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Glisser de minuscules tuyaux en plastique par le poignet pour atteindre le cœur du cerveau : ce qui relevait de la science-fiction est devenu la routine du Pr Vincent Costalat au CHU de Montpellier.

Avec « plus de 3 000 interventions par an », son service soigne anévrismes, AVC et acouphènes sans ouvrir le crâne ni donner le moindre coup de bistouri.

Les anévrismes sont désormais colmatés en 15 à 20 minutes à l'aide de fils de platine - « coils » ou de - « stents » -, après une simulation préalable sur un « jumeau numérique » en 3D[3][7]. En cas d'« AVC », la thrombectomie mécanique permet d'aspirer le caillot sanguin en urgence. L'étude internationale LAST, pilotée par Montpellier et publiée dans le New England Journal of Medicine, a prouvé l'efficacité de cette intervention même sur les AVC étendus, démontrant que la zone privée d'oxygène reste « quadrillée de tissu qui survit ».

Désormais, les neuroradiologues explorent aussi le réseau veineux pour traiter les acouphènes pulsatiles et « écouter » l'activité électrique des foyers d'épilepsie réfractaire. Une discipline en pleine expansion qui, selon le spécialiste, aura atteint « la taille de la cardiologie dans 5 ans ».

§ #LePoint #LPT #Sciences #Futurapolis #VincentCostalat #Cerveau #Crâne #Opération #AVC #Anevrisme #Montpellier

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00:05Bonjour, alors aujourd'hui, grâce au professeur Kassala, qui est donc chef du département de
00:10neuroradiologie au CHU de Montpellier, nous allons rentrer dans son monde. Un monde fascinant. Vous
00:15allez voir, mais de vos yeux, voir comment il peut aller dans le cerveau des patients,
00:19comment ces spécialistes travaillent, ce qu'ils réussissent à faire aujourd'hui et ce qu'ils
00:23pourront faire demain. Donc merci Vincent de nous entraîner dans ce voyage merveilleux au sein des
00:30cerveaux de vos patients et on va commencer par un petit peu d'histoire. À quand remonte la première
00:34intervention de ce type ? Parce que c'est impressionnant. Oui, c'est impressionnant et donc
00:40merci encore de m'avoir invité. C'est un plaisir de venir ici. C'est un plaisir d'expliquer au
00:46Montpellier
00:46un peu ce qu'on fait aujourd'hui au CHU Montpellier. Et pas seulement au-delà, peut-être au monde
00:52entier,
00:52ce qu'est la neuroradiologie. Mais c'est une spécialité fascinante qui a commencé en fait
00:56quasiment dans l'après-guerre. En fait, ce que vous voyez comme imagerie, là, c'est la première
01:02artériographie cérébrale. On ne comprenait rien à ce qu'il y avait dans le cerveau en fait. C'était une
01:05boîte osseuse fermée. Les gens mouraient par balle, notamment à la guerre. On ne comprenait pas.
01:10Et il y en a un qui s'appelle Egas Moniz, un portugais. Il a eu l'idée, pour essayer
01:15de comprendre un peu ce qui
01:15passait dans le cerveau, de piquer directement la carotide avec une aiguille. Donc il n'avait pas peur, il n
01:20'y a pas froid aux yeux.
01:21Piquer directement dans la carotide, il a injecté un produit de contraste. Et ce produit de contraste, en fait,
01:26sous les rayons X, il était noir. Et l'os, lui, était transparent. Et donc il a pu opacifier
01:31les vaisseaux du cerveau. Et pour la première fois, on a pu voir ce qui se passait dans le cerveau.
01:36C'est la première artériographie cérébrale. Donc ça, c'est passionnant parce qu'il ne savait pas la porte
01:40qu'il ouvrait à ce moment-là. Il ouvrait une porte énorme pour de nouvelles techniques
01:45interventionnelles. Au début, c'était un pur diagnostic. C'est uniquement comme ça qu'on voyait
01:48à l'intérieur du cerveau. Ça a été supplanté par le scanner, par l'IRM, par plein de trucs.
01:52Mais le geste interventionnel est resté. Voir le cerveau pour la première fois,
01:56toute sa circulation cérébrale, ça devait être absolument magique.
01:59Oui, c'était magique. Alors c'était tellement irritant qu'il y en a qui faisaient des crises
02:01d'épilepsie au départ parce que le produit de contraste n'était pas adapté forcément.
02:06Il y avait quand même un petit peu de casse. Mais ça a été la première fois quand même
02:10qu'on a pu voir le cerveau et les vaisseaux du cerveau. Et ça a ouvert cette porte.
02:13Alors pourquoi ça a évolué ? Parce qu'on aurait pu en rester là.
02:15Finalement, on voit les vaisseaux du cerveau et puis c'est tout. Mais il s'est passé
02:20quelque chose. C'est que dans le cerveau, il y a des anévrismes cérébraux. Vous avez
02:24entendu parler de ça, comme des hernies sur des chambres arrière. Je vous ai fait un dessin
02:27un peu très imagé, un peu trop simpliste. Mais vous voyez, cette boule sur une artère,
02:31elle a un risque de rupture, cette boule sur les artères du cerveau. Et le traitement,
02:35on va dire, historique de ces anévrismes, c'était d'ouvrir le crâne. C'est l'image de gauche
02:40que vous voyez. On ouvrait le crâne et puis on allait mettre des pinces à linge à l'entrée
02:43de l'anévrisme pour le bloquer. Mais c'est une chirurgie lourde. Il faut ouvrir le crâne,
02:47ça saigne, etc.
02:49En plus, Vincent, ça a quelle taille un vaisseau sur lequel on a...
02:51On est sur du 2 mm, 2,5 mm. Donc c'est tout petit.
02:55Donc c'était des chirurgies assez lourdes dans lesquelles, parfois, les chirurgiens
03:00n'arrivaient pas à trouver, entre guillemets, une solution acceptable pour aborder l'anévrisme.
03:06Donc on ne peut même pas traiter le patient. Et c'est là que les radiologues, qui avaient
03:10fait les premières artériographies, qui continuent à faire des artériographies à visée
03:14diagnostique, se sont dit, mais peut-être qu'on pourrait, nous, aller boucher l'anévrisme.
03:17Et c'est parti comme ça. Et en effet, il y a eu des cathéters qui ont été développés.
03:22Vous voyez les petites sondes à gauche, les petites sondes bleues, et des systèmes
03:25de ponction d'artère qui ont permis, à partir du poignet, à partir de l'artère
03:30fémorale, de remonter tout doucement ces petits tuyaux en plastique bleu jusque dans
03:34le cerveau.
03:35Un peu comme...
03:36À l'époque, on allait dans le cœur, déjà, comme ça ?
03:38Alors, pas encore.
03:40Pas encore.
03:41Pas encore. Dans la première artériographie, on n'allait pas encore dans le cœur.
03:43C'est encore plus tard.
03:45Mais là, ces techniques de cathéterie se sont développées, en effet, un peu pour
03:48toute la radiologie, et ont permis même d'accéder au cerveau.
03:51Tout ça en piquant ou le poignet, ou même l'artère fémorale.
03:54On met le petit tuyau bleu en plastique, et on pouvait naviguer.
03:57Mais on pouvait naviguer aujourd'hui pour faire des images.
03:59Sauf qu'ils se sont dit, on va essayer de faire plus que ça, on va aller même dans
04:02les anévrismes.
04:03Et ici, en 1970, il y a un neurochirurgien russe.
04:06J'ai eu la chance d'aller dans l'Institut Serbine Enko à Moscou, avant tous ces problèmes
04:13qu'on a actuellement.
04:14Et il y a un petit musée.
04:15Et en fait, il a développé des petits ballons qu'on mettait au bout de ces sondes bleues
04:18que je vous ai montrées, ces petites nouilles en plastique qui montaient jusque dans les
04:21anévrismes.
04:22Il a mis à un point un système de détachement de ballons.
04:24Et on pouvait traiter les anévrismes en les remplissant d'un petit ballon gonflable.
04:28Donc, c'était le premier traitement endovasculaire intracrânien en 1970 qui va être le début
04:33de tout.
04:34On ne risquait pas de provoquer d'embolie si le petit ballon est...
04:36Si, le ballon se dégonflait.
04:37Parfois, l'anévrisme repoussait parce que le ballon se dégonflait.
04:40Parfois, le ballon migrait.
04:41C'était vraiment très expérimental.
04:43Mais c'était le début.
04:44Il y a eu des gens qui ont été complètement sauvés par cette technique.
04:47Et c'était le début de la neuroradiologie interventionnelle thérapeutique et qui,
04:51aujourd'hui, débouche sur plus de 3000 interventions par an au CHU pour
04:54vous donner une idée.
04:56Donc, on est parti de là.
04:57Mais après, ça s'est amélioré.
04:58Les outils sont devenus plus petits, plus fins.
05:00Les machines qui nous permettent de contrôler dans le cerveau ce qu'on fait avec les petites
05:03sons sont encore plus précises.
05:05Au lieu de lâcher des ballons, on a mis des petites pelotes de fil qu'on pouvait
05:09beaucoup mieux contrôler, qu'on appelle des coils.
05:11Ce que je vous ai mis sur le petit schéma de droite, vous voyez qu'on a une petite pelote
05:14de laine qu'on a mise dans l'anévrisme.
05:15C'est ça, les coils.
05:16Et on a progressé comme ça sur la pathologie anévrismale jusqu'à obtenir ce type de technique.
05:21Vous voyez, mon confrère, cette année, en direct, en train d'utiliser un ballon pour bloquer
05:26un deuxième cathéter.
05:27Vous voyez les petites spires de platine qui rentrent à l'intérieur de l'anévrisme.
05:32Et le patient, c'est un extrait d'une émission qu'on fait à Montpellier, une émission internationale
05:36qui est vue par 187 pays dans le monde, qui est organisée par notre service.
05:40Je vous ai mis un extrait, ça s'appelle le Slice.
05:42Et donc, on peut boucher l'anévrisme de quelqu'un comme ça pendant 15 à 20 minutes.
05:47Et le patient sort le lendemain, on pique uniquement par le poignet.
05:50Donc, c'est un peu révolutionnaire comme technique pour l'approche des anévrismes.
05:54Alors, on a parlé des anévrismes, mais je n'ai pas à expliquer à la population un peu ce que
05:57c'était l'anévrisme.
05:58L'anévrisme, cette petite hernie sur une chambre à air, elle a un risque.
06:02C'est le saignement.
06:03Heureusement, ils ne saignent pas tous.
06:05Il y a 2 à 6 % de la population qui porte des anévrismes.
06:07Donc là, dans la salle, c'est sûr qu'il y a des porteurs d'anévrismes intracraniens.
06:10Je vous rassure, on ne va inquiéter personne.
06:13Il y a seulement 0,6 % des porteurs qui vont saigner.
06:16Ça saigne parce que ça gonfle et ça finit par exploser ?
06:18Ça saigne parce qu'on fume, parce qu'il y a du tabac, parce qu'on a des antécédents personnels
06:22ou familiales.
06:23Et ça crée des facteurs de risque.
06:25La paroi peut dégénérer et amener une rupture.
06:27Ce n'est pas un ballon qui pousse, qui éclate.
06:28Ce n'est pas un ballon qui pousse, c'est un peu une anomalie un peu dite, on va dire,
06:32qui va apparaître entre 20 et 30 ans,
06:33qui va se stabiliser et être stable pour la majeure partie des patients.
06:37Mais pour une fraction des patients, à cause de facteurs externes environnementaux, à cause de tabac, et j'insiste sur
06:42le tabac,
06:43et d'hypertension artérielle non contrôlée, j'insiste aussi là-dessus, peut évoluer vers la rupture.
06:48Donc le risque des anévrismes intracraniens, vous l'avez compris, c'est qu'il est faible le risque, mais il
06:53existe et il peut y avoir une rupture.
06:55Mais quand on fait la rupture, c'est 40% de décès, 30% de séquelles graves.
06:59Donc qu'est-ce qui se passe ? Quand on trouve des anévrismes intracraniens dans la population, on ne ferme
07:03pas complètement les yeux,
07:04on essaie de regarder si les gens n'ont pas des facteurs de risque de rupture.
07:08C'est ça que je vais vous raconter.
07:10Et donc aujourd'hui, par exemple, on peut dire qu'on traite plus de 430 anévrismes par an.
07:13Si on vous trouve un anévrisme intracraniens, on a un petit mail qui est très simple,
07:17où on vous met en consultation, on étudie votre risque, et on vous traite ou on ne vous traite pas,
07:21parce qu'il y a beaucoup de gens qu'on surveille aussi parce que l'anévrisme n'est pas à
07:23risque.
07:23Mais en tout cas, on a une consultation spécialisable, on peut dire là-dessus.
07:27Parce que si on limite les risques, si on arrête les facteurs de risque,
07:31certains facteurs, je pense au tabac, par exemple à l'hypertension, le risque diminue ?
07:35On peut contrôler le risque, sauf si par exemple, on a sa maman qui est morte d'une rupture d
07:40'anévrisme.
07:41Là, ça va être plus fort que tout, donc on va quand même traiter.
07:43Donc c'est une somme de facteurs que l'on évalue en consultation,
07:46qui va nous indiquer soit de traiter, soit de continuer à surveiller attentivement.
07:52Donc ça, première info, sachez que ça existe, les anévrismes.
07:55Ce n'est pas un drame non plus d'en avoir, ce n'est pas un fléau absolu.
07:59Mais quand on a un, il vaut mieux être surveillé, vu par une équipe professionnelle,
08:02et que ce soit pris la bonne décision entre traitement ou surveillance.
08:08Donc ça, c'est le site internet de l'hôpital.
08:10Vous avez la clinique de l'anévrisme ici qui est marquée.
08:13Là, je vous ai mis une petite image pour voir tous les outils maintenant
08:16qui sont disponibles en auroradio pour traiter les anévrismes.
08:19On a vraiment une floritude d'outils pour traiter les anévrismes.
08:24Des fois, on met des stents pour court-circuiter l'anévrisme.
08:27L'image que vous voyez, c'est comme un petit stent.
08:28On a reconstruit l'artère pour exclure l'anévrisme.
08:30Des fois, on le remplit.
08:31Et on utilise pour ça des logiciels de simulation numérique.
08:34C'est-à-dire qu'on prend votre tête,
08:37on la met en 3D,
08:38et on s'entraîne sur l'image 3D,
08:39grâce à une société montpellierine qui s'appelle Simencure,
08:42dont le CEO est d'ailleurs Mathieu Sanchez.
08:45Voilà, une bonne produit médical de la région
08:47et aussi une coparticipation du service
08:50dont on est très fiers, 50 employés.
08:52Mais ils ont développé des logiciels de simulation
08:54qui nous permettent, nous, de doubler,
08:55de simuler notre intervention en numérique.
08:58Et donc, en fait, quand on arrive pour exécuter l'intervention chez vous,
09:00on l'a déjà répété quasiment sur l'ordinateur.
09:03Donc ça, c'est des exemples de simulation.
09:05On a plusieurs choix de traitement.
09:07On va en choisir un parmi celui-là.
09:08On ne va pas essayer dans le patient.
09:09On va essayer uniquement dans le logiciel.
09:11Ensuite, on va délivrer le soin.
09:13Alors après, ça donne des stratégies parfois thérapeutiques.
09:17Comment dire ?
09:18Un peu de musique, ça ne fait pas mal.
09:20On peut en mettre un peu.
09:22Mais là, c'est un anévrisme géant.
09:23Vous voyez sur le côté droit, c'est une arme tâche blanche.
09:26On va rentrer les images de ce patient dans l'ordinateur, typiquement.
09:30Ça va donner des images en 3D.
09:33Donc on va voir un petit peu comment ça se passe.
09:35Ça, c'est un petit peu des détails.
09:37Ça, c'est l'imagerie 3D qu'on construit à part d'imagerie.
09:41Et là-dessus, avec le logiciel, on va venir simuler plusieurs scénarios de traitement.
09:45Vous allez voir, il y a des images en couleur qui vont apparaître,
09:48qui correspondent un petit peu aux hypothèses de traitement qu'on fait.
09:52Bien sûr, nous, quand on voit cette image en 3D,
09:55vous voyez la tâche noire, c'est l'anévrisme.
09:57Celui-là, il est gros.
09:57Ils ne sont pas tous gros comme ça, je vous rassure.
09:59Mais là, je trouve que celui-là est assez pédagogique.
10:02Donc on comprend l'anatomie.
10:04Et en fait, on fait la simulation et la stratégie.
10:06Et là, vous allez voir que ces trucs en couleur,
10:08ces trucs qu'on a rajoutés dans l'image 3D
10:10pour voir la bonne taille.
10:12On fait plusieurs hypothèses de taille, de longueur.
10:14Et ça nous permet de travailler intellectuellement sur le cas
10:17avant d'aller exécuter le plan.
10:22Alors, ça, c'est mon petit take-home, on va dire.
10:24Pour l'anévrisme, 20 minutes, c'est ce qu'on avait dit, on y est.
10:27C'est ce qu'on avait dit.
10:27Voilà, donc, que faire pour limiter un risque d'anévrisme intracrânien ?
10:32C'est peut-être une petite interrogation familiale.
10:34Est-ce que dans la famille, il y a eu des ruptures d'anévrisme intracrânien ?
10:37Je parle cérébraux, je ne parle pas de l'aorte,
10:39parce que des fois, il y a des gens,
10:39oui, quelqu'un a rompu l'anévrisme, en fait, c'est de l'aorte.
10:42Donc, il y a un tout petit lien, mais très faible.
10:44Donc, plutôt, est-ce que dans la famille, il y a eu des ruptures d'anévrisme intracrânien ?
10:47Si oui, ça vaut le coup de faire un petit dépistage au CHU.
10:52Si je suis porteur d'anévrisme, ce que je dois faire,
10:54je dois réduire mon risque en arrêtant de fumer,
10:57en contrôlant ma tension artérielle,
11:01éviter la consommation excessive d'alcool.
11:03C'est un peu vrai pour toi, de toute manière.
11:04Et connaître des signes d'alerte.
11:07Les signes d'alerte, ce sont des céphalées.
11:09Alors, attention, quand je dis ça,
11:10on va voir tout le monde aux urgences cet après-midi,
11:13donc, rassurez-vous, on se relaxe.
11:16On ne parle pas des maux de tête,
11:17on parle d'un coup de poignard dans la tête.
11:20La céphalée est la plus intense que vous avez jamais vécue.
11:23C'est ça, vraiment, la rupture d'anévrisme,
11:24le saignement anévrisme.
11:25Ce n'est pas du tout autre chose que ça.
11:27Et là, c'est une vraie urgence.
11:29Là, c'est une vraie urgence.
11:30Il ne faut pas le négliger.
11:31Il faut aller aux urgences parce qu'on peut intervenir très vite.
11:33Vision double, vous voyez double,
11:35vous menez à voir les images en double.
11:36Il ne faut pas négliger, il faut aller aux urgences tête et cou,
11:38à l'hôpital, à Guy-de-Chauliac, au CHU de Montpellier.
11:43Chute d'une paupière, ça peut être...
11:45Il n'y a qu'une paupière qui chute, un oeil se ferme.
11:47C'est un signe d'alerte.
11:48Parce qu'un anévrisme peut se mettre à comprimer un air
11:50et de façon silencieuse, donner comme ça une paupière qui tombe.
11:54D'un côté, c'est un signe d'alerte.
11:55Il faut aller aux urgences tête et cou.
11:58Nausées, vomissements, ça, c'est un petit peu plus fruit.
12:00On ne va pas aller aux urgences
12:01dès qu'on a des vomissements ou des nausées.
12:03Mais quand on est devant quelque chose qui est incohercible,
12:06qu'on n'arrive pas à réfréner et qui ne passe pas,
12:08ça vaut le coup aussi d'aller aux urgences.
12:11Anne, pour l'anévrisme, voilà le message principal.
12:13Est-ce que j'enchaîne ou pas ?
12:14On enchaîne.
12:15On enchaîne, c'est vous qui donnez le rythme.
12:18Bon, alors maintenant, on est passé sur l'anévrisme.
12:20Après, la neuroradio, ça a explosé.
12:22C'est une courbe exponentielle de développement d'indications.
12:26Quand j'étais, moi, que je suis arrivé en 2000...
12:29Mon Dieu, ça fait du temps déjà.
12:31En 2003, dans la spécialité...
12:32Ça ne se voit pas.
12:33Je suis né dedans, moi.
12:34Je suis 2003 dans la spécialité.
12:37On traitait les anévrismes.
12:39Avec mon patron, M. Bonafé, que je salue,
12:41que je remercie pour tout, d'ailleurs, au passage.
12:44On traitait les anévrismes.
12:45Mais on était contents.
12:46On traitait, je ne sais pas, 80 anévrismes par an.
12:48Aujourd'hui, on fait 3000 interventions sur le crâne par an.
12:51On a trois salles qui tournent en parallèle.
12:53Ça sera dans 3-4 ans aussi gros que la cardiologie,
12:56voire plus gros que la cardiologie interventionnelle.
12:58La courbe de croissance est énorme.
12:59On s'est mis à traiter plusieurs pathologies.
13:02Je vous les listerai après, mais dont une qui est phare.
13:04C'est la prise en charge de l'AVC.
13:06On a 14 praticiens qui traitent pour nous aider.
13:09Donc 14 professionnels de santé.
13:1250 manipulateurs qui vont permettre de délivrer ce soin.
13:1418 d'hospitalisation.
13:153 IRM, un scanner, 3 salles.
13:17Le RAVC est devenu, je ne dirais pas une usine,
13:19parce qu'on ne peut pas dire ça.
13:20Mais on est passé de l'artisanat
13:22à l'industrialisation du soin mini-invasif intracrânien.
13:25C'est une révolution que je suis très fier,
13:27très content et, comment dire, chanceux d'avoir vécu.
13:31Et une des énormes bascules qu'il y a eu après la névrique,
13:34c'est celle-ci.
13:35Je vous invite à baisser un peu la lumière
13:36et vous montrer ce que c'est une prise en charge aujourd'hui,
13:39la VCA phase aiguë à Montpellier.
13:56Ok, on arrive dans 5 minutes.
13:57Ok, je préviens tout le monde, on sera prêts.
13:59Merci.
14:20Je te laisse, tu fais une petite 2, s'il te plaît.
14:23La phase aiguë à arriver en 5 minutes.
14:24Go, on y va, on va le tuer à l'arrivée.
14:28Allô ?
14:29La phase aiguë à Montpellier, je vous rappelle.
14:3310 heures, on fait 42 ans,
14:36on fait 15h30, la phase aiguë à Montpellier.
14:38Une vie à mi-stable ?
14:39Oui, c'est super.
14:51Monsieur Latour, regardez-moi.
14:55Ok, je vais faire un nettoyage rapide,
14:56on va vite chercher les étiquettes.
15:00Vous avez quel âge ?
15:02Vous avez quel âge ?
15:02On en fait quoi ?
15:05Regardez-moi !
15:09Le vélo de bras ?
15:14Combien d'argent, monsieur ?
15:16C'est plus massif qu'à monsieur.
15:18Il avait des médicaments chez nous,
15:19donc c'était une histoire à part une hypertension.
15:32Monsieur Lélie, go, go, on peut y aller.
15:37Un, deux, trois.
15:40Allez, super, monsieur, ne bougez pas du tout.
15:42On va faire le scanner.
15:49Pas d'hémorragie,
15:50un aspect de 6 à 7.
15:52Si il y a une pertence,
15:53on va réinstaller.
15:54Oui, on est tôt,
15:56il n'y a pas de contraindications.
15:57Bon, allez, go pour arrêter l'éplicace.
15:58Suzy, on part sur 100 kg ?
16:00Ok, c'est prêt,
16:00vous me dites quand je peux y aller.
16:01Vas-y, vas-y, maintenant,
16:02on va le faire quand on prépare l'unge scan.
16:24Allez, super, monsieur.
16:25Un, deux, trois.
16:28Super.
16:30Allez, courage, monsieur.
16:35Salut, on est parti.
16:37On y va.
16:40À trois.
16:41Tu as vu les images ?
16:42Oui, je vois les images, oui.
16:44Merci, les gars,
16:45on est sur un super timing.
16:47Merci beaucoup, là.
16:48Super, top.
16:48Au revoir, au revoir, merci.
16:50J'ai l'impression qu'on est sur un arche bovine, là,
16:53donc on va passer par rapport à Dierge, je crois.
16:56Ok, tout de suite.
16:57Super.
16:57Mais va s'amener, si tu peux.
16:59Oui, je vais.
17:01Ça, c'est super.
17:02Allez, on lui met des sangles pour les moiteurs,
17:04pas qu'ils bougent.
17:07Il met un très bon flow radial.
17:09Il y a un très bon flow radial, hein, Dierge.
17:10Tu vas pouvoir passer sans problème.
17:12On peut me la mettre ?
17:12Oui.
17:13On fait le chaperon, là.
17:15On peut se faire.
17:16Allez, allez.
17:21On va s'amener.
17:22On va s'amener.
17:23On va s'amener.
17:25On va s'amener.
17:26On va s'amener.
17:28On va s'amener.
17:28On va s'amener.
17:39Donc là, ce que vous avez vu, c'est typiquement une prise en charge de phase aiguë, d'accident
17:49vasculaire à la phase aiguë.
17:50C'est très multidisciplinaire.
17:52Il y a 14 professionnels qui vont s'activer autour d'un patient.
17:55Je vous ai montré la phase préhospitalière avant le geste technique parce qu'elle est
17:58cruciale.
17:59Il y a les neurologues très importants, les urgentistes, les pompiers.
18:04Tout ça, c'est une chaîne de vitesse pour amener les gens à Guy de Choliac.
18:08On se urgence tête et cou et les déboucher le plus rapidement possible.
18:11Vous avez vu qu'à la fin, on fait la procédure interventionnelle.
18:13Là, on commence à piquer le patient.
18:15Cette fois-ci, au lieu de boucher un anévrisme, on va déboucher le vaisseau par des gestes
18:18techniques.
18:19Mais ça, c'est vraiment la seconde révolution après l'anévrisme dans notre spécialité,
18:23Anne.
18:23Alors, qu'est devenu ce patient ?
18:26Alors, ce patient, là, ce que vous avez vu, c'est une reconstitution exacte de ce qui
18:31est arrivé à un patient qui a été débouché, qui a récupéré une partie de l'ensemble
18:37de ses fonctions.
18:38Plus on va vite, plus on récupère de fonctions.
18:40Et ça, c'est quand même quelque chose qui est assez important.
18:42Donc, on fait des artériographies, on opacifie comme l'angiogramme.
18:48Et en fait, on va chercher le vaisseau qui est bouché.
18:50Et ce vaisseau qui est bouché, on va amener nos petits outils à l'intérieur pour venir
18:54complètement le déboucher.
18:56Donc, je vous ai mis une photo aussi.
18:58Voilà, là, il y a un cible, il y a une vaisseau cible.
19:00On va aller naviguer nos petits outils sous contrôle des machines.
19:02Et on va utiliser aujourd'hui maintenant des techniques d'aspiration, de pompe cycliques.
19:07Vous débouchez médicalement ou chirurgicalement ?
19:11C'est-à-dire que vous injectez des drogues ?
19:13C'est mécanique.
19:14C'est mécanique.
19:14Et vous avez vu que dans ce que je vous ai montré, d'abord, on injecte la fibrinolizivée
19:18pour créer une ambiance de fluidification.
19:21Et qu'on ajoute le geste technique, là où on est en train de renaviguer dans les vaisseaux.
19:24Il y a d'abord un truc pour dissoudre le caillot, et après, vous agissez mécaniquement.
19:28Et exactement, c'est une action mixte.
19:29Des fois, on peut faire que le mécanique parce que le médicament est contre-indiqué.
19:32Des fois, on peut naviguer comme ça jusque dans le cerveau, à l'endroit de l'occlusion,
19:35et restaurer la perfusion dans le cerveau, et donc restaurer la fonction.
19:39Donc voilà, c'est une image ici que vous avez d'une intervention complètement prise en direct sur un patient.
19:45Je vous ai fait une petite image aussi pour vous montrer quelque chose.
19:47Ça, c'est ce qu'on ressort.
19:49C'est la tête du caillot, ça ?
19:50Et c'est la tête du caillot.
19:51Waouh !
19:51Ouais, donc c'est impressionnant.
19:53Des fois, on retire des choses impressionnantes qui ont migré du cœur, ou migré d'une carotide,
19:57d'où l'intérêt de se faire aussi traiter les carotides, on va en parler dans deux secondes.
20:01Donc voilà, ça, c'est très important, ça a été une révolution majeure.
20:04Et pourquoi je voulais en parler ici ?
20:05Parce qu'à Montpellier, on a fait un essai randomisé multicentrique international,
20:11qui s'appelle LAST, avec Caroline Arquizan, avec l'ensemble des équipes,
20:15plusieurs centres français, plusieurs centres américains et espagnols.
20:19Mais c'est Montpellier qui a été à l'origine de ça, c'est Montpellier qui a trouvé le financement,
20:22c'est Montpellier qui a mené cette étude.
20:23Et c'était publié dans le New England Journal of Medicine, c'est le plus grand journal du monde,
20:27c'est-à-dire en médecine.
20:28Et c'est une production de Montpellier, donc on est très fiers.
20:30On a démontré qu'il fallait déboucher les gens qui avaient un AVC,
20:34donc il y avait cet artère qui bloquait le sang,
20:37ce caillot qui bloquait le sang dans les artères,
20:40il fallait le déboucher, même si on pensait que l'accident vasculaire cérébral était très large,
20:44qu'il y avait toujours un bénéfice sur les patients.
20:46Parce qu'avant qu'on pensait que la personne était un peu dépassée,
20:49que l'AVC était trop constituée, c'est-à-dire trop large,
20:51on disait bon ben lui on le fait pas, ça sert à rien, ça va servir à rien.
20:55On s'aperçut en prenant ces gens pour lesquels on pensait que ça servait à rien,
20:59que quand on leur donnait la thrombectomie,
21:01il y avait 15% de gens à 3 mois qui comptent qu'ils avaient une autonomie à domicile, à
21:066 mois.
21:06Donc du coup maintenant ça a changé le monde,
21:08puisque les directives internationales ont changé,
21:12et depuis qu'on a fait cet essai, maintenant il y a plein de gens dans le monde
21:16qui étaient jugés dépassés, qui n'étaient pas traités,
21:17qui maintenant sont traités grâce à cet essai à l'initiative du siège de Montpellier.
21:21Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les neurones qu'on croyait morts,
21:24finalement vous allez les ressusciter ?
21:26Exactement. Là je vous ai fait un petit schéma pour essayer d'expliquer ça un peu Fisher-Price,
21:29mais avant on pensait que, vous voyez le truc rouge,
21:32on pensait qu'il y avait une zone morte rouge quand on faisait un AVC,
21:35donc c'était mort.
21:36Et on pensait qu'autour il y avait une petite zone à sauver.
21:39Donc quand on voyait quelqu'un qui avait une zone rouge trop grosse,
21:44et bien on pensait du coup que ça valait pas le coup.
21:46Sauf que la vérité, et ce qui a été démontré dans cet essai,
21:48sur l'écran de droite je vous ai fait la zone rouge,
21:50mais je vous l'ai fait en damier.
21:51Pourquoi je vous l'ai fait en damier ?
21:53Parce que dans cet essai thérapeutique,
21:54ce qu'on a démontré, c'est qu'en fait la zone rouge,
21:57elle n'est pas vraiment rouge,
21:58elle est hétérogène, elle est quadrillée de tissus qui survit.
22:02Donc en fait, quand on voit une grande zone morte,
22:04à l'intérieur, il y a encore de la vie.
22:06Et c'est pour ça que ça vaut le coup d'aller déboucher les gens,
22:09même qui ont l'air dépassés,
22:10parce qu'il y a une hétérogénéité dans l'ischémie.
22:12Et il faut aller l'ouvrir pour donner la chance
22:15à ces petits îlots de neurones qui survivent de reprendre vie.
22:19Alors ça, c'est la nouveauté, mais il y en a d'autres.
22:21Est-ce que vous pouvez assez rapidement nous détailler
22:24un petit peu les nouvelles indications sur quoi vous travaillez ?
22:27Oui, il y en a une massive.
22:28Et je pense qu'elle concerne toute la population ici.
22:30Une grande partie, enfin pas tout le monde non plus,
22:32mais la sténose carotidienne.
22:34Il y a un essai thérapeutique,
22:36cette fois-ci, ce n'est pas nous qui l'avons fait,
22:37c'est des collègues aux Etats-Unis,
22:38qui ont montré que quand on a une artère resserrée,
22:42comme ça au niveau du cou,
22:43la sténose carotidienne,
22:44avant, il n'y avait que la chirurgie un peu comme traitement.
22:46Il fallait ouvrir.
22:48Peut-être dans la salle, je suis sûr qu'il y en a
22:49qui se font opérer de la carotide.
22:50Il n'y a personne qui se fait opérer de la carotide ?
22:51Si, si, il y en a un, là, je le vois.
22:52Vous pouvez lever la main, là.
22:54Ça a dû arriver.
22:55Donc, c'est une chirurgie très fréquente.
22:56En fait, il y a un essai qui montre que
22:58la technique neuroradiologique mini-invasive,
23:00elle marche très bien, voire elle marche mieux.
23:02Et là, ce que vous avez ici,
23:03c'est le nombre d'activités de sténes carotidiens au CHU,
23:06presque 300,
23:07et pour un taux d'événement défavorable de moins de 1,3%.
23:11Donc, ça a été démontré comme super.
23:12Donc, aujourd'hui, la carotide, au lieu de l'ouvrir le cou,
23:15on passe par le poignet,
23:16et on en fait quasiment 300 par an.
23:18Ça, c'est une petite image de la carotide
23:19avec la surcharge athéromateuse qui ressire la carotide.
23:22C'est le noyau jaune.
23:25D'ouvrir la carotide et laisser le stène se faire recouvrir
23:28de petites cellules.
23:29Alors, il y a d'autres domaines dans lesquels vous travaillez ?
23:31Les acouphènes ?
23:33Exactement.
23:33Intéressant, ça, parce qu'il y a beaucoup de gens qui en souffrent
23:35et c'est très invalidant.
23:37Exactement, exactement.
23:38Donc là, c'est le dernier petit film qui vous montre un peu
23:40quand on passe un guide dans la sténose de la carotide.
23:43Vous voyez, c'est tout serré, tout serré,
23:44puis on va passer un stène dedans
23:45pour venir, hop, dilater le stène
23:48et vous refaire une carotide toute neuve.
23:49C'est ce que vous voyez sur le côté droit.
23:51Mais en effet, on va passer sur la suite.
23:56Alors, il y a aussi, donc on est passé,
23:57on a bouché les anérises, vous avez compris,
23:59on a débouché les vaisseaux à l'intérieur du crâne,
24:02puis maintenant, on se met à refaire les carotides
24:03et ce n'est pas fini.
24:04Maintenant, sur le secteur veineux,
24:06et c'est là où on va parler d'acouphènes et d'hypertension,
24:08on s'est mis à traiter des maladies
24:10qu'on ne connaissait pas ou qui étaient connues
24:13mais pas bien traitées,
24:14notamment une qui est en rapport avec les acouphènes,
24:16je vais venir juste après,
24:18mais qui est ce qu'on appelle l'hypertension intracranidiopathique.
24:20Ce sont des femmes qui sont jeunes, en surpoids, en obésité,
24:22qui ont un trouble hormonal,
24:24qui ont des maux de tête permanents,
24:25parfois des flous visuels,
24:27et elles ont des œdèmes dans les yeux.
24:30Et ces œdèmes dans les yeux peuvent altérer
24:31la fonction de la tête du nerf optique,
24:33réduire le champ visuel,
24:34et parfois dans des formes graves.
24:35Hier, j'en ai pris une en urgence
24:37parce qu'elle perdait la vue,
24:39elle devenait aveugle,
24:40donc on l'a stentée au niveau des veines en urgence.
24:43Et donc, on a cette maladie.
24:44Pourquoi cette maladie se rapproche
24:45de la neuroradiologie interventionnelle ?
24:47Parce que quand ces gens-là ont de l'hyperpression dans le crâne,
24:50c'est l'hyperpression dans le crâne qu'ils ont,
24:53et bien ça induit des sténoses,
24:54non pas dans les artères,
24:55mais dans les veines, cette fois-ci.
24:57Donc je vais vous montrer des images de veines.
24:59Les veines, c'est ces gros tuyaux.
25:00Et bien ces gros tuyaux qui évacuent le sang du cerveau,
25:03et bien ils peuvent avoir des grosses sténoses.
25:05Et ces sténoses,
25:05elles peuvent générer une hyperpression dans le crâne
25:07qui donne des deux œdèmes dans les yeux.
25:09Et bien les neuroradiologues interventionnelles,
25:11maintenant, sont capables de mettre des stènes dans ces veines
25:12et de libérer la pression intracrânienne.
25:14Donc une nouvelle application,
25:15où je vous ai mis ici,
25:17clairement une sténose d'une veine sur la flèche bleue.
25:19Et ici, vous voyez encore une sténose,
25:21si vous imaginez cette autoroute noire qui se resserre.
25:24Et après qu'on ait mis un stent,
25:25l'autoroute noire est bien dilatée,
25:27du coup il n'y a plus de pression dans le crâne.
25:30Alors, les acouphènes,
25:31puisque c'est ça la question, Anne,
25:32ça c'est passionnant.
25:33On s'est aperçu aussi qu'il y a des gens
25:36qui entendent leur cœur battre dans la tête.
25:39C'est ça, c'est le bruit que ça fait.
25:41J'espère que personne ne se reconnaît,
25:43mais ça peut arriver.
25:44L'acouphène pusatile, en fait,
25:46c'était un peu un parent pauvre,
25:47un parent oublié de l'acouphène,
25:48parce que c'est plutôt le zzzz
25:50qui fait objet vraiment de l'acouphène
25:52quand on parle d'acouphène.
25:53Mais l'acouphène pusatile,
25:54c'est extraordinaire,
25:55parce qu'en neuroradio,
25:56on arrive à les explorer,
25:57on trouve des vaisseaux anormaux,
25:59on arrive à boucher des vaisseaux anormaux,
26:00on arrive à stenter des veines,
26:01et on arrive maintenant à traiter
26:02ces acouphènes pusatiles
26:03dans un grand nombre de cas.
26:04Il y a une partie de cas pour lesquels
26:06on n'arrive pas toujours
26:07à trouver l'application.
26:09Mais clairement,
26:10c'est en train de se développer.
26:11Donc, si vous êtes victime
26:12d'acouphènes pusatiles,
26:14bien sûr, vous allez à votre ORL,
26:15mais pensez aussi
26:16à votre neuroradioologue interventionnel
26:17qui peut vous explorer
26:18d'une façon un peu particulière.
26:21Un élément aussi,
26:22je ne sais pas Anne,
26:23si tu veux qu'on en parle ou pas ?
26:24Oui, on en parle, bien sûr.
26:25On a vu la photo.
26:26On en parle.
26:27En fait, on traite aussi
26:28des pathologies rares.
26:30Regardez cette pauvre dame
26:31qui avait une malformation vasculaire
26:33invasive de la face.
26:34La seule solution,
26:35c'était de greffer le visage.
26:36Elle était en train d'avoir
26:37de la nécrose sur les lèvres.
26:38Et c'était la greffe de visage.
26:41En neuroradio interventionnel,
26:42aujourd'hui,
26:42on a développé des techniques
26:44où on arrive à tous ces vaisseaux anormaux,
26:46cette pelote de vaisseaux anormaux
26:47qu'elle a dans la tête,
26:48on arrive à trouver
26:49des techniques d'embolisation
26:50avec des agents liquides
26:51très dilués
26:52qui vont dans tous les micro-vaisseaux.
26:54Et je vous montre ici
26:55le résultat.
26:55Vous voyez qu'entre avant et après,
26:57vous voyez un peu ce qui se passe.
26:58C'est des résultats qui sont durables
27:00puisque aujourd'hui,
27:01elle a récupéré un sourire
27:02depuis cinq ans.
27:03Elle a changé de vie.
27:04En fait,
27:05elle avait des ulcérations,
27:06etc.
27:06C'était une qualité de vie nulle.
27:08Et là,
27:09elle a une qualité de vie retrouvée.
27:11Et on peut changer la vie aussi
27:13des gens sur ce type de choses.
27:15La dernière pathologie
27:16dont on va parler
27:17qui est importante aussi,
27:18c'est l'épilepsie.
27:19Oui, l'épilepsie.
27:20Alors, il y a un atelier
27:20qui est mené par mon confrère,
27:21le docteur Pierre-Henri Lefebvre,
27:23avec Deep Pulse,
27:24qui a monté une start-up
27:25qui a été primée
27:26par BPI France.
27:27Je le tiens encore ici
27:27à le féliciter.
27:29On continue maintenant
27:29à se plaire à nous.
27:32Ça, ça date d'un an et demi.
27:34On s'est mis à pouvoir
27:35écouter le cerveau,
27:36l'activité électrique du cerveau
27:37par les veines.
27:38En fait,
27:39l'épilepsie,
27:40il y a beaucoup,
27:41beaucoup de gens
27:41qui sont épileptiques.
27:43Mais il y a un gros problème,
27:44c'est que les médicaments
27:45ne suffisent pas.
27:46L'épilepsie réfractaire,
27:47c'est 10% des gens épileptiques.
27:49Donc, il y a beaucoup de gens,
27:50malgré les médicaments,
27:51ils n'arrivent pas à être traités.
27:52Et pour aller plus loin,
27:54il faut localiser le foyer
27:55de décharge,
27:56on va dire électrique,
27:58dans le cerveau
27:58et trouver le moyen
28:00d'aller le brûler.
28:01C'est plus vasculaire, là ?
28:03Oui, c'est ça.
28:04En massif,
28:04parce qu'on passe par les vaisseaux
28:05pour écouter.
28:06Et la destruction peut-être
28:08se fera aussi par voie vasculaire.
28:09Aujourd'hui,
28:09elle est chirurgicale.
28:10Il y a le docteur Gaëtan Poulin
28:13qui développe d'ailleurs
28:14la chirurgie de l'épilepsie
28:15à Montpellier
28:16qui est très fort là-dessus.
28:17Il ne faut vraiment
28:18pas hésiter à prendre
28:19consultation avec lui aussi
28:20si vous êtes dans une situation
28:21telle que celle-ci.
28:22Mais ça,
28:23cette technique,
28:23elle permettrait d'explorer le cerveau
28:25mieux qu'aujourd'hui.
28:26Pourquoi ?
28:26Parce qu'aujourd'hui,
28:27quand on va écouter votre cerveau
28:28au niveau de son activité électrique,
28:30on vous pose des électrodes
28:30sur le crâne.
28:32Devinez quoi ?
28:33Sous le crâne,
28:33il y a l'os.
28:34Et avant qu'on capte
28:35le signal électrique du cerveau
28:36au travers de l'os,
28:37ce n'est pas bon.
28:38On a des pertes énormes
28:40de signaux.
28:41Alors que quand on met
28:41quelque chose
28:42par neuroradiologie interventionnelle
28:44directement dans les vaisseaux
28:45du cerveau,
28:46on écoute beaucoup mieux
28:47le cerveau.
28:48Vous savez où aller ?
28:49Parce que les foyers épileptiques,
28:51ils peuvent être
28:51dans différents endroits.
28:52Donc, il y a un examen avant
28:54qui vous dit
28:55il y a des examens
28:58de prélocalisation
29:00par enregistrement externe.
29:02Et après, il y a l'IRM aussi
29:03qui permet de cibler
29:03des foyers d'anomalies.
29:05Et donc, on est capable
29:06à vous voyez ici une image.
29:07Sous ce copie,
29:07on va avancer une sonde
29:09et on va les capter
29:10tout près du cerveau
29:11les foyers d'épileptie.
29:12Et donc ça, ça se fait pareil
29:13en neuroradiologie interventionnelle.
29:14On injecte la sonde
29:16directement dans le secteur veineux
29:17pour aller écouter.
29:18Alors ça, c'est de la recherche.
29:19On a une étude
29:20qui a été financée
29:21de 400 000 euros
29:22encore par Dixie Médical
29:23pour avancer dans cette...
29:25Et on est dans cette piste
29:27où on va inclure
29:27nos premiers patients.
29:28Je l'espère
29:29en tout début d'année 2027
29:31avec le docteur Thomas Chécoury.
29:32Alors, votre but,
29:33une fois que vous serez arrivé
29:34au niveau du foyer épileptique,
29:36ça va être de faire quoi ?
29:37Alors, la première fois,
29:39au début, ça va être...
29:40Il y a plusieurs applications.
29:42Déjà, l'écouter,
29:44le mieux le localiser,
29:45justifier des examens
29:46encore plus invasifs chirurgicaux
29:48parce qu'on aura vraiment
29:49une conviction.
29:50Alors que des fois,
29:51on n'y va pas
29:51parce qu'on n'est pas sûr.
29:52Là, on peut forger
29:53une conviction supérieure.
29:54On peut aussi tester.
29:55C'est-à-dire qu'on écoute le foyer,
29:56on va dans une artère,
29:57on injecte un produit blanc
29:59qui va mettre...
30:02qui va éteindre
30:02une partie du cerveau.
30:04Et si cette extinction du cerveau
30:06montre que derrière,
30:08on ne voit plus la crise,
30:08ce sera un argument de plus
30:09pour dire que c'est bien là.
30:12Et peut-être demain,
30:13on pourra aussi griller
30:14une partie du cerveau
30:15et notamment une partie
30:15du cerveau épileptique.
30:16On peut tester aussi
30:17la fonction cérébrale,
30:18qu'on n'altère pas
30:19des fonctions cérébrales
30:20en injectant ce produit
30:21qui est réversible
30:22avant de pouvoir détruire
30:24une partie du cerveau
30:24s'il le faut.
30:27Donc voilà,
30:28je vous ai fait
30:28un petit overview
30:29très un peu rapide
30:30de tout ce qu'on peut faire
30:31et je n'ai pas pu tout faire.
30:32Mais pour vous dire,
30:32c'est une espérité fantastique
30:34qui se développe
30:35à la vitesse de la lumière,
30:36j'ai récemment exponentielle
30:37et qui aura la taille
30:38de la cardiologie
30:38dans cinq ans.
30:39C'est sûr et certain.
30:40Pour rendre encore plus
30:41service aux patients,
30:43je l'espère notamment
30:43de notre bassin
30:44et du monde entier,
30:45bien sûr, Anne,
30:46puisqu'on a des auditeurs partout.
30:47Vous êtes formidable.
30:48Merci beaucoup, Vincent.
30:49Je pense qu'on peut l'applaudir.

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