00:00Au-delà du welcome avec 129 suppressions de postes, on a des collègues un peu partout en France qui sont
00:03sur le point de perdre leur boulot aussi.
00:04En chimie, le syndicat des patrons de la chimie annonce 15 000 suppressions de postes dans l'année ou dans
00:10les deux années à venir pour l'industrie chimique, donc c'est une catastrophe.
00:21Aujourd'hui on est sur un plan de licenciement collectif de 129 emplois qui va comprendre 98 licenciements secs.
00:29Parce qu'on a perdu un gros contrat et qu'on savait depuis des années que ce contrat on finirait
00:33par le perdre.
00:34Mais notre direction n'a pas cherché, n'a pas trouvé un produit remplaçant pour nous permettre de continuer à
00:38travailler et à vivre notre boulot, clairement.
00:41Donc welcome aujourd'hui à son actif à Trolley-Breuil, c'est déjà sans suppression d'emplois sur 10 ans
00:47et après le plan social ça sera 239 en tout.
00:49C'est catastrophique pour le bassin de cuisées de trolley, c'est des petits villages, quand il n'y aura
00:53plus personne qui bossera, ils ne pourront plus vivre non plus.
00:54Dans cette boîte, Velschem Lamotte, ici dans l'Oise, on fabrique un composant essentiel de l'amoxicilline.
01:01Et on est le seul producteur de ce composé en Europe.
01:05Imaginez que ce site ne tienne pas, ça veut dire qu'il y a un médicament essentiel pour les gens
01:09qui n'est plus produit,
01:10ou en tout cas dont on ne produit plus un des composés essentiels.
01:13Donc c'est pas seulement une question d'emploi, mais c'est aussi une question de souveraineté et d'intérêt
01:18stratégique de la France.
01:19Et on ne peut pas laisser faire ça au nom juste de méga-profits de grands actionnaires.
01:25Et l'État peut agir. En réalité, il n'y a pas de fatalité.
01:29Une autre économie, une autre entreprise est possible.
01:32Il suffirait par exemple de conditionner toutes les aides publiques et de demander le remboursement des aides publiques quand on
01:37délocalise.
01:38Il suffirait d'interdire les licenciements boursiers de ce type.
01:41Il suffirait d'exiger aussi des maisons-mères vis-à-vis de leur filiale une responsabilité sociale.
01:46Aujourd'hui, nous, on est sur la branche chimie, mais c'est beaucoup de nos emplois aujourd'hui qui sont
01:51supprimés.
01:52On pourrait parler de nos camarades de la métallurgie avec l'automobile.
01:55On peut parler de nos camarades de la plasturgie également.
01:58On a l'industrie pharmaceutique qui est touchée aussi tous les jours un peu plus.
02:02Ce matin, je me réveille, c'était encore deux annonces qui étaient faites dans la chimie.
02:06Chez Science Co, où on a un plan qui est en train de se mettre en place.
02:09On a Axo Nobel à quelques kilomètres d'ici, où eux aussi sont dans la même situation que les travailleurs
02:14de Welch M.
02:15On pense que la chimie est un secteur stratégique. Pourquoi pas parler de nationalisation ?
02:19Personnellement, mon grand-père a été ouvrier dans une usine de chimie aussi.
02:24Donc ça me touche tous ces sujets-là.
02:25Il y a une violence sociale qui me révolte totalement dans ces licenciements.
02:29Et voir plein de gens ici, et peut-être un plus un avec moi,
02:33ça fait... je trouve que c'est une des choses les plus belles qu'on puisse leur montrer.
02:38C'est qu'en fait, les gens, on leur dit qu'ils vont perdre leur emploi.
02:41En fait, non, ils sont dehors. Et sans être sûrs de gagner, ils sont déjà là à se mobiliser.
02:45Et je trouve ça magnifique. Et d'autant plus dans la période actuelle où on n'a toujours pas de
02:49gouvernement.
02:50Il ne fallait pas attendre la nomination du prochain Premier ministre ou de la prochaine Première ministre
02:54pour faire valoir nos revendications.
02:56C'était précisément dans cette période d'instabilité qu'il fallait que les luttes sociales s'amplifient et soient présentes.
03:00J'espère, j'espère, j'espère qu'une journée comme la nôtre aujourd'hui va apporter quelque chose.
03:06et va décider des personnes qui auraient pu être encore indécises à se battre et à suivre le mouvement.
03:11Parce que c'est le seul moyen qu'on aura pour faire plier la direction.
03:15L'industrie chimique, si on ne fait pas quelque chose, si le gouvernement ne prend pas conscience,
03:20ça va être fini en France.
03:22En France, c'est simple.
03:24Moi, je pense que la seule chose qui pourra fonctionner, c'est l'industrie du luxe,
03:28les artisans qui ont un savoir-faire exceptionnel,
03:31parce que ça, on ne pourra pas l'enlever, le savoir-faire des gens.
03:34Et puis, après, on va dire la restauration, les coiffeurs et les gros que morts.
03:42Voilà.