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  • il y a 1 semaine
François Ruffin, député NFP de la Somme, était notre invité dans la grande première de notre émission "Ça ira !" : twitch.tv/lhumanitefr

Interrogé par Lumi, Bolchegeek, Théo Bourrieau, Emilio Meslet et Mejdaline Mhiri il nous parle de la réinsertion des riches, des revendications des Français.es et de sa stratégie pour rassembler les électeurs de gauche. On a également eu l'occasion de revenir avec lui sur le film qu'il a co-réalisé avec Gilles Perret : "Au Boulot !"

00:00 Le film « Au boulot », un pari réussi ?
19:48 Retour sur l’affaire Squarcini LVMH
25:14 La carte de presque
31:59 Répondre à la colère sociale
40:44 L’union de la gauche
57:01 Gaza
1:05:18 Ça ira, ça ira pas ?

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Transcription
00:00:00Bonsoir messieurs, François Ruffin, vous êtes député de la première circonscription de la Somme.
00:00:04Vous siégez maintenant avec le groupe écologiste à l'Assemblée Nationale.
00:00:07Vous êtes également porte-parole du mouvement Picardie Debout.
00:00:11Vous êtes aussi journaliste et documentariste.
00:00:13Vous avez sorti votre dernier film Au Boulot au début du mois d'octobre, de novembre pardon,
00:00:18de octobre, je ne sais plus.
00:00:19Novembre.
00:00:19Novembre, que vous avez co-réalisé avec Gilles Perret.
00:00:23François Ruffin, si on vous a invité, c'est en partie pour parler de votre film.
00:00:26Mais avant de passer à la suite, on va regarder la bande-annonce de Au Boulot.
00:00:32Alors François Ruffin, on vient de voir la bande-annonce de votre documentaire.
00:00:35Vous diriez que Au Boulot, c'est quoi ?
00:00:37C'est un film sur la dignité des travailleurs ou sur l'indécence des riches ?
00:00:40Et l'attention à la réponse, en même temps, c'est les deux, est interdite.
00:00:44D'abord, c'est une comédie documentaire.
00:00:45Donc moi, je tiens beaucoup au ton qu'on utilise.
00:00:48C'est-à-dire, le ton, c'est celui de la joie.
00:00:50Je le dis parce que je pense que notre pays traverse un temps de dépression.
00:00:53Et c'est peut-être le mot « dépression » qui traduit le mieux l'état d'esprit aujourd'hui.
00:00:57Et se dire qu'on arrive à rassembler les gens, à montrer une France humaine et fraternelle,
00:01:02et à faire qu'ils en ressortent avec un mélange de colère et de joie,
00:01:07c'est un moteur pour que les gens se mettent en mouvement.
00:01:10Donc d'abord, pour nous, pour Gilles et pour moi, ça a été une comédie.
00:01:12En fait, on avait ce film, on l'avait avant de la rencontre avec Sarah Salman.
00:01:15On l'avait pendant la crise des retraites,
00:01:19puisque avant, on avait fait un film qui était « Debout les femmes » pendant la crise Covid.
00:01:23Et au cœur de ce film, le président de la République déclarait
00:01:25« Il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes,
00:01:28que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. »
00:01:31Je combinais très bien mon Macron de gauche parce qu'il dure 15 secondes.
00:01:33Et donc, à la sortie de ça, on n'a ni reconnaissance ni rémunération.
00:01:38On a au contraire l'inflation qui vient grouver les prix de salaire.
00:01:40Et les retraites, 64 ans, qui pèsent d'autant plus sur les métiers physiques et populaires.
00:01:44Et avec Gilles, on se demande comment on fait pour faire un film sur ce que nous racontent les gens.
00:01:49Les gens, finalement, ils nous parlaient moins de leur retraite que leur travail,
00:01:52de comment ils aimaient leur métier, mais comment ils n'aimaient pas comment on leur faisait faire leur métier,
00:01:56comment ils vivaient difficilement leur travail,
00:01:58et comment aussi ils le vivaient mal, avec des inaptitudes et ainsi de suite.
00:02:01Et donc, on décide de faire un film sur, finalement, la fierté et les difficultés,
00:02:05la dignité et la dureté du travail, les deux à la fois.
00:02:08Vous dites que vous voulez que les gens se mettent en mouvement.
00:02:10Donc, on sent qu'avec le personnage de Sarah Salman, vous voulez montrer un peu comme une sorte de lutte
00:02:16des classes
00:02:17entre une grande bourgeoise héritière, en plus, sous-entendue, qui ne travaille pas, avec effectivement des travailleurs.
00:02:23Donc ça, c'est sûr, vous mettez en avant le travail qui, d'habitude, n'est jamais montré.
00:02:27Mais par contre, c'est vrai que, pour le coup, le côté lutte des classes, c'est un peu plus
00:02:30complexe,
00:02:31parce que Sarah Salman, par exemple, forcément, n'a pas un rapport avec une hiérarchie,
00:02:34il n'y a pas de rapport de force avec le patronat.
00:02:37Et donc, pourquoi est-ce qu'il n'y a pas forcément cette place pour la lutte, pour les syndicats,
00:02:42pour ce genre de...
00:02:44D'abord, je vais vous demander, quand vous avez vu le documentaire, est-ce que vous avez ri ?
00:02:48Est-ce que vous avez été ému ? Et je pense que ce sont des choses qui comptent quand on
00:02:51va voir un film.
00:02:51Je ne dis pas le contraire, mais...
00:02:52Non, mais je le dis.
00:02:54C'est une question que je me suis posée.
00:02:56Je vais vous répondre.
00:02:56Mais quand on va voir un film, on va d'abord voir un film.
00:02:58Et l'aspect pédagogique, nous, on cherche, avec Gilles, à ne pas mettre des économistes, des sociologues, des politistes à
00:03:04l'intérieur.
00:03:05C'est la première chose.
00:03:05La deuxième chose, si, dans le fil de notre tournage, on avait eu une lutte,
00:03:10et on aurait volontiers à amener Sarah Salman sur un barbecue de la CGT avec des pneus qui brûlent derrière,
00:03:17vous voyez ?
00:03:18Mais le fait est que...
00:03:19Ça va être triste, ce que je vais vous dire.
00:03:20Mais la lutte, aujourd'hui, est l'exception.
00:03:23La lutte, ce n'est pas l'ordinaire des travailleurs.
00:03:25Le travailleur qui est conscient d'appartenir à une classe et de devoir lutter contre le capital,
00:03:31et qu'il subit une exploitation, que voilà où va l'argent, et qu'il va se mettre en grève
00:03:37contre ça,
00:03:38je suis désolé, aujourd'hui, ça n'est pas l'ordinaire.
00:03:41La présence des syndicats à l'intérieur des entreprises, dans le secteur de l'aide à domicile,
00:03:46vous voyez, ce n'est pas la règle.
00:03:48Donc soit on décide d'aller chercher ça,
00:03:51soit si on se dit, je vais voir ce que je vais rencontrer,
00:03:54on ne tombe pas dessus naturellement.
00:03:57Alors ensuite, il y a un choix quand même qui est fait,
00:03:59c'est de penser que ce n'est pas forcément un film sur les luttes
00:04:02qui va être le meilleur film de lutte.
00:04:04C'est-à-dire que moi, j'ai fait des...
00:04:05Non, non, mais dans le sens où ce n'est même pas évoqué, disons,
00:04:08dans le sens où, voilà, ce que je disais, il y a des scènes où Sarah Salman rigole avec la
00:04:11hiérarchie,
00:04:12où elle est...
00:04:12Donc on sait bien que l'objectif, ce n'est pas...
00:04:14Elle ne ressentira jamais la précarité, l'angoisse de quelqu'un qui travaille vraiment.
00:04:20Je sais bien que ce n'est pas l'objectif du film,
00:04:21mais quand même, c'est vrai que pour le coup, il n'y a pas ce rapport-là.
00:04:24C'est quelque chose que je trouve qu'il n'est pas abordé.
00:04:26Effectivement, ce n'est pas le sujet du film.
00:04:28Et puis au-delà de ça, finalement, les patrons que vous montrez,
00:04:30c'est les patrons qui sont plutôt sympas.
00:04:32Il y a même ce patron de la poissonnerie qui, lui, nous dit la réforme des retraités.
00:04:34Mais c'est très intéressant, justement, d'avoir un patron qui l'exprime
00:04:38et qui dit, la retraite à 64 ans, ce n'est pas possible.
00:04:40Avec les traits verts que j'ai, ils seront déjà cuits physiquement.
00:04:43Mais c'est vrai qu'il n'y a pas la lutte des classes au sein même de l'entreprise.
00:04:48Il n'y a pas Bernard Arnault, cette fois-ci, dans le film.
00:04:51Ça, vous regrettez.
00:04:51Vous l'avez proposé.
00:04:52Non, mais vraiment.
00:04:54En un sens...
00:04:55D'ailleurs, c'est un sujet.
00:04:57Je pense que le film de lutte ou de classe, le film engagé,
00:05:01il doit réussir à montrer les deux univers.
00:05:03Parce que si on ne montre que l'univers des pauvres,
00:05:05ou des salariés, ou des modestes,
00:05:06sachant que les gens n'aiment pas qu'on les appelle pauvres, en vérité,
00:05:10il manque l'effet de contraste, il manque l'inégalité,
00:05:13il manque le sentiment d'injustice.
00:05:14Donc il faut réussir à montrer l'autre univers.
00:05:16Et de fait, l'autre univers, là, il est moins montré par un grand patron.
00:05:19On a un souci, c'est qu'aujourd'hui, le capital est devenu invisible.
00:05:22En fait, on a deux invisibles qui se font face.
00:05:24On a les invisibles d'en bas, qu'on invisibilise.
00:05:27Mais ce n'est peut-être pas notre principal souci politique.
00:05:30Peut-être que notre principal souci politique, aujourd'hui,
00:05:32c'est comment on rend visible le capital, où va l'argent,
00:05:37les décisions des actionnaires, mais qui sont-ils ?
00:05:39Et je pense qu'il y a un gros sujet pour rendre ça visible.
00:05:41Et évidemment, le choix qui est fait dans le film,
00:05:44c'est que la figure qui incarne ça, ça soit Sarah Salman.
00:05:47Je dirais que ce n'est pas centré non plus de manière très agressive à son égard,
00:05:51loin de là.
00:05:52Mais rien que quand on fait les salles de cinéma,
00:05:54quand on tourne dans les bleds,
00:05:55et que les gens découvrent que le croque-monsieur est à 54 euros,
00:05:59que la veste est à 2 980 euros,
00:06:02que le sac est à 20 000,
00:06:04que la montre est à 50 000,
00:06:06en fait, ces chiffres-là suffisent à se dire
00:06:09« Mais bon sang, dans quel monde on y vive ? »
00:06:11Justement, c'est une question que je me suis posée en voyant le documentaire.
00:06:13C'est à qui vous avez pensé lorsque vous l'avez réalisé ?
00:06:16Est-ce que c'est un film pour les travailleurs laborieux
00:06:19qui sont de fait déjà convaincus de ne pas être désassistés ?
00:06:21Donc un film plutôt catharsis pour eux,
00:06:23où on voit justement une bourgeoise souffrir,
00:06:26rester sans voix devant les histoires
00:06:27et en prendre plein la gueule
00:06:28parce qu'on lui dit que ce qu'elle dit à la télé,
00:06:30ça a des conséquences ?
00:06:31Ou alors c'est pour essayer de convaincre
00:06:33ceux qui pensent que la cistana est réelle
00:06:36et qu'en réalité c'est un mythe.
00:06:37À qui vous avez pensé ?
00:06:38C'est aussi une question qui revient dans le chat.
00:06:41À qui s'y dessiner ?
00:06:43Le premier public, je vais vous le dire,
00:06:45avec égoïsme, c'est moi.
00:06:47Je fais un film d'abord
00:06:48pour me créer une parenthèse de beau et de chaud
00:06:51dans une vie politique qui peut être rude et dure
00:06:54pour donner à avoir une France humaine et fraternelle
00:06:56pour vivre un beau moment de moi
00:06:58et en espérant que le beau moment que je vis,
00:07:00je parvienne à transmettre quelque chose de beau et de chaud
00:07:02aussi pour le spectateur.
00:07:03C'est la première chose.
00:07:04La deuxième chose, je le fais pour les gens qui sont à l'écran.
00:07:07Je le dis de la même manière que
00:07:08jusqu'au XIXe siècle, la peinture,
00:07:10il y a les rois, les reines, les figures bibliques,
00:07:13le Christ, la Vierge Marie.
00:07:14À partir du XIXe siècle, on fait rentrer la laitière,
00:07:17on fait rentrer les raboteurs dans la peinture,
00:07:20des figures populaires qui se mettent en grand dans un art noble.
00:07:23Bon, avec Gilles, on essaye de faire pareil
00:07:25et de mettre les gens en grand sur grand écran.
00:07:27Et du coup, il y a Sarah Salman.
00:07:28Mais il y a Sarah Salman comme fil conducteur.
00:07:30On peut revenir sur l'usage qu'on fait de Sarah Salman.
00:07:32Et il y a aussi des gens qui accompagnent Sarah Salman
00:07:38dans sa levée de préjugés.
00:07:39Qu'est-ce que c'est Sarah Salman ?
00:07:39Parce que malheureusement, si les préjugés de Sarah Salman
00:07:42étaient ceux d'elle personnelle ou de la grande bourgeoisie,
00:07:46on serait tranquille.
00:07:47Le souci, ce n'est pas celui-là.
00:07:48C'est que pour qui mène campagne en terre populaire,
00:07:51la question des arrêts maladie,
00:07:54parce que c'est des feignants qui ne veulent pas se lever,
00:07:56la question de l'assistanat est quelque chose qui est récurrent
00:07:59et qui est peut-être le principal obstacle aujourd'hui
00:08:02à un vote de gauche quand on traîne dans les campagnes.
00:08:05Bon, et donc, en accompagnant les préjugés de Sarah Salman
00:08:09et en les levant, en les levant moins par des raisonnements,
00:08:11par de la dialectique, par des statistiques,
00:08:13mais en les levant parce que si tu dis à Sistana,
00:08:16c'est le visage de Nathalie, c'est le visage de Dominique,
00:08:19c'est le visage de Louis, pas de Louisa, de Sylvain,
00:08:22c'est leur existence, ça rend, on passe du concept
00:08:26à quelque chose de concret.
00:08:27C'est à eux que tu le dis.
00:08:28Bon, et de fait, bon, Gilles, qui est plutôt dans la France d'en haut,
00:08:31puisque lui, il est dans sa voix,
00:08:34mais Gilles a dans ces salles là-bas des gens qui viennent lui voir
00:08:38en disant « Ouais, bon, avant, j'utilisais le moi Sistana,
00:08:40mais je vais me corriger. »
00:08:41Bon, et ensuite, je veux dire,
00:08:43le public auquel je m'adresse,
00:08:45c'est celui qui est dans mes salles de cinéma massivement,
00:08:47c'est la classe intermédiaire,
00:08:48c'est la gauche cultivée, un peu plus que la moyenne.
00:08:51Bon, et pourquoi ?
00:08:52Donc déjà un peu convaincu.
00:08:53Ouais, mais c'est pas le souci.
00:08:54Dominique Seau, il est à la radio tous les matins, d'accord ?
00:08:56Et il fait sa chronique, sans doute,
00:08:57auprès de gens qui cherchent à convaincre tous les matins.
00:08:59On a des gens, la gauche aujourd'hui,
00:09:02en particulier, je le disais, la dépression,
00:09:04c'est des gens qui sont découragés,
00:09:05c'est des gens qui baissent les bras,
00:09:07c'est des gens qui peuvent se sentir abattus.
00:09:08Ils ont un moment de communion,
00:09:10ils se retrouvent ensemble dans un film,
00:09:11ils rient ensemble, ils pleurent ensemble,
00:09:13ils éprouvent de la colère ensemble,
00:09:15ils se sentent portés à nouveau vers quelque chose.
00:09:17On les remet en mouvement.
00:09:18Donc ça, c'est un enjeu.
00:09:19Il y a un deuxième enjeu, c'est,
00:09:20moi, je fais un manifeste politique aussi, discrètement.
00:09:23Je ne fais pas de grand discours à l'intérieur.
00:09:24Mais c'est quoi mon manifeste politique ?
00:09:26C'est-à-dire, la gauche, c'est le travail.
00:09:29C'est, alors de la même manière que le Parti communiste d'après-guerre
00:09:32avait héroïsé les mineurs de fonds, les métallos,
00:09:35en disant, c'est vous qui reconstruisez le pays,
00:09:37pour moi, il y a un devoir de la gauche d'aujourd'hui,
00:09:39de venir dire aux caristes, aux manutentionnaires,
00:09:42aux auxiliaires de vie, aux caissières,
00:09:43c'est vous qui tenez le pays debout.
00:09:45C'est le sens de la scène de fin, par exemple.
00:09:46Voilà. Et c'est de le faire, non pas seulement en disant
00:09:49le SMIC a 1 600 euros,
00:09:50mais le faire en donnant des noms, des prénoms,
00:09:52des noms de lieux, des noms de métiers,
00:09:54des conditions de travail particulières,
00:09:56de manière à ce que les gens se sentent incarnés.
00:09:57Et enfin, je veux dire, le sujet du film aussi,
00:10:00c'est la France rassemblée.
00:10:02C'est de faire que, sur la scène de fin,
00:10:05que je n'ai pas envie de dévoiler,
00:10:06mais enfin, on a Elie, le paysan du Morvan,
00:10:09Louisa, dans sa tenue traditionnelle algérienne,
00:10:11on a Sylvain, l'ouvrier accidenté, charpentier,
00:10:16et on a Haroun, le cuisinier afghan,
00:10:19qui a franchi 17 frontières pour arriver en Picardie.
00:10:23Vous voyez ce que...
00:10:24Oui, que vous avez envie de célébrer.
00:10:26Du coup, je crois que Bolshevik voulait...
00:10:27Oui, en fait, parce que moi, ça me pose une question,
00:10:29parce que j'ai eu un...
00:10:30C'est le rapport à la promo, en fait, aussi, du film,
00:10:32par rapport à ce que vous êtes en train de dire.
00:10:34Parce que moi, par exemple, il se trouve que
00:10:35j'ai travaillé en EHPAD de nuit,
00:10:37et quand j'ai vu les séquences qui passent à la télé,
00:10:40où Sarah Salman pleure en voyant ce que c'est,
00:10:43la condition, etc.,
00:10:44moi, j'ai eu vraiment une vraie réaction de...
00:10:47presque de revanche,
00:10:48et j'ai vraiment ressenti un truc,
00:10:49et je suis hyper d'accord avec ça.
00:10:52Mais d'un côté, j'ai aussi vu la réaction sur les plateaux,
00:10:54et comment le film pouvait être pris à ce niveau-là,
00:10:56dans les salles, je ne sais pas exactement,
00:10:57dans les tournées, etc.,
00:10:59où j'ai, par contre, l'impression de retrouver un peu l'inverse,
00:11:02une forme d'héroïsation aussi,
00:11:03mais qui n'est pas justement l'héroïsation
00:11:05qu'il pouvait y avoir au Parti communiste à un moment donné,
00:11:07qui est un peu, des fois, celle des applaudissements à 20 heures
00:11:11pour les soignants et les premiers de corvée, etc.,
00:11:14pendant le Covid,
00:11:15et j'ai l'impression que ça génère aussi ça,
00:11:18on va dire, dans la bourgeoisie de plateau,
00:11:19et là, justement, c'est peut-être pas volontaire,
00:11:22mais j'ai l'impression que ça parle aussi à ce niveau-là
00:11:25et sur ces plateaux-là pour ça,
00:11:27parce que, justement, on aime bien voir des gens
00:11:29qui sont durs à la tâche,
00:11:30et on les glorifie,
00:11:31alors que c'est pas ça qui remplit le frigo,
00:11:33c'est pas ça qui améliore les conditions de vie,
00:11:35le management et tout,
00:11:36et qu'il n'y a pas ça dont j'aurais eu besoin,
00:11:37moi, quand je bossais en EHPAD,
00:11:39en EHPAD la nuit.
00:11:41Je pense qu'il y a plusieurs enjeux.
00:11:43Ce que tu dis d'abord,
00:11:44je me permets de tutoie,
00:11:47sur le côté revanche sociale,
00:11:49il est évident qu'il y a ça qui fonctionne,
00:11:51chez les gens qui reçoivent Sarah Salman,
00:11:53on la met au boulot,
00:11:53on lui a fait nettoyer des toilettes,
00:11:54on lui fait porter des seaux d'aliments pour les vaches,
00:11:56et ainsi de suite.
00:11:57Et aussi, il y a quelque chose qui est de l'ordre du droit de réponse,
00:11:59parce que, finalement,
00:12:00ce sont des gens qui sont parlés plus qu'ils ne parlent,
00:12:02et pour une fois, ils sont là,
00:12:04mis, elles descendent son piédestal,
00:12:06elle y va d'égal à égal,
00:12:07et on peut, sans agréversivité,
00:12:09on n'est pas sur Twitter, d'accord ?
00:12:11On est dans la vie ordinaire,
00:12:13mais avoir un droit de réponse,
00:12:14c'est dire ce que tu racontes sur la retraite à 64 ans,
00:12:17ce que tu racontes sur les arrêts maladie,
00:12:18ce que tu racontes sur les inaptitudes,
00:12:20ce que tu racontes sur la cistana,
00:12:21enfin, c'est de la merde, quoi,
00:12:23et il y en a qui ne se privent pas pour lui dire.
00:12:25Ensuite, moi, je pense que,
00:12:27je ne suis pas contre les applaudissements à 20 heures,
00:12:29par contre, les applaudissements à 20 heures,
00:12:30ils ne doivent pas être suivis des faits.
00:12:32Je suis d'accord pour qu'il y ait un travail
00:12:35sur la reconnaissance spirituelle,
00:12:38mais ça doit être doublé d'un travail sur la reconnaissance matérielle.
00:12:40Et je pense que tu fais allusion à une séquence
00:12:43qui est de quelle époque,
00:12:44quand tu dis, voilà, la bourgeoisie plateau d'été.
00:12:47Oui, mais je pense qu'en direct sur quelle époque,
00:12:50je réponds.
00:12:51Je réponds en disant,
00:12:52OK, donc, à quelle époque,
00:12:54il y a Louisa qui est célébrée,
00:12:57à mon avis, à juste titre,
00:12:58qui est applaudie,
00:13:00qui, voilà, tout le monde est très ému
00:13:02par cet auxiliaire de vie qui vient de Saint-Etienne,
00:13:04qui explique comment elle aime son métier.
00:13:07Mais en revanche, au moment où je dis,
00:13:08ben voilà, il faut mettre 10 milliards,
00:13:10ah ben non, mais attendez, vous avez vu,
00:13:11on a déjà du déficit dans le pays.
00:13:13Et donc, en fait,
00:13:13mais j'entendais le débat d'avant
00:13:15sur le droit à l'avertement,
00:13:16sur lequel on reviendra peut-être,
00:13:17mais en fait, on a un fossé permanent aujourd'hui
00:13:20entre les fins qu'on prétend poursuivre
00:13:22et les moyens qu'on met en face.
00:13:24Mais voilà, donc moi, je suis à la fois
00:13:27pour le fait qu'il y ait une reconnaissance spirituelle
00:13:29de ces métiers.
00:13:30Par ailleurs, faire ce film,
00:13:31même si ça s'adresse à la classe intermédiaire,
00:13:33dire à la classe intermédiaire,
00:13:35solidarisez-vous avec les classes populaires
00:13:37plutôt que de vous en désolidariser.
00:13:40Soit parce qu'ils sont d'origine immigrée,
00:13:42ça c'est côté extrême droite,
00:13:43on les aime pas.
00:13:43Soit parce que ce sont des racistes supposés,
00:13:45ça c'est côté gauche,
00:13:46et donc on les aime pas.
00:13:47Et donc il y a un travail de désolidarisation
00:13:49qui s'effectue aujourd'hui
00:13:50entre les classes populaires
00:13:51et la classe intermédiaire.
00:13:53Venir avoir des objets
00:13:54qui proposent de les solidariser,
00:13:56et oui, de les héroiser,
00:13:58j'y suis favorable.
00:13:59Je peux expliciter un petit truc aussi
00:14:00par une autre référence,
00:14:01c'est que le côté,
00:14:03ce vrai kiff de se dire
00:14:05« les bourgeois qui vont récurer les chiottes,
00:14:08qui vont faire les boules au pénible,
00:14:09ça leur fera pas de mal, etc. »
00:14:10T'as ça dans « Le droit à la paresse »
00:14:12qui est une autre référence,
00:14:13tu vois, dans le même genre,
00:14:14de Paul Lafargue.
00:14:15Il y a vraiment des passages,
00:14:16moi ça me fait toujours penser à ça,
00:14:17parce que quand je l'avais lu,
00:14:17ça m'avait fait délirer
00:14:18le fait qu'il y ait ça
00:14:19dans un, pourtant un gros texte,
00:14:21tu vois, marxiste de base et tout,
00:14:22mais qui est un peu marrant,
00:14:23un peu satirique,
00:14:24et je retrouve ce truc-là.
00:14:29Justement, le discours de
00:14:30« on va avoir des nouveaux droits sociaux,
00:14:32on va baisser le temps de travail,
00:14:34on va améliorer les conditions de travail,
00:14:35et moi j'ai un petit peu peur
00:14:37que justement cette glorification du travail,
00:14:40elle aille aussi bien aux bourgeois de plateau,
00:14:41parce qu'ils aiment bien, en fait,
00:14:43glorifier les gens qui travaillent,
00:14:44parce qu'ils adorent les faire travailler beaucoup, etc. »
00:14:47Tu vois, s'il n'y a pas le truc qui va derrière…
00:14:49Ça ne leur coûte pas cher de les saluer.
00:14:50Oui, c'est ça, ça ne leur coûte pas cher
00:14:52d'avoir un peu une empathie pour eux,
00:14:54qui est peut-être sincère.
00:14:55Moi, je pense que c'est
00:14:56le premier niveau de la bataille,
00:14:57le premier niveau de la bataille,
00:14:59c'est la bataille culturelle.
00:15:00Comment tu veux qu'on arrache
00:15:02statut et revenu, salaire et horaire
00:15:05pour les auxiliaires de vie, par exemple,
00:15:06si les auxiliaires de vie
00:15:07n'existent pas dans l'espace public ?
00:15:10Non, mais voilà.
00:15:10Mais donc, si leur métier est dénié,
00:15:13si on ne considère pas
00:15:14que c'est un véritable savoir-faire,
00:15:16s'il n'y a pas des figures qui émergent.
00:15:17D'accord ?
00:15:18Et donc, en fait, pour moi,
00:15:19la bataille culturelle est la première étape,
00:15:21mais qui doit se doubler derrière
00:15:23d'une guerre budgétaire.
00:15:24Et ceci dit, le souci de tout ça,
00:15:26c'est qu'on n'y arrivera pas
00:15:28seulement par des bonnes volontés extérieures.
00:15:30C'est la mobilisation des travailleurs eux-mêmes.
00:15:33L'émancipation, c'est ça.
00:15:34Et donc, c'est comment on a
00:15:36les auxiliaires de vie
00:15:37qui n'attendent pas
00:15:38que ça vienne seulement de l'extérieur,
00:15:39mais qui se mobilisent pour dire,
00:15:41voilà, nous, on veut statut et revenu,
00:15:42on veut salaire et horaire.
00:15:45Juste, François Réphine,
00:15:46parce que ça doit être quelque chose,
00:15:48vous le disiez tout à l'heure,
00:15:48qui est beaucoup revenu
00:15:49quand vous faites les différentes tournées,
00:15:51et qui est évident
00:15:52quand on sort de ce film,
00:15:53c'est pourquoi le choix de Sarah Salman ?
00:15:55Parce qu'en même temps,
00:15:55on comprend bien
00:15:56qu'elle est tellement énervante
00:15:58et qu'elle crée tellement une opposition
00:15:59que du coup, ça fait une réaction.
00:16:01Mais on se pose aussi des questions
00:16:03au moment du film.
00:16:04Moi, je me suis beaucoup demandé
00:16:05pourquoi, quand elle est dans
00:16:06cette espèce d'after-work bourgeois,
00:16:09on ne sait pas trop exactement,
00:16:10d'ailleurs, ce qu'ils font tous là,
00:16:12et qu'il y a une dame relativement âgée
00:16:14et qui dit en rigolant
00:16:16qu'elle se fait entretenir par son mari,
00:16:17pourquoi à ce moment-là,
00:16:18est-ce que vous ne dites pas
00:16:19ou vous ne confrontez pas,
00:16:21vous ne la confrontez pas,
00:16:22mais finalement,
00:16:22est-ce que ce n'est pas elle
00:16:23de l'assister ?
00:16:25Il y a eu des moments comme ça
00:16:26où le fait que,
00:16:27c'est ce que tu disais tout à l'heure,
00:16:28je crois, Lomi,
00:16:29que c'est une grande héritière,
00:16:30voilà, son père est chirurgien,
00:16:32si je ne dis pas de bêtises.
00:16:32Et il dit tout autant de conneries.
00:16:34Oui, voilà,
00:16:34et il est réputé pour les bêtises
00:16:36qu'il dit.
00:16:37Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas
00:16:38ces moments-là
00:16:38où finalement,
00:16:39vous la mettez face
00:16:40à vos contradictions ?
00:16:41Et dernière petite question
00:16:42pour aller au bout, quand même.
00:16:43Moi, je me suis demandé
00:16:44à quel point,
00:16:45est-ce que ce n'était pas
00:16:45un adversaire politique faible,
00:16:47entre guillemets,
00:16:48parce que sa pensée politique,
00:16:50elle fait preuve
00:16:51d'une ignorance assez crasse.
00:16:52Enfin, je veux dire,
00:16:52elle dit qu'elle ne sait pas
00:16:53cuire un oeuf pendant le film.
00:16:55Et du coup, je me suis dit,
00:16:56mais qui lui donne la parole
00:16:57à cette dame ?
00:16:58Et pourquoi on continue
00:16:59de lui donner la parole ?
00:17:00Alors là, évidemment,
00:17:01je pense plutôt à CNews
00:17:02et à d'autres chaînes comme ça.
00:17:04Pourquoi quelqu'un qui dit
00:17:05qu'elle n'a pas de poils chez elle
00:17:06et qu'elle ne sait pas cuire un oeuf,
00:17:07quelqu'un, on lui donne la parole ?
00:17:09Alors, moi, je dis toujours
00:17:11que c'est plutôt elle
00:17:12qui m'a choisi
00:17:13que moi qui l'ai choisi.
00:17:14Parce qu'en fin de compte,
00:17:16des amendements « vit ma vie »,
00:17:17j'en ai balancé par paquet
00:17:18à l'Assemblée nationale,
00:17:20à Bruno Le Maire,
00:17:21au ministre de l'Education
00:17:22en disant « il faudrait commencer
00:17:23par aller en collège rep »,
00:17:25au ministre de l'Assemblée
00:17:26en disant « commencez
00:17:27par aller en EHPAD »,
00:17:28au ministre de l'Educiste
00:17:29en disant « allez en prison »,
00:17:30tout ça comme stagiaire,
00:17:31je précise.
00:17:32Et jamais ils n'ont mordu,
00:17:34je l'ai fait sur des plateaux télé
00:17:35à des grands patrons,
00:17:37enfin voilà, la première
00:17:38qui mord un petit peu à hameçon,
00:17:39c'est Sarah Salman.
00:17:40Évidemment, quand il y a ça
00:17:41et que moi, je sais
00:17:42qu'avec Gilles,
00:17:43on a ce projet
00:17:44d'aller faire un truc
00:17:46qui s'appelle « Notre France »,
00:17:48« Errance dans notre France »,
00:17:49quelque chose comme ça,
00:17:50à la rencontre des métiers populaires,
00:17:51qu'on a applaudi
00:17:52mais que nous, on ne veut pas oublier,
00:17:54qu'on veut en remettre
00:17:55sur le devant de la scène,
00:17:56dont on veut reposer
00:17:57les questions derrière
00:17:57de salaire, d'horaire,
00:17:59et ainsi de suite.
00:17:59Bon, je me dis
00:18:00que j'ai un fil pour mon récit,
00:18:02j'ai un déclic,
00:18:03j'ai quelque chose
00:18:04qui va permettre
00:18:04de faire marrer les gens.
00:18:05Tu sais, c'est la phrase
00:18:06de Bobby Lapointe
00:18:07dans « Marcel, c'est toi la plus belle »
00:18:08qui chante « J'ai fantaisie
00:18:10de mettre dans ma vie
00:18:10un petit brin de fantaisie ».
00:18:11Youpi, youpi.
00:18:12Bon, ben moi,
00:18:13j'ai fantaisie de mettre
00:18:14dans ma vie un petit brin de fantaisie
00:18:16et j'ai fantaisie
00:18:17de remettre dans la vie
00:18:18des spectateurs.
00:18:18Je dis comme ça,
00:18:19comme on est sur un plateau
00:18:20bien de gauche
00:18:21et que je pense
00:18:21que vous êtes sensibles à ça,
00:18:23comment faire militant
00:18:24sans être chiant ?
00:18:25Je veux dire,
00:18:25c'est ma question, moi,
00:18:26depuis 25 ans.
00:18:28Comment je trouve la forme
00:18:29qui va me permettre
00:18:30de faire passer du fond,
00:18:31d'attirer les gens,
00:18:32d'instruire et divertir,
00:18:34comme disait Molière.
00:18:35Mais voilà.
00:18:36Et donc, là,
00:18:37je sais qu'avec elle,
00:18:39j'ai un point.
00:18:40Quand elle débarque en talon
00:18:41pour livrer des colis,
00:18:43là, c'est sûr qu'on se marre.
00:18:44Mais ben voilà.
00:18:44Très bien.
00:18:45On s'interroge sur le fait
00:18:48que vous ne lui avez pas demandé
00:18:49finalement de venir
00:18:50en talon aiguille ?
00:18:50Non, non, non.
00:18:51Parce que ça paraît
00:18:51vraiment improbable.
00:18:52Bon, ben voilà,
00:18:53c'est improbable,
00:18:53mais je pense qu'il y a
00:18:54plein d'autres choses improbables.
00:18:55Ensuite, sur l'assistanat.
00:18:56Je pense que là,
00:18:57vraiment, sur ce point-là,
00:18:58est-ce que vous avez pensé ça ?
00:19:00Vous avez pensé,
00:19:01mais est-ce que c'est pas
00:19:01elle l'assistée ?
00:19:02Mais pourquoi vous pensez
00:19:03que vous êtes plus intelligente
00:19:04que votre voisin
00:19:05dans le fauteuil d'à côté ?
00:19:06Je pense que tous les gens
00:19:07qui assistent à ça,
00:19:08se disent, mais bon sang,
00:19:09les assistés,
00:19:09c'est cette grande bourgeoise
00:19:10qui dit qu'elle est entretenue
00:19:12par son mari
00:19:12et qu'elle revient de Marrakech.
00:19:13Je veux dire,
00:19:14tout le monde le pense.
00:19:15En quoi j'ai besoin
00:19:16de venir dire moi ?
00:19:17Mais finalement,
00:19:18est-ce que vous n'appartenez pas
00:19:19à la grande bourgeoisie
00:19:20et est-ce que c'est pas
00:19:20que vous les vrais assistés ?
00:19:21Tu vois,
00:19:22d'autant que j'ai déjà
00:19:22mis un petit coup
00:19:24au départ,
00:19:25puisque au départ,
00:19:25quand on est au Plaza Athénée,
00:19:26je commence par ça
00:19:27en disant,
00:19:27mais attendez,
00:19:28il y a une harpiste,
00:19:30t'es accueilli à l'entrée,
00:19:32on vient de servir,
00:19:34tu te rends pas compte
00:19:34que t'es...
00:19:34Oui, ça déclare sa fourrure
00:19:35même de sa part.
00:19:36Est-ce que tu vois,
00:19:37en disant,
00:19:37tu te rends compte
00:19:38que t'es quand même
00:19:38une assistée
00:19:39parce qu'à la CAF,
00:19:40il n'y a pas ça.
00:19:41Bon, donc si tu veux...
00:19:42Là, c'est l'assisté...
00:19:43Après, on passe à la suite.
00:19:45Choisissez-la bien.
00:19:46Non, on peut passer à la suite
00:19:47en suivant le moment de réaction.
00:19:48Avant de passer
00:19:49à l'actualité politique nationale,
00:19:51on va parler de votre actualité,
00:19:53François Riffin,
00:19:53parce que demain,
00:19:54vous vous retrouvez
00:19:55dans un tribunal
00:19:56avec Bernard Arnault
00:19:56dans l'affaire dite
00:19:58Squarsini et le VMH.
00:19:59Je ne sais pas,
00:19:59parce que je veux dire
00:19:59I love Bernard,
00:20:00ça fait maintenant des années
00:20:01que moi,
00:20:02que j'adore mon grand homme.
00:20:03Justement,
00:20:03vous qui êtes un grand bavard,
00:20:05on vous lance un défi
00:20:05de nous résumer
00:20:06en deux minutes
00:20:07de quoi il s'agit.
00:20:08C'est quoi cette affaire Squarsini
00:20:09qui est quand même
00:20:09très, très complexe.
00:20:10Non, elle n'est pas du tout complexe.
00:20:13Je me permets,
00:20:15il y a des papiers,
00:20:15très longs papiers
00:20:16dans le Financial Times
00:20:17pour expliquer ce qui se passe
00:20:19et je suis confronté
00:20:21à un relatif désintérêt
00:20:24de la presse française,
00:20:24ce que je ne comprends pas.
00:20:25Je vous assure,
00:20:26qu'est-ce qui se passe ?
00:20:27C'est simple,
00:20:28Bernard Arnault,
00:20:28au moment où on tourne,
00:20:30merci patron,
00:20:31décide de missionner
00:20:32Bernard Squarsini
00:20:33et par une cascade
00:20:34de sous-traitances,
00:20:35on va avoir en vérité
00:20:36trois sociétés d'intelligence
00:20:38avec beaucoup de guillemets
00:20:39parce qu'ils vont faire preuve
00:20:41d'assez peu d'intelligence
00:20:42qui vont venir espionner Fakir
00:20:44où on va avoir
00:20:45deux infiltrés à l'intérieur,
00:20:46tout ça pour un budget
00:20:47de 2 millions d'euros
00:20:48sur notre dos.
00:20:49D'accord ?
00:20:49Moi, du coup,
00:20:50je me demande ici
00:20:51qui est la top à l'humain ?
00:20:52Qui est l'infiltré ?
00:20:54C'est Théo.
00:20:56Il est tout.
00:20:57J'avoue tout.
00:20:57Ils nous ont mis
00:20:58deux infiltrés sur le dos.
00:20:58Maintenant,
00:20:59je vais vous dire,
00:21:00je pense que je suis
00:21:01le versant rieur,
00:21:02joyeux,
00:21:03rigolo
00:21:03de cette affaire-là
00:21:05et de ces affaires-là
00:21:06parce qu'au fond,
00:21:07j'ai eu la chance,
00:21:09moi,
00:21:09je n'ai pas de publicité
00:21:11de LVMH,
00:21:12je n'ai pas d'hierarchie
00:21:13qui peut me mettre la pression,
00:21:15je n'ai pas de femme
00:21:16sur laquelle on pourrait
00:21:17venir me chercher
00:21:17une affaire d'adultère.
00:21:19Pourquoi je dis ça ?
00:21:20Parce que,
00:21:20il y a depuis 40 ans
00:21:22que Bernard Arnault
00:21:23fait des affaires,
00:21:24depuis 40 ans,
00:21:25il recourt
00:21:26à des sociétés
00:21:27d'intelligence,
00:21:27des détectives privées
00:21:29et ainsi de suite.
00:21:30Ça s'est vu
00:21:30la famille Louis Vuitton
00:21:32au moment où
00:21:32il a voulu racheter,
00:21:33il avait planqué
00:21:33les micros
00:21:34dans tous les sens,
00:21:34mais dernièrement,
00:21:36il y a 10 ans,
00:21:38ce qui est arrivé
00:21:39à Benoît Duquen
00:21:40et à Tristan Valex
00:21:41au moment de leur tournage
00:21:43sur l'homme
00:21:43qui valait 30 milliards,
00:21:44aujourd'hui,
00:21:45il en vaut 190 milliards
00:21:46pour petites parenthèses,
00:21:48mais là,
00:21:49on est dans quelque chose
00:21:50qui est tragique.
00:21:52qu'est-ce qu'il décide
00:21:53de faire à ce moment-là ?
00:21:55M. Arnault
00:21:56via M. Scorsini,
00:21:58il décide d'aller
00:21:59ouvrir des chantiers
00:22:00sur Benoît Duquen,
00:22:01deux chantiers,
00:22:02un,
00:22:03regarder s'il y a eu
00:22:03du harcèlement moral
00:22:04sur des salariés
00:22:06de complément d'enquête,
00:22:07deux,
00:22:08regarder s'il y a des affaires
00:22:09d'adultère
00:22:10pour lui mettre la pression.
00:22:11Il monte des faux
00:22:13puisqu'il dit
00:22:14que Tristan Valex
00:22:15a distribué
00:22:16des liasses de billets
00:22:17à des ouvriers
00:22:18en Roumanie
00:22:18et qu'on a les photos,
00:22:19ce qui se révélera absolument faux.
00:22:22Il monte des faux dossiers
00:22:23d'extorsion au fond
00:22:24en disant que Tristan Valex
00:22:25ou Benoît Duquen
00:22:26sont allés à Bordeaux
00:22:27pour des opérations
00:22:29de chantage.
00:22:30On découvrira qu'en fait
00:22:31la photo qui a été prise
00:22:32par des filatures
00:22:34menées par les services
00:22:36de LVMH
00:22:36se tourne en vérité
00:22:37de la télé matin
00:22:39qui fait un reportage
00:22:41sur le cirque de Pékin.
00:22:44On a ça constamment
00:22:46au fil du tournage
00:22:47qui fait que c'est un tournage
00:22:48qui se déroule sous pression
00:22:49que Benoît Duquen
00:22:51met en cause
00:22:53son journaliste,
00:22:54que ça se tend entre eux
00:22:55jusqu'à la séparation
00:22:58de Benoît Duquen
00:22:59dans le cours du tournage,
00:23:00jusqu'à Benoît Duquen
00:23:02qui se retrouve
00:23:02à la fin juin
00:23:03dans le moment
00:23:05d'un séminaire
00:23:06avec ses salariés.
00:23:07Tristan Valex
00:23:08décriait un homme
00:23:09ravagé physiquement
00:23:10et psychiquement
00:23:11et jusqu'à une semaine
00:23:13après cette scène-là
00:23:14où Benoît Duquen
00:23:15vient de dire
00:23:16écoute, on a enquêté
00:23:17ensemble
00:23:17sur le financement
00:23:18libyen de Sarkozy,
00:23:20on a enquêté ensemble
00:23:21sur le comte en Suisse
00:23:21de Cahuzac,
00:23:22mais cette fois-ci
00:23:23avec LVMH
00:23:24on a affaire
00:23:24à des vrais méchants
00:23:27et deux semaines plus tard
00:23:28il est retrouvé mort.
00:23:30Je veux dire, voilà,
00:23:31moi je suis en pleine santé,
00:23:33je suis joyeux,
00:23:35mais voilà
00:23:36ce qu'ils sont capables
00:23:37de faire,
00:23:37les puissances de l'argent
00:23:38sur la presse.
00:23:40Et c'est vrai que moi,
00:23:41je suis quand même,
00:23:42on sort ça
00:23:43et je suis stupéfait
00:23:44par le silence.
00:23:45Donc demain,
00:23:46on a Bernard Arnault,
00:23:46on a la chance de l'avoir,
00:23:48puisque j'ai deux Bernard
00:23:49pour le président,
00:23:50on a la chance
00:23:50de l'avoir devant nous
00:23:51et de pouvoir lui poser
00:23:52toutes ces questions-là.
00:23:53Parce que jusqu'à maintenant,
00:23:54c'est quand même
00:23:54l'autre scandale.
00:23:55Il ne sera pas inquiété.
00:23:57Il a échappé.
00:23:58Comment il a échappé ?
00:23:59Comment ça se fait ?
00:24:01Ça fait plus de bruit que ça ?
00:24:03Comment, je voulais dire,
00:24:04là on a un homme
00:24:04qui vient mettre
00:24:05cette pression-là
00:24:06sur la presse,
00:24:07alors qu'il possède déjà
00:24:08un certain nombre de titres
00:24:09et que les autres,
00:24:11il met le principal annonceur
00:24:12Il va falloir repasser
00:24:13un peu à la suite,
00:24:14sinon on n'aura pas le temps
00:24:14de poser toutes ces questions.
00:24:15Il recourt à la police
00:24:18de la République
00:24:18qui devient sa police privée
00:24:22et enfin,
00:24:23il échappe à la justice.
00:24:25Comment ?
00:24:25En payant 10 millions d'euros
00:24:27et en choisissant
00:24:27d'acheter la justice.
00:24:29Et on a tout ça.
00:24:30Vous me demandez
00:24:30de passer à la question suivante.
00:24:32Comme si c'était...
00:24:33Non mais on a plein
00:24:33de questions à poser.
00:24:34Comme si ce n'était pas,
00:24:35pour moi,
00:24:36un fait grave.
00:24:37Et je vous le dis,
00:24:38ça n'est pas moi
00:24:39qui suis concerné.
00:24:40Je pense que c'est la démocratie
00:24:41qui est concernée.
00:24:42C'est la démocratie par la presse,
00:24:44par la police
00:24:44et par la justice.
00:24:45Mais ça, c'est évident
00:24:46que la concentration,
00:24:47et on le sait,
00:24:48malheureusement,
00:24:48des médias dans les mains
00:24:49de quelques-uns
00:24:49et de quelques milliardaires,
00:24:50ça donne effectivement
00:24:51ce genre de situation.
00:24:53Alors, pour repartir
00:24:54sur un ton un tout petit peu
00:24:55plus léger,
00:24:56même si j'entends
00:24:56tout à fait
00:24:57votre consternation
00:25:00devant la situation,
00:25:01on a une vidéo
00:25:01à vous montrer,
00:25:02François Ruffin.
00:25:03Alors, on ne sait pas encore
00:25:04ce que vous allez en penser.
00:25:05On ne sait pas
00:25:05quoi en penser nous-mêmes,
00:25:07mais on va dire
00:25:09bonjour à notre chère PA
00:25:11qui va arriver.
00:25:25Il arrive, il arrive.
00:25:27Pour la carte de presque,
00:25:29n'est-ce pas ?
00:25:29Séquence magnifiquement trouvée.
00:25:31Salut PA.
00:25:33Bonjour Théo.
00:25:34Bonjour Théo.
00:25:34Bonjour Lumi
00:25:35et moi je n'ai rien à dire.
00:25:37En fait, ça me fait
00:25:38extrêmement plaisir
00:25:39de te rencontrer
00:25:40et de te voir en vrai.
00:25:41Tu vas bien ?
00:25:41Très bien.
00:25:42Moi aussi,
00:25:43même si tu ne me l'as pas demandé.
00:25:46Écoute, je suis super content
00:25:47de te rencontrer.
00:25:49Ça fait très longtemps
00:25:50que je te suis.
00:25:50J'ai découvert sur YouTube
00:25:52à l'époque
00:25:52où tu faisais des vidéos
00:25:53dans ta cuisine.
00:25:54Bon, elle n'est pas là aujourd'hui,
00:25:55mais Théo, ce serait cool
00:25:56de trouver le numéro
00:25:57de Valérie D'Amido
00:25:58et lui donner
00:25:58le numéro de la couleur
00:26:00parce que le rouge
00:26:01à l'écran,
00:26:02ça pète les yeux.
00:26:03Mais si le rouge,
00:26:03ça gêne l'humain,
00:26:05alors là, moi,
00:26:05je dis que le rouge,
00:26:05le rouge comme ça,
00:26:06ça pète, c'est un peu trop.
00:26:07Pas dans une cuisine,
00:26:08pas dans une cuisine.
00:26:09Et bref,
00:26:10pour continuer
00:26:11dans cette cuisine-là,
00:26:11il y a un truc
00:26:12qui m'avait interloqué
00:26:13chez toi,
00:26:13c'était ta porte de frigo.
00:26:15Je vous invite tous
00:26:16à aller regarder
00:26:16une vidéo de François Riffin
00:26:17dans sa cuisine.
00:26:17Sa porte de frigo,
00:26:18elle est blindée.
00:26:19On a l'impression
00:26:20qu'elle pèse 50 kilos.
00:26:20Il y a des magnettes,
00:26:22des feuilles
00:26:23et moi, il y a un truc
00:26:24que j'avais vu une fois,
00:26:25c'était que tu avais
00:26:25des magnettes
00:26:26cordon bleu
00:26:27de carte de la France.
00:26:28Et il s'avère,
00:26:29François,
00:26:29que moi aussi,
00:26:30j'ai fait cette collection,
00:26:31premier point commun.
00:26:33Et je ne sais pas
00:26:35si tu en as
00:26:36un stock
00:26:37en échange,
00:26:38mais ce serait cool
00:26:38qu'on fasse
00:26:39des petits échanges
00:26:40à la sortie de l'émission.
00:26:42C'est l'histoire
00:26:42de la gauche,
00:26:42le partage,
00:26:44la collectivisation,
00:26:44tout ça.
00:26:45Je demanderai à ma fille
00:26:45si elle veut bien t'en offrir.
00:26:46Ce serait super.
00:26:47La mise cordon bleu
00:26:48à la maison,
00:26:49c'est ma fille.
00:26:49Ce serait super.
00:26:50Bref,
00:26:51on est là surtout
00:26:51pour parler de ton actualité
00:26:52et ton actualité,
00:26:53c'est ton film.
00:26:56Je l'ai vu 38 fois
00:26:58et je l'ai tellement adoré
00:26:59que j'ai imaginé
00:27:00la suite.
00:27:01J'ai imaginé le 2.
00:27:02Et je propose
00:27:03qu'on regarde tout de suite
00:27:04la bande-annonce.
00:27:05Les amis,
00:27:06la bande-annonce,
00:27:06s'il vous plaît.
00:27:07Magneto.
00:27:07Vous avez de rente,
00:27:08de dividende,
00:27:09c'est hyper facile.
00:27:10Facile.
00:27:10Nous, on galère tous les matins
00:27:11des chantiers,
00:27:12des 3-8 à l'usine.
00:27:13Vous ne comprenez même pas
00:27:14notre réalité.
00:27:15Votre vie,
00:27:15elle est toute facile.
00:27:16Votre vie,
00:27:16elle est facile.
00:27:17Attends,
00:27:17mais la situation,
00:27:18elle est humusque.
00:27:19Je gère une entreprise
00:27:19de 20 000 employés.
00:27:20Je ne sais pas
00:27:21si vous comprenez
00:27:21un petit peu ce qui se passe.
00:27:22Bien facile.
00:27:24Je vous invite
00:27:25à venir vivre mal.
00:27:26Vous allez découvrir
00:27:26que ce n'est pas aussi simple
00:27:27que vous l'imaginez.
00:27:28On va commencer par chez moi.
00:27:29On y va tout de suite.
00:27:32L'erreur,
00:27:33c'est là-bas par contre.
00:27:34Gustave,
00:27:35nous sommes à l'angle.
00:27:42Ça va ?
00:27:42Tu t'apportes
00:27:43un placard de Paris,
00:27:43la vie,
00:27:44elle est facile.
00:27:44Appartement ?
00:27:45L'immeuble est à moi.
00:27:47Et si vous croyez
00:27:48que c'est facile
00:27:48que je fais cette vieille
00:27:49bâtisse osmanienne,
00:27:50vous mettez le doigt
00:27:51dans l'œil.
00:27:54Alors ça,
00:27:55vous croyez
00:27:55que c'est facile ?
00:27:56C'est clair.
00:27:5615 000 bol,
00:27:57ce n'est pas tout le monde
00:27:57qui peut se payer ça.
00:27:58Mais ce n'est pas
00:27:59une question de prix.
00:28:00C'est le choix
00:28:00qui est difficile.
00:28:01Mais pas du tout.
00:28:02Alors ?
00:28:03Ça vous plaît ?
00:28:04Qui gère cette opération ?
00:28:05Appelez Goldman Sachs.
00:28:06Vous croyez que c'est facile
00:28:07de gérer autant d'argent,
00:28:08de dividendes,
00:28:09des holdings ?
00:28:09L'entreprise à mon papa,
00:28:11c'est excessivement lourd.
00:28:12Vous croyez que c'est facile ?
00:28:13Les vacances à Courchevel,
00:28:14la tondeuse à gazon.
00:28:16Je vous en supplie.
00:28:17Je crée de l'emploi.
00:28:19Je crée de la richesse
00:28:19pour la France.
00:28:20Je viens de l'acquérir.
00:28:22Qu'est-ce que vous en dites ?
00:28:23Bah, c'est de la merde.
00:28:25Mes excuses ?
00:28:2510 millions d'euros.
00:28:27Vous verrez un jour,
00:28:28vous y prendrez goût.
00:28:28Vous verrez un jour.
00:28:29Vous y prendrez goût.
00:28:32Vous y prendrez goût.
00:28:45SpaceX ?
00:28:46Oui, ça, c'est pas mal.
00:28:46T'achètes.
00:28:47T'achètes.
00:28:47Elon, il est mort.
00:28:51Oh, mon gars.
00:28:55Mercredi au poker.
00:28:56C'était Paul Pogba.
00:29:01Michelin ?
00:29:01Pfff.
00:29:02Arrête de m'en parier tout de suite.
00:29:03C'est éclaté au sol, ça.
00:29:04On arrête.
00:29:05Le Paris Saint-Germain ?
00:29:06C'est pas mal.
00:29:07Ça, on prend.
00:29:07Yoann Bourcuff,
00:29:08il joue toujours.
00:29:09J'aimerais bien faire une doublette
00:29:10avec Rion-Babouba
00:29:11au milieu de terrain.
00:29:11Pas mal, ça.
00:29:12Tu me fais ça ?
00:29:13Vous vivez des évidents de terrain.
00:29:15C'est hyper facile pour vous.
00:29:16Nous, on gagne tous les matins
00:29:17à se réveiller
00:29:17des 3-8, des chantiers.
00:29:19Je n'en avais rien à foutre de deux.
00:29:20Je n'en avais rien à foutre de deux.
00:29:21Je n'en avais rien à foutre de deux.
00:29:23C'est qui ce bouchon ?
00:29:27Vous vivez, votre vie,
00:29:28elle est toute simple.
00:29:29Votre vie, elle est toute facile.
00:29:30Votre vie, elle est facile.
00:29:34Alors, François ?
00:29:35On le fait, ce n'est pas ?
00:29:38Non, plus sérieusement.
00:29:40J'ai appris que t'aimais le foot.
00:29:42Et il s'avère que moi aussi,
00:29:43comme tu peux le voir sur mon t-shirt,
00:29:44tu connais un peu les joueurs là ?
00:29:45Oui.
00:29:46J'imagine.
00:29:47Oui, à mon époque, c'est curieux.
00:29:49C'est passé depuis 25 ans.
00:29:51On m'a dit que tu avais tendance
00:29:54à jouer milieu gauche,
00:29:55mais tu avais tendance
00:29:55à repiquer dans l'axe.
00:29:57Est-ce que c'est vrai ?
00:29:57C'est inverse, mais bon,
00:29:58c'est là les techniques.
00:29:59Je suis milieu loin.
00:29:59C'est là les techniques.
00:30:00Il fallait la comprendre.
00:30:02Non, plus sérieusement.
00:30:03Moi, quand je pense France-Varupin,
00:30:05je pense surtout à l'épisode
00:30:06où tu avais sorti le maillot de foot
00:30:07à la Sommée nationale,
00:30:08le maillot de foot de l'Olympique de cours
00:30:09avec un collant U extrêmement large,
00:30:11les maillots à l'ancienne.
00:30:13Du coup, je me suis dit
00:30:14François, il aime le foot.
00:30:16François, il doit jouer au foot.
00:30:17Et vu qu'il sort ce maillot-là,
00:30:18il doit jouer à l'Olympique de cours.
00:30:20Donc, j'ai mené ma petite enquête
00:30:21et je suis allé voir
00:30:22sur le Facebook de l'Olympique de cours.
00:30:24Et il s'avère que je t'ai vu
00:30:25sur aucune feuille de match.
00:30:27Et du coup,
00:30:28ça me permet de te poser une question.
00:30:29C'est bien.
00:30:30C'est quoi le plus dur à vivre
00:30:32passer une semaine
00:30:32avec Sarah Sandman
00:30:33ou être nul au foot
00:30:35au point d'être pas sélectionné
00:30:38Non, je n'ai jamais été
00:30:39un grand joueur de foot,
00:30:40même si j'ai toujours aimé ça.
00:30:43Je suis sélectionné pour l'instant.
00:30:45J'y vais très peu dans mon club
00:30:46qui est l'Olympique à Miennois.
00:30:47Et je vais te dire,
00:30:49je vais être sérieux du coup,
00:30:50et je vais peut-être même
00:30:50plomber l'ambiance.
00:30:52Vous nous aviez promis
00:30:53d'être le qui est golo.
00:30:54Non, mais je vais te dire,
00:30:55le maillot de haut cours,
00:30:58je l'ai porté
00:30:58parce que j'ai écrit un bouquin
00:30:59qui s'appelle
00:31:00Comment ils nous ont volé le football
00:31:01avec un copain
00:31:03qui était Antoine Lumini,
00:31:05qui a reçu le prix du livre
00:31:06économique des lycéens.
00:31:09Mais ce copain-là
00:31:10est décédé à 25 ans,
00:31:13aurait pu devenir
00:31:14un grand joueur de foot
00:31:14et tout ça,
00:31:15et il a eu une maladie.
00:31:17Et donc, voilà,
00:31:18ce t-shirt que j'ai porté
00:31:19à l'Assemblée nationale,
00:31:20c'était le t-shirt de mon copain,
00:31:22amoureux du football comme moi,
00:31:23et avec qui j'avais écrit ce bouquin.
00:31:25Et c'est pour ça
00:31:25que j'ai l'ai ressenti
00:31:27avec d'autant plus de violence
00:31:28quand le président de la séance
00:31:31m'a demandé d'enlever le t-shirt
00:31:32en me disant
00:31:33que c'était une tenue indigne.
00:31:34Voilà, donc je suis désolé.
00:31:36Mais je suis désolé.
00:31:37Mais sur ces belles paroles,
00:31:38je vous remercie.
00:31:38Je suis désolé,
00:31:39mais en même temps,
00:31:40ça me fait plaisir
00:31:41de rendre hommage à Antoine.
00:31:42Je pense que les gens
00:31:44restent vivants
00:31:44par le souvenir
00:31:45quand on sait
00:31:47qu'on porte en nous
00:31:48quelque chose d'eux.
00:31:49Grosse dédicace à Antoine,
00:31:50c'est à lui
00:31:50qu'on dédite cette émission.
00:31:52Merci beaucoup.
00:31:52Et on rigolait avec Antoine.
00:31:55Merci pour ce magnifique film.
00:31:58Merci.
00:31:59François Ruffin,
00:32:00puisque tout à l'heure,
00:32:00on recevait deux agriculteurs
00:32:02en plateau,
00:32:02on a bien compris
00:32:03que la situation
00:32:03a été vraiment difficile.
00:32:05C'est quoi les perspectives politiques,
00:32:07les victoires potentielles
00:32:09ou pas
00:32:10qui pourraient advenir
00:32:11sur ces sujets-là
00:32:12liés au traité du Mercosur,
00:32:15etc.
00:32:17Refuser le traité du Mercosur
00:32:18peut être un point d'arrêt
00:32:20dans une mondialisation
00:32:21qui, au fond,
00:32:22est devenue absurde,
00:32:23pas seulement pour les agriculteurs,
00:32:25mais pour les travailleurs en général
00:32:26et, je pense,
00:32:26pour les Français.
00:32:28Je mets un point comme ça d'alerte.
00:32:30Moi, je suis partisan
00:32:31de davantage de protection,
00:32:33même de protectionnistes.
00:32:34J'ai écrit un bouquin là-dessus.
00:32:35Leur grande trouille
00:32:35joue le journal intime
00:32:36de mes pulsions protectionnistes
00:32:37il y a une quinzaine d'années maintenant.
00:32:38Mais j'avais le délégué syndical
00:32:40de ArcelorMittal
00:32:42hier soir au téléphone.
00:32:44Et il me dit
00:32:45voilà,
00:32:45on a une inconnue.
00:32:49Arcelor va refuser
00:32:50la décarbonation
00:32:51des sites de Foss
00:32:52et de Dunkerque,
00:32:54notamment parce qu'ils envisagent
00:32:56le produire, en fait,
00:32:57au Brésil,
00:32:58où ils ont déjà construit
00:32:59une gigantesque usine décarbonée.
00:33:01Et on ignore,
00:33:02puisqu'on n'a pas accès au texte,
00:33:04si, dans le traité sur le Mercosur,
00:33:05il y a prévu aussi
00:33:06l'importation d'acier.
00:33:08C'est pour dire
00:33:08qu'il y a la question agricole,
00:33:10mais ce n'est pas seulement
00:33:10la question agricole.
00:33:11Et en fait,
00:33:12je pense que la question centrale
00:33:13pour l'agriculture française
00:33:14aujourd'hui,
00:33:15c'est quel est son but ?
00:33:16Quel est son cap ?
00:33:17Vous savez,
00:33:17dans l'après-guerre,
00:33:18il y avait un cap clair
00:33:19qui était donné
00:33:19à l'agriculture française,
00:33:20c'était de retrouver
00:33:21la souveraineté alimentaire.
00:33:22Et finalement,
00:33:23on y parvient en une génération,
00:33:24en 25 ans,
00:33:25dès les années 70,
00:33:26on retrouve la souveraineté alimentaire
00:33:28par la mécanique,
00:33:29par la chimie,
00:33:30par le remembrement,
00:33:31par des choses
00:33:31qu'on peut remettre en cause
00:33:32aujourd'hui,
00:33:32mais qui ont montré
00:33:33leur efficacité à ce moment-là.
00:33:34Le problème,
00:33:35c'est qu'à partir du moment
00:33:36où on retrouve notre souveraineté,
00:33:37on ne pose pas un nouveau cap.
00:33:38Et donc,
00:33:39on passe à ce moment-là
00:33:40à l'émission exportatrice
00:33:42de l'agriculture française
00:33:42qui peut s'attendre quasiment
00:33:44comme on disait au 19e siècle,
00:33:46la mission civilisatrice.
00:33:47Vous voyez ?
00:33:48Et donc,
00:33:48on se met à exporter,
00:33:49à exporter,
00:33:50à exporter,
00:33:50à exporter tout à ce moment-là.
00:33:51On fait rentrer l'agriculture
00:33:52dans la grande lessiveuse
00:33:53du libre-échange
00:33:54avec les accords de Marrakech
00:33:55en 1994.
00:33:57Et on est pris,
00:33:57dans cette histoire-là,
00:33:59d'un libre-échange
00:34:00où il n'y a même pas
00:34:00d'exception agriculturelle.
00:34:02Moi,
00:34:03je suis pour que l'industrie
00:34:03ait des protections aussi.
00:34:04Mais on aurait pu penser
00:34:05qu'en même temps
00:34:06qu'on mettait une exception culturelle
00:34:07qui permet que mes films existent
00:34:09parce que mes films
00:34:10et plein d'autres films français
00:34:12ne peuvent pas exister
00:34:12sans cette exception culturelle.
00:34:14Eh bien,
00:34:14il aurait fallu poser en même temps
00:34:18où on touche à des choses essentielles.
00:34:19La terre,
00:34:20nos assiettes.
00:34:20Et on ne l'a pas posé
00:34:22pour extraire l'agriculture
00:34:23des accords de libre-échange.
00:34:25Et évidemment,
00:34:25là,
00:34:25aujourd'hui,
00:34:26il y a la nécessité
00:34:27d'extraire l'agriculture
00:34:28pour se dire
00:34:28quel est le cap,
00:34:29qu'est-ce qu'on veut faire.
00:34:30Est-ce que c'est être compétitif
00:34:31à l'international
00:34:32ou c'est d'abord nourrir
00:34:33et nourrir bien notre pays ?
00:34:35On voulait aussi,
00:34:35évidemment,
00:34:36parler avec vous
00:34:36de la crise sociale
00:34:37qu'on connaît,
00:34:38des licenciements
00:34:39un peu partout,
00:34:40Carrefour,
00:34:40Auchan,
00:34:40mais aussi Michelin,
00:34:41tout récemment.
00:34:42On regarde un petit extrait,
00:34:43on en discute après.
00:34:46On va regarder un petit extrait
00:34:48quand on arrive.
00:34:49Je pense que Michelin
00:34:50a décidé de réduire
00:34:50la pollution ici à Cholet
00:34:51pour la transférer
00:34:52en Pologne et en Italie.
00:34:54Je comprends la colère
00:34:55et Michelin doit mettre en place
00:34:56des engagements
00:34:58qu'ils ont été présentés ce matin
00:34:59pour pouvoir répondre
00:35:00à cette colère-là.
00:35:02Je comprends les salariés.
00:35:03Vous êtes un guignol !
00:35:04Vous êtes un guignol !
00:35:06Mais c'est ça !
00:35:06Quel résultat !
00:35:08Quel résultat !
00:35:08Depuis 2017,
00:35:10vous avez le pouvoir,
00:35:10c'est de pire en pire !
00:35:12Depuis 2017 au pouvoir,
00:35:13quel résultat !
00:35:14Moi, il n'y a pas bon
00:35:16on m'avait pris
00:35:16que j'ai de la rentrée.
00:35:18Au même moment,
00:35:19des salariés se sont rassemblés
00:35:20devant le siège social
00:35:21de Michelin
00:35:22à Clermont-Ferrand
00:35:23en soutien
00:35:24à leurs collègues
00:35:24de Vannes et Cholet.
00:35:25On pense qu'aujourd'hui,
00:35:27les temps ont changé.
00:35:28On pense qu'aujourd'hui,
00:35:29s'il n'y a pas une intervention
00:35:30de l'État,
00:35:31s'il n'y a pas un contrôle
00:35:32des fonds publics,
00:35:33s'il n'y a pas une stratégie
00:35:35de réindustrialisation,
00:35:37petit à petit,
00:35:38petit à petit,
00:35:39nos territoires vont se vider,
00:35:41des sites industriels
00:35:42vont fermer
00:35:42et puis,
00:35:43on aura des conséquences
00:35:45terribles
00:35:45pour nos enfants
00:35:46pour le devenir du pays.
00:35:48François Ruffin,
00:35:49on entendait
00:35:49André Chassaigne
00:35:50à l'instant.
00:35:51On a un reportage
00:35:52sur Michelin.
00:35:53On peut citer aussi
00:35:55ArcelorMittal,
00:35:56Auchan,
00:35:56Téléperformance.
00:35:57Valeo, là,
00:35:58puisque j'ai une usine
00:35:59Valeo chez moi.
00:36:00Valeo, c'est plus de 1000
00:36:01suppressions de postes aujourd'hui.
00:36:02C'est au total
00:36:03300 000 emplois
00:36:04aujourd'hui
00:36:04qui sont menacés en France.
00:36:07À qui la faute ?
00:36:08Bon, d'abord,
00:36:10dire une chose évidente,
00:36:12c'est que ça ne va pas mal
00:36:13pour tout le monde.
00:36:13On va rentrer dans ce discours
00:36:14où c'est la crise,
00:36:15c'est la crise,
00:36:15c'est la crise.
00:36:16Ce n'est pas la crise
00:36:17pour tout le monde.
00:36:18Quand on lit
00:36:19les échos
00:36:20de mon ami Bernard Arnault,
00:36:21je pense que c'est
00:36:21l'un des deux journaux
00:36:22marxistes qui nous restent.
00:36:23Il y a l'humanité
00:36:24et les échos
00:36:25puisque quand les dividendes
00:36:26tombent,
00:36:27ça fait au moins
00:36:28un entrefilé
00:36:28sinon la une
00:36:29des deux journaux.
00:36:30Bon, c'était annoncé
00:36:31il y a un mois,
00:36:32150 milliards d'euros
00:36:33de dividendes.
00:36:34C'est un record
00:36:38donc déjà de dire
00:36:39que ça ne fait pas mal
00:36:40pour tout le monde
00:36:40que cet ordre du monde,
00:36:42autant ils rationnent
00:36:43les uns,
00:36:44autant ils gavent les autres.
00:36:45Donc, ça ne reste pas
00:36:47comme une espèce
00:36:48de fatalité.
00:36:49Et ensuite,
00:36:49sur la crise de Michelin
00:36:51en particulier,
00:36:52il faudrait avoir
00:36:52une autre analyse
00:36:53sur Auchan,
00:36:54mais sur la crise
00:36:54de Michelin en particulier,
00:36:55je me souviens
00:36:56quand il y a eu
00:36:57la fermeture de Bridgestone
00:36:58de cette ministre
00:36:59qui nous disait
00:36:59que c'était une invasion
00:37:00de pneus asiatiques.
00:37:01D'accord ?
00:37:02Et parce que
00:37:03dans ma région,
00:37:04on a eu Bridgestone,
00:37:05on a eu Continental,
00:37:06on a eu Goodyear,
00:37:06maintenant il y a Michelin,
00:37:08ça veut dire que
00:37:08c'est toujours
00:37:09la même histoire
00:37:09qui se répète.
00:37:10Pourquoi ?
00:37:11Parce que les mêmes causes
00:37:11produisent les mêmes effets.
00:37:13S'il n'y a pas
00:37:13de protection commerciale
00:37:14qui sont mises
00:37:15aux frontières
00:37:16de l'Union Européenne
00:37:16ou aux frontières
00:37:17de la France,
00:37:18on est cuit.
00:37:19Je vous donne
00:37:19un autre exemple.
00:37:21Amiens,
00:37:21c'est la dernière fabrique
00:37:23d'un acide aminé
00:37:24qui s'appelle
00:37:25la lysine,
00:37:26d'accord ?
00:37:26Metex.
00:37:27Là,
00:37:28on l'a sauvé
00:37:28au printemps dernier
00:37:29parce qu'on n'en était pas encore
00:37:31à 6% de déficit,
00:37:32on n'a plus d'argent.
00:37:33On l'a sauvé.
00:37:34On l'a sauvé comment ?
00:37:35Alors que la lysine
00:37:37qui sort d'Amiens
00:37:38est deux fois plus chère
00:37:39qu'en Chine.
00:37:39Alors qu'elle est
00:37:40huit fois moins polluante
00:37:41qu'en Chine.
00:37:42Mais comment on l'a sauvé ?
00:37:43En injectant des aides publiques.
00:37:44C'est-à-dire que
00:37:45les aides publiques
00:37:45viennent combler
00:37:46le fossé
00:37:47entre le coût de production
00:37:49en Chine
00:37:50et le coût de production
00:37:51ici.
00:37:52Si on ne met pas
00:37:53de barrière douanière,
00:37:55de taxe aux frontières,
00:37:56de quota d'importation,
00:37:57si on n'use pas
00:37:58d'outils commerciaux,
00:37:59de la même manière
00:38:00que on...
00:38:01Parce que cette histoire-là,
00:38:03je la connais par cœur.
00:38:04Je ne vais pas faire
00:38:04la pleureuse.
00:38:06Par contre,
00:38:06c'est qu'est-ce qu'on met
00:38:08pour que ça ne se reproduise
00:38:09pas éternellement ?
00:38:11Et alors,
00:38:11ceux qui viennent pleurer,
00:38:13accompagner les corbillards
00:38:14d'emploi,
00:38:14mais qui laissent faire
00:38:16le même ordre économique
00:38:17et ne se saisissent pas
00:38:18des outils qui existent
00:38:20à portée de main,
00:38:21ceux-là sont les coupables.
00:38:22Et je vois, moi,
00:38:23puisqu'on parlait
00:38:24du Mercosur,
00:38:24que de la même manière
00:38:25qu'on a laissé
00:38:27la Chine notamment,
00:38:28mais l'Asie en général,
00:38:30voire l'Est de l'Europe
00:38:31devenir l'usine du monde,
00:38:34on est en train
00:38:34de faire du Brésil
00:38:35et de l'Ukraine
00:38:36les fermes usines du monde.
00:38:37Mais non,
00:38:37je refuse
00:38:38qu'il y ait
00:38:39ce grand déménagement.
00:38:41Mais les coupables
00:38:43dont vous parlez,
00:38:43justement,
00:38:44ils vont peut-être tomber,
00:38:44c'est aussi l'actualité.
00:38:46Michel Barnier,
00:38:46son gouvernement
00:38:47a peut-être tombé
00:38:47dès la semaine prochaine
00:38:49à une motion de censure
00:38:50qui pourrait être votée
00:38:51après le 49-3
00:38:52sur un budget
00:38:53encore plus austéritaire,
00:38:54une austérité record.
00:38:56Est-ce qu'après,
00:38:56la gauche peut toujours
00:38:57prétendre à gouverner
00:38:58justement pour remplacer
00:38:59ses coupables ?
00:39:00D'une part,
00:39:01enfin,
00:39:02malheureusement,
00:39:03si Michel Barnier
00:39:03était le coupable
00:39:04et qu'en le faisant tomber,
00:39:06on changeait l'ordre du monde,
00:39:07ça veut dire que
00:39:09cet ordre du monde
00:39:10serait bien fragile.
00:39:12Or,
00:39:12la vérité,
00:39:13c'est qu'il dispose
00:39:14de forteresses gigantesques
00:39:15et que,
00:39:16pour s'attaquer
00:39:17au traité
00:39:17de l'Organisation mondiale
00:39:18du commerce,
00:39:19à la manière
00:39:20dont fonctionne
00:39:21l'Union européenne
00:39:22avec la libre circulation
00:39:23des capitaux
00:39:24et des marchandises,
00:39:24y compris avec les pays tiers,
00:39:26pour secouer tout ça
00:39:27et changer cet ordre-là,
00:39:28il ne suffira pas
00:39:29de faire tomber
00:39:30un Barnier
00:39:30ni même de faire tomber
00:39:31un Macron.
00:39:32C'est la première chose.
00:39:33La deuxième chose,
00:39:34c'est que,
00:39:35moi,
00:39:36vous savez,
00:39:37le 7 juillet au soir,
00:39:38peut-être parce que
00:39:39j'étais dans une circonscription
00:39:40très compliquée,
00:39:41mais je n'ai pas dit
00:39:43« nous avons gagné »
00:39:44parce que je n'ai pas considéré
00:39:45que nous avons gagné
00:39:47pour trois raisons.
00:39:48La première raison,
00:39:49c'est que
00:39:49nous n'avons pas de majorité
00:39:51dans le pays.
00:39:52La deuxième raison,
00:39:53nous n'avons pas de majorité
00:39:54à l'Assemblée.
00:39:55La troisième raison,
00:39:56un certain nombre de députés
00:39:57dont je suis,
00:39:58ont été élus
00:39:58avec des voix centristes.
00:39:59Je pense que ce sont
00:40:00trois choses
00:40:01qui doivent nous incliner
00:40:02à l'humilité
00:40:03et être venu de dire
00:40:05« nous avons gagné »
00:40:06fait que derrière,
00:40:08il y a de la déception
00:40:08qui est produite
00:40:09parce qu'on a donné
00:40:10des illusions en amont.
00:40:11Donc moi,
00:40:11je le dis…
00:40:12Et donc, oui ?
00:40:14Là, aujourd'hui,
00:40:15je veux dire,
00:40:16Macron a mis un bazar
00:40:17pas possible dans le pays.
00:40:18Il avait déjà installé
00:40:19le chaos budgétaire,
00:40:21social,
00:40:21il y ajoute
00:40:22le chaos politique.
00:40:23Comment on en sort ?
00:40:24C'est ça la question.
00:40:25Parce que,
00:40:26de la même manière
00:40:27que Barnier
00:40:27ne trouve pas
00:40:28de majorité à l'Assemblée,
00:40:29vraisemblablement,
00:40:29nous n'en trouverions pas non plus.
00:40:31On peut essayer.
00:40:32On peut dire
00:40:33« Lucie Casté à Matignon »,
00:40:34on peut essayer
00:40:35d'avoir la composition
00:40:36d'un gouvernement,
00:40:36on peut essayer
00:40:37de faire passer
00:40:37des lois derrière.
00:40:39Ça risque d'être
00:40:39très compliqué.
00:40:40Je crois que, Lomi,
00:40:42vous aviez une question
00:40:43d'ailleurs.
00:40:43Oui, alors moi,
00:40:44j'ai plutôt une question,
00:40:45du coup,
00:40:46ça change un peu,
00:40:47mais ça reste là-dedans.
00:40:48Surtout par rapport
00:40:48à votre stratégie politique
00:40:50et votre vision,
00:40:51justement,
00:40:52de ce que c'est la gauche.
00:40:53Moi, je travaille beaucoup
00:40:54sur le traitement médiatique
00:40:55et bon,
00:40:55voilà, j'ai remarqué
00:40:56la gauche,
00:40:56j'ai vraiment maltraité à fond
00:40:58et c'est aussi…
00:41:00Ça, ça sert énormément
00:41:01à l'extrême droite.
00:41:02Et du coup,
00:41:02je me posais aussi
00:41:03des questions sur un petit peu,
00:41:04par exemple,
00:41:05je voulais savoir
00:41:06pourquoi est-ce que
00:41:06vous entretenez
00:41:07cette mythologie
00:41:08un petit peu
00:41:09des bourgs et des tours
00:41:10en diffusant un petit peu
00:41:11cet imaginaire
00:41:12où il y aurait des Français
00:41:13qui auraient droit à des aides,
00:41:14d'autres qui n'en auraient pas.
00:41:15Enfin, tout un imaginaire
00:41:16qui est un petit peu chargé
00:41:17de toutes sortes de choses,
00:41:19en fait,
00:41:19qui sert quand même beaucoup,
00:41:21finalement,
00:41:22les discours de la droite
00:41:23et de l'extrême droite
00:41:23et que les médias reprennent beaucoup.
00:41:25J'ai noté, malheureusement,
00:41:26voilà,
00:41:27beaucoup de personnages,
00:41:28on va dire, médiatiques,
00:41:29je ne vais peut-être pas dire leur nom,
00:41:30mais voilà,
00:41:30qui ont repris,
00:41:31enfin,
00:41:31qui disent qu'il faut accompagner
00:41:34votre vision du pays,
00:41:36etc.
00:41:36Et en gros,
00:41:37je voulais un petit peu savoir
00:41:37pourquoi est-ce que vous...
00:41:39Est-ce qu'il y a un endroit
00:41:40où vous m'avez vu dire
00:41:41qu'il y a une France
00:41:41plus en particulier
00:41:42qui bénéficiait d'aide ?
00:41:44Non, non,
00:41:44je dis que c'est l'imaginaire
00:41:45qui est chargé.
00:41:47Moi, je suis responsable
00:41:48de ce que je dis.
00:41:48C'est un imaginaire
00:41:49qui est chargé.
00:41:50Je suis responsable
00:41:50de ce que je dis.
00:41:51En revanche,
00:41:51qui vient de la droite.
00:41:53Mais qu'aujourd'hui,
00:41:55il y a un divorce profond
00:41:57dans le pays,
00:41:58que la gauche,
00:41:59c'est des trous à combler.
00:42:00Je veux dire,
00:42:00je l'ai dit depuis longtemps,
00:42:02je l'ai dit,
00:42:02j'ai publié un bouquin
00:42:03en 2022 là-dessus,
00:42:04parce que si on veut
00:42:05devenir majoritaire
00:42:05dans le pays,
00:42:06nous avons trois trous
00:42:07à combler.
00:42:07On a un trou démographique.
00:42:09Comment ça se fait
00:42:09qu'on est aussi faible
00:42:10chez plus de 65 ans,
00:42:11alors que d'abord,
00:42:13ils sont de plus en plus nombreux
00:42:14et ils vont voter ?
00:42:15C'est un gros souci.
00:42:16On a un trou social
00:42:18dans le salariat
00:42:20qui est aux alentours
00:42:21de 1500,
00:42:21entre 1500 et 2500 euros.
00:42:23On est battu par Marine Le Pen
00:42:24et ce n'est pas normal.
00:42:25Et on a un trou géographique.
00:42:28De fait,
00:42:28quand on est dans les campagnes,
00:42:30la gauche perd
00:42:31et elle perd
00:42:31dans les grandes largeurs.
00:42:34Je veux dire,
00:42:34disons-le,
00:42:35je suis dans l'Eau de France
00:42:36qui était une terre de gauche
00:42:39où il y a eu des socialistes,
00:42:40où il y a eu des communistes,
00:42:41en Picardie en particulier,
00:42:43je suis maintenant
00:42:43le dernier député
00:42:45qui n'est pas élu
00:42:46d'une métropole.
00:42:47Vous n'en avez plus
00:42:48dans le Midi Rouge
00:42:50où il vous en reste
00:42:51un Dominique Potier
00:42:52dans le Grand Est.
00:42:54Si ça,
00:42:55ça ne vous sert pas d'alerte
00:42:57en disant
00:42:57il y a un gros souci politique
00:42:59aujourd'hui
00:42:59et il s'agit de résorber ça
00:43:01et de se demander
00:43:02comment on fait
00:43:02pour rassembler,
00:43:03pour rassembler,
00:43:05je le disais dans mon film,
00:43:07Lélie,
00:43:07paysan du Morvan
00:43:08et Louisa
00:43:09dans sa tenue traditionnelle
00:43:11algérienne,
00:43:11si vous ne dites pas
00:43:12qu'aujourd'hui
00:43:13on a un fossé à combler
00:43:14et qu'il s'agit de le rassembler,
00:43:15on est cuit.
00:43:15Et sur quoi on rassemble ?
00:43:18On entend tout le temps
00:43:19il faut rassembler,
00:43:20il faut rassembler.
00:43:20Déjà, ça veut dire quoi ?
00:43:21Rassembler ?
00:43:22Est-ce que ça veut dire
00:43:22qu'on refuse de cliver
00:43:23et surtout sur quel terrain
00:43:24on va pour rassembler finalement ?
00:43:25Moi je clive ?
00:43:26Moi je clive, mais je clive sur quoi ?
00:43:27Sur quoi ?
00:43:28Je clive sur du haut et du bas.
00:43:30Je clive en venant,
00:43:32vous pointez Bernard Arnault,
00:43:34en venant dire
00:43:35voilà les grandes fortunes
00:43:36sont passées de 5%
00:43:37du PIB à la naissance
00:43:38du Clashman Challenge
00:43:39en 1996
00:43:40à 20%
00:43:41à l'arrivée d'Emmanuel Macron
00:43:42au pouvoir
00:43:42à plus de 40%
00:43:44aujourd'hui.
00:43:44Donc il y a un clivage
00:43:46puisque je mène
00:43:48une analyse de classe
00:43:49sur ce terrain-là.
00:43:49Maintenant,
00:43:50c'est la conviction
00:43:51que sur l'essentiel
00:43:53il y a les moyens
00:43:54de rassembler.
00:43:55Quand vous vous faites
00:43:55il y a un sondage
00:43:56qui était paru
00:43:57et qui demandait
00:43:58quels étaient les thèmes
00:43:59dans les quartiers prioritaires
00:44:01qui étaient prioritaires
00:44:02et quels étaient les thèmes
00:44:03hors quartier prioritaire
00:44:04qui étaient prioritaires.
00:44:06Les 5 premiers
00:44:06étaient les mêmes
00:44:07et dans le même ordre.
00:44:08Santé, logement,
00:44:10éducation, pouvoir d'achat.
00:44:11Bon, je ne sais plus.
00:44:12Ça a différé
00:44:13sur le 6ème thème.
00:44:14On avait d'un côté
00:44:15c'était la police
00:44:16en quartier prioritaire
00:44:17et c'était l'immigration
00:44:19hors quartier prioritaire.
00:44:21Donc c'est pour vous dire
00:44:22que ma conviction
00:44:23est que sur l'essentiel
00:44:25on peut réussir
00:44:26à rassembler le pays.
00:44:27Maintenant,
00:44:28sur quoi on met l'accent ?
00:44:29Est-ce qu'on choisit
00:44:30de mettre l'accent
00:44:31sur ce qui va faire
00:44:33d'éclater notre bloc
00:44:34ou sur ce qui a des chances
00:44:35de le rassembler ?
00:44:36Qu'est-ce qu'on pose
00:44:37comme débat ?
00:44:39Quel est le clivage
00:44:40qu'on pose
00:44:40de manière centrale
00:44:41dans la société ?
00:44:42Bon, c'est dit.
00:44:42Oui, justement,
00:44:43moi, en fait,
00:44:44je rappelle,
00:44:45je remplace Valérie Damido
00:44:46donc j'arrive avec mes questions.
00:44:48Je n'ai pas participé
00:44:48à ces questions-là
00:44:50et moi,
00:44:50quand j'entends ça,
00:44:51il y a vraiment
00:44:52une question
00:44:52que j'ai envie
00:44:53de te poser
00:44:53très très sincèrement.
00:44:54C'est que moi,
00:44:55ton constat,
00:44:56je l'entends très bien
00:44:57de dire
00:44:58il faut partir
00:44:59de ce qui a été construit
00:45:00à gauche,
00:45:02notamment par LFI
00:45:03et par la réorganisation,
00:45:06on va dire,
00:45:06de la gauche
00:45:07et pour gagner le pouvoir,
00:45:09il faut l'élargir
00:45:10et notamment
00:45:11dans des coins
00:45:12où la gauche
00:45:13a perdu.
00:45:13Moi, le constat,
00:45:14je l'entends.
00:45:15Sauf que ce que je constate aussi,
00:45:16c'est que les critiques
00:45:19que tu as faites
00:45:21à la stratégie de LFI
00:45:23et les critiques
00:45:24qui te sont faites
00:45:24de l'autre côté
00:45:25en retour,
00:45:26là, ce qui s'est passé,
00:45:27c'est qu'il n'y a pas eu
00:45:28un élargissement.
00:45:29C'est-à-dire que là,
00:45:30pour l'instant,
00:45:30ce que ça a donné,
00:45:31et je ne dis pas,
00:45:32c'est des deux côtés en fait,
00:45:33mais clairement,
00:45:33moi, ce que je vois,
00:45:34c'est un divorce,
00:45:34ce n'est pas un élargissement
00:45:35entre deux stratégies politiques
00:45:37et je me dis,
00:45:39moi, j'entends sur le papier
00:45:40ce que tu dis vouloir faire
00:45:42et moi, j'y adhère
00:45:44sans problème,
00:45:45mais j'ai l'impression
00:45:46que ce n'est pas du tout
00:45:47ce qui se passe
00:45:47et ce n'est pas du tout
00:45:48ce que donne cette stratégie
00:45:49et que là, plutôt,
00:45:50il y a une rupture
00:45:52et que, je veux dire,
00:45:54comment tu comptes rattraper ça
00:45:57et comment tu comptes
00:45:58notamment,
00:46:01élargir,
00:46:01ça veut dire aussi
00:46:02garder les énergies
00:46:04qui ont été mobilisées
00:46:05par un discours
00:46:05de rupture radicale
00:46:06et un discours de clarté,
00:46:08notamment sur différents sujets
00:46:10que tu ne mets pas
00:46:11justement dans les priorités
00:46:12qui sont rassembleuses.
00:46:14Du coup,
00:46:14est-ce que tu,
00:46:15on ne risque pas
00:46:16avec cette stratégie,
00:46:16tu ne risques pas
00:46:17de perdre des personnes
00:46:19qui ont été mobilisées
00:46:20ou des gens
00:46:20qui étaient peut-être
00:46:20abstentionnistes
00:46:21ou ce genre de choses
00:46:22sans être même sûr
00:46:23d'en gagner de nouveau.
00:46:26D'une part,
00:46:26moi,
00:46:28les ruptures
00:46:29qui sont opérées
00:46:30en 2017
00:46:31puis en 2022,
00:46:33j'en fais mon héritage.
00:46:34Je le prends
00:46:35sur le fond,
00:46:36au fond,
00:46:37le programme
00:46:37de la NUPES,
00:46:39les 540 mesures,
00:46:41je n'ai pas de difficulté
00:46:42avec ça.
00:46:43On n'est pas sur une question
00:46:43de fond.
00:46:44On est sur une question,
00:46:45tu vois,
00:46:46dans mon film,
00:46:46il y a un moment,
00:46:47il y a un gamin
00:46:48qui s'appelle Mohamed
00:46:49qui pose de la fibre
00:46:51et qui dit,
00:46:52bon,
00:46:52moi,
00:46:52je sais que je vais devoir
00:46:53avoir deux boules
00:46:53en même temps.
00:46:54Je sais que,
00:46:56moi,
00:46:56ce que je veux,
00:46:56c'est de la stabilité
00:46:57mais on ne me donne pas
00:46:58la stabilité.
00:46:59Il me semble que
00:46:59cette demande de stabilité
00:47:01est une demande très profonde
00:47:03des classes populaires
00:47:04aujourd'hui,
00:47:04qu'elle soit dans les bourgs
00:47:06ou dans les tours
00:47:07des deux côtés.
00:47:08Or,
00:47:09le choix,
00:47:10le ton adopté
00:47:11depuis 2022
00:47:12n'est pas un ton
00:47:13qui permet
00:47:14d'incarner la stabilité,
00:47:17d'incarner cette demande profonde
00:47:18des classes populaires
00:47:19aujourd'hui.
00:47:20Et,
00:47:20je le dis,
00:47:21quelque part,
00:47:22je suis pour passer
00:47:22du bruit de la fureur
00:47:23à la force tranquille
00:47:24et qu'on incarne
00:47:26quelque chose
00:47:26qui soit protecteur,
00:47:28quelque chose
00:47:28qui soit rassurant
00:47:29des deux côtés.
00:47:31Enfin,
00:47:31moi,
00:47:31je n'ai jamais dit
00:47:32qu'il fallait prioriser
00:47:34la ruralité
00:47:35ou prioriser les bourgs.
00:47:37Non.
00:47:38En revanche,
00:47:38ce que je dis,
00:47:38c'est qu'il faut chercher
00:47:39dans ce qu'on met
00:47:40le plus en avant,
00:47:41ce qui va nous permettre
00:47:42de rassembler.
00:47:42Quand je défends
00:47:43les auxiliaires de vie,
00:47:44par exemple,
00:47:45moi,
00:47:45j'ai tout à fait conscience
00:47:46de défendre,
00:47:48en gros,
00:47:49à la campagne,
00:47:50dans le Vimeux,
00:47:51dans des coins éloignés
00:47:52des métropoles,
00:47:53des femmes du coin,
00:47:54et que dès que tu es à Paris
00:47:57ou dans les grandes villes,
00:47:59ce sont des personnes immigrées
00:48:00ou d'origine immigrée
00:48:02qui bien souvent font ce travail.
00:48:04On voulait juste vous montrer
00:48:05ce que vous avez déclaré
00:48:06il y a sept ans
00:48:07au micro de France Inter.
00:48:09Oui,
00:48:10je partirai
00:48:11aux législatives
00:48:12dans une circonscription
00:48:13qui est une circonscription
00:48:14très populaire
00:48:15et qui a donné 35%
00:48:18de votre Front National
00:48:19au premier tour
00:48:19des dernières élections régionales
00:48:21et dans un contexte
00:48:22où on a goût d'heures
00:48:23sur ce truc-là.
00:48:26C'est toute la zone industrielle
00:48:27d'Amiens
00:48:28qui a été frappée
00:48:28de plein fouet
00:48:29par la mondialisation.
00:48:30Et si la seule réponse
00:48:31qui apparaît aux gens
00:48:33contre cette mondialisation,
00:48:34c'est un Front National
00:48:35qui propose le protectionnisme,
00:48:36je pense qu'au populisme de droite,
00:48:39il faut opposer
00:48:39non pas un élitisme de gauche
00:48:41mais un populisme de gauche.
00:48:42Mais c'est ça qui est intéressant.
00:48:43C'est-à-dire que vous voulez
00:48:44être une alternative
00:48:45au Front National
00:48:45et pourtant vous employez
00:48:46les mots du Front National.
00:48:47Vous êtes protectionniste
00:48:48également,
00:48:49comme Marine Le Pen
00:48:50et vous êtes,
00:48:51vous vous dites, populiste.
00:48:52Donc qu'est-ce que vous proposez
00:48:54de différend ?
00:48:54Mais non,
00:48:55d'abord je ne suis pas raciste,
00:48:57je ne suis pas...
00:48:58Ça fait quand même
00:48:58une différence fondamentale.
00:49:01François Ruffin,
00:49:02au-delà des questions
00:49:03de l'ACLM
00:49:03et toujours très mesurées,
00:49:05est-ce que...
00:49:06j'avais envie de dire
00:49:07au François Ruffin
00:49:07d'il y a sept ans,
00:49:08est-ce que vous avez bougé
00:49:09ce qu'il faut toujours
00:49:11opposer à un populisme de droite,
00:49:12un populisme de gauche ?
00:49:13Moi je suis toujours...
00:49:14Quand je vous ai décrit
00:49:15la volonté de conflictualisation,
00:49:17quand on fait référence
00:49:18au populisme,
00:49:19c'est les bouquins
00:49:19de Chantal Mouffe
00:49:20sur ce sujet-là.
00:49:21Donc évidemment,
00:49:22moi je me reconnais,
00:49:23en tout cas dans cet extrait-là,
00:49:24vous pourriez en prendre d'autres
00:49:25peut-être
00:49:26où je serai moins à l'aise.
00:49:27On n'en sait rien,
00:49:27les choses évoluent,
00:49:28parfois on s'exprime mal
00:49:29mais ce que je viens de dire là,
00:49:30c'est grosso modo
00:49:31le contrat que je m'efforce
00:49:32de remplir.
00:49:33Parce qu'il y a beaucoup
00:49:34de critiques qui vous sont
00:49:35adressées à gauche
00:49:36sur la façon dont certains
00:49:37considèrent que vous
00:49:38hiérarchisez les luttes.
00:49:39On pense à des propos
00:49:41disons assez maladroits
00:49:42sur la question trans
00:49:43sur lesquelles vous étiez excusé.
00:49:46Dans le chat tout à l'heure,
00:49:47certains vous reprochent
00:49:48à nouveau d'avoir eu foot
00:49:50pour la marche
00:49:51contre l'islamophobie.
00:49:52Mais est-ce que
00:49:53l'intersectionnalité,
00:49:53vous y croyez ou pas
00:49:54François Ruffin ?
00:49:55Je n'appelle pas ça
00:49:56l'intersectionnalité.
00:49:57Je vous dis pourquoi.
00:49:58C'est des questions de forme.
00:50:00Mais je pense que
00:50:01si on utilise
00:50:02du langage universitaire,
00:50:04ça peut être mal ressenti
00:50:05par les gens,
00:50:06ça peut être ressenti
00:50:07comme une marque de mépris.
00:50:08Donc je fais très attention
00:50:10au langage.
00:50:11Mais de la même manière
00:50:12que je n'utilise pas
00:50:13néolibéralisme,
00:50:13je n'utilise pas
00:50:14ultra-capitalisme
00:50:15parce que j'essaye
00:50:16d'incarner ce que je raconte.
00:50:17En revanche,
00:50:18dire que quand je défends
00:50:19les auxiliaires de vie,
00:50:20j'appelle ça du cumul
00:50:21de fragilité,
00:50:22je pense que je défends
00:50:23des gens qui sont
00:50:24en cumul de fragilité,
00:50:25c'est-à-dire que
00:50:26le fragilité d'être populaire,
00:50:28d'être une femme
00:50:29et d'être d'origine immigrée
00:50:31pour beaucoup.
00:50:32Et voilà ce que
00:50:33vous appelez de l'intersectionnalité.
00:50:34Donc en fait,
00:50:35c'est dans ma pratique ordinaire
00:50:36d'être dans l'intersectionnalité.
00:50:38Donc les critiques sont illégitimes,
00:50:40selon vous ?
00:50:41C'est le croisement des luttes aussi.
00:50:42En tout cas,
00:50:43que je dise,
00:50:44je veux dire que de fait,
00:50:45dans mon discours,
00:50:46je dise que voilà,
00:50:48le conflit qui me paraît central,
00:50:49c'est le conflit
00:50:50entre les riches et les pauvres,
00:50:51c'est le conflit
00:50:51entre les actionnaires
00:50:52et c'est le conflit
00:50:54entre les actionnaires
00:50:54et les salariés,
00:50:56que c'est le conflit
00:50:57entre les gros et les petits.
00:50:58Et il est très clair
00:50:59que c'est ma première division du monde.
00:51:01Ce qui ne veut pas dire
00:51:01que ça annule les autres.
00:51:02Ce serait au-dessus des autres.
00:51:03Non, ce n'est pas au-dessus.
00:51:04Je ne le mets pas au-dessus.
00:51:05Mais en tout cas,
00:51:06c'est celle qui me semble être
00:51:10ce qui va nous permettre
00:51:11de rassembler le plus large possible
00:51:12comme point de départ.
00:51:13Et ensuite,
00:51:14ça ne veut pas dire
00:51:14que ça annule les autres.
00:51:16Mais du coup,
00:51:16ça voudrait dire
00:51:16que l'intersectionnalité,
00:51:17ça divise ?
00:51:18Non, c'est au contraire.
00:51:20Vous pouvez ajouter.
00:51:21Vous voyez,
00:51:22si vous tenez à être dans ça,
00:51:25vous pouvez ajouter.
00:51:26Mais je...
00:51:26Ouais, je suis...
00:51:28Quand, par exemple,
00:51:30il y a plusieurs manières d'aborder.
00:51:31J'entendais tout à l'heure
00:51:32la discussion
00:51:32sur le droit à l'avortement.
00:51:35D'abord, dire que
00:51:36quand Macron parle
00:51:38de réel moment démiographique,
00:51:39il y a quelque chose
00:51:40qui est navrant.
00:51:40c'est que même le désir,
00:51:42même la sexualité,
00:51:43même l'envie de l'autre
00:51:44et l'envie d'avoir des enfants,
00:51:45il est incapable
00:51:46d'en parler dans ces termes-là,
00:51:47mais il en parle
00:51:48comme si on était juste
00:51:49des producteurs,
00:51:51et en l'occurrence,
00:51:51des producteurs d'enfants.
00:51:52Mais si on regarde,
00:51:54les gens veulent avoir des enfants.
00:51:56Et en fait,
00:51:57enfin,
00:51:57il y a plein de gens
00:51:58qui veulent avoir des enfants,
00:51:59mais qui ne le peuvent pas
00:52:00pour des raisons économiques.
00:52:02Donc dire que
00:52:03libérer
00:52:05que la femme
00:52:06et les parents
00:52:07qui veulent avoir des enfants
00:52:08doivent être accompagnés
00:52:09sur le plan économique
00:52:10pour pouvoir libérer
00:52:11leur désir
00:52:12d'avoir des enfants,
00:52:13ça me semble en fait
00:52:14au croisement
00:52:15du genre
00:52:16et de l'économie.
00:52:17Et si je fais la liste,
00:52:19François Ruffin,
00:52:19vous avez été insoumis,
00:52:20vous êtes proche des communistes,
00:52:22vous êtes désormais membre
00:52:22du groupe écologiste et social
00:52:24à l'Assemblée nationale,
00:52:25vous vous étiez déclaré
00:52:26social et démocrate,
00:52:28comment vous vous définissez
00:52:29aujourd'hui politiquement ?
00:52:31Et Picard n'est pas
00:52:31une réponse acceptée.
00:52:33Tout ça me va.
00:52:34Moi, je suis de gauche,
00:52:34vous savez,
00:52:35je n'ai jamais dit
00:52:36je suis d'extrême gauche,
00:52:37surtout pas.
00:52:38Je n'ai jamais dit
00:52:38je suis de la gauche radicale,
00:52:40je n'ai jamais dit
00:52:41je suis à la gauche de la gauche,
00:52:42enfin, je n'ai jamais dit tout ça,
00:52:43j'ai toujours dit
00:52:44je suis de gauche.
00:52:45Et Pierre Bourdieu
00:52:46disait la gauche de gauche,
00:52:47simplement la gauche
00:52:48qui est restée à gauche.
00:52:48Le problème,
00:52:49c'est qu'on a une gauche
00:52:49qui est allée au centre,
00:52:51qui est allée
00:52:53dans un ordre assez libéral
00:52:54sur les questions
00:52:55économiques et sociales.
00:52:56Et qui revient.
00:52:57Et qui revient.
00:52:58Donc, voilà.
00:52:59Mais moi, je suis de gauche,
00:53:00c'est tout.
00:53:00Je suis dans un fil
00:53:01qui part de la Révolution française,
00:53:03qui traverse la Commune,
00:53:04qui passe par le Front populaire,
00:53:06qui a le Conseil national
00:53:08de la Résistance
00:53:09comme héritage,
00:53:10mai 68, mai 80.
00:53:11Et là, s'ouvre
00:53:12la parenthèse libérale de 1983.
00:53:14Et je considère
00:53:15que le devoir
00:53:16de notre génération
00:53:16est de venir fermer
00:53:18la parenthèse libérale,
00:53:19la fermer à gauche
00:53:19et la fermer dans le pays.
00:53:21Et est-ce que c'est vous
00:53:21qui a fermé cette parenthèse,
00:53:23François Ruffin ?
00:53:24Parce que dans le monde,
00:53:24vous avez récemment déclaré,
00:53:25c'est ma question BFM,
00:53:26que 2027 était une carte
00:53:28sur la table.
00:53:29Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
00:53:30Ça veut dire que vous êtes
00:53:30candidat à la présidentielle ?
00:53:31Non, je vous l'aurais dit
00:53:33dans le sas à l'entrée.
00:53:36Une petite exclue pour l'humain, non ?
00:53:37François, c'est...
00:53:38C'est la première,
00:53:38soyez sympa.
00:53:39Non, non.
00:53:40Soyez sympa, vite, on voit.
00:53:41En revanche,
00:53:42que je veille tout faire
00:53:43pour incarner ce que j'ai dit
00:53:44en matière de stabilité,
00:53:45de protection,
00:53:46d'apparaître comme étant
00:53:49un outil pour les classes
00:53:50populaires de notre pays,
00:53:51pour les classes intermédiaires
00:53:53rassemblées aux classes populaires,
00:53:54que j'essaye d'œuvrer
00:53:55à rassembler le plus large possible
00:53:57à gauche et dans le pays,
00:53:59c'est ce que je veux faire.
00:54:00Oui.
00:54:01Je veux dire,
00:54:02moi, je sais où je vis.
00:54:04D'accord ?
00:54:05J'avais 2017,
00:54:06c'est zéro député
00:54:08rassemblement national en Picardie,
00:54:102022, c'est 8 députés
00:54:12et 2017, c'est 13 députés
00:54:14rassemblement national.
00:54:15Donc, je sais contre qui je me bagarre.
00:54:17Pour faire la traduction
00:54:18pour le chat,
00:54:19Google Traduction,
00:54:20c'est une phrase
00:54:22de quelqu'un qui se prépare
00:54:22à la candidat à la présidentielle.
00:54:24Ah oui, d'accord.
00:54:24Bon, ben, si tu veux.
00:54:25Non, mais que je me prépare,
00:54:27que tu vois,
00:54:28mais après,
00:54:29c'est quelle sera
00:54:30la meilleure carte à gauche ?
00:54:32Qu'est-ce qui permettra
00:54:32de faire plus de 51%
00:54:35au deuxième tour ?
00:54:36C'est ça la question.
00:54:37Bon, chez Guy.
00:54:37Justement,
00:54:38parce qu'en réalité,
00:54:39que tu te déclare candidat ou pas,
00:54:41moi, je m'en fous.
00:54:41Ce n'est pas la question.
00:54:42Tu dis vouloir incarner des choses.
00:54:44À gauche,
00:54:46comment on fait
00:54:47cette unité à gauche
00:54:48et comment on peut
00:54:49la présenter
00:54:50aux municipales,
00:54:52à la présidentielle,
00:54:53etc.
00:54:53comment on fait
00:54:54pour que cette gauche
00:54:54ne soit pas,
00:54:55comme tu dis,
00:54:55pas celle du libéralisme,
00:54:56donc peut-être pas celle de,
00:54:58j'imagine,
00:54:58pas celle de Cazeneuve,
00:54:59peut-être pas Hollande,
00:55:00ou en tout cas,
00:55:01que ce ne soit pas la polarité
00:55:03que tu cherches.
00:55:05Comment on fait ?
00:55:05Est-ce que c'est le NFP
00:55:06qui émet quelque chose ?
00:55:08Comment on choisit
00:55:09les candidats ?
00:55:10Comment on choisit les listes ?
00:55:11Est-ce qu'on fait des unions
00:55:12aux différentes élections ?
00:55:13C'est quoi les structures ?
00:55:14Parce que toi,
00:55:14évidemment,
00:55:15tu as toujours été
00:55:16un électron libre.
00:55:17Tu as Picardie debout,
00:55:18effectivement,
00:55:18mais qui est une organisation,
00:55:19pour l'instant,
00:55:20locale,
00:55:21c'est dans le nom.
00:55:22Picardie debout,
00:55:22c'est dans le nom.
00:55:22Voilà, exactement.
00:55:24Donc, c'est quoi les...
00:55:24Comment on fait, quoi,
00:55:26à partir de là ?
00:55:26Écoute, franchement,
00:55:26sur le mécano,
00:55:27tu trouveras plein de gens
00:55:29qui sont bien meilleurs
00:55:29que moi sur ces questions-là.
00:55:31En revanche,
00:55:31je peux te dire,
00:55:32puisque tu parlais de Hollande,
00:55:33la synthèse que je propose,
00:55:35qui peut être une synthèse commune,
00:55:36parce que,
00:55:37autant en 2017,
00:55:38pour moi,
00:55:39il y avait deux gauches irréconciliables.
00:55:41Le projet de la continuation
00:55:43de Hollande,
00:55:45même,
00:55:45enfin,
00:55:47qui avait échoué,
00:55:48et de l'autre côté,
00:55:50celui de Mélenchon,
00:55:51n'était pas conciliable.
00:55:53Aujourd'hui,
00:55:53pour moi,
00:55:54tu as deux gauches
00:55:55qui ne veulent pas se réconcilier,
00:55:56parce que ça les arrange.
00:55:58Donc,
00:55:58dans ce temps-là,
00:55:59je redis la synthèse
00:56:01que je propose,
00:56:01je pense qu'en 2022,
00:56:03on était en situation
00:56:04d'être hégémonique,
00:56:06non seulement à gauche,
00:56:07mais de pouvoir contester
00:56:08l'hégémonie du Rassemblement National
00:56:09dans le pays,
00:56:11en étant sur la même ligne,
00:56:13sur le fond,
00:56:14mais en revanche,
00:56:15en adoptant un autre ton.
00:56:16Eh bien, moi,
00:56:17je pense que ce qu'il nous faut faire
00:56:18aujourd'hui,
00:56:18c'est acter les ruptures,
00:56:20la rupture qu'on veut
00:56:21avec la mondialisation,
00:56:22la rupture qu'on veut
00:56:22avec la concurrence,
00:56:23la rupture qu'on veut
00:56:25avec la croissance,
00:56:27par exemple,
00:56:27acter ces ruptures-là,
00:56:29mais le faire
00:56:30sur un ton
00:56:31qui n'est non pas
00:56:31de l'ordre
00:56:32de la radicalité
00:56:34revendiquée tout le temps,
00:56:35mais qui est celle
00:56:36de l'évidence.
00:56:38Au fond,
00:56:38aujourd'hui,
00:56:39vouloir taxer les dividendes
00:56:40dans notre pays,
00:56:40ce n'est pas de la radicalité,
00:56:42c'est de les dividendes.
00:56:43Vouloir indexer les salaires
00:56:44sur l'inflation,
00:56:45aujourd'hui,
00:56:45ce n'est pas de l'ordre
00:56:46de la radicalité,
00:56:49vouloir mettre fin
00:56:49au contrôle d'identité
00:56:50quand il n'y a pas de délit,
00:56:52ce n'est pas de l'ordre
00:56:53de la radicalité,
00:56:54c'est de l'ordre
00:56:54de l'évidence.
00:56:57On voulait passer,
00:56:58pardon,
00:56:58parce qu'il faut qu'on parle
00:57:00de plein d'autres choses.
00:57:01On voulait parler
00:57:03d'international,
00:57:04un petit peu,
00:57:05et je voulais vous demander,
00:57:06parce que du coup,
00:57:07on a un petit peu cherché,
00:57:08alors peut-être
00:57:08qu'on n'a pas trouvé,
00:57:09mais pourquoi est-ce que
00:57:10vous ne parlez pas
00:57:10de génocide
00:57:11pour ce qui se passe à Gaza ?
00:57:13Je considère que,
00:57:14est-ce qu'il va y avoir
00:57:16une extermination
00:57:19des Palestiniens ?
00:57:20Non,
00:57:21ce n'est pas ça le sujet.
00:57:22En revanche,
00:57:25ce qu'il y a,
00:57:26c'est une volonté
00:57:27de destruction
00:57:28de la société palestinienne,
00:57:30de destruction
00:57:30de sa culture,
00:57:31de destruction
00:57:33de son peuple
00:57:34en le faisant éclater
00:57:35en différents lieux.
00:57:39Il y a une volonté,
00:57:41non pas d'extermination,
00:57:42le génocide,
00:57:43pour moi,
00:57:43ça signifie
00:57:44l'extermination
00:57:45de tous les habitants.
00:57:48Heureusement,
00:57:48on n'en est pas là.
00:57:49Maintenant,
00:57:49dire que de manière constante,
00:57:51parce que vous dites
00:57:51ce qu'on n'a pas dit,
00:57:52ce qu'on dit
00:57:53de manière constante,
00:57:54c'est quand même que,
00:57:55évidemment,
00:57:55nous sommes pour un,
00:57:56c'est le feu immédiat,
00:57:57et évidemment,
00:57:57nous sommes pour un État
00:57:58palestinien,
00:57:59et évidemment,
00:58:00nous sommes pour la fin
00:58:01de la livraison d'armes
00:58:02à Israël,
00:58:03évidemment,
00:58:04nous sommes pour que
00:58:05l'UNROI puisse faire
00:58:07son travail sur place.
00:58:08Je veux dire,
00:58:08tout ça relève...
00:58:09Toutes les grandes institutions
00:58:10parlent aujourd'hui
00:58:10d'un risque de génocide.
00:58:11Ils disent qu'il y a
00:58:12une possibilité de génocide,
00:58:14qu'il y a...
00:58:14Même Dominique de Villepin
00:58:15en parle.
00:58:16Oui,
00:58:16ils ne me disent pas.
00:58:17Le génocide est là.
00:58:19Et donc,
00:58:19en disant,
00:58:20nous citons l'ONU
00:58:21quand l'ONU parle de génocide,
00:58:22nous citons l'ONU
00:58:23quand il dit qu'il y a
00:58:24la possibilité
00:58:25d'un génocide qui arrive,
00:58:26on cite l'ONU
00:58:27quand l'ONU dit
00:58:28que c'est une situation
00:58:30apocalyptique
00:58:30qui se déroule à Gaza.
00:58:32Maintenant,
00:58:32je pense que le sujet,
00:58:33ce n'est pas dans la sémantique.
00:58:34D'accord ?
00:58:39Comment ça se fait
00:58:39que la France,
00:58:40qui a été une grande voix,
00:58:41qui a été une grande voix
00:58:42dans les pays arabes,
00:58:43qui a eu ce faire entendre
00:58:44du reste du monde,
00:58:45comment ça se fait
00:58:46que la France est éteinte
00:58:47et se tait
00:58:48depuis maintenant
00:58:49plus d'un an ?
00:58:50Et c'est là
00:58:50qu'il y a le souci.
00:58:52Parce que si la France voulait,
00:58:53la France pourrait.
00:58:54Si elle voulait
00:58:55qu'il y ait
00:58:56une demande de cesser le feu
00:58:57à l'ONU
00:58:58présentée par ses soins,
00:58:59elle le pourrait.
00:59:01Si elle voulait
00:59:01reconnaître l'État palestinien
00:59:03comme l'a fait l'Espagne,
00:59:04par exemple,
00:59:05elle le pourrait.
00:59:05Si elle voulait
00:59:06qu'on ait la fin
00:59:07de l'accord commercial
00:59:09entre l'Union européenne
00:59:10et Israël,
00:59:11elle le pourrait.
00:59:12Donc, je pense
00:59:13que le sujet,
00:59:13c'est aujourd'hui
00:59:14que fait la France.
00:59:15Emilio ?
00:59:17Justement,
00:59:17la France a parlé
00:59:18aujourd'hui
00:59:19concernant le mandat d'arrêt
00:59:20mis par la Cour pénale
00:59:21internationale
00:59:21contre Netanyahou
00:59:22en disant
00:59:22qu'il est disposé
00:59:24d'une immunité
00:59:25parce qu'Israël
00:59:27ne reconnaît pas
00:59:28cette juridiction.
00:59:30Qu'est-ce que ça
00:59:30vous inspire ?
00:59:31C'est scandaleux.
00:59:32Je veux dire,
00:59:33je relis
00:59:33ce qu'avait écrit
00:59:35le ministère étrangère
00:59:37au moment
00:59:37où c'était tombé
00:59:38sur Vladimir Poutine
00:59:40et la Russie.
00:59:41Fidèle à son dégagement
00:59:42de l'Andat
00:59:42pour lutter
00:59:43contre l'impunité,
00:59:45la France continuera
00:59:46d'apporter son appui
00:59:47à l'indispensable travail
00:59:48de la justice internationale
00:59:49pour assurer
00:59:50que les responsables
00:59:50de tous les crimes
00:59:51commis en Ukraine
00:59:52rendent des comptes.
00:59:53Elle apporte son plein soutien
00:59:54à la CPI
00:59:55ainsi qu'aux juridictions
00:59:56ukrainiennes
00:59:56qui concourent
00:59:57à cet objectif.
00:59:58Il y avait de la clarté
00:59:59là-dedans.
00:59:59Maintenant,
01:00:00c'est du flou,
01:00:01c'est du vaille.
01:00:02Non.
01:00:02Ce qui a été dit
01:00:04sur l'Ukraine,
01:00:04la France doit le dire
01:00:05de la même manière
01:00:06sur la Palestine
01:00:08et sur Gaza
01:00:09pour une raison
01:00:10qui est évidemment
01:00:11de peser
01:00:11face au délire
01:00:13fou de Netanyahou
01:00:14mais pour une autre raison
01:00:16c'est comment
01:00:17on va pouvoir
01:00:17être audible
01:00:18dans les pays du Sud
01:00:20comment on va pouvoir
01:00:21encore leur parler
01:00:22de démocratie
01:00:22comment on va pouvoir
01:00:23leur parler
01:00:24d'humanité
01:00:25comment on va pouvoir
01:00:25leur parler de valeurs
01:00:26de droits
01:00:27et compagnie
01:00:27quand on met en place
01:00:29de manière aussi flagrante
01:00:30un deux poids
01:00:31deux mesures.
01:00:32C'est ce qui se passe là
01:00:33avec d'un côté
01:00:35on est prêt à armer
01:00:36on est prêt à intervenir
01:00:37et ainsi de suite
01:00:38et de l'autre côté
01:00:39au fond
01:00:39on laisse faire.
01:00:41C'est pas que ça nous plaise
01:00:41mais on laisse faire.
01:00:43Il est évident que ça
01:00:44ça contribue
01:00:45à notre afflébillissement
01:00:46géopolitique
01:00:47pas seulement de la France
01:00:48d'ailleurs
01:00:48c'est de tout l'Occident
01:00:50que ça contribue
01:00:51à rendre la voie
01:00:53inaudible
01:00:53dans les pays du Sud.
01:00:54Et alors avec...
01:00:54C'est la même chose
01:00:56les décisions de la France
01:00:57qui est là
01:00:58est en train de dire
01:00:59que si Netanyahou
01:01:00met un pied
01:01:01sur le sol français
01:01:02il ne sera probablement pas inquiété
01:01:03finalement.
01:01:04Mais c'est ce que je dis
01:01:04c'est ce que je dis
01:01:05qu'on est là
01:01:06dans l'ordre d'un deux poids
01:01:07deux mesures
01:01:08qui est scandaleux
01:01:09et qui est en plus
01:01:11qui suscite de la colère
01:01:12qui suscite de la colère
01:01:13je veux dire
01:01:13je le disais depuis un an moi
01:01:15quand on a dans notre pays
01:01:17la principale communauté juive
01:01:20quand on a la principale communauté musulmane
01:01:23on doit faire attention
01:01:24à avancer dans tout ça
01:01:25avec un souci de justice.
01:01:26Là la justice elle parle
01:01:28et bien il faut que la France
01:01:29face à Israël
01:01:34ou du moins à l'état israélien
01:01:35plus exactement au gouvernement israélien
01:01:37à Benjamin Netanyahou
01:01:38ce qu'elle a fait face à Vladimir Poutine
01:01:40pour la Russie.
01:01:41Alors une toute dernière question
01:01:42parce que le temps file
01:01:43on est déjà...
01:01:44De la même manière
01:01:44moi j'étais...
01:01:45Le fait qu'aux Jeux Olympiques
01:01:47on aurait très bien pu imaginer
01:01:49que les athlètes israéliens
01:01:50défilent sans hymne ni drapeau.
01:01:54Le temps file
01:01:55on est déjà très en retard
01:01:56on n'a pas posé la moitié
01:01:57des questions dont on voulait parler
01:01:58mais c'était très très riche
01:02:00quand même une dernière question
01:02:01avant un petit happening
01:02:04un autre
01:02:05j'aime les happening
01:02:06pour boucler
01:02:07sur ce que vous disiez au début
01:02:08avec la joie
01:02:10le monde d'aujourd'hui
01:02:10ce n'était pas mon incarnation dominante
01:02:12dans cette interview
01:02:14je ne vous le fais pas dire
01:02:15non mais justement
01:02:16le retour de Trump
01:02:18les guerres au Moyen-Orient
01:02:19la montée de l'extrême droite
01:02:20les événements climatiques extrêmes
01:02:21les plans sociaux
01:02:22vous qui n'êtes pas un grand optimiste
01:02:24est-ce que vous trouvez des raisons
01:02:26d'espérer aujourd'hui ?
01:02:27Vous savez il y a cette phrase
01:02:28de Gramsci
01:02:28qui me guide en permanence
01:02:31qui dit qu'il faut allier
01:02:32le pessimisme de la lucidité
01:02:34et l'optimisme de la volonté
01:02:35donc vous savez moi
01:02:37ça fait 25 ans que je désespère
01:02:38et en fait peut-être que
01:02:39ayant 49 ans
01:02:40je ne sais pas comment j'étais
01:02:41au sortir du ventre de ma mère
01:02:43mais peut-être que ça fait 49 ans
01:02:44que je désespère
01:02:45et en même temps
01:02:47quand vous agissez
01:02:48vous trouvez des gens
01:02:49qui sont remarquables
01:02:51avec qui
01:02:52qui deviennent vos camarades
01:02:54et avec qui
01:02:55vous faites route
01:02:55et ça vous réconforte
01:02:57donc moi c'est toujours
01:02:58les livres et les gens
01:02:59qui m'ont sauvé
01:03:01d'un désespoir complet
01:03:02Et du coup avec l'état
01:03:03de la gauche actuel
01:03:04est-ce qu'il y a
01:03:05raison d'espérer ?
01:03:07Est-ce qu'avec
01:03:07Jean-Luc Mélenchon
01:03:08en 2027 ?
01:03:09Il y a une raison d'espérer ?
01:03:11Il y a une raison d'espérer
01:03:13si je suis sérieux
01:03:15c'est que quand on interroge
01:03:16les gens sur
01:03:17est-ce que vous êtes
01:03:18pour l'indexation des salaires
01:03:19sur l'inflation
01:03:19il y a 80% des gens
01:03:20qui sont d'accord
01:03:21est-ce que vous êtes
01:03:22pour taxer les dividendes
01:03:23il y a 80% des gens
01:03:23qui sont d'accord
01:03:24est-ce que vous pensez
01:03:25qu'il faut des protections
01:03:25commerciales
01:03:26il y a 80% des gens
01:03:27qui sont d'accord
01:03:27et on aurait fait
01:03:28les mêmes sondages
01:03:29il y a 10 ou 15 ans
01:03:30on n'aurait pas du tout
01:03:31eu les mêmes résultats
01:03:31ça veut dire que
01:03:32pendant ce temps-là
01:03:32nos idées ont avancé
01:03:34maintenant il faut qu'on
01:03:35on ait une proposition politique
01:03:37majoritaire
01:03:38et qui correspond
01:03:38à un socle social
01:03:40idéologique
01:03:40aujourd'hui
01:03:41qui pourrait être majoritaire
01:03:42et finalement
01:03:42peu importe qui le porte
01:03:44que ce soit un homme
01:03:45ou peut-être une femme
01:03:46ce qui ne revient pas forcément
01:03:46oui c'est pas le sujet
01:03:47après à un moment
01:03:49il ne faut pas rêver
01:03:49on est dans la 5ème république
01:03:51on peut le regretter
01:03:52mais on est dans un truc
01:03:53où à un moment
01:03:53il y a une tête
01:03:55et qui est une incarnation
01:03:56c'est pas vrai
01:03:57je ne sais pas
01:03:58si vous c'est votre cas
01:03:59mais moi
01:03:59ce n'est pas en lisant
01:04:00les différents programmes
01:04:01que je décide
01:04:01pour qui je vais voter
01:04:02c'est pas parce que
01:04:03il y a les propositions
01:04:05les plus justes
01:04:06qu'il y en a le bon nombre
01:04:07et ainsi de suite
01:04:07il y a une espèce d'incarnation
01:04:09il y a un élan
01:04:09il y a une dynamique
01:04:10et vous savez
01:04:11aujourd'hui
01:04:11si on veut s'en sortir
01:04:12ça ne sera pas par
01:04:13les petits bricolages
01:04:15entre les partis
01:04:16quand j'ai parlé
01:04:18de Front Populaire
01:04:19le 9 juin au soir
01:04:20c'est pas
01:04:23parce que
01:04:24j'avais confiance
01:04:25dans le fait
01:04:26que d'eux-mêmes
01:04:27les Verts
01:04:28les communistes
01:04:29les socialistes
01:04:30les Insoumis
01:04:31ils se mettraient ensemble
01:04:32c'est parce que ça correspondait
01:04:33à quelque chose
01:04:33qui était un désir profond
01:04:35dans le peuple
01:04:35et dans le peuple de gauche
01:04:36qui ensuite a fait pression
01:04:38pour se rassembler
01:04:38et gagner sans une grande tête
01:04:40à ce moment-là
01:04:41écoutez moi
01:04:42je vous assure
01:04:43que peut-être
01:04:43je pense qu'on aurait
01:04:44davantage gagné
01:04:45si on avait eu le signe
01:04:46casté avant
01:04:46et non pas après
01:04:47si pendant tout le temps
01:04:49où moi j'ai mené campagne
01:04:50et où on avait
01:04:51Jordan Bardella
01:04:52comme Premier ministre
01:04:53du Rassemblement National
01:04:55qu'on avait
01:04:56Gabriel Attal
01:04:57comme Premier ministre
01:04:58de la Macronie
01:04:58si nous on avait eu
01:04:59quelque chose à dire
01:05:00à ce moment-là
01:05:01d'autant plus que le vide
01:05:02finalement était occupé
01:05:03dans la tête des gens
01:05:04et pas par ce qui est
01:05:05le plus populaire dans le pays
01:05:06alors donc du coup
01:05:07on en est au moment du happening
01:05:09je suis en train de venir
01:05:10le préparer
01:05:10c'est pas très professionnel
01:05:12encore une question comme ça
01:05:13on m'a donné un tas de feuilles
01:05:14et je dois me débrouiller avec ça
01:05:16on vous pose le principe
01:05:18on va vous montrer 5 images
01:05:20alors en fait j'en ai que 4
01:05:20mais la cinquième
01:05:21on va l'imaginer
01:05:22on va vous montrer 5 images
01:05:24vous devez juste nous dire
01:05:25ça ira ou ça ira pas
01:05:26c'est le titre de l'émission
01:05:27je sais je suis loin
01:05:28en quelques secondes
01:05:29merci
01:05:30en quelques phrases
01:05:31de réussir à répondre
01:05:32en quelques phrases
01:05:33ah bon
01:05:33donc le vote demain
01:05:35sur l'abrogation
01:05:36l'abrogation de la réforme
01:05:37des retraites
01:05:37est-ce que ça ira
01:05:38ou est-ce que ça ira pas
01:05:39ça ira pas
01:05:40à cause des macronniers
01:05:41je veux dire
01:05:42rendez-vous compte
01:05:43pour moi ils sont fous
01:05:44parce que
01:05:46normalement quand on supplie
01:05:47des échecs électoraux
01:05:48en série catastrophique
01:05:50comme ça
01:05:50on a un semblant
01:05:53d'essence
01:05:53et d'autocritique
01:05:54derrière
01:05:55et on fait pas
01:05:56de l'obstruction
01:05:57en déposant là
01:05:58plus de 1000 amendements
01:05:59enfin
01:06:00quelques secondes
01:06:00c'est très bien
01:06:01oui on a dit
01:06:01quelques secondes
01:06:04Barnier
01:06:04donc le premier ministre
01:06:06dont les jours sont comptés
01:06:06à Matignon
01:06:07ça ira ou ça ira pas
01:06:09ça ira parce qu'il sera plus là
01:06:11vraisemblablement
01:06:11mais après
01:06:12quand même
01:06:12la grande question pour nous
01:06:14c'est
01:06:14qu'est-ce qu'on fait derrière
01:06:15qu'est-ce qu'on est capable
01:06:16de faire derrière
01:06:17et justement
01:06:18Lucie Castel
01:06:19à Matignon
01:06:20est-ce qu'elle ira
01:06:20ou est-ce qu'elle ira pas
01:06:21il faut continuer
01:06:22de la pousser
01:06:22de la proposer
01:06:23et si c'est pas demain
01:06:24ça sera après-demain
01:06:25et ça sera dans 3 mois
01:06:26dans 6 mois
01:06:27dans 9 mois
01:06:28on verra bien
01:06:29Laurence Ruffin
01:06:30votre soeur
01:06:31à la mairie de Grenoble
01:06:33dans le sens
01:06:33il est dit
01:06:34que ce sera probablement
01:06:36elle qui prendra
01:06:36la suite de Piole
01:06:37à Grenoble
01:06:38elle ira ou elle ira pas
01:06:39elle fera ce qu'elle veut
01:06:40et moi je pense
01:06:42que le pays serait bien fait
01:06:43je vous le dis franchement
01:06:44ma soeur
01:06:44elle serait ministre de l'économie
01:06:45voilà
01:06:46donc moi je la voudrais
01:06:47encore plus
01:06:48à Bercy
01:06:50plutôt qu'à Grenoble
01:06:51mais c'est son choix
01:06:53et voilà
01:06:54et pour terminer du coup
01:06:56et tu n'as pas le dernier
01:06:57je ne sais pas où il est
01:06:58on imagine un stade de foot
01:06:59le stade de foot d'Amiens
01:07:00donc Amiens
01:07:017ème de Ligue 2
01:07:02bientôt en Ligue 1
01:07:03Seyra ou Seyra
01:07:04je souhaite
01:07:04je souhaite
01:07:05qu'ils aillent
01:07:06rejoindre mon grand club de coeur
01:07:08qui est
01:07:09les 100 O et Or
01:07:12du Racine Club de Lens
01:07:13voilà
01:07:13très bien
01:07:14et bien merci beaucoup
01:07:15François Ruffin
01:07:16d'avoir été avec nous
01:07:17pour cette séquence là
01:07:18vous avez été le premier
01:07:19invité politique de Seyra
01:07:20ça va vous l'avez pas trop mal vécu ?
01:07:22non
01:07:22j'étais hyper flatté
01:07:24d'être le premier invité politique de Seyra
01:07:25je ne déconne pas
01:07:26non mais c'est vrai
01:07:27je ne voulais pas me remettre une médaille à la sortie
01:07:28un plateau de gauche ça change ?
01:07:30oui oui oui
01:07:31mais tu sais
01:07:31c'est pas parce que
01:07:32les gens de gauche
01:07:32sont quand même des gens qui pinaillent
01:07:34qui tu vois
01:07:34donc c'est pas parce que
01:07:35je me dis qu'on est de gauche
01:07:37que ça va être confortable
01:07:38tu vois
01:07:38donc voilà
01:07:39c'est très bien
01:07:39merci beaucoup
01:07:40un grand merci à vous
01:07:41merci à vous
01:07:41merci à vous

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