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00:00Vous l'aurez compris, la campagne a démarré sur les chapeaux de roue avec un thème majeur, à la fois
00:03d'ailleurs économique et très politique.
00:05La dette, mirage dont on peut se débarrasser comme d'un vieux papier qu'on pourrait jeter, ou alors muraille
00:11infranchissable qui nous rend d'ailleurs dépendants.
00:13On en parlera de créanciers étrangers. Le sujet suscite de vives passes d'armes.
00:18À partir de 19h30, je vous le disais, Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, répondra à Mathieu Pigasse
00:24qui l'a directement interpellé.
00:26Mais d'abord, que vaut cette idée qu'a déjà imprimé la campagne ? On en parle.
00:37Arthur Berda, Bruno Jeudy sont restés avec nous. Nous a rejoint Laure Closier. Bonsoir, merci d'être là.
00:44Éditorialiste économique à BFM TV, Sophie de Menton. Bonsoir.
00:47Bonsoir.
00:48Chef d'entreprise, président d'éthique, entreprise qu'on présente de taille humaine, qui rassemble toutes ces entreprises indépendantes et
00:55de croissance.
00:56Alors, je le disais, les passes d'armes se multiplient autour de la dette.
00:59Et de cette proposition des Insoumis, je cite, de foutre au feu, ou plutôt de congeler une partie de cette
01:04dette.
01:05Une idée défendue par le banquier d'affaires, Bruno Jeudy, Mathieu Pigasse.
01:09Et si vous permettez, moi je trouve que c'est important, en préambule, de savoir qui parle et d'où
01:13on parle.
01:14Comme on dit, toute la France, je pense, ne connaît pas forcément M. Pigasse, sans vouloir lui être désagréable.
01:20Alors, voici quelques éléments éclairants.
01:22Mathieu Pigasse, ce n'est pas un outsider.
01:24Il n'a pas été insoumis toute sa vie, si je puis dire.
01:26C'est un produit quand même de la machine d'État, qu'il entend contourner ou bien combattre aujourd'hui.
01:31Sciences Po, ENA, Direction du Trésor, cabinet de Dominique Strauss-Kahn, conseiller, et ça c'est très intéressant, on va
01:38voir cela avec vous,
01:38pour la Grèce entre 2009 et 2015, sur la restructuration de la dette grecque, sujet sur lequel, d'ailleurs, il
01:45n'a pas été question d'annulation.
01:47Au contraire, pour les Grecs, là, c'était du sang et des larmes.
01:50Il détient aussi des médias, Radio Nova et d'autres, et il dit haut et fort, il l'assume, qu
01:55'il veut gagner la bataille des idées, la bataille culturelle.
01:59– Sophie de Menton, c'est important de savoir d'où on parle quand même, quand on avance des idées
02:04aussi marquantes dans la campagne.
02:05– Si vous voulez, il n'y en a plus un seul de crédible, je ne sais pas d'où
02:08il parle, mais qui que ce soit,
02:11la parole qui est tenue aujourd'hui sur un plan économique, et là je parle au nom des entrepreneurs qui
02:17sont offusqués, qui sont indignés,
02:19il n'y en a pas un qui se satisfait de la situation actuelle, et donc ce n'est même
02:23pas, je veux dire, qu'ils aient science-polé,
02:25non, qu'ils soient charcutiers, de toute façon…
02:28– C'est-à-dire qu'ils connaissent bien la machine de l'intérieur, ce que certains appellent, je mets
02:31beaucoup de guillemets, l'état profond,
02:33donc il sait comment ça marche ?
02:34– Il sait comment ça ne marche pas, donc il doit savoir comment se débrouiller pour passer à travers les
02:40filets.
02:41Je crois que c'est assez amusant, c'est comme si on vous annonçait qu'on allait faire les soldes
02:45et qu'il n'y avait pas besoin de payer.
02:47Enfin, je veux dire, annuler la dette et la façon dont il l'a fait, c'est enfantin, et en
02:51plus c'est très malsain,
02:53parce que c'est donner l'impression aux Français que tout ce qu'on dépense n'a pas de sens,
02:58qu'on peut encore dépenser plus, parce qu'on nous a tellement biberonés à la dépense publique.
03:04Quand on nous dit, à nous entrepreneurs, qu'on a trop d'aides,
03:08mais attendez, les aides c'est pour compenser tout ce qu'on nous prend par ailleurs.
03:12– On entend ce que vous dites, mais est-ce qu'il sera suffisant simplement de dire qu'une telle
03:16proposition est indécente ?
03:17Moi, je crois qu'elle peut aussi infuser chez beaucoup de...
03:21– Je ne crois pas.
03:21– Vous ne croyez pas.
03:22– Je ne crois pas que parler d'une annulation, d'une partie de la dette ne peut pas infuser
03:27aujourd'hui chez certains Français.
03:28– Non, je crois que les Français sont tellement exaspérés, mais de tous bords, pas pour les mêmes raisons,
03:34ils sont tellement exaspérés, ils ont quand même un bon sens, un bon sens terrible.
03:38– Le bon sens près de chez vous, il peut être près de plusieurs candidats.
03:41– Regardez ce qui s'est passé sur la réforme des retraites, comment les Français ont adhéré à l'idée
03:44d'une abrogation
03:45et d'un retour de la retraite à 60 ans.
03:46C'est malheureux, mais si on leur vend l'argent magique, on a tous envie d'y croire.
03:51– Ils ont adhéré parce qu'ils étaient contre.
03:52– Mais pourquoi ils sont contre ?
03:53– Ils étaient contre au départ le fait qu'on repousse l'âge de départ.
03:56– Pourquoi être contre ? Parce que si d'aucuns entretiennent le mirage que l'on peut être contre,
04:00alors on a tous envie d'être contre.
04:01Quand j'étais petit, j'étais pour le Père Noël, aujourd'hui je suis pour l'argent magique.
04:04– Donc on m'a dit de passer à des enfants devant la télévision, il existe, si vous voulez.
04:07En particulier les miens, oui il existe.
04:09– On cherche le Père Noël désespérément, absolument.
04:11– Personne ne trouve grâce à vos yeux.
04:13– Ah ! – Si, si, si, si. Je trouve que…
04:15– Attention, là vous allez faire votre coming out politique.
04:19– Ben oui, non parce que j'ai un prisme, c'est l'entreprise.
04:22Donc je ne parle pas des programmes politiques en dehors de l'entreprise.
04:25Je pense que quand on a Sarah Knafo qui sort un bouquin qui est déjà prévendu partout,
04:30et qui ne parle que d'entreprise et d'économie,
04:33avec un bon sens que quand même les gens ont reconnu,
04:37quelles que soient les opinions par ailleurs qu'elle puisse avoir.
04:41Et puis je suis désolée, il y a David Gysnard que je connais depuis des années.
04:43– Il ne faut pas vous excuser, au contraire.
04:45– Ben on s'excuse d'abord parce que…
04:47– Mais non, vous vous excusez parce que c'est un mouvement libéral.
04:49– Oui, c'est terrible.
04:51– C'est un gros mot le libéralisme en France aujourd'hui.
04:53– C'est un gros mot.
04:54– Moi je crois quand même que la bataille culturelle est très importante,
04:58et c'est exactement ce que fait Mathieu Pigasse.
05:00Il ne cherche pas à être crédible économiquement, il s'en fiche complètement.
05:03– Non, on s'en fiche de savoir si les traités à tel article nous disent
05:06que c'est possible d'annuler la dette, ça n'a aucun intérêt.
05:09Ce qu'il veut juste, c'est insuffler l'idée que la dette ne nous empêche pas de dépenser.
05:14– Mais pourquoi ?
05:14– Et c'est uniquement ce sujet parce que c'est fondamental,
05:16parce que que proposent les autres candidats ?
05:19Du sang et des larmes, vous voyez bien qu'Edouard Philippe, il ne dit rien.
05:21Parce que qu'est-ce qu'il a à dire ?
05:22Qu'il faut évidemment augmenter l'âge de départ à la retraite,
05:26qu'il faut travailler plus, qu'on ne va pas pouvoir faire mieux sur les franchises médicales.
05:30Donc il préfère ne rien dire.
05:31Jean-Luc Mélenchon, il prépare le terrain idéologique là-dessus en disant
05:35vous n'avez pas d'effort à faire, ce sont des traîtres pays, ce sont des traîtres entreprises.
05:39– Elle a raison, Laure, elle a tout compris.
05:40– Il faut aller sur les grammes chiens, il faut passer par la bataille culturelle pour un plus.
05:44– Il faut répondre et débattre là-dessus pour répondre.
05:45– Mais qui serait-ce que c'est possible ?
05:47– Je ne peux pas vous interrompre, mais justement, il va y avoir le MEDEF,
05:51il va y avoir l'AREF qui se tient après-demain.
05:54Moi je pense qu'il fallait renverser la table et je ne peux pas m'empêcher d'en être malade,
06:00de voir qu'on va faire un plateau de télévisuel avec Mélenchon, Marine Le Pen.
06:05– Non mais attendez…
06:05– Non, c'est à nous de parler, ils doivent être dans les gradins de nous écouter.
06:11– Vous parlerez, ça peut être réciproque.
06:15– Mais pas du tout, comment est-ce qu'on peut accepter, là, ils vont faire un show incroyable,
06:20des gens qui sont contre l'entreprise, qui sont contre le profit, qui sont…
06:24– Jordan Bardella en grande partie est pro-business et vous avez mieux que moi.
06:27– Oui mais il n'est pas là.
06:29– Sauf que quand même, au moins, les fameux 55% de Français relevaient Arthur
06:36qui sont prêts à voter pour les extrêmes, ceux-là, les deux candidats,
06:41ils sont d'accord pour surtout pas toucher à l'âge de départ, à la retraite.
06:43– Et c'est quand même là le problème, parce que c'est là, en fait, la question.
06:47La question, c'est, il veut, en gros, il veut balancer 20% de la dette pour pouvoir dépenser,
06:53continuer à dépenser.
06:54– Oui mais Bruno, moi, j'écoute…
06:55– Et Marine Le Pen, elle n'est pas…
06:57– Elle n'est pas loin, Bruno, depuis ce matin, j'écoute les antennes, notre antenne.
07:01J'ai écouté Laure Closier, d'ailleurs, dans un édito formidable ce matin, et très…
07:06– C'était déjà à la semaine, c'est pas vrai.
07:07– Merci de le souligner, c'est pas trop miné.
07:09– Mais expliquez-moi, pourquoi j'insiste sur Mathieu Pigas ?
07:11– Parce qu'il connaît l'intérieur de la machine, vous voyez ce que je veux dire ?
07:15Sophie de Montand, c'est-à-dire que si c'est impossible, c'est une vraie tartufferie.
07:20Donc moi, j'aimerais comprendre…
07:20– Mais c'est une tartufferie énorme !
07:22– Mais permettez-moi que je pose la question.
07:24– Mais non, mais c'est pas impossible, tout est possible.
07:26– Attends, pourquoi, par exemple, pourquoi il ne l'a pas fait pour la Grèce ?
07:28Moi, je veux comprendre pourquoi les Grecs ont eu de sang et de larmes,
07:31pourquoi beaucoup ont perdu leur travail ?
07:33Ils ont dû vivre, enfin, ils ont dû vivre, et heureusement…
07:35– Mais ils ont connu l'austérisé.
07:36– Ah, ils l'ont connu vraiment ?
07:38Alors, il y a une restructuration de leur dette,
07:40ce qui n'est pas une annulation,
07:41contre des réformes structurelles très lourdes.
07:43– Mais parce que Sonia, il y a les traités européens…
07:44– Parce qu'il était payé pour ça.
07:46– Parce que Sonia, il y a les traités européens…
07:48– D'abord, un, il y a les traités européens qui vous l'interdisent.
07:50– Deux, la BCE, le chancelier allemand, Mélenchon,
07:55il pourra dire ce qu'il veut.
07:56– Est-ce que vous êtes en train de nous dire que cette proposition nous fait sortir de l'UE
07:58?
07:58– Non, mais cette proposition nous fait sortir de l'UE.
08:00– Alors, il faut le dire.
08:01– Ce que propose Jean-Luc Mélenchon, il dira,
08:04ah ben l'Allemagne m'empêche, ah ben la BCE m'empêche,
08:06eh ben puisque c'est comme ça, je sors de l'euro.
08:09– Donc c'est un Frexit assumé ?
08:10– Oui.
08:11– Oui, mais on est assumé.
08:12– Quand il a restructuré la dette, pardonnez-moi, je peux me tromper,
08:15il était payé pour ça.
08:17– Oui ?
08:17– Oui, excusez-moi, il avait un client.
08:19Et le client, il ne pouvait pas lui raconter n'importe quoi.
08:22Et il a restructuré cette dette.
08:23– C'était pour une banque d'affaires à l'époque, oui.
08:24– Et donc je suis désolée, ça change.
08:27– On peut la citer, hein ?
08:27– Oui, bien sûr.
08:28– Oui, enfin, peu importe, d'ailleurs il l'a très bien fait.
08:31Mais ça n'a rien à voir.
08:32– Je pense que dans votre esprit, dans votre bouche,
08:34c'est pas mal d'être banquier d'affaires.
08:35– Mais pas du tout.
08:36– Mais il peut nous arriver ce qui est arrivé à la Grèce,
08:38c'est tout à fait possible.
08:40Si on a un taux d'intérêt qui dépasse,
08:43on est aujourd'hui à 4%, ça nous coûte très cher, c'est possible.
08:46Mais il ne faut pas croire une seconde que Jean-Luc Mélenchon
08:48va faire quoi que ce soit de ce qu'il dit sur la dette,
08:51ni lui, ni le Rassemblement national.
08:53– Écoutez le ministre ce matin, Roland Lescure,
08:55chez Apolline de Malherbe.
08:56Alors lui, évidemment, effectivement,
08:57il a dit ce qu'il pensait de cette proposition.
09:00– Fausse bonne idée, évidemment, une fois de plus.
09:02– Ça paraît simple quand on dit Jean-Luc Mélenchon.
09:04– Oui, exactement, vous faites référence au discours
09:06de Jean-Luc Mélenchon hier, ça fait des années
09:07qu'il le dit et qu'il le répète.
09:09Alors il le fait avec brio, mais il raconte n'importe quoi.
09:11Vous inquiétez pas, je m'occupe de tout.
09:13J'annule 20% et tout va bien se passer.
09:15La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon,
09:18s'il fait ce qu'il dit avec M. Pigasse à ma place,
09:21c'est la crise financière rassurée.
09:23– C'est ça qui se joue, vous le sentez ?
09:24– Mais évidemment, évidemment.
09:26– Explique-moi simplement, M. Lescure dit
09:29si Jean-Luc Mélenchon applique ce qu'il dit,
09:31c'est la crise financière, qu'est-ce qu'on vit depuis des années ?
09:34– On n'est pas en pleine crise depuis qu'on est nés ?
09:36– Non, parce que vous pouvez toujours vous financer
09:37sur les marchés financiers qui nous permettent
09:39d'avoir le déficit qu'on a, 4,12% ce matin.
09:44C'est très élevé.
09:44– Non mais la France, elle n'a aucun problème
09:46pour passer sa dette actuellement.
09:47– Bien sûr, la France se finance aujourd'hui sans problème.
09:49– Il n'y a aucun problème.
09:49– Pour être financée ?
09:50– On n'a aucun problème pour financer notre dette actuellement, aucun.
09:54– On est tous souscrits, les gens demandent.
09:55– Parce que la France reste crédible,
09:57parce que la France, ça reste un pays qui continue à rembourser.
09:59– Ne dites pas trop, ne dites pas trop.
10:00– Non mais ça reste un pays qui continue à rembourser sa dette.
10:02– Je peux vous demander, Bruno, je dis auprès de qui ?
10:03Il y a une question.
10:05– 50% de nos dettes est prise à l'étranger.
10:06– Alors s'il vous plaît, vous qui êtes un journaliste rigoureux,
10:09vous l'êtes tous autour de ce plateau.
10:10Est-ce que vous savez qui détient cette partie de la dette ?
10:13À chaque fois, j'essaye de savoir.
10:14Donc on est dans la main de créanciers, enfin dans la main,
10:16il y a des créanciers étrangers, et nous avons une dépendance.
10:20– Oui, et aussi tous ceux qui ont de l'assurance-vie en France.
10:22– Oui, bien sûr.
10:23Moi je m'interroge quand on parle beaucoup de souveraineté,
10:25qui sont ces prêteurs étrangers qui détiennent ?
10:28– C'est des retraités américains, c'est des fonds japonais,
10:31c'est des fonds souverains, c'est des banques,
10:33c'est tout un chacun dans n'importe quel pays qui nous fait confiance.
10:36– Le danger pour la France, c'est que nous, on a quand même
10:39plus de la moitié de notre dette qui est maintenant détenue
10:41par des investisseurs étrangers, c'est ça la fragilité,
10:44la vulnérabilité de la France par rapport à d'autres pays européens
10:48qui possèdent leur dette.
10:50– C'est un danger quand on est à 4%, c'est-à-dire que c'est le prix qui
10:53est important,
10:53c'est pas forcément le volume de dette,
10:55les Américains ont beaucoup plus de dette, le prix est important.
10:59C'est ça qui est fondamental, parce que la charge, vous roulez la dette,
11:01donc vous réempruntez sans arrêt pour payer.
11:03– Plus de 60 milliards d'euros de charge de la dette aujourd'hui,
11:06bientôt 100 milliards, ça va bientôt devenir le premier budget de l'État.
11:09Et puis d'un mot, pourquoi est-ce que ce que dit Jean-Luc Mélenchon est dangereux ?
11:11Parce que pourquoi est-ce que Roland Lescure parle de crise financière ?
11:13Parce qu'annuler une dette, ou prétendre le faire,
11:16ça revient à, si vous voulez, créer de l'argent.
11:19C'est faire marcher la planche à billets, c'est l'équivalent de la même chose.
11:21Et pourquoi est-ce que faire marcher la planche à billets,
11:23c'est dangereux dans un système économique ?
11:25Parce que faire marcher la planche à billets, ça suppose une chose,
11:27c'est que la production dans le pays augmente d'autant.
11:29Si ce n'est pas le cas, alors ce sont les prix qui augmentent d'autant.
11:32– Et là, on n'a pas parlé des entreprises.
11:34– Surtout, pour en parler de ce que dit Arthur, ça ne marche jamais.
11:37– Non mais justement, je voudrais expliquer le mécanisme,
11:39parce qu'on parle du possible et pas des conséquences.
11:41– Écoutez, vous apportez depuis tout à l'heure tous des arguments
11:44extrêmement rationnels, pertinents sur le plan économique.
11:46Mais là, on parle de dynamique politique.
11:48– Bon, expliquez-moi aujourd'hui, est-ce que vous trouvez
11:50qu'il y a un candidat qui est capable aujourd'hui d'opposer
11:53face à une, moi je pense quand même,
11:55Sophie de Monton a une proposition qui infuse auprès de certains Français,
11:58parce que du sang et des larmes, évidemment,
12:01qui voudrait l'accepter ?
12:02Et aussi parce qu'ils ont l'impression qu'ils ont beaucoup donné.
12:05Qu'ils ont beaucoup donné à ceux qui ont promis
12:07qu'ils allaient résoudre cette situation et on se retrouve en particulier.
12:10– Et le courage aujourd'hui, puisque c'est le thème de l'AREF,
12:13le courage, le thème.
12:15Or, le courage aujourd'hui, c'est de renverser la table
12:17et que ce soit les entrepreneurs qui la renversent.
12:19Le courage, c'est dire la vérité aux Français.
12:20– Vous la renverser sur qui ? C'est ça la question ?
12:22– Ça retombe toujours sur la tête de quelqu'un ?
12:24– Pardon ?
12:25Quand on renverse la table, ça tombe toujours sur quelqu'un ?
12:28– Non, je pense que 84% des Français estiment
12:33que les entrepreneurs seraient meilleurs que les politiques
12:35pour s'occuper de… pour gérer.
12:37– Alors présentons, alors qu'il y a un chef d'entreprise,
12:39un patron qui se présente.
12:41– Alors attention, les patrons sont très bien,
12:44ils sont bien pour conseiller, il faut les consulter tout le temps.
12:46Je ne pense pas du tout qu'un patron,
12:48ce soit son rôle de faire de la politique, il est patron.
12:52En revanche, à chaque fois qu'on décide quelque chose,
12:54il faudrait avoir un groupe de patrons,
12:56même quand on décrit n'importe quoi,
12:58on les fait venir, on dit qu'est-ce que ça donne ?
12:59Dans les 48 heures, ils vous disent les effets perverses qui vont se passer.
13:03– J'espère que c'est fait par des ministres, ça ?
13:04– Vous plaisantez.
13:05– Vous plaisantez.
13:07– Moi, je suis d'accord avec vous, Sonia,
13:08à un moment donné, il faut sortir du bois.
13:09À un moment donné, on a besoin d'entendre Édouard Philippe.
13:11C'est quoi les propositions sur la retraite ?
13:13C'est quoi sur le travail ?
13:14On ne peut pas continuer à dire que bientôt,
13:16on va peut-être nous dire quelque chose.
13:17À un moment donné, il faut rentrer en campagne
13:20pour pouvoir justement opposer un narratif
13:22parce qu'on est là-dedans.
13:23Et vous vous souvenez de ce qui s'est passé
13:25avec la taxe Zuckmann ?
13:26C'était exactement le même sujet en septembre dernier.
13:29Et là, pour le coup, les patrons ont perdu le narratif économique.
13:32Ils n'ont pas réussi à se faire entendre
13:34et à avoir quelque chose de positif sur cette question-là.
13:36On est dans ce moment-là
13:38où le narratif d'extrême-gauche
13:40gagne sur le narratif du centre
13:42qui ne s'exprime pas, qui ne rentre pas en la bataille.
13:45Les politiques ne savent pas ce que c'est qu'une boîte.
13:48Édouard Philippe a écrit un bouquin,
13:50pas le dernier, mais le dernier, c'était pareil.
13:51Il a écrit un livre.
13:52Je l'avais invité à Éthique devant des chefs d'entreprise.
13:55Et je lui dis,
13:55Monsieur le Premier ministre, pardonnez-moi,
13:57j'ai mal lu votre livre.
13:58Il me dit, mais pourquoi me dites-vous ça ?
13:59Je lui dis, parce que j'ai commencé à le relire.
14:02Le mot entreprise n'est pas cité.
14:04Il me dit, parce que ce n'était pas l'objet.
14:06Je lui dis, comment pouvez-vous avoir,
14:09devant des patrons,
14:10en expliquant que vous incarnez l'avenir,
14:12et ne pas avoir cité le mot entreprise de votre livre ?
14:15Sinon, mais c'est fondamental.
14:16Il a dit, parce que ce n'est pas l'objet,
14:17la France est constituée par un État.
14:18Et il nous a fait un cours, ce qui est vrai,
14:21sur l'État constitutif de la France.
14:23Donc, on a un problème majeur.
14:25Il n'y a pas...
14:25Vous avez raison, c'est un conseiller d'État,
14:27mais disons qu'il a travaillé chez Areva,
14:28quand même, Édouard Philippe.
14:29Pardon ?
14:29Faisons-lui le crédit d'avoir travaillé chez Areva.
14:31C'est un conseiller d'État.
14:32Oui, oui, il va faire le CV de chaque candidat.
14:34Mais Arthur, pardonnez-moi.
14:36Tout à l'heure, on va recevoir l'ancien...
14:38Il y a 30% des parlementaires
14:39n'ont jamais bossé dans une boîte.
14:41Et nous avons demandé à Édic
14:42l'obligation que tous les ans,
14:46les parlementaires élus
14:47passent deux jours dans une entreprise.
14:49Non, mais ça n'a l'air de rien.
14:51C'est fondamental.
14:51C'est incroyable, mais pardonnez-moi rien
14:52que de l'énoncer ici,
14:54comme ça, on a envie de tomber de sa chaise.
14:55Je ne crois pas que ce soit ça.
14:56Enfin, quand même.
14:57Mais il y a 70 qui sont inscrits,
14:58qui l'ont fait.
14:59Honnêtement, Sophie de Monton,
15:00je ne pense pas que ce soit le problème essentiel.
15:02Parce qu'on a eu des ministres de l'économie
15:03qui venaient de l'entreprise.
15:04C'est le cas de l'Escur,
15:05ça a été le cas de Francis Maire.
15:06Le président de la République.
15:06On a eu pas mal.
15:07Le président de la République,
15:08ils savent.
15:09Je crois qu'ils savent pas.
15:10Moi, je crois que si.
15:11Le problème majeur,
15:12c'est ce que disait Laure.
15:15C'est-à-dire qu'au fond,
15:15il y a une partie de la population
15:17qui a envie d'entendre
15:19qu'on va annuler la dette.
15:20Attendez, c'est plus sympa
15:20la retraite à 60 ans
15:21que de vous dire
15:22que vous allez vous acheter à 60 ans.
15:23Mais Laure,
15:24je vais vous opposer un argument.
15:26Imaginons, alors pardonnez-moi.
15:27D'accord, oui,
15:28c'est plus agréable à entendre.
15:29Mais ceux qui sont au pouvoir,
15:31disons tous au bloc central.
15:32Et je poserai tout à l'heure
15:33la question à François Bayrou.
15:34Il sera notre invité
15:35à partir de 20h30.
15:36La situation est ce qu'elle est.
15:38Je ne veux pas la qualifier.
15:39C'est à eux de la qualifier.
15:40Ils sont au pouvoir
15:41depuis le bloc central
15:42il y a une dizaine d'années.
15:43Nous sommes d'accord.
15:43Ils ont quasiment exercé
15:44toutes les responsabilités.
15:46Nous sommes arrivés à cette situation.
15:48Expliquez-moi comment
15:48les mêmes qui ont été au pouvoir
15:50arrivent aujourd'hui
15:51pour donner les remèdes
15:52et les solutions
15:52pour sauver la France.
15:54Expliquez-moi comment
15:55comment ça peut s'expliquer
15:58de manière intelligible.
15:59Regardez Bruno Le Maire
15:59comme c'est difficile
16:00son interview dans Le Parisien
16:01ce matin où il explique
16:03qu'on pourrait changer les choses.
16:04Il y a des choses
16:05qu'ils n'ont pas fait.
16:05Ils n'ont pas baissé les dépenses.
16:07Emmanuel Macron a failli
16:08sur cette question.
16:09Il a pensé que la politique
16:10de l'offre suffirait
16:12pour faire en sorte
16:12qu'il y ait plus de gens
16:13qui travaillent
16:13et que finalement
16:14ça suffirait à financer
16:16le train de vie de l'État.
16:17Ça n'a pas fonctionné.
16:18Là-dessus, il n'y a eu
16:19aucun effort qui a été fait.
16:20Donc il y a des choses
16:21qui n'ont pas marché.
16:22Il y a des choses à revoir.
16:23Le travail,
16:24le fait que l'ensemble
16:25du modèle social haussier
16:26repose aujourd'hui
16:27sur le travail.
16:28Il y a des choses
16:28à faire évoluer.
16:29Triplement de la charge
16:31de la dette.
16:32124 milliards d'euros
16:33en 2032.
16:34Je crois qu'il y a 10 ans
16:35c'était de l'ordre
16:36de 40 ou 50 milliards.
16:37Je me rappelle ce chiffre.
16:39On a déjà réussi
16:40à baisser la dépense
16:42un peu dans les années.
16:42Le deuxième mandat de Chirac,
16:44la dette avait baissé.
16:44C'est le moment
16:45où elle a le plus baissé.
16:46Il faut redonner à César
16:48ce qui lui appartient.
16:50L'équipe Thierry Breton
16:51copie avait réussi
16:52un peu à l'ABC.
16:53Nicolas Sarkozy
16:53dans sa première partie
16:54de son mandat
16:54essaie de l'ABC
16:55et finalement
16:55il y a la crise.
16:57Mais la France
16:59elle est piquousée
16:59à la dépense publique.
17:01Mais c'est les Français
17:02qui le demandent.
17:03Les Français,
17:03Élise,
17:05les Français
17:06dans la cinquième république,
17:07les Français
17:09ils adorent les promesses.
17:11Les Français
17:11ils ont toujours...
17:12Ils n'aiment plus ça.
17:13Là, vous vous trompez.
17:14Mais j'aimerais bien
17:16que vous ayez raison.
17:17Je n'en suis pas sûr.
17:17Je pense que la prochaine fois
17:18il va y avoir
17:19un concours de démagogie
17:20qu'on en a rarement eu
17:21entre le RN
17:22et les filles.
17:23Là, ils vont s'en donner
17:24un cœur joie.
17:24Mais pardon,
17:25pourquoi vous mettez
17:25la démagogie
17:26toujours du côté
17:27dans votre esprit
17:28des extrêmes ?
17:29Mais aussi ceux
17:30du Bloc Central.
17:32Gabriel Attal
17:32ne propose pas
17:33beaucoup de réduction
17:34de dépenses publiques.
17:34Mais on a un bilan
17:35qui n'est pas en proposé.
17:37Je trouve que la démagogie
17:38elle est quasiment partout
17:39aujourd'hui.
17:40C'est-à-dire que
17:40l'élection
17:42du président
17:43de la République,
17:44c'est l'élection.
17:46Et si cette élection
17:46elle repose sur un programme
17:48et depuis 60 ans
17:50ça existe,
17:50c'est un programme
17:51avec des dépenses.
17:52Moi je crois que c'est
17:52une insulte à l'intelligence
17:53des Français
17:54que de dire
17:55ou de croire
17:55qu'ils vont croire
17:56les promesses aujourd'hui
17:57et en fermant les yeux.
17:58Je suis convaincue que non.
18:00Jusqu'à présent
18:01ils ont toujours élu
18:02celui qui prend
18:03C'est bien pour ça
18:03que Jean-Luc Mélenchon
18:04va sur le diagnostic.
18:06C'est-à-dire qu'il change
18:07le thermomètre.
18:08Il dit vous avez pensé
18:09que la dette c'était grave ?
18:10Eh bien non.
18:11Il change la base
18:12de notre discussion en fait.
18:14Donc il envoie
18:15le débat sur autre chose.
18:15Il ne parle pas des solutions.
18:17Il parle d'autre chose.
18:17Il change le thermomètre.
18:18Et encore un mot là-dessus.
18:19C'est-à-dire quand vous dites
18:20avec des arguments
18:21bon clair, carré
18:22ce n'est pas possible
18:23une annulation
18:24de la partie de la dette
18:25c'est aussi le parti
18:26de l'impossibilisme
18:28si je puis dire Arthur Berda.
18:29C'est-à-dire
18:29à chaque fois on vous dit
18:30non ce n'est pas possible
18:31non ce n'est pas possible
18:32non parce que la BCE
18:33va nous taper
18:34avec une règle sur les doigts
18:35non parce que l'Allemagne
18:36a raison va dire non
18:36la Grèce va dire non.
18:38Eh bien certains Français
18:39vont dire
18:39écoutez si on est dans un carcan
18:40alors libérons-nous
18:42libérons-nous de son carcan.
18:42Je confirme qu'il y a une chose
18:43qui est tout à fait possible
18:44dans ce que dit Jean-Luc Mélenchon
18:45c'est que moi je crois
18:46comme l'or
18:46qui n'ira pas au bout
18:47sur cette histoire
18:48d'annulation de la dette
18:48que vous vous souvenez
18:49de François Hollande
18:50il avait promis
18:50d'aller négocier les traités
18:51à Bruxelles
18:52et puis il est revenu
18:52en nous expliquant
18:53qu'en fait ce n'était pas possible.
18:54Bon Jean-Luc Mélenchon
18:55et les filles sera pareil
18:56plan A on négocie
18:57plan B on sort
18:57la réalité ça va être plan C
18:59on ne change rien.
19:00En revanche il y a une chose
19:00qui est tout à fait possible
19:01dans ce que promet
19:02Jean-Luc Mélenchon
19:02c'est la hausse des impôts
19:03ça vous pouvez être certaine
19:05chère Sonia
19:05Alors dites-moi
19:06quel gouvernement
19:07ne l'a pas fait là
19:07ces derniers temps ?
19:08Emmanuel Macron
19:09jusqu'à la dissolution
19:10avait plutôt
19:14contenu la hausse
19:14il a plutôt tenu
19:16une forme de stabilité fiscale
19:17Les entreprises
19:17sont les plus taxées d'Europe
19:19ça ne change pas
19:21pardonnez-moi
19:21ce n'est pas un détail
19:22Non mais attendez pardon
19:24je ne suis pas en train
19:25de vous dire
19:25que la situation fiscale
19:26je ne suis pas en train
19:27de vous dire
19:27que la situation fiscale
19:27de la France
19:28fait rêver
19:29Emmanuel Macron avait lui-même
19:30dit c'est Cuba sans le soleil
19:30pour autant
19:31il parlait de la taxe
19:32sur 75%
19:33pour autant
19:33jusqu'à la dissolution
19:34il y a eu une forme
19:35de stabilité fiscale
19:36dont les patrons
19:37d'ailleurs
19:37savaient plutôt gré
19:38à Emmanuel Macron
19:39le lui reconnaissait plutôt
19:40moi je l'ai beaucoup suivi
19:41à cette époque-là
19:41et je peux vous certifier
19:42que tous les patrons
19:43lui en étaient plutôt grés
19:44depuis
19:44ça n'est plus le cas
19:45la surtaxe
19:46vous vous souvenez
19:47la surtaxe exceptionnelle
19:48et temporaire
19:49que Michel Barnier
19:50a instaurée
19:50sur les grandes entreprises
19:51elle est tellement exceptionnelle
19:52et tellement temporaire
19:53qu'elle va sans doute
19:54être renouvelée
19:54dans le budget 2027
19:56auquel Sébastien Lecornu
19:57va s'attaquer
19:58dans les prochaines semaines
19:59mais Jean-Luc Mélenchon
20:00lui il promet de financer
20:01cette vraie fausse annulation
20:02de la dette
20:03par une vraie hausse d'impôts
20:04je vous assure
20:05que ce sera une fausse annulation
20:06de la dette
20:06une vraie hausse d'impôts
20:07pour les riches
20:08on déteste les riches
20:09c'est pas que
20:10dites moi
20:10on déteste les patrons
20:11on déteste les riches
20:12Manon Aubry veut interdire
20:14les milliardaires
20:14on va poser la question
20:15d'ailleurs à notre invité politique
20:17qui va nous rejoindre
20:18je vous remercie vraiment
20:18merci pour vos arguments
20:20vos convictions
20:21et la manière
20:21dont vous les présentez
20:23donc dette budget
20:24alors que le Premier ministre
20:25Sébastien Lecornu
20:26a écrit aux parlementaires
20:27pour leur dire en somme
20:28c'est le budget
20:29ou le désordre
20:30ça vous rappelle
20:31une petite musique
20:32Bruno Joukis
20:33c'est le budget ou le chaos
20:34c'était d'ailleurs François Bayrou
20:35projet de budget 2026
20:37dans son discours de politique générale
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