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  • il y a 2 jours
Alors que le groupe Sanofi vient d'annoncer la cession de son site de Maisons-Alfort à l'allemand Adragos Pharma, une centaine de salariés ont bloqué l'entreprise du groupe pharmaceutique. Reportage sur le piquet de grève.

Le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé mardi 1er juillet, céder son site de Maisons-Alfort, dans le Val-de Marne au sous-traitant allemand Adragos Pharma qui s'est engagé à « garantir le maintien de l'emploi pendant trois ans » pour les 452 collaborateurs de l'entreprise.

L'activité de Maisons-Alfort est consacrée à 80% à la production de Lovenox, un médicament anticoagulant qui empêche la formation de caillots sanguins dans les vaisseaux. L'usine fabrique chaque année 160 millions de seringues de ce médicament qui est aussi produit sur le site de Csanyikvölgy, en Hongrie.
Depuis plusieurs années, ce produit subit la concurrence internationale, particulièrement asiatique, une situation qui « provoque une baisse continue de l'activité du site et de son volume de production » explique le groupe dans son communiqué et qui précise également « avoir multiplié les initiatives pour inverser cette tendance mais l’érosion de nos volumes n’a cessé de se poursuivre.»  

Dans son communiqué, la CGT Sanofi appelle elle « à revenir sur cette décision funeste » pour ce site historique du groupe et « berceau du Lovenox, médicament phare de Sanofi depuis les années 80 ».

« On va être le 25e site cédé ou fermé par Sanofi depuis 2009 alors que ce groupe réalise des milliards de bénéfices nets tous les ans, tout en percevant de l'argent public, on n'a pas de mots pour ça », souligne Nassim Bekhtaoui, délégué syndical central CGT.

Le syndicat argumente que « la transformation du site, combinée à la formation du personnel, représente une alternative bien moins coûteuse, beaucoup plus rapide à mettre en oeuvre et surtout socialement plus porteuse ».

Depuis le début de l'année, Sanofi a cédé partiellement la branche qui commercialise le Doliprane et a annoncé la cession du site d'Amilly dans le Loiret, qui fabrique l'Aspégic et le Kardegic, en raison d'une « inadéquation avec le portefeuille des produits innovants de Sanofi ».

Alors que la commission d'enquête sénatoriale sur les aides publiques versées aux sociétés vient d'annoncer le chiffre vertigineux de 211 milliards d'euros attribués pour 2023, un rapport qui soulève incompréhension et colère dans l'esprit des salariés du géant pharmaceutique français.

Erratum : A partir de 28s il s'agit de Bruno Lafosse qui s'exprime

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00:00Qu'un groupe comme Sanofi, qui réalise des milliards de bénéfices nets tous les ans,
00:04qui vient encore une fois cette année de réaliser une opération de rachat d'actions d'environ 5 milliards d
00:09'euros,
00:10se permette en plus de percevoir de l'argent public et en parallèle de céder des sites
00:15et donc de se délester d'une part importante de ses employés, on n'a pas de mots pour ça
00:19en fait.
00:20Sanofi a réduit son entrave industrielle en France, passant de 38 à 14 établissements, supprimant plus de 10 000 emplois
00:26sur le...
00:27C'est la façon dont c'est fait, c'est que du jour au lendemain, on annonce que ça va
00:31pas bien
00:32et la semaine d'après, on dit, ben, ça y est, on a trouvé un repreneur, quoi.
00:34Donc, mettez-vous dans la situation que du jour au lendemain, ben, vous êtes chez vous, puis on vient vous
00:38voir,
00:38ben, on dit, ben, ben, on vous met dehors.
00:40Ou alors, ben, vous mettez un bailleur, mais on ne sait pas ce que vous allez payer comme loyer,
00:44quelles sont les conditions qu'on va accepter pour vivre dans cette société.
00:47Donc, les gens avaient, je dirais, tout basé sur leur vie, pour construire leur vie grâce à Sanofi, quoi.
00:54Et du jour au lendemain, tout s'écroule parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer.
00:56Je suis en colère, je suis triste, j'ai pas de mots, j'ai pas de mots.
01:01En colère et c'est surtout un grand sentiment de trahison parce qu'il faut savoir que le Lovenox qui
01:06est sur le site,
01:07ça fait depuis 30, 40 ans que Sanofi l'utilise.
01:12Ça a été l'âge d'or de Sanofi, c'est grâce à ça que Sanofi, c'est ce qu
01:16'il est aujourd'hui.
01:16On a des collègues qui sont là depuis 35 ans, ils ont connu Rhône Poulenc, ils ont connu Aventis.
01:21Aujourd'hui, ils sont Sanofi et on leur dit aujourd'hui, ben, merci, au revoir, quoi.
01:25Donc c'est un sentiment, oui, de trahison déjà. Le plus gros sentiment, c'est la trahison.
01:30Pour l'instant, Sanofi nous couvre juste pendant 3 ans pour nos salaires et nos emplois.
01:34Mais on sait clairement qu'un PSE va être déguisé dans moins de 3 ans.
01:39Parce qu'on sait clairement, pour l'instant, on ne sait pas ce que Adragos Pharma va nous promettre.
01:44Lui-même l'a dit en centrale encore hier. Ils vont essayer, mais ce n'est pas encore confirmé.
01:50Notre baisse de l'Ovenox va continuer sur les prochaines années. On sait qu'on ne va pas devenir un
01:55site viable.
01:55Et donc, on sait que le travail va être donné à Adragos de nous fermer prochainement.
01:59On a là un système d'assistanat des très grands groupes, des multinationales, des très grands groupes qui n'est
02:07plus acceptable.
02:08Là, on a fait une mission d'enquête pluraliste où les recommandations ont été unanimement reconnues.
02:13Il y a eu 211 milliards en 2023 qui ont été versés aux entreprises.
02:18Avec quand même, excusez-moi, qui est capable de me dire ici la contrepartie ?
02:22Demander des comptes. Quand on donne un milliard d'aides publiques, oui, ils doivent rendre des comptes.
02:27Quand c'est la souveraineté industrielle française qui est menacée, oui, ils doivent rendre des comptes.
02:30Quand c'est des travailleuses et des travailleurs essentiels qui sont maltraités, oui, il faut demander des comptes.
02:36Et tant qu'on n'aura pas les comptes qui sont demandés, tant qu'on n'obtiendra pas l'arrêt
02:40de cette vente, alors on ne s'arrêtera jamais de lutter.
02:42On va être le 25e site cédé ou fermé par Sanofi depuis 2009.
02:46Et donc un groupe comme Sanofi qui réalise des milliards de bénéfices nets tous les ans,
02:51qui vient encore une fois cette année de réaliser une opération de rachat d'actions d'environ 5 milliards d
02:56'euros,
02:57se permette en plus de percevoir de l'argent public et en parallèle de céder des sites
03:02et donc de se délester d'une part importante de ses employés.
03:05On n'a pas de mots pour ça en fait.
03:09Merci Dacine.
03:12On a une camarade de l'Udé du Val-de-Marne qui...

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