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  • il y a 3 heures
Cemil Şanlı arrive à l'Humanité pour une chronique de terrain dans l'émission mensuelle "Ça ira" ! Ce mois-ci, il met le gouvernement et les responsables politiques face à leurs contradictions au sujet du droit à l'IVG. En effet, malgré la constitutionnalisation de cette liberté, des entraves politiques subsistent.

Réalisé avec Franck Cartelet et Aliénor Lions.

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Transcription
00:00On va aller prendre la température du côté de l'Assemblée nationale.
00:04Et pour ce faire, nous accueillons notre confrère, le journaliste Jemil Sanli.
00:08C'est l'heure de Contre-Champ.
00:18Alors, pour planter le décor, Contre-Champ, ce sera ta chronique politique mensuelle à Luma.
00:22Et pourquoi Contre-Champ ? Eh bien parce que tu nous emmèneras caméra au point,
00:26poser des questions aux responsables politiques qui n'ont pas toujours envie qu'on leur pose des questions.
00:30Alors, avant de commencer la chronique, je vais vous raconter rapidement ce qui s'est passé ce midi.
00:33Je suis retourné au CRCM, au Compte-Rendu du Conseil des ministres.
00:36Et en plein milieu de mon échange avec Maude Bréjoun, qui est donc la nouvelle parole du gouvernement,
00:40un de ses conseillers, donc Élysée 1, depuis la salle, au milieu des jours de tour de l'ONS qui
00:45allait poser des questions plus tard,
00:46a lancé un arrêté en ma direction.
00:49Puis un second, lorsque je relance la ministre sur une question perturbant l'échange.
00:54Ensuite, en off, parce que ça ne s'est pas terminé en on, en off, après du coup le compte
00:59-rendu filmé,
01:00il s'est assuré, ce monsieur, que la régie avait bien coupé le direct à plusieurs reprises
01:04pour pouvoir me prendre vraiment un parti devant toutes les personnes présentes,
01:07les journalistes présents, silencieux, tous en fait, et choqués pour quelques-uns, pour ceux qui sont venus me voir après.
01:12Et la raison de cette agression, je vois des langues, selon les conseillers Élysée 1, avec qui j'ai pu
01:16parler après,
01:16c'est ma question et mes relances sur la proximité du pouvoir macronien avec le Rassemblement national,
01:23dans le contexte qu'on connaît avec la dissolution, enfin, la dissolution, finalement, le fait qu'on puisse,
01:30c'est quoi le mot déjà, la censure du gouvernement qui va arriver derrière éventuellement,
01:34et cette proximité qui a hérité la ministre, pour le citer.
01:39En fait, c'est des menaces, littéralement.
01:42C'est une forme d'intimidation des journalistes, et c'est pas la première fois, on a su ça, moi
01:46-même et des collègues, une collègue.
01:47Parce que c'est extrêmement grave, c'est déjà que les journalistes, j'imagine qu'il n'y en a
01:50pas forcément beaucoup
01:51qui vont poser des questions comme toi, tu vas les poser, donc en plus, si on est reçu de cette
01:55façon-là, c'est compliqué, là.
01:57C'est très problématique.
01:58Le temps est donné, les présentations sont faites, alors commençons, de quoi est-ce que tu vas nous parler aujourd
02:02'hui ?
02:02Eh bien, pour ce premier numéro de Contre-champ, un indice, hier, nous étions le 26 novembre,
02:07et si cette date vous dit quelque chose, c'est normal, regardez.
02:09Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme.
02:13Je m'excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d'hommes.
02:17Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement.
02:20Il suffit d'écouter les femmes.
02:22C'est toujours un drame.
02:27Cela restera toujours un drame.
02:29Il y a 50 ans, donc, Simone Veil prononçait un discours historique à l'Assemblée nationale
02:33ouvrant les débats sur le projet de loi visant à légaliser l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse en France.
02:39Alors, à l'époque, les conservateurs s'étaient fermement opposés à cette initiative défendue par une femme de centre-droit.
02:44Simone Veil n'était pas de gauche, elle était ministre de la Santé,
02:47et elle incarna à ce moment-là ce combat féministe, parfois en opposition avec sa propre famille politique.
02:52Alors, une victoire législative qui est avant tout le résultat d'un long combat mené par les féministes,
02:58les militants pro-IVG et de gauche en général, avec des actions telles que le manifeste des 343 en 71
03:04ou 343 femmes déclarèrent à cette époque publiquement avoir avorté illégalement.
03:10Aujourd'hui, on commémore, du coup, ces 50 ans.
03:13Cette commémoration se heurte à une réalité politique complexe, on va en parler, voire grise,
03:17qui nous rappelle que le temps n'est pas une course linéaire vers plus de progrès pour les femmes.
03:21Mais tu veux dire qu'il y a eu des reculs ?
03:23Alors, dans 50 ans, il y a eu des avancées, il faut le reconnaître, et aussi des reculs, oui.
03:27De nombreux pays ont légalisé ou assoupli les lois sur l'avortement.
03:30Cependant, ce droit, comme d'autres, sont menacés ou restreints dans certains endroits du monde
03:35en raison de changements politiques, culturels ou religieux.
03:38Alors, on pense évidemment aux républiques islamiques d'Iran ou d'Afghanistan,
03:42mais aussi en Europe, à la Pologne, à la Hongrie ou à la Russie de Poutine,
03:46dont les députés, les élus, c'est la même chose, ont récemment voté un texte interdisant aux femmes
03:51de promouvoir un mode de vie sans enfants.
03:53Pour finir, côté USA, l'Ibé titrait le 12 novembre dernier, je les cite,
03:59« Après l'élection de Donald Trump, les Américaines font des stocks de filets abortifs, ce qui donne le ton.
04:03»
04:04Bon, d'accord, mais en France, tout est, tu me rassures, tout est bien OK,
04:08puisqu'on a constitutionnalisé le droit à l'avortement.
04:12Eh bien, malheureusement, non, tu le devinais bien, tout n'est pas OK en France.
04:15C'est pourquoi de nombreuses personnes et organisations féministes ont organisé et manifesté
04:20samedi dernier à Paris, parmi en France, avec Franck Cartelet, de l'UMA, à la caméra,
04:24j'y ai croisé Yelena, membre de nous toutes, et Ania, secrétaire générale de l'UNEF.
04:29Écoutez-les.
04:30Avec la montée de l'extrême droite, nos droits sont toujours en danger.
04:34Pour ce qui est de l'IVG, on a essayé de mener un combat qui était d'inscrire le droit
04:37à l'IVG en la Constitution.
04:39C'est un combat qu'on n'a pas gagné en réalité.
04:41On a obtenu la liberté de l'IVG, mais pas le droit à l'IVG.
04:44La conséquence, c'est qu'en réalité, il n'y a pas de véritable garantie d'accès à l'IVG
04:48pour toutes et pour tous.
04:50Si demain, un gouvernement décide de restreindre le droit à l'IVG, c'est possible.
04:54Nous, dans le milieu étudiant, on considère qu'il y a quand même des chiffres extrêmement alarmants,
04:57des chiffres qui ne sont pas forcément republiés et que le gouvernement ne prend pas conscience.
05:01Quand on a quand même 6 étudiants sur 10 qui sont soit victimes de VSS, soit témoins de VSS,
05:07et que personne n'en parle que dans les universités, il n'y a rien qui a vraiment été mis
05:10en place pour pouvoir lutter contre les VSS.
05:13Aujourd'hui, le planning familial est plus menacé que jamais.
05:15Il y a beaucoup de centres qui ferment, il y a beaucoup de régions reculées dans la France
05:19où les femmes ont des difficultés à pouvoir avorter.
05:22Donc en réalité, ce combat pour le droit à toutes et à tous d'accès à l'IVG, il est
05:26toujours d'actualité.
05:28Donc en vrai, ça ne va pas. C'est pour ça que vous êtes là aujourd'hui.
05:30Ça ne va pas et ça continue à ne pas aller.
05:33Et il faut effectivement qu'on continue à se mobiliser, nous en tant qu'organisation syndicale,
05:37mais aussi avec les associations féministes qui luttent toute l'année contre les violences sexistes et sexuelles.
05:43Alors dans leur viseur, vous l'avez compris, évidemment l'extrême droite,
05:45mais aussi le gouvernement macroniste qui s'en accommode de l'extrême droite.
05:49Bruno Retailleau à l'intérieur, nous vous avons Patrick Edzel à l'enseignement supérieur
05:53ou encore Annie Gennevar à l'agriculture pour ne citer que ces trois-là
05:56qui ont tous voté contre l'IVG dans la constitution en janvier dernier.
05:59Avec Aliénor Lyons à la caméra, je suis allé à l'Assemblée nationale la semaine dernière
06:03pour tenter de poser mes questions aux élus RN et macronistes aussi.
06:07Regardez.
06:08Juste pour l'humanité en quelques instants, c'est l'actualité en fait en ce moment chez nous,
06:12on s'intéresse, je peux vous y suivre un petit peu.
06:13J'aurais voulu savoir en fait le RN aujourd'hui, comment il se place sur le terrain
06:18des violences sexuelles faites aux femmes et la défense des droits des femmes ?
06:22Je pense qu'aujourd'hui pour protéger les femmes, il faut avant tout lutter
06:24contre l'islamisation de la société parce qu'on voit bien que l'islamisme,
06:27il y a un très beau projet de loi de Marine Le Pen de lutte contre les idéologies,
06:31notamment l'idéologie islamiste, c'est bien ça qui aujourd'hui remet en cause
06:34le droit des femmes dans la société.
06:36Il n'y a pas d'hommes autres qu'islamistes qui pourraient s'attaquer aux femmes,
06:39on le voit quand même avec le procès Mazon, etc.
06:41Madame Berger, bonjour pour l'humanité, une petite seconde.
06:43Excusez-moi, je ne peux pas se faire.
06:44Mais bien sûr, vous pouvez répondre à une question ?
06:46Madame Berger ?
06:47Une de nos préoccupations, moi je suis...
06:49Il y a eu quand même 26 personnes du groupe RN qui ont voté contre ou s'abstenu
06:53sur l'inscription dans la constitution de l'IPG.
06:56Oui, mais une majorité de députés RN qui ont voté pour cette constitution,
07:00dont moi je suis, moi je travaille là-bas.
07:02On avait notamment proposé des résolutions, notamment pour défendre le droit des femmes,
07:06je crois sur différents types de maladies, et c'est des choses dont on s'est largement saisie au RN.
07:10Enfin, vos eurodéputés votent quasi systématiquement contre des progrès pour les femmes au niveau européen, par exemple.
07:15Ça contredit les déclarations.
07:17Alors vous me posez des questions qui sont très subjectives, je trouve.
07:19Ah non, du tout, c'est des faits.
07:20La semaine prochaine, c'est l'anniversaire du discours de Madame Veil.
07:23Un mot peut-être sur ça ?
07:26Toujours pas.
07:27Et puis encore là, il y a quand même le planning familial est ciblé par votre parti régulièrement.
07:31Je ne vois pas en quoi les plannings familiaux sont ciblés par le Rassemblement National.
07:35La baisse de dotation, par exemple.
07:36Ah, c'est nous qui l'avons votée, la baisse de dotation, je pense.
07:37Ah, mais c'est une promesse de...
07:38Je ne pense pas, non.
07:39Non, je ne pense pas, non.
07:41Merci.
07:42Bon, Marine Le Pen, qui était dans l'ensemble de l'établissement et qui est en plein procès
07:46pour détendrement de fonds publics, ne s'est pas risquée à venir se voter aux journalistes.
07:49Mais ces deux décisions, vous les avez vues, on fait le job en rappelant les bases.
07:52Le RN est un allié des femmes en combattant l'islamisme.
07:55Alors voilà, circuler, il n'y a rien d'autre à voir.
07:57Et en vérité, un peu comme Trump aux Etats-Unis lors des dernières élections, Marine Le Pen,
08:01qui parlait d'avortement de confort, on l'a encore en 2012, et dont des candidates
08:05sont parties, promettaient de s'attaquer au planning familial, jusqu'à encore il n'y
08:09a pas si longtemps, à opter pour l'ambiguïté et le silence sur le sujet.
08:13Mais en fait, c'est une stratégie pour brouiller les pistes ?
08:15Effectivement.
08:16Ce qu'il faut comprendre, en vérité, c'est que le RN, plus proche que jamais d'accéder
08:19au pouvoir, continue sa dédiabolisation tout en devant ménager la chèvre et le chou.
08:24C'est-à-dire qu'au sein du RN, il y a des franges plus extrémistes, en fait, sur
08:27ce sujet-là, et d'autres un peu moins.
08:29Alors voilà pourquoi ils essayent de se montrer un peu normal dans cette séquence, une posture
08:34qui cherche à brouiller les pistes, comme tu l'as dit, en votant un texte, c'est
08:38effectif, contre l'évidence conjugale, tout en évitant de parler d'illégier frontalement
08:42et en continuant surtout à défendre des valeurs dites traditionnelles de la famille anti-LGBT
08:48et en fermant de fait les femmes dans un rôle de mère au foyer.
08:50Mais c'est-à-dire via la promotion de la natalité, par exemple ?
08:54Tout à fait.
08:55À l'instar de la Russie, dont on parlait tout à l'heure, de Poutine, dont l'élection française,
08:59l'élection française, pardon, développe cet argumentaire, appuyée sur une baisse
09:03de la natalité hexagonale, prétendument menaçante pour notre avenir, mais surtout
09:07servant bien là leur discours, le Coran, le remplacement, le discours fantasmique.
09:12Alors les femmes françaises, bien françaises, sont appelées alors à réarmer démocratiquement
09:16le pays et si l'expression vous parle, je crois que oui, eh bien c'est normal.
09:21Aujourd'hui, je veux vous parler d'un sujet essentiel, un sujet crucial même pour notre
09:25pays, le réarmement démographique.
09:28Oui, il faut pouvoir mettre ce terme au centre du débat.
09:33Effectivement, Prisca Théveno, notre regretté ex-parole de gouvernement, redevenu, j'allais
09:37dire mortel parmi les mortels, mais pas tout à fait simple député, reprend donc l'expression
09:40employée par le président Macron lui-même il y a quelques mois.
09:44Les yeux dans les yeux, sur Twitter, là en fait, X désormais, elle nous parle pendant
09:47un peu de deux minutes, je cite, de l'enjeu de puissance et de croissance pour notre pays,
09:51ainsi que d'une question de dignité à avoir des enfants.
09:54Vous vous en doutez, évidemment, ça a fait rouler à gauche, mais pas que.
09:58Lorsque la valette, la porte-pavole du Rassemblement National, s'est fendue d'un tweet pour lui
10:03reprocher d'une sorte d'hypocrisie de reprendre un thème cher au RN.
10:06Alors, par champ, j'ai croisé à l'Assemblée, celle que j'avais l'habitude d'interpeller
10:10à l'Elysée il y a quelques mois pour les CRCM, les comptes rendus des conseils des
10:14ministres, regarde.
10:15La semaine prochaine, il y a une autre actualité qui va arriver, et c'est un peu la vôtre,
10:18c'est le 50e anniversaire du discours de Madame Veil, vous savez, c'est la semaine
10:21prochaine, et aujourd'hui vous parlez de réarmement démographique avec un...
10:24Est-ce que ce n'est pas contraire avec le droit des femmes à défendre ?
10:27Non, parce que je pense qu'au-delà du terme réarmement démographique, c'est derrière
10:31aussi un enjeu de puissance, un enjeu de souveraineté, un enjeu aussi de se dire
10:34une nation qui est capable de se projeter avec des enfants, c'est quelque chose quand même
10:38qui est positif.
10:39Maintenant, et là vous avez raison de m'interpeller, c'est que je ne dis pas à toutes les femmes
10:43de ce pays, faites des enfants, faites des enfants.
10:45Vous le savez très justement, et si vous pouvez lire un certain nombre de commentaires,
10:47et beaucoup m'ont écrit en MP quand il y a le désir d'enfant, pour plein de raisons
10:51légitimes, eh bien ce désir n'est pas assouvié aujourd'hui.
10:54Le mot réarmement pose beaucoup de questions, vous l'avez vu dans vos DM, vous le dites ?
10:57Non, je l'ai vu en public, en DM non, en DM pas du tout.
11:01Vous voulez vous regarder, encore une fois je pense qu'on peut se faire confiance, non ?
11:04Merci.
11:05Et au-delà des déclarations, quand même c'est un projet pro-nataliste, qui est un sujet
11:08qui est très, mais quand même c'est vu comme ça, qui est vu par l'extrême droite
11:11aussi, c'est un sujet de l'extrême droite.
11:12Est-ce que vous tentez de récupérer ce sujet-là pour le dédabiliser ?
11:14Non, regardez, le sujet, vous posez le bon...
11:16Ah dis donc, les CRTM nous manquent.
11:19Non mais, vous voyez le sujet, tout de suite vous me ratochez au Rassemblement National.
11:23Quand on parle d'infertilité, quand on parle d'accès au logement, quand on parle
11:26d'enjeu économique, quand on parle d'égalité salariale, parce que c'est aussi un enjeu,
11:29quand on place de parles aux crèches, est-ce que c'est un enjeu du Rassemblement National ?
11:32Non, c'est un enjeu de femmes et d'hommes qui sont aujourd'hui dans des galères,
11:36dans des souffrances et peut-être qui ne pourront pas assouvir leur désir d'enfant.
11:39Et donc ça, il faut le regarder.
11:40Et je parle bien quand il y a désir d'enfant.
11:42Et je suis en tout point opposée à la vision nataliste qu'a le Rassemblement National.
11:47J'ai déjà eu l'occasion de le dire au sein de cet hémicycle et je continuerai à le dire.
11:50Eux, leur modèle c'est Orban, pas moi.
11:53Du coup, ça vous fait agir pendant l'humanité, c'est l'absence de la formule, n'est-ce pas
11:56?
11:56Oui, mais alors du coup, il faudrait que quelqu'un lui dise que sur le réarmement démographique,
12:00Emmanuel Macron, ce n'est pas lui qui est le premier après.
12:02Oui, alors c'est peut-être pas fier du passif de ce mot-là.
12:05En tout cas, l'absence de la formule, comme je le dis,
12:08mais il ne suffit pas de se dire être du beau côté de la barrière pour l'être effectivement.
12:12L'usage du terme, comme tu le soulignes, réarmement, tout du moins juste celui-ci,
12:16d'autant plus utilisé dans un contexte d'actualité de guerre en Ukraine,
12:19où la Russie elle-même mène une politique nataliste guerrière,
12:23renvoie de fait, et elle le sait, les utérus à des machines à produire la chair à canon.
12:28Alors Presquette Evno, sur la défense, comme vous l'avez vu, sait qu'elle joue sur une ligne fin
12:32et que son tweet vidéo, que je vous invite à aller voir, vous allez voir, c'est intéressant,
12:35est idéologiquement bancale face aux idées d'extrême droite
12:38contre lesquelles son camp politique au pouvoir a promis de faire barrage.
12:42Mais alors justement, c'est quoi la position du nouveau gouvernement Macron-Barnier ?
12:46Eh bien, comme je l'ai dit en début de chronique, j'y suis allé ce midi au CRCM
12:48et Maude Bréjean, la nouvelle porte-parole, a simplement balayé toute critique faite sur le sujet,
12:53sur la politique moyenne par le gouvernement.
12:54Il n'y a pas de sujet pour elle, c'est circulé, il n'y a rien à voir.
12:57Alors pourtant, ce gouvernement, il faut le rappeler, est composé de plusieurs ministres problématiques,
13:00comme je l'ai dit plus tôt, et placé ce gouvernement sous la domination de l'extrême droite,
13:05idéologiquement, par un choix politique clair du président Macron.
13:07Et dans le concret, pour terminer, ce sont environ 130 centres IVG qui ont fermé en France
13:13ces 15 dernières années, selon le planning familial, réduisant de fait l'accès à l'IVG en France,
13:18qui est d'ailleurs très inégal sur le territoire.
13:20Les femmes et leurs alliés ont donc bien raison de continuer à manifester et à hausser le ton,
13:24car dans ce combat, comme dans tous les autres, rien n'est jamais acquis, mais continuellement conquis.
13:29Merci beaucoup, Djimil, pour cette première chronique reportage pour l'UMA.
13:34Je vous conseille aussi d'aller voir le hors-série que l'UMA a fait sur le sujet, il est
13:38vraiment excellent.
13:40Donc allez regarder ça.
13:41Lumi, Cyprien, est-ce que vous êtes au taquet pour réarmer le pays ?
13:44Vous êtes comment, là ?
13:45Oui, je vais me lancer, là.
13:48Prisca Temno, ce qu'elle dénonce, c'est quand même, justement, c'est exactement ce que met en place son
13:52gouvernement, en fait.
13:53Et voilà, elle ose parler, effectivement, des enjeux de logement, d'égalité salariale.
13:56Elle ose même parler des crèches.
13:59Voilà, d'ailleurs, on a Aurore Berger qui passe, qui n'a pas très envie de te parler, visiblement.
14:02Tout à fait, qui est au centre d'un gros scandale d'État, quasiment.
14:04Voilà, qui est dans un scandale, justement, qui est lié aux crèches.
14:08Et donc, du coup, c'est vrai que c'est assez dingue, quand même, d'utiliser ces arguments-là.
14:12Et, effectivement, de s'étonner que, dans ce pays, on ne veuille pas faire d'enfants.
14:16Puis, effectivement, comme tu le disais, pour l'extrême droite, il faut faire très attention.
14:20Parce que quand on dit, si on met l'avortement dans la Constitution, effectivement, on ne pourra plus y toucher.
14:24Bon, déjà, une Constitution, ça peut se modifier, ça peut changer.
14:27Et, effectivement, si l'extrême droite arrive au pouvoir, comme tu l'as très bien dit,
14:30elle ne dit pas grand-chose, mais elle a quand même beaucoup de ses alliés qui, eux, évidemment, sont contre
14:36ce...
14:37Oui, et au-delà de ça, tu as raison de le dire.
14:39C'est parce que tu l'écris dans la Constitution que c'est effectif.
14:42Pour qu'un droit soit effectif, il faut qu'il y ait les moyens qui soient alloués.
14:44Et là, on peut dire que le budget 2025, un budget austéritaire de Michel Barnier,
14:48c'est un budget aussi contre le droit des femmes et contre les associations, contre les subventions, etc.
14:54Et puis, rappelez, comme elle l'a dit au tout début dans le Mayéto, Yelena,
14:57ce n'est pas le droit dans la Constitution.
14:59C'est souvent... Alors, les journalistes se trompent quand ils disent le droit a été constitutionnisé.
15:02Ce n'est pas le cas. C'est la liberté de recourir à.
15:05Et c'est qu'une liberté.
15:06C'est donc une protection contre l'interdiction, éventuellement,
15:09même si, comme tu le rappelles à l'instant, rien n'est jamais écrit pour toujours.
15:13Et ce n'est donc pas le droit.
15:14Ce serait le droit, ça forcerait l'État à le garantir, ce droit.
15:18Et ce n'est pas le cas.
15:19Donc, tout est encore, comme je le disais, à conquérir, en vérité, ces droits-là.
15:22En tout cas, ça fait clairement réagir le chat de parler du réarmement démographique.
15:26Et du coup, il y a Louise qui dit « j'espère faire 15 enfants d'un coup ».
15:29Donc, bon, a priori, les gens en ligne sont très motivés sur le sujet.

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