00:00Justice réparée, ce n'est même pas vrai !
00:03Justice est raté, c'est toujours vrai !
00:12Non, non, mais c'est bien, mets-toi là !
00:13Et Céline, elle se met à côté ?
00:15Comme ça, elle tient déjà une lettre, tu vois, et ça...
00:17Elle ne change pas de place, c'est ça.
00:18Elle ne change pas de place, elle ne change pas de place.
00:19Ouais ! Tous ensemble, tous ensemble !
00:22Ouais ! Ouais !
00:24Alors, ça fait un an qu'on se mobilise de plus en plus fortement,
00:28et puis surtout qu'on voit nos collègues tomber les uns après les autres.
00:32Évidemment que les décès, c'est le paroxysme de cette situation.
00:36Il y a eu un suicide à l'été 2021, là, une collègue qui meurt d'un AVC en pleine
00:41audience,
00:42mais il faut savoir que les malaises, les burn-out, les malaises cardiaques,
00:46il y en a énormément, et c'est vraiment la cause du stress chronique
00:51que tout le monde, tous les magistrats vivent au quotidien.
00:54Justice au rapide ! Justice en danger !
00:58Nous, on souhaite, oui, des moyens supplémentaires, oui, des recrutements supplémentaires,
01:01mais sur le long terme, pour rattraper le retard considérable qu'on a pris depuis des années dans ce service
01:07public,
01:08nous, ce qu'on veut, c'est peut-être juger moins, mais juger mieux,
01:11et dans des conditions qui sont décentes pour les professionnels et aussi pour les justiciables.
01:18Dans les tribunaux, on continue à être en sous-effectif, que ce soit du côté des magistrats et des greffiers.
01:24Je discutais encore, j'étais d'astreinte samedi, avec un collègue des CRPC de Bobigny,
01:30comparution préalable sur reconnaissance de culpabilité.
01:33Il en est à 60 heures par semaine.
01:36Ce n'est pas possible.
01:37Il fait plus de 10 heures par jour.
01:39Ce n'est pas possible.
01:41Quels que soient les soucis de santé que l'on a par ailleurs,
01:45on ne doit pas aller au travail, ça ne doit pas aggraver nos soucis de santé.
01:48Si ça les aggrave, c'est qu'il y a un problème d'organisation du travail,
01:52de répartition de la charge de travail et une absence de prise de conscience par l'employeur,
01:59en l'occurrence le ministre de la Justice et toute la hiérarchie en dessous,
02:04des difficultés dans lesquelles ils mettent les travailleurs.
02:08Les moyens pour la justice !
02:10Les moyens pour la justice !
02:12Les moyens pour la justice !
02:14La justice manque tellement de moyens que les délais sont allongés,
02:18que les magistrats sont exsangues, que les greffiers n'en peuvent plus
02:22et que les avocats aussi ne peuvent plus exercer leur métier normalement.
02:26On nous dit que nos conclusions sont trop longues,
02:29on nous demande de plaider très rapidement, voire de déposer nos dossiers.
02:35Plus personne n'a le temps de rien faire et la justice est déshumanisée.
02:39Justice asphyxie est un droit en danger !
02:42Justice asphyxie est un droit en danger !
02:46Ça nous semblait très important d'être là aujourd'hui aux côtés des magistrats
02:49et de tous les personnels de justice,
02:51car la justice est un service public sinistré,
02:53mais au même titre que beaucoup de services publics en France.
02:56Et malheureusement, la justice intervient souvent là où les autres services publics ont failli.
02:59Ce qui se passe aujourd'hui, c'est la cause d'une vision qui s'est imposée progressivement.
03:03Ce n'est pas lié au quinquennat actuel,
03:05c'est une vision beaucoup plus ancienne qui s'est imposée,
03:07selon laquelle les services publics seraient d'abord à penser en termes de coût.
03:12Et donc le résultat est là,
03:13on a des services publics qui sont vraiment arrivés à un point de rupture.
03:17On a de nombreux hôpitaux qui ferment, on a des bureaux de CAF qui ferment,
03:21des écoles qui sont sous-chargées.
03:22Il faut non seulement évidemment davantage de moyens pour les services publics,
03:25mais aussi réfléchir de nouveau en termes d'intérêt général
03:28et à quoi sert le service public, quel modèle de société on souhaite.
03:33Et donc à cette haute, on pourra de nouveau investir dans nos services publics.
03:39La justice va mal, la justice va mal depuis des années.
03:41Je dis à mon ministre que je respecte, il faut continuer, qu'on va dans le bon sens,
03:46mais qu'il faut peut-être prendre le budget et arrêter de faire que du pénitentiaire
03:52et s'occuper beaucoup plus de la justice.
03:57Ça fait cinq ans qu'on râle tous les ans pour rouvrir des places à l'École nationale
04:02et à la magistrature, pour avoir un maximum de magistrats recrutés,
04:05qu'il n'y ait pas un siège vacant sur les bancs de l'école,
04:09y compris pour l'École nationale des greffes, et ce n'est pas le cas.
04:12Donc déjà, c'est cinq ans de ratés et de perdus,
04:14et ça, ça reste en travers de la gorge,
04:17surtout quand vous avez un ministre qui vous explique à la fin
04:18que grâce à lui, la justice s'est réparée,
04:21qu'il n'y a jamais eu des budgets aussi historiques.
04:23Quand on voit la souffrance qui est exprimée par les magistrates,
04:25magistrats, greffiers, greffiers,
04:26on se dit qu'il est vraiment à côté de ses pompes
04:29et que c'était du gâchis pendant cinq ans.
04:30Maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour l'avenir ?
04:32Eh bien, il faut se dépêcher, justement, de créer des antennes
04:34de l'École nationale de la magistrature un peu partout dans le pays,
04:37sur la base des IEJ, des instituts d'études juridiques,
04:41qui pourraient servir de support, pareil pour l'École nationale des greffes,
04:45parce qu'on a besoin de recruter rapidement,
04:47parce que ça n'arrivera que dans 31 mois pour les magistrats
04:49et un peu moins, environ deux ans pour les greffiers.
04:54Et puis derrière, il faut aussi développer peut-être des passerelles
04:57avec des formations quand même étayées et renforcées,
05:00mais pour que des avocats, qui sont avocats depuis longtemps,
05:03puissent devenir magistrats sur une formation un peu raccourcie.
05:06Mais encore, faut-il aussi donner des garanties sur la formation continue
05:08pour qu'ils soient à niveau et qu'on ne dégrade pas la qualité de la formation
05:11parce qu'il y aurait des problématiques de moyens.
05:13Donc c'est un ensemble qu'il faut prendre à bras le corps
05:17et je ne crois pas qu'Éric Dupond-Moretti soit à la hauteur.
05:20D'ailleurs, le budget 2023 qu'il nous a vendu, certes, il est en augmentation,
05:24mais en fait essentiellement pour des places de prison.
05:26Et puis quand on voit que le ministre de l'Intérieur est capable de mobiliser
05:2915 milliards d'euros dans sa loi de programmation,
05:33si seulement il pouvait y avoir la même chose à la justice, si seulement.
05:37Malgré les stocks, malgré les flux, et toutes ces injures incessantes,
05:41nous devons lever le poing encore plus haut, encore plus loin.