00:00Il y a ce drame dont on parle, il y a bien évidemment tout ce qui est autour de la
00:04personnalité du suspect numéro 1
00:06auquel sont raccrochées 6 affaires, 6 dépôts de plaintes depuis 2017.
00:12Vous, en tant qu'avocat pénaliste, ça vous interpelle aussi, vous vous dites, il y a eu des manquements, il
00:16y a eu des faillites.
00:17Elles sont objectives, mais moi ce qui m'interpelle avant tout, c'est la réaction du garde des Sceaux,
00:20la réaction de la classe politique qui dénonce en réalité un dysfonctionnement venant de comportements individuels de magistrats
00:27et je crois qu'ils se trompent sur toute la ligne. Je le disais tout à l'heure, les magistrats
00:31de ce tribunal d'Hoche
00:32sont dans une situation de désespoir absolu. La procureure a tenu une conférence lors de la rentrée solennelle,
00:39c'était un véritable appel à l'aide. Le député du GER, David Topiak, je le disais tout à l
00:42'heure,
00:43a posé une question au gouvernement en disant qu'il y avait moins d'un poste sur trois en réalité
00:48qui était pourvu,
00:49que l'informatique du tribunal ne marchait pas. Les magistrats de ce tribunal n'ont pas les moyens
00:53d'exercer une réponse pénale efficace et rapide. Et je trouve qu'il est extrêmement lâche de la part du
00:58garde des Sceaux
00:59plutôt que d'entamer une réflexion collective sur les raisons de ce manquement,
01:03les raisons pour lesquelles on n'a pas donné un budget suffisant pour cette juridiction,
01:06alors que les situations étaient connues, qu'elles étaient signalées.
01:10Eh bien, je trouve que désigner la faute des magistrats, c'est un comportement absolument irresponsable.
01:14Le garde des Sceaux devrait en réalité défendre son administration et trouver des solutions concrètes.
01:18Par exemple, en augmentant les effectifs, en augmentant le budget.
01:21J'entends ce que vous dites, mais ce n'est pas forcément ce qui va être forcément audible
01:24pour la famille des victimes, les manques de moyens des magistrats.
01:27Parce que du côté de la gendarmerie, on va dire, nous aussi, on a beaucoup d'affaires,
01:31on manque de moyens, on ne peut pas faire tous les actes qu'on nous dit.
01:33Est-ce que c'est la réponse à apporter à une famille endeuillée
01:36quand elle voit que depuis 2017, il y avait des plaintes contre un homme
01:40qui s'arrête le suspect numéro un, donc c'est des présomptions,
01:43mais aurait peut-être tué leur enfant ? Forcément, ça ne va pas les satisfaire.
01:46À un moment, il va falloir être un petit peu courageux et prendre le sujet de la justice
01:49avec le sérieux qu'il requiert.
01:51On traite la justice comme le parent pauvre du service public.
01:54On le traite quand il y a un fait divers.
01:55On se désintéresse absolument de la justice.
01:58Il suffit de voir la campagne présidentielle qui s'annonce,
01:59personne ne parle de la justice.
02:01Il faut à un moment avoir une réflexion sur quelle justice on souhaite.
02:05On sait qu'en France, on a trois procureurs pour 100 000 habitants,
02:07alors que dans le reste de l'Europe, c'est 11 procureurs pour 100 000 habitants.
02:10On a l'une des justices, en réalité, les moins bien pourvues d'Europe.
02:13Et c'est là-dessus qu'il faut entamer cette réflexion,
02:16entamer les réformes et trouver les financements nécessaires.
Commentaires