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  • il y a 19 heures
Lors de cette nouvelle journée d’action de la santé, les paramédicaux et médicaux ont rappelé les conséquences concrètes du manque de moyens généralisé sur les malades.

« Macron et McKinsey, coupables de mise en danger des patients et des soignants. » Transformé en homme-sandwich, Michael Fonseca, représentant de la CGT à l’hôpital intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), avait de multiples messages à faire passer au gouvernement sur ses panneaux.

En cette nouvelle journée d’action de la santé un peu partout en France, les centaines de soignants rassemblés devant le ministère, à Paris, avaient à cœur de défendre une qualité des soins en pleine déliquescence. Aide-soignant en service de soins de suite et de réadaptation, Michael Fonseca fait l’inventaire des dysfonctionnements dans sa structure : « Les urgences de nuit sont menacées de fermeture. Il y a treize postes de cadres vacants sur l’hôpital : la plupart sont partis à cause de la charge de travail. Il y a aussi une pénurie de médecins. Avant, ils alternaient entre les consultations dans le privé et l’hôpital. Désormais, une dizaine d’entre eux ont basculé uniquement sur leur cabinet. »

Dans cette improvisation quotidienne, les patients trinquent. Aide-soignante dans un établissement gériatrique des Vosges et élue CGT, Stéphanie Andrique, qui vient pour la première fois manifester à Paris sur son jour de congé, ne supporte plus de voir les personnes âgées maltraitées.

« Je ne bosse pas dans une usine ! tranche-t-elle. On nous rappelle constamment sur nos jours de congés en nous disant que, sinon, le service va fermer. Mais ce sont les patients qui en pâtiraient. Déjà qu’on les fait attendre pour aller aux toilettes et pour se laver, ils n’ont jamais aussi bien porté ce nom ! Aujourd’hui, je pense avant tout à ces gens dans leur lit. »

En ce moment, à l’hôpital Tenon (20e arrondissement de Paris), les urgences psychiatriques sont débordées, notamment parce que celles de l’Hôpital intercommunal de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont fermé leurs portes. Nicolas, aide-soignant et membre du collectif Inter Urgences, ne supporte plus de travailler dans ces conditions. « Faute de places en service de psychiatrie, nous avons gardé cinq jours une personne de 21 ans contentionnée.

Elle nous suppliait de la détacher, mais nous ne pouvions pas… c’était horrible. » Du côté des urgences « généralistes », la situation n’est pas meilleure. « Nous allons partir en grève dans pas longtemps, confie-t-il. Les brancards sont cassés. On n’a plus de fauteuils roulants. Je me retrouve à envoyer des patients passer des radios à cloche-pied. L’été dernier, dans une zone où normalement il doit y avoir quatre infirmiers, il n’y en avait plus qu’un. Du coup, il ne se rappelait plus du prénom des personnes, c’était n’importe quoi. On veut donc des garanties pour lex mois de juillet et d’août. »

Même si les salaires sont un des nerfs de la guerre, Blandine Depta, infirmière au Smur de l’hôpital de

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Transcription
00:00Jusqu'à présent, on imposait le sous-effectif, on calculait même des baisses de lits pour permettre des diminutions d
00:08'effectifs.
00:09Et là, les technocrates sont arrivés au bout de la formule puisque c'est les personnels qui s'en vont.
00:16En fait, les personnels s'en vont de l'hôpital ou ne le rejoignent pas à l'issue des formations.
00:31C'est-à-dire qu'on n'était pas très bien payés il y a deux ans et pourtant on
00:35pouvait rejoindre plus l'hôpital.
00:37Là, on n'est toujours pas très bien payés, mais on décide de faire autre chose.
00:42On a près de 50% des infirmières qui sont parties au bout de 7 ans à l'hôpital.
00:48Quel gâchis ! Et en fait, mes collègues rament aux urgences simplement parce que nous, nous n'avons plus de
00:55lits dans l'hôpital.
00:56Puisque la moitié de mon service est fermé, je ne peux plus prendre les patients des urgences.
01:01Ils stagnent nos urgences et nos collègues passent leur temps à faire autre chose que le métier.
01:06Pourquoi ils ont été formés ? A trouver des lits et à faire de la médecine de tri et pas
01:11de la médecine d'urgence.
01:12Ils ont une charge mentale épouvantable.
01:15Ils prennent la garde, ils ont 25 à 50 patients à gérer sur les brancards en plus qui sont là
01:21depuis plusieurs heures, voire jours.
01:26Ils ferment les services d'urgence, donc ils veulent enfermer à peu près 30%.
01:30Ils veulent les regrouper une fois de plus.
01:33Donc en gros, quand on annonce à peu près 150 services d'urgence qui ferment le soir,
01:39en fait, c'est un ballon d'essai qu'ils ont lancé, d'accord, pour voir si ça tient.
01:43Bon, manque de bol, ça ne marche pas forcément bien.
01:45Mais bon, ils sont en train de réfléchir comment adapter ça.
01:49Deuxièmement, ils vont enlever les médecins des camions de SAMU.
01:52Ce qui fait que le système à la française qui était d'envoyer le plus vite possible un médecin et
01:56une expertise va disparaître.
01:59Et donc voilà, c'est un choix, c'est un véritable choix politique.
02:03Et derrière ça, qu'est-ce qui se dessine ?
02:05Il se dessine la fin de l'hôpital public et la privatisation de l'hôpital public.
02:09Ce qu'il faut savoir, c'est que c'est les gens qui vont le payer tout ça.
02:12Et ils le payent déjà puisqu'on a déjà des remontées de retard d'accès aux soins en urgence un
02:19peu partout en France.
02:20Alors qu'eux-mêmes avaient voté, il y a un peu moins de 10 ans,
02:24une loi disant que toute personne devait être à moins de 30 minutes dans le service d'urgence.
02:28Ils piétinent tout, c'est fou.
02:34On ne nous donne pas assez de reconnaissance.
02:37Et c'est ce qui nous manque là, accrumant.
02:40Limite, la reconnaissance financière vient que très, très, très loin derrière.
02:45On veut prendre en charge correctement la population, pouvoir soigner les gens en temps, en heure.
02:51Leur portée, le but des urgences, c'est d'apporter à chacun d'entre nous
02:56tous les soins et tous les moyens qu'on a à notre portée pour pouvoir les soigner
03:01et prendre en charge la population en temps et en heure.
03:04Et ne pas faire patienter les gens 8, 12 heures, voire plus aux urgences.
03:09C'est vraiment ça la priorité de notre mouvement.
03:18Premièrement, il faut embaucher.
03:20On manque de personnel dans les hôpitaux, mais dans le médico-social, dans les EHPAD.
03:24On manque de personnel.
03:26Deuxièmement, il faut que chacun puisse se consacrer à son boulot.
03:32J'entends beaucoup d'infirmières, de médecins qui disent
03:34qu'on passe plus de temps devant un ordinateur à remplir des papiers
03:38qu'à s'occuper de nos patients.
03:40Il faut du personnel administratif aussi pour soulager les personnels soignants
03:45que chacun fasse son boulot.
03:47Donc la seule solution, c'est d'embaucher.
03:54Les 183 euros du Ségur, c'est une fumisterie.
03:57Ça ne comble même pas la perte du pouvoir d'achat.
04:01Pendant des années, on n'a pas été revalorisé.
04:04Vous voyez ?
04:04Nous, quand on revendique le point d'indice à 6 euros,
04:07ce n'est pas parce qu'on demande l'impossible,
04:10on demande à avoir un salaire décent.
04:11Je rappelle que quand on est soignant, on a la responsabilité de la vie des patients.
04:17Qui accepterait d'avoir la responsabilité des patients et gagner le SMIG ?
04:26On a 120 urgences de l'INSMUR fermées actuellement en France.
04:32On est tous fatigués.
04:33On sort de deux ans de Covid, de pandémie.
04:36On est fatigués.
04:38Il y a des collègues en burn-out.
04:40Il y a des arrêts de maladie.
04:41C'est compliqué actuellement.
04:43On y va parce qu'on a encore cette petite flamme en nous
04:46qui nous fait nous lever soit le matin ou partir la nuit pour moi.
04:50Mais c'est vrai que ça commence à...
04:52On tire la langue.
04:53On tire la langue.
04:56On tire la langue.
05:00On tire la langue.
05:01On tire la langue.
05:02On tire la langue.
05:03On tire la langue.
05:04On tire la langue.

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