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  • il y a 8 heures
Retrouvez notre entretien avec Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle 2027, en direct de l'Agora de la Fête de l'Humanité.

Animé par Julia Hamlaoui et Cyprien Caddeo, journalistes à l'Humanité.

Disponible en podcast https://www.humanite.fr/les-podcasts-de-lhumanite

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00:00 Jean-Luc Mélenchon face à l’Huma
02:31 Crise climatique, canicule et incapacité du capitalisme à s'adapter
15:02 Salaires : réponse au MEDEF
25:57 Milliardaires, héritage…
35:40 L'extrême droite impose ses thèmes ?
41:11 Quel second tour ?
51:42 Conclusion

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Transcription
00:01Maintenant on va passer à notre temps suivant, à notre format que vous appréciez, les grands entretiens de l'Humanité.
00:09C'est l'après-midi des candidats à la présidentielle.
00:13On accueille notre troisième candidat de la journée, Jean-Luc Mélenchon, en grand entretien de l'Humanité.
00:24Un entretien dit par Julien Amlaoui et Cyprien Cadéo.
00:53Bonjour, bonjour, bonjour, bonjour, bonjour à toutes et à tous.
01:00Merci d'être présents si nombreux.
01:15Alors on va vous proposer de quand même commencer cet entretien avec Jean-Luc Mélenchon.
01:23Je le disais bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour cet entretien en direct de l'Agora de l
01:31'Humanité.
01:48Alors, une dernière pour la route.
01:54On va effectivement parler de la lutte contre l'extrême droite pendant cet entretien à venir.
02:01Mais il va falloir, pour pouvoir s'entendre, évidemment, qu'on commence sans tarder.
02:13Donc, on ne vous présente plus notre invité du jour, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à la
02:20présidentielle.
02:22Et on vous propose d'entrer dans le vif du sujet sans plus tarder parce qu'on a beaucoup de
02:28questions et le temps file vite.
02:31Alors, Jean-Luc Mélenchon, on a vécu un été catastrophique avec les canicules, les incendies.
02:38Après la présidentielle de l'année prochaine, il ne restera que quelques mois pour se préparer au prochain été.
02:44Quelles mesures d'urgence vous préconisez pour éviter de vivre le même enfer que cette année ?
02:52Bonjour tout le monde, merci pour l'accueil.
02:59Il faut qu'on tâche de les aider, les deux, parce que sinon, on ne va pas y arriver.
03:03Bon, l'été, honnêtement, je ne veux pas faire le malin, mais on est prêts.
03:09C'est-à-dire qu'il y a les équipes, on a eu le temps d'y réfléchir, pendant l
03:13'été, on a travaillé.
03:15Aussi, on a produit un rapport, Bonpart a fait une synthèse de tout ça.
03:19Mais le fond de l'affaire, c'est qu'il faut que nous réalisions politiquement que notre adversaire dans l
03:26'histoire n'a toujours pas pris la mesure de ce qui se passe.
03:31Autrement dit, il n'a pas compris, notamment, qu'on ne va pas attendre jusqu'à l'été prochain pour
03:37apercevoir la profondeur et le caractère irréversible du changement climatique.
03:43Et ce changement irréversible porte en lui quelque chose qui aggrave la difficulté, c'est qu'il ouvre une ère
03:51d'incertitude.
03:52C'est-à-dire que l'on n'est pas capable de dire ce qui va se passer, puisque les
03:57paramètres ont changé.
03:58Le climat est un système métastable, et comme les paramètres changent, personne ne peut dire, voilà ce dont je suis
04:04sûr pour les six prochains mois.
04:06On ne peut arriver à savoir qu'à la condition de déployer des moyens de connaissance qui aujourd'hui n
04:13'y sont pas.
04:13Par exemple, nous avons besoin d'une présence satellitaire beaucoup plus importante, beaucoup plus permanente que jamais.
04:21Premier élément.
04:22Deuxième élément, le capitalisme n'a pas de projet de rechange.
04:27Tous les 50 ans, bon allez, peu importe, il y a des cycles.
04:32Au lendemain de la guerre, le premier cycle, ça a été, 71, la bascule dans un autre ordre du monde
04:38qui a donné l'hégémonie aux États-Unis d'Amérique en leur donnant le pouvoir de battre monnaie.
04:43Là, nous sommes dans une situation qu'ils n'avaient pas prévue et qu'ils nient.
04:48C'est-à-dire que pour eux, le changement climatique, ça n'a pas de réalité, c'est une invention
04:53des woke, des dingues d'extrême-gauche et des gens comme nous.
04:58Et par conséquent, ils sont à sec.
05:01Ils ont une stratégie, oui, toujours la même, et elle est en panne.
05:06Les États-Unis d'Amérique sont en panne et ils n'ont d'autre sortie que dans la violence.
05:11Et l'ordre du monde, d'une manière générale, change.
05:14Nous sommes dans ce moment. Les épisodes climatiques, c'est eux qui vont scander l'histoire.
05:20Parce qu'un épisode climatique, ça ne s'arrête pas à l'instant où ça a lieu.
05:25Tout ce qui s'est passé dans les Landes a modifié la nature des sols, a changé la nature de
05:31la récolte.
05:32Pas les Landes, mais d'une manière générale, la canicule.
05:35Donc tout événement écologique se transforme en un événement social.
05:40Là, la pénurie alimentaire, qui bien sûr va se reproduire d'ici l'été prochain.
05:47Nous verrons où nous en serons au printemps prochain.
05:49Et toute transformation, transcroissance de la crise climatique en crise sociale devient une crise politique.
05:58Et nous, les Français, nous sommes déjà dedans.
06:01Par conséquent, il faut que nous pensions comme un continuum ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui.
06:07C'est-à-dire nous rencontrer, nous rassembler, manifester notre force, l'élection elle-même et tous les événements que
06:15nous allons vivre.
06:16C'est-à-dire que la société, si elle entre dans la crise climatique, comme l'a dit Pablo Servigne,
06:23avec les valeurs du néolibéralisme,
06:25ce sera pire que si nous y entrons avec les valeurs du collectivisme, de l'entraide et de la société
06:31de solidarité.
06:32C'est donc cette société de solidarité que nous commençons à créer dans la campagne électorale elle-même.
06:41Un autre des arguments que vous opposent les libéraux, c'est souvent l'argument des déficits qui creusent la dette.
06:49On voit que Marine Le Pen propose maintenant la règle d'or dans la constitution française, le plafond des 3%.
06:55Qu'est-ce que vous répondez à cet argument qu'on vous oppose toujours chez les libéraux ?
06:59Non, bon, la règle d'or c'est clunesque. Il y a deux pays qui ont mis la règle d
07:05'or dans leur constitution, l'Espagne et les Allemands.
07:07Et ils ne respectent pas eux-mêmes. Alors, bon, on arrête avec ça, ça n'existe pas.
07:12Et des budgets qui seraient à l'équilibre comme ils le proposent, supposent de ramasser la somme qui manque.
07:19C'est-à-dire 150 milliards. Alors, il n'y a pas 50 manières de faire.
07:24Ils coupent dans les dépenses publiques, ils aggravent la situation, ils aggravent la récession.
07:29Ou bien on dit ce que j'aurais dit l'autre jour.
07:32Mais si vous aimez les budgets en équilibre, moi je vais vous le mettre en équilibre en 5 minutes.
07:36Vous n'aurez plus le droit, aucune aide. Point final, c'est terminé. Il n'y a plus de déficit.
07:40Parce que vous coûtez 120 milliards au pays.
07:44Tout le monde sait que ce n'est pas possible de faire comme ça.
07:47Mais en attendant, ce n'est pas un problème mathématique, c'est un problème politique.
07:52Alors, comme c'est un problème politique, je vais en profiter pour régler un ou deux comptes.
08:00Regardez, comment madame Lagarde déclare que ce n'est pas possible parce que ce ne serait pas légal d'annuler
08:09la dette.
08:11La dette que détient la BCE.
08:13Je vous rassure, je ne vais pas faire un cours d'économie politique.
08:16Mais la dette que détient la BCE, d'où elle sort ça ?
08:20Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Ce n'est pas vrai.
08:22Il y a déjà eu, quand la BCE a racheté des titres de dette aux banques privées, des titres de
08:29dette des États,
08:30les Allemands ont porté plainte. Ils ont été déboutés.
08:33La Cour a dit, ah ben non, dans les statuts de l'Union Européenne, il n'y a rien qui
08:38s'oppose à ça.
08:39Puisque ce n'est pas un achat direct sur les États.
08:42Ce que nous contestons, nous, mais peu importe.
08:44Donc c'est possible. Pourquoi elle dit que ce n'est pas possible ?
08:46Elle ment. Et je lui dis, Madame Lagarde, si vous ne savez pas quoi faire le prochain week-end,
08:52pourquoi vous ne liriez pas les études que vous publiez sur votre site de la Banque Centrale Européenne,
08:59où précisément, vous avez interrogé un économiste qui discute des avantages de la suppression de la dette ?
09:07Mais je vous donne ma parole.
09:09Il discute de ça.
09:10J'ai trouvé ça dans le blog de Sophia Chikirou tout à l'heure.
09:13Et le gars dit, ben oui, si on supprime la dette des États, ça va donner des marges de manœuvre,
09:19ça va baisser le niveau des taux d'emprunt, etc.
09:22Enfin, l'argumentaire que peut-être vous avez déjà entendu de notre part.
09:26Alors voyez-vous, il y a quelque chose de scandaleux dans le comportement de quelqu'un qui ment publiquement comme
09:32ça.
09:32Et je vais dire surtout elle.
09:34Parce qu'elle, elle a été ministre de 2007 à 2011.
09:37Et pendant cette période, la France, le gouvernement français, a accumulé 500 milliards de dettes.
09:44C'est-à-dire l'équivalent de la somme que nous prétendons annuler par l'annulation de la dette.
09:49Au moins, si ce n'est pas par patriotisme, au moins par honte personnelle.
09:53Elle pourrait dire, j'entends ce que vous dites, monsieur Mélenchon, mais ça se discute.
09:58Non, ils sont là avec toutes leurs morgues pour dire non, ce n'est pas possible.
10:01Alors, il y a aussi Emmanuel Moulin de la Banque centrale française.
10:06Ah oui, celui-là, il faut l'inventer.
10:07Il a jugé votre proposition illégale, dangereuse et inutile, un peu plus tard qu'il y a quelques heures.
10:14Et ils mettent notamment en avant l'argument de la création de l'inflation que ça engendrerait.
10:20Bon, les amis, je laisse tomber sur l'inflation parce qu'il faut aller dire à ce type que comme
10:24ces dettes ont déjà été achetées,
10:26donc elles ont déjà été monétisées et on ne rajoutera pas de la monnaie en circulation si on annule.
10:31Il faut arrêter.
10:32Mais laissons ça de côté.
10:33Ce que je veux vous dire, c'est, autrement dit, ce type parle sans savoir, il est censé savoir.
10:39Mais encore une fois, regardez la morgue de ces gens.
10:43Qui c'est celui-là ?
10:45Il sort de secrétaire général de l'Elysée, de monsieur Macron.
10:50Auparavant, il a été dans les cabinets ministériels du début des années 2000.
10:54Et récemment, directeur du Trésor, chef de ceci, directeur de cabinet de Le Maire, directeur de cabinet de machin.
11:03Alors, première période de sa vie, avec Sarkozy, 500 milliards de dettes.
11:07Deuxième période, 1200 milliards.
11:10Et ce type vient me faire la leçon, m'expliquer ce que je dois faire et penser,
11:14alors qu'il vous ment en disant c'est inutile, dangereux.
11:17Il ne démontre pas ce qu'il a à dire.
11:19Je crois qu'on a le droit de se fâcher.
11:20Mais voyez-vous, au-delà de la fâcherie, il faut voir où en sont nos adversaires.
11:26Dans la lutte de classe, il ne faut jamais sous-estimer son adversaire.
11:31Mais il ne faut pas le surestimer.
11:34Ces gens ne savent plus où ils en sont.
11:36C'est-à-dire qu'ils ne savent pas quelle stratégie développer contre nous.
11:40Si bien qu'ils reproduisent la seule chose qu'ils savent faire.
11:44C'est-à-dire désorganiser le service public, éteindre toutes les conquêtes sociales avec l'idée que le marché va
11:52remplacer tout ça.
11:53Mais la création d'un marché, c'est un acte politique.
11:57C'est un acte culturel qui dépend de la façon avec laquelle les peuples entrent dans l'idée de marché,
12:03de l'échange.
12:04Nous sommes la France, c'est-à-dire un pays qui s'est entièrement construit autour de son État au
12:10cours de 12 siècles.
12:11Et en particulier depuis la libération des nazis, nous avons construit un État social qui, au fond, se confond avec
12:19l'identité de la France.
12:21Par conséquent, démonter l'État social, c'est démonter le pays lui-même.
12:25Et provoquer cela même, au moment même où ils le font, une révolte générale d'un peuple qui n'accepte
12:33pas cette idée,
12:33quelle que soit par ailleurs ses opinions politiques.
12:36Je veux dire qu'il y a des gens qui ne sont pas de notre bord, mais qui n'acceptent
12:40pas que la police soit devenue ce qu'elle est devenue.
12:43Qui n'acceptent pas que les finances du pays soient employées comme elles le sont.
12:47Que tous les services publics aient été mis à tenir à la gorge, raclés jusqu'à l'os.
12:51Par conséquent, ce monsieur Moulin, je lui recommande deux choses.
12:55La première, je lui dis les yeux dans les yeux.
12:58La France mérite mieux qu'un banquier central qui ment aux citoyens français.
13:03Et qu'il s'en souvienne.
13:06Je suis trop vieux pour qu'il me fasse peur.
13:11Par conséquent, si quelqu'un doit avoir peur de nous deux, ça ne sera pas moi.
13:16Et je lui demande d'y réfléchir.
13:18Ça suffit.
13:19Nous sommes le peuple français.
13:21Nous sommes éduqués.
13:22On a été à l'école.
13:23On sait compter et on sait repérer un mensonge.
13:27Vous mentez, monsieur Moulin.
13:28Et vous devriez plutôt aider votre patrie à trouver des marges de manœuvre que de nous accabler avec vos sarcasmes.
13:34Parce que je termine là-dessus.
13:36Que tous ces gens me disent qu'ils me font la leçon sur la bonne gestion.
13:40Alors, et vous, vous comptez rembourser la dette comment ?
13:43Vous ne l'avez pas dit l'autre jour devant le MEDEF.
13:45Vous avez supprimé des cotisations, des impôts, des taxes.
13:49Et qui paye à la fin ?
13:50L'impôt des Français.
13:52C'est ça qu'ils ont dans la tête.
13:54C'est ça qu'ils ont dans la tête.
13:55Rien d'autre.
13:56C'est-à-dire la fiscalisation.
13:59Mon mot pour terminer est le suivant.
14:01La bataille de la dette qu'ils ont engagée avec nous est une erreur immense de leur part.
14:07Car à gauche, ça fait plus de 15 ans qu'on parle de cette question de la dette.
14:11Ça fait plus de 15 ans qu'on étudie le problème à fond.
14:14Et la question que nous soulevons à cette époque de la crise du capitalisme,
14:18c'est que nous voulons libérer notre pays et toute l'Europe
14:21de l'emprise de la finance sur l'évaluation de nos dettes.
14:25Car c'est un rapport purement politique.
14:28C'est pour des raisons purement politiques
14:31qu'on a décidé de soumettre les taux d'intérêt de la dette au marché financier mondial.
14:36On peut faire complètement autrement.
14:39Et les forces du capital seront rassemblées elles aussi pour s'opposer à ces mesures.
14:47Mais ça, on en parlera juste après sur comment faire face à ces forces.
14:52On voulait quand même d'abord, parce que c'est une question essentielle
14:56pour énormément de Français très concrètement aujourd'hui,
15:00parler de la question des salaires.
15:02Quand vous avez évoqué l'augmentation du SMIC lors de l'université d'été du MEDEF,
15:07vous avez fait face à un patronat hilare.
15:10Concrètement, comment est-ce que vous faites ?
15:12On parlait justement du capital qui est prêt à protéger ses intérêts.
15:20Dans ces circonstances, comment vous faites pour arracher les augmentations de salaires
15:25qui figurent dans vos propositions ?
15:28D'abord, attendons-nous à une féroce résistance.
15:31Néanmoins, je m'arrête un instant sur cet instant étrange
15:36où tous ces gens se mettent à rire quand on parle d'augmenter les salaires.
15:41Je pense que, de leur part, ce fut une grande erreur.
15:44Parce que leur but était de montrer qu'ils étaient l'organisation centrale
15:48de la vie politique des Français
15:50et que c'est au fond ce qui importe au patronat et ce qui compte.
15:54et le reste est dérisoire et marginal.
15:57Et cette sorte de réponse de classe que traduit le rire
16:01qui a été ressenti par la masse des Français
16:04comme quelque chose d'attentatoire à leur dignité.
16:07C'est-à-dire, nous, on vit, on bosse,
16:10on a qui des salaires, qui des retraites, qui d'autres revenus
16:13et on n'a pas le droit de rire de ceux qui manquent.
16:16Et je pense que là, quelque chose de très profond a été atteint
16:20dans notre pays.
16:21J'étais certain qu'ils allaient finir par commettre une erreur
16:24tant ils étaient arrogants
16:25et tant étaient invraisemblables les discours qu'ils approuvaient ce jour-là
16:29par leurs applaudissements
16:30quand M. Retailleau parlait
16:32ou Attal ou l'autre, etc.
16:37Alors, venons aux mesures.
16:40D'abord, ils continuent à dérouler leur plan
16:43et des fois, ils rencontrent du succès
16:45quand ils disent
16:46« Il faut rapprocher le salaire brut du salaire net ».
16:49Ce n'est pas un public réuni à la fête de l'humanité
16:51que je vais expliquer
16:52que le brut et le net, c'est la même chose, c'est en salaire.
16:56Et qu'il n'y a pas d'un côté un cadeau
16:58et de l'autre un salaire.
16:59Il y a un seul et unique salaire.
17:02Et que, pour acquérir,
17:07vous avez vu Retailleau dire
17:08« Mais moi, je rends du pouvoir d'achat aux Français ».
17:11Oui, d'accord ?
17:12Il rend du pouvoir d'achat.
17:14S'il basculait tout le salaire brut dans le salaire net,
17:17il dit « Je rends du pouvoir d'achat ».
17:18Oui, mais avec ce pouvoir d'achat,
17:20vous devriez quand même,
17:21vous payez votre retraite,
17:23vous payez une assurance santé,
17:25vous payez une assurance emploi.
17:27Et pour ne prendre que cet exemple,
17:29pour arriver au même taux
17:31de retour en retraite par des cotisations,
17:34il faudrait que vous payiez deux fois
17:36ce que vous payez aujourd'hui
17:37avec une cotisation si vous vouliez l'acheter
17:40directement à une assurance.
17:42Et avec ceci,
17:44vous exposeriez la totalité de votre travail
17:48à un aléa financier.
17:50Car en 2008,
17:51les sociétés qui servaient des fonds de pension,
17:53les fonds de pension qui servaient des retraites
17:56aux nord-américains,
17:57se sont effondrés
17:58pour les plus essentielles d'entre elles.
18:00Et aujourd'hui encore,
18:02vous continuez à avoir des gens
18:03qui couchent à la rue
18:05ou qui sont dans des caravanes
18:08parce qu'ils ont tout perdu en 2008.
18:11Le système des États-Unis d'Amérique
18:14ne les a ni récupérés, ni protégés.
18:16De la sorte,
18:18nous sommes en face de gens qui tentent,
18:20qui font l'assaut final,
18:22en quelque sorte,
18:24c'est finir la socialisation
18:27des cotisations
18:28qui permettent de faire face aux aléas de l'existence.
18:31Donc, ne nous y trompons pas.
18:33Ils ne savent plus, certes,
18:35avoir une stratégie
18:36qui leur permette d'avancer,
18:37mais leur détermination est absolue.
18:40Et il s'agit de réorganiser
18:42la répartition capital-travail
18:44en réinjectant dans l'accumulation capitaliste
18:48la somme qui se trouve dans le salaire brut.
18:50C'est leur rêve depuis toujours, les amis.
18:52Il faut bien comprendre
18:53que les assurances sociales, en général,
18:56c'est quelque chose comme 500 milliards d'euros.
18:59C'est le plus gros gâteau
19:00qu'il y a sur la table,
19:01qui, dans le système socialisé actuel,
19:04fonctionne en tournant sans arrêt.
19:06Eux, ils n'en voient la couleur
19:07que quand on achète des médicaments
19:09ou quand avec son assurance chômage
19:11on va faire ses courses, etc.
19:13Mais en attendant,
19:14ils n'en touchent jamais l'accumulation.
19:16Alors nous,
19:17il faut d'abord mettre un coup d'arrêt
19:18à ce qu'ils font.
19:19L'inflation va continuer
19:22à vous voler une partie de votre paie.
19:25Parce que cette inflation-là,
19:26il faut bien la regarder comme elle est.
19:29L'inflation pour quelqu'un
19:31qui va aller acheter en euros
19:32des actions et toucher des dividendes,
19:35cette valeur-là, elle n'existe pas.
19:37Cette valeur-là, elle ne se déprécie pas.
19:40Tandis que le prix du travail,
19:42j'ai bien dit, le prix, pas le coût,
19:44le prix du travail,
19:45par l'inflation,
19:47il le dévalue progressivement.
19:49C'est donc un rapte qui accourt en ce moment
19:51et une nouvelle organisation capital-travail
19:54en défaveur du travail.
19:56C'est la raison pour laquelle
19:57il faut immédiatement construire un barrage.
20:00Il fonctionne avec deux murs.
20:03Premier mur, augmenter le SMIC.
20:05Va avec, s'il le faut,
20:08la convocation.
20:10Nous, au pouvoir, en mai,
20:13la convocation immédiate.
20:15des négociations annuelles obligatoires
20:17de salaire,
20:18de manière à ce qu'on puisse étaler
20:20sur l'ensemble des salaires
20:21l'augmentation qui est nécessaire.
20:24Car que fait le patronat aujourd'hui
20:26quand il mène cette négociation ?
20:28Il ne fait pas une augmentation générale
20:30à l'intérieur de l'entreprise.
20:32Il va favoriser les cadres
20:34pour pouvoir les garder
20:35et mépriser le reste de la masse salariale.
20:39Or, nous avons besoin
20:40du fait que tous les salaires augmentent,
20:43pas seulement les premiers salaires
20:45au niveau du SMIC.
20:46Parce que c'est à cette condition
20:47que nous relancerons
20:49l'activité économique du pays.
20:51La consommation populaire,
20:53c'est 55% du PIB de notre pays.
20:57Par conséquent,
20:58le bonheur quotidien,
21:00c'est le bonheur de la patrie.
21:01Parce que si vous êtes en situation
21:03d'organiser votre vie
21:05sans être en état de survie,
21:06alors vous ferez tourner la boîte.
21:08Je termine sur une chose.
21:10C'est qu'à côté de ces deux choses-là,
21:13il faut mettre en place
21:14l'autre barrage.
21:16C'est l'échelle mobile des salaires.
21:18De 1952 à 1983,
21:24il y a eu une échelle mobile des salaires.
21:26Ça veut dire qu'à intervalles réguliers,
21:28les salaires sont mécaniquement augmentés
21:31autant que le coût de la vie.
21:33Alors justement sur ça,
21:34on avait tout à l'heure Patrick Martin
21:37sur cet agora
21:38qui assure que les entreprises
21:39n'ont pas les moyens.
21:41Évidemment, c'est très contestable,
21:43notamment pour les grandes entreprises,
21:44mais se pose la question
21:45des petites entreprises.
21:47Est-ce qu'il y a une différenciation à faire ?
21:49Comment on embarque ces entreprises-là
21:52qui pour beaucoup
21:53font face aussi à des difficultés ?
21:55Je pense par exemple
21:56au prix de l'électricité,
21:58au taux d'intérêt, etc.
21:59Je te remercie
22:00parce que ça me facilite la tâche
22:02pour toutes les autres choses
22:03que j'ai à dire depuis...
22:03Mais assez rapidement
22:04parce qu'on a beaucoup d'autres...
22:05Et tu vas voir, je te réponds tout de suite.
22:07Oui, il y a une différence.
22:09Et nous autres, la gauche,
22:11et spécialement les collectivistes
22:13comme vous et moi,
22:15nous devons tenir compte du fait
22:18que le patronat
22:19n'est pas une masse homogène,
22:21même si la condition particulière
22:24les conduit tous
22:25dans la logique de l'accumulation.
22:27Mais en attendant,
22:29un patron sur deux
22:30n'a aucun employé.
22:32C'est-à-dire qu'on a assimilé
22:34à la classe patronale,
22:35par exemple,
22:36des gens ubérisés,
22:38par exemple,
22:38des auto-entrepreneurs
22:40et tous ces statuts
22:41qu'ils ont inventés.
22:42Leur relation au travail,
22:44leur relation aux assurances sociales
22:45n'est pas la même
22:47que ceux qui se trouvent
22:48dans des multinationales.
22:49Pas du tout la même.
22:52Puisque tu me le demandais,
22:53oui, il y a une différence absolue
22:55à faire à l'intérieur du patronat.
22:57Le patronat qui fonctionne
22:59sur le marché mondial.
23:01Les SMICARD en serrant,
23:02c'est 3% des salaires.
23:04C'est résiduel pour eux.
23:06Ça ne compte pas.
23:07Par contre,
23:08dans la petite entreprise,
23:09c'est décisif.
23:10C'est la raison pour laquelle
23:11nous autres,
23:12nous devons bien réfléchir
23:14à la façon de travailler.
23:15Je vais vous dire
23:16pourquoi on est obligés.
23:18Ils ont fait passer
23:20à financer par l'État
23:23compenser les cotisations sociales
23:25non payées
23:26jusqu'à 3 fois le SWIC.
23:28Ils ont voulu fiscaliser
23:30de cette manière-là.
23:31Il y a un quart des revenus
23:33de la TVA
23:34qui sert à payer des cotisations,
23:37à se substituer
23:38aux cotisations sociales.
23:40D'accord ?
23:41Si d'un seul coup,
23:42un seul jour,
23:43on repassait tout
23:44sur la cotisation sociale,
23:46on enverrait au tapis
23:47des centaines d'entreprises.
23:49C'est la raison pour laquelle
23:50article 1,
23:51il faut distinguer
23:52grand et petit patronat
23:53et je vais vous dire
23:54comment je m'y prends.
23:56D'abord,
23:57puisqu'ils aiment tant
23:57la démocratie,
23:58nous disent-ils
23:59et qu'ils nous font souvent
24:00tant de reproches,
24:01nous allons modifier
24:02les règles
24:02de la représentation patronale
24:04dans les instances
24:05de négociation.
24:06De manière
24:09à ce que le petit patronat
24:11et le patronat
24:12de l'économie sociale
24:13et solidaire
24:14qui représente 19%
24:16de ce pays
24:18soit intégrée
24:19dans toutes ces négociations
24:20et que ce ne soit pas
24:21le MEDEF
24:22qui joue le numéro
24:23qu'ils nous ont fait
24:24la dernière fois
24:24quand nous y étions là-bas.
24:26Ils ont poussé devant
24:27des petits entrepreneurs,
24:29des boîtes familiales,
24:31vous voyez,
24:31des choses de cette nature.
24:32Alors maintenant,
24:34bien sûr qu'il y aura
24:34une conséquence.
24:35Si nous réanimons le marché,
24:38moi,
24:38à ceux qui pleurent,
24:39je leur dis
24:40mais il vous faudrait combien ?
24:41Il vous faudrait combien
24:42de clients de plus ?
24:43Sinon,
24:44mais qu'est-ce que vous me demandez ?
24:45De me conformer
24:47à une règle mathématique
24:48abstraite et magique
24:49d'après laquelle
24:50plus les salaires seraient bas,
24:52mieux vous vous porterez.
24:53C'est l'inverse.
24:54Plus les salaires sont allants,
24:57augmentants,
24:57plus vous avez de clients.
24:59Vous êtes donc accrochés
25:00à la consommation.
25:01Arrêtez de penser
25:02que ça irait mieux
25:03si vous payez moins les gens.
25:05Alors,
25:05qui va payer ?
25:06Eh bien,
25:07le travail, bien sûr.
25:09Encore une fois,
25:09parce qu'il n'y a que lui
25:10qui crée de la richesse.
25:11Mais je veux dire
25:12que nous trouverons
25:12des moyens de péréquation
25:14entre les grandes
25:15et les petites entreprises
25:17pour prendre en charge
25:19sur la base
25:20du chiffre d'affaires
25:21et des bénéfices
25:22les cotisations sociales
25:23qui aujourd'hui
25:24sont payées par la TVA
25:25et qui doivent revenir
25:27à la source
25:27de la production
25:28de la richesse.
25:30Et qu'on ne vienne pas
25:31me dire que ce n'est pas possible.
25:32Parce que dans le bâtiment,
25:34ça existe.
25:35Il y a des phénomènes
25:36de péréquation
25:37entre très grandes entreprises
25:38et moins grandes
25:39suivant les moments
25:40où on arrête le travail.
25:42Donc je sais
25:42de quoi je parle
25:43et je leur dis
25:441.
25:44Oui,
25:45je vais vous changer
25:45la règle de représentation.
25:472.
25:48Augmenter les salaires.
25:49Ça fait les affaires
25:49de tout le monde
25:50à commencer par les vôtres.
25:52Et je n'en dis pas plus
25:53parce que sinon,
25:53à la fin,
25:54vous allez me dire
25:54« Et dis donc,
25:55tu n'as pas demandé
25:55de faire le bonheur du patronat. »
25:57Justement,
25:57vous parliez des petits patrons,
25:59parlons des méga-fortunes.
26:01L'eurodéputé LFI
26:02Manon Oubry
26:03avait déclaré récemment
26:04que les milliardaires
26:05étaient nuisibles
26:05à l'économie
26:06et qu'il fallait les interdire.
26:12Visiblement,
26:13c'est populaire.
26:15Est-ce que
26:15vous vous engagez
26:16aujourd'hui
26:17à ce que la France
26:18de Jean-Luc Mélenchon
26:19soit une France
26:20sans milliardaire ?
26:24Je vais faire
26:25quelque chose
26:26de plus raisonnable.
26:27Je m'engage
26:29absolument
26:30à tout faire
26:30pour qu'il n'y ait plus
26:31de pauvres.
26:32Parce que
26:36les amis,
26:37j'adore
26:38vos applaudissements
26:39d'il y a un instant.
26:41Vous vous rappelez
26:41la fois où Macron
26:42avait dit
26:43« J'espère que la jeunesse
26:44de mon pays
26:46rêve d'être milliardaire. »
26:48Eh oui.
26:49Et alors,
26:50moi j'avais dit
26:51« Non,
26:52moi je n'espère pas ça
26:53parce que c'est immoral
26:55d'être milliardaire. »
26:56Et on m'a dit
26:57« Mais qu'est-ce qu'il y a
26:58d'immoral ? »
26:59« Comment tu peux
27:00ne pas savoir ? »
27:01« Comment tu peux
27:02ne pas savoir
27:03que l'accumulation
27:04que tu fais
27:05se fait au détriment
27:06des autres ? »
27:06Enfin,
27:07il n'y a pas besoin
27:08d'être un aigle
27:08pour le comprendre.
27:11Non,
27:11mais je dis tout ça
27:12parce que
27:13vous savez,
27:14il y a les débats
27:15entre gens
27:16de bonne compagnie.
27:17Alors,
27:18ils disent
27:18« Oui,
27:19alors vous n'aimez pas
27:20les riches ? »
27:21Et alors,
27:21il y a toujours
27:22quelqu'un
27:22qui est très intelligent
27:23pour dire
27:24« Moi,
27:24ce n'est pas le fait
27:25qu'il y ait des riches
27:25qui me posent problème,
27:26c'est qu'il y ait des pauvres. »
27:27Et tu es obligé de dire
27:28« Tu ne vois pas
27:29le rapport entre les deux ? »
27:31« Tu ne vois pas que... »
27:32Bon,
27:32mais c'est mécanique.
27:33Par conséquent,
27:36on a lancé ça
27:37et moi,
27:37bon,
27:38les copains ont trouvé
27:38cette idée
27:39de dire « On va interdire
27:40les milliardaires,
27:40c'est drôle. »
27:42Bon,
27:42la pauvre bête.
27:43Non,
27:45c'est la pauvreté
27:46qu'on va éradiquer
27:47et donc organiser
27:48les choses différemment.
27:49Ce n'est pas si compliqué
27:50que ça à faire.
27:51C'est une affaire d'impôts,
27:53c'est une affaire de succession.
27:55Tout ça,
27:55ça se calcule.
27:56C'est bien organisé.
27:59Puisqu'on parle
27:59de succession,
28:01parlons héritage.
28:01D'ici 2040,
28:039 000 milliards d'euros
28:06de patrimoine
28:06devraient être transmis
28:09pour endiguer
28:10la société des héritiers.
28:12Vous avez mis
28:12dans le débat
28:13une taxe à 100%
28:15sur les successions
28:16au-delà de 12.
28:17millions.
28:1812 millions,
28:19on se demandait
28:20si ce n'était pas déjà
28:21un peu beaucoup,
28:22en fait.
28:23Non,
28:24mais j'adore
28:26cette histoire
28:27parce que
28:27quand on parle
28:28d'héritage,
28:29les amis,
28:30il faut savoir
28:31qu'on est dans le fantasme.
28:33Je me rappelle
28:33d'une émission de télé
28:35à laquelle je participais
28:36il y a bien longtemps.
28:37Le gars,
28:37c'était un humoriste,
28:38M. Timsit,
28:39et il m'avait dit
28:39« M. Mélenchon,
28:41vous voulez tout prendre ?
28:42La petite maison,
28:43on voudrait la passer
28:44à l'héritier ? »
28:45Alors,
28:45d'un coup,
28:46on aurait tous sorti
28:46de notre mouchoir
28:47pour pleurer
28:48sur la petite maison.
28:49Mais la vérité,
28:50c'est qu'aucune petite maison
28:51ne sera saisie.
28:52Pourquoi ?
28:53Aujourd'hui,
28:5437% des gens
28:56n'ont aucun héritage,
28:58donc ils ne sont pas
28:58concernés par ce débat.
29:00Mais 37%,
29:0387% ne payent rien du tout
29:07parce qu'ils arrivent
29:08à 100 000 euros.
29:09Aujourd'hui,
29:10la moyenne de ceux
29:12qui héritent,
29:12c'est que par famille,
29:13il y a le plus souvent
29:14deux enfants et plus.
29:16Donc,
29:17tout héritage,
29:18vous le divisez par deux.
29:20Et quand vous divisez,
29:21par exemple,
29:22la petite maison
29:23à 300 000 euros,
29:24ce n'est pas à Paris,
29:25mais la petite maison
29:26à 300 000 euros
29:27divisé par deux
29:28égale 150 000.
29:30150 000,
29:31tu ne payes pas
29:31d'impôts dessus.
29:32Alors,
29:33il faut attendre
29:34d'être à 1%
29:36de la population
29:37pour tomber sur des gens
29:39qui ont un héritage
29:40de 4 millions d'euros.
29:42Et comme je ne sais
29:43par quelle faiblesse,
29:44nous avons encore
29:45monté la barre.
29:46On a dit,
29:47à partir de 12 millions,
29:49on prend tout.
29:50Alors,
29:50j'adore le mot
29:51on prend tout
29:52parce que
29:52c'est provoquant,
29:56c'est fait pour ça.
29:58Vous savez sinon,
30:00toutes les lois du capitalisme,
30:01l'organisation de la société,
30:03la manière de vivre
30:04dans le capitalisme,
30:06tout est présenté
30:06comme un état de nature.
30:08C'est comme ça,
30:09ça ne peut pas être autrement,
30:10allons.
30:11Et quand tu dis,
30:11on prend tout,
30:12un souffle glacé
30:14passe sur les gens.
30:16On prend tout,
30:17voilà les communistes
30:18qui arrivent.
30:19Bon,
30:20alors,
30:20à qui on prend tout ?
30:230,1%
30:25de la population
30:26totale du pays.
30:27Chaque fois qu'il y en a un
30:30chaque fois qu'il y en a un
30:31qui vient me chercher,
30:33je lui dis,
30:33t'es dans les 0,1% toi,
30:35alors pourquoi tu pleures
30:36si tu n'y es pas ?
30:37Alors attends,
30:37je termine.
30:38Pas que 0,1%.
30:39Qu'est-ce que ça donne ?
30:400,1%.
30:41Eh bien avec ce 0,1%,
30:44je vous finance
30:45l'allocation autonomie
30:47des jeunes
30:47de 18 à 24 ans.
30:49Tous les jeunes !
30:51Tous les jeunes !
30:53Alors,
30:55les pleurnicheries,
30:56ça va un temps.
30:58Il y a la réalité.
31:00C'est à quoi correspondent ces sommes.
31:01Voilà à quoi ça correspond.
31:03L'équivalent
31:04d'une allocation
31:05autonomie
31:06pour toute la jeunesse
31:07de 18 à 24 ans.
31:09Voilà,
31:09je préfère faire une société,
31:11un peuple
31:12qui hérite de la société
31:14que de faire une société
31:15d'héritier.
31:16Voilà ce que j'ai à dire.
31:20Le fil conducteur
31:21de la discussion,
31:22ça montre que
31:23chaque réforme
31:24devra être arrachée
31:25face au capital.
31:27A quel point
31:28vous comptez
31:28sur le mouvement social
31:30et les syndicats
31:30avec qui vous n'avez pas toujours
31:31eu de très bonnes relations
31:32pour avoir le rapport
31:34de force face au capital
31:35en cas de victoire
31:36à la présidentielle ?
31:38Ouais.
31:41On n'est pas...
31:43Moi,
31:43je suis un héritier
31:45d'une époque politique.
31:46Vous savez que
31:47je ne sors pas de l'œuf.
31:50Donc,
31:50je sais une chose.
31:53Si on gagne
31:55et qu'on recommence
31:57comme on l'a fait
31:58en 1981,
31:59tous au garde-à-vous
32:00en attendant les consignes,
32:02il ne se passe rien,
32:03il n'y a pas
32:04de mobilisation populaire,
32:06alors l'adversaire
32:07se redéploiera.
32:08C'est la raison
32:09pour laquelle
32:10si nous marquons
32:12cette étape extraordinaire,
32:14il faudra immédiatement,
32:16non pas que
32:17le peuple
32:18soutienne le gouvernement,
32:21en quoi ça consiste ?
32:22Vous pouvez me dire,
32:22vous vous levez le matin
32:23et vous dites
32:24je soutiens le gouvernement
32:25puis vous allez au boulot.
32:27Donc,
32:27ça ne peut pas être ça
32:28le sujet.
32:29c'est participe
32:30à la lutte
32:32pour transformer
32:33de fond en comble
32:34la société.
32:37Oui,
32:37ben vous applaudissez.
32:40Hé,
32:41cochon qui s'en dédie,
32:43parce qu'on va avoir
32:44besoin de ça.
32:45La vérité,
32:46c'est que
32:48toute la société française
32:50doit connaître
32:51une phase de révolution
32:52citoyenne.
32:53c'est-à-dire qu'on doit retrouver
32:55l'intervention populaire,
32:57le contrôle populaire,
32:59la défense de la révolution citoyenne.
33:02Quand je vous ai proposé
33:04de faire des éco-régions
33:05la première fois,
33:06personne ne s'en est rendu compte.
33:07C'est comme ça que je fais.
33:09dans chaque discours,
33:10je mets un truc,
33:10puis le coup d'après,
33:11je le développe,
33:12puis le coup d'après,
33:13il y a un facho
33:13qui se rend compte
33:14et qui monte une campagne,
33:15un mort contre moi
33:16et ça finit par marcher.
33:18Eh bien,
33:19ce que je veux vous dire,
33:20c'est que
33:20la conjonction
33:22de la crise écologique
33:24et de la crise sociale
33:26nécessite,
33:26et du capitalisme,
33:28nécessite que nous ayons
33:29une réorganisation
33:30de l'État.
33:32c'est-à-dire qu'il doit
33:33se tourner vers
33:34de nouveaux objectifs
33:35et pour ça,
33:36nous supprimerons
33:37les anciennes régions
33:38pour créer
33:39les nouvelles régions.
33:40Et ce à quoi
33:41nous avons à faire face,
33:43ce sont des tâches
33:44qui par nature
33:45remettent en cause
33:46un modèle agricole,
33:48un modèle économique.
33:49Quand vous dites
33:49que les éco-régions
33:50vont s'occuper
33:51de l'air,
33:52de l'eau,
33:53de la qualité de la terre,
33:55des mobilités
33:55et des maladies,
33:57c'est-à-dire
33:58de la question
33:58du bien commun
33:59qui est notre santé,
34:00à chaque fois,
34:02vous touchez
34:03la nécessité
34:04d'une transition
34:04pour passer
34:05de l'État actuel
34:06du rapport capitaliste
34:08dans la société
34:09à une autre forme
34:10d'organisation
34:11de la société,
34:12laquelle ?
34:13C'est celle
34:13que nous allons
34:14faire avancer ensemble.
34:16Voilà pourquoi
34:16je veux dire
34:17que la première responsabilité,
34:19elle est
34:20pour ceux qui gouvernent.
34:22Nous devons
34:23mettre en place
34:24immédiatement
34:25les chantiers
34:26qui transforment
34:27la réalité de l'État
34:28et de la relation sociale
34:30à l'intérieur du pays,
34:31virgule,
34:32et qu'ensuite,
34:33en même temps,
34:34on a besoin
34:35d'une implication
34:35populaire de masse.
34:37Après,
34:37ne comptez pas sur moi
34:38pour vous dire
34:39ce que doivent faire
34:39les syndicats
34:40parce qu'à chaque fois,
34:41ça me vaut des histoires.
34:42Donc,
34:43motus et bouche cousue.
34:44C'est clair que
34:45la structure de base
34:46du syndicat,
34:48c'est la section syndicale
34:49d'entreprise.
34:50Et l'autre structure
34:51qui nous importe,
34:52c'est la branche
34:53dans l'industrie,
34:54la branche en général,
34:56le commerce,
34:57la métallurgie,
34:58etc.,
34:58etc.
34:59C'est deux types
35:00de structures syndicales
35:01qui ont un rôle décisif
35:03parce que c'est elles
35:04qui sont accrochées au terrain.
35:06Et évidemment,
35:07bien sûr,
35:07que nous,
35:08nous comptons
35:09sur le fait
35:09que ça se mette
35:10en mouvement.
35:11Et je crois que vous le ferez.
35:13D'ailleurs,
35:13il n'y a qu'à voir
35:13comment vous m'avez accueilli
35:14à l'instant.
35:15On est prêts !
35:17On a vu que...
35:18T'as dit on est prêts ?
35:21Qui c'est qui a dit
35:22on est prêts ?
35:22Lève la main
35:23qu'on te voit.
35:25Qui c'est ?
35:25Alors,
35:26t'as peur ?
35:28Voilà.
35:29Elle a dit
35:30on est prêts !
35:34On a vu qu'une partie
35:35de la campagne
35:36dans cette rentrée
35:37s'est focalisée
35:38sur des thèmes imposés
35:39par l'extrême droite,
35:40notamment la question
35:40du port du voile
35:41porté par le RN
35:42et l'interdiction
35:42du port du voile.
35:44On a eu un retour
35:45de la polémique
35:46sur la baïa également.
35:47Comment on évite
35:48de s'enfermer
35:48dans le piège identitaire
35:49de l'extrême droite ?
35:51Écoute, pardon,
35:51je me permets de tutoyer
35:53ce qui n'est déjà pas bien.
35:54Pardon, écoutez-moi.
35:55Je ne suis pas d'accord
35:56avec ce que vous dites.
35:57La campagne n'est pas dominée
35:58par les thèmes
35:59de l'extrême droite.
36:00La campagne est dominée
36:01par nos thèmes.
36:04Et il n'y a pas besoin...
36:05Pour moi,
36:06ce n'est pas un piège.
36:07Ce n'est pas un piège.
36:08Ils se sont fourrés
36:09dans une histoire de fou.
36:11Le peuple français
36:12n'est pas ce qu'on croit.
36:13Le peuple français
36:14n'est pas raciste
36:15dans sa mate.
36:16Le peuple français
36:17ne veut pas enlever
36:18les voiles.
36:19Alors, allez,
36:20allez, fascistes,
36:21parlez du voile,
36:23parlez de la baïa
36:24et vos autres idiots aussi.
36:26Parce que la masse
36:27du peuple français,
36:28elle,
36:28elle vit dans les problèmes
36:29de santé,
36:30les problèmes de salaire.
36:31Et tout le monde le sait
36:33que tout ça est fait
36:34pour jeter du venin,
36:36pour diviser les gens
36:37entre eux
36:37par leur religion
36:39ou pas leur religion.
36:40Depuis quand Foula
36:42est à lui seul
36:43un étendard ?
36:45Allez, fachos,
36:47continuez !
36:48Vous nous rendez service.
36:50Regardez.
36:52Moi, on m'interdit,
36:53à juste titre,
36:55d'entrer directement
36:56sur X.
36:57Tu vois ?
36:58On ne peut quand même pas dire
36:59qu'il n'y a pas de prise
37:00de ces thèmes-là.
37:01On a vu l'extrême droite
37:03grappiller,
37:05évidemment,
37:06aux dernières élections,
37:08mais y compris
37:09à la fois dans le débat public,
37:11ces thèmes,
37:12ces questions
37:13infusent
37:14parmi les citoyens
37:16les électeurs,
37:17non ?
37:18Mais moi,
37:19je n'ai pas...
37:20Moi, je donne le point de vue
37:21d'un militant.
37:23Et d'un militant
37:24avec une longue...
37:25J'ai fait ça toute ma vie,
37:27militer politiquement.
37:28Donc, je te dis,
37:29au pif,
37:30comme ça,
37:31leur affaire ne marche pas
37:32comme elle marchait
37:33à un autre temps.
37:34Avec leur banque
37:35qui passe dans la rue
37:36et qui casse la figure
37:37à tout le monde,
37:38avec les assassins
37:39qu'il y a parmi eux,
37:40avec les complicités
37:41qu'il y a dans des services
37:43de l'État,
37:43tout le monde est exaspéré
37:45de voir ça.
37:45On ne supporte pas
37:47de voir la France
37:47dans cet État-là.
37:48Je vous le dis,
37:49des milliers de gens.
37:50Alors,
37:51qu'est-ce qui se passe ?
37:53Évidemment,
37:55là où tu as raison,
37:56c'est que la société
37:57se polarise.
37:59D'un côté,
38:00il y a nous,
38:00les collectivistes,
38:02et de l'autre côté,
38:03il y a eux,
38:03les fascistes
38:04ou les suprémacistes.
38:05Parce que,
38:06j'aime mieux qu'on dise
38:07suprémacistes,
38:07parce qu'il y a des variétés
38:10parmi eux.
38:11Mais toutes ont le même principe.
38:14Les uns dominent les autres.
38:16C'est-à-dire,
38:17ceux qui sont riches
38:17dominent ceux qui ne sont pas.
38:19Les hommes dominent les femmes.
38:21Les êtres humains
38:21dominent la nature.
38:22Il est tout le temps question
38:24de dominer.
38:25Ils n'arrivent pas jusqu'à leur esprit
38:27et fusent de force.
38:28Ils n'arrivent pas jusqu'à leur esprit.
38:30La relation d'une société
38:32de solidarité
38:32qui nécessite pour qu'elle puisse fonctionner
38:35une société d'égalité.
38:37Ces concepts-là sont liés pour nous
38:39et d'eux-mêmes,
38:40à l'inverse pour eux.
38:41Et puis,
38:42il y a plein de gens,
38:44les plus anciens comme moi,
38:46vous le savez,
38:47plein de gens qui ne savent plus
38:48où ils habitent.
38:50Alors,
38:50ils étaient de droite.
38:52Alors,
38:52des fois,
38:53en plus gaullistes,
38:54comme ça,
38:54c'était plus fréquentable.
38:56Et puis,
38:57d'autres,
38:58ils ne savaient pas bien.
38:59Et puis,
38:59certains,
39:00ils disaient,
39:00ben,
39:01nous,
39:01on n'est ni de gauche,
39:04ni de gauche,
39:05mais pas vraiment de droite.
39:08Et tous ces gens,
39:09aujourd'hui,
39:10ils sont perdus.
39:11Ils regardent.
39:12Et je vais vous dire,
39:13ils n'ont pas envie
39:14de se battre avec les gens
39:15dans la rue
39:15à propos de foulards.
39:16et ils écoutent ce qu'on dit.
39:19Quand on leur dit
39:20la santé,
39:21que les maladies
39:22qui accablent notre pays,
39:24le diabète,
39:25le cancer,
39:26les maladies du cœur,
39:28sont des maladies politiques
39:30qui résultent
39:30de la malbouffe
39:31parce qu'on ne peut pas
39:32bien bouffer,
39:34résultent des pesticides.
39:36Alors,
39:37ils entendent
39:38ce qu'on leur dit.
39:39Et je vois plein de gens
39:41qui trouvaient
39:42que Mélenchon
39:43était exagéré
39:44et qui disent maintenant,
39:45bon, quand même,
39:47ça ne peut plus durer comme ça.
39:48Eh bien,
39:49celui ou celle
39:49qui dit
39:50que ça ne peut plus durer
39:51comme ça,
39:51il fait un pas
39:52dans notre direction.
39:53Et ce que je vous dis,
39:54c'est qu'on a intérêt
39:55à les gagner
39:57par les idées,
39:58par les propositions,
40:01pas par l'insulte.
40:02Je me réjouis
40:03de voir
40:03comme ils me maltraitent
40:04sur X.
40:06Et c'est toujours
40:07à propos de mon âge.
40:08Et à force
40:09de lire leur truc,
40:10je me dis,
40:10mais comment ils traitent
40:11leurs propres parents,
40:12ceux-là ?
40:13Comment ils osent parler
40:14de quelqu'un
40:15qui, à mon âge,
40:17ils disent
40:17à l'EHPAD,
40:19comme si c'était
40:20le bagne
40:21ou la prison
40:21ou la poubelle.
40:23Regardez
40:24comme ces gens
40:24sont dégénérés
40:25moralement,
40:26autant que politiquement.
40:29Voilà,
40:29mon idée,
40:30c'est qu'on est fort
40:31par nos propositions.
40:33Il s'agit donc
40:34de mettre
40:35les questions
40:36sociales
40:37et économiques
40:39et écologiques
40:41au cœur
40:41de la campagne.
40:42Alors,
40:43pour l'heure,
40:43dans l'état
40:44du rapport de force,
40:45de nombreux sondages
40:46vous qualifient
40:47désormais
40:48au second tour
40:49face au RN,
40:50justement.
40:52Mais,
40:52il y a un mai.
40:57Il y a quand même
40:57un mai.
40:58Je ne sais pas
40:59si vous allez m'entendre,
41:00mais je vais poser
41:01ma question.
41:02ces mêmes sondages
41:19vous donnent aussi
41:20battus
41:20par Marine Le Pen.
41:27Alors,
41:28il ne nous reste
41:29pas beaucoup de temps.
41:30attendez,
41:31parce que la question
41:31est importante.
41:33Il faudrait
41:33qu'on puisse la poser.
41:37Oui,
41:37parce que je le disais
41:38à l'instant,
41:39mais personne ne m'a entendu,
41:40je pense.
41:41Il y a quand même
41:44un mai,
41:44parce que ces mêmes
41:45sondages,
41:45pour l'heure,
41:46vous donnent
41:47battus par Marine Le Pen.
41:48Alors,
41:49la question,
41:51ce sont les sondages.
41:52La question,
41:53c'est qu'est-ce que
41:54vous répondez
41:55à ceux qui,
41:57à gauche,
41:58surtout,
41:58en particulier,
41:59ceux qui nous intéressent,
42:00ne croient pas
42:01que vous puissiez
42:02l'emporter
42:02face à l'extrême droite
42:04en cas de second tour ?
42:06Ben,
42:07écoutez,
42:10il fallait déjà
42:11arriver jusqu'à ce point-là.
42:13Mais écoutez-moi,
42:14les amis,
42:15je réponds
42:15à votre question.
42:17Il y a eu
42:18une bascule
42:19qui s'est produite.
42:20Tous ceux
42:20qui militent ici
42:21le savent.
42:22qu'est-ce qui s'est passé ?
42:24Jusqu'à la veille
42:26de Saint-Denis,
42:28l'ambiance à gauche
42:29était toute éperdue.
42:30Et puis,
42:32il aura suffi
42:33qu'on lève
42:34le fanal de combat
42:35et qu'on s'y porte
42:37s'y même
42:37avec vigueur,
42:39avec force,
42:39détermination,
42:41sans baisser les yeux,
42:42pour que l'appel
42:43soit entendu.
42:44Et que
42:45des masses de gens
42:46se disent
42:47« Oui,
42:47je suis d'accord
42:48ou un peu
42:49ou moyen
42:50ou très beaucoup
42:51d'accord avec eux. »
42:54Mais j'y vais.
42:55Et c'est le rassemblement
42:57de Saint-Denis
42:58de 26 000
42:59ou 30 000 personnes
43:01qui a opéré
43:02une bascule
43:03dans l'opinion.
43:04Ce n'est pas moi.
43:07J'y ai pris ma part.
43:09Ce n'est pas seulement
43:11le mouvement assoumis.
43:13C'est bien sûr
43:14le magnifique discours
43:15d'Annie Ernaud
43:16le discours
43:19d'Éric Vuillard.
43:21Mais l'essentiel
43:23ce jour-là,
43:24c'était les gens
43:25qui étaient venus,
43:26qui avaient rempli
43:27les métros
43:28et les RER
43:28et qui tout d'un coup
43:30se sont mis à crier
43:31« On va gagner ! »
43:34Et en un instant,
43:38le sentiment politique
43:40s'est retourné
43:42dans les esprits.
43:43Et ceux qui dans cette salle
43:45sont des syndicalistes.
43:46Ils nous ont appris
43:48une règle de base.
43:49La force va à la force.
43:51Et c'est parce que
43:52nous avons montré
43:53notre détermination
43:54et les gens l'ont montré.
43:56Voilà pourquoi
43:57la situation a basculé.
43:59Et maintenant,
43:59je fais le pari
44:00que sauf incident de parcours,
44:03cette dynamique-là
44:04ne peut plus être éteinte.
44:06C'est pourquoi,
44:06de manière un peu audacieuse
44:08et un peu taquine,
44:10j'ai dit « La primaire est finie »
44:11à ce moment-là.
44:12C'est ça que je voulais dire.
44:15Applaudissements
44:17Alors,
44:18on me pose la question.
44:22Vous savez,
44:22cette histoire de deuxième tour,
44:25je vais dire une méchanceté,
44:26mais ça ne va pas viser l'humanité.
44:28C'est un problème de journalistes,
44:30ou bien qu'ils s'occupent
44:31avec quelque chose.
44:32Alors,
44:33comme ils ne peuvent pas
44:33passer leur temps à dire
44:34« Mais comment ce type
44:36qu'on disait mort,
44:36lui et ses copains,
44:38est revenu nous casser les pieds
44:39et risque en plus
44:40de nous prendre
44:41ce qui compte le plus,
44:42le pouvoir ? »
44:44Alors,
44:44on a inventé
44:45le fait que
44:47je suis un homme
44:49rejeté,
44:49voire haï
44:50par une majorité de Français,
44:51mais même dans leur propre sondage.
44:53Ils ont trouvé
44:54d'autres têtes à claques
44:54que la mienne.
44:56Alors,
44:57que faut-il faire ?
44:59Mais se battre,
45:00c'est tout.
45:00Qu'est-ce qu'on a...
45:01Est-ce qu'on n'a jamais fait autrement ?
45:03On va se battre.
45:04Et si nous faisons
45:04un bon premier tour
45:06très dynamique,
45:08très fort,
45:08qui entraîne
45:09pas par l'exclusive,
45:11par les engueulades
45:12ou je ne sais pas quoi,
45:13qui entraîne
45:14parce que les gens se disent
45:15« Ah, ceux-là,
45:16ils savent où ils vont,
45:17ils savent ce qu'ils vont faire. »
45:18Comme on a dit,
45:19nous, sur tous les tons,
45:20c'est carré.
45:21Alors,
45:21si on passe cette barre
45:22qu'on arrive
45:23dans ces conditions,
45:24on emportera tout,
45:26vous verrez,
45:27parce que,
45:28contrairement à ce qu'ils racontent,
45:30si ce qu'ils fabriquent
45:31avec leur sondage
45:32a une quelconque valeur scientifique,
45:34alors,
45:36scientifique,
45:36laissons tomber,
45:37mais disons approximative,
45:38eh bien,
45:39je leur dis la chose suivante,
45:41si le taux de report
45:44du reste de la société
45:46vers les candidats insoumis
45:48est le même
45:49à l'élection présidentielle
45:51qu'il a été en 2024,
45:53alors,
45:53le résultat prévisible,
45:55c'est 50-50
45:56à cette heure-ci.
45:58Vous avez bien compris ?
46:01Si vous reportez
46:02sur le deuxième tour
46:04c'est 50-50,
46:06alors,
46:07c'est maintenant
46:07qu'il faut y aller.
46:13puisqu'on se projette
46:14dans le second tour,
46:15on se tourne aussi
46:15vers les législatives
46:17de 2026.
46:19Vous aviez conditionné
46:20la question
46:20de l'alliance à gauche
46:21aux législatives
46:22à un accord plus large
46:23qui comprenait
46:23la présidentielle,
46:24sans succès,
46:25il y a plusieurs candidats
46:26à gauche
46:26et il n'y a pas d'accord
46:27pour les législatives.
46:28Est-ce que cet accord
46:29est toujours d'actualité ?
46:30Est-ce qu'il est toujours
46:31possible selon vous ?
46:34Pour avoir une majorité
46:35parlementaire
46:35pour prendre le pays ?
46:36Je vous apprends franchement,
46:37il y a eu des dégâts, quoi.
46:40On a fait,
46:42en 2022,
46:45on a fait ce qu'il fallait,
46:46c'était la nupesse.
46:48Ça s'est brisé
46:49sur les révoltes urbaines.
46:51Nos alliés nous ont dit
46:52« Ah non,
46:53on a d'autres valeurs que vous »
46:54parce que je refusais de dire
46:55« Je ne sais plus
46:57ce qu'il fallait que je dise,
46:57le retour au calme
46:58ou je ne sais pas quoi ».
46:59Et moi, j'ai dit
47:00« Non, non,
47:01ce que je réclame,
47:02c'est justice.
47:02pour le gamin
47:03qui est mort ».
47:04Et j'ai à redire,
47:05je réclame justice.
47:07Mais là,
47:08ça a commencé
47:08à dégénérer.
47:09Et puis après,
47:10le ton est monté.
47:12Et puis après,
47:13ça a été
47:14l'événement du 7 octobre
47:15et la diabolisation
47:17absolue
47:18du mouvement insoumis
47:19comme étant
47:21des suppôts
47:21du terrorisme
47:22et tout ça.
47:23Bon, vous vous rappelez
47:24comment Rima a été traité
47:25et tout,
47:25mes camarades
47:26et moi-même.
47:27Donc,
47:28camarades,
47:29il y a eu
47:30des dégâts de faits.
47:31c'est-à-dire
47:32qu'il y a des gens
47:33qui ont cru
47:34à toutes ces choses
47:35et ça les bloque
47:36par rapport à nous
47:36et à l'inverse,
47:38parce qu'il faut aussi le dire,
47:40tous ceux
47:41qui avaient fait l'effort
47:44de voter
47:45n'étaient pas toujours
47:46dans la joie.
47:48Mais aussi,
47:49ça leur a fait mal.
47:51Les gens qui votent
47:52ensemble avec nous,
47:53ce n'est pas des pions,
47:56ce n'est pas des choses,
47:57ce sont des gens
47:57qui pensent
47:58et qui ont vu
47:59comment,
48:00en l'espace de deux ans,
48:01alors qu'on nous avait
48:02annoncé perdant
48:03à l'élection de 2024,
48:05vous vous en souvenez,
48:06tous les sondages
48:07nous annonçaient perdant.
48:08Et pourtant,
48:09avec la manière
48:10avec laquelle
48:11on s'est battus,
48:12c'est nous
48:12qui avons gagné.
48:13Mais,
48:14aussitôt,
48:17où est passée
48:18la détermination
48:19à imposer
48:20à un gouvernement ?
48:22Où elle est passée ?
48:24Que s'est-il passé
48:25à ce moment-là ?
48:26Dix jours de palabres
48:28pour savoir
48:29qui,
48:30quoi,
48:31comment,
48:31à quelques heures près,
48:33Macron arrivait
48:34à décréter
48:35la trêve olympique
48:36sans qu'on ait été capables
48:38d'avancer à un nom ?
48:39Vous croyez que j'ai oublié ?
48:40Moi, je suis un militant,
48:41je ne m'abuse pas là-dedans.
48:43Je mène une stratégie
48:44avec des moyens,
48:45une volonté.
48:47Et quand on a
48:48de l'expérience,
48:49on apprend de l'expérience.
48:51C'est un lourd passif
48:52qui est là.
48:53Mais vous êtes en train
48:54de faire la décision.
48:56Parce que,
48:56ce n'est pas moi
48:57qui ai décidé
48:57le niveau où je suis
48:59dans les sondages.
49:00C'est vous.
49:01C'est vous
49:02qui faites la décision.
49:03Donc,
49:04tout dépend de vous,
49:04maintenant.
49:05Moi,
49:06j'en ai assez.
49:08Et je ne perdrai pas
49:09une minute
49:11à jouer de la mandoline
49:12sous la fenêtre
49:13de qui que ce soit.
49:15Bienvenue
49:15à tous ceux
49:15qui veulent entrer
49:16dans la lutte
49:17avec nous.
49:18Point final.
49:22La question
49:22que ça pose,
49:23c'est
49:23est-ce que la gauche
49:24peut avoir
49:25une majorité parlementaire
49:26au printemps prochain
49:27sans un accord ?
49:28Mais,
49:29ami,
49:30imagine qu'on m'ait élu.
49:31Qu'est-ce que tu crois
49:32que je vais faire ?
49:32Que je vais rester caché ?
49:34Ou que je vais dire
49:36des paroles confuses ?
49:37J'irai,
49:38je dirai aux gens
49:39j'ai besoin
49:40d'une majorité.
49:41Votez
49:41pour les députés
49:43Union pour la 6ème République.
49:45Je le ferai
49:46tous les jours.
49:47Avec les autres forces de gauche,
49:48c'était ça la question.
49:49Ceux qui veulent.
49:51Mais attendez.
49:53Je veux dire les choses,
49:55mais bien franchement.
49:57En ce moment,
49:58déjà,
49:58il y a un problème.
49:59nous,
49:59on fait campagne électorale.
50:02Ici,
50:02je n'apprends rien à personne.
50:03Qu'est-ce que c'est
50:04une campagne électorale ?
50:05C'est beaucoup de boulot.
50:06Tu vas au porte-à-porte,
50:08tu parles à quelqu'un
50:08qui au début,
50:09t'aimes bien,
50:10est content de te voir
50:11ou n'est pas content
50:11de te voir du tout.
50:13Et puis,
50:13il y a des questions.
50:15Et puis,
50:16c'est difficile
50:16parce qu'on ne comprend pas tout.
50:18M. Mélenchon,
50:18qu'est-ce que vous voulez faire ?
50:19Vous ne voulez plus
50:20qu'on paye les dettes ?
50:21On ne comprend pas.
50:22Bref,
50:22c'est ça,
50:23faire campagne électorale.
50:25Expliquer,
50:25expliquer,
50:26expliquer,
50:27convaincre,
50:27rassurer.
50:28Il y en a là-dedans
50:28qui ont fait le programme commun,
50:30non, dans le passé ?
50:31Bon,
50:31on allait au porte-à-porte
50:32et les gens disaient
50:33« Ah, c'est bien,
50:34vous y croyez ? »
50:35Et puis,
50:35ils disaient
50:35« Mais vous êtes alliés
50:36avec les communistes, vous ? »
50:37« Ah oui,
50:38oui, oui, oui,
50:39ça se passe bien,
50:40on est assez contents. »
50:41Ah oui, d'accord,
50:42mais ils ne croient pas en Dieu
50:42alors nous,
50:43on ne vote pas contre Dieu.
50:44Voilà.
50:44C'est ça,
50:45faire campagne électorale.
50:47C'est beaucoup d'efforts,
50:48camarades.
50:54la rupture,
50:55pas pour la rupture,
50:56la rupture avec les filles,
50:57sans les filles.
50:58Écoutez,
50:58le temps qu'ils aient fini
50:59de décider,
51:00on respecte ce qu'ils font.
51:01Faites ce que vous voulez,
51:03on fait campagne.
51:04Et là,
51:04tu me poses la question
51:05« Est-ce que la gauche ? »
51:06J'en sais rien,
51:07je ne suis pas la gauche, moi.
51:08D'abord,
51:08qu'est-ce que c'est la gauche ?
51:09Qui c'est qui y est ?
51:10Pour moi,
51:11qui est-ce qui est à gauche ?
51:12Celui qui pratique
51:13un programme de gauche,
51:14celle qui applique
51:15un programme de gauche,
51:16celle qui le défend.
51:17Voilà.
51:18Alors,
51:19je ne biaise pas,
51:21je ne suis pas en train
51:22de biaiser.
51:23Je fais la réponse
51:24que je peux faire aujourd'hui.
51:26Nous n'avons qu'une chose
51:27à faire,
51:28c'est campagne.
51:29Tout ce qui sera gagné
51:30à la conviction de gauche
51:32au programme
51:33« L'avenir en commun »,
51:34ça sera gagné
51:35en toute hypothèse
51:36pour le premier
51:37comme pour le deuxième tour.
51:39Il faut faire campagne.
51:42Alors,
51:43le temps passe très vite
51:45et on arrive
51:46au terme de ce débat.
51:47Il va me rester
51:48juste à vous remercier
51:50de votre présence,
51:51de votre présence
51:51à toutes et tous.
51:53Évidemment,
51:54sur cette question
51:54de la gauche
51:56et de tous les thèmes
51:57qu'on a abordés,
51:58le débat va être amené
51:59à se poursuivre
52:00pendant les trois jours
52:01de fête
52:01avant de se poursuivre
52:02évidemment dans les mois
52:04qui viennent.
52:05Merci beaucoup à tous
52:07et puis restez tous ici
52:09parce que les débats
52:10se poursuivent
52:11sur l'agora de l'humanité.
52:13Merci.
52:16Merci.
52:19Merci.
52:20Jean-Luc Mélenchon.
52:23Merci.
52:27Merci à Jean-Luc Mélenchon.
52:30Merci à Julien Mlaoui.
52:33Merci.
52:37Merci à tous.
52:42Merci.
52:46On a encore beaucoup de choses
52:49qui ne sont pas agréables.
52:53C'est bon,
52:55on a encore eu de la vie et
52:58je suis de la vie.
52:59On va la joie et je suis de la joie et je suis de la joie.
53:08On va la joie et je suis de la joie.
53:11Merci à tous.
53:11Sous-titrage FR ?

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