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  • il y a 15 minutes
Alors que les migrants continuent à tenter d'atteindre l'Europe et que les drames se succédent en Méditerranée, les Etats européens, dont la France, ne parlent que de fermeture des frontières, de contrôles et de "tri." Trois eurodéputé.e.s s'en insurgent. Avec Eva Joly ( Verts-ALE ), Christine Revault d'Allonnes ( S et D ) et Patrick Le Hyaric ( GUE-GVN )

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Transcription
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Nous allons reparler des migrants, quelle est la situation actuelle en Europe en ce début d'année 2018,
00:21que fait et que ne fait pas l'Union européenne dans ce domaine et qu'en est-il particulièrement en
00:26France
00:26où la question de l'accueil des migrants, comme vous le savez, fait polémique à l'heure actuelle, ce jour
00:31même, ce mardi même.
00:32On en parle avec vous, Eva Jolie, bonjour.
00:34Vous êtes députée, je le rappelle, des Verts, Alliance Libre Europe.
00:38Merci d'être avec nous. Christine Revaud-Dallon, bonne foi. Merci également d'être là.
00:43Socialiste et démocrate, députée européenne.
00:45Et Patrick Le Yaric, vous êtes députée de la gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:49Merci d'être autour de ce plateau.
00:52Alors, les migrations continuent. On en parle. On a l'impression un petit peu moins au Parlement européen,
00:57encore que ce matin, il en a tout de même été question.
01:00Plus de 100 000 personnes sont venues en Europe l'an dernier, je crois, essentiellement venant de Libye via l
01:09'Italie.
01:10Des drames aussi continuent et augmentent.
01:13Comme vous l'avez vu au cours des derniers jours, des derniers 15 jours,
01:18il y a eu de nombreuses victimes au cours de plusieurs naufrages qui ont fait des dizaines de disparus
01:24en mer Méditerranée.
01:26Est-ce que vous avez l'impression que l'Europe prend vraiment la mesure de l'ampleur de ce phénomène
01:33des migrations
01:34et de la manière de les prendre en charge, Eva Jolie ?
01:37Alors, la réponse à cette question, c'est oui.
01:41Le Parlement européen a voté, il n'y a pas très longtemps, un nouveau texte,
01:46une réforme du règlement Dublin sous lequel nous vivons actuellement.
01:51Et le règlement Dublin a le grave défaut d'imposer aux pays où les migrants met les pieds en premier
01:59de les garder.
02:00Dans le nouveau texte voté par le Parlement, c'est un très bon texte,
02:04« Nous sortons de ce système, il y a un mécanisme de rélocalisation permanente
02:11et qui tient compte aussi des besoins des migrants, de leurs liens affectifs, des langues qu'ils parlent.
02:18Mais ce texte est bloqué au Conseil.
02:22C'est les États membres qui ne veulent pas discuter à partir de notre texte.
02:28Actuellement, c'est la présidence bulgare.
02:31Et les bulgares, je pense, n'ont qu'une idée en tête, c'est de faire encore plus restrictif.
02:38Et le texte voté par la majorité démocratique de ce Parlement est tout simplement mis sous le bosseau.
02:46Donc le Parlement, en l'occurrence les États, contre les votes et la volonté du Parlement européen,
02:54c'est ce que vous diriez également, Christine Nouveau-Dolome ?
02:57Le Parlement européen a joué le jeu depuis le début.
03:01Et on a réussi, rendez-vous compte, à trouver et à avoir un texte ambitieux,
03:06à voter avec la droite, de solidarité, de remettre en cause cette question du pays de premier accueil
03:12qui faisait qu'on ne pouvait pas réellement être effectif sur la solidarité.
03:16On a joué le jeu, on a voté ce texte le 19 octobre.
03:18Les États membres, les réunions qu'ils ont à chaque fois sur la question des réfugiés ou des migrants économiques,
03:25parce que ce n'est pas la même chose, même si ce sont tous des personnes qui ont besoin de
03:30notre accueil,
03:33s'intéressent qu'à une chose, la fermeture des frontières, la protection des frontières
03:39et les mesures d'éloignement et de reconduite.
03:41Donc nous avons l'approche de l'accueil et de notre obligation sur la question des réfugiés,
03:47et c'est quand même la Convention internationale de Genève qui nous l'impose comme partout dans le monde.
03:52Et les États membres, la réponse c'est qu'on va fermer nos frontières
03:57et comment on peut reconduire les personnes que nous ne souhaitons pas accueillir.
04:01Et quand j'entends sur le texte français le projet de loi Immigration et Asile
04:06qui ne reprend pas du tout les propositions européennes du Parlement,
04:10mais qui parle d'un texte équilibré où toutes les mesures sont liées à la répression et à la sortie
04:15et surtout pas à l'accueil, la responsabilité est immense.
04:21C'est la tendance générale, Patrick Huillari, des États européens,
04:25ce blocage, ce refus finalement de prendre en compte même cette réalité des migrations à l'heure actuelle en Europe.
04:32Comment vous voyez les choses ?
04:33Il y a un refus de fond qui est un refus politique, c'est-à-dire les gouvernements dans leur
04:42diversité,
04:43sauf pendant la période où Mme Merkel a permis à un certain nombre de réfugiés de venir
04:50et de pouvoir se former, s'installer en Allemagne,
04:53il n'y a pas d'effort pédagogique sur la question fondamentale qui est celle des droits humains
05:00et de la fraternité.
05:02Et donc à partir de ce moment-là, alors que nous avons une histoire terrible en matière de réfugiés
05:08dans le périmètre de l'Union européenne, mais au-delà dans la grande Europe,
05:13on ne veut pas traiter convenablement, humainement, fraternellement, solidairement cette question,
05:22alors qu'on sait bien qu'il y a des textes merveilleux sur le concept des réfugiés,
05:27et notamment ce qu'a écrit Hannah Arendt, dans un moment totalement différent,
05:33mais qui un peu nous renvoie à des responsabilités un peu sombres aujourd'hui, je crois.
05:39D'autant que le nombre de réfugiés qui doivent être localisés dans les pays européens,
05:46soyons clairs, si on le compare au nombre de réfugiés qui sont accueillis dans des pays comme le Liban,
05:51comme la Jordanie, comme la Turquie, ce n'est quand même pas grand-chose pour cet immense continent riche,
05:58malgré tout, qu'est l'Europe.
06:00J'ai le chiffre, les dix dernières années, pour toute l'Union européenne,
06:06les demandes déposées sont moins de 1% de la population, moins de 5 000.
06:12Donc il n'y a pas de problème en réalité démographique, nous pouvons parfaitement les accueillir,
06:18c'est une question de volonté, et surtout que cette question est devenue à tort une question politique,
06:27une question d'identité nationale, et donc c'est brandi comme épouvantail,
06:35alors que c'est un problème que nous pouvons parfaitement régler.
06:39Et c'est surtout une illusion, la migration ne s'arrêtera pas,
06:44les changements climatiques sont là, et pour tous les pays africains, sud du Sahel,
06:50les gens sont agriculteurs à 80%, lorsque la température monte,
06:55et que les pluies ne viennent plus, il meurt de faim, il n'y a plus de récolte,
07:02donc ces mouvements-là ne vont pas s'arrêter.
07:05Donc nous sommes bien obligés de faire avec, et de trouver des solutions dignes.
07:10Et ces solutions dignes, je voudrais là parler un peu de l'Allemagne,
07:14où j'ai vu par exemple à Munich, mes amis magistrats,
07:18qui le soir vont à la gare accueillir les migrants en famille.
07:24Je veux dire, il n'y a pas un migrant dans les rues à Munich, c'est possible.
07:30On a l'impression que les positions qui étaient tenues il y a deux ans maintenant,
07:35si je ne me trompe pas, par un petit groupe de pays européens,
07:38le fameux groupe de Visegrad qui était opposé à l'accueil des migrants,
07:42finalement devient majoritaire, en tous les cas par les idées,
07:47par les comportements politiques qu'il est en train de déterminer, de mettre en place.
07:52On a l'impression que ce petit groupe minuscule réussit finalement son coup.
07:57Ils ne sont plus tellement minuscules quand on voit l'Autriche,
08:00quand on voit la montée de l'AFD en Allemagne,
08:03mais c'est simplement, précisément, parce que l'Union européenne se met d'accord
08:08sur un processus d'accueil, de relocalisation,
08:11y compris à l'époque les États membres l'avaient signé.
08:14Et puis après, ils s'en exonèrent.
08:16D'abord la Hongrie, puis la Pologne.
08:19Et donc, ça permet de démontrer que, vous voyez,
08:22sur les questions liées à la stabilité économique,
08:25l'Europe est intraitable, mais sur les questions de respect
08:28des propres mesures qu'on prend pour protéger les humains,
08:32et bien là, le laisser-faire est total et c'est possible.
08:35Donc du coup, ça donne des idées à tous ceux qui pensent
08:38qu'électoralement, ils ont des gains à avoir.
08:41Et c'est ce qui s'est passé en Autriche,
08:43quand on voit comment Koontz a gagné sur ces questions-là,
08:47et qu'ensuite, il a transformé l'essai avec ce gouvernement,
08:50avec l'extrême droite.
08:51Et ils vont quand même prendre la présidence de l'Union européenne
08:53en juillet si aucun État s'y oppose.
08:56C'est extrêmement grave, ce qui se passe.
08:58Donc cette politique-là est une politique qui, finalement,
09:02renforce la mauvaise tendance du départ.
09:05On parle de solidarité, on parle d'accueil, etc.
09:07Qu'est-ce qu'il faudrait faire, effectivement, à l'heure actuelle,
09:10pour que les politiques et aussi les mentalités changent de manière radicale ?
09:14Parce que c'est de ça dont on a besoin aujourd'hui, Patrick Leyaric, en Europe.
09:18C'est ce changement-là ?
09:19Oui, mais c'est une bataille qu'il faut mener avec les associations de solidarité,
09:28avec les organisations syndicales,
09:30avec une multitude d'intellectuels, de créateurs,
09:36qui sont en train de prendre position maintenant très fortement.
09:40Et on peut espérer que des choses bougent.
09:43Parce que le début de tout ceci, si on veut,
09:48c'est quand même le racisme, une sorte de racisme,
09:52le rejet de l'autre, auquel s'est ajouté le fait
09:56qu'on n'accepte pas d'autres religions
09:59que celles qui sont considérées comme ancestrales sur nos terres.
10:04Et donc c'est un mélange, c'est une hégémonie culturelle négative qui nous arrive.
10:11Et tout ceci fait pression sur les gouvernants
10:14jusqu'à parfois les mettre en difficulté.
10:17Ce que tu viens de dire est parfaitement exact.
10:25Le mouvement général dans les pays européens,
10:28avec la montée des forces d'extrême droite,
10:31crée une ambiance et fait pression sur les gouvernements,
10:35quels qu'ils soient aussi.
10:37Il est quand même curieux aujourd'hui que dans notre propre pays,
10:41un ministre de l'Intérieur qui vient des rangs entre guillemets progressistes,
10:46ou en tout cas de la gauche,
10:48jusqu'à son entrée à l'actuel gouvernement,
10:51même s'il avait des désaccords avec le Parti Socialiste.
10:55Il était normalement, il était mu par ses choix, ses valeurs humanistes.
11:00On voit qu'il est sur un chemin où il fait pire que ce que nous a toujours proposé la
11:06droite dans notre pays,
11:08à tel point que certains le disent.
11:10Quand M. Estrosi dit qu'il fait des choses que nous n'aurions même pas osé énumérer,
11:17il dit malheureusement une vérité et qui est inquiétante.
11:20C'est de glissade permanente.
11:22Donc toutes les forces, quelles qu'elles soient, de la création, du monde de la pensée,
11:29les forces syndicales, les forces progressistes, les forces associatives qui sont sur le terrain,
11:37doivent se bouger, se rassembler, parler, agir et parler.
11:41Ça paraît d'autant plus paradoxal qu'il y a d'autres voies un peu universelles
11:44qui se font entendre dans le sens contraire.
11:47On pense à ce qu'a dit le pape, tout simplement, il y a quelques jours.
11:50Il s'affiche clairement pour l'accueil des migrants.
11:54Heureusement que nous avons le pape.
11:57Alors, vous parliez tout à l'heure, Eva Jolie,
12:00de ce distinguo, malgré tout, qui est en train,
12:04on a l'impression de se renforcer de plus en plus
12:07entre les demandeurs d'asile et les migrants économiques.
12:10C'est un peu là-dessus, on en reparlera tout à l'heure,
12:12que se basent notamment les projets français, mais dans toute l'Europe.
12:15On fait ce distinguo, et vous le disiez il y a quelques instants,
12:18ce distinguo n'a pas de sens.
12:20Ça ne peut pas être un distinguo qui est une véritable valeur organisatrice
12:25et, en tous les cas, qui permette de penser la situation
12:29devant laquelle on se trouve aujourd'hui.
12:31C'est aussi d'admettre que la famine et l'extrême pauvreté
12:37est aussi un état de guerre pour les personnes qui le vivent.
12:41Et donc, un devoir d'accueil digne de toutes ces personnes.
12:47Et nous sommes aujourd'hui en France à l'opposé.
12:50Nous avons créé un délit de solidarité.
12:53On poursuit les citoyens qui aident des mineurs
12:59qui traversent nuitamment par moins 4 les Alpes.
13:04On est quand même dans le monde à l'envers.
13:06Donc, c'est le monde à l'envers.
13:07C'est le monde à l'envers par rapport à nos valeurs,
13:10par rapport aux valeurs de l'Union européenne,
13:12par rapport aussi aux valeurs dominantes, universelles.
13:16Et donc, c'est une très mauvaise pente.
13:19Et c'est vraiment cette envie d'aller sur le territoire d'extrême droite.
13:28Christine Rondallon, alors la France, parlons-en,
13:32puisque, bon, on est dans un cadre européen ici.
13:34Mais la France a une voix quand même extrêmement importante,
13:37surtout sur des questions comme celle-ci.
13:39Aujourd'hui, le président de la République se trouve à Calais
13:44pour venir défendre un petit peu son projet de droit d'asile.
13:49Qu'est-ce que vous en pensez ?
13:51Quel est votre point de vue ?
13:52Sur quoi ce projet ne vous semble pas du tout adapté
13:54à la situation actuelle et à la défense de ces valeurs
13:57dont on est en train de parler ?
13:58Tout simplement, déjà, une chose.
14:01Le nombre de projets de loi immigration-asile qu'on a en France,
14:06à chaque fois qu'on change de gouvernement,
14:07on a au moins un projet de loi, voire deux.
14:10Deuxièmement, la seule raison pour laquelle il aurait pu,
14:13en faire un, c'était effectivement,
14:15puisqu'il se dit pro-européen et pour les valeurs européennes
14:19et pour l'accueil des réfugiés, très bien,
14:21il prend le texte voté au Parlement européen
14:23et il le transpose en droit français.
14:25Ça, ça aurait été un réel signal et cohérent avec ses discours.
14:29C'est pas le chemin qu'on est en train de prendre.
14:30Or, ce qu'il fait là, et les propositions qui sont,
14:33alors, celles qu'on connaît parce qu'il y a un grand flou
14:37et puis ils sont tellement gênés aux enturnures
14:39sur ce qu'ils s'apprêtent à proposer
14:42qu'on n'a pas tous les éléments.
14:44Mais c'est, encore une fois,
14:45c'est pas sur la question du droit d'asile
14:47et de la protection des réfugiés.
14:48C'est sur tous ceux qui ne sont pas,
14:51qui ne relèvent pas du droit d'asile
14:52et qui n'ont pas le statut de réfugiés.
14:55Donc, les migrants, certains, c'est pour des raisons économiques,
14:59d'autres, c'est pour des raisons climatiques.
15:01Parfois, c'est plus complexe que ça.
15:02Mais il n'empêche que ce n'est pas
15:04parce qu'ils ne sont pas réfugiés d'un pays en guerre
15:07telle qu'on la connaît au sens de la guerre martiale,
15:10qui n'ont pas pour autant besoin d'être accueillis,
15:13d'être écoutés et de voir s'ils ne peuvent pas rester dans le pays.
15:17Là, non, c'est l'idée, allez,
15:19on va renforcer toutes les mesures
15:22pour faire en sorte qu'on ne puisse pas accueillir d'autres personnes.
15:25On s'en rend compte au niveau de l'Union européenne.
15:28Quand on voyage dans un certain nombre de pays,
15:30que ce soit en Allemagne ou des pays d'Europe de l'Est,
15:32ils ont besoin, pour des raisons économiques,
15:35pour des raisons d'emploi,
15:37ils ont besoin d'accueillir de la main d'œuvre.
15:39Donc, différents types de professions.
15:41Donc, l'idée de dire
15:42« Ouh là là, les migrants économiques,
15:44on ne veut surtout pas en entendre parler »,
15:45ce qui a été le cas pendant trop longtemps,
15:47n'est même pas réaliste par rapport à la situation européenne.
15:51Donc, cela n'a aucun sens.
15:53Et moi, je ne veux plus entendre parler
15:55de ce qu'ils disent en disant que c'est un projet de loi équilibré.
15:59Ce n'est pas vrai.
16:00Il n'y a rien en mesure d'accueil et de protection.
16:03Il y a tout en mesure de répression.
16:05Et franchement, je me souviens,
16:07pour avoir travaillé sur les propositions de M. Hortefeux
16:10sous la présidence de Sarkozy,
16:12ils n'étaient pas allés aussi loin que là.
16:14Terrible à dire.
16:15On voit aussi qu'énormément d'associations en France
16:19aujourd'hui se mobilisent,
16:20qui sont un peu représentatives, bien sûr,
16:22de la situation française.
16:23Mais j'allais dire au-delà,
16:24elles sont porteuses toutes,
16:26la CIMAD, etc.,
16:28de valeurs qui sont des valeurs européennes
16:29et des valeurs universelles
16:30concernant l'accueil des migrants.
16:32Est-ce qu'il y a encore une fois
16:35nécessité de cette mobilisation
16:37qui passe également par les associations,
16:39par les mouvements citoyens,
16:41puisqu'on est en France aujourd'hui
16:43dans une situation de débat aigu
16:45et qui va le devenir de plus en plus
16:47sur la question des migrants ?
16:48Est-ce que vous pensez qu'il y a un moment
16:50à jouer, entre guillemets,
16:52et bien que l'expression ne soit pas très heureuse,
16:54pour faire avancer des idées nouvelles
16:56sur l'immigration en France aujourd'hui ?
16:59Les associations vont se déterminer,
17:02mais là, elles sont en train de dire
17:06qu'elles ne feront pas ce travail-là de tri.
17:08Donc elles vont se retirer
17:10d'un certain nombre d'endroits.
17:11Mais il faut bien voir les conséquences
17:13que ceci aura.
17:14Si elles se retirent dans un certain nombre d'endroits
17:17pour un certain nombre d'activités
17:19qu'elles font d'aide
17:21et que l'État ne sait pas convenablement faire
17:24pour une multitude de raisons,
17:27ça aura des conséquences dramatiques
17:29sur les réfugiés qui sont là,
17:32sur les populations alentours également,
17:34puisqu'on va laisser une multitude de gens
17:37un peu dans la nature.
17:38Donc ce sera négatif.
17:40Il vaudrait mieux les entendre
17:43et prendre en compte ce qu'elles disent.
17:46La position de la France,
17:48donc ce débat qui s'amorce,
17:50qui est déjà amorcé en France aujourd'hui,
17:51est important pour l'ensemble de l'Europe.
17:53On parlait tout à l'heure de l'Allemagne
17:55et de cet exemple tout de même
17:56dont on a parlé
17:58et qui a été important pour l'Europe,
18:01la position à l'époque d'Angela Merkel.
18:03Est-ce qu'aujourd'hui,
18:04la position de la France
18:05a aussi une importance capitale,
18:08j'allais dire, dans le débat européen ?
18:10Je pense surtout qu'elle nuit
18:12à l'image traditionnelle de la France
18:16comme terre d'accueil
18:17et inventeur du concept de droit de l'homme.
18:21Donc c'est vraiment très décevant.
18:26Et je voudrais ajouter
18:28que c'est aussi une erreur économique.
18:29Nous le savons.
18:31L'ONU a étudié le phénomène des migrations
18:34et ses conséquences économiques.
18:36Je me souviens d'un rapport,
18:38je suis en 210-11,
18:40par l'UNDP,
18:42qui s'appelait « Ouvrir les frontières »
18:44et qui concluait à ce que
18:47c'est un enrichissement du pays
18:49qui reçoit, qu'on mesure un point de PIB
18:52et également du point de départ,
18:54parce que les réfugiés
18:56renvoient dans leur pays.
18:58Donc c'est une situation
19:00de gain-gain
19:02et c'est donc une position
19:04complètement doctrinale,
19:06idéologique,
19:07qui n'a pas de fondement économique.
19:09En réalité,
19:10nous accueillons les meilleurs éléments
19:13de ce pays,
19:14les jeunes,
19:16dynamiques, formés souvent,
19:17dont nous avons besoin.
19:19Qui ont envie de travailler,
19:20qui ont envie de s'implanter,
19:22qui ont envie de faire une vie quelque part.
19:24Donc c'est une erreur
19:25et c'est totalement idéologique
19:27et c'est pour moi dramatique
19:30de voir qu'un ministre
19:33d'origine socialiste
19:35propose des brigades mobiles
19:39qui vont aller rélever
19:42les renseignements personnels
19:44des migrants
19:44dans les lieux d'accueil.
19:47Ça nous rappelle vraiment
19:48des journées très très noires
19:50et j'ai envie de dire
19:51où sont passés
19:53les Nansen, par exemple.
19:55Où sont passés
19:56les individus
19:57qui prennent
19:58la dimension du drame
20:00et essayent d'agir.
20:01C'est pas l'État français,
20:04en tout cas.
20:05Que faire, donc ?
20:06Alors, la position
20:08du Parlement européen,
20:10on en a parlé, bien sûr,
20:11mais au-delà de ça,
20:12dans ce débat
20:13qui a lieu aujourd'hui en France
20:15et qui peut avoir
20:16des incidences,
20:16bien sûr,
20:17et des conséquences
20:18sur l'Europe tout entière.
20:20Qu'est-ce qu'il faudrait faire aujourd'hui ?
20:22Quel type de débat
20:22il faut mener ?
20:23Avec quelle force, selon vous ?
20:26Alors, dans le débat politique
20:27pur en France,
20:29en tout cas,
20:29ce qui se passe
20:30à l'Assemblée nationale
20:30et au Sénat,
20:31il sait très bien
20:32que la majorité,
20:33on ne l'a pas.
20:34Et qu'en marche,
20:35s'ils veulent aller jusqu'au bout
20:36de leur histoire,
20:37ils peuvent le faire.
20:38En revanche,
20:39et je pense que
20:40pour un certain nombre d'entre eux,
20:42ce que disent
20:43les associations,
20:44les citoyens
20:45qui sont profondément
20:46heurtés
20:47par ces propositions,
20:48c'est avec ce mouvement
20:50des citoyens
20:51et des associations
20:51qu'il faut faire avancer
20:53le débat
20:53et rappeler
20:54ce que font même
20:55des médias
20:56qui pourtant,
20:57il y a six mois,
20:58a été encensé
20:59la présidence Macron
21:01et qui maintenant
21:01se rendent compte
21:02de la réalité
21:03des choses.
21:04Il faut que tout ce mouvement-là
21:06pèse dans le débat
21:07et qu'on puisse
21:09faire changer les choses
21:10parce qu'au niveau
21:11politique français,
21:12la majorité,
21:13nous ne l'avons clairement pas.
21:14On ne peut pas
21:16compter sur les républicains
21:17emmenés par M. Wauquiez
21:19pour améliorer les choses.
21:22Au contraire,
21:22lui, ça lui va très bien.
21:24Donc, on a vraiment,
21:25vraiment besoin,
21:26encore une fois,
21:27de s'appuyer
21:28auprès du réseau
21:29des associations,
21:29des citoyens
21:31pour faire changer les choses
21:32et avec les médias
21:33qui souhaitent aussi
21:36qu'il y ait
21:36le rétablissement
21:37de la vérité.
21:38C'est aussi,
21:39vous l'avez dit déjà
21:41tout à l'heure,
21:41mais c'est aussi
21:42le programme
21:42que vous pensez
21:43vers lequel il faut tendre
21:44tout de suite,
21:46immédiatement en ce moment,
21:47sachant que c'est
21:47un débat central
21:48de société
21:49qui se pose aujourd'hui
21:51en France.
21:51Ce n'est pas un débat annexe.
21:53Oui,
21:53parce que c'est
21:55la manière
21:56dont on va
21:58organiser
21:58le monde
21:59des humains,
22:00comment on va
22:00organiser l'humanité.
22:02on ne peut pas
22:03avoir un monde
22:04aujourd'hui
22:06où on rejette
22:07une partie
22:07des êtres humains
22:10alors que ces mêmes
22:12êtres humains
22:12sont aux prises
22:14avec des difficultés
22:16les pires qui existent,
22:17les tortures,
22:20les poursuites,
22:21les guerres,
22:22la misère,
22:23les modifications climatiques.
22:25Et donc,
22:25on ne peut pas penser
22:26le monde d'aujourd'hui
22:28en disant
22:30la liberté de circulation
22:32du capital
22:32et des marchandises
22:33elle est acquise
22:34mais la liberté
22:36de circulation
22:36des êtres humains
22:37c'est facultatif.
22:40D'autre part,
22:43on ne peut pas laisser
22:46réfléchir aujourd'hui
22:47à partir des normes
22:49des années 80.
22:50Par exemple,
22:50les enjeux
22:51de ce qu'on a appelé
22:53tout à l'heure
22:53l'immigration économique,
22:54c'est quelque chose
22:56qui est lié au choix
22:57à la période
22:58de M. Giscard d'Estaing
22:59quand il était président
23:00de la République
23:01mais le monde
23:02est totalement différent
23:03aujourd'hui.
23:04Les aspirations
23:05des êtres humains
23:06sont totalement différents
23:08et donc,
23:08il faut faire éclater
23:10tout cela
23:11en cherchant
23:12pour nous,
23:12je suis d'accord
23:13avec ce qui a été dit
23:13mais pour nous
23:14en cherchant
23:15des convergences
23:16entre toutes les forces
23:17progressistes
23:18ici et aux États-Unis
23:19parce qu'il y a
23:20une pression aussi
23:21qui nous vient
23:22des États-Unis
23:23jusqu'au locataire
23:25de la Maison-Blanche
23:27qui dit des choses
23:28affreuses
23:29alors qu'eux,
23:31ils portent quand même
23:32une lourde responsabilité
23:34dans la destruction
23:36du Proche et du Moyen-Orient.
23:37Une très lourde responsabilité
23:39parce que quand on parle
23:40de fausses nouvelles,
23:42là,
23:42on a détruit
23:44cette région
23:45avec une pipette
23:47brandie
23:48par Colin Poes
23:49à la télévision
23:50disant que c'était
23:52des armes
23:53de destruction massive
23:54que détenait
23:55M. Saddam Hussein
23:56alors que ça s'est avéré
23:57totalement faux.
23:59C'est au nom de ça
24:00qu'on a détruit.
24:01Ça ne réglait pas,
24:02ça ne stabilisait pas
24:03le monde
24:04sans cette guerre.
24:06C'est vrai,
24:06il y aurait eu des turbulences
24:07mais pas les mêmes.
24:09Pas les mêmes.
24:09Et donc,
24:10à la fois,
24:11on soutient
24:12les pires dictatures,
24:13ensuite,
24:14on leur fait la guerre,
24:14on déstabilise tout.
24:16C'est tout ça
24:17qui est à revoir.
24:17mais l'idéal pour moi
24:20serait de trouver
24:21un mouvement mondial
24:22de forces associatives
24:24progressives
24:25pour porter
24:26ces enjeux-là.
24:28Parce qu'il paraît
24:28que dans le monde
24:29aujourd'hui,
24:30il y a quelque chose
24:30comme 46 millions
24:32de personnes
24:33apatrides,
24:34apatrides,
24:35qui circulent,
24:36qui n'ont
24:37strictement rien.
24:39Peut-on tolérer
24:40ça aujourd'hui ?
24:40Moi,
24:40je ne le crois pas.
24:42Evangélie,
24:43dernière question,
24:43on est là au pied
24:44du mur,
24:44vous le disiez,
24:45des valeurs européennes.
24:47On est devant
24:48un tribunal
24:49sur cette question
24:50des migrants
24:50pour les valeurs européennes.
24:52Pour moi,
24:53l'avenir de l'Europe
24:55dépend aussi
24:56du fait
24:56que nous saurons
24:59résoudre
25:00dignement
25:01ces problèmes.
25:02Et nous avons
25:03les moyens
25:04en réalité
25:05parce que
25:08le respect
25:09des droits
25:10fondamentaux
25:11fait partie
25:12du contrat
25:13européen.
25:14Et lorsque
25:15la Bulgarie,
25:17la Roumanie,
25:18l'Hongrie,
25:19la Pologne
25:19s'en dispensent,
25:21nous pouvons
25:22commencer
25:23la procédure
25:24de sanction
25:24à leur
25:25rencontre
25:26pour les aider
25:28à rentrer
25:29dans le bon chemin.
25:30Parce que
25:31ces pays-là
25:31sont aussi
25:32bénéficiaires
25:33des fonds
25:35structurés
25:35européens
25:36et qu'on peut
25:37peut-être
25:38lier les deux.
25:39Sachant que
25:40au-delà de l'Union européenne,
25:41le Conseil
25:42de l'Europe
25:43est aussi
25:43le garant
25:44de ces principes
25:46et que les pays
25:47dont vous parlez
25:48en font partie
25:48également.
25:49Donc il y a aussi
25:49du côté du Conseil
25:50de l'Europe
25:52un moyen de
25:52coercition
25:53en tout cas de contrôle.
25:54Ils sont
25:55plus de 40,
25:57bien sûr.
25:58Simplement,
25:59politiquement,
25:59ils ont peut-être
26:00moins de puissance
26:01que l'Union européenne.
26:03Voilà.
26:04Merci à vous.
26:05On poursuivra,
26:06on continuera,
26:07on suivra bien sûr
26:07ce débat qui va
26:09prendre de l'ampleur
26:10forcément dans
26:11les semaines qui viennent.
26:12En France,
26:12c'est déjà parti,
26:14mais en Europe également.
26:16On se retrouve,
26:17merci à vous
26:17qui nous avez suivi,
26:18bien sûr,
26:18et puis on se retrouve
26:19pour d'autres débats
26:20sur le site
26:21de l'humanité.fr,
26:23un débat notamment
26:24qui vous a occupé
26:25tous les uns les autres
26:26ce matin
26:26sur la pêche électrique
26:28avec une victoire
26:29due,
26:30les uns les autres,
26:31vous l'avez dit,
26:32à une véritable mobilisation
26:34là du coup,
26:35citoyenne,
26:35des ONG,
26:36des acteurs économiques,
26:38etc.,
26:38qui est presque un exemple
26:40de ce qu'il est possible
26:42malgré tout
26:42et malgré tout
26:43ce qu'on dit en général
26:44sur l'Union européenne
26:46et sur ses moyens
26:47et sur les moyens
26:47du Parlement européen,
26:48qui a donné tout de même
26:49ce que vous considérez
26:51tous comme une victoire.
26:52On en reparlera demain
26:53avec d'autres députés.
26:55Merci de suivre également
26:56ce débat.
26:57Au revoir.
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