- il y a 3 heures
Ils sont en guerre : les médecins sont vent debout face à loi Garot visant à lutter contre les déserts médicaux propose de réguler l’installation des médecins libéraux sur le territoire. Pour faire entendre son désaccord, la profession appelle aux grèves et manifestations. Alors assiste-t-on à une mobilisation légitime ou à une réaction conservatrice et corporatiste de ces médecins ? Climarx a sa petite idée.
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NewsTranscription
00:00Salut tout le monde, j'ai tenu 4 émissions sans dire du mal des médecins,
00:03mais là, je suis tombée sur le TikTok des étudiants en médecine contre la loi Garo,
00:08et j'ai peur que ça ne tienne pas une cinquième, tout simplement.
00:12La loi Garo, qui a été votée à l'Assemblée Nationale le 7 mai,
00:15elle a pour but de mieux répartir l'installation des médecins libéraux sur le territoire
00:20pour lutter contre les déserts médicaux.
00:22Et ils sont contre, du coup.
00:25Mais vous savez quoi ? Ils se sont déjà fait allumer de tous les côtés,
00:29donc on va être gentil avec eux aujourd'hui.
00:33Après, il faut avouer que ce n'est pas facile, parce qu'ils sont beaucoup trop à l'aise.
00:37Mais vous êtes né en Sibérie avec des bouts de cerveau qui ont congelé avant de venir émigrer en France
00:41?
00:41Eh oh, c'est fini l'époque où on sacrifiait notre vie pour conserver sur Terre vos cerveaux encore à
00:45moitié congelés.
00:46Réveillez-vous, ou plutôt décongelez-vous.
00:49Ah, et puis les pancartes !
00:51Je vous montre quand même ma préférée.
00:55Ah oui, non, mais on ne comprend pas le message.
00:56La seule chose qu'on comprend, c'est que c'est hyper condescendant.
00:59Envers qui ?
01:01Ce n'est pas clair, mais let's go, champions !
01:05Vous savez quoi ? Nous ici, vous le savez, on n'est pas là pour hate-watcher des médecins.
01:09Non, non, nous, on est là pour être la meilleure version de nous-mêmes.
01:13Donc, s'il y a des médecins parmi vous, vous pouvez rester.
01:18Comment décrire l'ambiance de la manif de la manière la plus délicate possible ?
01:23Ok, on va dire qu'on sent que ces jeunes gens évoluent dans une sorte de microcosme et qu'ils
01:29auraient pu passer plus de temps à se projeter dans la manière dont la majorité de la population,
01:34étant dans une situation économique compliquée, n'ayant pas accès aux soins et ne faisant pas partie d'un BDE,
01:40allaient recevoir ces revendications.
01:43Oh, ça va être dur.
01:52Vous disiez juste avant, c'est votre première manifestation, c'est quand même pas anodin.
01:56Si vous êtes venus aujourd'hui, c'est parce que vous êtes en colère.
01:59Il y a beaucoup de premiers manifestants, parce qu'aujourd'hui c'est quelque chose qui nous mobilise tous, jeunes
02:02médecins, étudiants et internes.
02:04Donc les étudiants en médecine ont manifesté contre la loi Garot, qui les obligerait à demander une autorisation de l
02:11'ARS pour éviter qu'ils s'installent tous et toutes au même endroit.
02:15Ce qu'ils font. Ce qui est un problème, du coup, puisqu'on n'habite pas tous et toutes au
02:19même endroit.
02:20Sinon, il faudrait qu'on soit tous emboîtés les uns sur les autres, une sorte de très longue colonne, ou
02:26alors qu'on soit dans une espèce de tour.
02:27Qu'est-ce que je raconte ?
02:28Bon, globalement, à peu près tout le monde est pour cette loi, sauf les médecins et le RN, figurez-vous.
02:32Sinon, globalement, c'est quand même dur de s'y opposer quand on connaît la situation catastrophique.
02:38L'accès aux soins se détériore.
02:40Une quarantaine de départements sont sous le seuil critique de 40 spécialistes pour 100 000 habitants et 6 millions de
02:46personnes n'ont pas de médecin traitant.
02:48En France, c'est 87% du territoire qui est un désert médical.
02:52Ça veut dire que les gens n'ont pas accès à un médecin, soit parce qu'il n'y en
02:56a pas, soit parce que les médecins font du dépassement d'honoraires et donc que c'est financièrement inaccessible.
03:02Et puis, de toute manière, c'est vraiment très peu contraignant, cette loi.
03:0687% du territoire, c'est genre beaucoup de territoire.
03:10Ça fait vraiment beaucoup d'endroits où vous pouvez aller.
03:12Vous n'êtes même pas obligé d'habiter au même endroit que votre cabinet.
03:17Je ne sais pas, allez-vous dans le centre de Paris et prenez le RER si vous y tenez absolument.
03:21Tout le monde fait ça.
03:22Enfin, tout le monde fait ça.
03:24Généralement, c'est plutôt dans l'autre sens.
03:26Mais, enfin, vous ne pouvez pas comprendre.
03:27Je vous expliquerai une autre fois.
03:28Mais les médecins, ils n'ont pas vraiment envie qu'on leur dise où aller.
03:30Leur argument principal, c'est que toute la France est un désert médical.
03:34Même dans les zones surdotées, il n'y a pas assez de médecins.
03:36Donc, ça ne sert à rien de leur dire où aller.
03:40Alors, déjà, non.
03:41Ça ne sert pas à rien.
03:42D'ailleurs, la plupart des autres professions médicales libérales,
03:46ils sont déjà soumis à une régulation.
03:48Les médecins peuvent s'installer là où ils le souhaitent.
03:51Un traitement à part, comparé aux autres soignants.
03:53Les infirmiers, les sages-femmes, les kinés, entre autres,
03:56ne peuvent pas s'installer n'importe où.
03:58Si un ou une infirmière, sages-femmes ou kinés
04:01s'installe dans une zone où ses confrères et consoeurs sont déjà beaucoup,
04:04leurs patients seront moins bien remboursés par la sécu.
04:07Ils risquent donc d'être moins nombreux
04:09et l'activité du praticien moins rentable.
04:11Mais pour les étudiants et les étudiantes qui manifestaient,
04:14il y a un seul coupable à leur problème de pénurie de médecins.
04:17C'est l'État qui, selon eux, a imposé un numerus clausus
04:21pour faire des économies.
04:23Ce qui est vrai.
04:24C'est vrai.
04:26Le numerus clausus, c'est donc le nombre limité d'étudiants, d'étudiantes
04:30autorisés à passer en deuxième année de médecine.
04:32Il a été mis en place en 1971, avant d'être supprimé en 2020.
04:36Petite parenthèse là-dessus.
04:38En fait, la suppression du numerus clausus, ça ne change pas grand-chose
04:41puisque ce n'est plus l'État qui fixe le nombre de places,
04:45mais les CHU, ce qui va revenir sensiblement au même.
04:48Voilà, fin de la parenthèse.
04:49Donc oui, certes, le numerus clausus, c'était pour faire des économies,
04:53mais vous oubliez quand même une grosse partie de l'histoire.
04:57J'ai entendu beaucoup d'étudiants dire
05:00qu'on ne peut pas nous donner les mêmes contraintes que les fonctionnaires
05:04sans en avoir les avantages.
05:06Ces fonctionnaires...
05:07Bon, vous savez quoi ? Je vais vous laisser le bénéfice du doute.
05:09Peut-être que vous êtes de bonne foi et que vous voulez vraiment être fonctionnaire
05:13et que vous ne savez pas comment ça s'est passé, cette histoire de numerus clausus.
05:17Donc, je suis là pour ça.
05:18L'idée de l'État qui a une passion réduire la dépense publique,
05:22c'est qu'en limitant le nombre de médecins, on allait limiter la dépense de santé
05:27puisque moins il y a de médecins, moins il y a de prescriptions,
05:30moins il y a d'études à payer puisque les études des apprentis médecins
05:33sont financées par de l'argent public,
05:35moins il y a de salaire à payer puisque les médecins sont payés
05:39en grande partie par nos cotisations sociales.
05:42Et comme vous avez tous et toutes vu la vidéo sur les cotisations,
05:45vous savez que c'est notre salaire, n'oubliez pas de vous abonner à l'Humanité.
05:49Donc, on est d'accord, le numerus clausus, c'est cancel.
05:52Mais il ne faut quand même pas oublier que c'était avant tout
05:56une demande des syndicats, des médecins eux-mêmes, ce numerus clausus.
06:00Et ils étaient pour un numerus clausus beaucoup plus restreint
06:03que celui qui a fixé l'État en 71.
06:05Alors, pourquoi ?
06:06Pour comprendre, il faut savoir que la hantise des médecins libéraux,
06:10c'est la fonctionnalisation.
06:12Quel rapport avec le numerus clausus ?
06:14Alors, c'est d'abord un rapport bêtement économique
06:16puisque les médecins libéraux, c'est des chefs d'entreprise.
06:19Il faut trouver un business model.
06:20Et plus il y a de médecins, plus il y a de concurrence.
06:23Donc, inversement, s'il y a une pénurie constante de médecins,
06:26ça assure une patientèle sans avoir rien à faire.
06:28Mais au-delà de l'aspect économique, il y a un aspect symbolique.
06:31Le numerus clausus, il est mis en place quelques années seulement après mai 68,
06:35un moment de démocratisation des études supérieures.
06:38Ça veut dire que les classes sociales moins favorisées ont accès à la fac.
06:42Et ça ? Ah, ça, les bourgeois, ils n'aiment pas ça, les classes populaires éduquées.
06:46Pour vous donner une idée, Marc-Olivier Desplaudes,
06:48le sociologue qui est ma source principale pour cette vidéo,
06:51cite une brochure de 1969 de la SAEM, le syndicat des médecins réacs, là,
06:58qui dit
06:58« Il faut éviter qu'une armée de médecins aux pieds nus en viennent à accepter une étatisation de la
07:04médecine. »
07:06Hasard de dingue, ils sont très proches du pouvoir.
07:09C'est une profession qui est surreprésentée parmi les ministres et les élus.
07:13Du coup, c'est plutôt facile de glisser un petit mot à une oreille attentive.
07:17Même ceux qui ne sont pas ministres, ces gros losers,
07:20ils se retrouvent dans les mêmes dîners mondains.
07:34La pénurie de médecins et la défense d'une médecine libérale, vous l'avez compris, ça va ensemble.
07:40C'est pas l'État qui a imposé aux médecins un numerus clausus,
07:43mais un arrangement entre l'État et les médecins libéraux, qui le réclamaient depuis longtemps.
07:48Donc, faire comme si tout ce que vous vouliez, c'est être des fonctionnaires.
07:52Mais l'État vous l'a interdit.
07:53À d'autres ! Que diable !
07:55Bon, aujourd'hui, ils ont globalement retourné leur veste,
07:58puisque plot twist, c'était un plan de nul, en fait.
08:00Ça a dégradé leurs conditions de travail, et puis ça marche même pas, en fait, pour réguler les médecins.
08:05Même si certains continuent à s'accrocher de l'Académie des médecins,
08:08à publier récemment un rapport pour dire « Attention, il va y avoir trop de médecins ! »
08:14Ah, il y en a qui sont nés avant la honte, hein !
08:16Mais je vous entends, d'ici derrière votre écran,
08:18dire que vous faites plus de 10 ans d'études et que c'est pas juste.
08:21Bon, déjà, soyons honnêtes, ce serait plus juste de dire 10 ans de formation,
08:25puisque à partir de la quatrième année, les étudiants, ils font des stages et des gardes,
08:29donc ils sont à l'hôpital une grande partie de leur temps.
08:31Et pendant l'internat, ils sont en CDD à plein temps, donc salariés.
08:36Ça veut pas dire qu'ils sont bien payés, hein !
08:38Attention, pour le coup, on peut pas trouver que leurs conditions de travail, elles sont normales,
08:41parce que ça l'est vraiment pas !
08:42C'est une main d'œuvre pas chère et corvéable sur qui reposent les ruines de l'hôpital public
08:46pour une rémunération qui n'a rien à voir avec celle des médecins titulaires.
08:50Ah, c'est sûr qu'un interne payé entre 1500 et 2000 euros, ça coûte beaucoup moins cher.
08:55Et en plus, ils sont mal encadrés, ils sont laissés seuls pour effectuer des tâches
08:58qui devraient être assurées par des médecins,
09:00tout ça dans un climat d'humiliation constante et de violences sexuelles omniprésentes.
09:05Et c'est pas qu'un climat, puisque plus de la moitié des infirmières et des femmes médecins
09:08déclarent avoir subi des violences sexuelles, la plupart pendant leurs études.
09:12Les agresseurs, ils sont largement couverts, ça inquiète pas trop l'ordre des médecins.
09:18Bref, pas une super culture d'entreprise, si vous me demandez mon avis.
09:22Alors peut-être que vous avez très peu d'empathie pour les médecins,
09:25et c'est vrai que quand ils prennent la parole publiquement pour défendre leurs privilèges,
09:29ils sont assez antipathiques à première vue, ou à deuxième vue, ou à troisième vue, pardon.
09:35Ok, j'arrête.
09:35Mais les médecins, c'est pas un bloc homogène.
09:38Entre un interne sous-payé, une médecin urgentiste surmenée,
09:41et un cardiologue non conventionné dans le 8e arrondissement de Paris,
09:44il y a quand même un monde.
09:45Et heureusement, tous les médecins ne sont pas des gros pervers cyniques.
09:49Il y a des médecins qui veulent vraiment soigner les gens, qui aspirent à autre chose.
09:52Ils ont des revendications très différentes quand on les écoute.
09:55Et cette mobilisation, elle témoigne aussi des désaccords profonds
09:58avec la gestion libérale imposée notamment à l'hôpital public,
10:01qui les empêche de faire correctement leur travail.
10:03La plus grosse semaine que j'ai faite, c'était 116 heures.
10:06Au maximum, peut-être 105 heures semaine.
10:08À un moment donné, quand il est 22 heures, qu'on est en plein flux,
10:10quand il est 4 heures du matin, quand il est 7 heures du matin,
10:12et qu'on voit tout à fait plus qu'on écrit sur les prescriptions,
10:15oui, c'est un problème.
10:17Mais alors, les internes en burn-out, là, c'est quoi votre problème ?
10:20Bande de nouilles !
10:21Manifestez pas avec ceux qui sont responsables de vos conditions de travail !
10:25Pardon, on avait dit qu'on s'énervait pas.
10:27Je reprends.
10:28Pourquoi manifester contre une loi si peu contraignante ?
10:30Vous écrivez coercition partout, alors que, de toute évidence,
10:34la coercition, elle est beaucoup plus forte à l'intérieur de l'institution,
10:38dans l'ordre établi, pas dans la réforme.
10:40Ben oui, mais c'est une profession qui est particulièrement corporatiste.
10:44Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
10:45Ça la fout mal de critiquer les confrères.
10:48Et ça peut bien évidemment porter préjudice aux personnes qui prennent la parole.
10:52S'attaquer à tout un système, c'est pas quelque chose qu'on fait tout seul.
10:57Surtout que la violence dans la formation des médecins, c'est pas un petit détail.
11:01Ça peut paraître contradictoire, les médecins qui sont censés soigner les gens,
11:05ils sont formés dans un climat de violence et d'humiliation.
11:08Mais en fait, le système actuel, extrêmement hiérarchique et patriarcal,
11:12il forme avant tout des dominants, pas des soignants.
11:15Ça repose sur la promesse que, après avoir survécu à ces années à être dominés,
11:19ils vont accéder à une position dominante à leur tour.
11:23S'ils perdent leurs privilèges à la fin, tout s'effondre.
11:26Ça n'a plus aucun sens.
11:28Mais attention, ça ne veut pas dire que tout le monde trouve ça génial.
11:30Il y a bien sûr des étudiants et surtout des étudiantes
11:33qui vivent très mal cette situation.
11:36Dans un contexte de féminisation très importante de la profession,
11:40il y a des collectifs qui alertent sur les violences
11:42et la détresse psychologique de beaucoup d'étudiants.
11:44Un médecin qui dit à un étudiant,
11:46« Tu vois la fenêtre là, t'es vraiment une merde.
11:48Ce que tu as qu'à faire, c'est de l'ouvrir et de sauter. »
11:51Oui, il y avait un chef de service pendant l'évaluation
11:53qui m'avait dit « T'as qu'à t'as sort sur mes genoux
11:55pour mieux écrire sur l'ordinateur. »
11:57Et dans 9 cas sur 10,
11:58l'auteur des violences est un supérieur hiérarchique.
12:02Ce n'est pas possible de dire quoi que ce soit.
12:04Sinon, il n'y aurait pas une omerta comme ça.
12:06En fait, les gens qui te disent ça,
12:07c'est les gens qui t'évaluent, qui te valident ton stage.
12:09Premièrement.
12:11Donc, tu n'as pas envie de passer 10 ans de plus là.
12:14Alors évidemment, les études de médecine,
12:16ce n'est pas celles qui attirent les plus gros gauchistes.
12:18L'université, c'est souvent un moment de politisation
12:20pour les étudiants normaux.
12:22Les étudiants en médecine,
12:23c'est ultra stressant, ultra sélectif, ultra incorporatiste.
12:27Les étudiants qui arrivent,
12:28ils ont fait des nuits blanches
12:30à apprendre par cœur l'encyclopédie.
12:33Je ne sais pas trop ce que vous appreniez par cœur d'ailleurs.
12:35Des chiffres, j'imagine.
12:37Mais ils ont moins appris à bloquer leur lycée
12:39en faisant des pyramides de poubelle.
12:42Mais croyez-le ou non,
12:43vous aussi, les étudiants en médecine,
12:45vous avez une histoire de gauche en mai 68.
12:48Vous avez occupé les facs comme les autres.
12:50Vous demandiez l'accès à l'université
12:52pour tous et toutes comme les autres.
12:54Et vous critiquiez la hiérarchie ultra forte dans les hôpitaux.
12:57Et c'est grâce à vous
12:58que le numerus clausus n'a été que mollement appliqué en 71,
13:02alors que ça faisait longtemps que les médecins le demandaient.
13:05Parce que vous faisiez flipper l'État.
13:09Yes !
13:12Franchement, j'ai de l'espoir.
13:13Je sais que parmi vous,
13:15il y a des communistes qui s'ignorent,
13:17des syndicalistes en devenir,
13:18des camarades en puissance.
13:21Venez manifester avec nous plutôt.
13:22On est vachement plus sympa.
13:24Venez avec les profs, les infirmières,
13:26les cheminots, les intermittents
13:28et les autres étudiants.
13:30À un moment, il va falloir commencer à penser
13:31comme des travailleurs, pas comme des patrons.
13:34Et en tant que travailleurs,
13:35vous avez intérêt à changer ce modèle libéral.
13:37Alors, peut-être que vous pensez que ça vaut le coup
13:40de le sauver parce qu'il vous permet
13:41de gagner plus d'argent que les autres,
13:43mais vous avez déjà perdu la course.
13:45En fait, c'est pas en travaillant qu'on devient riche.
13:47Désolée.
13:48Vous allez gagner moins d'argent, certes, mais...
13:51Est-ce que pouvoir faire un travail utile
13:53à la société dans de bonnes conditions,
13:56ça vaut pas tout l'or du monde, finalement ?