00:08Nous souhaitons récupérer 11 milliards d'euros sur la contribution à l'Union Européenne
00:13pour revenir à une contribution nette d'environ 5 milliards d'euros.
00:17C'était la contribution, Monsieur le Ministre, à l'époque de Jacques Chirac,
00:21après l'élargissement à la Roumanie et à la Bulgarie.
00:24C'était Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme.
00:27Alors, l'Europe, ça coûte cher, surtout quand les finances du pays sont au plus mal.
00:31Alors, Marine Le Pen voudrait raboter la contribution de la France à l'UE.
00:36Excusez-moi.
00:37Plus que ça, même, elle promet, si elle est élue, de réduire cette contribution de 11 milliards.
00:42Mais le pourra-t-elle sans subir des sanctions, sans se faire exclure de l'Union ?
00:47C'est ce qu'on va voir dans la preuve par 3.
00:49Bonsoir Bénédicte Tassar.
00:51Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous.
00:52Vous êtes chef du service international de RTL.
00:55Alors, combien on donne à l'UE ? Combien ça nous coûte ?
00:58Alors, le budget de l'Union Européenne, il est adopté par les 27 chefs d'État et de gouvernement pour
01:03une période de 7 ans.
01:04Aujourd'hui, à Bruxelles, par exemple, on planche sur une base de travail d'environ 2000 milliards d'euros pour
01:12les années 2028 à 2034.
01:15Le budget européen, si vous voulez, en gros, ça représente un peu plus d'un pour cent de toute la
01:21richesse européenne.
01:22Maintenant, combien paie la France ?
01:2531 milliards d'euros rien que pour l'année 2026.
01:29L'année prochaine, ce sera 3 milliards d'euros de plus.
01:33La France est le deuxième pays contributeur, celui qui débourse le plus après l'Allemagne.
01:38Mais attention, on paie d'une main 31 milliards, mais on reçoit dans l'autre main près de 16 milliards
01:44de subventions.
01:45D'abord pour nos agriculteurs, 9 milliards 300 millions d'euros pour l'agriculture française.
01:50C'est la France qui est la première bénéficiaire de la politique agricole commune, loin devant l'Espagne et l
01:57'Italie.
01:58Et puis, les Français touchent aussi de l'argent pour le développement de leur région ou encore pour la recherche.
02:05Alors, pourquoi sommes-nous contributeurs nets ? Qu'est-ce qui décide si on est contributeurs nets ou bénéficiaires nets
02:11?
02:12Alors, le facteur principal, c'est bien sûr notre richesse.
02:15La richesse que produit notre pays.
02:16C'est la base de calcul de notre contribution.
02:19Vous ajoutez à cela un calcul savant sur la TVA et une taxe sur les déchets plastiques non recyclés.
02:26Et vous arrivez à près de 31 milliards d'euros versés au pot cette année.
02:31Mais principalement, c'est bien l'économie française qu'on regarde.
02:34Après, pour recevoir de l'argent, on prend en compte notre nombre d'agriculteurs,
02:39les régions à développer, une voie ferrée à construire pour désenclaver une ville,
02:43le nombre d'étudiants à financer pour le programme Erasmus.
02:47La liste est très, très longue.
02:50Et quand on traverse des difficultés, c'est le cas en ce moment,
02:53et quand la croissance est plus faible, plus faible qu'en Espagne ou en Italie,
02:56on ne revoit pas cette règle ?
02:57Bien sûr, notre contribution dépend de notre produit intérieur brut, de notre richesse.
03:02Si notre économie s'effondre, on paiera moins.
03:04Maintenant, regardez, la France a été très touchée par l'épidémie de Covid en Europe.
03:09Eh bien, notre pays a bénéficié plus que d'autres du plan de relance post-Covid,
03:16à tel point que pendant 4 ans, la France a touché plus d'argent qu'elle n'en a reçu.
03:21Merci Bénédicte Tassar.
03:23Alors Marine Le Pen compte bien revoir la contribution de la France au budget de l'UE.
03:28C'est dans son programme, avec nous Gaëtan Dussaucet, député RN des Vosges et porte-parole du RN.
03:33Bonsoir.
03:34Bonsoir.
03:35Déjà, hier, Marine Le Pen a annoncé vouloir plafonner la contribution nette à 5 milliards.
03:41C'est bien ça ?
03:42C'est ça, tout à fait.
03:44Et ça ferait 4 milliards et demi de moins qu'aujourd'hui à verser ?
03:48Non, beaucoup plus.
03:49En réalité, si on met en place le plafonnement de la contribution nette française au budget de l'UE
03:54européenne à 5 milliards d'euros, d'abord on retrouve le plafond qui existait à l'époque de Jacques Chirac,
03:58qui n'était pas le plus souverainiste des présidents de la République, vous le conviendrez,
04:03et cela nous permettrait de faire une économie de 8,9 milliards d'euros pour le budget 2027.
04:08Donc Jacques Chirac, c'était il y a 30 ans à peu près, c'est ça ?
04:13Sur cela, non, lorsqu'il était à 5 milliards d'euros, on était à ce moment-là il y a
04:17un peu plus de 20 ans.
04:18D'accord. Donc à l'Assemblée, vos députés ont essayé hier de faire adopter une baisse de la contribution de
04:2411 milliards
04:25dès l'an prochain, ça n'a pas marché, mais n'est-ce pas un jeu dangereux ?
04:29On trahirait des engagements déjà pris pour 2027 ?
04:33Non, en réalité, ces engagements ne sont pas gravés dans le marbre.
04:37Vous avez aujourd'hui 5 pays, membres de l'Union Européenne et des grands pays,
04:40l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, l'Autriche et le Danemark,
04:43qui au cours de ces négociations ont réussi à obtenir un rabais sur leur contribution.
04:47Ça, ils l'ont obtenu, ils l'ont négocié. Nous, on n'a pas de rabais pour ça pour 2027.
04:53Évidemment que les dirigeants macronistes actuels, et notamment son président de la République, Emmanuel Macron,
04:56n'ont pas souhaité renégocier. Mais nous, nous souhaitons évidemment changer la politique française l'année prochaine.
05:01Et donc avec Marine Le Pen, nous irons négocier avec nos partenaires européens pour obtenir ce rabais,
05:06puisqu'encore une fois, on ne peut pas avoir une France qui est le deuxième contributeur net
05:09et en même temps qui est le 22e pays sur 27 à recevoir de l'argent par habitant.
05:14Proportionnellement à son nombre d'habitants, il y a un décalage qui est énorme et que payent les Français aujourd
05:18'hui.
05:18Pourquoi l'Europe dirait oui ?
05:20Tout simplement parce que nous avons beaucoup de choses à faire ensemble.
05:24Encore une fois, la France n'est pas un sous-pays.
05:26La France est un pays qui doit se faire respecter, qui doit se faire entendre au sein de nos partenaires
05:31européens.
05:32Et encore une fois, quand l'Allemagne, les Pays-Bas, quand 5 pays en tout ont réussi à obtenir un
05:36rabais,
05:36je ne vois pas ce qui empêcherait la France et ses dirigeants de l'obtenir demain dans l'intérêt des
05:40Français.
05:40Parce qu'ils ont obtenu à eux 5, 3,6 milliards de rabais et vous voulez 11 milliards pour la
05:45seule France ?
05:47Plus en réalité. Vous prenez l'Allemagne, elle a obtenu 3,7 milliards, les Pays-Bas 1,9 milliards, la
05:52Suède 1,1 milliards,
05:53l'Autriche 560 millions et le Danemark 377. Je pense que c'est important dans ces moments-là d'être
05:58assez précis.
05:59La vraie question...
06:00Donc 11 milliards, si vous adhésionnez tout ça, on n'est même pas à 11 milliards.
06:04Et là, vous voulez pour la seule France 11 milliards. C'est pour ça que je vous interroge sur le
06:07chiffre.
06:08Ah mais nous sommes très ambitieux et nous ne sommes absolument pas fatalistes, ça je vous le concède.
06:13Mais ce qui est important, c'est aussi de savoir en fait à quoi sert d'argent.
06:15Vous voyez, il y a un problème aussi à partir du moment où la France se donne beaucoup
06:19et ne reçoit pas assez malheureusement en face.
06:22Par exemple, entre 2021 et 2027, pour vous donner quelques idées, quelques exemples concrets,
06:26on a versé par le biais de l'Union Européenne jusqu'à 76 milliards d'euros
06:30de ce qu'on appelle la politique de cohésion à destination de la Pologne.
06:33Nous n'avons strictement rien contre la Pologne.
06:35Nous avons d'ailleurs de très bonnes relations avec nos partenaires et alliés polonais.
06:39Mais en fait, de la même manière qu'on fermait les usines en France,
06:42nous avons participé par cet argent au financement de l'ouverture d'autres usines
06:45dans d'autres conditions de travail à l'autre bout du continent.
06:48Comprenez qu'à un moment donné, il faut que l'argent revienne quand même aux Français.
06:51Alors merci beaucoup Gaëtan Dussosé.
06:53On va voir ce qu'il se passerait si Marine Le Pen, élue présidente,
06:58décidait unilatéralement de baisser la contribution de la France à l'Europe de 11 milliards.
07:03Parce que pour l'instant, ce n'est pas encore gagné.
07:06Elle n'a pas vraiment d'alliés pour défendre cette position.
07:08Nous sommes en ligne avec Eulalia Rubio, chercheuse à l'Institut Jacques Delors,
07:12spécialisée dans le budget de l'Union Européenne.
07:14Bonsoir.
07:15Bonsoir.
07:16Alors qu'est-ce qu'il se passerait si Marine Le Pen baissait,
07:18décidait de baisser la contribution de la France à l'Europe de 11 milliards ?
07:23Alors effectivement, comme vous avez déjà dit, en fait, le RAV, on le négocie chaque cette année.
07:29Donc le RAV, dont il bénéficie les cinq États membres qui ont été déjà cités,
07:34c'est le RAV qui ont été négociés en 2020.
07:37Donc ce n'est pas possible pour un État unilatéralement de décider de diminuer la contribution au budget européen
07:43d'une année à l'autre.
07:44Dans les cas que Marine Le Pen l'ait fait pour l'année 2027,
07:49il enclencherait une procédure d'infraction parce qu'elle se mettrait hors la loi européenne
07:55qui oblige à faire cette paiement comme il a été convenu en 2020.
08:00Et au bout de cette procédure d'infraction, il y a quoi ?
08:04Donc il pourrait y avoir une pénalité, ça arriverait jusqu'à la Cour de justice de l'Union Européenne,
08:08et il pourrait imposer une pénalité sous forme d'intérêt à payer sur la base de paiements doux.
08:14Et voilà, donc ça serait ça à la fin.
08:16Donc la France devrait payer encore plus de ce qu'elle doit payer selon les règles actuelles.
08:22Il y a d'autres pays qui veulent baisser leurs contributions à l'Europe, voire baisser le budget de l
08:26'Europe ?
08:28Il y a deux pays, il y a le groupe de Fruo qui bénéficie déjà de la correction,
08:34qui veut maintenir la correction de laquelle il bénéficie aujourd'hui.
08:38C'est une chose que la Commission a proposée d'enlever ces corrections et ces pays demandent de maintenir.
08:44Il faut dire qu'en fait, comme on financie aujourd'hui le budget européen, c'est assez proportionnel, c'est
08:49assez juste,
08:50parce qu'on le financie et chaque État membre en fonction de son revenu national brut de manière proportionnelle.
08:56C'est-à-dire que tous les États payent le même pourcentage de son revenu national brut pour financer le
09:02budget européen.
09:02Et donc c'est vrai que ça peut se poser la question de pourquoi on doit appliquer ces corrections à
09:08certains États membres.
09:10Merci beaucoup Lalia Rubio. Merci, c'était la preuve par trois.
09:17Dans un instant, le journal de campagne d'Agnès Bonfillon et puis Donald Trump est-il en train de précipiter
09:21la défaite de l'Ukraine ?
09:23Kiev l'accuse d'avoir coupé Starlink, le réseau de satellites qui permet de repérer les missiles russes avant qu
09:28'il ne frappe.
09:28Comment faire sans Starlink ? Les Européens servent-ils à quelque chose ?
09:32On va en débattre dans les grands esprits, ce rencontre, mais d'abord une pause et l'essentiel de l
09:36'info d'Alban Leprince.