18à l'heure qu'il est
23:19de s'auto-armer
23:21avant de se quitter
23:23de marquer une pause
23:24je voulais vous montrer
23:24ce tweet
23:25de Donald Trump
23:26ce tweet
23:27où il reprend CNews
23:28et ce tweet
23:29où il dit
23:30des centaines de personnes
23:32viennent de forcer
23:33l'entrée
23:33et d'envahir
23:34l'hôtel de ville
23:35de Marseille
23:36regardez
23:37tous ces drapeaux
23:39palestiniens
23:40le tweet
23:41de Donald Trump
23:41qui reprend
23:42notre chaîne
23:43et qui parle
23:44de ces drapeaux palestiniens
23:45on va s'arrêter
23:46nous aussi
23:46sur ces drapeaux palestiniens
23:47on va s'arrêter
23:48nous aussi
23:49sur ce que voit
23:50ce que d'autres voient
23:51à l'extérieur
23:52de la France
23:53ce que ceux
23:54appellent
23:55immigration
23:55ce que ceux
23:57critiquent
23:58l'immigration
23:58et aussi bien
24:00d'autres sujets
24:00dont personne ne parle ici
24:01on marque une pause
24:03on revient en direct
24:04pour face à l'info
24:05suite
24:05on va s'arrêter

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