00:05Bonjour et bienvenue dans ce tout nouvel épisode de Business Africa, je suis Ronald Kato.
00:10Cette semaine, l'Afrique reste un importateur net de médicaments, mais que faut-il pour mettre en place une capacité
00:17de production pharmaceutique locale solide ?
00:24Pas de bruit, pas de fumée. Nous vous proposons un reportage sur la transition du Kenya vers la mobilité électrique
00:31et ses conséquences sur la qualité de l'air.
00:37Les loyers exorbitants dans la capitale ivoirienne poussent les entreprises et les ménages au bord du gouffre.
00:48Merci de nous suivre.
00:50L'Afrique importe entre 70 et 80% de l'ensemble des médicaments consommés sur le continent.
00:55En ce qui concerne les principes actifs pharmaceutiques, éléments essentiels à la fabrication de tous médicaments, ce chiffre atteint 95%.
01:03Cela rend le continent vulnérable en cas de perturbation de la chaîne d'approvisionnement mondiale ou de pandémie.
01:12Sarah a mentionné et Dalia Hassan nous parlent des défis auxquels est confrontée l'Afrique dans sa quête de souveraineté
01:17pharmaceutique.
01:20Confrontée aux difficultés d'approvisionnement aux médicaments, vaccins, technologies et principes actifs pharmaceutiques pendant le Covid-19,
01:30l'Afrique s'est engagée à accélérer la production de médicaments.
01:34Mais les ambitions tardent à se concrétiser et freiner, notamment par un manque d'investissement et de technologies.
01:42Le continent ne produit que 3% des médicaments à l'échelle mondiale, mais représente 25% de la charge
01:49mondiale de morbidité.
01:51La dépendance de l'extérieur est encore plus marquée en matière de vaccins.
01:55L'Afrique importe environ 99% de ses approvisionnements aux vaccins.
02:01En RDC, par exemple, tous les vaccins utilisés pour lutter contre les épidémies d'Ebola sont importés.
02:08L'Afrique dépense environ 14 milliards de dollars par an pour importer des médicaments, des vaccins et des produits pharmaceutiques,
02:16ce qui entraîne une fuite importante de dévises étrangères.
02:20Pour réduire cette vulnérabilité, les experts recommandent la fabrication locale d'ingrédients pharmaceutiques actifs
02:27et encouragent le transfert de technologies.
02:31Lenya Swenda est la PDG de Medicine for Africa.
02:35Merci beaucoup, madame, de nous accorder votre temps.
02:39Pourquoi les gouvernements africains ont-ils du mal à attirer des investissements dans la fabrication pharmaceutique ?
02:47Le problème n'est pas qu'il n'y ait pas de demande en médicaments.
02:50Le problème, c'est que les fabricants sur le continent africain sont confrontés à des coûts d'investissement très élevés.
02:59Le marché est extrêmement fragmenté et le contexte politique est souvent assez incertain.
03:08Les investisseurs ont besoin d'être assurés que les produits dans la fabrication desquels ils investissent seront achetés.
03:17Si l'on prend l'exemple d'Aspen en Afrique du Sud,
03:21pendant la pandémie de Covid, l'entreprise a investi massivement dans des capacités de production stérile,
03:28anticipant qu'il y aurait une forte demande pour le vaccin contre la Covid-19.
03:35Mais les commandes sur lesquelles elles comptaient ne se sont pas concrétisées.
03:39L'entreprise s'est donc retrouvée avec des capacités sous-utilisées.
03:44C'est là un exemple illustrant qu'il y avait bien une demande,
03:49mais que celle-ci ne s'est pas traduite en opportunités financières viables.
03:57Quant à l'Africa CDC, il a en effet mis en place une initiative d'achat groupé
04:03qui pourrait résoudre ce type de problème,
04:06à savoir le manque d'accès au marché.
04:09Il tente d'y remédier en regroupant la demande,
04:13mais une participation plus large,
04:15avec par exemple davantage de pays adhérents à ce mécanisme d'achat groupé,
04:20et le maintien des engagements d'achat reste un défi de taille.
04:24Parlons de technologie.
04:26Que faut-il réellement pour qu'un transfert de technologie soit couronné de succès
04:30et permettre de développer un savoir-faire local durable ?
04:33Si vous prenez l'exemple du projet mené par Afriken en Afrique du Sud,
04:40cela illustre bien à quoi peut ressembler un transfert de technologie réussi.
04:46Cela nécessite une formation pratique,
04:49cela nécessite une expertise en matière de fabrication,
04:52il faut des systèmes de qualité solide,
04:56l'environnement réglementaire est essentiel,
04:58tout comme la capacité à résoudre les problèmes sur le plan technique.
05:01Mais cela nous ramène également au marché.
05:04Pour le produit en cours de développement,
05:07nous devons transférer les capacités de résolution de problèmes et la technologie,
05:12mais nous devons aussi en fin de compte disposer d'un marché,
05:16car le projet ne peut pas aboutir si le produit n'a pas de débouchés.
05:21Quelles sont les lacunes en matière de compétences
05:23au sein de la main-d'œuvre pharmaceutique africaine,
05:25et comment y remédiez-vous ?
05:28Il est évident que nous avons besoin d'une main-d'œuvre industrielle
05:31dans le secteur pharmaceutique,
05:33et pas seulement de davantage de diplômés en pharmacie.
05:36Cela signifie donc que nous devons former davantage d'ingénieurs des procédés.
05:41Nous avons besoin de chimistes spécialisés dans les principes actifs pharmaceutiques,
05:46c'est-à-dire de personnes spécialisées dans la fabrication de ces ingrédients indispensables
05:50à l'essor de l'industrie pharmaceutique.
05:52Nous avons besoin de spécialistes en bioprocédés
05:55qui comprennent le fonctionnement des processus de fabrication,
06:01de scientifiques en analyse,
06:03de professionnels de l'assurance qualité,
06:05et d'experts en réglementation.
06:08Il faut un large éventail de compétences pour créer cet écosystème
06:11qui permettra de mettre en place un environnement de fabrication performant.
06:17Et pour y parvenir, nous devons aligner nos méthodes de formation
06:21et les programmes dispensés dans les universités
06:24sur les besoins industriels réels des usines sur le terrain.
06:30Cela implique de développer l'apprentissage et des stages pratiques,
06:34car ce qu'il faut, c'est offrir aux diplômés une formation sur le terrain.
06:39Légnat Swenda, ravi de vous accueillir.
06:41Merci de nous avoir accordé votre temps.
06:43Merci Ronald. À bientôt.
06:50Le Kenya est à la pointe de la transition vers la mobilité électrique en Afrique de l'Est.
06:54Aujourd'hui, environ 15% des motos neufs vendues dans ce pays sont électriques.
06:59L'engouement du pays vers la mobilité électrique ne se limite pas aux deux roues.
07:03Les bus et les voitures électriques font leur apparition dans la capitale,
07:07mais la transition est loin d'être achevée.
07:10À Nairobi, le nombre de véhicules électriques a explosé ces dernières années.
07:15Une révolution qui pourrait améliorer considérablement la qualité de l'air dans cette ville asphyxiée par les embouteillages.
07:25Nous assistons à une transition majeure qui devrait s'opérer en quelques années.
07:30Nous allons passer de vieilles motos extrêmement polluantes à des motos électriques qui n'émettent aucune émission à l'échappement.
07:39L'essor de la mobilité électrique au Kenya ne se limite pas aux deux roues.
07:44Depuis 2022, l'entreprise kenyane Bazigo assemble localement et propose à la location des bus électriques neufs.
07:52De quoi offrir aux usagers des trajets plus propres et plus silencieux sans rejet polluant.
08:02A Nairobi, 70% des habitants prennent le bus chaque jour.
08:06C'est un maillon absolument essentiel de l'économie.
08:10Au Kenya, les transports restent largement tributaires des énergies fossiles, particulièrement polluantes.
08:16Dans la seule ville de Nairobi, 20 000 bus roulent encore au diesel.
08:20La transition vers une mobilité plus propre est donc loin d'être achevée.
08:25Nous sommes convaincus que le passage à l'électrique est essentiel pour rendre les transports plus durables et réduire la
08:32pollution, notamment sonore.
08:34Cela permettrait de diminuer considérablement les émissions à l'échappement tout en améliorant les revenus des conducteurs.
08:43Selon le Clean Air Fund, le transport routier est responsable de 40% de la pollution de l'air aux
08:49particules fines à Nairobi.
08:56A Abidjan, la capitale économique ivoirienne, trouver un logement ou s'installer pour ouvrir un commerce est devenu un véritable
09:03parcours du combattant.
09:04Le loyer d'un studio correct barille entre 100 000 et 150 000 francs, un montant bien supérieur au salaire
09:10minimum, fixé à 75 000 francs.
09:13Face à ces coûts élevés, les habitants se tournent vers la colocation.
09:20La Côte d'Ivoire fait face à une crise accélérée du logement ces dernières années.
09:24A Abidjan, la capitale économique, trouver un toit sans y laisser une partie de son salaire est désormais impossible.
09:29Dans presque toutes les communes, les prix de loyer dépassent largement le SMIC qui est pourtant fixé à 75 000
09:34francs.
09:34Pour de nombreux habitants comme Arnold, avoir une maison décente requiert beaucoup de coûts.
09:40Cette maison coûte d'abord 250 000, donc pour y accéder, on a dû payer 5 mois, c'est-à
09:46-dire 2 mois d'avance, 2 mois de caution et puis 1 mois d'agence.
09:50Face à la hausse vertigineuse des prix de loyer, plusieurs, comme Priscillia, préfèrent visiter de nombreuses propositions de maisons afin
09:56d'espérer trouver ce qui entre dans leur budget.
09:59J'ai trop, ils demandent souvent 6 mois, 7 mois.
10:01C'est comme ça, c'est en avance.
10:02Et puis en plus de ça, on va payer encore à part aussi pour eux.
10:06Côté des marchands immobiliers, cette flambée des prix de loyer se justifie par le degré du standing.
10:11Le pays connaît un déficit de logement estimé à plus de 800 000 unités selon le ministre de la Construction,
10:16du Logement et de l'Urbanisme.
10:18Face à cette crise, les promoteurs immobiliers sont obligés eux aussi de miser gros afin d'offrir un toit de
10:23qualité aux populations.
10:24Cette crise de logement, je pense qu'il faudrait que l'État se penche sur le problème de la fiscalisation
10:31de ces promotions immobiliers-là,
10:32faire une bonne défiscalisation, nous alléger les droits de douane et puis nous alléger certaines conditions aussi d'octroi, de
10:38permis de construire et des formalités à accomplir.
10:40Face à une demande qui ne faiblit pas et une offre de plus en plus à la hausse,
10:44les locataires appellent également les autorités à prendre des mesures pour démonter le secteur.
10:50Et c'est ainsi que s'achève cet épisode de Business Africa.
10:55Je suis Ronald Cato, l'actualité se poursuit à l'antenne et en ligne.
10:59A bientôt et rendez-vous pour le prochain épisode de Business Africa.