- il y a 18 heures
Clémentine Autain est députée L'Après de Seine-Saint-Denis. Après des années à la France insoumise, elle nous explique pourquoi elle a fait le choix de cocréer l'Après. Face à Lumi, Mejdaline Mhiri, Aurélien Soucheyre et Théo Bourrieau elle expose sa stratégie pour la gauche, son plan pour la justice fiscale ainsi que l'importance du féminisme dans son militantisme.
00:00 Présentation et réactions aux crimes racistes
4:48 Le rapport sur les frères musulmans et l'islamophobie
9:28 Licenciements et services publics
13:35 La Sécurité sociale de l'alimentation
17:05 Taxer les riches
21:10 La gauche, l'union impossible ?
24:20 Contexte de la création de "l'Après"
26:50 "L'Après", un programme trop léger ?
29:40 Mélenchon, un problème ?
32:50 Autain, le point d'équilibre à Gauche ?
36:50 Tendre la main à Glucksmann et Mélenchon
39:35 La candidature Autain
43:05 Répondre à l’extreme droite
47:25 La carte de Presque de PA
52:24 Ça ira ou ça ira pas?
59:20 Autain, son histoire personnelle
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NewsTranscription
00:00:00– Bonsoir Clément-Tionnotin. – Bonsoir.
00:00:03– Bonsoir.
00:00:03– Merci beaucoup d'être avec nous ce soir.
00:00:06– Avec grand plaisir.
00:00:07– Je vais vous représenter en quelques mots.
00:00:09Vous avez 52 ans, vous êtes militante depuis une vingtaine d'années
00:00:12et vous êtes notamment, un peu plus que ça,
00:00:16notamment une militante féministe.
00:00:19Vous avez eu plusieurs mandats électoraux
00:00:20en tant qu'apparenté au Parti communiste français à Paris,
00:00:25mais aussi ensemble et également à la France insoumise
00:00:28que vous avez quittée en 2024.
00:00:30Vous avez créé l'après…
00:00:31– Ou la France insoumise m'a quittée.
00:00:32– On en discutera de toute façon sur la sémantique peut-être.
00:00:37Vous avez créé l'après l'association
00:00:39pour une république écologique et sociale.
00:00:41Aujourd'hui, vous êtes députée sous l'étiquette NFP
00:00:45et vous avez publié, alors ça j'avoue que j'étais assez surprise,
00:00:48quand j'ai lu ça, une vingtaine de livres.
00:00:50Je me suis dit que vous ne deviez pas beaucoup dormir la nuit.
00:00:54– Il y a des livres collectifs dedans.
00:00:55– Oui, et donc vous avez notamment publié le dernier en date,
00:01:00« L'avenir, c'est l'esprit public »,
00:01:01sur lequel on va revenir longuement,
00:01:03donc ça c'est en mars dernier,
00:01:04autour du besoin de recréer du collectif,
00:01:07notamment à travers le service public.
00:01:09Donc je l'ai dit, on va en reparler plus tard,
00:01:11mais on avait envie de vous interroger
00:01:13sur une série de sujets d'actualité.
00:01:16On ne parle que de ça en ce moment à la télévision,
00:01:18dans les médias, quand on ouvre,
00:01:21quand on regarde les médias.
00:01:23– Mais d'abord, sur peut-être la séquence qui vient de se passer,
00:01:27alors je ne sais pas si vous avez pu la regarder,
00:01:28puisque vous étiez en coulisses,
00:01:29nous avons reçu les familles de victimes de crimes racistes
00:01:32en tout début d'émission.
00:01:35C'était un moment qui était d'ailleurs assez fort sur le plateau,
00:01:39devant leur peine.
00:01:40La haine et la violence qui se diffusent dans le pays,
00:01:43qu'est-ce que vous avez à leur dire ?
00:01:44C'est quoi, vous, votre propos envers ces familles
00:01:46en tant que responsable politique ?
00:01:48– La première chose, c'est l'empathie.
00:01:51Je trouve qu'on est dans une société,
00:01:54et chez les responsables politiques plus encore,
00:01:56on a le sentiment qu'il n'y a plus ce rapport au sensible,
00:01:59à l'autre,
00:02:02de comprendre la souffrance, en tout cas de la partager,
00:02:04et d'avoir des mots qui sont d'abord des mots d'empathie.
00:02:07Ensuite, beaucoup de colère.
00:02:09Beaucoup de colère parce que ce qui arrive à ces familles
00:02:12a une origine politique.
00:02:15C'est un climat, c'est une inaction à l'égard du racisme,
00:02:18de la violence qui se déchaîne.
00:02:20Et on voit bien qu'on est dans un moment assez contradictoire,
00:02:23d'ailleurs, où on a un débat politico-médiatique
00:02:27qui devient insupportable,
00:02:29avec des propos racistes qui deviennent totalement décomplexés.
00:02:33Enfin, je veux dire, c'est impressionnant.
00:02:36Évidemment, il y a M. Rotaillot qui a pris la place en chef,
00:02:42mais c'est aussi qu'Emmanuel Macron et M. Bayrou ont accepté
00:02:46d'avoir en leur sein des gens qui sont des gens ouvertement
00:02:51centrés sur l'obsession identitaire et, en fait, sur le rejet.
00:02:55Donc, faire confiance dans ces gens pour lutter contre le racisme,
00:02:57évidemment, ça ne peut pas fonctionner.
00:02:59Et l'extrême droite, qui essaie de temporiser, en tout cas,
00:03:03de gommer les outrances, mais qui, en réalité,
00:03:06passe son temps à alimenter des discours qui sont des discours racistes,
00:03:10profondément racistes, parce que c'est le cœur de son projet politique
00:03:13qui est fondé sur l'identité et non pas l'égalité comme nous.
00:03:17Donc, ce que j'ai envie de leur dire, c'est que si nous étions au pouvoir,
00:03:20nous prendrions très au sérieux cette question.
00:03:24Nous mettrions évidemment un terme à toute expression publique
00:03:27de l'exécutif, donc du sommet de l'État,
00:03:30qui puisse encourager de près ou de loin
00:03:33ce type de comportement inacceptable dans notre République.
00:03:37Et il ne faut pas simplement être irréprochable
00:03:40dans notre expression publique, il faut agir.
00:03:42Or, là, ce qu'on constate, c'est que même ce qui avait été prévu
00:03:45par le gouvernement, il y avait un projet, un programme,
00:03:48qu'on appelle le plan Prado, qui visait justement à lutter
00:03:51contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations,
00:03:56fondé sur l'origine, et ça tarde.
00:03:58– Ce n'est pas mis en place.
00:03:59– Voilà, ça n'est pas mis en place.
00:04:00Donc, il n'y a pas de moyens pour la formation,
00:04:02il n'y a pas de moyens dans le système éducatif,
00:04:04il n'y a pas de prise en charge sérieuse de ces questions-là,
00:04:09et elles sont multiples.
00:04:10C'est-à-dire qu'il faut arrêter avec les propos racistes,
00:04:13il faut impérativement que ça cesse,
00:04:16mais le racisme, ce n'est pas que les phrases outrancières,
00:04:18ce n'est pas simplement Macron dont on rapporte,
00:04:20même si l'Élysée a démenti, il y a trop de mamadou à l'hôpital,
00:04:24voilà, c'est insupportable.
00:04:26Ces outrances ne vont pas, ces termes ne vont pas,
00:04:29mais vous voyez bien, c'est toute la petite musique, en fait,
00:04:31identitaire de Roger de l'autre,
00:04:34de hiérarchie, en fait,
00:04:36et d'éloge de la domination, importée aussi par Trump,
00:04:40la trumpisation, elle est totalement là-dessus.
00:04:42Et puis on a un climat très haineux,
00:04:43et pour le temporiser, ça veut dire intervenir dans les réseaux sociaux également.
00:04:48– Je voulais vous demander, justement,
00:04:49je réagis en fait à quelqu'un qui demande dans le chat,
00:04:52c'est vrai que vous avez eu une réaction sur France Info
00:04:54qui a fait un petit peu réagir,
00:04:55où en fait, comme très souvent les médias,
00:04:58ont voulu imposer la discussion sur le rapport sur les frères musulmans,
00:05:01et c'est vrai qu'à ce moment-là,
00:05:02vous avez, on va dire, un petit peu accompagné
00:05:05ce que la personne vous...
00:05:06la personne vous posait une question, en fait,
00:05:08sur le rapport des frères musulmans,
00:05:09et vous avez dit que oui, c'était un problème, etc.
00:05:11et c'est vrai que pourtant,
00:05:13on voyait que c'était quand même quelque chose d'assez complotisme,
00:05:15d'une islamophobie médiatique.
00:05:19– Alors, on va peut-être avoir...
00:05:21Il y a débat, donc c'est bien.
00:05:22– C'est parce que je vois la question-là.
00:05:23– Ah, c'est la question qu'elle a.
00:05:24C'est bien, il y a débat.
00:05:25– Et en fait, je l'avais vue moi aussi,
00:05:27je n'avais pas prévu de vous la poser, mais...
00:05:28– Mais non, mais c'est bien.
00:05:29– Voilà.
00:05:29– Et puis il faut répondre à ces questions-là.
00:05:32– C'est-à-dire que moi, je suis fascinée parfois de rhétorique,
00:05:36où chacun est dans son couloir,
00:05:39et c'est bien de ne pas trop décoller du réel.
00:05:42Moi, je suis élue de Sevran, Villepinte et Tremblay.
00:05:44Je me bats contre le racisme.
00:05:45Je ne supporte pas les actes anti-musulmans,
00:05:49de rejet très fort, qui vont jusqu'à la violence,
00:05:52et parfois à la violence mortelle.
00:05:53– Vous ne dites pas islamophobie ?
00:05:54– Si, bien sûr, je dis islamophobie.
00:05:56Alors après, on peut avoir débat sur...
00:05:58Moi, j'utilise plutôt la haine des musulmans,
00:06:00mais le mot islamophobie, je le reprends à mon compte,
00:06:02parce que c'est aujourd'hui le terme qui est populaire,
00:06:06que tout le monde s'est approprié pour désigner une réalité.
00:06:08Donc je n'ai pas de problème.
00:06:09Ce n'est pas celui que j'utilise spontanément,
00:06:10mais je n'ai aucun problème avec ce terme-là.
00:06:12C'est le mot qui permet de s'en aller.
00:06:14Donc ça, je le vois de près chez moi.
00:06:16Je le vois vraiment...
00:06:18Donc je me bats contre ça.
00:06:19Mais se battre contre l'islamophobie
00:06:23ne dit pas qu'on n'a pas aussi un sujet,
00:06:26et ça, je peux en parler là aussi de là où je suis,
00:06:30qui est une petite partie radicalisée
00:06:33et qui inquiète, y compris les musulmans eux-mêmes.
00:06:36Et je ne vois pas pourquoi on ne devrait parler que de l'islamophobie
00:06:40et qu'à chaque fois qu'on dirait,
00:06:41oui, mais il y a aussi un sujet,
00:06:43qui est un sujet d'un islam radical,
00:06:46qui vise lui aussi, finalement,
00:06:49à faire entrer des jeunes dans des processus sectaires,
00:06:52dans des processus dangereux.
00:06:54Pourquoi on a pas le droit de parler de ça ?
00:06:55Une cabale médiatique, on l'a su plus tard,
00:06:57parce que ce rapport qui était sorti, finalement,
00:06:59disait que, voilà, ça parlait d'entrisme, etc.
00:07:02Je ne l'avais pas lu.
00:07:03Très vite, on vous a entraîné là-dedans.
00:07:06Mais je n'avais pas lu ce rapport,
00:07:07et j'arrive le matin,
00:07:08je n'avais pas d'informations sur ce rapport.
00:07:10Donc une fois qu'on sait plus,
00:07:12on peut re-regarder ce que j'ai dit exactement.
00:07:15Mais je nous alerte aussi.
00:07:16Je veux dire, il n'y a aucune raison qu'à gauche,
00:07:19on ne prenne pas aussi à bras-le-corps
00:07:21les mouvements qui peuvent être des mouvements
00:07:24qui sont dangereux pour la jeunesse,
00:07:26et pas seulement,
00:07:26et qui sont d'ailleurs dénoncés.
00:07:28Je vais donner un exemple précis.
00:07:29Chez moi, la mosquée des radars,
00:07:31peut-être vous en avez déjà entendu parler.
00:07:33Les premiers qui m'ont parlé des prêches salafistes
00:07:35dans la mosquée,
00:07:36ce sont des femmes musulmanes
00:07:38qui étaient inquiètes pour leurs enfants.
00:07:40Et donc je ne vois pas en quoi il faudrait choisir,
00:07:43soit le combat contre l'islamophobie,
00:07:47soit le combat contre...
00:07:48Oui, mais là, c'est surtout le rapport, en fait,
00:07:50ne reposait sur rien,
00:07:51et a permis, du coup, de faire comme ça.
00:07:53Mais j'explique, moi, l'état d'esprit
00:07:54dans lequel je me trouvais,
00:07:56et qu'il y ait une instrumentalisation
00:07:58et même un grossissement délirant,
00:08:01évidemment, en France.
00:08:03C'est-à-dire qu'on ne voit que ça,
00:08:04on ne voit pas qu'on a plein d'autres problèmes
00:08:07avec d'autres religions dont on ne parle pas.
00:08:10Et donc, évidemment, qu'il y a une obsession,
00:08:11qui est une obsession de chasse aux musulmans
00:08:14et qu'il faut être sur ce terrain de la chasse aux musulmans.
00:08:17Mais je pense qu'on peut à la fois dire ça
00:08:20et s'occuper aussi des phénomènes inquiétants, sectaires,
00:08:24qui existent et qui n'existent pas que chez les musulmans.
00:08:26Et ça, c'est important de le dire,
00:08:27parce qu'il y en a, ils ne voient que ça.
00:08:30Pour le coup, il y a plein de spécialistes renommés,
00:08:32reconnus sur le sujet,
00:08:33qui disaient que ce danger de l'islam radical existe,
00:08:36mais que le rapport était complètement à côté de la plaque,
00:08:38parce qu'ils ciblaient les frères musulmans,
00:08:40qui sont, d'après les spécialistes,
00:08:41en régression et en perte d'influence.
00:08:43Ils ne sont pas du tout ceux qui, aujourd'hui,
00:08:44même...
00:08:45– Oui, puis on a un autre problème.
00:08:46– Et il y avait du coup une instrumentalisation énorme
00:08:48du rapport par le gouvernement et par Otaillot.
00:08:51– Et on a un autre problème,
00:08:52qui est qu'en France, aujourd'hui,
00:08:53les libertés sont menacées,
00:08:55et aussi là-dessus,
00:08:56parce que très vite,
00:08:58l'accusation toute simple,
00:09:00sans...
00:09:00puisque l'État de droit,
00:09:02visiblement,
00:09:02ça n'intéresse plus grand monde.
00:09:04En tout cas, passe le gouvernement.
00:09:06Moi, j'y suis très attachée.
00:09:07Et on voit que cette obsession de la chasse aux musulmans
00:09:11et d'une lutte qui peut...
00:09:13Enfin, en fait, d'instrumentalisation,
00:09:15d'une lutte légitime
00:09:16contre des réseaux qui peuvent être des réseaux dangereux,
00:09:18eh bien, ils les grossissent
00:09:20et ils finissent par attenter à des groupes
00:09:22qui sont des groupes qui ont le droit de citer,
00:09:24normalement, en République.
00:09:26– J'aimerais que Clémentine...
00:09:26– Donc là, la frontière est assez importante.
00:09:28– Clémentine Notin,
00:09:29on va vous questionner par rapport au livre, également.
00:09:32que vous avez écrit par rapport à l'esprit public.
00:09:37Donc, Aurélien, je te laisse poser ta question.
00:09:40– On ne fait pas la question sur...
00:09:41– Et non, on avance.
00:09:42– ...international, on avance.
00:09:43Peut-être qu'on reparlera de l'international tout à l'heure.
00:09:45Oui, donc en mars, vous avez sorti un livre
00:09:46qui est ici, qui s'appelle L'esprit public.
00:09:48L'esprit public que vous appelez
00:09:49pour améliorer la vie,
00:09:50pour fédérer les Françaises et les Français
00:09:52des villes et des campagnes.
00:09:54Vous estimez que l'esprit public
00:09:55permet de fédérer,
00:09:56de protéger de la rapacité du marché.
00:09:58Et pour vous, c'est comme ça
00:09:59qu'on va relancer à la fois les idées de gauche,
00:10:01mais aussi battre les idées d'extrême droite.
00:10:03Pour vous, c'est comme ça
00:10:05que c'est le chemin à suivre
00:10:06dans le climat actuel à vos yeux.
00:10:09– Je propose de réinvestir l'esprit public
00:10:12en partant d'un diagnostic.
00:10:13C'est que tout est devenu marchandise.
00:10:16En fait, la marchandisation du monde
00:10:18est le problème majeur
00:10:20auquel nous sommes confrontés
00:10:21avec un État qui a décidé
00:10:23de laisser la place au marché.
00:10:25Et donc, la proposition politique que je fais,
00:10:27c'est que la puissance publique
00:10:29prenne la main sur le pouvoir
00:10:31des marchés
00:10:32et soit à nouveau capable
00:10:34d'organiser la satisfaction des besoins.
00:10:37C'est-à-dire d'avoir à la fois
00:10:39un État qui favorise
00:10:41une économie de la mise en commun,
00:10:44dont les services publics font partie,
00:10:47mais pas seulement.
00:10:47On peut aussi s'appuyer
00:10:49sur l'économie sociale et solidaire,
00:10:52sur les collectivités locales,
00:10:53mais en tout cas,
00:10:54de faire reculer la marchandise
00:10:56et le marché par une façon de développer
00:11:00ce qui échappe au lucratif,
00:11:02à cette logique de loi du profit.
00:11:06Et ensuite, d'avoir un État stratège,
00:11:08c'est-à-dire un État qui planifie.
00:11:10Aujourd'hui, vous voyez bien,
00:11:12il ne planifie plus rien,
00:11:12il n'organise plus rien.
00:11:14Il n'est pas capable de satisfaire nos besoins,
00:11:17voire même parfois,
00:11:18il organise la catastrophe.
00:11:19En ce moment, je suis dans Parcoursup,
00:11:21donc je peux donner un exemple très concret.
00:11:23Dans les années 2000,
00:11:24il y a eu un baby-boom
00:11:26et donc normalement,
00:11:27au sommet de l'État,
00:11:28ils auraient dû se rendre compte
00:11:29que s'il y a un baby-boom dans les années 2000,
00:11:31il va y avoir une affluence d'étudiants
00:11:34dans les années 2020.
00:11:35Et donc, il ne se passe rien
00:11:36parce que tout a été détruit au sommet de l'État,
00:11:39on laisse faire
00:11:39et puis quand arrive le moment,
00:11:40on se dit, ah, il n'y a pas de place,
00:11:42qu'est-ce qu'on fait ?
00:11:43Parcoursup, un système de sélection.
00:11:44Donc, quand je dis anticiper ces besoins,
00:11:47c'est être capable de planifier.
00:11:49Et la planification...
00:11:50La nationalisation ?
00:11:52Bien sûr, bien sûr.
00:11:53Mais ça, c'est l'État stratège,
00:11:55c'est comme on le voit avec Arcelor.
00:11:57Je veux dire, quand on va Arcelor-Mittal
00:11:59ou Arcelor-Mittal dans les différents endroits
00:12:01ou même Général-Électrique.
00:12:03J'ai vu à Saint-Nazaire,
00:12:04les salaires de Général-Électrique,
00:12:05mais on marche sur la tête.
00:12:07Ils font de l'éolien offshore.
00:12:09D'accord ?
00:12:10C'est une des...
00:12:11La seule, en tout cas pour la spécificité
00:12:14de ce qu'ils font dans l'éolien offshore,
00:12:16c'est la seule de France.
00:12:19Mais Général-Électrique s'en fout.
00:12:20Ils veulent faire du dumping social,
00:12:22ils pensent qu'ils vont aller faire plus de profits ailleurs.
00:12:25Et donc, on ferme.
00:12:26On s'en fout des salariés,
00:12:27mais on s'en fout aussi de ce qui est produit.
00:12:29Alors que c'est essentiel de développer
00:12:31les énergies renouvelables
00:12:33dans un moment où la crise climatique
00:12:34est ce qu'elle est.
00:12:36Et donc, c'est pour ça que je dis
00:12:37qu'on marche sur la tête.
00:12:38Donc oui, il faut qu'on produise
00:12:39nous-mêmes de l'acier.
00:12:40Donc on peut nationaliser.
00:12:42On peut aussi favoriser par plein d'autres biais.
00:12:45La fiscalité, les aides publiques,
00:12:48le développement de lois
00:12:50qui permettent aux salariés
00:12:51de reprendre leur entreprise.
00:12:53En fait, l'État a différents leviers.
00:12:55Et aujourd'hui, on a un État
00:12:56qui pourrit par la tête,
00:12:58qui pourrit absolument par la tête,
00:13:00parce que la logique de bien commun,
00:13:01l'esprit public,
00:13:04ne gouverne plus.
00:13:05Et Emmanuel Macron,
00:13:06vous l'avez remarqué,
00:13:07c'est quand même la quintessence
00:13:09de ce que je suis en train de dire.
00:13:12Il a fait l'ENA.
00:13:13Ensuite, il est passé par la banque Rothschild.
00:13:16Et après, il est devenu
00:13:18président de la République.
00:13:19Et on a une caste au sommet de l'État,
00:13:21qui n'est pas tous les hauts fonctionnaires,
00:13:23mais une petite caste,
00:13:24qui a brouillé, en fait,
00:13:26le rapport entre le public et le privé
00:13:29malheureusement au profit du privé.
00:13:31Donc il faut faire exactement l'inverse.
00:13:32– Je voulais vous poser une question
00:13:33sur un sujet qui m'intéresse pas mal.
00:13:35Vous reprenez à votre compte
00:13:36l'idée de la sécurité sociale de l'alimentation.
00:13:38Est-ce que vous pourriez nous dire,
00:13:39en quelques mots, si possible,
00:13:41son fonctionnement ?
00:13:42Comment on pourrait justement
00:13:44avoir passé cette conquête sociale ?
00:13:47Comment on la finance ?
00:13:49– D'abord dire que
00:13:51je pense qu'il faut qu'on soit
00:13:53évidemment dans la défensive
00:13:55quand on attaque nos retraites,
00:13:57quand on attaque notre système de chômage,
00:13:59quand on attaque nos hôpitaux.
00:14:01Mais je pense qu'à gauche,
00:14:02si on veut gagner,
00:14:03il faut aussi qu'on soit dans l'offensive.
00:14:05Et donc la sécurité sociale de l'alimentation,
00:14:07elle vient dire,
00:14:08il faut créer une nouvelle branche
00:14:09de la sécurité sociale.
00:14:11Il ne faut pas simplement sauver nos retraites,
00:14:13il ne faut pas simplement qu'on avance,
00:14:14qu'on ait des conquêtes sociales.
00:14:16Et c'est une conquête sur un sujet majeur aujourd'hui,
00:14:19qui est l'alimentation,
00:14:21qui connaît deux problèmes.
00:14:23Le premier, c'est, vous le savez,
00:14:26la majorité des Français
00:14:28n'a pas accès à l'alimentation
00:14:30qu'elle souhaite,
00:14:32avec de plus en plus de gens
00:14:34qui sautent des repas
00:14:34parce qu'ils n'ont pas les moyens de manger,
00:14:36et à peu près tout le monde
00:14:37qui est inquiet de ce qu'il a dans son assiette,
00:14:40avec les scandales,
00:14:41aussi bien les pifaces,
00:14:42le cadmium récemment,
00:14:44et une alimentation de mauvaise qualité
00:14:47qui est acheminée
00:14:50dans les banques alimentaires
00:14:51pour les plus pauvres.
00:14:52Donc, il y a quelque chose
00:14:53qui tourne absolument par an
00:14:54et qu'il faut régler
00:14:55parce que se nourrir,
00:14:56c'est quand même un besoin essentiel,
00:14:58fondamental, premier.
00:14:59Et de l'autre côté,
00:15:00vous avez les paysans
00:15:02qui ont de plus en plus de mal
00:15:03à vivre de leur travail.
00:15:04Dans dix ans,
00:15:05on a la moitié des paysans
00:15:07qui seront partis à la retraite.
00:15:09Et donc, il y a un gros, gros sujet,
00:15:12et notamment pour soutenir les paysans
00:15:14qui produisent l'alimentation la plus saine,
00:15:17bio, mais pas seulement,
00:15:18et puis favoriser des circuits
00:15:19qui sont des circuits locaux.
00:15:20Donc, la réponse précise,
00:15:23c'est-à-dire qu'avec cette nouvelle branche,
00:15:24on aurait une carte,
00:15:26comme la carte vitale,
00:15:27on met de l'argent socialisé dessus.
00:15:29Alors, on peut discuter,
00:15:30est-ce qu'on le prend
00:15:31dans les cotisations sociales,
00:15:32une taxe sur les dividendes,
00:15:34dans les cotisations patronales,
00:15:36c'est quelque chose qui doit relever
00:15:37de la discussion démocratique.
00:15:39On le met en partage
00:15:40et on peut dépenser cet argent
00:15:43dans des commerces,
00:15:44chez des producteurs
00:15:45qui sont fléchés
00:15:46par des comités citoyens
00:15:47qui, du coup, ont un débat
00:15:50sur qu'est-ce que c'est bien se nourrir,
00:15:52quels sont les endroits
00:15:53qui sont les plus vertueux,
00:15:54à la fois pour notre santé,
00:15:55mais aussi pour l'agriculture
00:15:58et l'environnement.
00:16:00Et donc, je trouve un système
00:16:02qui est innovant
00:16:03et sur lequel on a des expérimentations
00:16:06qui se développent
00:16:06à une vitesse hallucinante,
00:16:08puisqu'il y a des caisses alimentaires
00:16:10qui s'ouvrent quasiment tous les jours,
00:16:11en tout cas des demandes
00:16:13de collectifs, citoyens,
00:16:15de villes,
00:16:16qui veulent expérimenter.
00:16:19Celle qui chapote
00:16:21la caisse alimentaire de Montpellier
00:16:23me disait qu'elle avait
00:16:23un appel par jour
00:16:25pour demander comment ça marche,
00:16:27comment on peut faire.
00:16:28Et je vois les programmes
00:16:29qui sont en train de se monter
00:16:30pour les élections municipales
00:16:32et le développement
00:16:34des caisses alimentaires
00:16:34est vraiment en train d'arriver.
00:16:36Parce que c'est aussi
00:16:37un sujet de santé publique.
00:16:39La santé, c'est la préoccupation
00:16:40numéro un des Françaises et des Français.
00:16:42Et l'alimentation en est un levier.
00:16:45Les coûts induits
00:16:46par ce qu'on appelle communément
00:16:48la malbouffe,
00:16:49c'est-à-dire la nourriture
00:16:50qui peut être trop grasse,
00:16:51trop sucrée, trop salée,
00:16:53c'est 9 milliards d'euros pour l'État.
00:16:56Donc manger sainement,
00:16:57c'est non seulement un enjeu de plaisir,
00:17:00un enjeu de santé,
00:17:02mais aussi un enjeu financier, budgétaire.
00:17:04Aurélien, vous questionnez à propos
00:17:06de notre inégalité.
00:17:07Vous avez parlé de cotisation
00:17:08et quand on parle de cotisation,
00:17:10est-ce qu'on entend assez à la gauche,
00:17:12à votre avis aujourd'hui,
00:17:13votre sentiment sur la cotisation ?
00:17:14Sachant que par exemple,
00:17:14sur les retraites,
00:17:16Mickaël Zemmour, économiste,
00:17:17avait calculé que si on augmente
00:17:18les cotisations de 15 euros par mois
00:17:20pour un SMIC
00:17:21ou de 30 euros pour deux SMIC,
00:17:22on peut financer la retraite
00:17:23à 62 ans.
00:17:24Là, on entend le MEDEF,
00:17:25on entend Bayrou dire
00:17:26que c'est impossible de revenir
00:17:27de 64 à 62.
00:17:29Et même, le gouvernement
00:17:30ne fait que passer en force
00:17:31sur le sujet et ignorer.
00:17:33Est-ce que cette question
00:17:33de la cotisation,
00:17:34elle n'est pas en train
00:17:34d'échapper au débat public ?
00:17:37Alors, le débat public peut-être,
00:17:39mais aux Français,
00:17:39ce n'est pas sûr.
00:17:40Parce que quand on leur demande
00:17:41est-ce que vous préférez
00:17:42cotiser un peu plus
00:17:43mais partir à la retraite plus tôt,
00:17:45les Français sont très majoritaires
00:17:47à dire qu'ils préfèrent
00:17:48cotiser un petit peu plus.
00:17:49Je pense que le problème
00:17:50qu'on a avec l'impôt,
00:17:51en fait, en règle générale,
00:17:52l'impôt, les cotisations,
00:17:54les taxes,
00:17:56les prélèvements,
00:17:57c'est l'impression très forte
00:18:00qu'ont une majorité de Français
00:18:02aujourd'hui
00:18:02d'en payer toujours plus
00:18:04pour en avoir toujours moins.
00:18:06C'est ça le problème.
00:18:07Si vous payez plus d'impôts
00:18:09mais que pendant ce temps-là,
00:18:11vous avez une école
00:18:11qui est en train de sombrer
00:18:13dans le burn-out,
00:18:14que vous allez à l'hôpital aux urgences,
00:18:16que vous pouvez patienter
00:18:17parfois 24 heures
00:18:18avant d'être pris en charge,
00:18:19que vos transports,
00:18:21ça régresse,
00:18:22c'est toujours en panne,
00:18:23vous êtes en retard,
00:18:24à un moment donné,
00:18:25vous vous dites
00:18:25mais pourquoi je paye des impôts ?
00:18:26Et en réalité,
00:18:28quand on regarde
00:18:28la structuration
00:18:29de l'imposition en particulier,
00:18:32mais des taxes,
00:18:33la logique en fait
00:18:34de tous les prélèvements
00:18:36qui rentrent dans le budget public
00:18:38ou qui sont socialisés,
00:18:39on se rend compte
00:18:40que la dynamique,
00:18:41elle est toujours davantage
00:18:43au service des hyper-riches
00:18:45et des grands groupes économiques.
00:18:47Et donc c'est ça qui ne va pas.
00:18:47Oui, c'est que la redistribution
00:18:48n'a plus le...
00:18:49Mais oui,
00:18:50quand on a 600 niches fiscales
00:18:52qui ont été créées
00:18:52quasiment dans les 20 dernières années,
00:18:57forcément,
00:18:58c'est des malaires...
00:18:59Quand on a la flat tax
00:19:00qui est mise en œuvre
00:19:00par Emmanuel Macron
00:19:02qui fait que
00:19:02quand on se paye en dividende,
00:19:04ce qui est le cas maintenant,
00:19:05des gens qui sont très riches,
00:19:06ils ne se payent plus en salaire,
00:19:07ils se payent en dividende.
00:19:08Et du coup,
00:19:09quand ils sont très riches,
00:19:10au lieu de payer 45% d'impôt
00:19:11qui est la tranche supérieure
00:19:13de l'imposition,
00:19:14ils payent 30%
00:19:15parce que c'est l'impôt unique forfaitaire.
00:19:17Donc ça,
00:19:18c'est totalement injuste.
00:19:19Quand on a proposé,
00:19:20je l'ai fait avec ma collègue Eva Sass
00:19:22à l'Assemblée nationale,
00:19:23la taxe Zuckman,
00:19:25c'est-à-dire une taxe
00:19:27du nom de Gabriel Zuckman,
00:19:29l'économiste,
00:19:29qui dit
00:19:31il faut aller chercher l'argent
00:19:33dans le patrimoine des ultra-riches
00:19:35parce qu'il contourne l'impôt.
00:19:37Et simplement,
00:19:38en taxant à 2%
00:19:39le patrimoine
00:19:40de ceux qui ont plus de 100 millions d'euros,
00:19:42on peut faire entrer
00:19:42dans les caisses de l'État
00:19:43entre 15 et 25 milliards d'euros.
00:19:45Ça a été adopté à l'Assemblée nationale.
00:19:47Malheureusement,
00:19:48le Sénat,
00:19:49qui est toujours prompt
00:19:50à empêcher ce genre d'avancée sociale,
00:19:53pour l'instant,
00:19:53s'y est opposé.
00:19:54C'est une bataille...
00:19:55Pourtant, 2%,
00:19:55ce n'est pas beaucoup, oui.
00:19:56Non, on commençait,
00:19:58c'était pédagogique.
00:19:59Je trouve qu'on a commencé sympa.
00:20:00C'était dans notre niche parlementaire.
00:20:02On s'est dit
00:20:02tiens, on va faire quelque chose
00:20:03de consensuel.
00:20:03Et ça concerne 1 800 personnes ?
00:20:06À peu près,
00:20:06entre 1 400 et 1 800.
00:20:07C'est tout petit,
00:20:08mais c'est pédagogique.
00:20:09Ce que je veux dire,
00:20:10c'est que derrière la taxe Zuckmann,
00:20:12on a toute une liste,
00:20:13en fait,
00:20:14de propositions,
00:20:17de réformes fiscales
00:20:18qui permettraient
00:20:19tout simplement
00:20:20de faire en sorte
00:20:20que ceux qui sont
00:20:21dans le haut du panier
00:20:22des contribuables
00:20:24cessent de payer moins
00:20:25que les autres.
00:20:25Je vous donne un chiffre,
00:20:26si vous me le permettez,
00:20:27parce qu'il est ultra parlant.
00:20:28Ultra parlant.
00:20:29Quand je l'ai lu la première fois...
00:20:30Allez-y, mais alors très vite.
00:20:31Quand je l'ai lu la première fois,
00:20:32je suis limite tombée de ma chaise.
00:20:34C'est l'Institut des politiques publiques,
00:20:36c'est pas moi,
00:20:36c'est très sérieux,
00:20:37qui dit quand on met justement
00:20:39les cotisations sociales,
00:20:41les taxes et l'impôt sur le revenu.
00:20:43Nous, en moyenne,
00:20:44enfin la moyenne des Français,
00:20:46on paye 50%
00:20:47d'impôt sur le revenu,
00:20:50de cotisation et de taxes.
00:20:51Les milliardaires,
00:20:52les ultra-riches,
00:20:53eux,
00:20:53ils payent 27%.
00:20:55Donc s'il y a un problème aujourd'hui,
00:20:57il est d'abord de ce côté-là.
00:20:59Et si on veut que les Françaises
00:21:01et les Français renouent
00:21:02avec l'impôt,
00:21:03il faut commencer
00:21:03par introduire
00:21:05de la justice fiscale
00:21:06et il faut aussi
00:21:07que l'argent soit
00:21:08correctement dépensé.
00:21:10Clémentine,
00:21:10j'aimerais beaucoup
00:21:11qu'on revienne
00:21:12sur l'état de la gauche
00:21:13parce que tout ce que vous dites,
00:21:14évidemment,
00:21:15on va être d'accord
00:21:16sur un maximum de choses,
00:21:18mais derrière,
00:21:18il faut qu'on puisse
00:21:19se doter
00:21:20d'un gouvernement,
00:21:21en tout cas,
00:21:21d'hommes et de femmes politiques
00:21:23qui vont pouvoir mettre
00:21:24tout ça en application.
00:21:25Je voudrais d'abord
00:21:26qu'on regarde les images
00:21:27qui datent d'il y a un an
00:21:28et puis on en rediscute
00:21:28juste après.
00:21:32Je suis extrêmement heureuse
00:21:33que la France ne décline pas
00:21:34dans un racisme
00:21:36et un fascisme.
00:21:36Une libération.
00:21:37On avait craint
00:21:38que notre pays,
00:21:40la France,
00:21:40soit un pays raciste
00:21:41et finalement,
00:21:42le résultat de ce soir
00:21:43nous prouve
00:21:43qu'il y a quand même
00:21:44de l'espoir dans ce pays.
00:21:45Extrêmement soulagée
00:21:47en tant que personne queer,
00:21:48j'avais extrêmement peur
00:21:49pour mes droits.
00:21:50Ma grand-mère
00:21:50qui est aussi immigrée chinoise
00:21:52et savoir qu'on a gagné
00:21:55normalement
00:21:55et que le RN
00:21:56n'arrivera pas à boire,
00:21:57c'est un très soulagement.
00:21:59Dimanche dernier,
00:21:59quand les résultats sont tombés,
00:22:00je me suis dit
00:22:01c'est mort, c'est fini.
00:22:02Et là, on se rend compte
00:22:03que quand on se mobilise,
00:22:05en fait, non,
00:22:06on n'est pas un pays raciste,
00:22:07on est un pays rassembleur.
00:22:09Aujourd'hui,
00:22:09ce qu'on a su montrer,
00:22:10c'est que malgré
00:22:11des années et des années
00:22:12pendant lesquelles
00:22:12l'extrême droite monte,
00:22:13finalement, on a quand même
00:22:14cette base,
00:22:15ce peuple qui est là
00:22:16et qui saura toujours
00:22:16défendre nos valeurs.
00:22:17Et c'est important,
00:22:19ça fait du bien,
00:22:19ça fait plaisir.
00:22:21Un an après l'immense espoir
00:22:23soulevé par le nouveau
00:22:24Front populaire,
00:22:25la gauche est de nouveau divisée.
00:22:27Vous, vous avez cofondé
00:22:28l'après,
00:22:29donc l'après pour Association
00:22:30pour la République écologique
00:22:31et sociale,
00:22:31il y a eu le premier congrès
00:22:33ce week-end.
00:22:33Les différents responsables
00:22:35présents qui ont pris la parole
00:22:36ont tous dit
00:22:36qu'ils n'avaient pas
00:22:37d'adversaire à gauche
00:22:38et que l'unité
00:22:39était la seule solution
00:22:40pour l'emporter
00:22:41contre l'extrême droite.
00:22:43Pourtant,
00:22:43Raphaël Glucksmann,
00:22:44Jean-Luc Mélenchon,
00:22:45au Parti Socialiste aussi,
00:22:46il y a beaucoup de personnes
00:22:47qui abandonnent l'idée
00:22:48d'un processus unitaire
00:22:49pour la présidentielle
00:22:50de 2027.
00:22:51Vous, vous pensez vraiment
00:22:52qu'il y a possibilité
00:22:53d'une entente programmatique
00:22:54électorale
00:22:55aujourd'hui encore
00:22:56pour 2027 ?
00:22:57Mais oui.
00:22:58Et d'ailleurs,
00:22:58je pense que le problème
00:22:59n'est pas du tout programmatique.
00:23:01Absolument pas.
00:23:02Ce n'est pas le sujet,
00:23:02en vérité.
00:23:04Il y a deux empêcheurs
00:23:07de réunir
00:23:08le camp de l'émancipation
00:23:09humaine aujourd'hui
00:23:10que sont Jean-Luc Mélenchon
00:23:12d'un côté
00:23:12et Raphaël Glucksmann
00:23:13qui, pour l'instant,
00:23:14veulent s'imposer
00:23:15sans processus
00:23:16de rassemblement
00:23:18sans méthode
00:23:19de désignation commune,
00:23:20ce qui est indispensable
00:23:21si on veut être
00:23:23à la hauteur
00:23:23de l'histoire.
00:23:25Aujourd'hui,
00:23:26il faut quand même
00:23:26se rendre compte.
00:23:27On a une extrême droite
00:23:30qui est très haute
00:23:31et certes,
00:23:32et c'est important,
00:23:33ce qui a été dit
00:23:34et j'ai beaucoup aimé
00:23:35votre reportage
00:23:35parce que...
00:23:36C'est pas le point, mais...
00:23:37C'est le Huffington Post.
00:23:38Pardon, le Huffington Post.
00:23:39Enfin, celui que vous avez...
00:23:40Vous venez de passer.
00:23:42C'est important
00:23:43parce que j'ai aimé...
00:23:44Il raconte
00:23:44que c'est le peuple
00:23:45qui s'est mobilisé.
00:23:46Ça a été un événement
00:23:48où les partis politiques,
00:23:50par leur entente,
00:23:51ont permis
00:23:52ce déploiement populaire
00:23:53sans lequel
00:23:54on n'aurait jamais été en tête,
00:23:55on n'aurait jamais déjoué
00:23:56les pronostics très sombres
00:23:58qui étaient,
00:23:59à ce moment-là,
00:24:00ceux des sondages
00:24:01qu'on voyait défiler
00:24:02les uns après les autres
00:24:02et aussi ceux d'une ambiance.
00:24:04Je veux dire,
00:24:04la trumpisation de la société,
00:24:07les victoires qu'on peut voir
00:24:09dans d'autres pays
00:24:09à l'échelle européenne...
00:24:11sur la création de l'après
00:24:12plus particulièrement.
00:24:15Oui.
00:24:16Simplement parce que,
00:24:17comme on avait un petit peu
00:24:18parlé de l'extrême droite avant,
00:24:20pourquoi est-ce que,
00:24:21pour justement pouvoir faire l'union,
00:24:23est-ce qu'il fallait faire
00:24:23une nouvelle organisation
00:24:25de gauche en plus,
00:24:26à ce moment-là ?
00:24:27Ah, nous avons fait l'après
00:24:29après avoir été mis à la porte...
00:24:31Ah non !
00:24:31Si, si, la France Insoumise.
00:24:32Le statut avait été déposé en mai,
00:24:34c'est la libération qui l'a démontré.
00:24:35Oui, mais ce qu'on voulait faire avant mai,
00:24:39c'était un club de réflexion
00:24:40à l'intérieur de la France Insoumise.
00:24:41Et en fait,
00:24:42à partir du moment
00:24:43où il y a eu les purgés,
00:24:45en fait, l'objet de l'association
00:24:47s'est transformé en parti politique.
00:24:49Donc je sais, c'est l'argument...
00:24:49C'était un peu flou,
00:24:50à ce moment-là.
00:24:51C'est l'argument que nous,
00:24:52on a trouvé assez drôle
00:24:53de Jean-Luc Mélenchon
00:24:55qui a raconté que, en fait,
00:24:56tout ça a été prémédité
00:24:58et même c'est la création
00:24:59de l'après au JO
00:25:00qui aurait suscité
00:25:02la dissolution d'Emmanuel Macron.
00:25:04Donc je pense que là,
00:25:05on est quand même en plein délire.
00:25:07Et oui, nous n'avions plus de place
00:25:08à la France Insoumise.
00:25:09Nous avons été écartés de la direction.
00:25:13Nous n'avons aucun endroit
00:25:15pour pouvoir discuter même entre nous
00:25:17et pour avoir un lien aussi
00:25:19avec des militants.
00:25:20Et donc, en effet,
00:25:21on était en train de se dire
00:25:22on va créer un club de réflexion.
00:25:24Il y en avait plein
00:25:24dans la France Insoumise.
00:25:25Et il y en a encore aujourd'hui.
00:25:26Il y a eu des partis politiques
00:25:27à l'intérieur de la France Insoumise.
00:25:29Après, il est en train
00:25:29de devenir un parti ?
00:25:30Et une fois qu'il y a eu la purge,
00:25:32nous avons décidé
00:25:33d'en faire un parti politique.
00:25:36Ça me paraît assez normal.
00:25:37On n'allait pas rentrer,
00:25:38on n'avait pas décidé
00:25:39de rentrer dans un autre parti politique.
00:25:42On continuait.
00:25:42Mais un de plus à gauche.
00:25:43Oui, ça c'est.
00:25:43Mais je pense que c'est pas le sujet.
00:25:45Avec quel programme
00:25:45qui serait différent de celui du NFP ?
00:25:48Non mais c'est des questions...
00:25:49Bien sûr, j'entends.
00:25:50Mais en fait,
00:25:51si on veut faire un rassemblement,
00:25:52il y a différents partenaires.
00:25:54Donc le problème pour moi
00:25:55n'est pas qu'il y ait différents partenaires.
00:25:57Il y a déjà plusieurs partis politiques.
00:25:59Il y a le Parti communiste français.
00:26:01Je suis allumée,
00:26:01je commence par le Parti communiste français.
00:26:03Dans le nouveau Front populaire,
00:26:05le Parti socialiste,
00:26:06les écologistes,
00:26:07la France Insoumise.
00:26:08Et d'autres encore.
00:26:09Plein d'autres petits partis
00:26:10qui sont à l'intérieur
00:26:12du nouveau Front populaire
00:26:13quand il était vivant,
00:26:14constitué au démarrage.
00:26:16Donc le problème
00:26:16n'est pas le nombre de partis.
00:26:18Le problème c'est
00:26:19est-ce qu'on a la volonté
00:26:20de faire ensemble ?
00:26:21Ça c'est la première chose.
00:26:22Et la deuxième,
00:26:23c'est que je crois que
00:26:23celles et ceux
00:26:24qui veulent l'union,
00:26:27qui veulent se battre
00:26:28pour ce rassemblement
00:26:29et pour ce rassemblement
00:26:30sur la base d'un projet
00:26:31de transformation
00:26:32en profondeur.
00:26:33Parce qu'après,
00:26:34on a ces deux jambes.
00:26:35On pense qu'il faut l'union,
00:26:37mais on pense qu'il faut la faire
00:26:38sur un programme
00:26:39qui ne soit pas à l'eau de rose
00:26:40pour aller vite.
00:26:42Donc ces deux jambes,
00:26:43c'est bien qu'on ait aussi
00:26:44un espace
00:26:45dans lequel on puisse
00:26:46organiser des militants
00:26:47qui œuvrent pour ça.
00:26:48C'est le programme du nouveau Front populaire.
00:26:49Nous, on est sur la base
00:26:50du programme du nouveau Front populaire.
00:26:51Il n'est pas à l'eau de rose,
00:26:52mais il est très léger
00:26:53par rapport à ça.
00:26:54Il est plus que le programme
00:26:55du nouveau Front populaire.
00:26:56Non mais c'est un constat.
00:26:58C'est ce que...
00:26:58Non mais c'est qu'il a été fait
00:26:59en quelques heures,
00:26:59donc c'est d'aller plus loin.
00:27:03Alors, il a été fait sur la base
00:27:04beaucoup du programme.
00:27:06Il a été fait sur la base
00:27:08du programme de Jean-Luc Mélenchon
00:27:11en vérité
00:27:11et de la France insoumise.
00:27:13Beaucoup, d'ailleurs,
00:27:14c'est ce qui est reproché
00:27:15par les socialistes.
00:27:17Et ce programme
00:27:19porte quand même
00:27:20un certain nombre de ruptures
00:27:21par rapport aux politiques actuelles
00:27:23et peut être une base
00:27:26à toujours...
00:27:26qu'on peut renforcer,
00:27:28qu'on peut actualiser.
00:27:29Il y a plein de sujets
00:27:30sur lesquels il y a encore
00:27:31à aller regarder.
00:27:32Mais je crois que c'est quand même
00:27:33une base solide.
00:27:34Et d'ailleurs,
00:27:34la France insoumise
00:27:35y était très favorable.
00:27:36Et y est toujours très favorable
00:27:37puisqu'elle pense
00:27:38que les autres trahissent
00:27:39le programme auquel
00:27:40se réfère toujours
00:27:41la France insoumise.
00:27:42Alors après,
00:27:43on peut toujours dire
00:27:44ce qui compte aujourd'hui,
00:27:45c'est d'être le plus radical
00:27:46du plus radical.
00:27:47Donc même ce programme-là
00:27:48n'y aurait pas.
00:27:50Mais ça, pour moi,
00:27:51ça ne fait pas une solution
00:27:52face à la menace
00:27:53de l'extrême droite
00:27:53et pour mettre fin à la Macronie.
00:27:54Or, les gens
00:27:55que moi je crois,
00:27:56ça fait trois mois.
00:27:58En trois mois,
00:27:58j'ai dû faire 33 ou 34 déplacements
00:28:01à l'heure où je parle.
00:28:03Et ce dont on me parle,
00:28:05c'est de l'urgence
00:28:05à ce que ça change.
00:28:07Mais du coup,
00:28:07justement,
00:28:08dans cette urgence
00:28:09à ce que ça change,
00:28:10est-ce que la réponse
00:28:11a apporté ?
00:28:11Parce que j'entends
00:28:12ce que vous dites
00:28:12par rapport au fait
00:28:13que finalement,
00:28:14créer une autre entité,
00:28:15ce n'est pas forcément
00:28:16aussi grave dans une union.
00:28:18Il n'empêche que vous avez
00:28:19présenté votre candidature
00:28:20il y a peu de temps.
00:28:21Est-ce que là,
00:28:22moi, les jeunes
00:28:23que j'entends
00:28:24dans le reportage,
00:28:25ils demandent surtout
00:28:26de l'union
00:28:27et pas tant
00:28:28une multiplicité
00:28:29des candidats ?
00:28:30Donc, est-ce que
00:28:30c'était le moment
00:28:31de présenter
00:28:31votre candidature ?
00:28:33Comment est-ce que
00:28:33ça peut être intelligible
00:28:34pour les gens ?
00:28:36Je me bats
00:28:37pour qu'il y ait l'union
00:28:38et pour moi,
00:28:39ça, c'est le préalable.
00:28:40C'est-à-dire,
00:28:41le plus important,
00:28:42c'est que le 2 juillet
00:28:44date où on va se retrouver
00:28:45à l'invitation
00:28:46de Lucie Castet.
00:28:47Alors, le on,
00:28:48malheureusement,
00:28:49c'est pas tout le monde
00:28:50puisque la France Insoumise
00:28:51vient d'annoncer
00:28:51qu'elle n'irait pas,
00:28:52qu'elle répondait
00:28:54défavorablement
00:28:54à cette invitation,
00:28:55c'est-à-dire même pas
00:28:56de se mettre autour
00:28:57d'une table
00:28:58pour discuter
00:28:58de la possibilité
00:28:59de se rassembler,
00:29:00ce que je trouve
00:29:01très navrant.
00:29:01Donc, nous,
00:29:02on ira
00:29:02et on se battra
00:29:03jusqu'au bout
00:29:04pour que ceux
00:29:05qui n'y sont pas
00:29:06aujourd'hui
00:29:07puissent y être demain.
00:29:08Donc, c'est le préalable,
00:29:10c'est de construire
00:29:10l'outil.
00:29:11Ça, ça me paraît
00:29:12indispensable.
00:29:13Après,
00:29:14que cette union
00:29:15puisse s'incarner,
00:29:16qu'il y ait différentes
00:29:18propositions d'incarnation,
00:29:19je ne vois pas non plus
00:29:20que ce soit démoralisant.
00:29:21Dès lors,
00:29:22que celles et ceux...
00:29:23Avec une primaire ?
00:29:24Oui, dès lors,
00:29:24que celles et ceux
00:29:25qui se proposent
00:29:27pour incarner le tout,
00:29:28ce qui est mon cas,
00:29:29disent,
00:29:31mais j'accepte
00:29:32d'être dans une procédure
00:29:33qui est une procédure
00:29:34démocratique
00:29:35et à la fin,
00:29:36que même si ce n'est pas moi,
00:29:37je soutienne celui
00:29:38ou celle
00:29:39qui sera désignée.
00:29:40Il y a une question
00:29:40qui revient beaucoup
00:29:41sur le chat,
00:29:42par rapport à ce que vous dites,
00:29:42c'est que Mélenchon
00:29:43a fait 19% en 2017,
00:29:4522 en 2022,
00:29:47donc il y a des internautes
00:29:48qui demandent
00:29:49pourquoi est-ce que...
00:29:50L'Union ne se fait pas
00:29:50naturellement derrière lui
00:29:51puisqu'il semble mieux placé
00:29:53au vu des résultats
00:29:53précédents qu'il a fait.
00:29:54Oui, mais il me semble
00:29:55que notamment
00:29:56de 2022 à 2024,
00:29:59un certain nombre
00:29:59de positions qu'il a prises,
00:30:01d'attitudes qu'il a eues,
00:30:02ne le place pas aujourd'hui
00:30:03comme le candidat naturel
00:30:04de rassemblement
00:30:05des gauches
00:30:06et des écologistes.
00:30:06Je le regrette,
00:30:07je me suis battue
00:30:08pendant deux ans
00:30:08à l'intérieur
00:30:09de la France insoumise
00:30:09pour que ça soit possible.
00:30:10Vous êtes auquel par exemple
00:30:12sur les prises d'opposition ?
00:30:13Ben, plein.
00:30:14Il y en a...
00:30:14Ça a commencé
00:30:15avec l'affaire Catenins
00:30:16qui, je pense,
00:30:17a été un moment
00:30:18notamment dans la jeunesse,
00:30:19mais pas seulement,
00:30:20évidemment,
00:30:20avec les militants
00:30:23et militantes
00:30:23et sympathisants
00:30:24et simples citoyens
00:30:26et citoyennes féministes.
00:30:27C'est sûr qu'il y a eu
00:30:28un moment de...
00:30:29Voilà.
00:30:29Je pense que dans...
00:30:30Je ne vais pas refaire
00:30:32et puis je ne suis pas là
00:30:32pour...
00:30:33Ce n'est pas mon objet.
00:30:34Je ne suis pas venue là
00:30:35pour dire du mal
00:30:36de Jean-Luc Mélenchon.
00:30:37Voilà.
00:30:37Donc, je pense que
00:30:39chacune et chacun
00:30:40a observé
00:30:41que pendant deux ans,
00:30:41on ne peut pas dire
00:30:42qu'il est mis...
00:30:44Vous voyez ce que je veux dire ?
00:30:46De l'huile dans les rouages
00:30:47et que bien souvent,
00:30:49et pas seulement lui d'ailleurs,
00:30:50à la France insoumise,
00:30:51l'attitude n'a pas été
00:30:52une attitude rassembleuse.
00:30:53Mais de l'autre côté...
00:30:54Mais de l'autre côté...
00:30:54Pour les électeurs,
00:30:55c'est autre chose
00:30:56parce que c'est vrai
00:30:57qu'ils ne veulent pas
00:30:58d'une politique
00:30:59comme celle de Glucksmann.
00:31:00Ils ne veulent pas...
00:31:01Enfin, pour l'instant,
00:31:02c'est difficile de voir
00:31:02quelqu'un d'autre
00:31:03pour les électeurs.
00:31:04Je ne parle pas
00:31:05à l'intérieur
00:31:05de la France insoumise.
00:31:06Mais je ne suis pas
00:31:07forcément d'accord
00:31:08avec vous
00:31:08qu'il y a un enjeu
00:31:09sur le curseur.
00:31:11Ça, je suis d'accord.
00:31:13Absolument d'accord.
00:31:14C'est-à-dire que
00:31:15celles et ceux
00:31:15qui sont attachés
00:31:17comme moi
00:31:19au projet
00:31:20de la France insoumise,
00:31:20en tout cas celui
00:31:21du départ,
00:31:22qui est quand même
00:31:23une gauche en rupture
00:31:24avec le néolibéralisme,
00:31:25en rupture
00:31:26avec le productivisme,
00:31:27cette gauche-là,
00:31:28évidemment que si on lui dit
00:31:29à la fin
00:31:29que c'est Raphaël Glucksmann,
00:31:31ça ne va pas aller.
00:31:31Mais est-ce que Raphaël Glucksmann
00:31:33est au point d'équilibre
00:31:35si on rassemble
00:31:36toutes les gauches
00:31:36et les écologistes ?
00:31:37La réponse est
00:31:38évidemment non.
00:31:39Donc pourquoi avons-nous peur
00:31:40de ça ?
00:31:40À chaque fois
00:31:41qu'on a demandé
00:31:42de trancher
00:31:44entre ce qui était
00:31:45autrefois
00:31:45des gauches irréconciliables,
00:31:47eh bien la réponse
00:31:48a été claire.
00:31:48C'est du côté
00:31:49de son pôle
00:31:50qui est un pôle fort,
00:31:52qui est un pôle
00:31:52de transformation
00:31:53en profondeur du pays,
00:31:54à la fois sociale
00:31:55et écologiste,
00:31:56que les électeurs
00:31:57et les électrices
00:31:57ont tranché.
00:31:58Mais est-ce que vous pensez ?
00:32:00Mais tournons les choses
00:32:01dans l'autre sens.
00:32:01Est-ce que vous pensez
00:32:02sérieusement
00:32:03que Jean-Luc Mélenchon
00:32:04aujourd'hui
00:32:04est en situation
00:32:05de gagner ?
00:32:08Peut-être qu'il peut
00:32:08accéder au second tour,
00:32:09mais au deuxième tour.
00:32:11Il sert sur un plateau,
00:32:12mais il faut se le dire,
00:32:13on sert sur un plateau
00:32:14la victoire de Marine Le Pen
00:32:15qui d'ailleurs
00:32:15a fait un tweet
00:32:16pour dire
00:32:17« Ah mais oui,
00:32:18ça serait formidable
00:32:19que je sois face
00:32:20à Jean-Luc Mélenchon ».
00:32:21Il a fait trois présidentielles,
00:32:24il a fait trois élections présidentielles,
00:32:25on peut aussi se dire
00:32:26qu'à partir du moment
00:32:28où on a une période nouvelle,
00:32:29une nouvelle stratégie nécessaire
00:32:31dans la situation présente,
00:32:33que le rassemblement
00:32:34est un gage
00:32:34pour aller chercher
00:32:35encore plus loin
00:32:36des électeurs
00:32:37et des électrices
00:32:37dans un moment
00:32:38où la gauche
00:32:39n'est pas à 50%,
00:32:41elle ne frôle pas
00:32:42les 50%
00:32:42et par ailleurs
00:32:44il nous faut un processus
00:32:45et une candidature
00:32:46qui nous permettent
00:32:47de gagner au second.
00:32:48Est-ce que vous faisiez
00:32:48ce point d'équilibre ?
00:32:49Vous disiez que Raphaël Glustin
00:32:51n'était pas le point d'équilibre,
00:32:51est-ce que vous pourriez
00:32:52l'être ce point d'équilibre ?
00:32:53Je pense me situer
00:32:54au cœur de la gauche,
00:32:55aujourd'hui,
00:32:56telle qu'elle est aujourd'hui.
00:32:57Même si vous n'avez pas
00:32:58un appareil politique
00:32:59derrière vous
00:32:59comme d'autres peuvent l'avoir,
00:33:00je pense à Marine Tondelier
00:33:01mais il y en a d'autres.
00:33:03Bien sûr,
00:33:04mais je vais vous dire
00:33:05mon sentiment,
00:33:05ce qui a fonctionné
00:33:06au moment du nouveau
00:33:07Front populaire,
00:33:08c'est que les appareils politiques
00:33:10créent un espace
00:33:11mais ensuite
00:33:12c'est le mouvement citoyen.
00:33:14Les partis politiques
00:33:15sont malheureusement
00:33:16et c'est triste
00:33:16et je le regrette,
00:33:17très faible
00:33:18par rapport à ce qu'on a
00:33:19à mobiliser dans le pays.
00:33:20Donc moi,
00:33:20je crois davantage
00:33:21à l'Union
00:33:22sur la base
00:33:23d'un projet fort
00:33:28pour réussir
00:33:28en fait
00:33:29à mobiliser
00:33:30la société
00:33:31et à gagner.
00:33:32C'est ce en quoi je crois.
00:33:33Mais là, du coup,
00:33:34l'Union à gauche
00:33:34avec ce que vous venez de dire,
00:33:36donc la France insoumise
00:33:37qui ne viendra pas
00:33:37à la Union du 2 juillet
00:33:39lancée par Lucie Castel,
00:33:40comment on fait
00:33:41l'Union à gauche
00:33:41sans la France insoumise ?
00:33:42Mais moi,
00:33:42l'esprit de défaite,
00:33:43ce n'est pas pour moi.
00:33:44Non mais du coup,
00:33:44comment on fait ?
00:33:45On se bat.
00:33:46On se bat et on ne se résigne pas.
00:33:48Mais pas qu'avec eux aussi,
00:33:50avec ceux des socialistes
00:33:51qui disent
00:33:52plus jamais,
00:33:53plus rien
00:33:53avec la France insoumise.
00:33:54Si on les avait écoutés
00:33:55pendant les élections européennes,
00:33:56vous vous en souvenez
00:33:57du débat
00:33:57pendant les élections européennes ?
00:33:58C'était épouvantable.
00:34:00Épouvantable.
00:34:00Et après,
00:34:01en 4 jours,
00:34:02ils ont réussi
00:34:03à se mettre d'accord.
00:34:04Alors si on a pu le faire
00:34:05en 4 jours
00:34:06pour sauver des sièges
00:34:07à l'Assemblée nationale,
00:34:08j'aimerais qu'on m'explique
00:34:09pourquoi on n'est pas capable
00:34:10de le faire
00:34:10quand il va s'agir
00:34:11de sauver les Français
00:34:12d'une possibilité
00:34:13soit de recommencer
00:34:14avec un néo-macroniste,
00:34:16soit d'aller,
00:34:17de jeter le pays
00:34:18dans une perspective
00:34:20d'extrême droite
00:34:21qui est quand même,
00:34:22ça veut dire
00:34:22que les conditions même
00:34:23de faire de la politique,
00:34:25de contester...
00:34:26Il faut faire des concessions aussi
00:34:27et que ce soit
00:34:27une gauche moins radicale
00:34:29parce que sinon,
00:34:30elle ferait trop peur.
00:34:30Alors on préfère quoi ?
00:34:31Zéro concession,
00:34:32quitte à avoir l'extrême droite
00:34:33pour pouvoir...
00:34:33Non mais du coup,
00:34:33c'est parce que les gens
00:34:33ont peut-être peur
00:34:34qu'il y ait à nouveau
00:34:34les années Hollande
00:34:35et la trahison qui a eu...
00:34:37Ça, je suis d'accord.
00:34:38Mais du coup,
00:34:39ça veut dire retourner la main
00:34:40et à Gluckman
00:34:40et à Mélenchon ?
00:34:41Non mais moi,
00:34:42si c'est pour retourner
00:34:43aux années Hollande,
00:34:44franchement,
00:34:45je me suis battue
00:34:46si fortement.
00:34:47Je veux dire,
00:34:48à l'époque,
00:34:49toute ma vie,
00:34:50j'ai battu le pavé
00:34:51et plus que ça
00:34:52toutes les tribunes
00:34:53pour le non-traité constitutionnel,
00:34:55même à l'époque
00:34:55de la gauche plurielle
00:34:58qui est pourtant
00:34:58qui aujourd'hui
00:34:59pourrait nous rendre
00:35:00presque totalement nostalgiques
00:35:01parce que
00:35:02quand on voit
00:35:03ce qui se passe aujourd'hui,
00:35:04voilà,
00:35:04j'ai été dans la rue
00:35:05parce que je trouvais
00:35:06que la manière
00:35:07dans les 35 heures
00:35:07était faite
00:35:08ne convenait pas.
00:35:09Donc, je veux dire,
00:35:10je sais d'où je viens,
00:35:11je sais ce que je porte
00:35:12et je sais où je veux aller.
00:35:13Mais je dis qu'aujourd'hui,
00:35:14le cœur de la gauche,
00:35:16il se situe précisément
00:35:19là où la Hollande...
00:35:21Enfin, contre, en fait,
00:35:23cette idée
00:35:23de reproduire un schéma
00:35:25dans lequel
00:35:25on n'aurait pas tiré
00:35:26les leçons
00:35:26de l'expérience
00:35:27de la social-démocratie
00:35:29partout en Europe.
00:35:30Ça, je crois profondément ça.
00:35:32Maintenant,
00:35:33il faut qu'on se mette au travail,
00:35:35il faut qu'on regarde précisément
00:35:38quelles sont les propositions
00:35:39et c'est pourquoi nous,
00:35:40on dit
00:35:40la base de départ
00:35:41doit être celle
00:35:42du programme
00:35:43du nouveau Front populaire
00:35:44mais il n'y a aucune raison
00:35:45de partir battu,
00:35:47il n'y a aucune raison
00:35:47de ne pas faire ce dialogue
00:35:50parce que sinon,
00:35:51c'est la défaite assurée.
00:35:52Donc, je préfère...
00:35:53il faudrait qu'il y ait
00:35:54une pression populaire immense
00:35:55parce que là,
00:35:55les appareils politiques,
00:35:56même s'ils sont très faibles,
00:35:57vous avez dit qu'ils étaient très faibles,
00:35:58s'ils refusent
00:35:59et qu'il n'y a pas
00:35:59de pression populaire immense,
00:36:00on part exactement
00:36:01d'un même scénario
00:36:02que 2022.
00:36:02Ok, et donc,
00:36:04on se dit vraiment,
00:36:04c'est vraiment difficile,
00:36:06Jean-Luc Mélenchon ne veut pas,
00:36:07la France insoumise
00:36:08ne va pas venir,
00:36:09Glucksmann veut être candidat,
00:36:10bon, ben...
00:36:11On arrête.
00:36:12Non, mais je vous pose vraiment la question,
00:36:13excusez-moi de le dire comme ça,
00:36:15mais donc,
00:36:15la conclusion de tout ça,
00:36:17la conclusion de tout ça,
00:36:18c'est finalement,
00:36:19il y a un fatalisme,
00:36:20il y a deux gauches irréconciliables
00:36:21et donc,
00:36:22s'il y a deux gauches irréconciliables
00:36:23dans le paysage politique actuel,
00:36:25ce n'est pas possible
00:36:26de battre l'extrême droite
00:36:26et donc,
00:36:27je préfère bien sûr
00:36:28d'être dans mon petit pôle
00:36:29d'une gauche bien radicale,
00:36:30bien sûr d'elle-même
00:36:32et que de me confronter
00:36:34à ce que nous avons à faire,
00:36:36ce qui me semble être
00:36:37la tâche aujourd'hui,
00:36:39c'est d'unir les gauches
00:36:40et les écologistes
00:36:41pour battre l'extrême droite
00:36:42et pour empêcher encore,
00:36:44ça fait quand même combien de temps
00:36:45qu'Emmanuel Macron,
00:36:46il est en train de tout détricoter,
00:36:48tout détruire,
00:36:48on en veut encore ?
00:36:49Vous voulez encore 50 ?
00:36:50C'est l'objet du 2 juillet ça ?
00:36:52Ça veut dire que vous
00:36:53vous tournez la main ce soir
00:36:54à Raphaël Glucksmann
00:36:56et à Jean-Luc Mélenchon
00:36:56pour se remettre autour de la table ?
00:36:58Totalement,
00:36:59moi je le redis,
00:37:01jusqu'au bout,
00:37:02jusqu'au bout,
00:37:03s'il y a une force,
00:37:04une personnalité
00:37:05qui compte dans ce pays à gauche,
00:37:07qui n'est pas dans le tour de table,
00:37:08jusqu'au bout,
00:37:09il y aura une chaise
00:37:10pour les attendre
00:37:11et pour dire
00:37:12vous devez être là
00:37:13et si nous créons la dynamique,
00:37:15alors à la fin,
00:37:15nous pourrons emporter
00:37:16et pour la créer,
00:37:18il faut déjà
00:37:18qu'il y ait une base de départ
00:37:19et je remercie Lucie Casté
00:37:21de cette invitation
00:37:21le 2 juillet
00:37:22parce qu'elle est très importante
00:37:24et ensuite,
00:37:25effectivement,
00:37:25d'avoir la garantie
00:37:26qu'on ne fait pas
00:37:27un programme mou des genoux
00:37:29et qu'il ne s'agit absolument pas
00:37:30de retourner
00:37:31aux heures de François Hollande
00:37:33mais de tirer
00:37:34les enseignements
00:37:35de cette expérience calamiteuse
00:37:38au point que
00:37:38le mot gauche lui-même,
00:37:40on ne pouvait plus l'utiliser après,
00:37:41je rappelle quand même,
00:37:42et qu'aujourd'hui,
00:37:44il y a une aspiration
00:37:45à une gauche
00:37:45qui soit forte
00:37:46qui correspond,
00:37:47je crois,
00:37:48à ce que je décris,
00:37:49c'est-à-dire
00:37:49de reprendre l'esprit public
00:37:51et de faire en sorte
00:37:52que la puissance publique
00:37:53ait la main sur les marchés.
00:37:55Vous-même,
00:37:55vous avez dit justement
00:37:56de ne pas seulement défendre
00:37:58par exemple la sécurité sociale
00:37:59mais de demander plus.
00:38:00C'est pour ça,
00:38:00c'est pas quand on dit
00:38:01gauche radicale,
00:38:02c'est aussi d'aller chercher
00:38:03des conquêtes,
00:38:03c'est de demander plus.
00:38:04Justement,
00:38:05vous dites,
00:38:06il ne faut pas rester
00:38:07dans une petite gauche radicale.
00:38:09Évidemment,
00:38:09on va tous faire front
00:38:10contre le fascisme
00:38:11s'il arrive,
00:38:11on l'a tous fait,
00:38:12on l'a contre cœur
00:38:12mais on le fera toujours.
00:38:13Mais c'est plutôt
00:38:14de ne pas faire de concessions
00:38:15et de pouvoir garder,
00:38:17justement,
00:38:18les gens veulent aussi
00:38:18un programme
00:38:19qui soit un petit peu,
00:38:20qui change vraiment
00:38:21et qui peuvent avoir confiance.
00:38:24Je suis pour un programme
00:38:25qui change,
00:38:27absolument,
00:38:28mais vraiment à 1000%.
00:38:29Et si je vois
00:38:31qu'on a un programme
00:38:32qui n'est pas capable
00:38:32de changer la donne,
00:38:34je ne m'engagerai pas.
00:38:35Mais je ne crois pas
00:38:36qu'aujourd'hui,
00:38:37on en soit là.
00:38:37Je pense qu'aujourd'hui,
00:38:39ce qui anime
00:38:40le peuple de gauche,
00:38:41c'est précisément
00:38:43d'être arrimé
00:38:44à la volonté
00:38:46sur les retraites
00:38:47d'abroger
00:38:47la réforme des retraites,
00:38:49de continuer
00:38:50à avoir cet objectif
00:38:52qui est d'aller
00:38:53vers la retraite
00:38:53à 60 ans.
00:38:54Je pense qu'il y a
00:38:55une très grande majorité
00:38:56pour faire une réforme
00:38:57fiscale en profondeur.
00:38:59Je pense que des propositions
00:39:00comme la sécurité sociale
00:39:01de l'alimentation
00:39:02sont des propositions
00:39:03qui peuvent fédérer
00:39:04et qui transformerait
00:39:05en profondeur la société.
00:39:07Je pense qu'investir
00:39:08dans nos services publics
00:39:09est quelque chose
00:39:10là aussi qui est partagé.
00:39:11Je pense que la transition écologique
00:39:12et tout ce que ça suppose
00:39:14comme changement
00:39:14de modèle
00:39:15et d'investissement,
00:39:16nous sommes majoritaires
00:39:18à gauche
00:39:18à vouloir le porter.
00:39:19Donc pourquoi partir battu
00:39:21et penser que
00:39:22cette radicalité
00:39:24au sens de prendre
00:39:25les problèmes
00:39:25à la racine
00:39:26serait vouée
00:39:28à être,
00:39:28vous voyez,
00:39:29dans un petit précaré
00:39:30marginal
00:39:31et ne pas être sujet
00:39:32à discussion
00:39:32et de pouvoir gagner
00:39:34cette bataille aussi.
00:39:35À propos du coup
00:39:36de la désignation
00:39:37de cette personne,
00:39:38il me semble que
00:39:38dans différentes interviews
00:39:39vous avez dit
00:39:40que c'était plutôt
00:39:40une primaire à un tour
00:39:41que vous appeliez.
00:39:43Vous-même,
00:39:43comment est-ce que
00:39:43vous avez été désignée
00:39:44par l'après ?
00:39:45Et est-ce que c'est bien
00:39:46une primaire à un tour
00:39:47que vous souhaitez ?
00:39:48Je ne suis pas la candidate
00:39:48de l'après.
00:39:50Que les choses soient bien claires.
00:39:52Donc c'est en votre nom seule
00:39:53que vous avez dit que…
00:39:54Je pense qu'à un moment donné,
00:39:55on aura besoin de personnalités
00:39:56qui peuvent incarner le tout.
00:39:58Et c'est à ce titre-là
00:39:59que j'ai dit que moi,
00:40:00je travaillais,
00:40:01je me préparais
00:40:02dans cette perspective.
00:40:03Je veux incarner
00:40:04une gauche solide,
00:40:06franche et collective.
00:40:08C'est mon objectif
00:40:09et j'y travaille.
00:40:10C'est ça que j'ai dit.
00:40:11L'après,
00:40:12en son temps,
00:40:14désignera
00:40:15sa propre candidature
00:40:16dans la démarche
00:40:18que nous aurons décidée
00:40:20collectivement.
00:40:20Et donc,
00:40:21c'est à ce moment-là
00:40:22qu'il y aura évidemment
00:40:24une procédure démocratique.
00:40:26Mais je ne peux pas dire
00:40:27aujourd'hui,
00:40:27je suis la candidate
00:40:28de l'après
00:40:28et je ne souhaite pas
00:40:29être la candidate.
00:40:30Je vais même vous dire,
00:40:31je pense que
00:40:31ce qui serait bien,
00:40:33c'est qu'on n'ait pas
00:40:34chaque parti
00:40:35qui est un seul candidat
00:40:36et à la fin,
00:40:38en fait,
00:40:38une bagarre
00:40:39entre eux
00:40:40des courants politiques.
00:40:41Avec une primaire.
00:40:42Avec une primaire,
00:40:42mais qui trancherait
00:40:43en fait
00:40:44des différents
00:40:45entre eux
00:40:45différents courants politiques.
00:40:47C'est souvent comme ça
00:40:47que ça se passe quand même
00:40:48une primaire,
00:40:48c'est souvent un résultat
00:40:49à la fin, non ?
00:40:49Bien sûr qu'il y a
00:40:50un résultat à la fin
00:40:51et bien sûr que chacun
00:40:52a une coloration politique.
00:40:53Ce n'est pas moi
00:40:53qui vais vous dire
00:40:53autre chose.
00:40:55Mais regardez ce qui s'est passé
00:40:56à New York,
00:40:56c'est intéressant quand même.
00:40:58Non ?
00:40:58Moi je trouve
00:40:59parce que là aussi
00:40:59c'était un système
00:41:01de primaire
00:41:03un peu particulier
00:41:04avec un vote
00:41:04par classement
00:41:06et Zoran Mabdani
00:41:07qui a gagné
00:41:08la primaire
00:41:08à New York,
00:41:10eh bien,
00:41:10d'où il vient ?
00:41:11Ce n'est pas
00:41:11le flanc modéré
00:41:14du Parti démocrate américain.
00:41:16C'est son flanc radical.
00:41:18C'est intéressant quand même
00:41:19de regarder ça.
00:41:20Donc pourquoi ne pas
00:41:20faire confiance ?
00:41:21Bien sûr,
00:41:22mais à travers vous,
00:41:24le fait,
00:41:25vous l'avez dit tout à l'heure
00:41:26que vous étiez purgée
00:41:27par la LFI
00:41:28et puis tout ce qui a pu être dit
00:41:30ces derniers temps,
00:41:31notamment autour de la sortie
00:41:32du livre Lameute
00:41:33sur lequel on n'a pas forcément
00:41:35totalement envie de revenir,
00:41:36mais il y a le sujet
00:41:37de la démocratie interne
00:41:38dans les partis de gauche
00:41:40et de cette personne
00:41:41qui va potentiellement
00:41:42porter la gauche.
00:41:43C'est un vrai sujet.
00:41:44Vous le connaissez très bien.
00:41:46Alors du coup,
00:41:47comment est-ce qu'on va faire mieux
00:41:48sur les sujets
00:41:49de démocratie interne,
00:41:50que ce soit à la France insoumise
00:41:51ou dans l'ensemble de la gauche ?
00:41:52Écoutez,
00:41:53à la France insoumise,
00:41:53ça appartient aux militants
00:41:54de la France insoumise.
00:41:55Nous avons essayé,
00:41:56on s'y est cassé les dents.
00:41:57Bon.
00:41:58Et d'ailleurs,
00:41:59nous avons été remerciés
00:42:01de manière extrêmement brutale.
00:42:03Donc maintenant,
00:42:04ça appartient
00:42:04à la France insoumise.
00:42:05Donc chacun essaye
00:42:07dans sa propre formation politique
00:42:09de faire au mieux.
00:42:09Mais moi,
00:42:11j'ai toujours dit
00:42:11et je continue de penser
00:42:13que si on veut
00:42:14incarner le changement démocratique
00:42:16nécessaire dans le pays,
00:42:17je ne vois pas comment
00:42:18on peut assumer
00:42:19que pour nous-mêmes,
00:42:21en fait,
00:42:22nous nous débarrassons
00:42:23de cette question démocratique.
00:42:24La démocratie,
00:42:25ce n'est pas blanc ou noir.
00:42:26C'est quelque chose de...
00:42:28C'est un processus.
00:42:29C'est complexe,
00:42:30la démocratie.
00:42:30Mais il faut vouloir étendre.
00:42:32Vous êtes passée
00:42:32par un processus
00:42:33de désignation
00:42:34pour, par exemple,
00:42:35dire que vous étiez candidate
00:42:37pour l'après ?
00:42:38Non, ce n'est pas pour l'après.
00:42:39C'est ce que je disais
00:42:40tout à l'heure.
00:42:41C'est-à-dire qu'en fait,
00:42:42je ne suis pas la candidate
00:42:43de l'après
00:42:43et l'après décidera
00:42:45le moment venu,
00:42:46mais je l'ai dit tout à l'heure,
00:42:47si l'après soutient
00:42:49une candidature
00:42:50et si c'est moi.
00:42:51Mais je ne me présente pas
00:42:53aujourd'hui
00:42:53comme étant la candidate
00:42:54d'un parti politique
00:42:55parce que je pense,
00:42:56y compris,
00:42:57que celles et ceux
00:42:59qui aspirent
00:43:00à incarner le tout
00:43:01ne le font pas forcément
00:43:02qu'au titre
00:43:03de leur parti politique.
00:43:05Oui, d'autant plus
00:43:05que ce qu'on se disait,
00:43:09alors vous en avez parlé
00:43:10tout à l'heure
00:43:10sur la taxe Zuckman
00:43:12et puis sur d'autres,
00:43:14eh bien ça pourrait
00:43:15faire partie
00:43:15de ces éléments
00:43:16que la gauche
00:43:18pourrait largement porter
00:43:20si enfin
00:43:20on était au pouvoir.
00:43:22Je pense aussi
00:43:22au ticket climat,
00:43:23par exemple,
00:43:24dans les propositions
00:43:25sur lesquelles
00:43:26il faut qu'on avance
00:43:26il faut impérativement
00:43:28favoriser le rail,
00:43:29non seulement
00:43:30il faut le développer
00:43:32parce qu'aujourd'hui
00:43:33j'ai appris
00:43:34quelque chose
00:43:35qui m'a sidérée
00:43:36par un collectif
00:43:38citoyen à Nantes.
00:43:40Le patron
00:43:41de la SNCF
00:43:42a annoncé
00:43:43qu'il allait supprimer
00:43:44entre 4 000
00:43:45et 10 000 kilomètres
00:43:47de rails
00:43:48et en gros
00:43:50entre 14 et 30 %
00:43:51des lignes
00:43:52de fines dessertes,
00:43:53c'est-à-dire
00:43:54les trains du quotidien
00:43:55qui sont essentiels.
00:43:56Voilà une annonce
00:43:57qui est passée
00:43:57totalement inaperçue.
00:43:59C'est délirant
00:44:00dans le moment
00:44:01qu'on traverse,
00:44:02projeter
00:44:03qu'on va supprimer
00:44:04des lignes de train,
00:44:04franchement,
00:44:05les bras m'en tombent.
00:44:06C'est insupportable.
00:44:07Donc investir
00:44:08dans le rail
00:44:08est une nécessité absolue
00:44:10et je crois
00:44:11que pour favoriser
00:44:12le rail,
00:44:13on a aussi besoin
00:44:13de mettre sur pied
00:44:15un ticket climat
00:44:16pour que le train
00:44:17soit plus accessible,
00:44:19non seulement
00:44:19qu'il y en ait plus
00:44:20mais aussi
00:44:21qu'il soit plus accessible.
00:44:22Aurélien ?
00:44:22On a parlé
00:44:23de ce que la gauche
00:44:23peut porter
00:44:24et des divisions
00:44:25de la gauche
00:44:25qui peuvent l'empêcher
00:44:26de porter un message fort
00:44:27dans la société peut-être
00:44:28parce que quand on parle
00:44:29des services publics
00:44:30et de l'esprit public,
00:44:31on voit dans les enquêtes
00:44:32d'opinion
00:44:32que les services publics
00:44:33sont plébiscités
00:44:34par les Français.
00:44:35Ils sont plébiscités
00:44:36par les Français de gauche
00:44:37et il y a 10 ans
00:44:37ils n'étaient pas plébiscités
00:44:38par les Français de droite,
00:44:39ce n'était pas une revendication,
00:44:40une priorité première
00:44:42mais aujourd'hui
00:44:42compris chez les Français de droite
00:44:44c'est une question fondamentale.
00:44:46Pourtant on voit pour l'instant
00:44:47que la gauche
00:44:48n'en récolte pas les fruits
00:44:50et que même
00:44:51la destruction des services publics
00:44:52parfois peut participer
00:44:53c'est l'analyse que vous faites
00:44:54en partie dans ce livre
00:44:55à ce que ce soit les xénophobes
00:44:56qui récupèrent un électorat
00:44:57qui est victime
00:44:58de politiques antisociales.
00:45:00Non mais ça c'est vrai
00:45:01sur beaucoup de propositions
00:45:02parce que quand vous regardez
00:45:02l'augmentation du SPIC
00:45:04est-ce que les Français sont pour ?
00:45:05L'augmentation des salaires
00:45:06que nous proposons
00:45:07ils sont pour ?
00:45:08Est-ce que vous êtes...
00:45:09Je ne vais pas faire toute la liste
00:45:10mais en fait
00:45:10on a un décalage
00:45:11entre l'adhésion des Français
00:45:13à en fait
00:45:14de nombreuses propositions
00:45:16qui font partie de notre programme
00:45:17et l'adhésion des Français
00:45:18à notre vision du monde.
00:45:20Ce qui donne à voir
00:45:21ce qu'est aussi la politique
00:45:22puisque la politique
00:45:23c'est pas simplement
00:45:25elle n'est pas observée
00:45:27que par une somme
00:45:29de propositions
00:45:30dans un programme
00:45:31avec lesquelles on adhère ou non
00:45:32elle est aussi regardée
00:45:34par rapport à une vision du monde
00:45:36qu'on exprime
00:45:36d'un imaginaire qu'on développe.
00:45:38Et donc de ce point de vue-là
00:45:39oui, il y a une bataille très dure
00:45:42avec l'extrême droite
00:45:43qui elle a compris
00:45:44ce que je décris dans ce livre
00:45:46c'est-à-dire la panne du collectif.
00:45:48Aujourd'hui je pense
00:45:48qu'il y a vraiment
00:45:49une grosse panne
00:45:50du commun,
00:45:51du collectif
00:45:52et l'extrême droite
00:45:53répond à cette angoisse
00:45:56qui est une angoisse de déclin,
00:45:57qui est une angoisse d'isolement,
00:45:59une angoisse
00:46:01de déclassement.
00:46:02Elle y répond en disant
00:46:03on est chez nous
00:46:04et je vais vous valoriser
00:46:06parce que vous êtes,
00:46:07il y a un dominant
00:46:08qui sommeille en vous
00:46:09soit parce que vous êtes un français
00:46:10on va mettre dehors les étrangers
00:46:11soit parce que vous êtes un blanc
00:46:12et on va mettre les noirs
00:46:13et les arabes dehors
00:46:14et les musulmans avec
00:46:15en premier d'ailleurs.
00:46:17Vous êtes un homme
00:46:18c'est formidable
00:46:19on va valoriser
00:46:21votre virilité
00:46:22etc.
00:46:24Et donc ça c'est le trumpisme
00:46:26est fondé là-dessus
00:46:27cette espèce de valorisation
00:46:29du dominant,
00:46:30de décomplexion du dominant.
00:46:31Et donc la colonne vertébrale
00:46:32c'est l'identité.
00:46:33Ce que nous on a à dire
00:46:35c'est que cette panne du collectif
00:46:37on y répond par l'égalité,
00:46:38par la mise en commun,
00:46:40par cet état
00:46:40qui est capable de protéger,
00:46:42de sécuriser.
00:46:43Aujourd'hui on a une insécurité alimentaire
00:46:45il faut faire la sécurité sociale
00:46:47de l'alimentation.
00:46:48On a une insécurité dans l'emploi
00:46:50il faut faire vivre le droit à l'emploi.
00:46:51Par exemple,
00:46:53partant là aussi
00:46:54de ce qui existe
00:46:54les territoires zéro chômeur
00:46:56qui ne sont pas parfaits
00:46:57qui ne sont pas les mêmes
00:46:57d'ailleurs partout
00:46:58mais qui sont des expérimentations
00:47:00qui donnent le sens
00:47:01de ce qu'on peut généraliser,
00:47:03inventer, créer
00:47:04en termes de conquête sociale.
00:47:07Il y a une insécurité aussi
00:47:08de la conversation publique.
00:47:10Vous y allez être sensible.
00:47:11La conversation publique
00:47:12ce n'est pas possible.
00:47:13Pas de pluralisme dans les médias.
00:47:159 milliards,
00:47:169 milliardaires
00:47:17qui ont pris la main
00:47:18sur nos médias
00:47:18eu en concentration.
00:47:20Je suis désolée,
00:47:20ça joue sur la démocratie.
00:47:21Pour sécuriser la conversation publique.
00:47:23D'accord là-dessus.
00:47:24Je suis désolée de vous couper
00:47:26mais il y a quelqu'un
00:47:27qui attend en coulisses
00:47:28et qui a très envie de rentrer.
00:47:30Eh bien,
00:47:30c'est l'heure d'accueillir
00:47:31le pire journaliste
00:47:32de la rédaction.
00:47:33C'est l'heure
00:47:34de la carte de presque.
00:47:43Bonjour, bonjour, bonjour, bonjour.
00:47:44C'était un poil long.
00:47:45La tente, c'était un poil long.
00:47:46De ce que j'ai compris,
00:47:47il y avait du retard sur après,
00:47:48du coup, bref.
00:47:50Comment vas-tu Clémentine ?
00:47:52Bien, et toi ?
00:47:53Super, merci.
00:47:54Bon, alors voilà.
00:47:56Nous y sommes.
00:47:57Dernière émission de la saison
00:47:58de Saïra,
00:47:59l'émission qui a copié
00:48:00backseat avec les gens
00:48:01de Rhinocéros
00:48:01mais qui fait 14 vues.
00:48:03Après, c'est toujours
00:48:0413 de plus que l'IB,
00:48:06donc c'est OK.
00:48:07Enfin bref,
00:48:07quelle aventure,
00:48:088 émissions ?
00:48:098 émissions, Aurélien,
00:48:10tu te rends compte ?
00:48:11C'est-à-dire que tu n'es pas
00:48:12journaliste de la rédaction
00:48:12mais tu ne dis pas
00:48:138 émissions.
00:48:14Je te félicite, Pierre.
00:48:15Quelqu'un de très smart.
00:48:188 émissions,
00:48:19et franchement,
00:48:20on a été gâtés.
00:48:21On a eu Ruffin,
00:48:23qui se souvient de Ruffin ?
00:48:24Quand il a vaillamment
00:48:24pris position sur Gaza.
00:48:27Quel homme courageux.
00:48:28Ou quand Marine Tondelier
00:48:29a comparé le marxisme
00:48:30à du jardinage.
00:48:32Quel sens de la formule.
00:48:33Ah, les souvenirs.
00:48:35Et Gilles Brun,
00:48:36qui s'en rappelle ?
00:48:37C'est Philippe Brun,
00:48:38toujours.
00:48:39Personne ne s'en rappelle.
00:48:41Personne.
00:48:42Bref, moi,
00:48:43j'ai profité quand même
00:48:43de cette dernière
00:48:44pour remercier
00:48:45quelques personnes.
00:48:46Je voudrais d'abord
00:48:47remercier la rédaction,
00:48:48qui, malgré les audiences
00:48:49catastrophiques,
00:48:50n'a jamais remis en doute
00:48:51l'émission.
00:48:51C'était dur
00:48:52parce qu'on fait
00:48:52des super chiffres.
00:48:53C'est vrai.
00:48:54C'est même pas vrai, en plus.
00:48:55Mais oui, c'est même pas vrai.
00:48:56Mais ça marchait mieux
00:48:56si je disais que c'est nul.
00:48:59Merci à Rigi,
00:49:00qui a foiré
00:49:01le seul magnéto
00:49:01que je leur avais demandé
00:49:02de lancer
00:49:04sur Mélenchon,
00:49:05comme par hasard.
00:49:07Chelou.
00:49:08Merci à Mejda,
00:49:09même si au départ,
00:49:10on n'a pas compris
00:49:10pourquoi le directeur
00:49:11nous la mettait dans les pattes.
00:49:13Merci à Théo.
00:49:14Le pauvre,
00:49:15il s'est quand même démené
00:49:17chaque dernier mercredi du mois
00:49:18pour trouver une chemise
00:49:19encore plus moche
00:49:19que la précédente.
00:49:20Et il a réussi.
00:49:21Ça va, c'est pas franchement.
00:49:22Et il a réussi.
00:49:23Moi, je suis chaud de la plaisir.
00:49:24Laisse-toi pour celle-là,
00:49:25franchement.
00:49:26Non.
00:49:27OK.
00:49:28Et évidemment,
00:49:29merci à Lumi,
00:49:29la seule personne
00:49:30avec du buzz
00:49:31qui a accepté
00:49:31de faire l'émission.
00:49:33Sans elle,
00:49:33Libération serait devant nous,
00:49:34je pense.
00:49:35Petite pensée
00:49:36pour Valérie Damidou.
00:49:37Vous aussi.
00:49:40Et donc,
00:49:42oui.
00:49:43Pour la dernière,
00:49:44on reçoit Clémentine Autain.
00:49:45Clémentine,
00:49:46ça fait très plaisir
00:49:46de te recevoir.
00:49:47Pour moi,
00:49:47tu es un peu la gauche,
00:49:49aujourd'hui.
00:49:50Tu es née chez les cocos.
00:49:52Tu es partie
00:49:52à la France Insoumise.
00:49:53Aujourd'hui,
00:49:54tu sièges avec les écolos.
00:49:55Finalement,
00:49:55il te manque juste le PS
00:49:56et tu as fini le jeu.
00:49:58J'ai vu que tu voulais
00:49:59devenir présidente de la République.
00:50:01C'est intéressant,
00:50:02mais moi,
00:50:02je ne comprends pas
00:50:02pourquoi vous n'avez pas eu
00:50:03un conseiller d'orientation
00:50:04un peu honnête
00:50:05en troisième
00:50:06pour détruire vos rêves
00:50:07trente secondes.
00:50:08Moi, par exemple,
00:50:08quand je suis allé voir
00:50:09et que j'ai demandé
00:50:09pour être pilote de chasse,
00:50:10on m'a dit non,
00:50:11tu seras journaliste à l'UMA.
00:50:14Et je suis journaliste à l'UMA.
00:50:16Quel bonheur.
00:50:18Bon,
00:50:18à séparer d'avenir,
00:50:19pour finir cette saison,
00:50:20j'ai fait ce que je fais de mieux,
00:50:22c'est-à-dire de la merde.
00:50:24On a choisi aujourd'hui
00:50:25de se moquer de nous-mêmes.
00:50:27Donc voici les coulisses de l'UMA
00:50:29selon CNews et Frontières.
00:50:31Magneto, Mike.
00:50:32Et je condamne le ramasse.
00:50:35Bonjour, c'est Péa
00:50:36et je bosse à l'UMA.
00:50:37Et quand on bosse dans un média de gauche,
00:50:38on se fait tout le temps taxer
00:50:39d'islamo-gauchisme,
00:50:41de wokisme
00:50:41ou d'homme soja.
00:50:43Alors que...
00:50:44Ah,
00:50:45c'est l'heure
00:50:45de la conférence de rédaction.
00:50:47Bah, venez,
00:50:47je vais vous faire visiter.
00:50:48Ah bah,
00:50:49ils sont déjà en réunion.
00:50:50Et toi, Ali,
00:50:51tu vas à la fête de l'UMA
00:50:52voir Maître Gims ?
00:50:56Bon, on va pas les déranger
00:50:57plus longtemps.
00:50:58En tout cas,
00:50:58trop cool pour Ali.
00:50:59C'est la salle de formation.
00:51:01C'est ici qu'on nous apprend
00:51:02à répondre à des médias
00:51:02qui en font mieux.
00:51:03Salam alaikum.
00:51:04Ha tem ben arfa.
00:51:05Donc on reprend.
00:51:06Je condamne.
00:51:08Je condamne.
00:51:09Mettez-y un peu plus de cœur.
00:51:10Tu condamnes.
00:51:12Tu condamnes.
00:51:13C'est mieux.
00:51:13Allez, venez,
00:51:14je vais vous montrer la cantine.
00:51:18C'est la bonne température.
00:51:20Avant de reprendre,
00:51:21on fait quand même
00:51:21une petite pause clope.
00:51:22Après manger,
00:51:23ça fait du bien
00:51:23pour la digestion.
00:51:24C'est nickel.
00:51:25C'est du CBD.
00:51:27Il est 13h45,
00:51:28donc on impose
00:51:29une petite sieste réglementaire.
00:51:32Je condamne le...
00:51:34Oui, je le condamne.
00:51:35PA,
00:51:36tu as rendu ton article
00:51:37sur la contraception masculine
00:51:38en Iran ?
00:51:38Non, mais je fais demain.
00:51:39Là, c'est le pont.
00:51:40On est mardi.
00:51:41Oui, mais c'est l'Aïd.
00:51:42C'était la semaine dernière.
00:51:43Non.
00:51:43Mon mouton.
00:51:45Bon, petite pause clope avant quand même.
00:51:47Bon, bah voilà,
00:51:47c'est déjà la fin de journée.
00:51:49C'est l'heure de partir.
00:51:49On corrange des petites affaires.
00:51:51Attends ton copéat.
00:51:52Les subventions sont tombées.
00:51:53Oh, c'est tout ?
00:51:55Ah non, ça,
00:51:55c'est que la première partie.
00:51:56Ah, tant mieux.
00:51:57Allez, ça aussi,
00:51:57ça va dans le sac.
00:51:58Oh, une belle journée, là !
00:51:59C'est la fin de la journée.
00:52:01C'est l'heure de rentrer en vélo.
00:52:02Abonnez-vous à l'UMA
00:52:02et à très bientôt, les amis.
00:52:04Bisous.
00:52:11Tout est vrai.
00:52:12T'as bien saisi l'ambiance
00:52:13de l'arrêt d'Akabar.
00:52:13T'as vu ?
00:52:14Tout est vrai.
00:52:14Il y a juste un truc qui est faux,
00:52:16c'est la cantine.
00:52:16Il y a toujours de la viande.
00:52:17Je pense que vous savez pourquoi.
00:52:20Bon, c'est presque la fin de ma chronique.
00:52:23Je ne sais pas si tu es au courant,
00:52:24mais à la fin,
00:52:25on fait un petit jeu
00:52:25« Ça ira, ça ira pas ».
00:52:26Je te montre les images.
00:52:27Tu me dis si ça ira, ça ira pas.
00:52:29Ça ira, ça ira, ça ira pas.
00:52:30Exactement.
00:52:31Et tu peux éventuellement
00:52:33nous donner des petites explications
00:52:34en fonction.
00:52:35Elle a envie de chanter.
00:52:36Tu veux que je te laisse faire la...
00:52:36Elle a envie de chanter.
00:52:38J'avoue.
00:52:39Bon, t'as compris le principe ?
00:52:41Ouais, je crois.
00:52:42Ça ira ou ça ira pas.
00:52:44Exactement.
00:52:44Et après, un petit texte
00:52:45pour expliquer, évidemment.
00:52:46Mais court.
00:52:46Et après, en général,
00:52:47c'est comme les...
00:52:48Oui ou non ?
00:52:49Exactement, c'est un combini.
00:52:50On a copié combini aussi.
00:52:53Mais il faut expliquer, quoi.
00:52:57Israël iran.
00:52:57Là, on rigole pas.
00:52:58Ça ira ou ça ira pas ?
00:53:02Il y a le cessez-le-feu.
00:53:04Non, ça ira pas, probablement.
00:53:09C'est dur.
00:53:11On n'en a pas parlé, mais c'est...
00:53:16Il y a un sujet aujourd'hui,
00:53:17c'est que je pense qu'on est
00:53:19dans une bascule du monde
00:53:21avec beaucoup de tensions
00:53:22et qu'au fond, la question,
00:53:24c'est de savoir si on choisit
00:53:25la force ou le droit.
00:53:28Et si on veut choisir la paix,
00:53:30il faut la construire.
00:53:31Et donc, ça suppose
00:53:32de savoir quel est le chemin.
00:53:33Et ce chemin, pour moi,
00:53:34il repose sur le droit international,
00:53:36sur la diplomatie
00:53:37qui a été laminée.
00:53:39C'est le budget
00:53:40qui a le plus pris cher
00:53:41sur les 30 dernières années.
00:53:42Il a été coupé en deux.
00:53:44Deux fois moins de budget.
00:53:45Celui de la diplomatie.
00:53:46Et aussi, ce que j'appelle
00:53:48la mondialité.
00:53:49C'est-à-dire que si on veut la paix,
00:53:51il faut aussi faire avancer
00:53:52la justice, sortir
00:53:53de la globalisation néolibérale.
00:53:55Et là aussi,
00:53:57supporter l'altérité.
00:53:58L'altérité, le sensible,
00:54:00s'ouvrir aux autres
00:54:01dans un moment où on voit bien
00:54:02que c'est le repli
00:54:03qui est en train de dominer.
00:54:04Donc la force
00:54:07ou le droit,
00:54:08ça, je pense que c'est
00:54:09un enjeu majeur aujourd'hui
00:54:10pour penser la paix
00:54:11et pas simplement la non-guerre.
00:54:13Super.
00:54:14Merci beaucoup, Clémentine.
00:54:15On passe à la deuxième.
00:54:19Je n'ai même pas mes trucs.
00:54:20Le conclave retraite.
00:54:22C'est grave, c'est grave.
00:54:22Alors, il y a Sophie, là.
00:54:24Je vois Sophie Binet.
00:54:25C'est le début du conclave.
00:54:25Alors, c'est vraiment
00:54:26le tout début du conclave.
00:54:27Tout le monde est dégoté,
00:54:28sauf lui.
00:54:29Tu le connais.
00:54:31Mais horrible.
00:54:33Ça va pas du tout, non.
00:54:35C'est déjà même derrière nous,
00:54:37cette affaire avec un gouvernement.
00:54:40C'était pathétique hier,
00:54:41les questions d'actualité
00:54:42avec François Bayrou
00:54:45qui étaient soumis
00:54:47par les députés
00:54:48du nouveau Front populaire
00:54:49à ses phrases d'avant
00:54:50où il disait que bien sûr
00:54:53le Parlement serait saisi
00:54:55sur cette question très importante,
00:54:56etc.
00:54:57Et puis là,
00:54:58il ne sont plus d'images.
00:54:59Alors qu'à l'initiative
00:55:00des communistes,
00:55:01le 5 juin dernier,
00:55:04je crois que c'est ça,
00:55:05la bonne date,
00:55:05on a voté à l'Assemblée nationale
00:55:08le fait qu'on revenait
00:55:10sur la retraite à 64 ans.
00:55:13Qu'en fait le gouvernement ?
00:55:15Oui, une fois que l'Assemblée nationale
00:55:16a pu voter, effectivement.
00:55:18Une résolution sur le fond du texte.
00:55:20Donc ça suffit.
00:55:22Soit on fait voter l'Assemblée nationale,
00:55:23soit on fait un référendum.
00:55:25Mais il faut que ça cesse.
00:55:26Ce n'est pas possible
00:55:26qu'il y ait un tel écart
00:55:27entre ce que pense
00:55:29la majorité des Français,
00:55:30c'est-à-dire qu'ils ne veulent pas
00:55:31de cette loi
00:55:32et la réalité
00:55:33de ce que fait l'exécutif.
00:55:34Et ça, c'est écœurant
00:55:35pour la politique.
00:55:36Enfin, je veux dire,
00:55:37c'est quelque chose
00:55:37qui dégoûte profondément
00:55:39de la politique
00:55:40et qui est injuste socialement,
00:55:42gravement injuste socialement.
00:55:43Moi, je suis d'accord avec toi.
00:55:47Ousmane Dembélé, ballon d'or.
00:55:49Tu tiens un peu de foot ?
00:55:51J'aime bien parler de ça.
00:55:53Je le mets à chaque...
00:55:54À chaque fois.
00:55:54Je crois qu'à chaque fois,
00:55:55tu mets au la soir depuis.
00:55:55C'est vrai ?
00:55:56C'est du militantisme.
00:55:57Tu as vu, Péa,
00:55:58qu'il y avait un boulevard à Paris
00:56:01qui avait été...
00:56:02Ousmane...
00:56:03Oui, Ousmane...
00:56:05Ousmane Dembélé.
00:56:06Dis oui.
00:56:06Je ne sais pas,
00:56:07mais j'ai exactement envie
00:56:08de dire ça ira.
00:56:09D'accord.
00:56:12Qu'est-ce qu'on a ensuite ?
00:56:13L'après-après, ça ira ?
00:56:14L'après-après ?
00:56:15Après ?
00:56:16J'espère bien que ça ira.
00:56:18On chante beaucoup à l'après.
00:56:20Ah ouais ?
00:56:20Ça ira, ça ira, vous chantez ?
00:56:21On chante...
00:56:22C'est pas mon style, moi.
00:56:23El pueblo unido, au congrès.
00:56:25El pueblo unido.
00:56:26Très fort.
00:56:27Et Bella Ciao.
00:56:28Fais attention à ton micro.
00:56:29Alors, Raquel Garrido
00:56:30est plus El pueblo unido
00:56:31parce qu'évidemment,
00:56:32elle est chilienne,
00:56:33donc elle parle espagnol.
00:56:34Et moi, je suis italianisante,
00:56:35donc je suis plus Bella Ciao, mais...
00:56:37De Villepin, 2027, c'est ira ou c'est ira ?
00:56:39Non, ça n'ira pas.
00:56:39C'est un nouveau candidat ?
00:56:40Ça n'ira pas.
00:56:41D'ailleurs, je l'ai entendu
00:56:42sur France Inter
00:56:44il n'y a pas très longtemps.
00:56:46Et autant je suis sensible
00:56:47à ses prises de position
00:56:48et reconnaissance,
00:56:50y compris de ce qu'il a pu faire
00:56:52sur ses positions
00:56:54sur l'international,
00:56:56autant j'ai trouvé que là,
00:56:57le masque commence à retomber,
00:56:59à tomber,
00:57:00à retomber,
00:57:01c'est quand même un homme de droite,
00:57:02si on avait un doute.
00:57:04C'est que les choses soient
00:57:05dans l'interview, il y a quelque chose...
00:57:06Donc je suis un peu étonnée,
00:57:07il veut trianguler,
00:57:08lui aussi,
00:57:09c'est au-dessus des parties,
00:57:10mais il y a un petit parfum
00:57:11de ni droite ni gauche
00:57:14qu'on a déjà vu.
00:57:14Là, il a la tête de l'humain, là.
00:57:15Non, ça, je ne crois pas à ça.
00:57:16Là, il était bien, là.
00:57:18Il voulait prendre le...
00:57:19Un million de vues,
00:57:20on a fait grâce à ça.
00:57:20Le poste de famille, il est...
00:57:21Non, mais respect sur des positions...
00:57:23Moi, je veux dire quand même,
00:57:24respect sur des positions
00:57:25qu'il prend,
00:57:27qui, malheureusement,
00:57:28dans l'espèce
00:57:29de discours insupportable
00:57:31qu'on a aujourd'hui,
00:57:32peut nous faire du bien
00:57:33sur bien des sujets,
00:57:34et notamment sur les sujets
00:57:35internationaux.
00:57:35Oui, et puis rappeler
00:57:35de ce que c'est une droite républicaine.
00:57:38Dire le comme ça.
00:57:38Voilà.
00:57:39Merci beaucoup, Péa.
00:57:39Est-ce que tu as encore une vanne
00:57:40à nous offrir ?
00:57:41On en veut bien une.
00:57:42C'est plutôt...
00:57:43Claquer de chaussettes, c'est rare.
00:57:45Je sais que c'est l'été et tout, mais...
00:57:47C'est vraiment là-dessus
00:57:47que tu vas nous quitter.
00:57:48Oui, claquer de chaussettes.
00:57:49C'est la fin, tu as l'air connu.
00:57:50J'aimerais bien relancer cette moitié.
00:57:51Il faut savoir que c'est ce qu'il a encore fait.
00:58:01Alors, débat...
00:58:02Très bien.
00:58:02Merci beaucoup, Clémentine.
00:58:04Merci beaucoup, Péa.
00:58:05Et merci pour l'effet.
00:58:05Merci à moi.
00:58:06On se retrouve à la fête de l'humain
00:58:07si on ne m'a pas virée d'ici là.
00:58:09Bon, et après, on prend un café
00:58:10pour discuter de la logique de mon parcours
00:58:15où j'ai commencé dans des espaces
00:58:17qui étaient rouges et verts.
00:58:19Tu l'as mal pris.
00:58:19Non, non, pas du tout.
00:58:20Tu l'as mal pris.
00:58:21Non, pas du tout.
00:58:22Tu vois, j'ai le sourire, etc.
00:58:23Mais je dis juste que j'ai commencé
00:58:25dans des espaces rouges et verts
00:58:27et que je pense que je fais partie aussi
00:58:28d'une génération
00:58:29qui n'était pas forcément satisfaite
00:58:30par les partis tels qu'ils existaient
00:58:33sans me retrouver vraiment
00:58:34dans un endroit ou un autre
00:58:35mais qui, au fond, sur 25 ans,
00:58:37n'a pas beaucoup bougé
00:58:38en termes d'ancrage
00:58:40dans une gauche franche
00:58:41et à la fois sociale
00:58:44mais aussi écologiste
00:58:45et très tôt de ce point de vue-là.
00:58:47Ce sera un café allongé, j'imagine.
00:58:48Merci beaucoup.
00:58:48Ouais, un café allongé, ça va.
00:58:50Merci beaucoup, Péa.
00:58:52Merci, merci pour...
00:58:53Mais je ne bois pas de café,
00:58:54j'ai oublié de lui dire.
00:58:55Je lui dis oui en plus
00:58:56alors que je bois une du thé.
00:58:57C'est pour ça que le thé,
00:58:58il y en a un peu plus.
00:58:59Et sur le tchat,
00:59:01il y a énormément de monde,
00:59:02évidemment,
00:59:02qu'on fait des chiffres exceptionnels,
00:59:04que les vidéos qui ont été,
00:59:06que ce soit sur YouTube
00:59:07ou bien que ce soit
00:59:08sur les réseaux sociaux,
00:59:10sur Instagram, etc.,
00:59:11de l'UMA,
00:59:11font des millions de vues.
00:59:13Oui, ça marche super.
00:59:14Ça marche super.
00:59:14Donc vous nous retrouverez
00:59:15l'année prochaine
00:59:16puisque je suis sûre
00:59:16que là, vous êtes très inquiète
00:59:17et inquiète
00:59:18avec ce que vous a dit, Péa.
00:59:20Clémentine,
00:59:21on va se quitter
00:59:21avec quand même
00:59:23une ou deux questions
00:59:24sur des sujets
00:59:24qui nous semblent extrêmement importants
00:59:26d'avoir des avec vous.
00:59:28En mai, on vous a aperçu
00:59:29du côté de Cannes
00:59:30qui n'est pas forcément
00:59:31un endroit où on voit
00:59:32beaucoup d'hommes et femmes politiques,
00:59:34mais c'était au tour
00:59:34de la promotion du film
00:59:36réalisé par Romane Boranger,
00:59:37adapté du livre
00:59:38que vous avez écrit
00:59:39« Dites-lui que je l'aime »
00:59:40qui est sorti en 2019.
00:59:42Le film lui-même
00:59:42de Romane Boranger
00:59:43ne sortira qu'en décembre.
00:59:45Et donc, ce film
00:59:47met en image
00:59:48vos vies parallèles
00:59:48de Romane Boranger
00:59:49et de vous
00:59:51puisque vous avez été
00:59:51toutes les deux
00:59:52abandonnées par vos mères,
00:59:53elles très jeunes
00:59:54et puis vous à 11 ans.
00:59:56Deux mères qui sont aimantes
00:59:58mais défaillantes
01:00:00et qui ont donc...
01:00:02vous ont laissé vous
01:00:03en tant que jeune fille
01:00:04pleine de questions.
01:00:06Qu'est-ce qui représente
01:00:07pour vous ce film
01:00:08à la fois dans votre construction personnelle
01:00:10et puis peut-être
01:00:10sur la place des femmes
01:00:12dans la société,
01:00:13celles aussi des mères
01:00:14de l'image de la mère ?
01:00:15Qu'est-ce que ça représente ?
01:00:17Ce qui est très joli,
01:00:18c'est vraiment le film
01:00:19de Romane Boranger
01:00:20même si elle a quand même réussi
01:00:23à me faire jouer dedans.
01:00:24Alors, comme je dis,
01:00:24je ne joue pas.
01:00:26Mais ce qui m'émeut le plus
01:00:28dans son film,
01:00:29c'est qu'elle a donné
01:00:31une dimension universelle
01:00:32à nos histoires.
01:00:34C'est-à-dire qu'en conjuguant
01:00:35mon histoire et son histoire,
01:00:37elle raconte l'histoire
01:00:38de plein de femmes
01:00:39et dans leurs relations
01:00:40avec leur mère.
01:00:42Et d'un point de vue social,
01:00:43ce que ça met en lumière,
01:00:44c'est aussi notre incapacité
01:00:46à venir en aide
01:00:47à des femmes
01:00:48qui peuvent être alcooliques,
01:00:50toxicomanes,
01:00:51en dépression,
01:00:53qui n'arrivent pas à vivre.
01:00:55Et les conséquences
01:00:56que ça peut avoir
01:00:57sur les enfants.
01:00:58Si on veut protéger
01:01:00les enfants,
01:01:00il faut aussi être capable
01:01:01de protéger les mères.
01:01:03Et de ce point de vue-là,
01:01:04je trouve que la société,
01:01:05alors aujourd'hui,
01:01:06je pense que c'est
01:01:06encore plus angoissant.
01:01:09On voit bien
01:01:09qu'il y a un enjeu santé mentale
01:01:10qui est énorme.
01:01:11beaucoup de femmes
01:01:12qui sont des femmes
01:01:14solos,
01:01:14comme on dit,
01:01:15en tout cas des mères célibataires
01:01:17avec des enfants.
01:01:17Et je pense à elles
01:01:19et je me dis
01:01:19qu'il faut faire quelque chose.
01:01:23Oui, d'autant qu'on vous sent
01:01:24des politiques publiques
01:01:25sur ce sujet-là.
01:01:28Si je vous parle
01:01:28peut-être de votre intimité
01:01:30autour de ce livre
01:01:30que vous avez bien voulu
01:01:31raconter au grand public
01:01:33et on imagine
01:01:34à quel point ça peut être dur
01:01:35de porter des mots
01:01:36sur sa propre mère.
01:01:38C'est aussi parce que
01:01:39du coup,
01:01:40il y a près de 15 ans,
01:01:41vous avez parlé du viol
01:01:42que vous avez subi.
01:01:43Vous avez rendu
01:01:44finalement cette partie-là
01:01:45de votre vie politique
01:01:46des années
01:01:47avant le procès
01:01:48Gisèle Pellicot.
01:01:49Ce qui s'est beaucoup dit
01:01:50ces derniers temps,
01:01:51c'est qu'on espérait,
01:01:52je reviens sur ce que vous disiez
01:01:54par rapport au fait
01:01:54de protéger les enfants,
01:01:55que le procès,
01:01:56le square neck
01:01:57allait peut-être être
01:01:58aussi le pellicot
01:01:59finalement de l'enfance.
01:02:01C'est évidemment
01:02:02tout ce qui s'est passé
01:02:02autour des affaires Bétharam.
01:02:04Là, il y a eu un manqué
01:02:05autour de l'affaire Pellicot.
01:02:06La société
01:02:07elle ne protège
01:02:08toujours pas les enfants ?
01:02:09Non.
01:02:10Non, je pense qu'on a vraiment
01:02:11du mal à prendre tout ça
01:02:12à bras-le-corps.
01:02:13Alors, comme sur le viol,
01:02:15c'est des sujets
01:02:16sur lesquels je trouve
01:02:17que la conversation publique
01:02:18est obsédée
01:02:19par la législation.
01:02:21Alors, je ne dis pas
01:02:21que parfois,
01:02:22on ne peut pas faire
01:02:22un peu mieux.
01:02:23C'est-à-dire, en fait,
01:02:24comment on définit,
01:02:26comment on punit.
01:02:27Parfois, ça peut être important.
01:02:29Par exemple,
01:02:29j'en discutais hier
01:02:31avec Sarah Forestier.
01:02:32On parlait du fait
01:02:33qu'aujourd'hui,
01:02:34quand vous êtes condamnés
01:02:36pour avoir regardé
01:02:38des images pédo-criminelles,
01:02:40en fait,
01:02:41ce n'est pas automatique
01:02:42que vous ne pouvez pas
01:02:43travailler avec des enfants
01:02:45ou des adolescents.
01:02:46C'est quand même un problème.
01:02:47Donc là,
01:02:47peut-être qu'il y a
01:02:48quelque chose à regarder
01:02:49dans la loi.
01:02:50Mais,
01:02:52attention, quoi.
01:02:53Le problème,
01:02:53c'est qu'il n'y a pas
01:02:54de politique publique
01:02:55avec des moyens
01:02:56pour que,
01:02:57dans le maillage
01:02:58de prévention,
01:02:59dans le maillage
01:03:00d'accompagnement,
01:03:01de réparation,
01:03:02eh bien,
01:03:03on puisse être
01:03:04à la hauteur du défi.
01:03:06Ce n'est pas que
01:03:07des enjeux
01:03:08de définition de loi.
01:03:09Et je trouve
01:03:09qu'on est très obsédés
01:03:10par les définitions
01:03:11dans la loi.
01:03:11On devrait être
01:03:12beaucoup plus obsédés
01:03:13des moyens concrets
01:03:15qu'on met
01:03:15pour que les gens
01:03:17soient formés
01:03:17à ces problématiques-là,
01:03:19qu'il y ait des endroits
01:03:20pour pouvoir en parler,
01:03:22où les associations
01:03:23puissent avoir
01:03:24des moyens
01:03:25pour intervenir.
01:03:26Vous voyez ce que je veux dire ?
01:03:26Où les magistrats,
01:03:27les personnels hospitaliers
01:03:29soient formés
01:03:30pour répercuter.
01:03:31Et c'est tout ce chénon
01:03:32qui est quelque chose
01:03:33de très...
01:03:34qui doit être fait
01:03:35de manière un peu chirurgicale,
01:03:37en proximité
01:03:38et avec de l'humain.
01:03:39Moi, je pense que c'est ça
01:03:40qui ne va pas aujourd'hui
01:03:41dans la société,
01:03:42c'est qu'on ne se donne
01:03:43pas les moyens de ça.
01:03:44Très bien.
01:03:45Eh bien, merci beaucoup,
01:03:46Clémentine Autain,
01:03:47d'être venue
01:03:47répondre à nos questions.
01:03:49Et belle vie à votre émission,
01:03:50ça fait très plaisir.
01:03:51C'est gentil.
01:03:52De la voir,
01:03:52d'être sur Twitch.
01:03:55Merci beaucoup.
01:03:55Vous êtes une des premières
01:03:57à nous féliciter,
01:03:58à nous donner du courage.
01:04:00Depuis le temps,
01:04:00il fallait attendre la dernière.
01:04:01Du coup, je l'ai regardé,
01:04:02j'en ai regardé pas mal
01:04:03et voilà,
01:04:05si, ça me réjouit.
01:04:06Très bien.
01:04:06Eh bien, merci beaucoup.
01:04:07Merci à vous.