- il y a 4 heures
Tous les mois dans ÇA IRA !, @CemilSanli part confronter nos responsables politiques à leurs déclarations. Retrouvez-le en reportage face aux officiels du gouvernement pour leur demander comment va être financé "l'effort de guerre."
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NewsTranscription
00:01Je vais commencer par vous dire une phrase qui commence tout de suite.
00:04Nous sommes en guerre et c'est pas drôle.
00:06Et cette fois-ci l'ennemi n'est pas un virus, un visite qui tue en silence,
00:09mais tout un pays avec de vrais gens armés et méchants qui parlent russe.
00:13Et ça, ça fait peur.
00:14Et pour qu'on s'en convaincre, le gouvernement semble prêt à tout regarder.
00:18D'ailleurs, je rappelle que Samuel Paty a été assassiné par un Tchétchène russe.
00:22Et donc, y compris sur le terrorisme, le rôle de la Russie est engagé.
00:27Donc, aujourd'hui, il s'agit de prendre les Français, de ne pas faire peur aux Français,
00:32de manipuler les Français, mais juste de leur donner la réalité de la menace russe,
00:36qui est une menace réelle et sérieuse.
00:40Darmana a lui aussi tenu ces mêmes propos scandaleux.
00:42Vous avez suivi l'actualité.
00:44Depuis, la porte-parole du gouvernement, qui jurait pourtant, on l'a entendu là,
00:47ne pas vouloir manipuler les Français, a opéré un rétro-pédalage hasardeux.
00:51Il faut voir la séquence entière, elle est sur mon Instagram.
00:53Et s'est excusé, au passage, mais seulement d'avoir pu heurter, d'avoir pu heurter la famille du professeur.
00:59Elle a heurté, d'ailleurs, la famille du professeur,
01:01puisque celle-ci s'est exprimée avec colère dans le Figaro.
01:03Sur le fond, en fait, rien ne change.
01:05Car l'enjeu est crucial ici.
01:06Le gouvernement doit convaincre les Français du danger russe
01:09pour leur faire accepter des dépenses extraordinaires,
01:12afin de financer un effort de guerre face à Poutine.
01:15Cette dynamique a été lancée le 4 mars dernier,
01:17quand la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,
01:20présentait son plan, un plan extraordinaire,
01:23visant à mobiliser près de 800 milliards d'euros
01:25pour renforcer la défense européenne.
01:27Une annonce qui intervient après, après les menaces du président états-unien,
01:31de se désinvestir de l'OTAN, vous l'avez suivez aussi,
01:34si les pays membres de l'Alliance ne contribuaient pas,
01:36comme ils le pensent, suffisamment aux dépenses.
01:39Alors, pays membres de l'OTAN, qui se sont engagés en 2014,
01:42a consacré au moins 2% de leur PIB d'ici à 2024.
01:46Cependant, cette année, patatras, Trump exige un engagement à hauteur de 5% du PIB.
01:51Une demande jugée irréaliste par nombre de responsables européens
01:55qui, pourtant, acceptent le mouvement à la hausse.
01:57Par exemple, la France, pour laquelle Emmanuel Macron
02:00a exprimé sa volonté d'accroître les dépenses militaires
02:03jusqu'à 3,5% du PIB, contre 1,5% aujourd'hui,
02:07ce qui représenterait une augmentation d'environ 30 milliards d'euros par an,
02:11des sommes colossales pour des dépenses nouvelles,
02:14sans pour autant toucher aux impôts.
02:15C'est en tout cas la promesse faite par le président à la télévision le 5 mars.
02:19Regardez.
02:21Ce seront de nouveaux investissements qui exigent de mobiliser des financements privés,
02:26mais aussi des financements publics,
02:28sans que les impôts ne soient augmentés.
02:31Pour cela, il faudra des réformes, des choix, du courage.
02:35Des réformes, des choix...
02:37Et du courage.
02:38Ah, voilà, je suis vide, là, je suis vide.
02:39La vie du courage, il faudra.
02:41Lâche-t-il donc du coup ce 5 mars dernier, sans en dire plus.
02:44On peut écouter la suite, il n'en dit pas plus.
02:46Une semaine plus tard, le 12 mars, après le Conseil des ministres,
02:49la porte-parole du gouvernement, Sophie Prima,
02:51ouvrait son compte rendu par ces quelques mots.
02:54Regardez.
02:55Le Conseil des ministres a été marqué, évidemment, par la nécessité d'adapter notre pays aux grands défis auxquels nous
03:02faisons face
03:02et par l'obligation pour l'Europe de bâtir une défense plus autonome et plus forte.
03:09Nos partenaires européens l'ont d'ailleurs bien compris,
03:12puisque vous savez que la Pologne a doublé son effort de défense,
03:16l'Allemagne suit la même voie,
03:18le Danemark réforme même son système de retraite pour financer son armée.
03:24Mine de rien, elle reprend ici l'argumentaire point par point,
03:27on va le voir, du MEDEF pour introduire son propos,
03:29ouvrant le compte rendu du Conseil des ministres à l'Elysée.
03:31Alors, écoutez maintenant Patrick Martin, qui est donc le président du MEDEF.
03:35C'était quelques jours plus tôt sur RMC.
03:38Le Danemark a décidé de reporter à 70 ans l'âge légal de départ en retraite
03:42pour que l'économie finalement sache financer un effort de guerre.
03:46Avec l'argument de l'effort de guerre ?
03:49Avec l'argument de l'effort de guerre, explicitement.
03:51Alors, je ne suis pas en train de vous dire qu'il faut porter à 70 ans
03:53l'âge légal de départ en retraite en France.
03:55Non, il ne fait qu'ouvrir un peu plus la fenêtre d'Oberton,
03:59vous savez, cette technique qui permet d'élargir le champ des opinions
04:02considéré comme acceptable par la société.
04:03Quitte à d'user ici d'une fake news,
04:06car non, le Danemark n'a en rien décidé de réformer son système de retraite
04:11pour financer son armée, comme lui et le gouvernement l'affirment.
04:14Il s'agit d'une fake news, puisqu'en réalité,
04:16cette réforme a été votée en 2006, il y a donc près de 20 ans,
04:19indexant l'âge de départ à la retraite sur l'espérance de vie des Danois,
04:23qui peut alors porter l'âge des personnes à 70 ans en fait, en 2040.
04:28Donc, rien à voir avec la situation actuelle,
04:30mais rassurez-vous, comme on l'a entendu à l'instant,
04:32Sophie Primard, pour la citer de nouveau,
04:34pour elle, il ne s'agit pas de manipuler les Français,
04:37mais seulement de leur dire la réalité.
04:39Vous voici en confiance, n'est-ce pas ?
04:41– Ah, super ! – Tout à fait !
04:42– Le MEDEF et la porte-parole du gouvernement qui me disent « croyez en nous »,
04:45moi je ne suis pas… – Qu'est-ce qui peut mal se passer ?
04:46– C'est vrai. – Je suis convaincu.
04:48– En tout cas, une semaine plus tard, j'ai tenté d'y voir plus clair pour l'humanité,
04:51en allant voir à l'Elysée en fait,
04:54pour pouvoir voir comment il compte financer ces dépenses urgences militaires
04:59et nouvellement créées.
05:00Alors, j'ai longuement échangé avec la porte-parole,
05:02et je ne vais pas donc pouvoir tout vous exposer ici,
05:04mais au départ, elle m'a donc répondu que les nouvelles dépenses,
05:07estimées à au moins 1% du PIB la semaine précédente,
05:11ne sont pas encore dimensionnées, donc c'est un peu contradictoire,
05:13et que le fer était donc le premier chantier.
05:15Puis, elle s'est lancée dans une explication intéressante,
05:18sur, je cite, « la réforme de l'État ».
05:20Écoutez, c'est à la fin de notre échange.
05:23– Nous nous lançons dans une réforme de l'État,
05:26un questionnement sur les missions de l'État.
05:28Est-ce que toutes ces missions doivent être rendues par l'État ?
05:30Est-ce qu'il y a des missions qui doivent être rendues par d'autres ?
05:32Et puis derrière, il y a tout cet objet aussi qui semble un peu nébuleux,
05:35mais qui ne l'est pas du tout,
05:36de comment on libère en fait l'économie,
05:38comment on libère l'activité, comment on libère les Français,
05:41et ça s'appelle la simplification.
05:43– On ne trouvera pas 30 milliards ou 40 milliards,
05:45comme c'est le cas, on ne sait pas encore complètement,
05:47mais vous l'avez vous-même dit, je me base donc sur vos déclarations.
05:48– Il n'y a pas de petites économies, il n'y a pas de libération.
05:50– D'ailleurs, ce qui est étonnant, 1% du PIB,
05:52c'est plus ou moins ce qui a été demandé par les syndicats
05:54pour financer la rétarde à 60 ans, finalement.
05:55Est-ce qu'il y a un choix ?
05:57Là, on trouvera ce 1% que vous minimisez pour ce stockage-là.
06:00– Mais c'est autre chose, cher monsieur, je vous l'ai dit tout à l'heure.
06:02– C'est 1% d'argent, même fois c'est de l'argent.
06:04– Est-ce que vous avez une question ?
06:04– Bien sûr.
06:05Du coup, l'année dernière, le gouvernement prévoyait 10 milliards
06:09de réductions sur le fonctionnement de l'éducation nationale.
06:12Est-ce que c'est une des pistes, finalement ?
06:14– Je ne vais pas m'avancer aujourd'hui sur les pistes de réduction des budgets.
06:18– Si ce n'est pas les impôts ni la dette, la question est claire, c'est quoi en fait
06:21?
06:21– Eh bien, nous sommes en train d'y travailler. Et toutes vos propositions seront les bienvenues.
06:27– Oui, mais on a une feuille de route qui nous dit qu'il faut qu'on réduise notre dépense
06:30publique.
06:30Donc, il faut qu'on le fasse ensemble. Il faut qu'elle soit travaillée avec les Français
06:34pour être acceptée par les Français, comprise et acceptée par les Français.
06:38– Alors, les Français, est-ce que vous avez compris et accepté quelque chose ici, même autour du plateau ?
06:42– Moi, ce que j'ai compris, c'est que c'est toi qui propose de réduire le budget de
06:44l'éducation nationale, du coup.
06:45– Il faut voir la séquence en tir, c'est fou.
06:47– L'avenir de la France est entre tes mains.
06:48– Je lui dis, en me portant du micro, je suis fait que je travaille pour vous maintenant.
06:51Elle me fait « oui, mais alors non, mais voilà, bon, on va voir la séquence en tir. »
06:54Alors, en clair, les mêmes qui nous expliquaient hier que nous n'avions pas les moyens
06:58pour financer la retraite à ce point s'entendre, nous disent aujourd'hui
07:01que nous allons trouver la quasi exacte même somme pour financer l'effort de guerre.
07:05Est-ce ici un fameux, on se pose la question, un fameux choix courageux,
07:08appelé par Macron il y a quelques semaines à la télévision ?
07:10Sans doute, Bayrou sur France Inter dimanche dernier, le 16 mars,
07:14ne laissait plus place de mystère, surtout sur la réforme des retraites.
07:17Mais cette ligne idéologique, politique est constante dans la Macronie.
07:22Écoutez donc le président Macron dans cet extrait datant de juin 2022.
07:26– Et je pense que nous devons tous, à cette occasion et dans les temps qui viennent,
07:30en tirer les conséquences, celle aussi d'une entrée dans une économie de guerre,
07:34dans laquelle, je le crois, nous allons durablement devoir nous organiser.
07:39– Une économie au fond dans laquelle on ne peut plus vivre au rythme et avec la grammaire d'il
07:46y a même un an.
07:49Tout a changé.
07:50– Une économie de guerre, c'est ici la première fois que ce terme était utilisé par le président
07:55dans un discours radical tenu au salon Eurosatory 2022.
07:59C'était devant donc les principaux acteurs de l'industrie de la défense et de la sécurité.
08:03Vous connaissez sans doute ce salon qui se situe à Villepinte.
08:07Il y a un secteur en forte croissance en France, notamment grâce aux commandes de l'État,
08:11et un budget de la défense qui lui, contrairement aux autres, est souvent en hausse,
08:15ce qui booste les quelques 2000 entreprises françaises de cette industrie,
08:19qui emploient directement 165 000 personnes.
08:21Des chiffres qui ont été rappelés par la porte-parole du gouvernement la semaine passée
08:25comme un argument clé du bienfait du réarmement, évidemment,
08:29avec des médias qui font le service client, comme Amélie Rossic, éditorialiste sur BFM.
08:34– Donc on a les capacités pour réarmer.
08:36– Oui, en tout cas, on a les compétences, mais c'est vrai qu'on manque un tout petit peu
08:41de bras.
08:41– On peut servir aussi son pays en venant dans l'industrie de défense.
08:46Nous recrutons 25 000 personnes du CAP au Bac plus 8, voilà.
08:49– Voilà, il y en a pour tout le monde, donc si vous êtes motivé,
08:52que vous avez les compétences et puis que vous avez envie de vous engager,
08:56pourquoi pas, c'est une façon concrète de le faire.
08:58Au total, le secteur de la défense, ça représente quand même 200 000 emplois,
09:02200 000 salariés, donc ça fait vivre.
09:04Et ça aide aussi un peu la balance commerciale française.
09:07– Voyez, on a trouvé la solution au chômage.
09:10Aller fabriquer des armes, ça fait vivre, comme nous le dit Amélie sur BFM.
09:13Mais pour l'économiste Thomas Porchet, tout ça ne tient pas.
09:17Avec Mathilde Trichet à la caméra, je suis allée lui tendre le micro de l'humain,
09:19entre deux plateaux télé.
09:20– C'est un jeu qui est mis en place de compensation entre, d'un côté,
09:25l'effort de guerre qui devrait être prioritaire et qui devrait être payé par les retraités,
09:28parce qu'on a promis, bien sûr, de ne pas augmenter les impôts,
09:30alors que pendant tous les conflits, on a mis toujours à contribution les plus riches,
09:33et qu'on ne veut pas s'endetter, alors qu'en réalité, il n'y a quasiment aucun danger à
09:37s'endetter,
09:37et surtout au niveau européen, puisque la menace est européenne.
09:41Et ces questions-là ne sont absolument pas abordées.
09:43Moi, c'est ça qui m'embête, c'est que la manière dont ça a été fait,
09:45c'était de dire après, écoutez, dès le lendemain, un ancien Premier ministre a dit,
09:49nous allons faire des coupes dans les retraites, dans les dépenses de santé.
09:53Ce n'est pas admissible, ça.
09:54On a l'impression que le prétexte de la guerre est utilisé pour faire des réformes
09:57qui n'ont pas réussi à passer avant.
09:59Et ça, c'est ça qui est problématique.
10:01– Pour l'économiste, la situation semble claire,
10:03elle va profiter à l'instauration de politiques antisociales.
10:06Alors, regardons de plus près le plan de 800 milliards d'Ursula von der Leyen.
10:09Il prévoit d'autoriser le dépassement du déficit public des États membres
10:13fixé à 3% du PIB maximum, mais seulement pour les dépenses militaires.
10:17Idem concernant le fonds de cohésion, c'est un budget de 400 milliards à peu près,
10:21qui est normalement alloué pour venir en aide,
10:23en soutien en fait aux régions d'Europe les moins favorisées,
10:27dans lesquelles nous, du coup, on va pouvoir piocher pour financer le réarmement.
10:30En somme, les principes inflexibles d'hier volent en éclats aujourd'hui.
10:34Magiquement, la dette publique n'est plus du tout importante,
10:37et la justice sociale n'en parlons même pas.
10:39– Et du côté de l'opposition, ça dit quoi, Jiménie ?
10:41– Eh bien, comme tu t'en doutes, Théo, ça proteste.
10:44Mais pas d'une seule et même voix.
10:45Seuls les insoumis et les communistes s'opposent clairement
10:48à ce qu'ils désignent comme un comportement de « va-t'en-guerre ».
10:50Ce dont se défend, bien sûr, le gouvernement,
10:53qui dit, je cite sa porte-parole le 12 mars,
10:56« Notre cap, c'est la paix par la force ».
10:58Point. Vous jugerez sur pièce.
11:00En tout cas, la citation est vraie et pas du tout décontextualisée.
11:03C'est vérifiable sur Internet.
11:04Avec Aliénor Lyon, c'est à la caméra.
11:06Nous sommes allés à l'Assemblée nationale ensuite
11:08pour recueillir les réactions de Bastien Lachaud,
11:10d'Éric Coquerel et de Nidia Laba.
11:12– Diop.
11:13– Le président a fait un choix,
11:16proclamer une économie de guerre sans en appliquer les règles,
11:19c'est-à-dire taxer les plus riches
11:21et faire une politique de justice sociale.
11:23Et donc, les grandes victimes de ça,
11:24ça sera à la fois les questions de solidarité,
11:27mais aussi écologique.
11:29Cette histoire est un drame, une catastrophe écologique,
11:31parce que tous les investissements nécessaires sont en train de s'envoler.
11:34– Tout le monde est prêt à faire des efforts.
11:36Mais il faut aussi que cet effort, il soit partagé
11:38sur le train de vie de l'État,
11:40sur aussi, il y a plein d'endroits où on peut faire…
11:43– C'est ce que dit le gouvernement.
11:44– Ce matin, Mme Prima le dit.
11:46– Le train de vie de l'État, les ultra-riches,
11:49c'est là-bas qu'il faut aller chercher.
11:51Eh bien, moi, je le dis.
11:52– Je le dis.
11:52– J'ai aussi pu échanger avec le député Horizon,
11:55Frédéric Vantou, très en phase avec le fait de réformer l'État.
11:58Il m'a même cité l'exemple de la réforme du chômage,
12:01abandonnée il y a quelques mois face à l'instabilité politique,
12:04qu'il propose de reprendre pour financer l'effort de guerre.
12:06Il le dit textuellement, au moins, le projet est clair.
12:09Et pour terminer, direction le Sénat,
12:11à la rencontre du communiste Pascal Savoldelli,
12:14qui est récemment monté au créneau, lui aussi,
12:16dans l'hémicycle face aux ministres de l'Europe et des Affaires étrangères.
12:19Lui aussi dénonce une forme d'irresponsabilité, ici, à notre micro.
12:23Il vient rappeler ce qu'est la guerre, humainement,
12:25et ce qui s'en nourrissent.
12:27Dassault construit essentiellement des armes qui ne sont pas pour nous défendre.
12:31C'est des armes qui sont vendues à l'échelle de la planète.
12:35C'est un marché.
12:36Draghi disait, voilà, au niveau européen,
12:39il faut qu'on réalimente les marchés financiers européens.
12:42Donc il faut qu'il y ait un investissement de 800 milliards.
12:43Ça, c'était en septembre.
12:44Donc ça n'avait pas évoqué par rapport à la guerre de la Russie contre l'Ukraine.
12:49Et là, on retrouve le même chiffrage.
12:51On est maintenant dans une phase où le capitalisme financier, aveuglément, décide de se caver, de se nourrir d'une
12:59réindustrialisation seulement militaire.
13:01Donc on est dans une phase importante.
13:03C'est qu'on est en train de convertir notre économie civile en économie militaire.
13:07Franchement, c'est des centaines de milliers de gens qui meurent, civils, militaires, des blessés.
13:14C'est des hectares, des centaines, des milliers d'hectares qui sont dévastés par la guerre,
13:19qui nous fait reculer encore sur les enjeux du point de vue de la survie de la planète.
13:25– Voici le moment parfait, sans doute, pour se souvenir des propos d'Emmanuel Macron face aux industriels,
13:30qu'on a écoutés juste avant, de l'armement et de la sécurité.
13:33La dette, pardon, j'allais dire la dette bouclée, pas du tout.
13:36La boucle est peut-être, ainsi bouclée en l'écoutant en 2022.
13:39En tout cas, Savoldéli a raison d'insister ici sur le tragique de la guerre, de ses conséquences.
13:43Car au-delà des débats dans les salons feutrés, les plateaux de télévision,
13:46autour du combien, du comment, il serait sage de s'attarder sur le pourquoi.
13:51– Merci beaucoup, Jemil, pour cette chronique.
13:53Peut-être, Lumi, une réaction rapide ?
13:56– Oui, c'est hyper bien qu'on en parle, parce que c'est vrai que c'est quelque chose
14:00dont, justement, on essaye toujours de ne pas tellement informer les personnes
14:03sur tout ce qui se passe.
14:04Effectivement, c'est des industriels qui se frottent les mains.
14:06La semaine dernière, donc très rapidement, il y avait quand même la semaine dédiée
14:09à l'effort de défense, où on avait, par exemple, le ministre de l'Économie,
14:12Éric Lombard, et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu,
14:15qui sont allés visiter un site sur lequel on fait de la poudre et des explosifs.
14:19On a aussi le Premier ministre, François Bayrou, qui est aussi allé voir les canons César,
14:23cette espèce de grand canon sur des camions, je ne saurais pas comment le décrire.
14:27– D'artillerie.
14:28– Voilà, exactement, et enfin bref, il y a eu toute une agitation, on va dire aussi,
14:31voilà, les industriels de leur moment doivent être bien contents.
14:35– Et on est appelés chacun, je crois, à pouvoir financer à partir de 500 euros,
14:38il y a toute une histoire comme ça.
14:39– Oui, oui, avec un ticket, pour un actionnaire à partir de 500 euros.
14:42– Il y a pas mal de monde dans le chat qui dit,
14:43mais moi, je ne vais absolument pas faire d'effort de guerre, laissez-nous tranquille.
14:46– Alors, c'est à financer autre chose, comme par exemple Luma ?
14:48– Exactement, merci beaucoup, merci beaucoup Gemil.