00:01Pour revenir à l'affaire Quentin de Ranck, parmi les interpellés, on note plusieurs personnes qui viennent de la Jeune
00:07Garde,
00:07collectif antifasciste fondé par Raphaël Arnaud, qui est député de la France insoumise du Vaucluse.
00:13Et ce mardi, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé que la Jeune Garde était une organisation associée au mouvement insoumis.
00:20Est-ce que, selon vous, ce lien doit justement être réaffirmé, même après ces événements ?
00:26Alors, déjà, il faut savoir que si cette association a lieu, c'est parce que c'est la première fois
00:33qu'on voit quelque chose de ce type-là,
00:36où la Jeune Garde est impliquée, c'est-à-dire, on va le dire, on va dire les mots, j
00:40'emploie pas le mot de lynchage,
00:41parce que c'est une connotation historique très particulière, mais en tout cas un tabassage en règle de quelqu'un
00:45qui est au sol
00:46et qui entraîne sa mort, c'est quelque chose que personne ne peut accepter. Et la France insoumise non plus,
00:50je veux être claire là-dessus.
00:51Je veux être claire là-dessus. Ma solidarité avec l'antifascisme que j'ai toujours soutenue, même sous la forme
00:56défensive.
00:57J'ai été militante, j'ai été activiste, mais ça, c'est pas possible. Par contre, effectivement, là, ce qu
01:02'on essaie de comprendre,
01:04c'est qui a porté quel coup. Et aujourd'hui, vous comprenez qu'il y a une enquête qui est
01:08en cours.
01:08Il y a eu des interpellations hier. Moi, j'ai été très, très, très, très surprise, parce que vraiment,
01:16si nous sommes associés à la jeune garde et si je respecte infiniment Raphaël Arnaud, c'est que c'est
01:20un mouvement qui, à la base,
01:22a des méthodes très claires, une ligne très claire politique, mais aussi des méthodes d'action très claires.
01:27Et donc là, bon, il y a un basculement. Mais il faut qu'on sache ce qui se passe. Et
01:30on peut pas prendre de décisions
01:31avant qu'on sache, en fait, ce que donne l'enquête. Et c'est normal. On doit attendre de savoir
01:36qui a participé à quoi,
01:37qu'est-ce qui s'est passé. Et en fonction, nous prendrons les décisions qui doivent être prises.
01:41Mais je peux pas me prononcer avant qu'on ait le fin mot de l'histoire.
01:45Mais ce que Jean-Luc Mélenchon a fait, pour le coup, lui.
01:47Mais il attend l'enquête comme tout le monde. Il entend l'enquête comme tout le monde.
01:50Enfin, je veux dire, pour l'instant, c'est très douloureux. Déjà, je peux vous dire que les camarades,
01:54forcément, sont dans un état épouvantable. Et c'est pas du tout pour minimiser l'état de la famille de
02:00Quentin, évidemment.
02:01Mais quoi qu'il en soit, c'est quelque chose de très délicat, de très dur. Et donc, on est
02:05tous dans l'expectative
02:06d'en savoir plus aujourd'hui. Et je peux vous dire, évidemment, qu'on a très peu d'infos
02:10de la part des ministres concernés dont j'ai parlé, puisqu'eux, ils préemptent les sujets
02:15pour en faire des armes politiques. Et nous, on navigue dans un flou total sur les responsabilités
02:20des uns et des autres.
02:22Concernant Raphaël Arnaud, qui n'est évidemment pas impliqué dans cette affaire-là...
02:25Non, il était à l'Assemblée ce jour-là, donc c'est quand même difficile de dire qu'il est...
02:28Voilà.
02:29Maude Bréjon vous a demandé de l'exclure du groupe Insoumis. Vous avez refusé.
02:34Quand je dis vous, c'est le groupe Insoumis. Est-ce que vous n'avez pas peur que ça vous
02:39colle
02:39au basket quelque part, qu'on vous reparle sans cesse en permanence de Raphaël Arnaud,
02:43alors que vous avez un travail parlementaire à défendre par ailleurs ?
02:46Bien sûr. Bien sûr qu'on a peur de ça. Bien sûr que ce sera le cas si on maintient
02:51cette décision.
02:51Mais que ce soit ça ou autre chose, de toute manière, vous comprenez bien.
02:55Et c'est pour ça, encore une fois, sans minimiser les faits qui sont d'une particulière gravité.
03:00De toute manière, moi, ça fait 4 ans... Enfin, je suis élue depuis 2022.
03:04C'est mon premier mandat, d'ailleurs. Je votais la France Insoumise, mais je n'étais pas militante.
03:08Comme beaucoup de gens, des fois, je me trouvais qu'ils avaient quand même bouffe-coude à faire
03:12toujours beaucoup de com, bad com, etc. J'écoutais France Inter à l'époque et je me disais quand même
03:17comment ils font pour être toujours un peu pointé du doigt ? Ils doivent faire quelque chose aussi
03:21de mal. Mais en fait, je me suis rendue compte et j'ai appris ce dont j'aurais dû me
03:25souvenir.
03:26C'est-à-dire, évidemment, les principes de base de la lutte des classes, les principes de base aussi
03:30de l'orientation de l'opinion politique dans une démocratie libérale.
03:34Je recommande à tout le monde de relire Noam Chomsky, par exemple, sur ces sujets-là.
03:38Et en fait, je me suis rendue compte que quoi qu'il se passe, de toute manière,
03:41ils ne nous lâcheraient pas et qu'à mesure qu'on monte dans les sondages,
03:44ils feront de tout une affaire. Je rappelle juste quand même quelque chose.
03:48Ils ont accusé mon collègue Carlos Martins Bilongo de fraude fiscale et sociale sur la base
03:56d'un document de traque fin qui est l'administration fiscale justement qui lutte contre la fraude
04:01etc. financière, qui était un document faux. Est-ce que vous vous imaginez qu'on a le président
04:08d'une administration publique qui fait la chasse à l'évasion fiscale et aux fraudeurs fiscaux
04:13qui, à la demande, et attention parce qu'on ne s'arrête pas là, des Émirats Arabes Unis
04:17parce que Carlos nous représentait à la COP qui était organisée là-bas et que les Émirats
04:21Arabes Unis mènent une guerre d'influence géopolitique très importante dans plein de pays
04:26et dans le nôtre, a bidonné une note et a jeté en pâture mon collègue qui a été
04:32innocenté par la justice un an plus tard. Mais évidemment, tout le monde s'en fiche.
04:35Ce qui reste, c'est Carlos Martins Bilongo, le fraudeur. Pareil pour Rachel Keke qui s'était
04:40fait traiter de profiteuse de logements sociaux. Si elle avait habité dans une belle
04:43baraque, on lui aurait dit regarder. Elle payait un surloyer. Elle était dans son quartier
04:47avec ses enfants. Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, on va subir polémique sur polémique
04:52et je reviens évidemment, juste un dernier point, sur Gaza. Pardon. On a été les premiers.
04:59Mais dès le début du siège humanitaire, on a dit que ça allait se finir en plus grand
05:04drame humanitaire du 21ème siècle. On a, dès le début, on s'est levé et on a dit
05:08non, on n'a pas le temps d'attendre en fait. On n'a pas le temps d'attendre que
05:12non, non, non, ça se soit passé. Il faut clarifier, qualifier tout de suite. On a été lynchés.
05:17Aujourd'hui, le génocide continue. Ce que je veux dire, c'est que j'appelle aussi aux
05:21gens, pas les gens profondément convaincus déjà de ça, mais les sympathisants de gauche
05:25un peu plus éloignés, etc. Ceux qui ont parfois, et ils ont de la chance, le loisir aussi
05:31de s'instruire et d'aller un peu plus loin. Il y a beaucoup de gens des classes moyennes
05:34éduquées qui parfois me surprennent par leur naïveté. Je veux dire, on est dans une
05:38démocratie, mais on est dans une démocratie autoritaire. On est dans un débat public
05:43qui est biaisé. Et à un moment donné, je vous le dis, il va falloir s'en rendre
05:47compte parce que les polémiques contre la France insoumise ne s'arrêteront jamais.
05:51Ce qui est en train de se jouer, juste pour finir, c'est la fin possible d'une élite financière
05:55en France. Ils réagissent comme ça. Pourquoi ? Parce que la taxe Zuckmann, elle a failli
05:59passer. Parce que là, on découvre qu'il y a 13 000 millionnaires français qui ne
06:04payent pas d'impôts en France. Ils sentent le sol trembler sur leurs pieds. Et donc à
06:08mesure qu'on se rapproche de 2027, juste, ça va être de pied en pied.
06:11On a cru comprendre que les insoumis n'osaient plus faire campagne à Lyon, que potentiellement,
06:19ça pouvait être comme ça ailleurs. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus
06:23sur les menaces, sur l'ambiance actuelle et peut-être l'impact que c'est à voir
06:28là sur les municipales ?
06:31Alors, donc, effectivement, en fait, ça fait depuis 3 ans déjà que les députés
06:39insoumis, en tout cas, pour certains, vivent sous menace permanente.
06:45Louis Boyard a dû déménager au moins 2 fois. Je rappelle aussi, et là aussi, reprendre
06:50l'histoire, Jean-Luc Mélenchon, il a failli être assassiné 2 fois.
06:54Il n'a pas eu beaucoup de soutien de la part du monde politico-médiatique.
07:00Et d'ailleurs, il y a même des gens qui ne sont même pas au courant.
07:03Le projet, c'était de le passer au lance-flamme. Et ils ont été condamnés à 18 ans fermes.
07:07Donc ça veut dire que c'était très sérieux et que c'était en train d'être fait.
07:10Bref. Donc ça fait, pour une partie d'entre nous, plusieurs années déjà qu'on vit avec
07:14ça. Moi, j'ai de la chance, mais je me fais régulièrement appeler par des numéros israéliens
07:19à 4 heures du mat' pour me menacer de mort, etc. Là, c'est autre chose. Là, effectivement,
07:24ça prend une autre tournure. Mais on ne va pas s'arrêter de faire de la politique.
07:29C'est pour ça qu'on a des services d'ordre et que les nôtres, en tout cas, sont bien
07:34informés. Mais évidemment, on demande aussi à la police républicaine de faire son
07:37travail. C'est-à-dire que maintenant, on est particulièrement vigilant quand il y a
07:41un événement qui se tient à ce qu'ils soient en capacité d'intervenir rapidement pour
07:46que plus jamais un drame comme ça ne se produise. L'ambiance, elle est dure. Il y a eu une
07:50menace à la bombe sur le siège hier matin. Je vous le dis, c'est pas impossible qu'un
07:55des nôtres finisse à s'assiner. Mais ça ne nous empêchera pas de continuer parce que
08:00c'est ça, la montée du fascisme. Regardez aux Etats-Unis. Enfin, je veux dire...
08:04Donc là, les militants, au sein de la France insoumise, il y a cette volonté de maintenir
08:08la campagne dans un maximum d'endroits.
08:10Bien sûr. Parce que c'est des gens courageux et parce que c'est des gens qui savent depuis
08:15longtemps que c'est les pentes de l'histoire. Vous voyez, en fait, il y a aussi un truc,
08:19c'est qu'on n'est pas tant surpris que ça. La question, c'est est-ce que ça arrive
08:22plus
08:22ou moins vite. Mais au final, cette pente, ça fait longtemps qu'on l'a prise. Et donc, il faut
08:28être préparé. Et nous, nous considérons peut-être présomptueusement comme un rempart
08:33politique, comme un espoir pour de nombreux, nombreux jeunes, notamment des personnes racisées.
08:39Je vais le dire, qui viennent me voir et qui me disent si je quitte pas la France, c'est
08:41parce que vous êtes là encore. Donc voilà, c'est notre mission. Donc on l'amènera jusqu'au
08:47bout.
08:48Merci.