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Christine Kelly et ses invités débattent de l’actualité dans Face à l'Info Le 18H30.

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00:0018h30, bonsoir à tous. Nous sommes ensemble jusqu'à 20h et au sommaire ce soir.
00:06La dette explose, la croissance s'essouffle, mais les partis esquivent les économies.
00:12A force de repousser les choix difficiles, notamment sur les retraites, la France sacrifie son avenir.
00:18Le bal des irresponsables, l'édito de Stéphane Asiari à 18h30.
00:23Elle s'appelle Gilda Fré, elle a 16 ans, lycéenne des Hautes-Pyrénées, atteinte du syndrome d'une maladie génétique
00:31rare.
00:32Elle ne marchait plus il y a deux ans et aujourd'hui elle est au sommet du Kilimanjaro.
00:38Première personne à avoir atteinte de ce syndrome à y parvenir, un véritable exploit, une leçon de dépassement.
00:45Une lycéenne, nous avons rencontré Gilda pour Face à l'Info.
00:48Des jeunes détruisent la France, d'autres construisent et se construisent.
00:53Journal d'un jeune en vrac qui sort aujourd'hui chez Fayard à 18 ans, bac en poche.
00:58Martin Joubert fuit ses addictions et part à pied de Notre-Dame de Paris jusqu'à Jérusalem.
01:05Un récit brut de solitude, de soif, de honte et de rédemption.
01:10Un jeune qui quitte tout pour se sauver lui-même.
01:12Martin Joubert est notre invité ce soir.
01:14Et puis sondage exclusif hip-hop pour Marianne, publié aujourd'hui.
01:1846% des musulmans interrogés envisagent de quitter la France en cas de victoire de Marine Le Pen.
01:24Un chiffre vertigineux qui dit aussi la profondeur de la fracture.
01:27Ce n'est plus seulement un désaccord politique mais une partie de la population qui se voit déjà ailleurs.
01:32À six mois de la présidentielle, le pays se divise-t-il jusque dans ses projets d'exil ?
01:37Tour de table, des mousquetaires, voilà pour l'essentiel.
01:41Une heure avec une heure et demie même.
01:44Une mousquetaires, c'est parti.
01:59Face à l'info ce soir, bienvenue à tous.
02:02Mais je fais vite.
02:04Et bravo.
02:06Merci.
02:09Merci infiniment pour cet hommage que vous lui rendez.
02:13Bon anniversaire.
02:15Tu avais refusé.
02:17Je ne la racontais pas.
02:18Je voulais vous demander que je disais au relo.
02:20L'oeil.
02:21Merci Mathieu.
02:22Vous nous enchantez tous les soirs.
02:23Ma Gabrielle, c'est un bonheur d'être avec vous.
02:25Ma Charlotte, ma Doudou d'amour.
02:26Mon Marc, mon chouchou.
02:28Vous êtes des résistants.
02:31Vous qui nous regardez tous les soirs.
02:33Des résistants de la liberté d'expression.
02:37Ouais.
02:41Joyeux anniversaire.
02:42Vous n'avez même rien apporté.
02:44Non, mais moi, je vous ai emmené des fleurs.
02:46Bah oui.
02:46Joyeux anniversaire à Face à l'info.
02:48Merci à vous de nous avoir suivis, supportés, encouragés pendant 7 ans.
02:52Cela fait 7 ans.
02:53Bonjour.
02:53Marc Menand.
02:54Je vous laisse apporter ces fleurs à chacun d'entre vous.
02:56Aux garçons comme aux filles.
02:57Un petit bouquet de fleurs que j'ai acheté pour vous.
03:01Et afin d'offrir à vos femmes aussi, à vos filles, à vos enfants, à votre maman,
03:08à qui vous voulez.
03:10Mais en tout cas, joyeux anniversaire à Face à l'info.
03:14Une occasion comme ça, ça ne se rate pas.
03:17Bravo.
03:19Merci, merci.
03:21Non, mais c'est important pour nous.
03:23Je vous en prie.
03:24Ça va Stéphane ?
03:25Ça va Stéphane ?
03:26Maintenant, allons sur la fête du monde.
03:33C'est important de marquer.
03:35C'est important de marquer ce moment.
03:38Parce que ce 14 octobre 2019, je sais que nombre d'entre vous qui nous vont regarder ce soir,
03:45vous étiez là et vous nous avez encouragés chaque jour, pas à pas.
03:49Il y a eu des moments difficiles.
03:50Vous l'avez vu, des moments de joie, comme ce soir, des moments de pleurs, des moments d'interrogation.
03:55Et vous êtes toujours là, c'est temps plus tard.
03:57Vraiment, merci du fond du cœur et merci à la direction pour sa confiance.
04:02On commence avec vous, mon cher Stéphane, notre mousquetaire du mercredi.
04:07Les débats sur le budget 2027 ont commencé hier à l'Assemblée nationale, dans un contexte de crise budgétaire.
04:15Et pourtant, l'Assemblée ne semble pas prendre la mesure de la crise qui s'annonce.
04:21Expliquez-nous tout ça.
04:23Tout à fait.
04:24Hier, ont débuté à l'Assemblée nationale les débats sur le budget en 2027, dans le contexte financier explosif.
04:31Que l'on sait, la dette publique n'a jamais été aussi élevée en valeur absolue.
04:35Elle atteint un pourcentage de la production annuelle inédit depuis l'après-guerre.
04:40Plus de 3500 milliards d'euros, soit près de 115% du PIB français.
04:48Les déficits aussi battent des records au terme de plus de 50 années,
04:52au cours desquelles nous n'avons été incapables de voter ne serait-ce qu'un seul budget en équilibre.
04:57Le dernier remonte à 1974.
05:00Et désormais, il faut composer avec une hausse des taux d'intérêt,
05:03sous l'effet de l'envolée des prix de l'énergie,
05:06de la pression concurrentielle des grandes entreprises technologiques sur le marché des capitaux,
05:10sans parler de l'incertitude et la crainte que les prêteurs manifestent à l'égard de l'État français
05:14et de la soutenabilité de la dette publique.
05:17Résultat, la charge de la dette s'élève aujourd'hui à plus de 60 milliards d'euros
05:21pour l'ensemble des administrations publiques.
05:23Autant d'argent qu'il ne sera pas investi dans la recherche, l'éducation,
05:27la lutte contre le changement climatique, la relance de la natalité ou que sais-je encore.
05:31Et pour ne rien arranger, voilà que le FMI, le même jour, donc hier,
05:34abaisse ses prévisions de croissance pour la France à 0,4% pour 2026 et 0,7% pour 2027,
05:43alors même que ses prévisions ont été rehaussées pour la zone euro.
05:47Le FMI suggère donc un décrochage spécifiquement français par rapport à nos voisins
05:52avec un risque que le projet de loi de finances surestime les recettes publiques
05:56puisque ce projet s'appuie sur une prévision de croissance de 1% en 2027,
06:01une prévision que le Haut Conseil des Finances Publiques,
06:03un organisme placé auprès de la Cour des Comptes, juge, je cite,
06:07« optimiste » au regard des dernières évolutions.
06:10Face à cette situation, quelles sont les options du gouvernement, Stéphane ?
06:14Les options, elles ne sont pas très nombreuses,
06:15elles sont toujours au nombre de trois.
06:17Augmenter les impôts, réduire les dépenses ou un mélange des deux
06:20et c'est cette dernière approche qui semble avoir été privilégiée par le gouvernement.
06:24Le gouvernement veut ramener le déficit à 5% du PIB l'an prochain,
06:29ce qui implique un effort budgétaire de 54 milliards d'euros.
06:34Et rappelons le contexte dans lequel nous nous trouvons, pour ne rien arranger,
06:37la France, on l'a dit, cumule un déficit et une dette élevées
06:40et ce, alors même que notre pays détient le record mondial des dépenses publiques
06:45et des prélèvements obligatoires.
06:47Et au passage, autant vous dire que ce niveau de dépenses et de prélèvements
06:50n'est pas complètement étranger à la stagnation économique
06:54que nous subissons depuis des années.
06:56Et le gouvernement lui-même semble d'ailleurs le concéder
06:59quand il affirme par la voix du ministre des Comptes publics
07:02qu'il ne veut pas, je cite, « ajouter de nouvelles contraintes fiscales
07:05qui pèseraient sur l'attractivité, l'investissement et la compétitivité ».
07:10Autrement dit, sans être la cause exclusive du décrochage français
07:14que l'on vient d'évoquer, l'état des finances publiques y contribue largement.
07:18Et une imposition élevée, on le sait, ampute l'épargne des ménages et des entreprises,
07:23elle réduit notre capacité à investir dans l'innovation, dans le progrès technologique,
07:26elle décourage le travail, en particulier celui des plus qualifiés,
07:29elle ralentit l'afflux de la constitution des capitaux,
07:31ce qui finit par peser sur la croissance économique.
07:34Et le problème politique, c'est que cette perte de chance,
07:37elle s'évalue sur le temps long, elle suppose donc qu'un gouvernement
07:40et ses électeurs soient capables de se projeter dans l'avenir,
07:43ce que nous ne parvenons pas vraiment à faire.
07:45Un petit chiffre, si vous me permettez, pour illustrer mon propos.
07:48Il y a quelques mois, un économiste belge, il s'appelle Christian Gaulier,
07:51communiquait une donnée très frappante, une donnée que je recommande
07:53à tous ceux qui veulent briller en société.
07:55Et Christian Gaulier disait qu'entre 1980 et 2024,
07:59le PIB par habitant de la France, comparé à celui de nos voisins suisses,
08:03est passé des deux tiers à 44%.
08:06Cela veut dire que si les Français avaient suivi la même trajectoire
08:10de développement que nos voisins suisses,
08:12on serait aujourd'hui entre 40 et 50% plus riches environ.
08:17Dans cette France-là, pas de gilets jaunes,
08:18des hôpitaux de meilleure qualité, des écoles de meilleure qualité,
08:21et nous n'aurions sans doute pas les débats que nous avons actuellement.
08:24Seulement voilà, nous ne vivons pas dans cette France-là,
08:26en cause notamment un État obèse qui étreint notre économie
08:29à force de trop embrasser.
08:31Quelle est l'attitude des partis politiques
08:34à l'égard de l'objectif de réduction de dépenses publiques dont on parle souvent ?
08:39Eh bien, c'est là que le babelaisse, parce qu'en réalité,
08:41rares sont les partis qui prennent au sérieux l'objectif
08:44de réduction de la dépense publique.
08:46Cela obligerait à revoir le périmètre de l'intervention de l'État
08:50par rapport au secteur privé, autrement dit privatiser ce qui peut l'être,
08:53et à tailler sévèrement dans les dépenses dites sociales.
08:56Alors à gauche, n'en parlons pas,
08:58l'efficacité de la dépense publique, ses réductions,
09:00sont des non-sujets, ça n'existe absolument pas dans le discours de la gauche.
09:04Celle-ci semble n'avoir qu'une préoccupation,
09:07une rage de détruire, de saboter ce qui reste du tissu productif français,
09:11comme en témoigne sa volonté de remettre sur la table
09:14la fameuse taxe Zuckman,
09:16cette taxe conçue par un idéologue qui écrit noir sur blanc dans ses livres,
09:19qu'il est tout à fait légitime de détruire des recettes fiscales
09:23pour le seul plaisir de réduire les inégalités,
09:25même si cela ne sort pas un seul être humain de la pauvreté.
09:29Autrement dit, moins d'hôpitaux, moins d'écoles,
09:31des routes de moins bonne qualité,
09:33pour le seul plaisir éphémère de spolier quelques fortunes industrielles.
09:36On n'est plus vraiment dans la social-démocratie ici,
09:38on est dans le nihilisme le plus pur.
09:40Côté RN, les propositions et leurs chiffrages sont à peine plus sérieux,
09:44je le crains, même si, vous l'aurez compris,
09:46ce n'est pas un exploit, tant la barre est basse.
09:48Je rappelle que le RN a contribué à faire tomber le gouvernement Barnier
09:51au motif que celui-ci proposait une désindexation partielle,
09:55temporaire, des retraites par rapport à l'inflation.
09:58Et le parti de M. Bardella et de Mme Le Pen
10:00a contribué à la suspension de la réforme des retraites.
10:04Or, les pensions constituent le premier poste de dépenses publiques,
10:07le poste de dépenses le plus dynamique,
10:10c'est-à-dire que plus de la moitié de la hausse des dépenses publiques
10:13de ces dernières années s'explique par les seules retraites.
10:16Et vu l'évolution et l'effondrement de la natalité
10:19et le vieillissement de la population,
10:21cela n'est pas prêt de s'arranger.
10:23Et c'est là qu'on voit que le système de répartition,
10:27système par répartition, doublé du départ à 60 ans,
10:31c'était une excellente idée.
10:32Donc merci Pétain et merci Mitterrand
10:33pour cette belle grenade lancée au pied des générations suivantes
10:36qui n'ont pas fini de payer l'addition.
10:39Autant vous dire que celui qui refuse de regarder
10:41la question des retraites en face
10:43ne prend pas au sérieux celle des finances publiques
10:45et précipite tout droit la France dans les bras du FMI.
10:49C'est également ce que soutient le prix Nobel d'économie
10:51Paul Krugban, qui n'est pourtant pas,
10:53pour ceux qui le connaissent,
10:54l'économiste le plus libéral et le plus droitier du coin.
10:57Dans un poste récent, l'économiste keynésien
10:59fustige l'incapacité persistant de la France
11:02à envisager la retraite de manière réaliste.
11:04Et je cite, nul besoin d'être conservateur
11:07pour constater que le système français
11:08de retraite anticipée n'est pas viable.
11:11D'autant que l'espérance de vie des Français
11:13à 65 ans avoisine 87 ans à bon entendeur.
11:17Merci Stéphane Asiari, qui a son franc parlé, son édito.
11:23Et on reviendra sur la dette avec vous
11:25dans la deuxième partie de Face à l'Info.
11:28On va avoir Gilda Frey, qui a 16 ans, lycéenne,
11:34des Hautes-Pyrénées.
11:36Elle est atteinte d'un syndrome d'une maladie génétique rare.
11:39Elle ne marchait plus.
11:40Elle a commencé à marcher avec un déambulateur
11:43il y a deux ans.
11:44Elle s'est battue pour aller au Kilimanjaro.
11:49C'est un exploit.
11:49Personne dans sa situation n'a réussi à le faire.
11:52Elle a 16 ans.
11:53C'est une lycéenne.
11:55Nous l'avons rencontrée il y a quelques jours
11:57ici sur le plateau.
11:58C'est une séquence enregistrée.
12:00Certains détruisent, certains se battent.
12:02Regardez.
12:08Nous sommes avec Gilda.
12:10Gilda a 15 ans et demi.
12:11Elle vit à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées.
12:13Elle est lycéenne, élève de première.
12:15Elle est atteinte depuis la naissance d'une maladie génétique orpheline.
12:19Bonsoir Gilda.
12:20Vous avez quitté votre fauteuil roulant il y a deux ans.
12:23Je crois en profit d'un déambulateur avec lequel vous avez réalisé l'an dernier
12:27votre premier para-triathlon.
12:30On en parlera.
12:31A la suite duquel, l'équipe de Ensemble au sommet et Mickaël Jeunet vous ont proposé
12:37de réaliser l'ascension du Kilimanjaro.
12:41Rien que de prononcer ce mot, votre regard pétille le plus haut sommet d'Afrique.
12:47Vous êtes aujourd'hui la seule jeune fille handicapée et moteur à avoir réalisé cette ascension
12:53de 5 895 mètres.
12:57On regarde, c'était vers le 20 août.
12:59Cet été, on regarde et on revient.
13:013, 2, 1
13:05Ensemble au sommet !
13:09Ensemble au sommet !
13:26Sous-titrage Société Radio-Canada
13:59Sous-titrage Société Radio-Canada
14:11On va y arriver, c'est sûr qu'on est tous des moches.
14:13C'est un job de fou.
14:15La seule chose que je peux dire, c'est que sans cette équipe de fou, il n'y aurait
14:20rien de tout ça qui serait possible.
14:50Gilda, je vois votre regard encore pétillé.
14:54Est-ce que c'est important pour vous d'avoir défié votre handicap et d'avoir gravi le Kilimanjaro ?
15:01Oui, vous savez, pour moi, c'est vraiment très important.
15:03Déjà, pour moi, ça montre que je suis capable de ça et c'est déjà une grande fierté.
15:08Et c'est aussi possible, ça m'a permis de pouvoir faire passer un message aux personnes
15:13qu'elles soient valides ou d'ailleurs handicapées et de montrer que tout ça, c'est possible.
15:19Il faut juste avoir des rêves et y croire.
15:21Alors, comment est venu ce rêve ? Parce que justement, on se dit souvent, lorsqu'on
15:26est atteint d'un handicap, on tombe dans la dépression, le repli sur soi, on n'a
15:30pas forcément envie de dépasser son handicap.
15:33Comment arriver là ?
15:35Alors, c'est vrai qu'il faut s'accrocher parce que ce n'est pas tous les jours facile
15:39d'être différent dans une société où le handicap n'est pas forcément mis vraiment
15:45en valeur.
15:46C'est que c'est compliqué d'être différent, mais après, il ne faut pas vivre à travers
15:54le regard des autres.
15:55Déjà, il faut être vraiment soi-même et au fur et à mesure, on trouvera des personnes
15:59qui vont nous inclure.
16:01Et donc, le fait d'être inclus, déjà, je pense que ça permet de sortir de ce cercle
16:05vicieux où on se compare constamment.
16:07Et donc, je pense que les rêves viennent aussi de là, de voir qu'on n'est pas tout seul.
16:12J'aime bien ce que vous dites.
16:13Il faut commencer déjà par quelqu'un, des gens autour de vous qui arrivent à vous
16:17inclure dans la société.
16:19Comment est né ce rêve ? Comment est né cet exploit ? Comment ça a commencé ?
16:25Alors, tout d'abord, c'est Mickaël Jeunet qui m'a contactée pour me proposer ce projet
16:31un peu fou.
16:31Alors, au début, je ne savais pas trop quoi répondre.
16:35L'équipe d'Ensemble au sommet ?
16:36Oui, c'est ça.
16:38Toute l'équipe d'Ensemble au sommet m'a contactée pour ce projet.
16:41Ils m'avaient repérée grâce à ma vidéo, à une vidéo où je fais du triathlon.
16:46Et donc, ils m'ont proposé ce super projet.
16:49Et au fur et à mesure des réunions, le projet devenait de plus en plus clair et vrai.
16:55Et donc, c'est pour ça que j'ai fini par accepter.
16:57Vous avez dit oui tout de suite ? Vous avez hésité ? Vous avez eu peur ?
17:00Alors, au début, je n'étais pas du tout sûre parce que même si je faisais du triathlon,
17:05le fauteuil, ça ne remontait pas de il y a si longtemps.
17:09Donc, passer d'un fauteuil roulant au Kilimanjaro, c'est un peu contradictoire.
17:13Mais au final, au fur et à mesure des réunions, je prenais de plus en plus confiance.
17:19Et puis, l'équipe m'a tout de suite mis à l'aise.
17:21Donc, ça aussi, ça a beaucoup aidé.
17:23Et puis, on a vu sur ces images, ce petit reportage, ce formidable travail d'équipe, d'accompagnement.
17:28On voit que ça a été compliqué pour eux, comme pour vous, d'y arriver.
17:32Mais c'est un travail de solidarité, on l'a vu.
17:34Oui, effectivement.
17:36Je pense que si l'équipe n'avait pas été aussi soudée, on ne serait pas arrivés au sommet.
17:40Mais le fait de les connaître déjà avant, d'avoir fait des randonnées avec eux,
17:45d'avoir fait des repas avec eux, je pense que le fait qu'on était un peu comme une famille,
17:50ça a permis d'arriver au sommet.
17:52Qu'est-ce que ça a changé dans votre petit cœur de jeune fille, avant et après ?
17:57Il y a eu un avant et un après Kilimanjaro.
17:59Qu'est-ce qui a changé ?
18:00Oui, effectivement.
18:01Avant, j'avais quand même pas mal de doutes.
18:03Pas forcément sur moi, mais sur mon niveau sportif.
18:07Et d'ailleurs, j'en ai encore.
18:08Ça ne disparaît pas comme ça.
18:10Mais je pense que le Kilimanjaro, ça a permis de me donner un peu plus confiance en moi.
18:14Et je pense que toute l'équipe aussi a été très fière de tout ce qu'ils ont accompli.
18:21Alors avant, on parlait justement d'il y a deux ans, vous avez fait votre premier triathlon, paratriathlon.
18:27Alors comment ça s'est passé ?
18:28C'est vous qui avez décidé de vous lancer ?
18:30Oui, j'avais déjà fait un an de triathlon.
18:34Et après cette année de triathlon, je me suis dit, je vais essayer ma première compétition.
18:39Et donc, c'était vraiment un défi parce que le fait d'enchaîner les trois disciplines comme ça, ce n
18:44'est pas rien.
18:45Mais au final, j'avais un club grand très familial.
18:49Et au final, on a réussi à tout adapter et à faire que j'ai fini ma compétition.
18:54Et je vais remonter encore un peu votre premier triathlon.
18:58Comment une jeune fille comme vous, vous êtes lycéenne en première aujourd'hui.
19:01Mais comment c'est venu de se dire que moi, je suis en fauteuil et je vais me dépasser pour
19:07dire que je vais faire mon tout premier triathlon ?
19:11Alors le triathlon, ça m'est venu un peu parce que du coup, j'ai une scoliose.
19:17Et donc, en fait, je devais faire de la natation.
19:19Et en fait, c'est un peu bizarre pour quelqu'un qui n'a jamais fait de sport.
19:23Mais je trouvais que la natation, ce n'était pas assez complet.
19:25Et donc, j'ai cherché un sport avec de la natation dedans.
19:29Et j'ai vu qu'il y avait le triathlon.
19:31Et j'ai aussi découvert ça grâce aux Jeux Olympiques.
19:34Et donc, c'est pour ça que j'ai vu qu'il y avait un club dans ma ville.
19:37Et je me suis dit, pourquoi pas essayer ?
19:38J'imagine que derrière tout ça, il y a un accompagnement familial, proche, qui vous encourage dans tous vos projets.
19:45Oui, c'est ça.
19:45Oui, franchement, si mes parents n'avaient pas accepté tout ça, je ne serais pas arrivée là.
19:52Et je suis très contente qu'il m'ait fait confiance.
19:57C'est sûr que ce n'est pas facile de laisser sa fille faire son premier triathlon alors qu'elle
20:00était en fauteuil roulant.
20:01De laisser sa fille partir au Kilimanjaro avec des personnes qu'on ne connaît presque pas.
20:05Mais au final, ils ont eu raison de me faire confiance, je pense.
20:09Et quel regard vous trouvez qu'en général, en France, on porte sur les personnes comme vous,
20:15qui ont un potentiel extraordinaire, qui comme disait le pape, on l'a vu avec une jeune fille,
20:21qui disait que chaque vie mérite d'être digne, mérite d'être vécue.
20:26Pourtant, quel regard vous trouvez que les Français portent sur les personnes porteuses de handicap ?
20:30Alors, effectivement, je trouve que le handicap n'est pas assez mis en valeur dans la société.
20:34C'est parce qu'en fait, on nous rejette par rapport à nos différences.
20:40Moi, je ne demande pas à ce qu'on ait plus de droits que les autres.
20:43Je demande à ce qu'on ait autant de droits.
20:44Et en fait, si on refusait quelqu'un dans un magasin par rapport à sa couleur de peau,
20:50par rapport à sa orientation sexuelle, ça serait un scandale.
20:54Et d'ailleurs, heureusement que ce genre de choses n'arrive pas.
20:59Il est répréhensible.
21:00Mais quand, dans un magasin, il y a des escaliers et qu'il n'y a pas de rampe,
21:04en fait, c'est une sorte de refus pour le handicap.
21:06Vous êtes en train d'expliquer, en fait, Gilda, que certaines minorités ont des revendications entendues
21:13et la minorité des personnes handicapées, pas réellement.
21:16Non, je ne veux pas dire que des minorités sont plus entendues que les autres
21:20parce qu'elles méritent d'être entendues, toutes les minorités.
21:24Mais je pense que le handicap mérite aussi d'être entendu.
21:27Et que, oui, c'est vrai que peut-être c'est un peu moins entendu.
21:31Mais heureusement que, quand même, les autres minorités sont entendues.
21:34Je ne veux pas...
21:36Oui, bien sûr.
21:37Effectivement, ne pas mettre les uns contre les autres.
21:38Oui, c'est ça.
21:39Mais autant mettre les personnes du tout pour tous les handicapés.
21:42Au même niveau que les autres minorités qui, parfois, on les entend peut-être un peu plus.
21:47Peut-être un dernier mot pour l'équipe d'Ensemble au Sommet, qui vous a accompagné.
21:51Si vous avez quelque chose à leur dire.
21:52Déjà, je veux vraiment les remercier parce que, sans eux, je n'aurais pas vu le Kilimanjaro.
21:57Et aussi, franchement, de continuer tout ce qu'ils font parce que leur bonne humeur,
22:01malgré toutes les circonstances qu'on a vécues,
22:03elle était vraiment très utile pour toute l'équipe.
22:06Et un grand bravo aux deux autres athlètes, Clément et Tom,
22:10parce que ce qu'ils ont accompli, c'est vraiment incroyable.
22:13Et un dernier mot pour les personnes porteuses de handicap qui vous regardent ce soir.
22:18Croyez en vous et surtout, n'écoutez pas ce que les autres vont vous dire parce qu'il y a
22:22beaucoup de personnes qui vont parler sans être porteuses de handicap.
22:25Elles ne savent pas ce que c'est, ce que les remarques peuvent engendrer.
22:29Mais donc, vraiment, croyez en vous et n'écoutez pas les autres.
22:32Et vous allez trouver des personnes qui vont vous inclure normalement.
22:36Merci beaucoup, Gilda, vous qui avez défié votre handicap et gravi le Kilimanjaro.
22:42Raison d'espérer.
22:44Et on a aujourd'hui Martin Joubert pour son livre « Journal d'un jeune en vrac »
22:50qui a un parcours très particulier,
22:52parti à 18 ans de Notre-Dame de Paris pour aller à Jérusalem, à pied.
22:57On en parle, on marque une pause pour Face à l'info à 19h.
23:01Restez avec nous.
23:02A tout de suite pour Face à l'info à 19h.
23:04– Sous-titrage FR –
23:05– Sous-titrage FR –

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