00:00Jusqu'à présent, on imposait le sous-effectif, on calculait même des baisses de lits pour permettre des diminutions d
00:08'effectifs.
00:09Et là, les technocrates sont arrivés au bout de la formule puisque c'est les personnels qui s'en vont.
00:16En fait, les personnels s'en vont de l'hôpital ou ne le rejoignent pas à l'issue des formations.
00:31C'est-à-dire qu'on n'était pas très bien payés il y a deux ans et pourtant on
00:35pouvait rejoindre plus l'hôpital.
00:37Là, on n'est toujours pas très bien payés, mais on décide de faire autre chose.
00:42On a près de 50% des infirmières qui sont parties au bout de 7 ans à l'hôpital.
00:48Quel gâchis ! Et en fait, mes collègues rament aux urgences simplement parce que nous, nous n'avons plus de
00:55lits dans l'hôpital.
00:56Puisque la moitié de mon service est fermé, je ne peux plus prendre les patients des urgences.
01:01Ils stagnent nos urgences et nos collègues passent leur temps à faire autre chose que le métier.
01:06Pourquoi ils ont été formés ? A trouver des lits et à faire de la médecine de tri et pas
01:11de la médecine d'urgence.
01:12Ils ont une charge mentale épouvantable.
01:15Ils prennent la garde, ils ont 25 à 50 patients à gérer sur les brancards en plus qui sont là
01:21depuis plusieurs heures, voire jours.
01:26Ils ferment les services d'urgence, donc ils veulent enfermer à peu près 30%.
01:30Ils veulent les regrouper une fois de plus.
01:33Donc en gros, quand on annonce à peu près 150 services d'urgence qui ferment le soir,
01:39en fait, c'est un ballon d'essai qu'ils ont lancé, d'accord, pour voir si ça tient.
01:43Bon, manque de bol, ça ne marche pas forcément bien.
01:45Mais bon, ils sont en train de réfléchir comment adapter ça.
01:49Deuxièmement, ils vont enlever les médecins des camions de SAMU.
01:52Ce qui fait que le système à la française qui était d'envoyer le plus vite possible un médecin et
01:56une expertise va disparaître.
01:59Et donc voilà, c'est un choix, c'est un véritable choix politique.
02:03Et derrière ça, qu'est-ce qui se dessine ?
02:05Il se dessine la fin de l'hôpital public et la privatisation de l'hôpital public.
02:09Ce qu'il faut savoir, c'est que c'est les gens qui vont le payer tout ça.
02:12Et ils le payent déjà puisqu'on a déjà des remontées de retard d'accès aux soins en urgence un
02:19peu partout en France.
02:20Alors qu'eux-mêmes avaient voté, il y a un peu moins de 10 ans,
02:24une loi disant que toute personne devait être à moins de 30 minutes dans le service d'urgence.
02:28Ils piétinent tout, c'est fou.
02:34On ne nous donne pas assez de reconnaissance.
02:37Et c'est ce qui nous manque là, accrumant.
02:40Limite, la reconnaissance financière vient que très, très, très loin derrière.
02:45On veut prendre en charge correctement la population, pouvoir soigner les gens en temps, en heure.
02:51Leur portée, le but des urgences, c'est d'apporter à chacun d'entre nous
02:56tous les soins et tous les moyens qu'on a à notre portée pour pouvoir les soigner
03:01et prendre en charge la population en temps et en heure.
03:04Et ne pas faire patienter les gens 8, 12 heures, voire plus aux urgences.
03:09C'est vraiment ça la priorité de notre mouvement.
03:18Premièrement, il faut embaucher.
03:20On manque de personnel dans les hôpitaux, mais dans le médico-social, dans les EHPAD.
03:24On manque de personnel.
03:26Deuxièmement, il faut que chacun puisse se consacrer à son boulot.
03:32J'entends beaucoup d'infirmières, de médecins qui disent
03:34qu'on passe plus de temps devant un ordinateur à remplir des papiers
03:38qu'à s'occuper de nos patients.
03:40Il faut du personnel administratif aussi pour soulager les personnels soignants
03:45que chacun fasse son boulot.
03:47Donc la seule solution, c'est d'embaucher.
03:54Les 183 euros du Ségur, c'est une fumisterie.
03:57Ça ne comble même pas la perte du pouvoir d'achat.
04:01Pendant des années, on n'a pas été revalorisé.
04:04Vous voyez ?
04:04Nous, quand on revendique le point d'indice à 6 euros,
04:07ce n'est pas parce qu'on demande l'impossible,
04:10on demande à avoir un salaire décent.
04:11Je rappelle que quand on est soignant, on a la responsabilité de la vie des patients.
04:17Qui accepterait d'avoir la responsabilité des patients et gagner le SMIG ?
04:26On a 120 urgences de l'INSMUR fermées actuellement en France.
04:32On est tous fatigués.
04:33On sort de deux ans de Covid, de pandémie.
04:36On est fatigués.
04:38Il y a des collègues en burn-out.
04:40Il y a des arrêts de maladie.
04:41C'est compliqué actuellement.
04:43On y va parce qu'on a encore cette petite flamme en nous
04:46qui nous fait nous lever soit le matin ou partir la nuit pour moi.
04:50Mais c'est vrai que ça commence à...
04:52On tire la langue.
04:53On tire la langue.
04:56On tire la langue.
05:00On tire la langue.
05:01On tire la langue.
05:02On tire la langue.
05:03On tire la langue.
05:04On tire la langue.