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Dans sa dernière étude “La voix des jeunes”, For Youth pointe les aspirations de la jeune génération française par rapport au monde du travail. Volonté de s’impliquer, de prendre des responsabilités, mais pas de sacrifier sa vie personnelle pour réussir… Les enfants ne sont pas prêts à faire les mêmes carrières que leurs aînés. On en parle avec la présidente de For Youth Laïla Mamou.
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00:03Générique
00:12Le Cercle RH est un grand entretien pour parler de la jeunesse.
00:16Alors, c'est vrai que depuis quelques semaines, on ne parle que d'elle, de cette jeunesse,
00:20une jeunesse qui est descendue dans la rue et qui descend dans la rue partout en France
00:25pour dénoncer des conditions médiocres dans les lycées, avec une jeunesse d'ailleurs relayée depuis quelques jours
00:33par les étudiants des universités, par des parents d'élèves.
00:35Cette jeunesse, on en parle avec vous, Laila Mamou.
00:38Ravi de vous accueillir.
00:39Vous êtes directrice d'engagement citoyen au Crédit Agricole, Personal Finance and Mobility,
00:44et présidente de For Youth.
00:46On va revenir sur cette étude.
00:48Alors, j'ai envie de dire, elle tombe à point nommé, cette étude,
00:50puisqu'elle vient proposer une photographie de ces jeunes qui ont été interrogés
00:54sur la manière dont ils se perçoivent, la manière dont on les perçoit,
00:58la manière dont ils regardent l'entreprise et leur réussite sociale.
01:01Quelques mots sur vous.
01:02Je voudrais m'arrêter un instant parce que ce n'est pas comme ça un titre de gloire,
01:07c'est un engagement profond d'un quart de siècle.
01:10Auteur de Leader en conscience, édition le matin, Laila Mamou, avec Younes Bellatif.
01:16C'est votre dernier livre.
01:17Et puis cet engagement de 25 ans, il dit quoi de vous, Laila Mamou ?
01:23Eh bien, il dit que quand on a eu la chance de pouvoir émerger d'une famille modeste,
01:32eh bien, on n'a pas juste ce devoir de, cette envie en tout cas juste de savourer.
01:37On ne peut pas la savourer seule.
01:38Quand on a eu la chance de tomber sur des personnes qui nous ont guidées,
01:42des parents qui ont fait ce qu'il fallait,
01:45eh bien, c'est aussi à notre tour de tendre la main à ceux qui n'ont pas eu cette
01:48chance.
01:48Et donc, pour moi, c'est ça qui m'a toujours...
01:50Moi, c'est rendre.
01:52Et ça fait 25 ans, mon credo, c'est si on ne s'occupe pas de la jeunesse,
01:55elle viendra s'occuper de nous.
01:57Ce qu'elle fait.
01:58Voilà.
01:58Et voilà, ça fait 25 ans que je suis sur le terrain,
02:02à côté de mes fonctions de dirigeante.
02:06D'ailleurs, j'ai beaucoup utilisé ma position de dirigeante
02:09pour aller faire du plaidoyer et porter des actions.
02:13Et en fait, l'idée, c'est quand on a eu la chance de réussir,
02:17et vous allez voir que la notion de réussite de ma génération
02:20n'est pas celle de la génération, en tout cas, que nous avons étudiée.
02:24Il n'a pas n'importe quel prix.
02:27Absolument.
02:27Eh bien, justement, c'est de pouvoir aller vers ces jeunes
02:30et leur dire, si moi, je suis arrivée, vous pouvez y arriver.
02:34Alors, ce n'est pas juste des belles paroles, c'est des actions.
02:37C'est 25 ans de terrain, c'est 25 ans à aller dans le monde rural,
02:41que ce soit en France ou au Maroc, d'ailleurs.
02:44Puisque j'ai commencé mon combat à commencer en France, au Maroc,
02:48et quand je suis arrivée il y a 8 ans,
02:50j'ai juste trouvé naturel de le continuer.
02:54Fonds de dotation for youth, il faut le préciser, c'est intéressant,
02:57parce qu'il est intimement lié au crédit agricole.
03:0125 ans, quand vous créez, quand vous créez ce fonds de dotation,
03:04c'est quoi l'esprit ?
03:05Parce que, d'abord, le crédit agricole est une banque, on le sait.
03:08Banque de détails, banque de finances.
03:11Comment on place for youth dans le...
03:14Alors, moi, j'ai d'abord un background financier,
03:17donc j'ai d'abord été dirigeante pendant 20 ans CEO.
03:20C'est ok, à un moment, je me dis ok, mais si je reste encore CEO,
03:23ça ne va rien m'apporter à moi personnellement.
03:26J'ai la chance d'être dans un groupe qui porte des valeurs exceptionnelles.
03:30Et donc, quand j'ai proposé qu'on crée ce fonds de dotation pour les jeunes,
03:34je vais me dire les jeunesses, parce qu'en fait, on ne peut pas mettre la jeunesse...
03:39Elle est vraiment plurielle.
03:40C'est une des questions, une jeunesse ou des jeunesses ?
03:42Ce sont des jeunesses, avec des particularités, avec des spécificités,
03:47mais quand même avec une seule envie qu'on retrouve partout,
03:52qui transcende toutes les couches sociales.
03:54C'est cette demande de respect, cette envie d'être écoutée,
03:58cette envie d'exister.
04:01Et donc, ce fonds de dotation, il a pour but de positionner le crédit agricole
04:05comme étant une banque qui fait attention justement à ses jeunesses
04:11et à travers des actions concrètes.
04:13Un fonds de dotation, c'est des moyens, c'est des actions, c'est de l'impact.
04:16Nous avons accompagné, maintenant ça fait 3 ans, 5 000 jeunes.
04:20Ils sont référencés, nous avons des sorties positives vers l'emploi,
04:24ce que nous mesurons, nous avons des sorties positives vers la classe supérieure.
04:28Et donc, c'est un fonds qui est vraiment porté par des actions très précises.
04:33On n'a pas voulu rester uniquement cantonnés à « je mets des fonds »,
04:38« je fais une action », « je mesure de l'impact ».
04:40On s'est dit, à notre échelle, puisque nous sommes une banque universelle,
04:45et nous avons la chance d'être en contact avec tout l'écosystème,
04:48eh bien, sortons de notre périmètre de banque
04:53et allons voir ce qui se passe avec tout l'écosystème.
04:57Nous voulons engager tout l'écosystème dans cette cause.
04:59C'est original, venant d'une banque.
05:00Absolument, absolument.
05:02Qui sort son cœur de métier.
05:03Absolument.
05:04C'est pour ça que je suis aussi sortie de mon poste précédent
05:09où je dirigeais Sauf-Inco pour pouvoir me consacrer à cette cause.
05:14Et je m'y consacre avec un background de dirigeant en se disant
05:17« on ne fait pas de la philanthropie, on fait ça parce que ça fait partie
05:21de l'ADN de l'entreprise et de sa stratégie ».
05:24J'y vois, et on va revenir sur l'étude dans le détail,
05:27parce qu'on voit une jeunesse avec un décalage de regard
05:29entre le monde des boomers, des adultes,
05:31qui ont un point de vue très négatif sur la jeunesse.
05:35La jeunesse, elle la trouve paresseuse.
05:37Alors que la jeunesse se trouve passionnée, engagée et stressée.
05:41Mais on y voit dans votre discours tout de même
05:43une certaine angoisse existentielle de se dire
05:45« attention, à force de ne pas regarder cette jeunesse,
05:49un jour elle va entrer dans l'entreprise,
05:51elle va prendre pied dans l'entreprise
05:52et on va avoir des difficultés ».
05:54Est-ce qu'il y avait comme ça cette angoisse un peu sous-jacente ?
05:57Il y avait ce questionnement.
05:58Parce qu'aujourd'hui, le seul endroit
06:01où il y a une réelle mixité sociale,
06:03il est où ?
06:04Il est dans l'entreprise.
06:05C'est vrai.
06:06Il n'est plus dans l'école, il n'est plus dans les quartiers.
06:08Tout est cloisonné.
06:10Mais le seul endroit où tout le monde
06:13est là, tout le monde doit vivre ensemble,
06:15ça reste quand même l'entreprise.
06:17Et donc, cette idée d'enquête
06:19que nous avons faite auprès de la voix des jeunes,
06:22c'était quoi l'objectif ?
06:23C'était de se dire « ok, nous,
06:25on pense des choses sur les jeunes,
06:27on a notre avis. »
06:28Mais on a nos biais.
06:31C'est réel, c'est pas réel.
06:33Moi, j'ai lu plein d'études en me disant
06:35« bon, je vais me baser sur des études,
06:37il y en a plein, c'est pas la peine d'en rajouter une. »
06:40Et en fait, je me suis dit
06:40« on va adopter une autre méthode. »
06:43On est allé écouter 85 jeunes
06:46qui viennent de 37 villes différentes de France.
06:49Et on a toutes les couches,
06:51tous les panels.
06:52On a les accidentés de la vie,
06:56ceux qui ont fait des études brillantes,
06:57on a l'handicap, l'handicap,
06:59on a les jeunes de l'ASE,
07:00on a tout.
07:01Le monde rural, les banlieues.
07:03Et en fait, on n'aura pas posé de questions.
07:05On aura juste dit
07:06« c'est quoi la réussite pour vous ? »
07:08On ne voulait pas venir avec un questionnaire,
07:10parce que quand on fait un questionnaire,
07:11on guide la réponse.
07:13La réussite, c'est quand même très intéressant.
07:14Vous démarrez par le sujet important,
07:16c'est pas à n'importe quel prix.
07:18Voilà, on dit « c'est quoi la réussite pour vous ? »
07:19Je ne m'attendais pas au résultat.
07:21Je me suis dit « on va poser les questions. »
07:23« C'est quoi la réussite ? »
07:24« C'est quoi le travail ? »
07:25« Comment vous voyez le monde du travail ? »
07:27En fait, on est allé les questionner
07:28sur la façon dont ils nous regardent.
07:30Et quand on leur parle de réussite,
07:32contrairement à ma génération,
07:34où la réussite, il fallait être PDG,
07:36avoir un salaire,
07:38un gros salaire,
07:38une existence sociale
07:41qui était liée au poste,
07:43aujourd'hui, les jeunes,
07:45ce qui est marrant,
07:46c'est que dans les 40% des réponses,
07:48des premières réponses,
07:50c'est tout ce qui est immatériel.
07:51Ils veulent de la famille,
07:54ils veulent avoir des amis,
07:55ils veulent avoir de la passion,
07:56ils veulent être libres.
07:57À un côté, il y a le côté matériel.
08:00Et ce qui est étonnant dans ce côté matériel,
08:02les jeunes, ils se disent
08:03« mais finalement,
08:05quelle que soit la réussite de nos parents,
08:08on n'a pas envie de faire comme eux. »
08:09Qu'ils aient réussi,
08:11et que ça leur a coûté trop
08:13en termes de temps.
08:14Avec le sacrifice qui va.
08:15Voilà.
08:16Et ceux qui sont dans des familles modestes,
08:18ils disent « mais moi,
08:19j'ai vu mes parents galérer 15-20 ans
08:21dans la même entreprise
08:22pour avoir 50 euros d'augmentation
08:24tous les 3 ans. »
08:25En fait, c'est ce modèle-là
08:26qui est en train de changer.
08:28Juste ce petit témoignage.
08:30On a une projection de réussir sa vie
08:31en gagnant de l'argent,
08:32en devenant PDG cadre,
08:34mais c'est s'engager pour des causes,
08:36partir dans des métiers passionnés,
08:38passionnants,
08:38aller au-delà des idées préconçues.
08:41C'est ce que nous dit Sofiane,
08:42qui est étudiant,
08:43fait partie des 85 interrogés.
08:45Quand même,
08:45ça pose une question à la dirigeante
08:47que vous êtes.
08:48C'est-à-dire que vous recevez
08:49cette photographie,
08:49ce bruit de fond,
08:51et en même temps,
08:52vous avez des dirigeants
08:54quand même
08:55qui vous disent aujourd'hui
08:56comment je fais
08:57pour intégrer cette jeunesse.
08:58Et on a le sentiment
09:00d'être sur une ligne de crête.
09:01Il y a une sorte d'inquiétude
09:02des deux côtés.
09:04Absolument.
09:04Elle est vraiment des deux côtés,
09:07confirmée par l'étude quantique
09:08qu'on a fait encore
09:09auprès de 3 000
09:10parce que ce que nous ont dit
09:11les 85,
09:12on a quand même voulu
09:12aller le vérifier.
09:13Et donc, ça s'est confirmé.
09:15On a vraiment...
09:16Et ce qui s'est confirmé,
09:18c'est un peu ce que vous disiez
09:20au début,
09:21c'est pas nous
09:22qui portons un avis
09:24sur ces jeunes
09:24comme quoi ils sont
09:27paresseux.
09:28C'est eux qui se disent
09:29moi...
09:30On nous regarde
09:30comme paresseux.
09:31Moi, je ne me sens pas paresseux.
09:33Et on nous regarde.
09:3475 % des jeunes disent
09:36mais finalement,
09:37les adultes,
09:37ils nous regardent
09:38comme paresseux.
09:39Donc en fait,
09:40on leur a posé
09:41la question à eux
09:42et on leur a dit
09:42mais comment est-ce
09:43que la société
09:44vous regarde ?
09:45Mais quand on parle
09:46aux adultes,
09:47ils ne vont pas vous dire
09:48mais moi, je les vois.
09:50Et donc en fait,
09:51quand vous mélangez
09:51deux perceptions,
09:53vous imaginez un peu
09:54le bazar que ça fait
09:55et surtout l'écart.
09:57Et c'est pour ça
09:57que cette étude,
09:58elle parle surtout
10:00d'un malentendu.
10:01Il y a un écart
10:02qu'il faut traiter.
10:03Il y a un écart de perception
10:04qu'il faut traiter.
10:05Mais c'est une photo.
10:07La voix de la jeunesse,
10:09c'est une photographie
10:09très riche,
10:10très puissante.
10:11Comment on la traite,
10:12vous qui analysez
10:13et auscultez ce sujet ?
10:14Vous avez été dirigeante
10:15et vous l'êtes toujours
10:17en votre foire intérieure.
10:18Comment on traite ce sujet ?
10:20Comment on fait ?
10:21Alors,
10:22l'entreprise
10:23a un rôle,
10:24a une obligation
10:25par rapport
10:26à cette question
10:27et je parle
10:28en tant que,
10:29par rapport
10:29à mon expérience.
10:31Personnellement,
10:32les actions
10:33que j'ai mises en place
10:35et qui ont vraiment
10:37eu de la résonance,
10:38c'est quand on recrute
10:40quelqu'un,
10:41on lui explique
10:41pourquoi il est là.
10:42C'est important
10:43de savoir
10:43pourquoi je dois rentrer
10:44dans cette entreprise.
10:45Pourquoi on a besoin de lui ?
10:46Pourquoi j'ai besoin de lui ?
10:48Pourquoi ça fait sens
10:48pour moi,
10:49entreprise,
10:50de recruter cette personne ?
10:52Il faut que le deal
10:53soit gagnant-gagnant.
10:54Quand je recrute,
10:56il ne faut pas être
10:56en position haute.
10:58C'est ça qui est important.
11:00On est...
11:00C'est-à-dire,
11:01j'offre un poste,
11:04mais la personne
11:04m'offre aussi
11:05sa curiosité.
11:07Elle va m'apporter...
11:08Voilà.
11:08Elle va m'apporter
11:09son côté innovant.
11:10Et ce qui a
11:11beaucoup marché...
11:12Je ne suis pas un pion
11:13qu'on déplace
11:13à la guise du RH
11:14ou du dirigeant.
11:15C'est ce que vous dites.
11:16Voilà.
11:17Et ce qui a beaucoup marché,
11:18je le teste encore
11:19avec le fonds de dotation,
11:20c'est une très,
11:21très belle expérience
11:22pour moi,
11:23c'est de donner
11:24la possibilité
11:25aux jeunes
11:26de contribuer
11:27à la vie de l'entreprise.
11:28Quand vous vous êtes recruté,
11:29vous êtes un N-5,
11:31un N-6,
11:31c'est quand même de loin
11:32de là où ça se passe.
11:34Il faut le dire.
11:35Voilà.
11:36C'est comme ça.
11:37Oui,
11:37mais on peut
11:38travailler différemment.
11:40j'ai personnellement
11:41mis en place
11:42des comités jeunes.
11:43Ce n'est pas
11:43un truc cosmétique.
11:44Ce n'est pas un truc
11:45pour dire,
11:45regardez,
11:46je mets les jeunes
11:46dans un comité,
11:48je fais attention aux jeunes.
11:49Non.
11:49Ce n'est pas un gadget.
11:50Ce n'est pas un gadget.
11:50c'est un vrai comité.
11:52Le patron,
11:53il y siège
11:54tous les mois
11:55et avec un plan d'action,
11:57il écoute
11:58et regarde
11:58d'abord la sélection
11:59pour faire rentrer
12:00les jeunes dans ce comité.
12:01Il y a quand même
12:02une demande,
12:03une sélection,
12:03donc on ne vient pas
12:04avec un plan d'action.
12:05Et à la fin de l'année,
12:07il y a un bilan
12:07et les meilleurs,
12:09c'est une accélération
12:10dans leur carrière
12:13quand ils ont eu la chance
12:14de rentrer
12:15dans ce comité.
12:16C'est comme d'incubateurs
12:17aussi qui permettent
12:17d'ouvrir.
12:19Absolument.
12:19Comme Laila Mamou,
12:22leader en conscience,
12:23c'est votre livre,
12:23je le redis
12:23aux éditions du matin,
12:25on voit chez vous
12:26quand même
12:26cette vision
12:27au-delà du simple
12:28secteur bancaire
12:28de diriger l'entreprise
12:29et de faire du capiaille,
12:32même si par ailleurs
12:32c'est très utile.
12:33Deux sujets émergent
12:34de l'étude.
12:35Un sujet sur l'insertion
12:37des jeunes.
12:39Pas diplômés
12:39ou diplômés,
12:41il y a un problème
12:42et puis je lis
12:43très clairement
12:44que cette jeunesse
12:45est stressée.
12:46C'est le mot utilisé
12:46dans l'étude
12:47qui renvoie évidemment
12:48aux enjeux
12:49de santé mentale.
12:49D'abord sur l'insertion.
12:51On voit aujourd'hui
12:52des études dramatiques
12:53qui nous disent
12:53même les jeunes diplômés
12:54dans des grandes facs américaines
12:56qui mettaient 15 jours
12:57à trouver un emploi,
12:58aujourd'hui mettent 6 mois,
12:59un an à trouver un emploi.
13:01Enfin, je veux dire,
13:01ça génère quand même
13:03chez eux
13:03des angoisses terribles.
13:04C'est une réalité.
13:05C'est une réalité.
13:06C'est une réalité.
13:06Et les jeunes d'aujourd'hui
13:08ils sont face à cette angoisse.
13:09Un, il y a l'angoisse
13:10du premier poste.
13:13Et cette angoisse,
13:14vous savez,
13:14on a posé la question aux jeunes
13:16pour leur dire
13:16c'est quoi le...
13:18Qu'est-ce qui va vous permettre
13:20d'accéder à ce premier poste ?
13:21C'est les diplômes,
13:22c'est l'expérience.
13:23La première marche.
13:23La première marche.
13:24C'est le réseau.
13:26Loin devant les diplômes,
13:28loin devant l'expérience.
13:29C'est quand même...
13:31Et ça montre
13:32que ces jeunes-là,
13:33ils ont besoin
13:34qu'on leur prenne la main
13:35pour ouvrir la première porte.
13:37C'est ça qui fait
13:38qu'on va mettre
13:39six mois, un an.
13:40Après, il y a une réalité.
13:42Elle va malheureusement
13:43s'accentuer.
13:45C'est que,
13:45eh bien,
13:47malgré qu'aujourd'hui
13:47on ait fait des bonnes études,
13:49ce qu'on peut appeler
13:49les bonnes études,
13:51il n'y a plus autant
13:53de débouchés.
13:53Et vous savez
13:54ce qu'on a découvert
13:55dans l'étude ?
13:56C'est que les jeunes
13:57à qui on a dit
13:58il faut faire,
13:58c'est ce qu'eux,
13:59ils disent.
14:00Faire un Bac plus 2
14:01parce qu'avec un Bac plus 2
14:02vous allez être opérationnel.
14:04Il y a tellement
14:05de Master 1,
14:06Master 2 sur le marché
14:07que finalement
14:08ils se font vite déclasser
14:09ces Bac plus 2.
14:10Ils disent
14:10mais finalement
14:11on a fait un choix
14:12court pour travailler,
14:14être rentable,
14:14enfin,
14:15gagner notre vie
14:16et finalement
14:17on se fait encore déclasser
14:18par...
14:19Il y a une autre idée
14:20qui est parue
14:20pardon de vous interrompre
14:21sur cette...
14:22Allez-y.
14:22C'est les jeunes
14:24qu'est-ce qu'ils nous disent aussi ?
14:26Changez votre manière
14:27de recruter.
14:28Arrêtez de prendre
14:29toujours les mêmes profils.
14:31Sortez du cadre.
14:31Une endogamie...
14:32Voilà,
14:33sortez du cadre.
14:34On en revient au sujet
14:34qui est posé par les jeunes
14:35dans la rue.
14:36Des lycées de 7h30,
14:38des lycées même en province
14:40qui ont le sentiment
14:41d'être dans une forme
14:42de relégation sociale.
14:44Ça,
14:44c'est un sujet aussi
14:45que vous portez
14:45parce qu'il parle d'anxiété,
14:47je le dis,
14:47anxieux
14:47parce qu'on évolue
14:49dans une société
14:49hyper anxiogène
14:50sur plein de plans,
14:52politiquement,
14:52sur le plan environnemental aussi
14:54qui renvoie aux angoisses
14:55climatiques.
14:56Il y a une relégation sociale
14:57d'une partie de notre jeunesse ?
14:59En tout cas,
15:00ils la ressentent.
15:01Ils la ressentent.
15:02Et nous,
15:02nos entreprises,
15:04notre responsabilité,
15:05elle est où ?
15:06Elle est que,
15:07dans nos processus
15:07de recrutement,
15:08on doit être très clair.
15:09On doit être transparent.
15:12Ce qu'on pourrait faire
15:13mieux encore,
15:15c'est que lorsqu'on reçoit
15:16pléthore de CV,
15:18au moins de répondre,
15:19au moins de dire non,
15:22au moins de dire
15:24en plus on peut le faire
15:25avec l'IA,
15:26essayez d'améliorer ça
15:27sur votre CV,
15:28il passerait mieux ailleurs.
15:29Enfin,
15:30qu'on puisse avoir
15:31des jeunes qui me disent
15:32mais j'ai écrit 100 fois,
15:34100 CV.
15:34On l'entend.
15:35Sans réponse.
15:36Il n'y a pas
15:37une seule sortie que je fais
15:38où je ne reviens pas
15:39avec des CV entre des demandes
15:41de stage,
15:41d'alternance.
15:42Ce n'est pas possible.
15:43Il y a énormément
15:44de demandes
15:45et pas assez d'offres.
15:47Mais dirigeante que vous êtes,
15:49vous parlez avec d'autres dirigeants
15:50parce que vous êtes aussi
15:51une femme engagée,
15:52vous êtes une femme leader.
15:53Vous êtes une femme inspirante
15:54d'une certaine manière
15:55parce que vous pouvez donner
15:56à ceux qui nous regardent
15:56l'envie de vous s'engager aussi.
15:58Il y a de ça chez vous.
16:01Quel conseil vous leur donnez
16:02à ces femmes et hommes
16:03aujourd'hui dirigeants
16:05qui n'ont pas un fonds de dotation
16:06qui s'occupe de la jeunesse
16:07en leur disant
16:08« N'ayez pas peur
16:09de cette jeunesse ? »
16:12En faisant très attention
16:13à ce que je veux dire
16:14parce que je n'aime pas
16:15me positionner
16:15en donneur de leçons.
16:17À travers votre expérience.
16:18Ce qui, moi,
16:19m'a aidée
16:20dans mon poste de dirigeant,
16:22c'est de rester toujours
16:23ancrée dans le terrain.
16:25Toujours de savoir
16:26ce qui se passe.
16:27Quand je vais dans un lycée,
16:29quand je rencontre des jeunes,
16:30quand je vais rencontrer
16:31un amphi,
16:32je sens ce qui se passe.
16:34Et ça nous aide
16:34à réfléchir même
16:35quand on travaille
16:36sur la vision
16:37de l'entreprise.
16:39Et c'est cet ancrage,
16:40c'est ne pas être déconnecté.
16:43Et en fait,
16:43ce qui se passe,
16:45ce malentendu,
16:46il y a aussi un peu
16:46de déconnexion
16:47des deux côtés.
16:48Vous voyez ?
16:49Et pour revenir
16:50au rôle de l'entreprise
16:52par rapport
16:53à ces jeunes,
16:54j'ai envie de partager
16:56parce qu'on dit
16:58les jeunes,
16:58ils n'ont pas envie
16:59de travailler, etc.
17:00J'ai fait une expérience
17:01et franchement,
17:02j'y suis allée comme ça
17:03en disant
17:04on va voir ce qu'elle va donner.
17:05Quand on a créé
17:06le fonds de dotation,
17:08j'ai dit
17:08si on veut travailler
17:09pour les jeunes,
17:11il faut être capable
17:12de les écouter.
17:13Je ne peux pas,
17:14moi,
17:14à mon âge,
17:15venir penser
17:16à la place des jeunes.
17:18Donc,
17:18je peux impulser
17:19avec mon expérience,
17:20mais voilà.
17:22Eh bien,
17:22on est allé recruter
17:23des jeunes
17:24de l'extérieur
17:24qui connaissent
17:26le crédit agricole,
17:27qui sont engagés,
17:28qui ont moins de 30 ans,
17:30et qui ont un cursus.
17:31J'ai dit
17:31je veux travailler
17:32sur le monde rural,
17:33je veux un jeune
17:33qui vient du monde rural,
17:34je veux un jeune de banlieue,
17:36un porteur d'handicap.
17:38Et on a constitué
17:40un comité des jeunes.
17:42Qu'est-ce qu'il fait
17:43ce comité des jeunes ?
17:44D'abord,
17:44ils travaillent gratuitement
17:45pour nous.
17:46C'est important de le dire.
17:47Gratuitement.
17:48Ils viennent tous les deux mois,
17:49ils passent
17:50toute une après-midi
17:51à nous challenger
17:52sur toutes les actions
17:53qu'on veut faire
17:54pour les jeunes.
17:54Ils nous disent ça,
17:55c'est bullshit.
17:56Ça,
17:57si c'est vous qui le pensez,
17:58mais ce n'est pas de ça
17:59dont on a besoin.
17:59On a plutôt besoin de ça.
18:01Ils ont un siège
18:02au niveau du conseil d'administration,
18:04de la fondation,
18:05et ils viennent défendre
18:06les projets.
18:07Vous le faites remonter
18:08à un étage supérieur,
18:09c'est ce que vous nous dites ?
18:09Bien sûr.
18:09Vous avez peur
18:10sur les enjeux politiquement,
18:12anxiogènes politiquement
18:13et sur le plan environnemental.
18:14À qui vous l'apportez ?
18:15Vous le déposez
18:16sur quel bureau de ministre ?
18:17Le Premier ministre ?
18:18D'accord.
18:19Non mais je...
18:20C'est un vrai programme ?
18:22Alors,
18:22le programme,
18:23merci de poser la question,
18:25parce qu'en fait,
18:25cette étude,
18:26quand on l'a faite,
18:27ce n'était pas juste
18:28pour faire une énigme étude
18:28et la mettre dans un témoin.
18:30On a ce qu'on appelle
18:32maintenant la post-étude,
18:32c'est quoi ?
18:33C'est qu'on a pris
18:34trois, quatre thèmes.
18:35La mobilité, par exemple,
18:36puisque nous,
18:36on a...
18:37Grand sanger en zone rurale
18:38et pas seulement.
18:39Eh bien,
18:39la première fois,
18:40nous avons monté un atelier
18:42la semaine dernière
18:43avec 50 participants
18:45et ces participants
18:46viennent de tout
18:47l'écosystème de l'automobile.
18:49Les assureurs,
18:50les associations,
18:51les entreprises privées,
18:52les constructeurs,
18:52les importateurs,
18:5450 personnes,
18:55où on a passé l'après-midi
18:57à se dire,
18:57OK,
18:59réfléchissons tous,
18:59mettons,
19:00en fait,
19:01c'est ça,
19:02ce qui est intéressant
19:03dans ce qu'on a fait,
19:04c'est de se dire,
19:05le jeune,
19:06il est au milieu.
19:06Et comment on lui permet ?
19:08On travaille pour le jeune.
19:09On n'est pas là
19:09en train de tirer la couverture.
19:11Ce jeune-là,
19:12comment nous,
19:13écosystème,
19:14on va régler son problème
19:15de mobilité ?
19:16Il y a une première idée.
19:17Avec tous les acteurs,
19:18c'est-à-dire les assureurs,
19:20les transporteurs.
19:21C'est bien beau de dire,
19:22ah oui,
19:23mais sortez-nous un leasing solidaire.
19:26OK,
19:26mais qui va le payer ?
19:28Sortez-nous un produit pas cher.
19:29OK,
19:30l'assurance,
19:30qui va la payer pour un jeune
19:31qui n'a pas de garantie,
19:33etc.
19:34Qui va payer le permis ?
19:35Qui va payer le permis ?
19:36Qui va payer le premier véhicule ?
19:39Tout ça,
19:40eh bien,
19:40il y a des...
19:41Alors,
19:41ce qui est intéressant,
19:42c'est que moi,
19:42je pensais qu'avec un atelier,
19:44on allait arriver.
19:45Eh bien non,
19:46parce que finalement,
19:46il y a eu tellement d'idées
19:47que cet atelier
19:49va donner lieu
19:50à plusieurs micro-ateliers
19:51dans lesquels
19:52cinq,
19:53six personnes vont prendre
19:53un sujet
19:54et là,
19:55on va arriver avec notre manifeste
19:56pour faire bouger les...
19:57Donc,
19:57il ne m'avait pas répondu,
19:58mais tout ça va peut-être
19:59finir par atterrir
20:00sur le bureau du Premier ministre
20:01dans la période
20:02dans laquelle on est
20:03qui est assez complexe.
20:04C'est intéressant
20:05de nourrir aussi
20:06la pensée des politiques.
20:07Il faut qu'il l'écoute,
20:08mais bon,
20:08nous,
20:08notre rôle,
20:09c'est vraiment...
20:09De lui dire qu'on est...
20:11De lui dire qu'on est...
20:14vraiment un vrai plaisir.
20:15Leader en conscience
20:16et puis à la tête
20:18de For Youth
20:20qui est une étude passionnante.
20:22On peut aller la voir
20:22sur le...
20:23Ah oui,
20:23franchement,
20:24lisez-la.
20:25Elle va permettre
20:26aux dirigeants
20:26qui nous regardent,
20:27au DRH,
20:28peut-être de modifier
20:30le regard qu'ils portent
20:31sur cette jeunesse
20:31qui a envie,
20:32qui a vraiment un désir
20:33de réussir.
20:34C'est un vrai plaisir
20:35de nous accueillir.
20:36Cher Laila,
20:36merci pour cette belle émission.
20:38Merci à toute l'équipe.
20:39Merci à Paul
20:40à la réalisation.
20:41Merci à Nicolas
20:43pour la programmation.
20:45Et puis merci
20:45à notre ami ingénieur du son
20:46que je remercie.
20:48Merci à vous
20:48pour votre fidélité.
20:50Je vous dis
20:50à très très bientôt.
20:51Bye bye.
20:51Sous-titrage Société Radio-Canada
20:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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